V/ Le Verbe était la vie,
R/ Lumière pour les hommes.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens (Col 3, 17-25 ; 4, 1)
Un nouveau mode de relation
Tout faire au nom du Seigneur Jésus, aujourd'hui comme au temps de saint Paul, commandera un grand respect de la personne de chacun et de sa liberté.
Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père.
Épouses, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur. Maris, aimez vos femmes et ne vous aigrissez pas contre elles.
Enfants, obéissez en tout à vos parents, voilà ce que le Seigneur attend de vous. Parents, n'exaspérez pas vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent.
Esclaves, obéissez en tout à vos maîtres d'ici-bas. Servez-les, non parce qu'on vous surveille, comme si vous cherchiez à plaire aux hommes, mais avec la simplicité de cœur de ceux qui craignent le Seigneur. Quel que soit votre travail, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l'héritage en récompense. Le Maître, c'est le Christ ; vous êtes à son service. Qui se montre injuste sera payé de son injustice, et il n'y a d'exception pour personne. Maîtres, traitez vos esclaves avec justice et équité, sachant que vous aussi, vous avez un Maître dans le ciel.
R/ Que règne en nos cœurs la paix du Christ !
Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu,
Revêtez donc des sentiments de compassion.
Pardonnez-vous mutuellement,
Comme le Seigneur vous a pardonné.
Aimez-vous les uns les autres,
Comme il vous a aimés.
Vous n'êtes qu'un en Jésus Christ,
Revêtez l'amour : c'est le lien parfait.
CENTURIES DE SAINT MAXIME LE CONFESSEUR SUR LA CHARITÉ
Le mystère toujours nouveau.
La naissance dans la chair du Verbe de Dieu n'a eu lieu qu'une seule fois ; mais sa naissance selon l'esprit se produit sans cesse, ainsi qu'il le désire, chez ceux qui eux aussi le désirent, à cause de sa bonté envers les hommes. Il devient un enfant, qui s'adapte à leurs capacités, et il se manifeste dans la mesure où celui qui le reçoit est capable de lui faire place. C'est sans aucune amertume qu'il réduit l'apparence de sa véritable grandeur : il se conforme à la mesure dont ceux qui désirent le voir sont capables. Ainsi le Verbe de Dieu se manifeste toujours de façon adaptée à ceux qui participent à lui, mais il demeure toujours invisible à tous, parce que son mystère est au-delà de tout. C'est pourquoi le divin Apôtre parle avec sagesse lorsqu'il dit, en considérant la force du mystère : Jésus Christ est le même, hier et aujourd'hui ; il le sera pour l'éternité. Il veut dire que son mystère est toujours nouveau ; il ne vieillit jamais parce qu'il ne peut être embrassé par aucun esprit.
Le Christ Dieu, lorsqu'il naît, se fait homme en prenant une chair dotée d'une âme raisonnable.
Lui qui avait accordé aux êtres créés de tirer leur être du néant, lorsqu'une Vierge l'a mis au monde d'une façon prodigieuse, il n'a aucunement détruit la preuve de sa virginité.
L'étoile venue de l'Orient apparaît et elle conduit les Mages à l'endroit où se trouve le Verbe incarné ; elle montre ainsi de façon mystérieuse, au-delà de son apparence, qu'elle dépasse la parole contenue dans la Loi et les Prophètes, et qu'elle conduit les nations vers la lumière d'une connaissance supérieure.
En effet, c'est vers la connaissance supérieure du Verbe incarné que conduit clairement la parole contenue dans la Loi et les Prophètes, de même que l'étoile, considérée avec piété, conduit ceux qui répondent volontiers à l'appel de la grâce.
Dieu se fait parfaitement homme, en n'omettant rien de ce qui appartient à notre nature, sauf le péché, lequel n'en faisait pas partie. Il voulait ainsi présenter notre chair comme un appât pour provoquer le dragon insatiable, prêt engloutir cette chair, devenue pour lui un poison capable de le détruire entièrement, par la puissance de la divinité cachée en elle. Et cette même chair deviendrait un remède pour la nature humaine en la ramenant à la grâce des origines, par la puissance de la divinité unie à elle.
De même en effet que l'homme avait corrompu sa nature en absorbant le venin répandu dans l'arbre de la connaissance, ainsi le démon, en cherchant à manger la chair du Seigneur, serait détruit par la puissance de la divinité qu'elle contient. Le grand mystère de Dieu fait homme demeure toujours un mystère.
Comment le Verbe incarné est-il essentiellement le Verbe en personne, en étant substantiellement la même personne demeurant tout entière dans le Père ? Comment lui-même, étant entièrement Dieu par nature, et devenant tout entier homme par nature, n'est-il aucunement privé d'aucune de ces deux natures : ni de la nature divine selon laquelle il est Dieu, ni de notre nature selon laquelle il s'est fait homme ?
La foi seule embrasse ces mystères, car elle est la manière de posséder déjà ces réalités qui sont au-delà de l'intelligence et de la parole.
R/ Sur le visage du Christ
Rayonne la gloire de Dieu.
La loi fut donnée par Moïse,
La grâce et la vérité
Sont venues par Jésus Christ !
Personne n'a jamais vu Dieu.
Le Fils unique qui est dans le sein du Père
Nous l'a fait connaître.
Oraison
Dieu éternel et tout-puissant, une lumière nouvelle dans les cieux a fait connaître que le Sauveur venait racheter le monde ; nous t'en prions : que cette lumière du salut se lève chaque jour pour le renouveau de nos cœurs.
Après l'Epiphanie
V/ Les cieux ont proclamé sa justice,
R/ Tous les peuples ont vu sa gloire.
Livre d'Isaïe (Is 61, 1-11)
La Bonne Nouvelle
À la suite du Christ dans la synagogue de Nazareth, chaque chrétien, vivant dans l'Esprit, peut faire sien ce poème : annoncer, témoigner par toute sa vie de la délivrance apportée aux hommes captifs du péché.
L'Esprit du Seigneur Dieu est sur moi. Le Seigneur, en effet, a fait de moi un messie, il m'a envoyé porter joyeux message aux humiliés, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l'évasion, aux prisonniers l'éblouissement, proclamer l'année de la faveur du Seigneur, le jour de la vengeance de notre Dieu, réconforter tous les endeuillés, mettre aux endeuillés de Sion un diadème, oui, leur donner ce diadème et non pas de la cendre, un onguent marquant l'enthousiasme, et non pas le deuil, un costume accordé à la louange, et non pas à la langueur. On les appellera "Térébinthes de la justice, plantation du Seigneur, destinés à manifester sa splendeur". Ils rebâtiront les dévastations du passé, les désolations infligées aux ancêtres, ils les relèveront, ils rénoveront les villes dévastées, les désolations traînant de génération en génération. Des gens de toute provenance prendront la garde et feront paître votre petit bétail, des fils de l'étranger seront pour vous laboureurs et vignerons. Quant à vous, vous serez appelés "Prêtres du Seigneur", on vous nommera "Officiants de notre Dieu" ; vous mangerez la fortune des nations et vous vous féliciterez de capter leur gloire. Au lieu que votre honte soit redoublée et que les outrages clamés par les gens soient votre part, vous hériterez de leur terre une portion redoublée et la jubilation d'autrefois sera votre apanage. Car moi, le Seigneur, j'aime le droit, je hais le vol enrobé de perfidie, je donnerai fidèlement votre récompense : je conclurai pour vous une alliance perpétuelle. Votre descendance sera connue parmi les nations, vos rejetons seront connus au milieu des peuples ; tous ceux qui les verront les reconnaîtront comme une descendance que le Seigneur a bénie. Je suis enthousiaste, oui, enthousiasmée, à cause du Seigneur, mon âme exulte à cause de mon Dieu, car il m'a revêtue de l'habit du salut, il m'a drapée dans le manteau de la justice, tel un fiancé qui, comme un prêtre, porte diadème, telle une promise qui se pare de ses atours. Oui, comme la terre fait sortir ses germes et un jardin germer ses semences, ainsi le Seigneur fera germer la justice et la louange face à toutes les nations.
R/ Seigneur Jésus, tu es la lumière du monde !
L'Esprit du Seigneur Dieu est sur moi, disait-il,
Car il m'a consacré par l'onction.
Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
Proclamer la liberté, annoncer le temps de grâce.
C'est de Dieu que je suis sorti et que je viens,
Je ne suis pas venu de moi-même. Dieu m'a envoyé.
SERMON DE SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE POUR L'ÉPIPHANIE
L'Epiphanie nous révèle Dieu dans l'homme.
Le Mystère de l'incarnation du Seigneur apporte par lui-même des marques toujours bien reconnaissables de la Divinité. Cependant, la solennité de l'Épiphanie nous découvre et nous révèle de plusieurs manières que Dieu est venu dans un corps d'homme ; ainsi notre condition mortelle, toujours enveloppée d'obscurités, ne risque pas de perdre par son ignorance la richesse qu'elle a pu saisir et posséder par la grâce.
Car celui qui a voulu naître pour nous n'a pas voulu être ignoré de nous, et c'est pourquoi il se découvre de telle sorte que ce grand mystère de la bonté divine ne devienne pas l'occasion d'une grande erreur.
Aujourd'hui, les mages, cherchant celui qui brillerait parmi les étoiles, le trouvent vagissant au berceau. Aujourd'hui, les mages s'étonnent de découvrir glorieux dans ses langes celui qui s'était longtemps dissimulé dans le ciel où il demeurait obscur.
Aujourd'hui, les mages considèrent avec une profonde stupeur ce qu'ils voient ici : le ciel sur la terre, la terre dans le ciel ; l'homme en Dieu, Dieu dans l'homme ; et celui que le monde entier ne peut contenir, enfermé dans le corps d'un tout-petit ! Et dès qu'ils voient, ils proclament qu'ils croient sans discuter, en offrant leurs dons symboliques : par l'encens, ils confessent Dieu ; par l'or, le roi ; par la myrrhe, sa mort future.
C'est ainsi que les païens, qui étaient les derniers, deviennent premiers ; car c'est alors que la venue des païens à la croyance est inaugurée par la foi des mages.
Aujourd'hui, le Christ, qui va laver le péché du monde, est entré dans le Jourdain. Jean lui-même atteste qu'il est venu pour cela : Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde. Aujourd'hui, le serviteur s'empare du Seigneur ; l'homme, de Dieu ; Jean, du Christ ; il s'en empare pour recevoir le pardon, non pour le donner. Aujourd'hui, comme dit le Prophète : La voix du Seigneur retentit sur les eaux. Que dit cette voix ? Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour.
Aujourd'hui, l'Esprit Saint survole les eaux sous l'apparence d'une colombe. De même qu'une autre avait annoncé à Noé que le déluge du monde se retirait, c'est ainsi qu'en voyant cette colombe, on apprenait que le naufrage inéluctable du monde avait cessé. Elle n'apportait pas, comme celle d'autrefois, un rameau d'olivier, mais elle répandit sur la tête de notre chef toute la richesse d'une onction nouvelle, pour accomplir la prédiction du Prophète : Dieu, ton Dieu, t'a consacré par l'onction d'une huile d'allégresse, de préférence à tes compagnons.
Aujourd'hui, le Christ fait commencer les signes du ciel en changeant l'eau en vin. Mais l'eau devait être changée pour le sacrement du sang, lorsque le Christ verserait des coupes de vin à ceux qui boiraient au vase de son corps, afin que s’accomplisse cette prophétie : La coupe qui me donne l'ivresse, elle est incomparable !
R/ Seigneur Jésus, tu es la lumière du monde.
Voici, dit le Seigneur, que je suscite mon serviteur :
Et j'écarterai l'impiété de ce pays.
Jésus vint avec la puissance de l'Esprit
et sa renommée se répandit alentour.
L'Esprit du Seigneur est sur moi, disait-il,
Car il m'a consacré par l'onction.
Avant l'Épiphanie
V/ Le Verbe est la vraie lumière,
R/ Qui éclaire tous les hommes.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens (Col 4, 2-18)
Préoccupation de l'apôtre
Se tenir à la prière, trouver la juste attitude vis-à-vis de tous, c'est le message final de Paul et l'exemple qu'il donne : une parole d'apôtre et d'ami pour chacun de ses correspondants.
Tenez-vous à la prière ; qu'elle vous garde sur le qui-vive dans l'action de grâce. En même temps, priez aussi pour nous : que Dieu ouvre une porte à notre prédication afin que j'annonce le mystère du Christ, pour lequel je suis en prison ; que je le publie comme je suis tenu d'en parler.
Trouvez la juste attitude à l'égard des non-chrétiens ; saisissez l'occasion. Que vos propos soient toujours bienveillants, relevés de sel, avec l'art de répondre à chacun comme il faut.
En ce qui concerne ma situation, vous aurez toutes les nouvelles par Tychique, le frère que j'aime, le ministre fidèle, mon compagnon de service dans le Seigneur. Je vous l'envoie tout exprès pour vous donner de nos nouvelles et vous réconforter. Onésime, ce frère fidèle et très cher, l'accompagne ; il est des vôtres. Ils vous mettront au courant de tout ce qui se passe ici.
Vous avez les salutations d'Aristarque qui est en prison avec moi, ainsi que de Marc, le cousin de Barnabé – vous avez reçu des instructions à son sujet : s'il vient chez vous, faites-lui bon accueil. Vous avez également les salutations de Jésus, celui qu'on appelle Justus. Seuls parmi les Juifs à travailler avec moi pour le Royaume de Dieu, ils ont été pour moi une consolation. Vous avez les salutations d'Épaphras qui est de chez vous ; ce serviteur de Jésus Christ ne cesse de mener pour vous le combat de la prière, afin que vous demeuriez fermes, parfaits, donnant plein consentement à toute volonté de Dieu. Je lui rends ce témoignage qu'il se donne beaucoup de peine, pour vous, pour ceux de Laodicée et de Hiérapolis. Vous avez les salutations de Luc, notre ami le médecin, et de Démas.
Saluez les frères de Laodicée, ainsi que Nympha et l'Église qui se réunit dans sa maison. Quand vous aurez lu ma lettre, faites en sorte qu'on la lise aussi dans l'Église de Laodicée. Lisez, de votre côté, celle qui viendra de Laodicée.
Enfin, dites à Archippe : Veille au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, et tâche de bien l'accomplir.
La salutation de ma main, à moi Paul, la voici : Souvenez-vous de mes chaînes. La grâce soit avec vous !
R/ Joie pour qui cherche en Dieu son refuge,
Éternels cris de joie.
Dès le matin je suis tendu vers toi
Et je reste en éveil.
Oui, tu bénis le juste, Seigneur,
Tu l'entoures du rempart de ta grâce.
Ouvre mes lèvres
Et ma bouche annoncera ta louange !
SERMON DE SAINT AUGUSTIN POUR NOËL
"Jusqu'à ce que vienne l'achèvement"
Qui donc, parmi les hommes, connaît tous les trésors de sagesse et de science cachés dans le Christ, et enfouis dans la pauvreté de sa chair ? Car lui qui est riche est devenu pauvre à cause de nous, pour que nous devenions riches par sa pauvreté. Puisqu'il venait pour endosser la condition mortelle et pour terrasser la mort elle-même, il s'est infiltré dans l'état de pauvre ; mais lui qui nous a promis des richesses lointaines n'a pas réellement perdu celles dont il s'est éloigné.
Comme ils sont surabondants, ses bienfaits ! Il les tient en réserve pour ceux qui le craignent, il en comble ceux qui espèrent en lui !
Car notre connaissance est partielle, jusqu'à ce que vienne l'achèvement. Afin que nous devenions capables de le saisir, celui qui est égal au Père comme ayant la nature de Dieu est devenu semblable à nous en prenant la nature du serviteur, et il nous recrée à la ressemblance de Dieu. Devenu fils d'homme, l'unique Fils de Dieu transforme de nombreux hommes en fils de Dieu. Et après avoir nourri les serviteurs par sa nature visible de serviteur, il les rend libres pour qu'ils puissent contempler la nature de Dieu.
Car nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons, lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est. En quoi consistent, en effet, ces trésors de sagesse et de science, ces richesses divines ? Tout ce que nous savons, c'est qu'ils nous suffisent pleinement. Et cette surabondance de ses bienfaits ? Tout ce que nous savons, c'est qu'elle nous rassasie. Montre-nous le Père, donc, et cela nous suffit.
Et dans les psaumes, l'un d'entre nous, l'un de ceux qui sont en nous ou parlent de nous, dit au Seigneur : Je serai rassasié lorsque se manifestera ta gloire. Lui-même et le Père ne sont qu'un, et celui qui le voit voit aussi le Père. Donc le Seigneur de l'univers, c'est lui, le Roi de gloire. Nous faisant revenir, il nous montrera son visage ; nous serons sauvés, nous serons rassasiés, et cela nous suffira.
En attendant que réellement il nous montre ce qui nous suffit, en attendant de boire à cette source de vie et d'être rassasiés, tandis que nous progressons par la foi en voyageant loin de lui, tandis que nous avons faim et soif de la justice, et que nous désirons d'une ardeur inexprimable contempler la beauté de la nature divine, célébrons avec ferveur le jour de sa naissance, où il prend la nature de serviteur.
Puisque nous ne pouvons pas encore contempler sa génération par le Père dès l'aurore, célébrons sa naissance d'une vierge, aux heures de la nuit. Puisque nous ne saisissons pas encore que son nom existait avant le soleil, reconnaissons qu'il a posé sa tente dans le soleil. Puisque notre regard ne découvre pas encore le Fils unique demeurant en son Père, souvenons-nous de l'Epoux sortant de la chambre nuptiale. Puisque nous ne sommes pas encore capables de savourer le banquet de notre Père reconnaissons la crèche de notre Seigneur Jésus Christ.
R/ C'est toi le chemin, la vérité, la vie,
Jésus, Fils de Dieu !
Qui veut trouver le Père
Doit passer par toi.
Tu nous conduis
Vers la joie sans déclin.
Oraison
Dieu tout-puissant, la rédemption de ton peuple a merveilleusement commencé avec la naissance de ton Fils ; accorde à tes serviteurs une foi solide pour qu'ils se laissent conduire par lui et obtiennent la gloire que tu leur promets.
V/ Chantez au Seigneur
R/ de jour en jour, proclamez son salut.
Livre d'Isaïe (Is 61, 1-11)
La Bonne Nouvelle
À la suite du Christ dans la synagogue de Nazareth, chaque chrétien, vivant dans l'Esprit, peut faire sien ce poème : annoncer, témoigner par toute sa vie de la délivrance apportée aux hommes captifs du péché.
L'Esprit du Seigneur Dieu est sur moi. Le Seigneur, en effet, a fait de moi un messie, il m'a envoyé porter joyeux message aux humiliés, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l'évasion, aux prisonniers l'éblouissement, proclamer l'année de la faveur du Seigneur, le jour de la vengeance de notre Dieu, réconforter tous les endeuillés, mettre aux endeuillés de Sion un diadème, oui, leur donner ce diadème et non pas de la cendre, un onguent marquant l'enthousiasme, et non pas le deuil, un costume accordé à la louange, et non pas à la langueur. On les appellera "Térébinthes de la justice, plantation du Seigneur, destinés à manifester sa splendeur".
Ils rebâtiront les dévastations du passé, les désolations infligées aux ancêtres, ils les relèveront, ils rénoveront les villes dévastées, les désolations traînant de génération en génération.
Des gens de toute provenance prendront la garde et feront paître votre petit bétail, des fils de l'étranger seront pour vous laboureurs et vignerons.
Quant à vous, vous serez appelés "Prêtres du Seigneur", on vous nommera "Officiants de notre Dieu" ; vous mangerez la fortune des nations et vous vous féliciterez de capter leur gloire. Au lieu que votre honte soit redoublée et que les outrages clamés par les gens soient votre part, vous hériterez de leur terre une portion redoublée et la jubilation d'autrefois sera votre apanage.
Car moi, le Seigneur, j'aime le droit, je hais le vol enrobé de perfidie, je donnerai fidèlement votre récompense : je conclurai pour vous une alliance perpétuelle. Votre descendance sera connue parmi les nations, vos rejetons seront connus au milieu des peuples ; tous ceux qui les verront les reconnaîtront comme une descendance que le Seigneur a bénie.
Je suis enthousiaste, oui, enthousiasmée, à cause du Seigneur, mon âme exulte à cause de mon Dieu, car il m'a revêtue de l'habit du salut, il m'a drapée dans le manteau de la justice, tel un fiancé qui, comme un prêtre, porte diadème, telle une promise qui se pare de ses atours.
Oui, comme la terre fait sortir ses germes et un jardin germer ses semences, ainsi le Seigneur fera germer la justice et la louange face à toutes les nations.
R/ Seigneur Jésus, tu es la lumière du monde !
L'Esprit du Seigneur Dieu est sur moi, disait-il,
Car il m'a consacré par l'onction.
Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
Proclamer la liberté, annoncer le temps de grâce.
C'est de Dieu que je suis sorti et que je viens,
Je ne suis pas venu de moi-même. Dieu m'a envoyé.
Homélie africaine du Ve siècle
Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu
Notre Seigneur Jésus Christ, frères très chers, qui est pour l'éternité créateur de toutes choses, en naissant d'une mère aujourd'hui, s'est fait notre Sauveur. Il est né pour nous aujourd'hui dans le temps, parce qu'il l'a voulu, pour nous conduire à l'éternité du Père. Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu : pour que l'homme mange le pain des anges, le Seigneur des anges aujourd'hui s'est fait homme.
Aujourd'hui s'est accomplie la fameuse prophétie : Cieux, faites descendre votre rosée et que les nuées fassent pleuvoir le Juste ; que la terre s'ouvre et qu'elle fasse germer le Sauveur. Celui qui fait toutes choses a donc été fait, afin de retrouver ce qui était perdu. Car dans le psaume, l'homme fait cet aveu : Avant d'avoir été humilié, j'ai péché. L'homme a péché, il est devenu coupable. En naissant, Dieu est devenu homme pour que le coupable soit délivré. L'homme est tombé misérablement, Dieu est descendu miséricordieusement. L'homme est tombé par orgueil, Dieu est descendu avec la grâce.
Quelles merveilles, quels prodiges, mes frères ! Les lois de la nature sont bouleversées dans l'homme : Dieu prend naissance, une vierge est enceinte, la parole de Dieu en fait une épouse sans intervention d'homme : elle devient à la fois mère et vierge ; elle devient mère en restant intacte ; c'est une vierge qui a un fils, sans relation avec un homme ; toujours pure, mais non stérile. Le seul homme qui soit né sans péché est celui qui n'a pas été engendré par l'union et la convoitise de la chair, mais par l'obéissance de l'esprit.
R/ Ô abîme de la sagesse
Et de la science de Dieu,
Insondables, ses décrets,
Incompréhensibles, ses voies !
Mystère de Dieu, mystère du Christ,
Où se trouvent cachés tous les trésors
De la sagesse et de la connaissance.
Dieu a voulu nous faire connaître
La gloire de ce mystère au milieu des nations :
Le Christ parmi nous, espérance de la gloire.
V/ Glorifie le Seigneur, Jérusalem,
R/ Il envoie sa parole sur la terre.
Livre d'Isaïe (Is 62, 1-12)
Éclatante restauration de Sion
Le peuple de Dieu, symbolisé par la ville sainte connaît une brillante destinée. Le prophète annonce déjà le récit de l'Apocalypse célébrant les noces de la Jérusalem nouvelle et de l'Agneau. Ce poème ouvre nos yeux sur les promesses irrévocables qui nous ont été faites d'un avenir où, l'ennemi disparu, les sentinelles des murs de la Cité sainte n'auront plus qu'à chanter les louanges du Seigneur.
Pour la cause de Sion je ne resterai pas inactif, pour la cause de Jérusalem, je ne me tiendrai pas tranquille, jusqu'à ce que ressorte, comme une clarté, sa justice, et son salut, comme un flambeau qui brûle. Les nations verront ta justice, et tous les rois ta gloire. On t'appellera d'un nom nouveau que la bouche du Seigneur énoncera. Tu seras une couronne de splendeur dans la main du Seigneur, une tiare de royauté dans la paume de ton Dieu. On ne te dira plus : "l'Abandonnée", on ne dira plus à ta terre : "la Désolée", mais on t'appellera "Celle en qui je prends plaisir", et ta terre " l'Épousée", car le Seigneur mettra son plaisir en toi et ta terre sera épousée. En effet, comme le jeune homme épouse sa fiancée, tes enfants t'épouseront, et de l'enthousiasme du fiancé pour sa promise, ton Dieu sera enthousiasmé pour toi. Sur tes murailles, Jérusalem, j'ai posté des gardes ; à longueur de jour, à longueur de nuit, ils ne doivent jamais rester inactifs : "Vous qui ravivez la mémoire du Seigneur, point de répit pour vous ! Et ne laissez non plus point de répit pour lui, jusqu'à ce qu'il ait rendu à Jérusalem la stabilité et qu'il l'ait établie louange sur la terre." Par sa droite et par son bras puissant le Seigneur a garanti ce serment : Jamais plus je ne donnerai ton blé en nourriture à tes ennemis, jamais plus les fils de l'étranger ne boiront ton vin, celui pour lequel tu t'es fatiguée. Mais ceux qui auront ramassé le blé s'en nourriront et ils loueront le Seigneur, et ceux qui auront rassemblé la vendange en boiront dans les parvis de mon sanctuaire. Franchissez, franchissez les portes, dégagez le chemin du peuple, remblayez, remblayez la chaussée, pavez avec de la pierre, dressez l'étendard face aux peuples. Voici ce que le Seigneur fait entendre jusqu'à l'extrémité de la terre : Dites à la fille de Sion : Voici ton Salut qui vient, voici avec lui son salaire et devant lui sa récompense. On les appellera "le Peuple saint", "les Rachetés du Seigneur", et l'on t'appellera "la Recherchée", "la Ville non abandonnée".
R/ Fille de Sion, ton Sauveur est venu !
Les nations verront ta justice,
Tous les rois verront ta gloire !
On t'appellera d'un nom nouveau
Donné par le Seigneur lui-même.
Le fruit de sa victoire l'accompagne
Et ses trophées le précèdent.
HOMÉLIE DU IVème SIÈCLE POUR L'ÉPIPHANIE
L'eau et l'Esprit.
Jésus est venu vers Jean et a été baptisé par lui dans le Jourdain. Quels événements incroyables : le fleuve sans limites qui réjouit la Cité de Dieu, comment est-il lavé dans un peu d'eau ? La source incompréhensible qui fait jaillir la vie pour tous les hommes et qui n'a pas de fin a été recouverte par des eaux misérables et passagères ! Celui qui est présent partout, qui n'est absent de nulle part, celui qui est incompréhensible aux anges et invisible aux hommes, vient au baptême parce qu'il l'a bien voulu.
Et voilà que les cieux s'ouvrirent et qu'une voix se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j'ai mis tout mon amour. Le bien-aimé engendre l'amour et la Lumière immatérielle engendre la lumière inaccessible.
Cet homme est celui qu'on appelle le fils de Joseph, et il est " mon fils unique" selon l'essence divine : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Il a faim, et il nourrit des milliers hommes ; il peine, et il donne le repos à ceux qui peinent ; il n'a pas où reposer la tête, et il porte tout dans sa main ; il souffre, et il remédie aux souffrances ; il est souffleté, et il donne la liberté au monde ; son côté est transpercé, et il restaure le côté d'Adam.
Lis, je vous en prie, écoutez-moi attentivement : je veux remonter à la source de la vie et contempler la source d'où surgissent les guérisons. Le Père de l'immortalité a envoyé dans le monde son Fils immortel, son Verbe. Celui-ci est viens vers l'homme pour le laver dans l'eau et l'Esprit. Il le fait renaître pour rendre incorruptibles son âme et son corps ; il a éveillé en nous son souffle de vie, il nous a couvert d'une armure incorruptible. Si donc l'homme est devenu immortel, il deviendra Dieu aussi. Et s'il devient par l'eau et l'Esprit Saint après avoir reçu la nouvelle naissance par le baptême, il sera aussi cohéritier du Christ dans la résurrection des morts.
Proclame donc : " Venez, toutes les tribus des nations vers le bain de l'immortalité ! " Cette eau, unie à l'Esprit, qui arrose le Paradis, qui féconde la terre, qui fait pousser les plantes et engendre les vivants. Pour tout dire en un mot, elle engendre l'homme à la vie en le faisant renaître, elle en qui le Christ a été baptisé, elle sur qui l'Esprit est descendu sous la forme d'une colombe. Celui qui se plonge avec foi dans ce bain de la nouvelle naissance se sépare du démon et s'unit au Christ. Il renonce à l'ennemi et confesse que le Christ est Dieu. Il rejette l'esclavage et revêt la condition de fils adoptif. Il sort du bain, brillant comme le soleil, rayonnant de justice. Mais surtout il en remonte fils de Dieu et cohéritier du Christ.
À celui-ci, gloire et puissance, en même temps qu'à l'Esprit très saint, bon et vivifiant, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Amen.
R/ Un seul Seigneur, une seule foi,
Un seul baptême, un seul Dieu et Père.
Appelés à garder l'unité de l'Esprit
Par le lien de la paix,
Nous chantons et nous proclamons :
Appelés à former un seul Corps
Dans un seul Esprit,
Nous chantons et nous proclamons :
Appelés à partager une seule espérance
Dans le Christ,
Nous chantons et nous proclamons :