V/ Tes paroles, Seigneur, sont pour nous l'esprit et la vie.
R/ Tu as les paroles de la vie éternelle
Livre du Lévitique (Lv 8, 1-17 ; 9, 22-24)
Les consacrés et leur mise à part
En évoquant le rituel de l'ordination des prêtres de l'ancienne Alliance, cette lecture nous rappelle le rôle essentiel joué par cette institution dans l'histoire du peuple de Dieu. Non seulement ministre des sacrifices (fonction dont il n'eut que tardivement l'exclusivité), le prêtre nous y apparaît avant tout comme le dépositaire de la science de Dieu, le grand éducateur de l'Alliance et l'agent essentiel de son progrès ; sa permanence assurant le relais entre les missions plus occasionnelles de prophètes. Enfin, il est le médiateur ordinaire des bénédictions divines.
Le Seigneur adressa la parole à Moïse : Prends Aaron avec ses fils, les vêtements et l'huile d'onction, le taureau du sacrifice pour le péché et les deux béliers, et la corbeille des pains sans levain. Puis, rassemble toute la communauté à l'entrée de la tente de la rencontre."
Moïse fit ce que lui avait ordonné le Seigneur, et la communauté s'assembla à l'entrée de la tente de la rencontre. Alors Moïse dit à la communauté : "Voici ce que le Seigneur a ordonné de faire." Et Moïse présenta Aaron et ses fils et les lava dans l'eau ; il mit la tunique à Aaron, le ceignit de la ceinture, le revêtit de la robe et lui mit l'éphod ; il le ceignit de l'écharpe de l'éphod et l'en drapa ; il plaça sur lui le pectoral et mit dedans le Ourim et le Toummim ; il plaça le turban sur sa tête et plaça sur le devant du turban le fleuron d'or, insigne de la consécration, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse.
Moïse prit l'huile d'onction. Il en oignit et consacra la demeure et tout ce qu'elle contenait ; il en aspergea l'autel par sept fois, puis il oignit l'autel et tous ses accessoires, ainsi que la cuve et son support, pour les consacrer ; il versa de cette huile d'onction sur la tête d'Aaron et il l'oignit pour le consacrer.
Moïse présenta les fils d'Aaron, les revêtit de tuniques, les ceignit d'une ceinture et les coiffa de tiares, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse.
Il fit approcher le taureau du sacrifice pour le péché ; Aaron et ses fils imposèrent la main sur la tête de ce taureau ; Moïse l'égorgea et prit le sang ; de son doigt il en mit sur les cornes du pourtour de l'autel, qu'il purifia de son péché ; il versa le sang à la base de l'autel et il le consacra en faisant sur lui le rite d'absolution ; Moïse prit toute la graisse qui est au-dessus des entrailles, le lobe du foie, les deux rognons avec leur graisse, et il les fit fumer à l'autel ; le taureau lui-même, peau, chair et fiente, on le brûla hors du camp, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse.
Élevant alors les mains au-dessus du peuple, Aaron le bénit ; puis il redescendit, ayant terminé d'offrir le sacrifice pour le péché, l'holocauste et les sacrifices de paix.
Moïse et Aaron entrèrent dans la tente de la rencontre, puis ressortirent pour bénir le peuple. Alors la gloire du Seigneur apparut à tout le peuple : un feu sortit de devant le Seigneur et dévora sur l'autel l'holocauste et les graisses. Tout le peuple vit cela ; ils crièrent de joie et ils se jetèrent face contre terre.
R/ Jésus, tu es prêtre pour l'éternité !
Tu demeures pour l'éternité,
Tu sauves pour toujours
Ceux qui par toi s'approchent de Dieu.
Tu as prié ton Père :
"Pour eux je me consacre moi-même."
Toujours vivant, tu intercèdes pour nous.
Deuxième lecture : année A, année B, année C
COMMENTAIRE DE SAINT AUGUSTIN SUR L'ÉVANGILE DE JEAN
Jésus, Lumière et Chemin
Le Seigneur a dit brièvement : Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. Ces paroles contiennent d'une part un ordre, d'autre part une promesse. Faisons donc ce qu'il a ordonné pour ne pas désirer avec imprudence ce qu'il a promis. Qu'il ne nous dise pas, au jugement : « As-tu fait ce que j'ai commandé, pour que tu réclames ce que j'ai promis ? – Qu'as-tu donc ordonné, Seigneur, notre Dieu ? » Il te le dit : « Suis-moi. » Tu as demandé un conseil de vie. De quelle vie, sinon celle dont il est dit : En toi est la source de vie ? Obéissons donc maintenant, suivons le Seigneur ; brisons les entraves qui nous empêchent de le suivre. Et qui est capable de défaire de tels nœuds sans être aidé par Celui dont il est dit : Tu as brisé mes chaînes ? Celui dont un autre psaume dit : Le Seigneur délie les enchaînés, le Seigneur redresse les accablés.
Ces hommes délivrés et redressés, que vont-ils suivre, sinon cette lumière qui leur dit : Moi, je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres. Car le Seigneur éclaire les aveugles. Soyons donc éclairés, mes frères, en recevant un remède pour les yeux, celui de la foi. Car Jésus a commencé par oindre l'aveugle de naissance avec de la terre et sa salive. Nous-mêmes, du fait d'Adam, nous sommes des aveugles de naissance et nous avons besoin du Christ pour voir clair. Il a mélangé de la salive et de la terre : Le Verbe s'est fait chair, et il a établi sa demeure parmi nous. Il a mélangé la salive et la terre, de là cette prophétie : La vérité germera de la terre ; et lui-même a dit : Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.
Nous jouirons pleinement de la Vérité, lorsque nous verrons face à face, car nous en avons la promesse. Qui oserait espérer ce que Dieu n'aurait pas daigné promettre ou donner ?
Nous verrons face à face. L'Apôtre dit : Notre connaissance est partielle. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; alors nous verrons face à face. Et saint Jean, dans sa lettre : Bien-aimés, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons, lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est. Voilà la grande promesse !
Si tu aimes, tu dois suivre. « J'aime, dis-tu, mais par où dois-je suivre ? » Suppose que le Seigneur ton Dieu ait dit : « Moi, je suis la vérité et la vie. » Parce que tu désires la vérité, parce que tu convoites la vie, tu chercherais le chemin pour y parvenir, et tu te dirais : « C'est une belle chose que la vérité, une grande chose que la vie, si je savais comment y parvenir ! » Tu cherches par où ? Tu l'as entendu qui disait en premier lieu : Moi, je suis le Chemin. Avant de te dire « pour où », il a commencé par te dire « par où ». Moi, je suis le Chemin. Le Chemin pour où ? – La Vérité et la Vie. Il t'a dit d'abord par où aller, il t'a dit ensuite où aller. Moi, je suis le Chemin, moi, je suis la Vérité, moi, je suis la Vie. Lui qui demeure auprès du Père, il est la Vérité et la Vie ; en revêtant notre chair, il est devenu le Chemin.
On ne te dit pas : « Donne-toi du mal, cherche le chemin pour parvenir à la vérité et à la vie. » On ne te dit pas cela. Lève-toi, paresseux ; le Chemin en personne vient vers toi, et il t'a éveillé de ton sommeil, si du moins il t'a éveillé : Lève-toi et marche !
Peut-être essaies-tu de marcher, et tu ne peux pas parce que tu as les pieds malades. Pourquoi as-tu les pieds malades ? Peut-être que la cupidité les a forcés à courir dans des terrains accidentés. Mais le Verbe de Dieu a guéri aussi les boiteux. « Eh bien, dis-tu, j'ai les pieds en bon état, mais c'est le chemin que je ne vois pas. » Il a éclairé aussi les aveugles.
R/ C'est toi le chemin, la vérité, la vie,
Jésus, Fils de Dieu !
Qui veut trouver le Père
doit passer par toi.
Tu nous conduis
vers la joie sans déclin.
Oraison
Dieu qui as réconcilié avec toi toute l'humanité en lui donnant ton propre Fils, augmente la foi du peuple chrétien, pour qu'il se hâte avec amour au-devant des fêtes pascales qui approchent.
COMMENTAIRE DE SAINT AUGUSTIN SUR L'ÉVANGILE DE JEAN
Le signe du serpent de bronze.
Par sa mort, le Christ nous a délivrés de la mort : la mort l'a saisi, et il a tué la mort. Vous le savez, frères, Dieu n'a pas fait la mort, l'Écriture l'affirme : il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants, il a créé toutes choses pour qu'elles subsistent, mais, ajoute l'Écriture, par la jalousie du diable, la mort est entrée dans le monde.
Or Jésus, le Fils de Dieu, le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, est devenu mortel, car le Verbe s'est fait chair. Il a donc reçu la mort, et il a cloué la mort en croix. C'est ce qui a été donné en figure autrefois : de même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. C'est là un symbole important.
Le peuple d'Israël était prostré dans le désert par des morsures de serpents, il mourut un grand nombre de gens. Le Seigneur ordonna à Moïse de faire un serpent d'airain et de l'élever sur une hampe dans le désert, et d'avertir le peuple : Si quelqu'un était mordu par un serpent, qu'il regarde le serpent élevé sur la hampe.
Quels sont ces serpents qui mordent ? Les péchés qui nous viennent de notre condition mortelle. Quel est le serpent élevé ? Le Christ mort en croix. La morsure du serpent est mortelle, la mort du Seigneur donne vie.
Le Christ est la vie, et pourtant il est mis en croix. Le Christ est la vie, et pourtant il est mort. Mais dans la mort du Christ la mort est morte : en mourant, la Vie a tué la mort, la plénitude de la vie a englouti la mort, la mort a été absorbée dans le corps du Christ. Mais nous aussi, nous le dirons à la résurrection, lorsque nous chanterons un chant triomphal : Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ?
D'ici là, frères, pour guérir du péché, regardons le Christ en croix. Ceux qui regardaient le serpent de bronze ne périssaient pas des suites des morsures des serpents ; ceux qui contemplent avec foi la mort du Christ sont guéris des morsures des péchés. Jadis ils furent libérés de la mort pour une vie qui n'avait qu'un temps ; maintenant, c'est pour obtenir la vie éternelle.
De même que ceux qui, jadis, regardaient le serpent ne mouraient pas des morsures des serpents, ainsi ceux qui regardent avec foi la mort du Christ sont guéris des morsures des péchés. Ils étaient alors guéris de la mort pour jouir d'une vie temporelle, mais ici le Christ affirme : "Pour qu'ils aient la vie éternelle".
R/ Fixons notre regard sur Jésus,
sur Jésus crucifié.
Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert,
il faut que le Fils de l'homme soit élevé.
Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pour nous juger, mais pour nous sauver.
Oraison
Dieu qui as réconcilié avec toi toute l'humanité en lui donnant ton propre Fils, augmente la foi du peuple chrétien, pour qu'il se hâte avec amour au-devant des fêtes pascales qui approchent.
HOMÉLIE DE SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE
Le pardon du Père.
Je me lèverai et j'irai vers mon père. Celui qui dit ces paroles gisait à terre. Il prend conscience de sa chute, il se rend compte de sa ruine, il se voit enlisé dans le péché et il s'écrie : Je me lèverai et j'irai vers mon père. D'où lui vient cet espoir, cette assurance, cette confiance ? Du fait même qu'il s'agit de son père. "J'ai perdu, se dit-il, ma qualité de fils ; mais lui n'a pas perdu celle de père. Il n'est point besoin d'un étranger pour intercéder auprès d'un père : c'est l'affection même de celui-ci qui intervient et qui supplie au plus profond de son cœur. Ses entrailles paternelles le pressent à engendrer de nouveau son fils par le pardon. Coupable, j'irai donc vers mon père."
Et le père, à la vue de son fils, voile immédiatement sa faute. À son rôle de juge il préfère celui de père. Il transforme tout de suite la sentence en pardon, lui qui désire le retour du fils et non sa perte Il se jeta à son cou et l'embrassa. Voilà comment le père juge et comment il corrige : il donne un baiser au lieu d'un châtiment. La force de l'amour ne tient pas compte du péché, et c'est pourquoi le Père remet d'un baiser la faute de son fils, il le couvre par ses embrassements. Le père ne dévoile pas le péché de son enfant, il ne flétrit pas son fils, il soigne ses blessures de sorte qu'elles ne laissent aucune cicatrice, aucun déshonneur. Heureux ceux dont la faute est ainsi remise et le péché pardonné. Gardons-nous donc de nous éloigner d'un tel Père. La seule vue de ce Père suffit pour mettre en fuite le péché, pour éloigner la faute et pour repousser tout mal et toute tentation. Mais si nous nous sommes éloignés du Père, si nous avons dissipé tout son bien par une vie dissolue, s'il nous est arrivé de commettre quelque faute ou méfait, si nous sommes tombés dans le gouffre sans fond de l'impiété et dans une ruine absolue, relevons-nous enfin et revenons à un tel Père, encouragés par un tel exemple.
Quand il le vit, il courut se jeter à son cou et l'embrassa. Je vous le demande, quelle place y aurait-il ici pour le désespoir. quelle occasion pour une excuse ou pour un semblant de crainte ? À moins peut-être que la rencontre avec le Père ne nous fasse peur et que son baiser nous inspire de la crainte ; à moins peut-être que nous croyions que c'est pour prendre et se venger et non pour accueillir et pardonner que le Père vient et attire son enfant par la main, qu'il le serre contre son cœur et l'entoure de ses bras. Mais cette pensée destructrice de la vie, cette ennemie de notre salut est mise hors de combat par ce qui suit : Le Père dit à ses serviteurs : Mangeons et faisons liesse. Mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie, il était perdu, et le voilà retrouvé. Après avoir entendu cela, pouvons-nous encore retarder notre retour vers le Père ?
R/ Pitié pour moi, Seigneur,
Guéris-moi, car j'ai péché contre toi.
Oui, je reconnais tous mes torts,
J'ai toujours mon péché devant moi.
Le sacrifice qui te plaît, c'est un esprit brisé,
Tu n'as point d'aversion pour un cœur broyé.
Oraison
Dieu qui as réconcilié avec toi toute l'humanité en lui donnant ton propre Fils, augmente la foi du peuple chrétien, pour qu'il se hâte avec amour au-devant des fêtes pascales qui approchent.
V/ Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle,
R/ Le Règne de Dieu est là.
Livre du Lévitique (Lv 16, 2-28)
Rituel de purification
Combinant de très anciennes traditions (le bouc chassé au désert) avec des développements d'une théologie plus évoluée (l'aspersion du sanctuaire), ce rituel dit la vive conscience du péché existant dans le peuple consacré : péché qui compromet la sainteté même du sanctuaire. La lettre aux Hébreux montrera admirablement comment ce désir tournerait court si le Christ n'était venu apporter une libération efficace du péché.
Le Seigneur dit à Moïse : "Dis à ton frère Aaron de ne pas entrer n'importe quand dans le sanctuaire, au-delà du voile, face au propitiatoire qui se trouve sur l'arche, et ainsi il ne mourra pas quand j'apparaîtrai dans la nuée, au-dessus du propitiatoire.
Voici ce que doit avoir Aaron pour se rendre au sanctuaire : un taureau destiné à un sacrifice pour le péché et un bélier pour un holocauste ; il revêt une tunique sacrée, en lin, il met des caleçons de lin sur son corps, il se ceint d'une ceinture de lin et il se coiffe d'un turban de lin – ce sont des vêtements sacrés ; il les revêt donc après s'être lavé le corps à l'eau ; et de la part de la communauté des fils d'Israël, il reçoit deux boucs destinés à un sacrifice pour le péché et un bélier pour un holocauste.
Aaron offre le taureau du sacrifice pour son propre péché et il fait le rite d'absolution en sa faveur et en faveur de sa maison. Il prend les deux boucs et les place devant le Seigneur, à l'entrée de la tente de la rencontre. Aaron tire des sorts sur les deux boucs : un sort pour le Seigneur, un sort pour Azazel. Aaron présente le bouc sur lequel est tombé le sort pour le Seigneur, et il en fait un sacrifice pour le péché. Quant au bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel, on le place vivant devant le Seigneur, pour faire sur lui le rite d'absolution en l'envoyant à Azazel au désert.
Aaron offre le taureau du sacrifice pour son propre péché, et il fait le rite d'absolution en sa faveur et en faveur de sa maison. Après avoir égorgé ce taureau du sacrifice pour son propre péché, il prend une pleine cassolette de charbons ardents sur l'autel qui est devant le Seigneur et deux pleines poignées de parfum à brûler, en poudre, et il les amène au-delà du voile. Il met le parfum sur le feu devant le Seigneur et la nuée de parfum recouvre le propitiatoire qui est sur la charte. Ainsi il ne mourra pas. Il prend du sang du taureau et, de son doigt, il fait aspersion sur le côté oriental du propitiatoire ; puis devant le propitiatoire, il fait de son doigt sept aspersions de sang. Il égorge le bouc du sacrifice pour le péché du peuple, et il en amène le sang au-delà du voile ; il procède avec ce sang comme il a procédé avec celui du taureau : il en fait aspersion sur le propitiatoire et devant le propitiatoire. Il fait sur le sanctuaire le rite d'absolution des impuretés des fils d'Israël et de leurs révoltes, c'est-à-dire de tous leurs péchés ; il fait de même pour la tente de la rencontre qui demeure avec eux au milieu de leurs impuretés. Il ne doit y avoir personne dans la tente de la rencontre quand il y entre pour faire le rite d'absolution dans le sanctuaire, jusqu'à ce qu'il en sorte : il fait le rite d'absolution en sa propre faveur, en faveur de sa maison et en faveur de toute l'assemblée. Il sort vers l'autel qui est devant le Seigneur et il fait sur lui le rite d'absolution ; il prend du sang du taureau et du sang du bouc, et il en met sur les cornes du pourtour de l'autel. De son doigt, il fait sept aspersions de sang sur l'autel, il le purifie des impuretés des fils d'Israël et le sanctifie.
Quand il a fini de faire le rite d'absolution pour le sanctuaire, pour la tente de la rencontre et pour l'autel, il présente le bouc vivant. Aaron impose les deux mains sur la tête du bouc vivant : il confesse sur lui toutes les fautes des fils d'Israël et toutes leurs révoltes, c'est-à-dire tous leurs péchés, et il les met sur la tête du bouc ; puis il l'envoie au désert sous la conduite d'un homme tout prêt. Le bouc emporte sur lui toutes leurs fautes vers une terre stérile.
Quand il a envoyé le bouc dans le désert, Aaron se rend à la tente de la rencontre, il ôte les vêtements de lin qu'il a revêtus pour entrer dans le sanctuaire et les dépose là. Il se lave le corps à l'eau dans un endroit saint, puis revêt ses vêtements ; il sort et offre son holocauste et celui du peuple ; il fait le rite d'absolution en sa faveur et en faveur du peuple ; il fait fumer à l'autel la graisse des victimes pour le péché.
Celui qui a conduit le bouc pour Azazel lave ses vêtements et se lave le corps à l'eau ; après quoi il rentre au camp. Le taureau pour le péché et le bouc pour le péché, dont le sang a été amené dans le sanctuaire pour le rite d'absolution, on les fait porter hors du camp et on les brûle, peaux, chair et fiente. Celui qui les a brûlés doit laver ses vêtements et se laver le corps à l'eau ; après quoi il rentre au camp.
R/ Jésus, tu es grand prêtre des biens à venir !
Entré une fois pour toutes dans le sanctuaire,
Tu nous libères pour toujours.
Comme une victime sans tache,
Tu t'es offert toi-même à Dieu.
HOMELIE D'ORIGÈNE SUR LE LÉVITIQUE
Le véritable grand prêtre de l'expiation.
Une fois par an, le grand prêtre, quittant le peuple, entre dans le lieu où est le propitiatoire, surmonté des chérubins, où se trouvent l'arche d'alliance et l'autel des parfums ; lieu où nul n'a le droit d'entrer, sinon le grand prêtre seul.
Je remarque comment mon véritable grand prêtre, le Seigneur Jésus Christ, dans sa chair mortelle, était toute l'année avec le peuple, cette année dont lui-même a parlé : Le Seigneur m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres et annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et le jour du pardon. Remarquez aussi comment une seule fois, cette année, le jour de l'expiation, il entre dans le Saint des saints. C'est-à-dire qu'après avoir accompli le plan du salut, il pénètre dans les cieux auprès du Père, afin de le rendre favorable envers le genre humain et d'intercéder pour tous ceux qui croient en lui.
C'est parce qu'il connaissait cette expiation par laquelle Jésus intercède auprès du Père, que l'Apôtre saint Jean disait : Mes petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché. Mais, si l'un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père, Jésus Christ, le Juste. Il est la victime offerte pour nos péchés.
Paul, lui aussi, fait mention de cette expiation quand il dit, au sujet du Christ : Dieu a exposé le Christ sur la croix, afin que, par l'offrande de son sang, il soit le pardon de tous ceux qui croient en lui. Donc, le jour de l'expiation dure pour nous jusqu'à ce que le monde finisse.
Il est écrit dans le livre saint : Aaron mettra l'encens sur le feu devant le Seigneur ; il recouvrira d'un nuage d'encens le propitiatoire qui est sur l'Arche du Témoignage, et il ne mourra pas. Puis il prendra du sang du taureau et en aspergera avec le doigt le côté oriental du propitiatoire.
On enseignait ainsi chez les anciens comment célébrer le rite de propitiation. Mais vous, qui êtes venus au Christ, le véritable grand prêtre qui vous a rendu Dieu propice et vous a réconciliés avec le Père, ne vous attachez pas à ce sang charnel. Apprenez plutôt à considérer le sang du Verbe, et écoutez-le qui vous dit lui-même : Ceci est mon sang, qui sera répandu pour vous, en rémission des péchés.
L'aspersion du sang vers l'orient ne doit pas vous paraître un détail inutile. C'est de l'orient que vient la propitiation. C'est de là que vient l'homme dont le nom est Orient, qui est devenu médiateur entre Dieu et les hommes. Par là vous êtes donc invités à toujours regarder vers l'orient, où se lève pour vous le Soleil de justice, où la lumière apparaît toujours pour vous ; ainsi vous ne marcherez jamais dans les ténèbres et ce dernier jour ne vous saisira pas dans les ténèbres ; ainsi la nuit et l'obscurité de l'ignorance ne vous surprendront pas ; mais vous vivrez toujours dans la lumière de la connaissance, vous garderez le jour de la foi, vous posséderez toujours la lumière de l'amour et de la paix.
R/ Un seul Dieu !
Un seul médiateur entre Dieu et les hommes :
Jésus le Christ !
Il est médiateur de l'Alliance nouvelle.
L'ancienne alliance a disparu.
Par son propre sang, il nous a sanctifiés
Et réconciliés avec Dieu.
Oraison
Dieu qui renouvelles ce monde au moyen de tes sacrements, fais que ton Église progresse par ces biens du ciel et ne manque jamais de tes secours ici-bas.
V/ C'est maintenant le jour favorable,
R/ C'est maintenant le jour du salut.
Livre du Lévitique (Lv 19, 1-18.31-37)
Soyez saints, parce que je suis Saint
La sainteté pour Israël, ce n'est pas d'observer parfaitement un culte minutieusement réglé, c'est avant tout participer à la sainteté d'un Dieu qui est Amour.
Le Seigneur adressa la parole à Moïse : Parle à toute la communauté des fils d'Israël ; tu leur diras : Soyez saints, car je suis saint, moi, le Seigneur, votre Dieu.
Chacun de vous doit craindre sa mère et son père, et observer mes sabbats. C'est moi, le Seigneur, votre Dieu.
Ne vous tournez pas vers les faux dieux, ne vous fabriquez pas des dieux en forme de statue. C'est moi, le Seigneur, votre Dieu.
Quand vous immolez au Seigneur un sacrifice de paix, faites-le de manière à être agréés : On le mange le jour du sacrifice et le lendemain ; ce qu'il en resterait le troisième jour serait brûlé ; si l'on en mangeait quand même le troisième jour, ce serait de la viande avariée, on ne saurait être agréé ; celui qui en mangerait porterait le poids d'une faute pour avoir profané ce qui est consacré au Seigneur ; et celui-là serait retranché de sa parenté.
Quand vous moissonnerez vos terres, tu ne moissonneras pas ton champ jusqu'au bord et tu ne ramasseras pas la glanure de ta moisson ; tu ne grappilleras pas non plus ta vigne et tu n'y ramasseras pas les fruits tombés ; tu les abandonneras au pauvre et à l'émigré. C'est moi, le Seigneur, votre Dieu.
Ne commettez pas de rapt, ne mentez pas, n'agissez pas avec fausseté, au détriment d'un compatriote. Ne prononcez pas de faux serment sous le couvert de mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu. C'est moi, le Seigneur.
N'exploite pas ton prochain et ne le vole pas ; la paye d'un salarié ne doit pas rester entre tes mains jusqu'au lendemain ; n'insulte pas un sourd et ne mets pas d'obstacle devant un aveugle ; c'est ainsi que tu auras la crainte de ton Dieu. C'est moi, le Seigneur.
Ne commettez pas d'injustice dans les jugements : n'avantage pas le faible et ne favorise pas le grand, mais juge avec justice ton compatriote ; ne te montre pas calomniateur de ta parenté et ne porte pas une accusation qui fasse verser le sang de ton prochain. C'est moi, le Seigneur.
N'aie aucune pensée de haine contre ton frère, mais n'hésite pas à réprimander ton compatriote pour ne pas te charger d'un péché à son égard ; ne te venge pas et ne sois pas rancunier à l'égard des fils de ton peuple : c'est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même. C'est moi, le Seigneur.
Ne pratiquez pas la divination ; n'y recourez pas, car cela vous rendrait impurs. C'est moi, le Seigneur, votre Dieu.
Lève-toi devant des cheveux blancs et sois plein de respect pour un vieillard ; c'est ainsi que tu auras la crainte de ton Dieu. C'est moi, le Seigneur.
Quand un émigré viendra s'installer chez toi, dans votre pays, vous ne l'exploiterez pas ; cet émigré installé chez vous, vous le traiterez comme un indigène, comme l'un de vous ; tu l'aimeras comme toi-même ; car vous-mêmes avez été des émigrés dans le pays d'Égypte. C'est moi, le Seigneur, votre Dieu.
Ne commettez pas d'injustice dans ce qui est réglementé : dans les mesures de longueur, de poids et de capacité ; ayez des balances justes, des poids justes, un épha juste et un hîn juste. C'est moi, le Seigneur, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte. Gardez toutes mes lois et toutes mes coutumes et mettez-les en pratique. C'est moi, le Seigneur."
R/ Vivons dans la charité,
Au service les uns des autres !
Toute la loi s'accomplit
En cette parole unique :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Je vous donne un commandement nouveau :
Aimez-vous les uns les autres,
Comme je vous ai aimés.
SERMON DE SAINT LÉON LE GRAND
"Soyez les imitateurs de Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés..."
Le Seigneur dit dans l'évangile de saint Jean : Tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples si vous vous aimez les uns les autres. Et on lit dans la lettre de cet Apôtre : Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour.
Que les fidèles scrutent donc leur âme et discernent par un examen loyal les sentiments profonds de leur cœur. S'ils découvrent que leur conscience a en réserve des fruits de charité, ils peuvent être certains que Dieu est en eux ; et pour se rendre de plus en plus accueillants à un tel hôte, qu'ils se dilatent par les œuvres d'une miséricorde inlassable.
En effet, si Dieu est amour, la charité ne doit pas avoir de bornes, car la divinité ne peut s'enfermer dans aucune limite.
Toutes les époques conviennent, mes bien-aimés, pour pratiquer le bien de la charité ; cependant les jours présents nous y invitent plus spécialement. Ceux qui désirent recevoir la Pâque du Seigneur avec une âme et un corps sanctifiés doivent s'efforcer surtout d'acquérir cette perfection, qui renferme en elle toutes les vertus et qui couvre une multitude de péchés.
Et c'est pourquoi, sur le point de célébrer ce mystère qui dépasse tous les autres, par lequel le sang de Jésus Christ a effacé toutes nos iniquités, préparons en premier lieu des sacrifices de miséricorde. Ce que la bonté de Dieu nous a octroyé, donnons-le, nous aussi, à ceux qui ont péché contre nous.
Il faut aussi que notre libéralité se montre plus bienfaisante envers les pauvres et ceux qui sont accablés par toutes sortes de malheurs, afin que de nombreuses voix rendent grâce à Dieu, et que le réconfort donné aux indigents vienne recommander nos jeûnes. Aucune générosité de la part des fidèles ne réjouit Dieu davantage que celle qui se prodigue en faveur de ses pauvres ; et là où il rencontre un souci de miséricorde, il reconnaît l'image de sa propre bonté.
Ne craignons pas d'épuiser nos ressources par de telles dépenses, car la bonté elle-même est une grande richesse, et les largesses ne peuvent manquer de fonds, là où c'est le Christ qui nourrit et qui est nourri. Dans toute cette activité intervient la main qui augmente le pain en le rompant, et le multiplie en le distribuant.
Celui qui donne, qu'il soit tranquille et joyeux, car il aura le plus grand bénéfice quand il aura gardé pour lui le minimum. Comme dit saint Paul : Celui qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture multipliera aussi vos semences et fera croître les fruits de votre justice dans le Christ Jésus notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen.
R/ Dieu nous a tant aimés :
Nous aussi, aimons-nous les uns les autres.
Aimer son prochain comme soi-même
Vaut mieux que tous les sacrifices.
Agir avec amour, c'est présenter une oblation,
Fuir l'injustice, c'est offrir un sacrifice.
Oraison
Donne à tes fidèles, Seigneur, en ce temps de pénitence, une vraie générosité à te servir : qu'ils se disposent ainsi à recevoir dans un cœur purifié l'annonce du mystère pascal et à transmettre au monde la joyeuse nouvelle du salut.