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5 Dimanche

V/ Celui qui garde ma parole

R/ Ne verra jamais la mort.

 

Lettre aux Hébreux (He 1, 1-14 ; 2, 1-4)

Fils unique de Dieu, Jésus de Nazareth est établi au-dessus de toutes les créatures

Le prologue de cette lettre rappelle celui de l'Évangile de Jean et situe d'emblée la personne du Christ dans le plan divin du salut. Par lui, Dieu a dit aux hommes son dernier mot. Écoutons-le.

Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois aux pères dans les prophètes, Dieu, en la période finale où nous sommes, nous a parlé à nous en un Fils qu'il a établi héritier de tout, par qui aussi il a créé les mondes. Ce Fils est resplendissement de sa gloire et expression de son être et il porte l'univers par la puissance de sa parole. Après avoir accompli la purification des péchés, il s'est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs, devenu d'autant supérieur aux anges qu'il a hérité d'un nom bien différent du leur. Auquel des anges, en effet, a-t-il jamais dit : Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ? et encore : Moi, je serai pour lui un père et lui sera pour moi un fils ? Par contre, lorsqu'il introduit le premier-né dans le monde, il dit : Et que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. Pour les anges, il a cette parole : Celui qui fait de ses anges des esprits et de ses serviteurs une flamme de feu. Mais pour le Fils, celle-ci : Ton trône, Dieu, est établi à tout jamais ! et : Le sceptre de la droiture est sceptre de ton règne. Tu aimas la justice et détestas l'iniquité, c'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu te donna l'onction d'une huile d'allégresse, de préférence à tes compagnons. Et encore : C'est toi qui, aux origines, Seigneur, fondas la terre, et les cieux sont l'œuvre de tes mains. Eux périront, mais toi, tu demeures. Oui, tous comme un vêtement vieilliront et comme on fait d'un manteau, tu les enrouleras, comme un vêtement, oui, ils seront changés, mais toi, tu es le même et tes années ne tourneront pas court. Et auquel des anges a-t-il jamais dit : Siège à ma droite, de tes ennemis, je vais faire ton marchepied ? Ne sont-ils pas tous des esprits remplissant des fonctions et envoyés en service pour le bien de ceux qui doivent recevoir en héritage le salut ?

Il s'ensuit que nous devons prendre plus au sérieux le message entendu, si nous ne voulons pas aller à la dérive. Car si la parole annoncée par des anges entra en vigueur et si toute transgression et toute désobéissance reçurent une juste rétribution, comment nous-mêmes échapperons-nous, si nous négligeons un pareil salut, qui commença à être annoncé par le Seigneur, puis fut confirmé pour nous par ceux qui l'avaient entendu, et fut appuyé aussi du témoignage de Dieu par des signes et des prodiges, des miracles de toute sorte, et par des dons de l'Esprit Saint répartis selon sa volonté !

 

R/ Voici l'Agneau de Dieu

Qui enlève le péché du monde.

 

Jésus a enduré la croix

Et renoncé à la joie qui lui revenait.

 

Il s'est abaissé jusqu'à la mort,

Et la mort de la croix.

 

 

Deuxième lecture : année A, année B, année C

 

 

COMMENTAIRE DE SAINT AUGUSTIN SUR L'ÉVANGILE DE JEAN

 «  Je suis la résurrection et la vie »

Frères, écoutez, écoutez ce que dit Jésus : Je suis la résurrection et la vie. Toute l'attente des juifs était de voir revivre Lazare, ce mort de quatre jours. Écoutons nous aussi, et ressuscitons avec lui. Il est résurrection, parce qu'il est la vie. Celui qui croit en moi, même s'il est mort, vivra, même s'il est mort comme Lazare, il vivra : parce que Dieu n'est pas le Dieu des morts mais des vivants. C'est la réponse que le Christ fit aux juifs en parlant des patriarches morts depuis longtemps : Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, non pas Dieu des morts mais des vivants : car tous ont par lui la vie. Crois donc et même si tu es mort, tu vivras ; si au contraire tu ne crois pas, bien que vivant tu es mort.

Un jour, un des disciples du Seigneur voulait différer de le suivre et lui faisait cette demande : Laisse-moi d'abord aller ensevelir mon père. Jésus lui dit : Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts. Il y avait là un mort à ensevelir et aussi des morts qui allaient ensevelir le mort : l'un était mort dans son corps, les autres dans leur âme.

D'où venait la mort de l'âme ? De l'absence de la foi. D'où venait la mort du corps ? De l'absence de l'âme. La foi est donc l'âme, la vie de notre âme.

Celui qui croit en moi, dit Jésus, même s'il est mort de la mort du corps, vivra de la vie de l'âme jusqu'au jour où son corps ressuscitera pour ne plus mourir, c'est-à-dire celui qui croit en moi, bien qu'il meure, vivra. Et quiconque vit dans la chair et croit en moi, mourût-il pour un temps de la mort du corps, ne mourra pas pour toujours à cause de la vie de son âme et l'immortalité de la résurrection.

Voilà le véritable sens de ces paroles : Celui qui vit et croit en moi, ne mourra jamais. – Crois-tu cela ? Oui Seigneur, lui répondit Marthe, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, Celui qui devait venir en ce monde. En croyant cela, j'ai cru que tu es la Résurrection, j'ai cru que tu es la Vie.

R/ Jésus, tu es la résurrection et la vie,

tu as détruit la mort.

Vous saurez que je suis le Seigneur

lorsque j'ouvrirai vos tombeaux.

Je vous ferai remonter du tombeau,

je vous ramènerai sur votre terre.

Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez.

Moi, le Seigneur, j'ai dit, et j'accomplis.

 

Oraison

Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d'imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. Lui qui règne.

 

 

SAINT ATHANASE

LA VÉRITABLE ALLÉGRESSE

Il est tout proche de nous, ce Verbe qui pour nous s'est fait toutes choses : je veux dire notre Seigneur Jésus Christ qui a promis de demeurer continuellement auprès de nous. Il s'écrie en effet : "Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde". Il est lui-même pasteur, souverain prêtre, chemin et porte, et il est devenu pour nous tout cela en même temps. C'est ainsi encore que la fête et la solennité nous est apparue ; comme dit l'Apôtre : "Notre Agneau pascal qui a été immolé", c'est le Christ que l'on attendait. Mais il avait déjà brillé pour le psalmiste en prière qui disait : "Mon allégresse, délivre-moi des ennemis qui m'assiègent". Telle est la véritable allégresse, telle est l'authentique solennité : l'éloignement de nos malheurs. Pour que chacun y parvienne, il faut que sa conduite soit parfaitement droite, et qu'il médite intérieurement dans le repos que procure la crainte du Seigneur.

C'est ainsi que les saints, pendant leur vie, étaient continuellement dans la joie, et comme à une fête. L'un d'entre eux, le bienheureux David, se levait la nuit, non pas une fois mais sept fois, et se conciliait le Seigneur par la prière. Un autre, le grand Moïse, chantait son allégresse par des hymnes et louait Dieu pour la victoire remportée sur Pharaon et les Égyptiens qui accablaient de corvées les Hébreux. Enfin, d'autres exerçaient le culte divin avec une joie constante, comme le grand Samuel et le bienheureux Élie. Ils avaient acquis la liberté par la sainteté de leur vie, et maintenant ils célèbrent la fête dans le ciel. Ils se réjouissent du pèlerinage qu'ils accomplissaient jadis dans l'ombre des figures, dont ils voient maintenant la différence avec la vérité.

Et nous, qui célébrons maintenant la solennité, quels chemins prenons-nous ? Et en approchant de cette fête, quel guide suivrons-nous ? Pas d'autre, mes bien-aimés, que celui que vous appelez avec moi : notre Seigneur Jésus Christ, lui qui a dit : "Moi, je suis le Chemin". C'est lui qui "enlève le péché du monde", nous dit saint Jean. C'est lui qui purifie nos âmes, selon une parole du prophète Jérémie : "Placez-vous sur les chemins, regardez, considérez quel est le bon chemin, et vous y trouverez la purification de vos âmes".

Jadis le sang des boucs et la cendre de la génisse que l'on répandait sur ceux qui étaient impurs, n'étaient capables que de purifier le corps. Maintenant, par la grâce du Verbe de Dieu, chacun est pleinement purifié. Si nous le suivons sans tarder, nous pourrons, comme au seuil de la sainte Jérusalem, entrevoir la fête éternelle. Ainsi encore les bienheureux Apôtres, qui suivaient le Sauveur comme leur guide, étaient alors et sont encore maintenant les maîtres de cette grâce. Car ils disaient : "Voici que nous avons tout quitté et que nous t'avons suivi". Nous-mêmes, suivons le Seigneur et accomplissons la fête du Seigneur, non seulement en paroles, mais par nos actes.

 

R/ Voyez quel grand amour nous est donné !

 

Enfants de Dieu, nous le sommes,

Discernés par avance dans le Fils unique.

 

Nos yeux sont fixés sur la cité de fête

Où nous verrons le visage de Dieu.

 

Au-delà de toute souffrance,

Une joie éternelle nous attend.

Oraison

Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d'imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. Lui qui règne.

 

 

 

COMMENTAIRE DE SAINT AUGUSTIN SUR L'EVANGILE DE JEAN

"Justice et miséricorde"

La Loi avait ordonné de lapider les adultères. Or la Loi ne pouvait prescrire une injustice ; et si quelqu'un parlait contre ce que la Loi commandait, il était coupable d'injustice. Aussi les pharisiens se dirent-ils entre eux à propos de Jésus : "Il a réputation d'être vrai, il respire la douceur ; c'est sur la justice qu'il nous faut l'attaquer. Amenons-lui une femme prise en flagrant délit d'adultère et disons-lui ce que la Loi ordonne à son sujet."

Que répond le Seigneur Jésus ? Que répond la Vérité ? Que répond la Sagesse ? Que répond la Justice elle-même ainsi mise en cause ? Jésus ne dit pas : "Qu'elle ne soit pas lapidée", car il ne veut pas avoir l'air de parler contre la Loi. Cependant, il se garde bien de dire : " Qu'elle soit lapidée", car il est venu non pour perdre ce qu'il a retrouvé, mais pour chercher ce qui est perdu. Alors, que répond-il ? Voyez comme il est rempli de justice, de douceur et de vérité ! Que celui d'entre vous qui est sans péché, dit-il, lui jette la première pierre. Réponse de sagesse. Comme il les fait rentrer en eux-mêmes ! Leurs manœuvres étaient extérieures, mais ils ne regardaient pas au fond de leur propre cœur. Ils voyaient l'adultère, mais ils ne s'observaient pas eux-mêmes. Or quiconque s'observe attentivement se découvre pécheur. C'est inévitable. Donc, ou bien rendez la liberté à cette femme, ou bien subissez avec elle le châtiment de la Loi.

Si Jésus avait dit : "Qu'on ne lapide pas l'adultère", il aurait été convaincu d'injustice. S'il avait dit : "Qu'elle soit lapidée", il aurait paru manquer de douceur. Il dira donc : Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. C'est la voix de la justice. Que la coupable soit punie, mais non par des coupables ; que la Loi soit mise à exécution, mais non par ceux qui violent la Loi. C'est tout à fait la voix de la justice. Frappés par cette justice comme par un fer de lance, ils rentrèrent en eux-mêmes et, se découvrant pécheurs, ils se retirèrent l'un après l'autre.

La femme restait donc seule. Tous étaient partis. Et Jésus leva les yeux sur la femme. Nous avons entendu la voix de la justice, écoutons celle de la douceur. Je pense en effet que cette femme devait être bien effrayée par cette parole du Seigneur : Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. Ces hommes étaient rentrés en eux-mêmes, et leur départ était un aveu. Mais ils avaient laissé la femme avec sa grande faute à celui qui était sans péché. Et comme elle avait entendu cette parole de Jésus, elle s'attendait à être châtiée par celui en qui ne se trouvait aucun péché. Mais lui, après avoir repoussé ses adversaires par la voix de la justice, lève sur elle les yeux de la miséricorde et lui demande : Personne ne t'a condamnée ? – Personne, répond-elle. – Moi non plus, dit Jésus, je ne te condamnerai pas. Moi par qui tu croyais être condamnée parce que tu n'as pas trouvé en moi le péché, moi non plus je ne te condamnerai pas. Quoi, Seigneur ? Tu favorises le péché ? Certes non. Écoute ce qui suit : Va, et désormais ne pèche plus. Le Seigneur a porté condamnation, lui aussi, mais contre le péché, et non pas contre l'homme.

 

R/ Le Christ nous a aimés

Et s'est livré pour nous.

 

D'un amour éternel, tu m'as aimé.

Par des liens de douceur, tu nous as tirés à toi.

 

Tu ne donnes pas libre cours à ta colère,

Car tu es Dieu fait homme.

 

Tu pardonnes nos fautes pour la gloire de ton Nom.

Au milieu de nous, tu es le Saint.

 

Oraison

Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d'imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. Lui qui règne.


5 Lundi

V/ Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle,

R/ Le Règne de Dieu est là.

Lettre aux Hébreux (He 2, 5-18)

Frère des hommes

Chef de la nouvelle humanité, le Christ épouse notre nature pour faire de nous ses frères. Partageant notre condition et nos épreuves, il détruit le péché et se manifeste comme notre grand prêtre.

Car ce n'est pas à des anges qu'il a soumis le monde à venir, dont nous parlons. L'attestation en fut donnée quelque part en ces termes : Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui ? Ou le fils de l'homme pour que tu portes tes regards sur lui ? Tu l'abaissas quelque peu par rapport aux anges ; de gloire et d'honneur tu le couronnas ; tu mis toutes choses sous ses pieds.

En lui soumettant toutes choses, il n'a rien laissé qui puisse lui rester insoumis. Or, en fait, nous ne voyons pas encore que tout lui ait été soumis, mais nous faisons une constatation : celui qui a été abaissé quelque peu par rapport aux anges, Jésus, se trouve, à cause de la mort qu'il a soufferte, couronné de gloire et d'honneur. Ainsi, par la grâce de Dieu, c'est pour tout homme qu'il a goûté la mort.

Il convenait, en effet, à celui pour qui et par qui tout existe et qui voulait conduire à la gloire une multitude de fils, de mener à l'accomplissement par des souffrances l'initiateur de leur salut. Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous une même origine ; aussi ne rougit-il pas de les appeler frères et de dire : J'annoncerai ton nom à mes frères, au milieu de l'assemblée, je te louerai, et encore : Moi, je serai plein de confiance en lui, et encore : Me voici, moi et les enfants que Dieu m'a donnés.

Ainsi donc, puisque les enfants ont en commun le sang et la chair, lui aussi, pareillement, partagea la même condition, afin de réduire à l'impuissance, par sa mort, celui qui détenait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable, et de délivrer ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d'esclaves. Car ce n'est pas à des anges qu'il vient en aide, mais c'est à la descendance d'Abraham. Aussi devait-il en tous points se faire semblable à ses frères, afin de devenir un grand prêtre miséricordieux en même temps qu'accrédité auprès de Dieu pour effacer les péchés du peuple. Car puisqu'il a souffert lui-même l'épreuve, il est en mesure de porter secours à ceux qui sont éprouvés.

 

R/ Voici l'Agneau de Dieu

Qui enlève le péché du monde !

 

Le Seigneur est apparu sur la terre,

Il a conversé avec les hommes.

 

Semblable à ses frères,

Il a souffert lui-même de l'épreuve.

 

COMMENTAIRE DE SAINT JEAN FISHER SUR LE Ps 129

«  Nous avons un défenseur devant le Père.. »

Le Christ Jésus est notre grand prêtre, son corps est le sacrifice de notre rachat, qu'il a offert sur l'autel de la croix pour le salut de tous les hommes. Le sang répandu pour notre rédemption n'était pas celui des veaux et des boucs, comme dans la loi ancienne, mais de l'agneau très innocent, Jésus Christ notre Sauveur.

Le Temple où notre grand prêtre célébrait sa liturgie n'était pas bâti de main d'homme mais édifié par la puissance de Dieu seul. En effet, il a répandu son sang à la face du monde : celui-ci est bien un temple que seule la main de Dieu a pu bâtir. Le Temple a deux parties : l'une est la terre que nous habitons maintenant ; l'autre est encore inconnue des mortels que nous sommes.

Tout d'abord notre grand prêtre a offert le sacrifice ici sur terre, lorsqu'il a subi une mort très amère. Mais ensuite, revêtu de l'habit d'immortalité, il est entré en vertu de son propre sang dans le Saint des saints, c'est-à-dire dans le ciel. Et là, il a présenté devant le trône du Père céleste ce sang d'une valeur infinie qu'il avait versé sept fois pour tous les hommes pécheurs.

Ce sacrifice est si apprécié et agréé de Dieu que celui-ci, dès qu'il l'a vu, n'a pu refuser, prenant pitié de nous, d'accorder son pardon à tous ceux qui se repentent vraiment.

En outre, ce sacrifice est éternel. Il n'est pas offert seulement chaque année, comme cela se faisait chez les Juifs. Il est offert chaque jour pour notre réconfort, et même à toute heure et à tout moment, pour nous réconforter plus puissamment. C'est à ce sujet que l'Apôtre ajoute : Il a obtenu une rédemption éternelle.

À ce sacrifice saint et éternel participent tous ceux qui ont conçu une contrition et une pénitence véritables pour leurs péchés, qui ont pris la ferme résolution de ne plus retomber dans leurs vices mais de persévérer courageusement dans leurs efforts pour acquérir les vertus.

Saint Jean nous l'affirme par ces paroles : Mes petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché. Mais si l'un de vous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste. il est la victime offerte pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier.

 

R/ Jésus, tu es prêtre pour l'éternité !

 

Tu demeures pour l'éternité,

Tu sauves pour toujours

Ceux qui par toi s'approchent de Dieu.

 

Tu as prié ton Père :

"Pour eux je me consacre moi-même."

Toujours vivant, tu intercèdes pour nous.

Oraison

Dieu qui nous combles de bénédiction par la richesse infinie de ta grâce, fais-nous quitter ce qui ne peut que vieillir, fais-nous entrer dans ce qui est nouveau, et nous serons préparés à la gloire du Royaume.


5 Mardi

V/ C'est maintenant le jour favorable,

R/ C'est maintenant le jour du salut.

 

Lettre aux Hébreux (He 3, 1-19)

Jésus, apôtre de notre confession de foi

L'image de Moïse intervient pour faire comprendre le rôle du Christ. Dans les temps anciens, une génération infidèle fut exclue de la Terre promise, aujourd'hui encore un appel se fait entendre : "N'endurcissez pas vos cœurs".

Frères saints, qui avez en partage une vocation céleste, considérez l'apôtre et le grand prêtre de notre confession de foi, Jésus. Il est accrédité auprès de celui qui l'a constitué, comme Moïse le fut dans toute sa maison. En fait, c'est une gloire supérieure à celle de Moïse qui lui revient, dans toute la mesure où le constructeur de la maison est plus honoré que la maison elle-même. Toute maison, en effet, a son constructeur, et le constructeur de tout est Dieu. Or Moïse fut accrédité dans toute sa maison comme serviteur en vue de garantir ce qui allait être dit, mais Christ l'est comme Fils, et sur sa maison. Sa maison, c'est nous, si nous conservons la pleine assurance et la fierté de l'espérance.

C'est pourquoi, comme dit l'Esprit Saint : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs comme au temps de l'exaspération, au jour de la mise à l'épreuve dans le désert, où vos pères me mirent à l'épreuve en cherchant à me sonder, et ils virent mes œuvres pendant quarante ans. C'est pourquoi, je me suis emporté contre cette génération et j'ai dit : Toujours leurs cœurs s'égarent ; ces gens-là n'ont pas trouvé mes chemins, car j'ai juré dans ma colère : On verra bien s'ils entreront dans mon repos !

Prenez garde, frères, qu'aucun de vous n'ait un cœur mauvais que l'incrédulité détache du Dieu vivant, mais encouragez-vous les uns les autres, jour après jour, tant que dure la proclamation de l'aujourd'hui, afin qu'aucun d'entre vous ne s'endurcisse, trompé par le péché. Nous voici devenus, en effet, les compagnons du Christ, pourvu que nous tenions fermement jusqu'à la fin notre position initiale, alors qu'il est dit : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs comme au temps de l'exaspération.

Quels sont, en effet, ceux qui entendirent et qui provoquèrent l'exaspération ? N'est-ce pas tous ceux qui sortirent d'Égypte grâce à Moïse ? Et contre qui s'est-il emporté pendant quarante ans ? N'est-ce pas contre ceux qui avaient péché, dont les cadavres tombèrent dans le désert ? Et à qui jura-t-il qu'ils n'entreraient pas dans son repos, sinon à ces indociles ? Et nous constatons qu'ils ne purent pas entrer à cause de leur incrédulité.

 

R/ Vivons dans la fierté de l'espérance !

 

En Christ, toute la maison s'élève,

Et sa maison, c'est nous.

 

Celui qui espère jusqu'au bout

Partagera la vie du Christ.

 

CATECHESE BAPTISMALE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME

"L'Église de Dieu qu'il s'est acquise par son sang"

Veux-tu savoir quelle vertu possède le sang du Christ ? Revenons à ce qui en a été la figure, aux récits anciens de ce qui s'est passé en Égypte.

Moïse dit : "Immolez un agneau sans tache et marquez vos portes de son sang." Que dis-tu, Moïse ? Le sang d'un animal sans raison peut-il sauver des hommes doués de raison ? Oui, dit Moïse, non pas parce que c'est du sang, mais parce qu'il est la figure du sang du Seigneur. À présent, au lieu des portes marquées par le sang de la préfiguration, le diable voit sur les lèvres des fidèles le sang de la vérité préfigurée marquer la porte de ce temple du Christ qu'ils sont maintenant ; à plus forte raison va-t-il donc battre en retraite !

Veux-tu connaître encore par un autre biais la vertu de ce sang ? Vois d'où il a commencé à couler et d'où il a pris sa source : il descend de la croix, du côté du Seigneur. Comme Jésus déjà mort, dit l'Évangile, était encore sur la croix, le soldat s'approcha, lui ouvrit le côté d'un coup de sa lance et il en jaillit de l'eau et du sang. Cette eau était le symbole du baptême, et le sang, celui des mystères. C'est donc le soldat qui lui ouvrit le côté ; il a percé la muraille du temple saint ; et moi, j'ai trouvé ce trésor et j'en ai fait ma richesse. Ainsi en a-t-il été de l'Agneau : les Juifs égorgeaient la victime, et moi j'ai recueilli le salut, fruit de ce sacrifice.

Et il jaillit de son côté de l'eau et du sang. Ne passe pas avec indifférence, mon bien-aimé, auprès du mystère. Car j'ai encore une autre interprétation mystique à te donner. J'ai dit que cette eau et ce sang étaient le symbole du baptême et des mystères. Or, l'Église est née de ces deux sacrements : par ce bain de la renaissance et de la rénovation dans l'Esprit, par le baptême donc, et par les mystères. Or, les signes du baptême et des mystères sont issus du côté. Par conséquent le Christ a formé l'Église à partir de son côté, comme il a formé Ève à partir du côté d'Adam.

Aussi saint Paul dit-il : Nous sommes de sa chair et de ses os, désignant par là le côté du Seigneur. De même en effet que le Seigneur a pris de la chair dans le côté d'Adam pour former la femme, ainsi le Christ nous a donné le sang et l'eau de son côté pour former l'Église. Et de même qu'alors il a pris de la chair du côté d'Adam, pendant l'extase de son sommeil, ainsi maintenant nous a-t-il donné le sang et l'eau après sa mort.

Vous avez vu comment le Christ s'est uni son épouse ? Vous avez vu quel aliment il nous donne à tous ? C'est de ce même aliment que nous sommes nés et que nous sommes nourris. Ainsi que la femme nourrît de son propre sang et de son lait celui qu'elle a enfanté, de même le Christ nourrit constamment de son sang ceux qu'il a engendrés.

 

R/ Dans ton sang, Seigneur Jésus,

Tu nous as rachetés pour Dieu !

 

Comme un agneau sans défaut et sans tache,

Jésus s'est offert lui-même à Dieu.

 

Son sang nous purifie des œuvres de mort :

Nous servirons le Dieu vivant !

Oraison

Seigneur, accorde-nous la grâce de persévérer dans ta volonté ; afin qu'au long des jours, le peuple dévoué à ton service augmente en nombre et grandisse en sainteté.


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