V/ Il nous a rapporté les titres du Seigneur,
R/ Sa puissance, et ses merveilles.
Première lettre de saint Jean (1 Jn 1, 1-10 ; 2, 1-3)
Parole de vie et Lumière de Dieu
Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c'est le Verbe, la Parole de la vie. Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons contemplée, et nous portons témoignage : nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et nous, nous sommes en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ. Et c'est nous qui écrivons cela, afin que nous ayons la plénitude de la joie.
Voici le message que Jésus Christ nous a fait entendre et que nous vous annonçons : Dieu est lumière, il n'y a pas de ténèbres en lui. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, alors que nous marchons dans les ténèbres, nous sommes des menteurs, nous n'agissons pas selon la vérité ; mais, si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout ce qui nous oppose à lui. Si nous disons que nous ne sommes pas pécheurs, nous faisons de lui un menteur et sa parole n'est pas en nous.
Mes petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché. Mais, si l'un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste. Il est la victime offerte pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier.
Et voici comment nous pouvons savoir que nous le connaissons : c'est en gardant ses commandements.
R/ Voyez quel grand amour nous est donné !
Nous vous annonçons la vie éternelle
Qui était tournée vers le Père
Et s'est manifestée à nous.
Nous vous l'annonçons
Pour que vous soyez en communion avec nous.
Notre communion
Est avec le Père et son Fils Jésus.
Croyez en lui et vous aurez la vie !
COMMENTAIRE DE S. AUGUSTIN SUR LA 1ère LETTRE DE JEAN
La vie s’est manifestée dans la chair
Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, et que nos mains ont touché, c’est le Verbe de la vie. Y a-t-il quelqu’un qui touche de ses mains le Verbe de la vie, sinon parce que le Verbe s’est fait chair et qu’il a établi sa demeure parmi nous ?
Or, ce Verbe qui s’est fait chair pour être touché de nos mains, il a commencé d’être chair dans le sein de la Vierge Marie. Mais il n’a pas alors commencé d’être le Verbe, car il était depuis le commencement, dit saint Jean. Voyez comme sa Lettre confirme son Évangile, où naguère vous avez entendu lire : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu.
Peut-être que certains entendent le Verbe de la vie comme une formule quelconque pour désigner le Christ, et non pas précisément le corps du Christ, que les mains ont touché. Mais voyez la suite : Oui, la vie s’est manifestée. Le Christ est donc le Verbe de la vie.
Et comment cette vie s’est-elle manifestée ? Car, si elle était dès le commencement, elle ne s’était pas manifestée aux hommes : elle s’était manifestée aux Anges, qui la voyaient et qui s’en nourrissaient comme de leur pain. C’est ce que dit l’Écriture : L’homme a mangé le pain des Anges.
Donc, la Vie elle-même s’est manifestée dans la chair : elle a été placée, en effet, en état de manifestation pour qu’une réalité visible seulement par le cœur pût être aussi visible aux yeux, afin de guérir les cœurs. C’est par le cœur seul qu’on voit le Verbe, tandis que la chair est vue aussi par les yeux. C’est la chair qui nous permettait de voir le Verbe. Le Verbe s’est fait chair, une chair que nous puissions voir, afin que soit guéri en nous ce qui pourrait voir le Verbe.
Nous portons témoignage, dit saint Jean : nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée en nous, c’est-à-dire qui s’est manifestée parmi nous ; on dirait plus clairement : qui s’est manifestée à nous.
Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons. Que votre charité soit attentive : Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons. Eux, ils ont vu le Seigneur lui-même présent dans la chair, ils ont entendu les paroles tombant de sa bouche et ils nous les ont annoncées. Mais nous, si nous avons entendu, nous n’avons pas vu.
Sommes-nous donc moins favorisés que ceux qui ont vu et entendu ? En ce cas, pourquoi ajoute-t-il : pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous ? Eux ont vu ; nous, nous n’avons pas vu ; et pourtant nous sommes en communion avec eux, parce que nous avons une foi commune.
Et notre communion est avec Dieu le Père et Jésus Christ son Fils. Et c’est nous qui écrivons cela, ajoute saint Jean, pour que vous ayez la plénitude de la joie. Cette plénitude de la joie, il la fait consister précisément dans la communion, dans l’amour, dans l’unité.
R/ Dieu n'est pas le Dieu des morts,
mais des vivants.
Tous en effet, vivent par lui.
Ceux qui ont été jugés dignes de la résurrection
Ne peuvent plus mourir.
Ils sont pareils aux anges, et sont enfants de Dieu,
Fils de la résurrection.
Va, prends ton repos, et tu te lèveras, toi aussi,
À la fin des jours.
Oraison
Dieu qui as dévoilé pour nous les mystères de ton Verbe grâce à ton Apôtre saint Jean, rends-nous capables de comprendre et d’aimer les merveilles qu’il nous a fait connaître.
V/ Compagnons de l'Agneau, ils chantent sans fin :
R/ Gloire à toi, Seigneur.
Livre de l'Exode (Ex 1, 8-16.22)
Meurtre des enfants des hébreux en Égypte
Un nouveau roi, qui n'avait pas connu Joseph, se leva sur l'Égypte. Il dit à son peuple : "Voici que le peuple des fils d'Israël est trop nombreux et trop puissant pour nous. Prenons donc de sages mesures contre lui, pour qu'il cesse de se multiplier. En cas de guerre, il se joindrait lui aussi à nos ennemis, il se battrait contre nous et il sortirait du pays." On lui imposa donc des chefs de corvée, pour le réduire par des travaux forcés, et il bâtit pour le Pharaon des villes-entrepôts, Pitom et Ramsès. Mais plus on voulait le réduire, plus il se multipliait et plus il éclatait : on vivait dans la hantise des fils d'Israël. Alors les Égyptiens asservirent les fils d'Israël avec brutalité et leur rendirent la vie amère par une dure servitude : mortier, briques, tous travaux des champs, bref toutes les servitudes qu'ils leur imposèrent avec brutalité.
Le roi d'Égypte dit aux sages-femmes des Hébreux dont l'une s'appelait Shifra et l'autre Poua : Quand vous accouchez les femmes des Hébreux, regardez le sexe de l'enfant. Si c'est un garçon, faites-le mourir. Si c'est une fille, qu'elle vive. le Pharaon ordonna à tout son peuple : "Tout garçon nouveau-né, jetez-le au Fleuve ! Toute fille, laissez-la vivre !"
R/ Pourquoi ce lourd silence,
Dieu caché,
Quand tombent sous le glaive
Les innocents ?
Ta Parole n'est proférée
Que par les cris d'un enfant ; Un jour il nous dira
De quel amour tu nous aimes.
HOMÉLIE DE S. QUODVULTDEUS AUX CATÉCHUMÈNES, SUR LE SYMBOLE
Enfants et témoins du Christ.
Un petit enfant vient de naître : c'est le grand Roi. Les mages arrivent d'un lointain pays. Ils viennent adorer celui qui est encore couché dans la crèche, mais qui règne au ciel et sur terre. Quand les mages annoncent la naissance du Roi, Hérode est pris d'inquiétude ; pour ne pas perdre son trône, il veut le tuer, alors que, s'il avait cru en lui, il aurait été ici-bas en sécurité, et dans la vraie vie, il aurait régné sans fin.
Pourquoi as-tu peur, Hérode, en apprenant la naissance du Roi ? Il ne vient pas pour te détrôner, mais pour triompher du diable. Et comme tu ne comprends pas cela, tu es inquiet et tu entres en fureur ; et afin de perdre le seul enfant que tu recherches, tu es assez cruel pour en faire mourir un si grand nombre.
Tu ne recules ni devant l'amour des mères éplorées, ni devant le deuil des pères pleurant leurs fils, ni devant les hurlements et les gémissements des tout-petits. Tu assassines ces faibles corps parce que la peur assassine ton cœur. Et tu t'imagines, si tu réalises tes désirs, que tu pourras vivre longtemps, alors que c'est la Vie elle-même que tu cherches à détruire.
Celui qui est la source de la grâce, à la fois petit et grand, qui est couché dans la crèche, épouvante ton trône. Il agit par toi, sans que tu connaisses ses desseins, et il délivre les âmes de la captivité du diable. Il accueille les fils de ses ennemis et les adopte pour ses enfants.
Ces tout-petits meurent pour le Christ sans le savoir, les parents pleurent la mort de ces martyrs ; et ceux qui ne parlent pas encore, le Christ les rend capables d'être témoins. Voilà comment il règne, lui qui était venu régner ainsi. Voici que déjà le libérateur accomplit la libération et que le sauveur apporte le salut.
Mais toi, Hérode, ignorant tout cela, tu es inquiet et entres en fureur ; et tandis que tu t'irrites contre un enfant, tu lui rends déjà hommage, mais tu l'ignores.
Qu'il est grand, le don de la grâce ! Par quels mérites ces enfants ont-ils obtenu d'être ainsi des vainqueurs ? Ils ne parlent pas encore, et ils confessent le Christ. Leurs corps sont encore incapables d'engager la lutte, et ils remportent déjà la palme de la victoire.
R/ Où donc est ta victoire,
Dieu caché,
Quand tombe sous le glaive
L'Homme innocent ?
Dans la force de pardonner
Au bras qui verse le sang !
Car nous savons déjà
De quel amour tu nous aimes.
Oraison
Puisqu’en ce jour, Seigneur, les saints Innocents ont annoncé ta gloire, non point par la parole, mais par leur seule mort : fais que notre vie tout entière témoigne de la foi que notre bouche proclame.
V/ Les bergers louaient Dieu,
R/ Pour tout ce qu'ils avaient vu et entendu.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens (Col 1, 1-14)
Action de grâce pour l'Évangile
À ses frères dans le Christ, Paul découvre l'espérance nouvelle qui peut transformer leurs vies.
Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, et Timothée, le frère, aux saints de Colosses, frères fidèles en Christ ; à vous grâce et paix de la part de Dieu, notre Père.
Nous rendons grâce à Dieu, Père de notre Seigneur Jésus Christ, dans la prière que nous ne cessons de lui adresser pour vous ; nous avons entendu parler de votre foi en Jésus Christ et de votre amour pour tous les saints, dans l'espérance qui vous attend aux cieux ; cette espérance vous a été annoncée par la parole de vérité, l'Évangile qui est parvenu jusqu'à vous ; tout comme il porte du fruit et progresse dans le monde entier, de même fait-il parmi vous depuis le jour où vous avez reçu et connu dans sa vérité la grâce de Dieu, selon l'enseignement que vous a donné Épaphras ; notre ami et compagnon de service, qui nous supplée fidèlement comme ministre du Christ, nous a décrit de quel amour l'Esprit vous anime.
Voilà pourquoi, de notre côté, du jour où nous l'avons appris, nous ne cessons pas de prier pour vous. Nous demandons à Dieu que vous ayez pleine connaissance de sa volonté en toute sagesse et pénétration spirituelle, pour que vous meniez une vie digne du Seigneur, recherchant sa totale approbation. Par tout ce que vous ferez de bien, vous porterez du fruit et progresserez dans la vraie connaissance de Dieu ; vous serez fortifiés à tous égards par la vigueur de sa gloire et ainsi amenés à une persévérance et une patience à toute épreuve.
Avec joie, rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière.
Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a transférés dans le royaume du Fils de son amour ; en lui nous sommes délivrés, nos péchés sont pardonnés.
R/ Rendons grâce à Dieu,
Père de notre Seigneur Jésus Christ !
Il nous arrache au pouvoir des ténèbres
Et nous transfère dans le Royaume du Fils de son amour.
Il nous engendre par la Parole de vérité
Pour que nous soyons les prémices de ses créatures.
SERMON DE SAINT BERNARD POUR L'ÉPIPHANIE
À la plénitude des temps est venue aussi la plénitude de la divinité.
Voici manifestées la bonté et l'humanité de Dieu notre Sauveur. Rendons grâce à Dieu qui fait ainsi abonder notre consolation dans cet état de pèlerins qui est le nôtre, dans cet exil, dans cette misère d'ici-bas.
Avant que n'apparaisse son humanité, sa bonté aussi demeurait cachée. Certes, elle existait auparavant, car la miséricorde du Seigneur est de toujours. Mais comment aurait-on pu savoir qu'elle était si grande ? Elle faisait l'objet d'une promesse, non d'une expérience. Aussi beaucoup d'hommes n'y croyaient pas. Sans doute, le Seigneur parlait, sous des formes fragmentaires et variées, par les prophètes. Moi, disait-il, je forme des pensées de paix, et non de malheur. Mais que pouvait bien répondre l'homme quand il éprouvait le malheur et ne connaissait pas la paix ? Jusqu'à quand allez-vous dire : Paix, paix, alors qu'il n'y a pas de paix ? C'est pourquoi les messagers de la paix pleuraient amèrement, disant : Seigneur, qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Mais maintenant, que les hommes croient à ce qu'ils voient, car les affirmations du Seigneur sont vraiment infaillibles. En effet, pour que même l'œil troublé ne demeure pas incapable de le voir, c'est dans le soleil qu'il a placé sa tente.
Voici que la paix n'est plus promise mais envoyée, non plus remise à plus tard mais donnée, non plus prophétisée mais proposée. C'est comme un couffin plein de sa miséricorde que Dieu le Père a envoyé sur la terre ; oui, dis-je, un couffin que la Passion devra déchirer pour laisser se répandre ce qu'il contient : notre paix ; un couffin, peut-être petit, mais rempli. Un petit enfant nous a été donné, mais en lui habite toute la plénitude de la divinité. Lorsqu'est venue la plénitude des temps est venue aussi la plénitude de la divinité. Elle est venue dans la chair, afin de se faire voir même de ceux qui sont charnels, et que son humanité ainsi manifestée permette de reconnaître sa bonté. En effet, dès que l'humanité de Dieu se fait connaître, sa bonté ne peut plus rester cachée. Et comment aurait-il pu davantage mettre en relief sa bonté qu'en revêtant ma chair ? Ma chair, dis-je, non celle d'Adam, non celle qui était la sienne avant la chute.
Pourquoi déclare-t-il avec tant de soin sa miséricorde, au point de faire sienne notre misère elle-même ? Pourquoi est-il rempli d'une bonté telle que la parole de Dieu, pour nous, s'est faite herbe fanée ? Seigneur, qu'est-ce que l'homme, pour que tu en fasses si grand cas ? Qu'est- il pour que ton cœur lui soit ouvert ? Voici où l'homme doit porter son attention pour découvrir quel souci Dieu prend de lui ; voici où l'homme doit apprendre quelle pensée et quel sentiment Dieu nourrit à son égard. N'interroge pas ce que tu souffres, toi, mais ce qu'il a souffert, lui. À ce qu'il est devenu pour toi, reconnais ta valeur à ses yeux, afin que sa bonté t'apparaisse à partir de son humanité. En effet, l'abaissement qu'il accomplit dans son humanité a été la grandeur même de sa bonté, et plus il s'est rendu méprisable en ma faveur, plus il me devient cher.
Voici manifestées la bonté et l'humanité de Dieu notre Sauveur, dit l'Apôtre. Oui, qu'elles sont grandes et évidentes, la bonté de Dieu et son humanité ! Quel grand éclat de sa bonté il nous a donné, en prenant tant de soin pour ajouter à l'humanité le nom de Dieu.
R/ La grâce de Dieu est apparue,
Apportant le salut à tous les hommes.
À vous, grâce et paix de par Dieu notre Père
Et le Seigneur Jésus Christ livré pour nos péchés.
Le Christ s'est livré pour nos péchés,
Afin de nous arracher à ce monde du mal.
Oraison
Dieu que nul œil ne peut voir, tu as dissipé les ténèbres du monde en lui envoyant ta lumière ; tourne vers nous ton visage de paix, et nos louanges proclameront l’incroyable largesse que tu nous fais dans la naissance de ton Fils unique. Lui qui règne.
V/ Sur toute l'étendue de la terre, alléluia,
R/ On a vu le salut de notre Dieu, alléluia.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens (Col 1, 15-29 ; 2, 1-3)
Par le Christ tout est réconcilié
L'hymne au Christ, chef de l'univers, est au cœur de ce passage. C'est lui le but de tous les labeurs de l'apôtre.
Christ est l'image du Dieu invisible, Premier-né de toute créature, car en lui tout a été créé, dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles comme les invisibles, Trônes et Souverainetés, Autorités et Pouvoirs. Tout est créé par lui et pour lui, et il est, lui, par devant tout ; tout est maintenu en lui, et il est, lui, la tête du corps, qui est l'Église.
Il est le commencement, Premier-né d'entre les morts, afin de tenir en tout, lui, le premier rang. Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute la plénitude et de tout réconcilier par lui et pour lui, et sur la terre et dans les cieux, ayant établi la paix par le sang de sa croix.
Et vous qui autrefois étiez étrangers, vous dont les œuvres mauvaises manifestaient l'hostilité profonde, voilà que maintenant Dieu vous a réconciliés grâce au corps périssable de son Fils, par sa mort, pour vous faire paraître devant lui saints, irréprochables, inattaquables. Mais il faut que, par la foi, vous teniez, solides et fermes, sans vous laisser déporter hors de l'espérance de l'Évangile que vous avez entendu, qui a été proclamé à toute créature sous le ciel, et dont moi, Paul, je suis devenu le ministre.
Je trouve maintenant ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et ce qui manque aux détresses du Christ, je l'achève dans ma chair en faveur de son corps qui est l'Église ; j'en suis devenu le ministre en vertu de la charge que Dieu m'a confiée à votre égard : achever l'annonce de la parole de Dieu, le mystère tenu caché tout au long des âges et que Dieu a manifesté maintenant à ses saints. Il a voulu leur faire connaître quelles sont les richesses et la gloire de ce mystère parmi les païens : Christ au milieu de vous, l'espérance de la gloire ! C'est lui que nous annonçons, avertissant chacun, instruisant chacun en toute sagesse, afin de rendre chacun parfait en Christ. C'est le but de mon labeur, du combat mené avec sa force qui agit puissamment en moi.
Je veux en effet que vous sachiez quel rude combat je mène pour vous, pour ceux de Laodicée, et pour tant d'autres qui ne m'ont jamais vu personnellement ; je veux qu'ainsi leurs cœurs soient encouragés et qu'étroitement unis dans l'amour, ils accèdent, en toute sa richesse, à la plénitude de l'intelligence, à la connaissance du mystère de Dieu : Christ, en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.
R/ Paix par le sang de la croix !
Christ est le commencement,
Premier-né d'entre les morts.
Il a plu à Dieu de tout réconcilier
Par le Christ et pour lui, sur la terre et dans les cieux.
Le mystère tenu caché au long des âges,
Dieu le manifeste maintenant à ses saints.
RÉFUTATION DE TOUTES LES HÉRÉSIES PAR SAINT HIPPOLYTE
Christ a pris notre humanité pour que nous ayons part à sa divinité.
Telle est notre foi : nous ne nous laissons pas persuader par des paroles creuses, ni entraîner par des caprices du cœur, ni fasciner par le charme de beaux discours. Mais nous acquiesçons aux paroles proférées par la puissance divine.
Ce sont les ordres que Dieu donnait au Verbe, et le Verbe les prononçait par l'intermédiaire des prophètes pour détourner l'homme de la désobéissance. Il ne le réduisait pas en esclavage par la contrainte, mais il l'appelait à choisir volontairement la liberté.
Ce Verbe, Dieu l'envoya dans les derniers temps, mais non pour que sa parole soit transmise par un prophète ; car il ne voulait pas que le Verbe se fit seulement soupçonner à travers une proclamation obscure. Il l'a envoyé se manifester en personne aux yeux des hommes, pour que le monde, en le voyant, soit sauvé.
Nous avons appris que ce Verbe a pris chair d'une vierge et qu'il a porté l'homme ancien en rénovant sa nature. Nous savons qu'il s'est fait homme, de la même pâte que nous. Car s'il n'était pas ainsi, c'est en vain qu'il nous aurait commandé de l'imiter comme notre maître. Si cet homme est d'une autre substance, comment peut-il me prescrire de faire comme lui, à moi qui suis faible par nature ? Et alors où est sa bonté, sa justice ?
Pour bien faire comprendre qu'il n'est pas différent de nous, il a voulu supporter la fatigue et connaître la faim ; il n'a pas refusé d'avoir soif, il a trouvé son repos dans le sommeil, il n'a pas refusé la souffrance, il s'est soumis à la mort et il a rendu manifeste sa résurrection. En tout cela il a offert comme prémices sa propre humanité afin que toi, dans ta souffrance, tu ne perdes pas courage, mais que, reconnaissant que tu es toi-même homme, tu attendes, toi aussi, ce que le Père a donné à cet homme-là.
Grâce à la connaissance du vrai Dieu, tu auras un corps immortel et incorruptible comme l'âme elle-même ; tu recevras en partage le Royaume des cieux parce que tu auras reconnu, tandis que tu vivais sur la terre, le Roi céleste. Tu seras le familier de Dieu et le cohéritier du Christ. Tu ne seras plus l'esclave des convoitises, des souffrances et des maladies, car tu es devenu un dieu.
Toutes les souffrances que tu as subies comme homme, Dieu te les envoyait parce que tu es un homme. Et tout ce qui appartient à Dieu, Dieu a promis de te le donner, que tu auras été déifié, et engendré à l'immortalité. Voilà ce que signifie la maxime : " Connais-toi toi-même" : connais-toi en connaissant le Dieu qui t'a créé. Car se connaître appartient à l'homme appelé par Dieu, du fait qu'il est connu de lui.
Ne soyez donc pas ennemis de vous-mêmes ; n'hésitez pas à revenir en arrière. Car le Christ est Dieu, au-dessus de tout, lui qui a prescrit de laver les hommes du péché, qui a donné à l'homme ancien la perfection de l'homme nouveau ; dès le commencement, il l'a appelé son image, et par cette ressemblance il a montré sa tendresse pour toi. Si tu obéis à ses prescriptions saintes, si, en étant bon, tu imites celui qui est bon, tu deviendras semblable à lui et il te comblera d'honneur. Car Dieu n'est pas un mendiant, lui qui t'a fait dieu, toi aussi, pour sa gloire.
R/ Louange au Père
Qui nous révèle
Les secrets du Royaume !
Au commencement était le Verbe,
Le Verbe s'est fait chair.
La Sagesse a mis ses délices
À fréquenter les enfants des hommes.
Heureux ceux qui gardent ses voies !
Heureux ceux qui écoutent la Parole !
Oraison
Nous t’en prions, Dieu tout-puissant, alors que le péché nous retient encore sous sa loi, donne-nous la délivrance par la prodigieuse et nouvelle naissance en notre chair de ton Fils unique Jésus Christ. Lui qui règne.
V/ Dans les derniers temps, Dieu a parlé par son Fils,
R/ par lui, il a crée les mondes.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens (Col 2, 4-15)
Par Lui, avec Lui, en Lui
Que personne ne vous abuse par de beaux discours. Sans doute, je suis absent de corps, mais d'esprit je suis avec vous, heureux de vous voir tenir votre poste et rester solides dans votre foi au Christ.
Poursuivez donc votre route dans le Christ, Jésus le Seigneur, tel que vous l'avez reçu ; soyez enracinés et fondés en lui, affermis ainsi dans la foi telle qu'on vous l'a enseignée, et débordants de reconnaissance. Veillez à ce que nul ne vous prenne au piège de la philosophie, cette creuse duperie à l'enseigne de la tradition des hommes, des forces qui régissent l'univers et non plus du Christ. Car en lui habite toute la plénitude de la divinité, corporellement, et vous vous trouvez pleinement comblés en celui qui est le chef de toute Autorité et de tout Pouvoir.
En lui vous avez été circoncis d'une circoncision où la main de l'homme n'est pour rien et qui vous a dépouillés du corps charnel : telle est la circoncision du Christ. Ensevelis avec lui dans le baptême, avec lui encore vous avez été ressuscités puisque vous avez cru en la force de Dieu qui l'a ressuscité des morts. Et vous, qui étiez morts à cause de vos fautes et de l'incirconcision de votre chair, Dieu vous a donné la vie avec lui : Il nous a pardonné toutes nos fautes, il a annulé le document accusateur que les commandements retournaient contre nous, il l'a fait disparaître, il l'a cloué à la croix, il a dépouillé les Autorités et les Pouvoirs, il les a publiquement livrés en spectacle, il les a traînés dans le cortège triomphal de la croix.
R/ Dieu nous a donné la vie avec le Christ !
Poursuivez votre route dans le Christ,
Jésus, le Seigneur, tel que vous l'avez reçu.
Soyez enracinés et fondés en lui,
Affermis dans la foi, débordants d'action de grâce.
En lui habite toute la plénitude de la divinité,
En lui vous vous trouverez pleinement consolés.
SERMON DE SAINT LEON LE GRAND POUR NOËL
La naissance du Seigneur, c'est la naissance de la paix
La majesté du Fils de Dieu n'avait pas dédaigné l'état d'enfance ; mais l'enfant a grandi avec l'âge, jusqu'à la stature de l'homme parfait ; puis, lorsqu'il a pleinement accompli le triomphe de sa passion et de sa résurrection, toutes les actions de la condition humiliée qu'il avait adoptée pour l'amour de nous sont devenues du passé. Pourtant, la fête d'aujourd'hui renouvelle pour nous les premiers instants de Jésus, né de la Vierge Marie. Et lorsque nous adorons la naissance de notre Sauveur, il se trouve que nous célébrons notre propre origine.
En effet, lorsque le Christ vient au monde, le peuple chrétien commence : l'anniversaire de la tête, c'est l'anniversaire du corps.
Sans doute, chacun de ceux qui sont appelés le sont à leur tour, et les fils de l'Église apparaissent à des époques différentes. Pourtant, puisque les fidèles dans leur totalité, nés de la source du baptême, ont été crucifiés avec le Christ dans sa Passion, ressuscités dans sa résurrection, établis à la droite du Père dans son ascension, ils sont nés avec lui en cette Nativité.
Tout croyant, de n'importe quelle partie du monde, qui renaît dans le Christ, après avoir abandonné le chemin du péché qu'il tenait de son origine, devient un homme nouveau par sa seconde naissance. Il n'appartient plus à la descendance de son père selon la chair, mais à la race du Sauveur, car celui-ci est devenu Fils de l'homme pour que nous puissions être fils de Dieu.
Car si lui-même, par son abaissement, n'était pas descendu jusqu'à nous, personne n'aurait pu, par ses propres mérites, parvenir jusqu'à lui.
Un si grand bienfait appelle de notre part une reconnaissance digne de sa splendeur. En effet, comme nous l'enseigne saint Paul, nous n'avons pas reçu l'esprit de ce monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les dons de la grâce de Dieu. On ne peut l'honorer avec assez de piété qu'en lui offrant ce que lui-même nous a donné.
Or, dans les trésors de la générosité divine, que pouvons-nous trouver qui soit aussi bien accordé à la dignité de la fête présente, que cette paix proclamée par le cantique des anges lors de la nativité du Seigneur ?
Car c'est la paix qui engendre les fils de Dieu, qui favorise l'amour, qui enfante l'unité, qui est le repos des bienheureux, la demeure de l'éternité. Son ouvrage propre, son bienfait particulier, c'est d'unir à Dieu ceux qu'elle sépare du monde.
Donc, ceux qui ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme, mais qui sont nés de Dieu, doivent offrir au Père la volonté unanime de fils artisans de paix. Tous ceux qui sont devenus par adoption les membres du Christ doivent accourir pour rejoindre ensemble le premier-né de la nouvelle création, celui qui est venu faire non pas sa propre volonté, mais la volonté de celui qui l'envoie. Les héritiers que la grâce du Père adopte ne sont pas des héritiers divisés ou disparates ; ils ont les mêmes sentiments et le même amour. Ceux qui sont recréés selon l'Image unique doivent avoir une âme qui lui ressemble.
La naissance du Seigneur Jésus, c'est la naissance de la paix. Comme le dit saint Paul, c'est lui, le Christ, qui est notre paix. Que nous soyons d'origine juive ou païenne, c'est par lui que nous pouvons approcher le Père dans un seul Esprit.
R/ Justifiés par la foi,
Nous avons la paix avec Dieu,
En Jésus, notre Seigneur.
Mon dessein pour vous, oracle du Seigneur,
Est un dessein de paix,
Un avenir d'espérance.
Quand vous me chercherez,
Vous me trouverez,
Pour m'avoir cherché de tout votre cœur.
Oraison
Dieu éternel et tout-puissant, tu as voulu que tout effort de l’homme vers toi trouve son origine et son achèvement dans l’incarnation de ton Fils ; accorde-nous d’être comptés dans la part du Christ qui résume en lui le salut du genre humain. Lui qui règne.