Ressources Catholiques Missel Romain

précédent

5 Mercredi

V/ Convertissez-vous et faites pénitence,

R/ Faites-vous un cœur et un esprit nouveau.

 

Lettre aux Hébreux (He 6, 9-20)

Promesse de Dieu, notre espérance.

Dieu s'est engagé par serment à tenir ses promesses : notre espérance est sûre.

Bien-aimés, nous sommes convaincus, tout en vous parlant, que vous êtes du bon côté, celui du salut. Dieu, en effet, n'est pas injuste ; il ne peut oublier votre activité et l'amour que vous avez montré à l'égard de son nom en vous mettant au service des saints dans le passé, et encore dans le présent. Mais notre désir est que chacun de vous montre la même ardeur à porter l'espérance à son épanouissement jusqu'à la fin, sans ralentir votre effort, mais en imitant ceux qui, par la foi et la persévérance, reçoivent l'héritage des promesses.

Lorsque Dieu fit sa promesse à Abraham, comme il n'avait personne de plus grand par qui jurer, il jura par lui-même et dit : Oui, de bénédictions je te comblerai, une immense expansion je te donnerai.

Ayant alors persévéré, Abraham vit se réaliser la promesse. Les hommes jurent par plus grand qu'eux-mêmes, et pour mettre un terme à toute contestation, ils recourent à la garantie du serment. En ce sens, Dieu, voulant bien davantage montrer aux héritiers de la promesse le caractère irrévocable de sa décision, intervint par un serment. Ainsi, deux actes irrévocables, dans lesquels il ne peut y avoir de mensonge de la part de Dieu, nous apportent un encouragement puissant, à nous qui avons tout laissé pour saisir l'espérance proposée. Elle est pour nous comme une ancre de l'âme, bien fermement fixée, qui pénètre au-delà du voile, là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus, devenu grand prêtre pour l'éternité à la manière de Melkisédek.

 

R/ Jésus toujours vivant,

Intercède pour nous auprès du Père.

 

Imitons ceux qui reçoivent,

Par la persévérance et la foi,

L'héritage des promesses.

 

L'ancre de notre espérance,

C'est le Christ auprès du Père.

 

COMMENTAIRE DE SAINT AUGUSTIN SUR LE PSAUME 85

Jésus, Dieu avec Dieu, homme avec les hommes.

Dieu ne pouvait pas faire de plus grand don aux hommes que d'établir le Verbe, par qui il a tout créé, comme leur tête, et de les relier à lui comme des membres, pour qu'il soit Fils de Dieu et fils d'homme, un seul Dieu avec le Père, un seul homme avec les hommes. C'est au point que lorsque nous parlons à Dieu dans la prière, nous ne séparons pas son Fils de lui ; lorsque le corps du Fils est en prière, il ne se sépare pas de sa tête. Notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, est seul le Sauveur de son corps, lui qui prie pour nous, et qui prie en nous, et qui est prié par nous.

Il prie pour nous comme notre prêtre il prie en nous comme notre tête ; il est prié par nous comme notre Dieu.

Reconnaissons donc notre voix en lui, et sa voix en nous. Et lorsqu'il est dit, au sujet du Seigneur Jésus Christ, surtout dans les prophéties, une parole qui concerne une bassesse indigne de Dieu, n'hésitons pas à la lui attribuer, puisqu'il n'a pas hésité à s'unir à nous. Toute la création est à son service, parce que toute la création est son œuvre. Nous considérons sa souveraineté et sa divinité quand nous entendons dire : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Par lui tout s'est fait, et sans lui rien ne s'est fait. Alors nous contemplons cette divinité du Fils de Dieu qui surpasse et dépasse infiniment ce qu'il y a de plus haut chez les créatures. Mais d'autres endroits des Écritures nous le font voir en train de gémir, de prier, de rendre grâce.

Alors nous hésitons à lui rapporter ces paroles, parce que notre pensée, qui vient de contempler sa divinité, répugne à descendre jusqu'à sa bassesse. Il nous semble que c'est lui faire injure que de reconnaître ces paroles qui concernent l'homme chez celui auquel on adressait d'autres paroles lorsqu'on priait Dieu. On est embarrassé bien souvent, on essaie de changer le sens de ces mots ; on ne trouve rien dans l'Écriture qui ne nous invite à revenir à lui et ne nous interdise de nous écarter de lui.

Il faut donc s'éveiller, demeurer vigilant dans sa foi, et découvrir celui que l'on contemplait peu de temps auparavant dans la condition de Dieu, comme ayant pris la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir. Et lorsqu'il était attaché à la croix, il a voulu s'approprier les paroles du psaume en disant : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

Dans sa condition de Dieu, il reçoit notre prière, et dans la condition de serviteur, il prie. Là, il est le créateur, ici il est créé. Sans subir lui-même de changement, il assume la créature pour la changer, il fait de nous un seul homme avec lui, tête et corps. Nous prions donc vers lui, par lui, en lui, nous parlons avec lui et il parle avec nous.

 

R/ Seigneur Jésus, enseigne-nous à prier.

 

Pleine de force,

La supplication fervente du juste.

 

Tout ce que vous demanderez en mon nom,

Mon Père vous l'accordera.

 

Demandez et vous recevrez ;

Parfaite alors sera votre joie.

Oraison

Dieu très bon, éclaire le cœur de tes fidèles qui se purifient dans la pénitence ; toi qui nous as donné le goût de te servir, ne reste pas sourd à notre prière.


5 Jeudi

V/ Celui qui médite la loi du Seigneur

R/ Donne du fruit en son temps.

 

Lettre aux Hébreux (He 7, 1-11)

Le grand prêtre Melchisédek

Melchisédek, figure énigmatique de la Genèse, dont la tradition juive a fait une sorte de sauveur céleste, n'a ni origine, ni succession humaine : son sacerdoce est demeuré unique, incomparable.

Melkisédek, roi de Salem, prêtre du Dieu Très-Haut, est allé à la rencontre d'Abraham, lorsque celui-ci revenait du combat contre les rois, et l'a béni. C'est à lui qu'Abraham remit la dîme de tout. D'abord, il porte un nom qui se traduit "roi de justice", et ensuite, il est aussi roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix. Lui qui n'a ni père, ni mère, ni généalogie, ni commencement pour ses jours, ni fin pour sa vie, mais qui est assimilé au Fils de Dieu reste prêtre à perpétuité.

Contemplez la grandeur de ce personnage, à qui Abraham a donné en dîme la meilleure part du butin, lui, le patriarche. Or, ceux des fils de Lévi qui reçoivent le sacerdoce ont ordre, de par la loi, de prélever la dîme sur le peuple, c'est-à-dire sur leurs frères, qui sont pourtant des descendants d'Abraham. Mais lui, qui ne figure pas dans leurs généalogies, a soumis Abraham à la dîme et a béni le titulaire des promesses. Or sans aucune contestation, c'est l'inférieur qui est béni par le supérieur. Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes qui meurent, là c'est quelqu'un dont on atteste qu'il vit. Et pour tout dire, en la personne d'Abraham, même Lévi, qui perçoit la dîme, a été soumis à la dîme. Car il était encore dans les reins de son ancêtre, lorsque eut lieu la rencontre avec Melkisédek.

Si on était parvenu à un parfait accomplissement par le sacerdoce lévitique, car il était la base de la législation donnée au peuple, quel besoin y aurait-il eu encore de susciter un autre prêtre, dans la ligne de Melkisédek, au lieu de le désigner dans la ligne d'Aaron ?

 

R/ Jésus es prêtre pour l'éternité.

 

Par la puissance d'une vie indestructible,

Par le serment que fit le Seigneur.

 

Par son inlassable intercession,

Par l'offrande que tu fis de toi-même.

 

ACTES DU IIème CONCILE DU VATICAN – L'Église

L'Église, signe de salut parmi les hommes.

Parole du Seigneur : Voici venir des jours où je conclurai une alliance nouvelle avec la maison d'Israël et avec la maison de Juda. Je mettrai ma loi au plus profond d'eux-mêmes ; Je l'inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Tous me connaîtront des plus petits jusqu'aux plus grands. Parole du Seigneur.

Cette alliance nouvelle, c'est le Christ qui l'a instituée, car elle est la Nouvelle Alliance dans son sang. Il appelle une foule venue des Juifs et des nations païennes, pour qu'elle parvienne à l'unité non pas selon la chair, mais dans l'Esprit, et qu'elle soit le nouveau peuple de Dieu.

En effet, ceux qui croient au Christ, qui ont reçu la nouvelle naissance non pas d'un germe corruptible, mais d'un germe incorruptible par la parole du Dieu vivant, non pas de la chair mais de l'eau et de l'Esprit vivant, deviennent ainsi finalement la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu qui jadis n'était pas un peuple, mais qui est maintenant le peuple de Dieu.

Ce peuple messianique a pour chef le Christ, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification, et qui maintenant, ayant reçu le nom qui est au-dessus de tout nom, règne glorieusement au ciel.

Ce peuple a pour condition la dignité et la liberté des fils de Dieu, car, dans leur cœur, le Saint-Esprit habite comme dans un temple.

Il a pour loi le commandement nouveau d'aimer comme le Christ nous a aimés lui-même.

Enfin son but est le règne de Dieu, inauguré sur terre par Dieu même, pour s'étendre ensuite jusqu'à ce que. à la fin des siècles, il reçoive enfin de Dieu son achèvement, lorsque paraîtra le Christ, notre vie, et que la création sera libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître, elle aussi, la liberté et la gloire des enfants de Dieu.

C'est pourquoi ce peuple messianique, bien qu'il ne comprenne pas effectivement tous les hommes et qu'il apparaisse souvent comme un petit troupeau, est cependant, pour tout le genre humain, le germe le plus fort de l'unité, de l'espérance et du salut.

Etabli par le Christ, pour réaliser une communion de vie, d'amour et de vérité, il lui sert d'instrument pour la Rédemption de tous les hommes, et il est envoyé au monde entier comme lumière du monde et sel de la terre.

De même que l'Israël selon la chair, qui cheminait dans le désert, est déjà appelé Église de Dieu, ainsi le nouvel Israël, qui s'avance dans le siècle présent, à la recherche de la cité future, la cité définitive, est appelé lui aussi l'Église du Christ. Car c'est bien le Christ qui l'a achetée de son sang, comblée de son Esprit, munie des moyens appropriés à son unité visible et sociale.

La communauté des croyants qui regardent vers Jésus comme l'auteur du salut, le principe de l'unité et de la paix, Dieu l'a convoquée et fondée comme son Église, afin qu'elle soit, pour tous et pour chacun, le sacrement visible de cette unité porteuse de salut.

 

R/ Gloire au Seigneur, c'est lui notre Dieu !

 

Il nous a délivrés de la servitude,

Avec autorité et puissance.

 

Jadis vous n'étiez pas un peuple,

Vous êtes maintenant le peuple de Dieu.

 

Vous êtes la race élue, la nation sainte,

Le peuple que Dieu s'est acquis.

Oraison

Sois attentif à nos supplications, Seigneur, veille sur nous et protège-nous, car nous mettons notre espoir en ta miséricorde : purifiés désormais de nos péchés, nous pourrons mener une vie sainte et entrer en possession de ton héritage.


5 Vendredi

V/ Revenons au Seigneur notre Dieu,

R/ Car il est tendre et miséricordieux.

 

Lettre aux Hébreux (He 7, 11-28)

Le Christ, prêtre pour l'éternité

Melchisédek, roi mystérieux, suggère le caractère unique du sacerdoce du Christ : lui seul offre le sacrifice parfait.

Si on était parvenu à un parfait accomplissement par le sacerdoce lévitique, car il était la base de la législation donnée au peuple, quel besoin y aurait-il eu encore de susciter un autre prêtre, dans la ligne de Melkisédek, au lieu de le désigner dans la ligne d'Aaron ? Car un changement de sacerdoce entraîne forcément un changement de loi. Et celui que vise le texte cité fait partie d'une tribu dont aucun membre n'a été affecté au service de l'autel. Il est notoire, en effet, que notre Seigneur est issu de Juda, d'une tribu pour laquelle Moïse n'a rien dit dans ses textes sur les prêtres. Et l'évidence est plus grande encore si l'autre prêtre suscité ressemble à Melkisédek, et n'accède pas à la prêtrise en vertu d'une loi de filiation humaine, mais en vertu de la puissance d'une vie indestructible. Ce témoignage, en effet, lui est rendu : Tu es prêtre pour l'éternité à la manière de Melkisédek.

De fait, on a là, d'une part, l'abrogation du précepte antérieur en raison de sa déficience et de son manque d'utilité, car la loi n'a rien mené à l'accomplissement, et, d'autre part, l'introduction d'une espérance meilleure, par laquelle nous approchons de Dieu.

Et dans la mesure où cela ne s'est pas réalisé sans prestation de serment – car s'il n'y a pas eu prestation de serment pour le sacerdoce des autres, pour lui il y a eu le serment prononcé par celui qui a dit à son intention : Le Seigneur l'a juré et il ne reviendra pas sur cela : Tu es prêtre pour l'éternité –, dans cette mesure, c'est d'une meilleure alliance que Jésus est devenu le garant. De plus, les autres sont nombreux à être devenus prêtres, puisque la mort les empêchait de rester ; mais lui, puisqu'il demeure pour l'éternité, possède un sacerdoce exclusif. Et c'est pourquoi il est en mesure de sauver d'une manière définitive ceux qui, par lui, s'approchent de Dieu, puisqu'il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Et tel est bien le grand prêtre qui nous convenait, saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, élevé au-dessus des cieux. Il n'a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour ses propres péchés, puis pour ceux du peuple. Cela, il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même. Alors que la loi établit grands prêtres des hommes qui restent déficients, la parole du serment qui intervient après la loi établit un Fils qui, pour l'éternité, est arrivé au parfait accomplissement.

 

R/ Jésus es prêtre pour l'éternité.

 

Par la puissance d'une vie indestructible,

Par le serment que fit le Seigneur.

 

Par son inlassable intercession,

Par l'offrande que tu fis de toi-même.

 

LETTRE DE SAINT FULGENCE DE RUSPE

"Il s'est livré pour nous"

La Sainte Trinité, Dieu unique du nouveau et de l'ancien Testament, prescrivait à nos pères de lui offrir en sacrifice la chair des animaux. Ces animaux préfiguraient l'offrande très agréable de ce sacrifice que l'unique Fils de Dieu devait offrir miséricordieusement pour nous, en immolant sa chair.

C'est lui, en effet, selon l'enseignement de l'Apôtre, qui s'est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire. C'est lui, vrai Dieu et vrai grand prêtre, qui pour nous est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire en répandant non pas le sang des animaux, mais son propre sang. C'est ce que préfigurait le grand prêtre juif quand il entrait dans le sanctuaire, chaque année, en répandant le sang.

C'est donc lui qui, en lui seul, a présenté tout ce qu'il savait être nécessaire de réaliser pour notre rédemption. Oui, il était à la fois le prêtre et le sacrifice, à la fois Dieu et le temple. Prêtre dont la médiation nous réconcilie ; sacrifice qui opère la réconciliation ; temple dans lequel se fait notre réconciliation ; Dieu avec qui nous sommes réconciliés. Il est à lui seul le prêtre, le sacrifice et le temple, car, étant Dieu, il est tout cela selon la condition de serviteur. Mais il n'est pas Dieu à lui seul, car il l'est avec le Père et l'Esprit Saint selon la condition de Dieu.

Tu dois donc croire très fermement et sans aucune hésitation que l'unique Verbe de Dieu lui-même s'est offert pour nous à Dieu en sacrifice capable de lui plaire. C'est à Lui, avec le Père et l'Esprit Saint, que les patriarches, les prophètes et les prêtres, au temps de l'ancienne Alliance, offraient des animaux en sacrifice ; et c'est à lui, avec le Père et l'Esprit Saint qui ont avec lui une même divinité, que la sainte Église catholique, dans le monde entier, ne cesse d'offrir le sacrifice du pain et du vin, dans la foi et la charité.

La chair de ces animaux immolés jadis préfigurait la chair du Christ que lui-même, étranger au péché, offrirait pour nos péchés, elle préfigurait le sang qu'il répandrait pour le pardon de nos péchés. Mais dans notre sacrifice il y a l'action de grâce et la mémoire de la chair du Christ qu'il a offerte pour nous, et du sang que lui-même, Dieu, a répandu pour nous. Saint Paul, dans les Actes des Apôtres, dit à ce sujet : Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau où l'Esprit Saint vous a placés comme responsables pour être les pasteurs de l'Église de Dieu, qu'il a acquise par son sang.

Les sacrifices d'autrefois symbolisaient donc d'une manière figurative ce que nous aurions à donner. Dans le sacrifice d'aujourd'hui nous est montré clairement ce qui nous a déjà été donné. Les sacrifices d'autrefois annonçaient à l'avance que le Fils de Dieu serait mis à mort pour les impies. Le sacrifice d'aujourd'hui annonce qu'il a été mis à mort pour les impies. Saint Paul nous l'atteste : Le Christ, alors que nous n'étions encore capables de rien, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Et encore : Quand nous étions encore ses ennemis, Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils.

 

R/ Jésus, tu es grand prêtre des biens à venir !

 

Entré une fois pour toutes dans le sanctuaire,

Tu nous libères pour toujours.

 

Comme une victime sans tache,

Tu t'es offert toi-même à Dieu.

Oraison

Pardonne, Seigneur, les torts de ton peuple ; puisque notre faiblesse nous a rendus captifs du péché, que ta tendresse nous en délivre.


5 Samedi

V/ Celui qui fait la vérité

R/ Vient à la lumière.

 

Lettre aux Hébreux (He 8, 1-13)

Le Christ, ministre d'une alliance nouvelle

L'Alliance nouvelle est instaurée, mais c'est dans le cœur qu'elle est inscrite.

Point capital de notre exposé, c'est bien un tel grand prêtre que nous avons, lui qui s'est assis à la droite du trône de la Majesté dans les cieux, comme ministre du vrai sanctuaire et de la véritable tente dressée par le Seigneur et non par un homme. Tout grand prêtre est établi pour offrir des dons et des sacrifices ; d'où la nécessité pour lui aussi d'avoir quelque chose à offrir. Si le Christ était sur la terre, il ne serait pas même prêtre, la place étant prise par ceux qui offrent les dons conformément à la loi ; mais leur culte, ils le rendent à une image, à une esquisse des réalités célestes, selon l'avertissement divin reçu par Moïse pour construire la tente : Vois, lui est-il dit, tu feras tout d'après le modèle qui t'a été montré sur la montagne.

En réalité, c'est un ministère bien supérieur qui lui revient, car il est médiateur d'une bien meilleure alliance, dont la constitution repose sur de meilleures promesses.

Si, en effet, cette première alliance avait été sans reproche, il ne serait pas question de la remplacer par une seconde. En fait, c'est bien un reproche qu'il leur adresse : Voici : des jours viennent, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d'Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle, non pas comme l'alliance que je fis avec leurs pères le jour où je les pris par la main pour les mener hors du pays d'Égypte. Parce qu'eux-mêmes ne se sont pas maintenus dans mon alliance, moi aussi je les ai délaissés, dit le Seigneur. Car voici l'alliance par laquelle je m'allierai avec la maison d'Israël après ces jours-là, dit le Seigneur : en donnant mes lois, c'est dans leur pensée et dans leurs cœurs que je les inscrirai. Je deviendrai leur Dieu, ils deviendront mon peuple. Chacun d'eux n'aura plus à enseigner son compatriote ni son frère en disant : Connais le Seigneur ! car tous me connaîtront, du plus petit jusqu'au plus grand, parce que je serai indulgent pour leurs fautes et de leurs péchés, je ne me souviendrai plus.

En parlant d'une alliance nouvelle, il a rendu ancienne la première ; or ce qui devient ancien et qui vieillit est près de disparaître.

 

R/ Un seul Dieu !

Un seul médiateur entre Dieu et les hommes :

Jésus le Christ !

 

Il est médiateur de l'Alliance nouvelle :

L'ancienne alliance a disparu.

 

Par son propre sang, il nous a sanctifiés

Et réconciliés avec Dieu.

 

HOMELIE DE SAINT GREGOIRE DE NAZIANCE POUR LA PAQUE

Participer à la Pâque du Christ.

Nous allons participer à la Pâque. Cette participation sera, maintenant encore, en figure, par le sacrement. Toutefois, ce sacrement sera plus parlant que dans la loi ancienne, car le banquet pascal, j'ose le dire, était alors très obscur : c'était une préfiguration. Mais bientôt, la Pâque sera plus parfaite et plus pure, car le Verbe y boira avec nous le vin nouveau dans le Royaume de son Père. Alors, en effet, Il nous révélera et nous enseignera ce qu'il nous a montré jusqu'ici de façon restreinte. Car elle est toujours nouvelle, la Pâque que nous pouvons connaître aujourd'hui.

Quelle est donc cette boisson délicieuse ? C'est à moi de l'enseigner, c'est au Christ de faire comprendre et assimiler cette doctrine à ses disciples. En effet, la doctrine est une nourriture, même pour celui qui la donne aux autres.

Eh bien, quant à nous, participons à la loi, mais à la lumière de l'Évangile et non pas selon la lettre ; de façon parfaite et non ébauchée ; pour toujours et non pas pour un moment. Ayons pour capitale non pas la Jérusalem d'en bas, mais la cité d'en haut ; non pas celle qui est piétinée par les armées, mais celle qui est glorifiée par les anges. Offrons en sacrifice, non pas de jeunes taureaux ni des agneaux portant cornes et sabots – offrandes mortes et insensibles ; offrons à Dieu un sacrifice de louange sur l'autel céleste, en union avec les chœurs du ciel. Ce que je vais dire va plus loin : c'est nous-mêmes que nous devons offrir à Dieu en sacrifice ; offrons-lui chaque jour toute notre activité. Acceptons tout pour le Christ ; par nos souffrances, imitons sa passion ; par notre sang honorons son sang ; montons vers la croix avec ferveur.

Si tu es Simon de Cyrène, prends la croix et suis-le. Si tu es crucifié avec lui, comme le malfaiteur, reconnais, comme cet homme juste, qu'il est Dieu. Si lui-même a été compté parmi les pécheurs à cause de toi et de ton péché, toi, deviens un homme juste à cause de lui. En te crucifiant, adore celui qui a été crucifié à cause de toi, et tire quelque profit de ta méchanceté même ; achète le salut au prix de la mort ; entre au Paradis avec Jésus, pour comprendre de quels biens tu étais exclu. Contemple les merveilles qui sont là, et laisse mourir au-dehors, avec ses blasphèmes, celui qui l'injuriait.

Si tu es Joseph d'Arimathie, réclame le corps à celui qui l'a fait mettre en croix ; que ton souci soit le rachat du monde.

Si tu es Nicodème, cet adorateur nocturne de Dieu, mets-le au tombeau avec les parfums.

Si tu es une des saintes femmes, l'une ou l'autre Marie, si tu es Salomé ou Jeanne, va le pleurer de grand matin. Sois la première à voir la pierre enlevée, à voir peut-être les anges, et Jésus lui-même.

 

R/ Pour aller à Jésus, sortons hors du camp

En portant son opprobre.

 

Jésus, pour sanctifier le peuple par son sang,

A souffert hors de la ville.

 

Ils sauront que le Seigneur les a dispersés

Dans les pays étrangers.

 

Nous n'avons pas sur la terre de cité permanente,

mais nous cherchons celle de l'avenir.

Oraison

Seigneur, tu es toujours à l'œuvre pour sauver les hommes, mais en ce moment du carême tu offres plus largement ta grâce à ton peuple ; regarde avec bienveillance tous ceux qui t'appartiennent : que ton amour protège et fortifie à la fois les catéchumènes et les baptisés.


suivant