R/ Ils ont publié l'œuvre de Dieu,
V/ Ils ont compris ses merveilles.
Livre des Actes des Apôtres (Ac 5, 12-32)
Les Apôtres dans la primitive Église
Beaucoup de signes et de prodiges s'accomplissaient dans le peuple par la main des apôtres. Ils se tenaient tous, unanimes, sous le Portique de Salomon, mais personne d'autre n'osait s'agréger à eux ; le peuple faisait pourtant leur éloge, et des multitudes de plus en plus nombreuses d'hommes et de femmes se ralliaient, par la foi, au Seigneur. On en venait à sortir les malades dans les rues, on les plaçait sur des lits ou des civières, afin que Pierre, au passage, touche au moins l'un ou l'autre de son ombre. La multitude accourait aussi des localités voisines de Jérusalem, portant des malades et des gens que tourmentaient des esprits impurs, et tous étaient guéris. Sur ces entrefaites le Grand Prêtre et tout son entourage – il s'agissait du parti des Sadducéens – furent remplis de fureur ; ils firent appréhender les apôtres et les jetèrent publiquement en prison. Mais, pendant la nuit, l'ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison, les fit sortir et leur dit : Allez, tenez-vous dans le temple, et là, annoncez au peuple toutes ces paroles de vie ! Ils l'écoutèrent ; dès le point du jour, ils se rendirent au temple ; et là ils enseignaient. Le Grand Prêtre arriva ; lui et son entourage convoquèrent le Sanhédrin, assemblée plénière des Israélites, et ils envoyèrent chercher les apôtres à la prison. Mais les serviteurs, une fois sur place, ne les trouvèrent pas dans le cachot. De retour, ils rendirent compte en ces termes : Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée, et les gardes en faction devant les portes ; mais quand nous avons ouvert, nous n'avons trouvé personne à l'intérieur. À l'annonce de ces nouvelles le commandant du temple et les grands prêtres étaient perplexes au sujet des apôtres, se demandant ce qui avait bien pu se passer. Mais quelqu'un vint leur annoncer : "Voici que les hommes que vous aviez jetés en prison se tiennent dans le temple, et ils instruisent le peuple." Alors le commandant partit avec les serviteurs pour ramener les apôtres, sans violence toutefois, car ils redoutaient que le peuple ne leur jette des pierres. Ils les amenèrent donc, les présentèrent au Sanhédrin et le Grand Prêtre les interrogea : Nous vous avions formellement interdit, leur dit-il, d'enseigner ce nom-là, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ; vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! Mais Pierre et les apôtres répondirent : "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous aviez exécuté en le pendant au bois. C'est lui que Dieu a exalté par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la conversion et le pardon des péchés. Nous sommes témoins de ces événements, nous et l'Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent."
Ton appel les a lancés
Sur les chemins et les grand-routes.
Nourris de ta Parole
Et riches de ton seul amour,
Ils vont donner la joie
À ceux qui les écoutent et te reçoivent.
R/ Merveille de ta grâce !
Tu confies à des hommes les secrets du Père.
Messagers de la Bonne Nouvelle,
Ils annoncent la paix aux limites du monde.
Heureux le peuple où il en est ainsi,
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu !
TRAITÉ DE TERTULLIEN SUR LA PREDICATION APOSTOLIQUE
Le Christ Jésus notre Seigneur, pendant son séjour sur terre, déclarait lui-même ce qu'il était, ce qu'il avait été, de quelle volonté du Père il était chargé, quel devoir il prescrivait à l'homme, soit ouvertement à la foule, soit à part, à ses disciples dont il avait choisi douze pour vivre à ses côtés et être plus tard les docteurs des nations.
Après la chute de l'un d'eux, il ordonna aux onze autres au moment de retourner chez son Père, après la résurrection, d'aller et d'enseigner les nations, et de les baptiser dans le Père, le Fils et l'Esprit Saint.
Aussitôt donc les Apôtres – ce terme signifie "envoyés" – choisirent par le sort le douzième apôtre, Matthias, en remplacement de Judas, selon l'autorité de la prophétie du psaume de David. Ils reçurent la force promise de l'Esprit Saint, pour faire des miracles et parler en langues. Ils établirent d'abord en Judée la foi en Jésus Christ et instituèrent les Églises, puis ils partirent de par le monde, et annoncèrent aux nations la même doctrine et la même foi.
Et dans chaque cité ils fondèrent des Églises, auxquelles dès lors les autres Églises empruntèrent la bouture de la foi et la semence de l'enseignement, et l'empruntent tous les jours pour devenir elles-mêmes des Églises. Et par cela, elles aussi sont considérées comme apostoliques, en tant que rejetons des Églises apostoliques.
Tout doit nécessairement être caractérisé par l'origine. Voilà pourquoi tant de si grandes Églises ne sont que l'Église primitive dont toutes procèdent. Elles sont toutes primitives, toutes apostoliques, puisque toutes sont une. Pour attester cette unité, elles se communiquent la paix, elles échangent le nom de frères, et se rendent les devoirs de l'hospitalité. Ces lois n'existent par nulle autre raison que la tradition unique d'un même mystère.
Qu'ont prêché les Apôtres : c'est-à-dire : que leur a révélé le Christ ? Cela ne doit pas être prouvé autrement que par ces mêmes Églises que les Apôtres ont eux-mêmes fondées, qu'eux-mêmes ils ont instruites, tant de vive voix, comme on dit, que plus tard par des lettres.
Le Seigneur avait vraiment dit un jour : J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pourriez les supporter maintenant ; en ajoutant toutefois : Quand sera venu l'Esprit de vérité, il vous conduira à toute vérité. Par là-même, il montre qu'ils n'ont rien ignoré, ceux à qui il avait promis la possession de toute vérité par l'Esprit de vérité. Et il accomplit sa promesse puisque les Actes des Apôtres attestent la descente de l'Esprit Saint.
R/ C'est toi le chemin, la vérité, la vie,
Jésus, Fils de Dieu !
Qui veut trouver le Père
Doit passer par toi.
Tu nous conduis
Vers la joie sans déclin.
Oraison
Seigneur, accorde-nous, à la prière des apôtres Philippe et Jacques, d'être associés à la Passion et à la Résurrection de ton Fils afin de parvenir à la contemplation de ta gloire.
COMMENTAIRE DE S. AUGUSTIN SUR LE PSAUME 61
Jésus Christ est un seul homme, avec sa tête et son corps. Le Sauveur du corps et les membres du corps sont deux en une même chair, en une même voix, en une même passion ; et, lorsque le temps du mal sera passé, en un même repos. C'est pourquoi les souffrances du Christ ne sont pas seulement chez le Christ ; et pourtant les souffrances du Christ ne sont que dans le Christ.
En effet, si, par le Christ, tu entends la tête et le corps, les souffrances du Christ sont seulement dans le Christ ; si, par le Christ, tu entends seulement la tête, les souffrances du Christ ne sont pas seulement dans le Christ. En effet, si les souffrances du Christ étaient seulement dans le Christ, entendu de la tête seule, comment l'un de ses membres, l'Apôtre Paul, peut-il dire : Ce qu'il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l'accomplis dans ma propre chair ?
Si donc tu fais partie des membres du Christ, qui que tu sois, qui entends ces paroles, ou qui ne les entends pas maintenant (pourtant, tu les entends, si tu fais partie des membres du Christ), tout ce que tu souffres par ceux qui ne sont pas de ses membres, cela restait à souffrir des épreuves du Christ.
C'est ajouté, parce que cela manquait ; lu remplis la mesure, lu ne la fais pas déborder ; lu souffres autant que tes souffrances devaient contribuer à la passion totale du Christ, qui a souffert dans notre tête et qui souffre dans ses membres, c'est-à-dire en nous-mêmes.
Au profit de cette sorte de cité que nous formons, nous payons notre dette, chacun dans ses limites, et nous portons à notre compte, selon l'abondance de nos ressources, comme un impôt de souffrances. L'acquittement de toutes nos souffrances ne sera complet que lorsque le monde sera fini.
Ne croyez donc pas, mes frères, que tous les justes qui ont subi la persécution des méchants, même ceux qui ont été envoyés avant l'avènement du Seigneur pour annoncer celui-ci, ne faisaient pas partie des membres du Christ. Il est impossible qu'il ne fasse pas partie des membres du Christ, celui qui fait partie de la cité dont le Christ est roi.
C'est donc cette cité tout entière qui parle, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie. Ensuite, à partir du sang de Jean-Baptiste, par le sang des Apôtres, par le sang des martyrs, par le sang des fidèles du Christ, c'est une seule et même cité qui parle.
R/ Sur nous repose l'Esprit de gloire,
l'Esprit de Dieu.
Si l'on nous outrage pour le nom du Christ,
heureux sommes-nous.
Il rôde, l'adversaire, cherchant qui dévorer,
mais le Christ est parmi nous, et nous sommes appelés de son nom.
Si nous avons part aux souffrances du Christ, réjouissons-nous :
quand se révélera sa gloire, nous serons dans la joie.
Oraison
Connaissant le courageux témoignage qu'ont rendu tes martyrs Nérée et Achille, nous t'en prions, Dieu tout-puissant : permets que nous éprouvions les bienfaits de leur intercession fraternelle auprès de toi.
HOMÉLIE DE S. BERNARD SUR LE PSAUME 90
Dans la détresse je suis avec lui, dit Dieu. Et moi alors, que souhaiterais-je d'autre que la détresse ? Pour moi, être proche de Dieu fait tout mon bonheur ; et non seulement cela, mais encore mettre mon espoir dans le Seigneur Dieu, car, dit-il, je veux le délivrer, le glorifier.
Dans la détresse je suis avec lui. Je mets mes délices, dit-il encore, à être avec les enfants des hommes : Emmanuel, Dieu-avec-nous. Il est descendu pour être près de ceux dont le cœur est en détresse, pour être avec nous dans notre détresse. Mais un jour viendra où nous serons emportés sur les nuées du ciel à la rencontre du Seigneur. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur, Si toutefois nous avons soin de l'avoir toujours avec nous comme compagnon de route, lui qui nous donnera en retour la patrie, mieux : lui qui alors sera la patrie, pourvu que maintenant il soit la route.
Il est bon pour moi, Seigneur, d'être dans la détresse, pourvu que tu y sois avec moi ; cela me vaut mieux que de régner sans toi, de festoyer sans toi, d'être sans toi dans la gloire. Mieux vaut pour moi de me serrer contre toi dans la détresse, de t'avoir avec moi dans le creuset que d'être sans toi, même dans le ciel. En effet, qu'aurais-je dans le ciel ? Et à part toi, quel désir ai-je sur la terre ? L'or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par l'épreuve de la détresse. C'est là, oui, c'est là que tu es avec eux, au milieu de ceux qui se rassemblent en ton nom tu te tiens, comme autrefois avec les trois enfants.
Pourquoi craindre, pourquoi faire tous nos efforts afin de fuir le creuset ? Le feu brûle ; mais le Seigneur est avec nous dans la détresse. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Si c'est aussi lui qui délivre, qui nous ravira de sa main ? Qui pourrait nous arracher à sa main ? Enfin, si c'est lui qui glorifie, qui nous dépouillera de la gloire ; si c'est lui qui glorifie, qui nous humiliera ?
De longs jours je veux le rassasier, répond le Seigneur. C'est dire très clairement : Je sais ce qu'il désire, ce dont il a soif et ce qu'il goûte. Non, il ne goûte ni or ni argent, ni volupté, ni curiosité, ni dignité quelconque. Tout cela est pour lui désavantage, il le méprise et le tient pour ordure. Il s'anéantit au plus profond du cœur et ne souffre pas de donner son attention à ce qui ne peut le combler. Il n'ignore pas à l'image de qui il fut créé et de quelle grandeur il est capable, il ne veut pas qu'un maigre acompte soit pour lui l'occasion d'une immense frustration. Donc de longs jours je veux le rassasier, car seule la vraie lumière peut le restaurer, seule la lumière éternelle peut le rassasier, elle dont la durée ne connaît pas de fin, la clarté pas de couchant, la satiété pas de dégoût.
R/ Sur nous repose l’Esprit de gloire,
l’Esprit de Dieu, alléluia !
Si l’on nous outrage pour le nom du Christ,
heureux sommes-nous.
Il rôde, l’adversaire, cherchant qui dévorer,
mais le Christ est parmi nous,
et nous sommes appelés de son nom.
Si nous avons part aux souffrances du Christ,
réjouissons-nous :
quand se révélera sa gloire, nous serons dans la joie.
Oraison
Seigneur, tu réjouis ton Église qui se confie aux prières de saint Pancrace ton martyr ; qu'il intercède auprès de toi pour la garder fidèle et l'assurer dans la paix.
Saint Ephrem, Homélies sur la Mère de Dieu
En ce jour, Marie est devenue pour nous le ciel qui porte Dieu, car la Divinité sublime est descendue et a établi en elle sa demeure. En elle, Dieu s’est fait petit – mais sans amoindrir sa nature – pour nous faire grandir. En elle, il nous a tissé un habit avec lequel il nous sauverait. En elle se sont accomplies toutes les paroles des prophètes et des justes. D’elle s’est levée la lumière qui a chassé les ténèbres du paganisme. Nombreux sont les titres de Marie, et il convient que je les rapporte. Elle est le palais dans lequel a habité le puissant Roi des rois. Et il ne l’a pas quittée comme il était venu, car c’est d’elle qu’il a pris chair et qu’il est né.
Elle est aussi le nouveau ciel dans lequel a habité le Roi des rois. En elle s’est levé le Christ et d’elle il est sorti pour entrer dans la création, formé et façonné à son image. Elle est le cep de vigne qui a porté la grappe. Elle a donné un fruit supérieur à la nature ; et lui, bien que différent d’elle par sa nature, a revêtu sa couleur et est né d’elle. Elle est la source de laquelle ont jailli les eaux vives pour les assoiffés, et ceux qui ont goûté de sa boisson portent des fruits au centuple.
(incomplet …)
V/ Ils ont publié l'œuvre de Dieu,
R/ Ils ont compris ses merveilles.
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1 Cor 4, 1-16)
Il faut donc que l'on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l'on demande aux intendants, c'est en somme de mériter confiance. Pour ma part, je me soucie fort peu de votre jugement sur moi, ou de celui que prononceraient les hommes ; d'ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n'est pas pour cela que je suis juste : celui qui me juge, c'est le Seigneur. Alors, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il fera paraître les intentions secrètes. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu. Frères, j'ai pris ces comparaisons pour parler d'Apollos et de moi-même ; ainsi, vous pourrez comprendre le proverbe : « Rien de plus que ce qui est écrit », afin qu'aucun de vous n'aille se gonfler d'orgueil en prenant le parti de l'un contre l'autre. Qui donc t'a mis à part ? As-tu quelque chose sans l'avoir reçu ? Et si tu as tout reçu, pourquoi t'enorgueillir comme si tu ne l'avais pas reçu ? Vous voilà déjà comblés, vous voilà riches, vous voilà devenus rois sans nous ! Ah ! si seulement vous étiez rois, pour que nous aussi nous le soyons avec vous ! Mais nous, les Apôtres, il me semble que Dieu a fait de nous les derniers de tous, comme on expose des condamnés à mort, livrés en spectacle au monde entier, aux anges et aux hommes. Nous passons pour des fous à cause du Christ, et vous, pour des gens sensés dans le Christ ; nous sommes faibles, et vous êtes forts ; vous êtes à l'honneur, et nous, dans le mépris. Maintenant encore, nous avons faim, nous avons soif, nous n'avons pas de vêtements, nous sommes maltraités, nous n'avons pas de domicile, nous peinons dur à travailler de nos mains. Les gens nous insultent, nous les bénissons. Ils nous persécutent, nous supportons. Ils nous calomnient, nous avons des paroles d'apaisement. Jusqu'à maintenant, nous sommes pour ainsi dire les balayures du monde, le rebut de l'humanité. Je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour vous reprendre comme mes enfants bien-aimés. Car vous auriez beau avoir dix mille surveillants pour vous mener dans le Christ, vous n'avez pas plusieurs pères : c'est moi qui, par l'annonce de l'Évangile, vous ai fait naître à la vie du Christ Jésus. Je vous le demande donc : prenez-moi pour modèle.
Ton appel les a lancés
Sur les chemins et les grand-routes.
Nourris de ta Parole
Et riches de ton seul amour,
Ils vont donner la joie
À ceux qui les écoutent et te reçoivent.
R/ Merveille de ta grâce !
Tu confies à des hommes les secrets du Père.
Messagers de la Bonne Nouvelle,
Ils annoncent la paix aux limites du monde.
Heureux le peuple où il en est ainsi,
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu !
HOMÉLIE DE S. JEAN CHRYSOSTOME SUR LES ACTES DES APÔTRES
En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des disciples et parla. Parce qu'il est fervent, lui à qui le troupeau avait été confié par le Christ, et parce qu'il est le premier du groupe, il est toujours le premier à prendre la parole.
Frères, il faut choisir parmi nous. Il remet la décision à la foule, il rend les candidats dignes de respect, et il écarte toute animosité envers les autres. Car les décisions importantes engendrent toujours de pareils inconvénients.
Quoi donc ? Est-ce que Pierre ne permettait pas au groupe de choisir ? Certes, mais pour qu'il ne paraisse pas avoir des préférences, il s'abstient. Autrement le Saint-Esprit aurait été laissé à l'écart. On en présenta deux, disent les Actes, Joseph Barabbas, surnommé Justus, et Matthias. Ce n'est pas Pierre qui les a présentés, mais tous les assistants. Quant à lui, il a fait une proposition en montrant qu'elle ne venait pas de lui, mais qu'elle remontait à une prophétie. Il s'est conduit comme un interprète, non comme un maître.
Il faut donc, dit-il, choisir parmi les hommes qui nous ont accompagnés. Remarquez comment il veut que ces nouveaux Apôtres soient des témoins oculaires. Sans doute le Saint-Esprit devait venir, mais Pierre attachait beaucoup d'importance à ce point.
Parmi les hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous. Il leur indique qu'ils doivent avoir vécu avec lui et ne pas avoir été de simples disciples. En effet, au début, beaucoup de gens le suivaient. Voyez comment il est dit : C'était l'un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus.
Durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis son baptême par Jean. C'est exact, car aucun n'a connu ce qui a précédé, mais ils l'ont appris du Saint-Esprit.
Jusqu'au jour où il nous a été enlevé. Il faut donc que l'un d'entre eux devienne avec nous témoin de sa résurrection. Pierre n'a pas dit : témoin de tout le reste, mais seulement témoin de la résurrection. Car il serait plus digne de foi, le disciple qui pourrait dire : Celui qui mangeait, qui buvait, qui a été crucifié, c'est celui-là qui est ressuscité. Par conséquent, il ne fallait pas qu'il soit témoin des époques précédentes, ni des suivantes, ni des miracles. Ce qu'on exigeait, c'était qu'il soit témoin de la résurrection. Tout le reste avait été manifesté et proclamé. Tandis que la résurrection s'était accomplie dans le secret, elle n'était manifeste que pour quelques-uns.
Alors tous ensemble se mettent en prière et disent : Toi, Seigneur, qui connais le cœur de tous les hommes, montre-nous. Toi, et non pas nous. C'était bien le moment de l'invoquer comme celui qui connaît les cœurs, car c'était à lui de faire l'élection, pas à eux. Ils parlaient ainsi avec confiance car il fallait absolument en élire un. Et ils ne disent pas : Choisis, mais : Montre-nous l'élu et, selon le texte, celui que tu as choisi, car ils savent que Dieu a tout décidé à l'avance. On tira au sort. Ils ne se jugeaient pas encore dignes de choisir par eux-mêmes ; c'est pourquoi ils veulent être éclairés par un signe.
R/ Voyez quel grand amour nous est donné !
Enfants de Dieu, nous le sommes,
Discernés par avance dans le Fils unique.
Au prix du sang qu'il a versé,
Jésus nous conduit vers le Père.
Nos yeux sont fixés sur la cité de fête
Où nous verrons le visage de Dieu.
Au-delà de toute souffrance,
Une joie éternelle nous attend.
Oraison
Dieu qui as choisi saint Matthias pour compléter le collège des Apôtres, accorde-nous, à sa prière, puisque ton amour nous appelle, d'être un jour au nombre des élus.
HOMÉLIE DE S. JEAN CHRYSOSTOME SUR LES ACTES DES APÔTRES
Celui qui reçoit l'un de ces petits, c'est moi qu'il reçoit, dit le Seigneur. Plus ce frère est petit, plus le Christ est présent. Car lorsqu'on reçoit un grand personnage, on le fait souvent par vaine gloire ; mais celui qui reçoit un petit le fait avec une intention pure, et pour le Christ. J'étais un étranger, dit-il, et vous m'avez accueilli. Et encore : Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait. Puisqu'il s'agit d'un croyant et d'un frère, serait-ce le plus petit, c'est le Christ qui entre avec lui. Ouvre ta maison, reçois-le. Qui reçoit un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète. Donc celui qui reçoit le Christ recevra la récompense de l'hospitalité du Christ. Ne mets pas en doute ses paroles, fais-leur confiance. Lui-même nous l'a dit : « En eux, c'est moi qui me présente. » Et pour que tu n'en doutes pas, il décrète le supplice pour ceux qui ne le reçoivent pas, les honneurs pour ceux qui le reçoivent. Il ne le ferait pas s'il n'était pas personnellement touché par l'honneur ou le mépris. « Tu m'as reçu, dit-il, dans ta demeure ; je te recevrai dans le Royaume de mon Père. Tu m'as délivré de la faim ; je te délivrerai de tes péchés. Tu m'as vu enchaîné ; je te ferai voir ta libération. Tu m'as vu étranger ; je ferai de toi un citoyen des cieux. Tu m'as donné du pain : je te donnerai le Royaume comme ton héritage et ta pleine propriété. - Tu m'as aidé en secret ; je le proclamerai publiquement et je dirai que tu es mon bienfaiteur, et moi ton débiteur. »
Voici les sentiments qu'on doit avoir en recevant les étrangers : l'empressement, la joie, la générosité. L'étranger est toujours timide et honteux. Si son hôte ne le reçoit pas avec joie, il se retire en se sentant méprisé, car il est pire d'être reçu de la sorte que de ne pas être reçu du tout.
Aie une maison où le Christ trouve sa demeure. Dis : « Voici la chambre du Christ. Voici la demeure qui lui est réservée. » Même Si elle est très simple, il ne la dédaignera pas. Le Christ est nu, étranger, il ne lui faut qu'un toit. Donne-lui au moins cela. Ne sois pas cruel et inhumain. Toi qui montres tant d'ardeur pour les biens temporels, ne montre pas de froideur pour les richesses de l'esprit. Tu as un local pour ta voiture, un autre pour tes litières, et tu n'en as aucun pour le Christ vagabond. Abraham, là où il demeurait, recevait les étrangers. Sa femme les traitait comme Si elle était la servante, et eux, les maîtres. Il ne savait pas qu'il recevait le Christ, qu'il recevait des anges. S'il l'avait su, il se serait dépouillé de tout. Nous savons, nous, que nous recevons le Christ, et nous ne montrons pas autant d'empressement que lui, qui croyait ne recevoir que des hommes.
R/ Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Sans miséricorde est le jugement,
pour qui n'a pas eu pitié.
La miséricorde se rit du jugement,
elle rend fils du Père qui est dans les cieux.
Oraison
Dieu de qui vient tout ce qui est juste et bon, tu as établi saint Yves comme juge parmi ses frères, et tu as fait de lui un grand ami des pauvres ; accorde-nous, par son intercession, de rechercher passionnément la justice et de communier à ton amour pour les hommes.
SERMON DE S. BERNARDIN SUR LE NOM DE JÉSUS
Le nom de Jésus est la gloire des prédicateurs, parce qu'il fait annoncer et entendre sa parole dans une gloire lumineuse. Comment crois-tu que se soit répandue dans le monde entier une clarté de foi Si grande, Si rapide et Si fervente, sinon parce qu'on a prêché Jésus ? N'est-ce pas par la clarté et la saveur de ce nom que Dieu nous a appelés à son admirable lumière ? À ceux qui ont été illuminés et qui voient la lumière dans cette lumière, l'Apôtre peut bien dire : Autrefois, vous n'étiez que ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière.
Par conséquent, il faut faire connaître ce nom pour qu'il brille, et ne pas le passer sous silence. Cependant, il ne doit pas être proclamé dans la prédication par un cœur impur ou une bouche souillée, mais il doit être conservé puis proclamé par un « vase choisi ». C'est pourquoi le Seigneur dit au sujet de saint Paul : Cet homme est le vase que j'ai choisi afin qu'il porte mon Nom auprès des nations païennes, auprès des rois, et des fils d'Israël. Le vase que j'ai choisi, dit-il, est celui où se montre un liquide très doux et de grand prix, pour qu'on ait envie de le boire parce qu'il brille et resplendit dans des vases de choix : afin qu'il porte mon nom, dit le Seigneur.
Lorsqu'on allume un feu pour nettoyer les champs, les buissons et les épines, sèches et stériles, se mettent à brûler ; lorsque les ténèbres sont chassées par les rayons du soleil levant, les voleurs, les vagabonds nocturnes, les cambrioleurs vont se cacher. C'est ainsi que la prédication de saint Paul, comme un fracas de tonnerre, comme un incendie violent, comme le soleil à son aurore, faisait disparaître l'incroyance, dissipait l'erreur, mettait en lumière la vérité, à la manière dont la cire se liquéfie sous un feu intense.
En effet, il mettait partout le nom de Jésus : dans ses paroles, ses lettres, ses miracles et ses exemples. Il louait le nom de Jésus continuellement, il le chantait dans son action de grâce.
De plus, l'Apôtre portait ce nom auprès des rois, des nations païennes et des fils d'Israël, comme une lumière dont il illuminait les nations du monde, et partout il s'écriait : La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on fait en plein jour. Il montrait à tous la lampe ardente, posée sur le lampadaire, annonçant en tout lieu Jésus, le crucifié.
Aussi l'Église, épouse du Christ, toujours appuyée sur son témoignage, exulte-t-elle en disant avec le Prophète : Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse et je redirai tes merveilles jusqu'à présent, c'est-à-dire toujours. Le prophète y exhorte aussi en disant : Chantez le Seigneur en bénissant son nom, de jour en jour proclamez son salut, c'est-à-dire Jésus le Sauveur.
R/ Je veux te rendre grâce et te louer,
je veux bénir ton nom, Seigneur Jésus.
Sans me lasser, je ferai l'éloge de ton nom,
je te chanterai dans l'action de grâce.
Le nom de Jésus, le crucifié, ressuscité,
est le seul qui puisse nous sauver.
Au nom de Jésus, que toute langue proclame :
il est Seigneur, à la gloire du Père.
Oraison
Dieu qui as mis au cœur de saint Bernardin de Sienne un amour admirable pour le nom de Jésus, permets qu'à sa prière et par ses mérites le feu de ta charité nous envahisse.