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Juin 26 St Josémaria

 

1 Pierre 5, 1-11

Exhortation aux responsables et aux fidèles

Les anciens qui sont parmi nous, je les exhorte, moi, ancien comme eux, témoin des souffrances du Christ, et qui dois participer à la gloire qui va être révélée. Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec l'élan du cœur ; non pas en faisant les seigneurs à l'égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau. Et quand paraîtra le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas. Pareillement, les jeunes, soyez soumis aux anciens : revêtez-vous tous d'humilité dans vos rapports mutuels, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais c'est aux humbles qu'il donne sa grâce. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, pour qu'il vous élève au bon moment ; de toute votre inquiétude, déchargez-vous sur lui, car il a soin de vous. Soyez sobres, veillez. Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi, sachant que c'est le même genre de souffrance que la communauté des frères, répandue dans le monde, supporte. Quand vous aurez un peu souffert, le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle, dans le Christ, vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. À Lui la puissance pour les siècles des siècles ! Amen.

 

Tout homme qui croit en Jésus Christ

Aura la vie éternelle.

 

Je n'ai rien voulu savoir parmi vous,

Sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.

 

Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus,

Afin d'être justifiés par la foi au Christ

 

2ème Lecture

Ex Homilíis beáti Iosephmaríæ Escrivá de Balaguer, presbyteri

Nous sommes bouleversés, notre cœur est profondément ému lorsque nous écoutons avec attention ce cri de saint Paul : voici quelle est la volonté de Dieu : c'est votre sanctification. Je me le propose aujourd'hui une fois de plus et je vous le rappelle à vous aussi, et à l'humanité tout entière : la Volonté de Dieu, c'est que nous soyons des saints.

Pour apaiser les âmes, d'une paix véritable, pour transformer la terre, pour chercher Dieu notre Seigneur dans le monde et à travers les choses du monde, la sainteté personnelle est indispensable. Au cours de mes entretiens avec des personnes de tant de pays et des milieux sociaux les plus variés, l'on me demande souvent : "Qu'avez-vous à dire à ceux qui sont mariés ? et à ceux qui travaillent à la campagne ? et aux veuves ? et aux jeunes ?"

Il n'y a qu'une seule façon de grandir dans la familiarité et la confiance en Dieu : le fréquenter dans la prière, lui parler, lui manifester, de cœur à cœur, notre amour.

D'abord une oraison jaculatoire, puis une autre, et une autre... jusqu'à ce que cette ferveur semble insuffisante, tant les mots paraissent pauvres... : alors on donne libre cours à l'intimité divine, dans une contemplation de Dieu qui ne connaît ni repos, ni fatigue. Nous vivons alors comme des captifs, comme des prisonniers. Tandis que nous réalisons avec la plus grande perfection possible, malgré nos erreurs et nos limites, les occupations propres à notre condition et à notre métier, notre âme désire ardemment s'échapper. Elle va vers Dieu, comme le fer attiré par la force de l'aimant. L'on commence à aimer Jésus, de façon plus efficace, et à ressentir une tendre émotion.

N'oubliez pas qu'être avec Jésus c'est certainement rencontrer sa Croix. Lorsque nous nous abandonnons entre les mains de Dieu, il permet souvent que nous goûtions la douleur, la solitude, la contradiction, la calomnie, la diffamation, la moquerie au dedans de nous-mêmes et de l'extérieur, parce qu'il veut nous rendre conformes à son image et à sa ressemblance, et qu'il tolère aussi que l'on nous traite de fous et que l'on nous prenne pour des sots.

En admirant et en aimant vraiment la Très Sainte Humanité de Jésus, nous découvrirons ses plaies une à une. Et dans ces moments de purification passive – moments pénibles, durs, qui nous arrachent des larmes à la fois douces et amères, que nous nous efforçons de cacher – nous aurons besoin de nous introduire dans chacune de ces très saintes blessures : pour nous purifier, pour nous réjouir dans ce Sang rédempteur, pour nous fortifier.

Notre cœur a besoin alors de distinguer et d'adorer chacune des Personnes divines. L'âme fait en quelque sorte une découverte dans la vie surnaturelle, comme une créature qui ouvre peu à peu les yeux à l'existence. Et elle amorce un dialogue d'amour avec le Père, avec le Fils et avec l'Esprit Saint ; et elle se soumet facilement à l'activité du Paraclet vivificateur, qui se donne à nous sans que nous le méritions : ce sont les dons et les vertus surnaturelles !

Les mots deviennent inutiles, parce que la langue n'arrive pas à s'exprimer.

Alors le raisonnement se tait. On ne discourt plus : on se regarde ! Et l'âme se met encore une fois à chanter un chant nouveau, parce qu'elle se sent et se sait aussi sous le regard aimant de Dieu, à tout instant.

Dans cet abandon, le zèle apostolique s'enflamme, augmente chaque jour, communiquant son inquiétude aux autres, parce que le bien tend à se propager. Notre pauvre nature, si proche de Dieu, ne peut s'empêcher de brûler du désir de semer dans le monde entier la joie et la paix, de tout baigner dans les eaux rédemptrices qui jaillissent du Côté ouvert du Christ, d'entreprendre et d'achever toutes les tâches par Amour.

Que la Mère de Dieu et notre Mère nous protège, afin que chacun d'entre nous puisse servir l'Église dans la plénitude de la foi, avec les dons de l'Esprit Saint et avec la vie contemplative.

 

R/ Dieu nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour.

V/ Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces. Pour être saints.

 

Oraison

Dieu, qui as suscité dans l’Église saint Josémaria, prêtre, pour proclamer l'appel universel à la sainteté et à l'apostolat, accorde-nous, à son exemple et par son intercession, d’être configurés à ton Fils dans l'exercice du travail quotidien et de servir amoureusement l'œuvre de la Rédemption. Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.


27 juin : saint Cyrille d’Alexandrie

 

LETTRE DE S. CYRILLE À TOUS LES MOINES D'ÉGYPTE

Je trouve très surprenant qu'il y ait des gens pour se demander vraiment si la Sainte Vierge doit être appelée Mère de Dieu. Car si notre Seigneur Jésus est Dieu, comment la Vierge qui l'a engendré ne serait-elle pas la 'Mère de Dieu' ? Telle est la foi que nous ont transmise les saints Apôtres, même s'ils n'ont pas employé cette expression. C'est l'enseignement que nous avons reçu des saints Pères, en particulier notre Père de glorieuse mémoire, Athanase. Au troisième livre de l'ouvrage qu'il a composé sur la Trinité sainte et consubstantielle, il donne constamment à la Sainte Vierge le titre de Mère de Dieu.

Je dois citer ses propres paroles. Les voici : « La sainte Écriture, nous l'avons fait remarquer bien souvent, se caractérise principalement en ceci, qu'elle présente, au sujet du Sauveur, une double affirmation : d'une part qu'il est le Dieu éternel, le Fils, le Verbe, le Resplendissement et la Sagesse du Père ; d'autre part que dans les derniers temps, pour notre salut, il a pris chair de la Vierge Marie, Mère de Dieu, et s'est fait homme. »

Et il ajoute un peu plus loin : «  Il y a eu beaucoup de saints et des hommes purs de tout péché : Jérémie a été sanctifié dès le sein maternel ; Jean Baptiste, encore dans le sein de sa mère, a tressailli d'allégresse à la voix de Marie, la Mère de Dieu. » Voilà ce que dit cet homme considérable. Si digne d'inspirer confiance, car jamais il n'aurait rien dit qui ne fût conforme à la parole de Dieu.

D'ailleurs, l'Écriture divinement inspirée déclare que le Verbe de Dieu s'est fait chair, c'est-à-dire s'est uni à une chair douée d'une âme raisonnable. Le Verbe de Dieu a donc assumé la descendance d'Abraham et. en tirant de la femme son propre corps, s'est uni à la chair et au sang de telle sorte qu'il n'est plus seulement Dieu, mais on comprend que par cette union il est devenu homme comme nous.

On doit donc confesser que l'Emmanuel est constitué de deux éléments : la divinité et l'humanité. Cependant, il y a un seul Seigneur, Jésus Christ, un seul vrai Fils, qui est tout ensemble Dieu et homme ; non pas un homme divinisé, comme ceux qui le sont par la grâce, mais vrai Dieu qui s'est manifesté dans la forme humaine pour notre salut. C'est ce que nous affirme à ce sujet le bienheureux Paul : Lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils ; il est né d'une femme, il a été sujet de la Loi juive pour racheter ceux qui étaient sujets de la Loi et pour faire de nous des fils adoptifs.

R/ Réjouis-toi, Marie,

tu donneras le Sauveur au monde !

Il sera grand,

on l'appellera Fils du Très-Haut !

Il vient chercher

ce qui était perdu.

Il rassemblera

les enfants de Dieu dispersés.

Oraison

Tu as voulu, Seigneur, que la maternité divine de la Vierge trouve en l'évêque saint Cyrille d'Alexandrie un invincible défenseur ; puisque nous croyons qu'elle est vraiment Mère de Dieu, fais que nous soyons sauvés par l'incarnation de ton Fils, Jésus Christ. Lui qui règne.


Juin 28, St Irénée

 

DU TRAITÉ DE S. IRÉNÉE CONTRE LES HÉRÉSIES

La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant.

La splendeur de Dieu est vivifiante : ceux qui voient Dieu, reçoivent la vie. C'est pourquoi, lui, l'insaisissable, l'incompréhensible, l'invisible, se donne aux hommes, en se rendant visible, compréhensible et saisissable, pour vivifier ceux qui le reçoivent et ceux qui le voient. Car vivre sans la vie, c'est impossible : la substance de la vie vient de la participation à Dieu ; et participer à Dieu, c'est voir Dieu et jouir de sa bonté.

Ainsi les hommes verront Dieu pour vivre : par cette vue, ils deviennent immortels et arrivent à Dieu. Je l'ai dit, il était annoncé en image par les prophètes que Dieu serait vu des hommes qui portent son Esprit et sans cesse attendent sa venue. C'est ainsi que Moïse dit dans le Deutéronome : En ce jour-là, nous verrons, car Dieu parlera à l'homme, et l'homme vivra.

La puissance et la grandeur de celui qui opère tout en tous est invisible et inexprimable pour tous ceux qui ont été faits par lui ; toutefois il ne leur est pas inconnu : tous apprennent de son Verbe qu'il n'y a qu'un seul Dieu Père qui contient tout et donne l'être à toutes choses : ainsi qu'il est écrit dans l'Évangile : Nul n'a jamais vu Dieu, le Fils unique, qui est dans le sein du Père, qui l'a révélé.

Depuis le commencement, le Fils est l'exégète du Père, puisqu'il est depuis le commencement auprès du Père : au temps voulu, il a montré aux hommes pour leur profit les visions prophétiques, la variété des charismes, ses ministères et la glorification du Père, de façon cohérente et claire : Qui dit cohésion dit harmonie, qui dit harmonie dit temps voulu, et qui dit temps voulu dit profit. C'est pourquoi le Verbe s'est fait le dispensateur de la gloire du Père au profit des hommes pour qui il accomplit de telles économies : ainsi il montre Dieu aux hommes, et présente l'homme à Dieu, tout en préservant l'invisibilité du Père, de peur que l'homme n'en vienne à mépriser Dieu, niais, en même temps, pour qu'il ait toujours des progrès en vue, il rend Dieu visible aux hommes en le montrant par de nombreuses économies, de peur que, totalement privé de Dieu, l'homme cesse d'être. Car la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est la vue de Dieu, Si la révélation de Dieu par la création donne la vie à tout être vivant sur la terre, combien plus la manifestation du Père par le Verbe donne-t-elle la vie à ceux qui voient Dieu !

 

R/ Christ au milieu de nous,

espérance de la gloire, alléluia !

 

Le Christ est à la gloire du Père :

c'est là désormais

que tend notre vie.

 

Vous êtes morts

et votre vie reste cachée

avec le Christ en Dieu.

 

Quand paraîtra le Christ,

lui qui est votre vie,

vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

 

Oraison

Tu as donné, Seigneur, à l'évêque saint Irénée de faire triompher la vraie doctrine et d'affermir la paix dans l'Église ; par son intercession, réveille notre foi et notre charité pour que nous cherchions en toute chose ce qui favorise l'union entre les hommes.


Juin 29 St Pierre et St Paul

V/ La Parole du Seigneur demeure pour l'éternité,

R/ C'est l'Évangile qui vous a été annoncé.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates (Ga 1, 15-24 ; 2, 1-10)

Deux apôtres du Christ : Pierre et Paul

Lorsque Celui qui m'a mis à part depuis le sein de ma mère et m'a appelé par sa grâce a jugé bon de révéler en moi son Fils afin que je l'annonce parmi les païens, aussitôt, loin de recourir à aucun conseil humain ou de monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je suis parti pour l'Arabie, puis je suis revenu à Damas. Ensuite, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas et je suis resté quinze jours auprès de lui, sans voir cependant aucun autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur. Ce que je vous écris, je le dis devant Dieu, ce n'est pas un mensonge.  Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie. Mais mon visage était inconnu aux Églises du Christ en Judée ; simplement, elles avaient entendu dire : "celui qui nous persécutait naguère annonce maintenant la foi qu'il détruisait alors", et elles glorifiaient Dieu à mon sujet.

Ensuite, au bout de quatorze ans, je suis monté de nouveau à Jérusalem avec Barnabas ; j'emmenai aussi Tite avec moi.  Or, j'y montai à la suite d'une révélation et je leur exposai l'Évangile que je prêche parmi les païens ; je l'exposai aussi dans un entretien particulier aux personnes les plus considérées, de peur de courir ou d'avoir couru en vain. Mais on ne contraignit même pas Tite, mon compagnon, un Grec, à la circoncision ; c’aurait été à cause des faux frères, intrus qui, s'étant insinués, épiaient notre liberté, celle qui nous vient de Jésus Christ, afin de nous réduire en servitude. À ces gens-là nous ne nous sommes pas soumis, même pour une concession momentanée, afin que la vérité de l'Évangile fût maintenue pour vous. Mais, en ce qui concerne les personnalités – ce qu'ils étaient alors, peu m'importe : Dieu ne regarde pas à la situation des hommes – ces personnages ne m'ont rien imposé de plus. Au contraire, ils virent que l'évangélisation des incirconcis m'avait été confiée, comme à Pierre celle des circoncis, – car celui qui avait agi en Pierre pour l'apostolat des circoncis avait aussi agi en moi en faveur des païens – et, reconnaissant la grâce qui m'a été donnée, Jacques, Céphas et Jean, considérés comme des colonnes, nous donnèrent la main, à moi et à Barnabas, en signe de communion, afin que nous allions, nous vers les païens, eux vers les circoncis. Simplement, nous aurions à nous souvenir des pauvres, ce que j'ai eu bien soin de faire.

 

R/ La grâce de Dieu est apparue,

Apportant le salut à tous les hommes.

 

Celui qui mena Pierre vers les juifs

Celui-là me conduisit aux païens.

 

Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis,

Et sa grâce envers moi n'a pas été vaine.

 

HOMÉLIE DE S. AUGUSTIN POUR LA FÊTE DES APÔTRES PIERRE ET PAUL

Ils ont vu ce qu'ils ont prêché

Le martyre des saints Apôtres Pierre et Paul a fait pour nous de ce jour un jour sacré. Nous ne parlons pas de quelques martyrs obscurs : Ce qu'ils proclament a retenti par toute la terre, et leur parole, jusqu'au bout du monde. Ces martyrs ont vu ce qu'ils ont prêché, après avoir vécu selon la justice, en proclamant la vérité, en mourant pour la vérité.

C'est le bienheureux Pierre, le premier des Apôtres, celui qui aimait fougueusement le Christ, qui a eu le bonheur de s'entendre dire : Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre. Car lui-même venait de dire : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Et le Christ lui dit alors : Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. Sur cette pierre je bâtirai la foi que tu viens de confesser. Sur cette parole que tu viens de dire : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant, je bâtirai mon Église. Car tu es Pierre. Le nom de Pierre vient de la pierre, et non l'inverse. Le nom de Pierre vient de la pierre, comme "chrétien" vient de Christ.

Ainsi que vous le savez, le Seigneur Jésus, avant sa passion, choisit ses disciples, et leur donna le nom d'Apôtres. Parmi eux, c’est Pierre qui, presque en toute circonstance, mérita de personnifier toute l'Église à lui seul. C'est parce qu'il personnifiait l'Église à lui seul qu'il a eu le bonheur de s'entendre dire : Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux. En effet, ce n'est pas un homme seul, mais l'Église dans son unité, qui a reçu ces clefs. Ceci met en relief la prééminence de Pierre, car il a représenté l'universalité et l'unité de l'Église lorsqu'il lui fut dit : Je te confie, alors que c'était confié à tous. En effet, pour que vous sachiez que c'est l'Église qui a reçu les clefs du Royaume des cieux, écoutez ce que le Seigneur dit à tous ses Apôtres dans un autre endroit : Recevez l'Esprit Saint. Et aussitôt : Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus.

Et c'est encore à juste titre que le Seigneur, après sa résurrection, confia à Pierre en personne la charge de faire paître ses brebis. Car il n'est pas le seul parmi les disciples qui méritait de faire paître les brebis du Seigneur ; mais Si le Christ parle à un seul, c'est pour mettre en valeur l'unité. Et il s'adresse en premier à Pierre parce que Pierre est le premier parmi les Apôtres. Ne sois pas triste, Apôtre, d'être interrogé trois fois : réponds une fois, réponds deux fois, réponds trois fois. Que ta confession soit victorieuse trois fois par l'amour, parce que ta présomption a été trois fois vaincue par la crainte. Il faut délier trois fois ce que tu avais lié trois fois. Délie par l'amour ce que tu avais lié par la crainte. Et cependant le Seigneur, une fois, deux fois, et trois fois, a confié ses brebis à Pierre.

En un même jour, on célèbre la passion de deux Apôtres ! Mais ces deux ne faisaient qu'un : bien qu'ils aient souffert à des jours différents, ils ne faisaient qu'un. Pierre a précédé, Paul a suivi. Nous célébrons le jour de fête de ces Apôtres, consacré pour nous par leur sang. Aimons leur foi, leur vie, leurs labeurs, leurs souffrances, ce qu'ils confessaient, ce qu'ils prêchaient.

 

R/ Jésus, tu es le Messie,

Le Fils du Dieu vivant !

 

Simon, j'ai prié pour toi

Afin que ta foi ne sombre pas.

Affermis tes frères.

 

Paul, ma grâce te suffit,

Ma puissance donne toute sa mesure

Dans la faiblesse.

 

Te Deum

Oraison

Seigneur, tu nous as donné ce jour de sainte joie pour fêter les bienheureux Apôtres Pierre et Paul ; accorde à ton Église une fidélité parfaite à leur enseignement, puisqu'elle reçut par eux la première annonce de la foi.


30 juin : les Martyrs de Rome

 

LETTRE DU PAPE S. CLÉMENT AUX CORINTHIENS

Ce passage est le témoignage le plus ancien que nous ayons du martyr de Pierre, dans la communauté romaine.

Laissons les exemples de l'antiquité pour en venir aux athlètes les plus proches de nous. Prenons de nobles exemples dans notre génération. C'est par jalousie et par envie que les colonnes de l'Église les plus hautes et les plus justes ont été persécutées et ont lutté jusqu'à la mort. Regardons les saints Apôtres. Pierre. à cause d'une jalousie injuste a subi de nombreuses souffrances, et non pas une ou deux ; après avoir ainsi rendu son témoignage. il s'en est allé au séjour de gloire qu'il avait mérité. Par suite de la jalousie et de la discorde, Paul a montré quel prix est réservé à la constance.

Chargé sept fois de chaînes, expulsé, lapidé, devenu prédicateur de l'Évangile en Orient et en Occident, il a reçu la renommée qui correspondait à sa foi. Après avoir enseigné la justice au monde entier jusqu'aux limites de l'Occident, il a rendu son témoignage devant les autorités ; c'est ainsi qu'il a quitté ce monde pour s'en aller au séjour de la sainteté, et devenir un illustre modèle de constance.

À ces hommes qui ont mené une vie sainte est venue se joindre une grande foule d'élus qui. par suite de la jalousie, ont subi toutes sortes de mauvais traitements et de supplices, et qui ont donné parmi nous un magnifique exemple.

Par suite de la jalousie, des femmes ont été persécutées : déguisées en victimes mythologiques, elles ont subi des outrages atroces et sacrilèges ; puis elles ont remporté victorieusement la course de la foi, et elles ont reçu une glorieuse récompense, elles dont le corps était Si faible. C'est la jalousie qui a rendu des épouses étrangères à leurs maris et qui a fait mentir la parole de notre père Adam : Voici l'os de mes os et la chair de ma chair. Jalousie et discorde ont abattu de grandes cités et déraciné de puissantes nations.

Nous vous écrivons ainsi, mes bien-aimés, non pas seulement pour votre avertissement, niais pour notre propre mise en garde. Car nous sommes dans la même arène, et le même combat nous attend.

Laissons donc les préoccupations vaines et inutiles pour nous conformer à la règle glorieuse et vénérable de notre tradition. Voyons ce qui est beau, ce qui est agréable, ce qui est digne d'approbation aux yeux de celui qui nous a faits.

Fixons nos regards sur le sang du Christ et comprenons combien il a de valeur pour son Père, puisque, répandu pour notre salut, il a offert au monde entier la grâce de la conversion.

R/ Qui perd sa vie, la trouvera !

Il n’est pas de plus grand amour

Que de mourir pour celui qu’on aime.

Entourés que nous sommes de témoins,

Marchons les yeux fixés sur le Christ.

Oraison

Dieu qui as consacré par le sang des martyrs les magnifiques débuts de l’Église de Rome, fais que leur courage dans le combat nous obtienne une force inébranlable et la joie de la victoire.


Juillet 3, St Thomas Apôtre

 

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 1, 18-31 ; 2, 1-5)

Nous prêchons un Messie crucifié

Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont en train d'être sauvés, pour nous, il est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages et j'anéantirai l'intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le docteur de la loi ? Où est le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas rendue folle la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Les Juifs demandent des signes, et les Grecs recherchent la sagesse ; mais nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. Considérez, frères, qui vous êtes, vous qui avez reçu l'appel de Dieu : il n'y a parmi vous ni beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens de bonne famille. Mais ce qui est folie dans le monde, Dieu l'a choisi pour confondre les sages ; ce qui est faible dans le monde, Dieu l'a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n'est pas, Dieu l'a choisi pour réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune créature ne puisse s'enorgueillir devant Dieu. C'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus, qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et délivrance, afin, comme dit l'Écriture, que celui qui s'enorgueillit, s'enorgueillisse dans le Seigneur. Moi-même, quand je suis venu chez vous, frères, ce n'est pas avec le prestige de la parole ou de la sagesse que je suis venu vous annoncer le mystère de Dieu. Car j'ai décidé de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. Aussi ai-je été devant vous faible, craintif et tout tremblant : ma parole et ma prédication n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse, mais elles étaient une démonstration faite par la puissance de l'Esprit, afin que votre foi ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

 

Ton appel les a lancés

Sur les chemins et les grand-routes.

Nourris de ta Parole

Et riches de ton seul amour,

Ils vont donner la joie

À ceux qui les écoutent et te reçoivent.

 

R/ Merveille de ta grâce !

Tu confies à des hommes les secrets du Père.

 

Messagers de la Bonne Nouvelle,

Ils annoncent la paix aux limites du monde.

 

Heureux le peuple où il en est ainsi,

Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu !

 

HOMÉLIE DE S. GRÉGOIRE LE GRAND SUR L'ÉVANGILE DE JEAN

Thomas, l'un des douze (dont le nom signifie Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Ce disciple était le seul absent. À son retour, quand on lui raconta ce qui s'était passé, il ne voulut pas le croire. Le Seigneur vint une seconde fois, et il présenta au disciple incrédule son côté à toucher, lui montra ses mains et, en lui montrant les cicatrices de ses blessures, guérit en lui la blessure de l'incrédulité. Que remarquez-vous en tout cela, frères très chers ? Croyez-vous que tout cela se soit produit par hasard ? Que ce disciple choisi ait été d'abord absent ; qu'en arrivant ensuite il entende ce récit ; qu'en l'entendant, il doute ; qu'en doutant, il touche, et qu'en touchant il croie ?

Non, cela ne s'est pas produit par hasard, mais selon un plan divin. En effet, la clémence divine agit alors d'une manière admirable pour que ce disciple qui doutait, tandis qu'il touchait les blessures que son maître portait dans la chair, guérisse en nous les blessures de l'incrédulité. En effet l'incrédulité de Thomas a été plus avantageuse pour notre foi que la foi des disciples qui ont cru. Car, tandis que disciple, en touchant, est ramené à la foi, notre esprit, en dominant toute hésitation, est confirmé dans la foi ; ce disciple, en doutant et en touchant, est devenu témoin de la réalité de la résurrection.

Il toucha donc, et il s'écria : Mon Seigneur et mon Dieu. Jésus lui dit : Parce que tu m'as vu, tu crois. Or, l'Apôtre Paul a dit : La foi est la manière de posséder déjà ce qu'on espère, et de connaître des réalités qu'on ne voit pas. Il est donc bien clair que la foi fait connaître ce qui ne peut pas se voir. Ce qu'on voit, en effet, ne produit pas la foi niait la constatation. Alors que Thomas a vu, lorsqu'il a touché pourquoi lui est-il dit : Parce que tu m'as vu, tu as cru ? Mais ce qu'il a cru n'était pas ce qu'il a vu. Car la divinité ne peut être vue par l'homme mortel. C'est donc l'homme qu'il a vu, et c'est Dieu qu'il a reconnu en disant : Mon Seigneur et mon Dieu. Il a donc cru tout en voyant, puisqu'en regardant un vrai homme, il a proclamé que celui-ci était Dieu, et cela, il n'avait pas pu le voir.

Ce qui suit nous donne de la joie : Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! Par cette phrase, c'est nous qui sommes spécialement désignés, nous qui nous attachons par l'esprit à celui que nous n'avons pas vu dans la chair. Car celui-là croit véritablement, qui met en pratique, par ses actions, ce qu'il croit. Au contraire, Paul dit de ceux dont la foi est purement nominale : Ils font profession de connaître Dieu, mais par leurs actes ils le renient. Et Jacques : La foi sans les œuvres est morte.

 

De la détresse des prisons

Monte le cri des fils de Dieu persécutés ;

Mais le Royaume est proche :

Bientôt se lèvera

Le Fils de l'homme qu'ils acclament.

 

R/ Dieu vivant, Seigneur ressuscité,

Nous croyons en toi.

 

Un moment vous souffrirez,

Mais j'ai vaincu le monde, gardez courage.

En vérité, je vous le dis,

Si quelqu'un garde ma parole,

Il ne verra jamais la mort.

 

Je suis la résurrection ;

Celui qui me donne sa foi,

Vivra même dans la mort.

 

Te Deum

Oraison

En ce jour où nous célébrons l'Apôtre saint Thomas, accorde-nous, Dieu tout-puissant, de reprendre courage fais que nous ayons la vie en comprenant à notre tour que Jésus Christ est Seigneur.


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