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7 janvier

V/ Dans les derniers temps Dieu a parlé par son Fils,

R/ par lui, il a créé les mondes.

 

Livre d'Isaïe (Is 66, 10-14.18-23)

Renaissance d'un peuple

C'est seulement au jour où Dieu jugera le monde, mettant fin à l'ancienne création, que l'Église apparaîtra pleinement telle que le Christ l'a voulue : un peuple à la fois universel et sans frontières, où tous auront leur place, et pourtant le peuple particulier, choisi et sauvé par celui qui est sa Tête, et qui pourra contempler, sans manquer à l'amour, la défaite cuisante de ses ennemis.

Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d'elle, vous tous qui l'aimez ! Avec elle soyez pleins d'allégresse, vous tous qui portiez son deuil ! Ainsi vous serez nourris et rassasiés du lait de ses consolations, et vous puiserez avec délices à l'abondance de sa gloire.

Voici ce que dit le Seigneur : Je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve, et la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Vous serez comme des nourrissons que l'on porte sur son bras, que l'on caresse sur ses genoux. De même qu'une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai, dans Jérusalem vous serez consolés. Vous le verrez, et votre cœur se réjouira ; vos membres, comme l'herbe nouvelle, seront rajeunis. Et le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.

Parole du Seigneur : Je viens rassembler les hommes de toute nation et de toute langue. Ils viendront et ils verront ma gloire : je mettrai un signe au milieu d'eux ! J'enverrai des rescapés de mon peuple vers les nations les plus éloignées, vers les îles lointaines qui n'ont pas entendu parler de moi et qui n'ont pas vu ma gloire : ces messagers de mon peuple annonceront ma gloire parmi les nations.

Et, de toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères, en offrande au Seigneur, sur des chevaux ou dans des chariots, en litière, à dos de mulets ou de dromadaires. Ils les conduiront jusqu'à ma montagne sainte, à Jérusalem, comme les fils d'Israël apportent l'offrande, dans des vases purs, au temple du Seigneur.

Et même je prendrai des prêtres et des lévites parmi eux. Parole du Seigneur.

Oui, comme les cieux nouveaux et la terre nouvelle que je fais restent fermes devant moi – oracle du Seigneur – ainsi resteront fermes votre descendance et votre nom ! Et il adviendra que de nouvelle lune en nouvelle lune et de sabbat en sabbat toute chair viendra se prosterner devant moi, dit le Seigneur.

 

R/ Le Verbe s'est fait chair,

Nous avons vu sa gloire !

 

Je viens rassembler tous les hommes

De toute nation et de toute langue.

Ils viendront et ils verront ma gloire.

 

Père, j'ai manifesté ton nom

Aux hommes que tu m'as donnés : ils ont vu que tu m'as envoyé !

 

Je veux que là où je suis,

Ceux que tu m'as donnés

Soient aussi avec moi.

 

SERMON DE FAUSTE DE RIEZ POUR L'ÉPIPHANIE

L'eau changée en vin, mystère du passage de l'ancienne alliance à la nouvelle.

Le troisième jour, il y eut des noces. Que sont ces noces, sinon les vœux et les joies de l'humanité sauvée, célébrées le troisième jour, dans le mystère de ce chiffre qui désigne soit la confession de la Trinité, soit la foi en la résurrection.

Car, dans un autre passage de l'Évangile, c'est avec la musique et les danses et la robe des noces que l'on accueille le retour du fils cadet, c'est-à-dire la conversion du peuple païen.

Aussi, comme un époux sortant de la chambre nuptiale, le Verbe descend jusqu'à la terre, jusqu'à l'Église qui doit rassembler les nations ; en assumant l'incarnation, il va s'unir à celle qu'il a gratifiée d'un contrat de mariage et d'une dot. Un contrat, quand Dieu s'est uni à l'homme ; une dot, quand il a été immolé pour le salut de l'homme. Le contrat, c'est la rédemption présente ; par la dot, nous entendons la vie éternelle. Aussi était-ce des miracles pour ceux qui voyaient, des mystères pour ceux qui comprenaient. C'est pourquoi, Si nous regardons bien, on découvre d'une certaine manière, dans les eaux elles-mêmes, une ressemblance avec le baptême et la nouvelle naissance. En effet, lorsqu'une chose se transforme intérieurement en une autre, lorsque la créature inférieure, par un changement invisible, se transmue en une nature meilleure, le mystère de la seconde naissance s'accomplit. Les eaux sont changées tout à coup, elles qui plus tard doivent changer les hommes.

Par l'action du Christ en Galilée, voici du vin. C'est-à-dire que la loi disparaît et la grâce la remplace : le reflet est écarté, la vérité est rendue présente ; les réalités charnelles conduisent aux spirituelles, l'observance ancienne disparaît au profit de l'alliance nouvelle. Comme dit l'Apôtre : Le monde ancien s'en est allé, un monde nouveau est déjà né. De même que l'eau contenue dans les cuves ne disparaît pas, mais reçoit alors une existence qu'elle ne possédait pas auparavant, ainsi la loi ne disparaît pas, mais se perfectionne par l'avènement du Christ.

Le vin venant à manquer, un autre vin est procuré ; le vin de l'ancienne alliance était bon, mais celui de la nouvelle est meilleur. L'ancienne alliance, celle que les Juifs observent, s'évapore dans la lettre. La nouvelle alliance, celle qui nous concerne, nous restitue le goût de la vie en nous donnant la grâce.

Le bon vin, c'est-à-dire le bon commandement, est celui de la loi qui t'enseigne : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais le vin de l'Évangile est meilleur et plus fort, lorsqu'on t'enseigne : Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.

 

R/ Ton Dieu sera ta beauté, ta lumière éternelle !

 

Jérusalem, tes portes seront de cristal,

Et tes murs, de rubis,

Et l'on chantera sur tes places :

Alléluia, alléluia !

 

Ta splendeur illuminera

Toutes les contrées de la terre ;

les peuples viendront de loin

Adorer le Seigneur dans tes murs.


Lundi après l'Epiphanie

V/ Les cieux ont proclamé sa justice,

R/ Tous les peuples ont vu sa gloire.

Livre d'Isaïe (Is 61, 1-11)

La Bonne Nouvelle

À la suite du Christ dans la synagogue de Nazareth, chaque chrétien, vivant dans l'Esprit, peut faire sien ce poème : annoncer, témoigner par toute sa vie de la délivrance apportée aux hommes captifs du péché.

L'Esprit du Seigneur Dieu est sur moi. Le Seigneur, en effet, a fait de moi un messie, il m'a envoyé porter joyeux message aux humiliés, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l'évasion, aux prisonniers l'éblouissement, proclamer l'année de la faveur du Seigneur, le jour de la vengeance de notre Dieu, réconforter tous les endeuillés, mettre aux endeuillés de Sion un diadème, oui, leur donner ce diadème et non pas de la cendre, un onguent marquant l'enthousiasme, et non pas le deuil, un costume accordé à la louange, et non pas à la langueur. On les appellera "Térébinthes de la justice, plantation du Seigneur, destinés à manifester sa splendeur".

Ils rebâtiront les dévastations du passé, les désolations infligées aux ancêtres, ils les relèveront, ils rénoveront les villes dévastées, les désolations traînant de génération en génération.

Des gens de toute provenance prendront la garde et feront paître votre petit bétail, des fils de l'étranger seront pour vous laboureurs et vignerons.

Quant à vous, vous serez appelés "Prêtres du Seigneur", on vous nommera "Officiants de notre Dieu" ; vous mangerez la fortune des nations et vous vous féliciterez de capter leur gloire. Au lieu que votre honte soit redoublée et que les outrages clamés par les gens soient votre part, vous hériterez de leur terre une portion redoublée et la jubilation d'autrefois sera votre apanage.

Car moi, le Seigneur, j'aime le droit, je hais le vol enrobé de perfidie, je donnerai fidèlement votre récompense : je conclurai pour vous une alliance perpétuelle. Votre descendance sera connue parmi les nations, vos rejetons seront connus au milieu des peuples ; tous ceux qui les verront les reconnaîtront comme une descendance que le Seigneur a bénie.

Je suis enthousiaste, oui, enthousiasmée, à cause du Seigneur, mon âme exulte à cause de mon Dieu, car il m'a revêtue de l'habit du salut, il m'a drapée dans le manteau de la justice, tel un fiancé qui, comme un prêtre, porte diadème, telle une promise qui se pare de ses atours.

Oui, comme la terre fait sortir ses germes et un jardin germer ses semences, ainsi le Seigneur fera germer la justice et la louange face à toutes les nations.

 

R/ Seigneur Jésus, tu es la lumière du monde !

 

L'Esprit du Seigneur Dieu est sur moi, disait-il,

Car il m'a consacré par l'onction.

 

Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,

Proclamer la liberté, annoncer le temps de grâce.

 

C'est de Dieu que je suis sorti et que je viens,

Je ne suis pas venu de moi-même. Dieu m'a envoyé.

 

SERMON DE SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE POUR L'ÉPIPHANIE

L'Epiphanie nous révèle Dieu dans l'homme.

Le Mystère de l'incarnation du Seigneur apporte par lui-même des marques toujours bien reconnaissables de la Divinité. Cependant, la solennité de l'Épiphanie nous découvre et nous révèle de plusieurs manières que Dieu est venu dans un corps d'homme ; ainsi notre condition mortelle, toujours enveloppée d'obscurités, ne risque pas de perdre par son ignorance la richesse qu'elle a pu saisir et posséder par la grâce.

Car celui qui a voulu naître pour nous n'a pas voulu être ignoré de nous, et c'est pourquoi il se découvre de telle sorte que ce grand mystère de la bonté divine ne devienne pas l'occasion d'une grande erreur.

Aujourd'hui, les mages, cherchant celui qui brillerait parmi les étoiles, le trouvent vagissant au berceau. Aujourd'hui, les mages s'étonnent de découvrir glorieux dans ses langes celui qui s'était longtemps dissimulé dans le ciel où il demeurait obscur.

Aujourd'hui, les mages considèrent avec une profonde stupeur ce qu'ils voient ici : le ciel sur la terre, la terre dans le ciel ; l'homme en Dieu, Dieu dans l'homme ; et celui que le monde entier ne peut contenir, enfermé dans le corps d'un tout-petit ! Et dès qu'ils voient, ils proclament qu'ils croient sans discuter, en offrant leurs dons symboliques : par l'encens, ils confessent Dieu ; par l'or, le roi ; par la myrrhe, sa mort future.

C'est ainsi que les païens, qui étaient les derniers, deviennent premiers ; car c'est alors que la venue des païens à la croyance est inaugurée par la foi des mages.

Aujourd'hui, le Christ, qui va laver le péché du monde, est entré dans le Jourdain. Jean lui-même atteste qu'il est venu pour cela : Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde. Aujourd'hui, le serviteur s'empare du Seigneur ; l'homme, de Dieu ; Jean, du Christ ; il s'en empare pour recevoir le pardon, non pour le donner. Aujourd'hui, comme dit le Prophète : La voix du Seigneur retentit sur les eaux. Que dit cette voix ? Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour.

Aujourd'hui, l'Esprit Saint survole les eaux sous l'apparence d'une colombe. De même qu'une autre avait annoncé à Noé que le déluge du monde se retirait, c'est ainsi qu'en voyant cette colombe, on apprenait que le naufrage inéluctable du monde avait cessé. Elle n'apportait pas, comme celle d'autrefois, un rameau d'olivier, mais elle répandit sur la tête de notre chef toute la richesse d'une onction nouvelle, pour accomplir la prédiction du Prophète : Dieu, ton Dieu, t'a consacré par l'onction d'une huile d'allégresse, de préférence à tes compagnons.

Aujourd'hui, le Christ fait commencer les signes du ciel en changeant l'eau en vin. Mais l'eau devait être changée pour le sacrement du sang, lorsque le Christ verserait des coupes de vin à ceux qui boiraient au vase de son corps, afin que s'accomplît cette prophétie : La coupe qui me donne l'ivresse, elle est incomparable !

 

R/ Seigneur Jésus, tu es la lumière du monde.

 

Voici, dit le Seigneur, que je suscite mon serviteur :

Et j'écarterai l'impiété de ce pays.

 

Jésus vint avec la puissance de l'Esprit

Et sa renommée se répandit alentour.

 

L'Esprit du Seigneur est sur moi, disait-il,

Car il m'a consacré par l'onction.

Oraison

Seigneur, nous t'en prions, éclaire nos cœurs de ta lumière souveraine. Nous trouverons alors la force d'avancer dans un monde obscur pour atteindre le pays du jour sans déclin.


Mardi après l'Epiphanie

V/ Glorifie le Seigneur, Jérusalem,

R/ Il envoie sa parole sur la terre.

Livre d'Isaïe (Is 62, 1-12)

Éclatante restauration de Sion

Le peuple de Dieu, symbolisé par la ville sainte connaît une brillante destinée. Le prophète annonce déjà le récit de l'Apocalypse célébrant les noces de la Jérusalem nouvelle et de l'Agneau. Ce poème ouvre nos yeux sur les promesses irrévocables qui nous ont été faites d'un avenir où, l'ennemi disparu, les sentinelles des murs de la Cité sainte n'auront plus qu'à chanter les louanges du Seigneur.

Pour la cause de Sion je ne resterai pas inactif, pour la cause de Jérusalem, je ne me tiendrai pas tranquille, jusqu'à ce que ressorte, comme une clarté, sa justice, et son salut, comme un flambeau qui brûle.

Les nations verront ta justice, et tous les rois ta gloire. On t'appellera d'un nom nouveau que la bouche du Seigneur énoncera. Tu seras une couronne de splendeur dans la main du Seigneur, une tiare de royauté dans la paume de ton Dieu.

On ne te dira plus : "l'Abandonnée", on ne dira plus à ta terre : "la Désolée", mais on t'appellera "Celle en qui je prends plaisir", et ta terre "l'Épousée", car le Seigneur mettra son plaisir en toi et ta terre sera épousée.

En effet, comme le jeune homme épouse sa fiancée, tes enfants t'épouseront, et de l'enthousiasme du fiancé pour sa promise, ton Dieu sera enthousiasmé pour toi.

Sur tes murailles, Jérusalem, j'ai posté des gardes ; à longueur de jour, à longueur de nuit, ils ne doivent jamais rester inactifs :

"Vous qui ravivez la mémoire du Seigneur, point de répit pour vous ! Et ne laissez non plus point de répit pour lui, jusqu'à ce qu'il ait rendu à Jérusalem la stabilité et qu'il l'ait établie louange sur la terre."

Par sa droite et par son bras puissant le Seigneur a garanti ce serment : Jamais plus je ne donnerai ton blé en nourriture à tes ennemis, jamais plus les fils de l'étranger ne boiront ton vin, celui pour lequel tu t'es fatiguée. Mais ceux qui auront ramassé le blé s'en nourriront et ils loueront le Seigneur, et ceux qui auront rassemblé la vendange en boiront dans les parvis de mon sanctuaire.

Franchissez, franchissez les portes, dégagez le chemin du peuple, remblayez, remblayez la chaussée, pavez avec de la pierre, dressez l'étendard face aux peuples.

Voici ce que le Seigneur fait entendre jusqu'à l'extrémité de la terre : Dites à la fille de Sion : Voici ton Salut qui vient, voici avec lui son salaire et devant lui sa récompense. On les appellera "le Peuple saint", "les Rachetés du Seigneur", et l'on t'appellera "la Recherchée", "la Ville non abandonnée".

 

R/ Fille de Sion, ton Sauveur est venu !

 

Les nations verront ta justice,

Tous les rois verront ta gloire !

 

On t'appellera d'un nom nouveau

Donné par le Seigneur lui-même.

 

Le fruit de sa victoire l'accompagne

Et ses trophées le précèdent.

 

HOMÉLIE DU IVème SIÈCLE POUR L'ÉPIPHANIE

L’eau et l’Esprit.

Jésus est venu vers Jean et a été baptisé par lui dans le Jourdain. Quels événements incroyables : le fleuve sans limites qui réjouit la Cité de Dieu, comment est-il lavé dans un peu d'eau ? La source incompréhensible qui fait jaillir la vie pour tous les hommes et qui n'a pas de fin a été recouverte par des eaux misérables et passagères ! Celui qui est présent partout, qui n'est absent de nulle part, celui qui est incompréhensible aux anges et invisible aux hommes, vient au baptême parce qu'il l'a bien voulu.

Et voilà que les cieux s'ouvrirent et qu'une voix se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j'ai mis tout mon amour. Le bien-aimé engendre l'amour et la Lumière immatérielle engendre la lumière inaccessible.

Cet homme est celui qu'on appelle le fils de Joseph, et il est "mon fils unique" selon l'essence divine : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Il a faim, et il nourrit des milliers hommes ; il peine, et il donne le repos à ceux qui peinent ; il n'a pas où reposer la tête, et il porte tout dans sa main ; il souffre, et il remédie aux souffrances ; il est souffleté, et il donne la liberté au monde ; son côté est transpercé, et il restaure le côté d'Adam.

Lis, je vous en prie, écoutez-moi attentivement : je veux remonter à la source de la vie et contempler la source d'où surgissent les guérisons. Le Père de l'immortalité a envoyé dans le monde son Fils immortel, son Verbe. Celui-ci est venu vers l'homme pour le laver dans l'eau et l'Esprit. Il le fait renaître pour rendre incorruptibles son âme et son corps ; il a éveillé en nous son souffle de vie, il nous a couvert d'une armure incorruptible. Si donc l'homme est devenu immortel, il deviendra Dieu aussi. Et s'il devient par l'eau et l'Esprit Saint après avoir reçu la nouvelle naissance par le baptême, il sera aussi cohéritier du Christ dans la résurrection des morts.

Proclame donc : "Venez, toutes les tribus des nations vers le bain de l'immortalité !" Cette eau, unie à l'Esprit, qui arrose le Paradis, qui féconde la terre, qui fait pousser les plantes et engendre les vivants. Pour tout dire en un mot, elle engendre l'homme à la vie en le faisant renaître, elle en qui le Christ a été baptisé, elle sur qui l'Esprit est descendu sous la forme d'une colombe.

Celui qui se plonge avec foi dans ce bain de la nouvelle naissance se sépare du démon et s'unit au Christ. Il renonce à l'ennemi et confesse que le Christ est Dieu. Il rejette l'esclavage et revêt la condition de fils adoptif. Il sort du bain, brillant comme le soleil, rayonnant de justice. Mais surtout il en remonte fils de Dieu et cohéritier du Christ.

À celui-ci, gloire et puissance, en même temps qu'à l'Esprit très saint, bon et vivifiant, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Amen.

 

R/ Un seul Seigneur, une seule foi,

Un seul baptême, un seul Dieu et Père.

 

Appelés à garder l'unité de l'Esprit

Par le lien de la paix,

Nous chantons et nous proclamons :

R/ Un seul Seigneur, une seule foi,

Un seul baptême, un seul Dieu et Père.

 

Appelés à former un seul Corps

Dans un seul Esprit,

Nous chantons et nous proclamons :

R/ Un seul Seigneur, une seule foi,

Un seul baptême, un seul Dieu et Père.

 

Appelés à partager une seule espérance

Dans le Christ,

Nous chantons et nous proclamons :

R/ Un seul Seigneur, une seule foi,

Un seul baptême, un seul Dieu et Père.

Oraison

Dieu éternel, c'est dans la réalité de notre chair que ton Fils unique est apparu ; puisque nous reconnaissons que son humanité fut semblable à la nôtre, donne-nous d'être transformés par lui au plus intime de notre cœur.


Mercredi après l’Épiphanie

V/ Dieu nous enseigne ses voies,

R/ Pour que nous suivions ses sentiers.

Livre d'Isaïe (Is 63, 7-19)

Prière pour un temps d'angoisse

Les perspectives glorieuses méditées les jours précédents sont encore bien lointaines : l'Église, purifiée par les sacrements du Christ, est encore sur bien des points en exil dans un monde hostile. Que Dieu ne nous oublie pas et délivre son œuvre de salut, lui, notre seul Père et notre seul recours.

Je rappellerai les bienfaits du Seigneur, les louanges célébrant le Seigneur, selon tout ce que le Seigneur a mis en œuvre pour nous, oui, sa grande bonté pour la maison d'Israël, qu'il a mise en œuvre pour eux selon sa tendresse, prodigue en bienfaits.

Il avait dit : " Vraiment, ils sont mon peuple, des fils qui ne trompent pas", et il fut pour eux un Sauveur dans toutes leurs détresses. Ce n'est pas un délégué ni un messager, c'est lui, en personne, qui les sauva : dans son amour et dans sa compassion, c'est lui-même qui les racheta. Il les souleva, il les porta tous les jours d'autrefois.

Mais eux se cabrèrent, ils accablèrent son Esprit saint. Alors il se retourna contre eux en ennemi, lui-même se mit en guerre contre eux.

Son peuple alors se rappela les jours du temps de Moïse : "Où est celui qui fit remonter de la mer le pasteur de son troupeau ? Où est Celui qui mit en lui son Esprit saint ? Celui qui fit avancer, à la droite de Moïse, son bras resplendissant ? Celui qui fendit les eaux devant eux pour se faire un nom éternel ? Celui qui les fit avancer dans les abîmes ? Tel un cheval dans le désert ils ne trébuchaient pas, tel du bétail qui descend une combe l'Esprit du Seigneur les menait au repos." C'est ainsi que tu as conduit ton peuple, pour te faire un nom resplendissant.

Regarde et vois, depuis le ciel, depuis ton palais saint et splendide : où sont donc ta jalousie et ta vaillance, l'émoi de tes entrailles ? Tes tendresses pour moi ont-elles été contenues ?

C'est que notre Père, c'est toi ! Abraham en effet ne nous connaît pas, Israël ne nous reconnaît pas non plus ; c'est toi, Seigneur, qui es notre Père, notre Rédempteur depuis toujours, c'est là ton nom.

Pourquoi nous fais-tu errer, Seigneur, loin de tes chemins, et endurcis-tu nos cœurs qui sont loin de te craindre ? Reviens, pour la cause de tes serviteurs, des tribus de ton patrimoine.

C'est pour peu de temps que ton peuple saint est entré dans son héritage ; nos agresseurs l'ont écrasé, ton sanctuaire ! Et depuis longtemps nous sommes ceux sur qui tu n'exerces plus ta souveraineté, ceux sur qui ton nom n'est plus appelé.

Ah, si tu déchirais les cieux et si tu descendais, tel que les montagnes soient secouées devant toi !

 

R/ Dieu est amour, Dieu est lumière !

 

Tu es, Seigneur, notre Père, notre Rédempteur :

tel est ton nom depuis toujours.

 

Tu as tellement aimé le monde

Que tu nous as donné ton Fils, ton unique.

 

Tu n'as pas envoyé ton Fils pour juger le monde,

mais pour que le monde soit sauvé par lui.

 

SERMON DE SAINT PROCLUS DE CONSTANTINOPLE POUR LE BAPTÊME DU CHRIST

"Lumière de lumière, ô Christ, tu es apparu aujourd'hui"...

Le Christ s'est manifesté au monde, il a restauré ce monde livré au chaos, il lui a rendu sa splendeur. Il a endossé le péché du monde et il a terrassé l'ennemi du monde. Il a sanctifié les sources des eaux et il a illuminé les âmes des hommes. Aux miracles il a joint des miracles plus grands encore.

Aujourd'hui, en effet, la terre et la mer se sont partagé la grâce du Sauveur et le monde entier a été comblé de joie ; et la fête d'aujourd'hui montre un surcroît de merveilles par rapport à la fête précédente.

Car dans celle-ci la terre se réjouissait de la naissance du Sauveur, parce qu'elle tenait couché dans la crèche le Seigneur de l'univers ; mais aujourd'hui, avec la fête des Théophanies, c'est la mer qui se réjouit hautement ; elle se réjouit de ce que, par l'intermédiaire du Jourdain, elle a reçu la bénédiction qui la sanctifie.

La fête précédente nous montrait un pauvre nourrisson qui manifestait notre pauvreté. La fête d'aujourd'hui nous le fait voir dans sa perfection, elle nous suggère qu'il est l'Être parfait, issu de l'Être parfait. Alors, pour les Mages, le Roi était revêtu de la pourpre de son corps. Aujourd'hui, au Baptême, celui qui est la Source, est enveloppé par l'eau du fleuve.

Allons, regardez ces merveilles incroyables : le Soleil de justice qui se baigne dans le Jourdain, le Feu qui se plonge dans l'eau, Dieu qui est sanctifié par un homme !

Aujourd'hui, toute la création éclate en louanges et s'écrie : Béni soit, au nom du Seigneur, celui qui vient ! Béni soit celui qui vient en tout temps, car ce n'est pas aujourd'hui son premier avènement.

Et qui est-il ? Dis-le-nous clairement, bienheureux David : Le Seigneur est le Dieu qui nous illumine. Le prophète David n'est pas le seul à nous le dire ; l'Apôtre Paul y ajoute son témoignage lorsqu'il proclame : La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous instruit. Elle ne s'est pas manifestée pour le salut de certains hommes, mais pour le salut de tous. Car c'est à tous, Juifs aussi bien que Grecs, qu'elle accorde le salut par le baptême, qu'elle offre le baptême comme un bienfait universel.

Allons, regardez ce stupéfiant déluge, bien supérieur à celui du temps de Noé. Alors l'eau du déluge fit mourir le genre humain ; aujourd'hui, l'eau du baptême, par la puissance de celui qui a été baptisé, ramène les morts à la vie. Alors une colombe, portant dans son bec un rameau d'olivier, a préfiguré la bonne odeur du Christ. Aujourd'hui le Saint-Esprit, en survenant sous l'apparence d'une colombe, nous montre combien le Seigneur est miséricordieux.

 

Le monde s'ouvre à la vie,

L'homme reçoit l'Esprit,

Au souffle du Très-Haut

Se lève un peuple nouveau

De toute race, langue et frontière.

 

R/ Pour devenir le corps de Jésus Christ

Et transformer la face de la terre.

 

C'est dans l'Esprit Saint

Que vous serez baptisés.

Oraison

Seigneur notre Dieu, soleil qui brille pour toutes les nations, accorde aux peuples de la terre de vivre en paix, et fais lever en nos cœurs l'admirable lumière qui as guidé les mages vers ton Fils. Lui qui règne.


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