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Nativité

V/ Le Verbe s'est fait chair, alléluia.

R/ Il a demeuré parmi nous, alléluia.

Livre d'Isaïe (Is 11, 1-10)

L'Esprit du Seigneur est sur lui

Un jour apparaîtra le Messie, fils de David. Sur lui reposera l'Esprit de Dieu.

Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – et il lui inspirera la crainte du Seigneur.

Il ne jugera pas d'après ce que voient ses yeux, il ne se prononcera pas d'après ce qu'entendent ses oreilles. Il jugera les faibles avec justice, il se prononcera dans l'équité envers les pauvres du pays. De sa parole, comme d'un bâton, il frappera le pays, du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses hanches et la fidélité le baudrier de ses reins.

Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau. Le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l'ourse auront même pâture, leurs petits, même gîte.

Le lion, comme le bœuf mangera du fourrage. Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra. Sur le trou de la vipère, le jeune enfant étendra la main.

Il ne se fera ni mal, ni destruction sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur, comme la mer que comblent les eaux.

Il adviendra, en ce jour-là, que la racine de Jessé sera érigée en étendard des peuples, les nations la chercheront et la gloire sera son séjour.

 

Verbe de gloire

Fils bien-aimé de Dieu,

Le silence a recouvert ton nom d'éternité :

Tu viens demeurer parmi nous.

La Vierge-Mère t'appelle Jésus :

Emmanuel !

 

R/ O merveilleux échange !

Mystère de l'amour :

Jésus, nous demeurons en toi !

 

Image éternelle du Père,

Tu portes notre péché

Pour nous vêtir de sainteté.

 

Parole éternelle du Père,

Tu apprends notre langage

Pour nous révéler l'indicible.

 

Lumière éternelle du Père,

Tu pénètres dans notre nuit

Pour y faire naître le jour.

 

Sagesse éternelle du Père,

Tu deviens nourriture

Pour nous donner le goût de Dieu.

 

SERMON DE SAINT LEON LE GRAND POUR NOËL

Notre Sauveur, mes bien-aimés, est né aujourd'hui : réjouissons-nous ! Il n'est pas permis d'être triste, lorsqu'on célèbre l'anniversaire de la vie. Celui-ci détruit la crainte d'avoir à mourir, il nous donne la joie de l'éternité promise.

Personne n'est tenu à l'écart de cette allégresse, car le même motif de joie est commun à tous. Notre Seigneur, chargé de détruire le péché et la mort, n'ayant trouvé personne qui en fût affranchi, est venu en affranchir tous les hommes. Que le saint exulte, car il approche du triomphe. Que le pécheur se réjouisse, car il est invité au pardon. Que le païen prenne courage, car il est appelé à la vie.

En effet, le Fils de Dieu, à la plénitude des temps fixée clans la profondeur impénétrable du plan divin, a épousé la nature humaine pour la réconcilier avec son Créateur ; C'est ainsi que le démon, inventeur de la mort, allait être vaincu par cette nature même qu'il avait vaincue.

À la naissance du Seigneur, les anges bondissent de joie et chantent : Gloire a Dieu dans les hauteurs ; ils annoncent : Paix sur la terre aux hommes que Dieu aime. Ils voient en effet la Jérusalem céleste qui se construit avec toutes les nations du monde. Combien la pauvre humanité doit-elle se réjouir devant cette œuvre inouïe de la bonté divine, puisque celle-ci inspire une telle joie à la nature sublime des anges eux-mêmes !

Mes bien-aimés, il nous faut donc rendre grâce à Dieu le Père, par son Fils, dans l'Esprit Saint ; avec la grande miséricorde dont il nous a aimés, il nous a pris en pitié, et lors que nous étions morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ pour que nous soyons en lui une nouvelle création, une nouvelle œuvre de ses mains.

Rejetons donc l'homme ancien avec ses agissements, et puisque nous sommes admis à participer à la naissance du Christ, renonçons à notre conduite charnelle.

Chrétien, prends conscience de ta dignité. Puisque tu participes maintenant à la nature divine, ne dégénère pas en venant à la déchéance de ta vie passée. Rappelle-toi à quel chef tu appartiens, et de quel corps tu es membre. Souviens-toi que tu as été arraché au pouvoir des ténèbres pour être transféré dans la lumière et le royaume de Dieu. Par le sacrement de baptême, tu es devenu temple du Saint-Esprit. Garde-toi de mettre en fuite un hôte si noble par tes actions mauvaises, et de retomber ainsi dans l'esclavage du démon, car tu as été racheté par le sang du Christ.

 

Verbe de gloire,

Fils bien-aimé de Dieu,

Le silence a recouvert

Ton nom d'éternité :

Tu viens demeurer parmi nous.

La Vierge-Mère t'appelle Jésus :

Emmanuel !

 

R/ O merveilleux échange ! Mystère de l'amour :

Jésus, nous demeurons en toi !

 

Te Deum


Fête de la Sainte Famille

V/ Tes fils seront tous instruits par le Seigneur,

R/ ils goûteront un bonheur sans limites.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens (Ep 5, 21-33 ; 6, 1-4)

L'amour chrétien inaugure de nouvelles relations familiales. C'est le mystère de l'amour du Christ pour l'Église, que Paul évoque à propos des relations familiales.

Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l'Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! si l'Église se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de même pour les femmes à l'égard de leur mari.

Vous, les hommes, aimez votre femme à l'exemple du Christ : il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable. C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime soi-même. Jamais personne n'a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C'est ce que fait le Christ pour l'Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l'Écriture : À cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Église.

Pour en revenir à vous, chacun doit aimer sa propre femme comme lui-même, et la femme doit avoir du respect pour son mari.

Vous, les enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, c'est cela qui est juste : Honore ton père et ta mère, c'est le premier commandement assorti d'une promesse : ainsi tu seras heureux et tu auras longue vie sur la terre. Et vous, les parents, ne poussez pas à bout vos enfants, mais élevez-les en leur donnant une éducation et des avertissements inspirés par le Seigneur.

 

R/ Dieu s'est fait l'un de nous,

Pour nous apprendre à aimer !

 

Vous qui servez Jésus, le Christ,

Soumettez-vous les uns aux autres.

 

Le Christ a aimé l'Église et s'est livré pour elle :

Aimons-nous les uns les autres, en acte et en vérité.

 

HOMELIE DE PAUL VI A NAZARETH (5 janvier 1964)

L'exemple de Nazareth.

Nazareth est l'école où l'on commence à comprendre la vie de Jésus : l'école de l'Évangile. Ici, on apprend à regarder, à écouter, à méditer et à pénétrer la signification, si profonde et si mystérieuse, de cette très simple, très humble et très belle manifestation du Fils de Dieu. Peut-être apprend-on même insensiblement à imiter. Ici, on apprend la méthode qui nous permettra de comprendre qui est le Christ. Ici, on découvre le besoin d'observer le cadre de son séjour parmi nous : les lieux, les temps, les coutumes, le langage, les pratiques religieuses, tout ce dont s'est servi Jésus pour se révéler au monde. Ici, tout parle, tout a un sens. Ici, à cette école, on comprend la nécessité d'avoir une discipline spirituelle, si l'on veut suivre l'enseignement de l'Évangile et devenir disciple du Christ. Oh, comme nous voudrions redevenir enfant et nous remettre à cette humble et sublime école de Nazareth, comme nous voudrions près de Marie recommencer à acquérir la vraie science de la vie et la sagesse supérieure des vérités divines !

Mais nous ne faisons que passer. Il nous faut laisser ce désir de poursuivre ici l'éducation, jamais achevée, à l'intelligence de l'Évangile. Nous ne partirons pas cependant sans avoir recueilli à la hâte, et comme à la dérobée, quelques brèves leçons de Nazareth.

Une leçon de silence d'abord. Que renaisse en nous l'estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l'esprit, en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de fracas et de cris dans notre vie moderne, bruyante et hyper sensibilisée. O silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l'intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations et les paroles des vrais maîtres ; enseigne-nous le besoin et la valeur des préparations, de l'étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit dans le secret.

Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu'est la famille, sa communion d'amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable ; apprenons de Nazareth comment la formation qu'on y reçoit est douce et irremplaçable ; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social.

Une leçon de travail. Nazareth, maison du fils du charpentier, c'est ici que nous voudrions comprendre et célébrer la loi sévère et rédemptrice du labeur humain ; ici, rétablir la conscience de la noblesse du travail ; ici, rappeler que le travail ne peut pas avoir une fin en lui-même, mais que sa liberté et sa noblesse lui viennent, en plus de sa valeur économique, des valeurs qui le finalisent ; comme nous voudrions enfin saluer ici tous les travailleurs du monde entier et leur montrer leur grand modèle, leur frère divin, le prophète de toutes leurs justes causes, le Christ notre Seigneur.

 

R/ Que règne en nos cœurs la paix du Christ !

 

Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu,

Revêtez donc des sentiments de compassion.

 

Pardonnez-vous mutuellement,

Comme le Seigneur vous a pardonné.

 

Aimez-vous les uns les autres,

Comme il vous a aimés.

 

Vous n'êtes qu'un en Jésus Christ,

Revêtez l'amour : c'est le lien parfait.

 

Te Deum


Solennité de l'Épiphanie

V/ Les cieux ont proclamé sa justice,

R/ Tous les peuples ont vu sa gloire.

Livre d'Isaïe (Is 60, 1-22)

La gloire du Seigneur s'est levée sur toi

Jérusalem, lieu de rassemblement de toutes les nations. C'est la présence divine qui les attire dans la ville sainte. Pour l'Église, aujourd'hui, c'est en laissant transparaître cette présence que s'accomplit sa vocation glorieuse. Qu'ainsi elle attire tous les hommes pour former sous la conduite de l'Esprit un nouveau peuple de justes.

Mets-toi debout et deviens lumière, car elle arrive, ta lumière : la gloire du Seigneur sur toi s'est levée.

Voici qu'en effet les ténèbres couvrent la terre et un brouillard, les cités, mais sur toi le Seigneur va se lever et sa gloire, sur toi, est en vue. Les nations vont marcher vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever.

Porte tes regards sur les alentours et vois : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi, tes fils vont arriver du lointain, et tes filles sont tenues solidement sur la hanche.

Alors tu verras, tu seras rayonnante, ton cœur frémira et se dilatera, car vers toi sera détournée l'opulence des mers, la fortune des nations viendra jusqu'à toi.

Un afflux de chameaux te couvrira, de tout jeunes chameaux de Madiân et d'Éifa ; tous les gens de Saba viendront, ils apporteront de l'or et de l'encens, et se feront les messagers des louanges du Seigneur.

Tout le petit bétail de Qédar sera rassemblé pour toi, les béliers de Nebayoth seront pour tes offices ; ils monteront sur mon autel, ils y seront en faveur ; oui, je rendrai splendide la Maison de ma splendeur.

Qui sont ceux-là ? Ils volent comme un nuage, comme des colombes vers leurs pigeonniers ; oui, les îles tendent vers moi, vaisseaux de Tarsis en tête, pour ramener tes fils du lointain et avec eux leur argent et leur or, en hommage au nom du Seigneur, ton Dieu, en hommage au Saint d'Israël, car il t'a donné sa splendeur.

Les fils de l'étranger rebâtiront tes murailles et leurs rois contribueront à tes offices, car dans mon irritation je t'avais frappée, mais dans ma faveur je te manifeste ma tendresse.

Tes portes, on les tiendra constamment ouvertes, de jour, de nuit, jamais elles ne seront fermées, pour qu'on introduise chez toi la troupe des nations et leurs rois, mis en colonne ! – Nation et royaume qui ne te serviront pas ; périront, les nations seront totalement dévastées. –

La gloire du Liban viendra chez toi, le cyprès, l'orme et le buis ensemble, pour rendre splendide le socle de mon sanctuaire ; oui, le socle de mes pieds, je le rendrai glorieux.

Ils iront vers toi en se courbant, les fils de ceux qui t'humiliaient, ils se prosterneront à tes pieds, tous ceux qui te bafouaient. Ils t'appelleront "Ville du Seigneur", "Sion du Saint d'Israël".

Au lieu que tu sois abandonnée, haïe et sans aucun passant, je ferai de toi la fierté des siècles, l'enthousiasme des générations et des générations.

Tu suceras le lait des nations, tu dévoreras la richesse des rois, et tu sauras que ton Sauveur, c'est moi, le Seigneur, que celui qui te rachète, c'est l'Indomptable de Jacob.

Au lieu de bronze, je ferai venir de l'or, au lieu de fer, je ferai venir de l'argent, au lieu de bois, du bronze, et au lieu de pierre, du fer.

J'instituerai pour toi, en guise d'inspection, la Paix, en guise de dictature, la Justice.

Désormais ne se feront plus entendre ni la violence, dans ton pays, ni, dans tes frontières, les dégâts et les brisements. Tu appelleras tes murailles "Salut", et tes portes "Louange".

Désormais ce n'est plus le soleil qui sera pour toi la lumière du jour, ce n'est plus la lune, avec sa clarté, qui sera pour toi la lumière de la nuit. C'est le Seigneur qui sera pour toi la lumière de toujours, c'est ton Dieu qui sera ta splendeur.

Désormais ton soleil ne se couchera plus, ta lune ne disparaîtra plus, car le Seigneur sera pour toi la lumière de toujours et les jours de ton deuil seront révolus.

Ton peuple, oui, eux tous, seront des justes, pour toujours ils hériteront la Terre, eux, bouture de mes plantations, œuvre de mes mains, destinées à manifester ma splendeur.

Le plus petit deviendra un millier, le plus chétif, une nation comptant des myriades. Moi, le Seigneur, en son temps, je hâterai l'événement.

Ville au sommet des montagnes,

en toi resplendit la gloire du Christ

pour éclairer le monde,

mais la nuit t'environne encore

et tu implores :

 

R/ Augmente ma lumière, Seigneur,

Mon Dieu, éclaire mes ténèbres.

 

Beaucoup sont encore dans la nuit,

Mais tu les as prédestinés.

 

Et tous les enfants dispersés

Pourront venir à ta lumière.

 

Avec moi, dans tout l'univers,

Des fils chanteront ta splendeur.

 

SERMON DE SAINT LÉON LE GRAND POUR L'ÉPIPHANIE

Dans tout l'univers, le Seigneur a fait connaître son salut.

La miséricordieuse providence de Dieu a voulu, sur la fin des temps, venir au secours du monde en détresse. Elle décida que le salut de toutes les nations se ferait dans le Christ.

C'est à propos de ces nations que le saint patriarche Abraham, autrefois, reçut la promesse d'une descendance innombrable, engendrée non par la chair, mais par la foi ; aussi est-elle comparée à la multitude des étoiles, car on doit attendre du père de toutes les nations une postérité non pas terrestre, mais céleste.

Que l'universalité des nations entre donc dans la famille des patriarches ; que les fils de la promesse reçoivent la bénédiction en appartenant à la race d'Abraham, ce qui les fait renoncer à leur filiation charnelle. En la personne des trois mages, que tous les peuples adorent le Créateur de l'univers ; et que Dieu ne soit plus connu seulement en Judée, mais sur la terre entière afin que partout, comme en Israël, son nom soit grand.

Mes bien-aimés, instruits par les mystères de la grâce divine, célébrons dans la joie de l'Esprit le jour de nos débuts et le premier appel des nations. Rendons grâce au Dieu de miséricorde qui, selon saint Paul, nous a rendus capables d'avoir part, dans la lumière, à l'héritage du peuple saint ; qui nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, et nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé. Ainsi que l'annonça le prophète Isaïe : Le peuple des nations, qui vivait dans les ténèbres, a vu se lever une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi. Le même prophète a dit à ce sujet : Les nations qui ne te connaissaient pas t'invoqueront ; et les peuples qui t'ignoraient accourront vers toi. Ce jour-là, Abraham l'a vu, et il s'est réjoui lorsqu'il découvrit que les fils de sa foi seraient bénis dans sa descendance, c'est-à-dire dans le Christ ; lorsqu'il aperçut dans la foi qu'il serait le père de toutes les nations ; il rendait gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d'accomplir ce qu'il a promis.

Ce jour-là, David le chantait dans les psaumes : Toutes les nations, toutes celles que tu as faites, viendront t'adorer, Seigneur, et rendre gloire à ton nom. Et encore : Le Seigneur a fait connaître son salut, aux yeux des païens révélé sa justice.

Nous savons bien que tout cela s'est réalisé quand une étoile guida les trois mages, appelés de leur lointain pays, pour leur faire connaître et adorer le Roi du ciel et de la terre. Cette étoile nous invite toujours à suivre cet exemple d'obéissance et à nous soumettre, autant que nous le pouvons, à cette grâce qui attire tous les hommes vers le Christ.

Dans cette recherche, mes bien-aimés, vous devez tous vous entraider afin de parvenir au royaume de Dieu par la foi droite et les bonnes actions, et d'y resplendir comme des fils de lumière ; par Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

 

Ville au sommet des montagnes,

En toi resplendit la gloire du Christ

Pour éclairer le monde,

Mais la nuit t'environne encore

Et tu implores :

 

R/ Augmente ma lumière, Seigneur,

Mon Dieu, éclaire mes ténèbres.

 

Te Deum

Oraison

Aujourd'hui, Seigneur, tu as révélé ton Fils unique aux nations, grâce à l'étoile qui les guidait ; daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d'être conduits jusqu'à la claire vision de ta splendeur.


26 décembre

V/ Saisi par la détresse et l'angoisse,

R/ Je compte sur ta parole.

Livre des Actes des Apôtres (Ac 6, 8-15 ; 7, 2a.44-59 ; 8, 1a)

Le martyre d'Étienne

Plein de grâce et de puissance, Étienne opérait des prodiges et des signes remarquables parmi le peuple.

Étienne, plein de grâce et de puissance, opérait des prodiges et des signes remarquables parmi le peuple. Mais, sur ces entrefaites, des gens de la synagogue dite des Affranchis, avec des Cyrénéens et des Alexandrins, des gens de Cilicie et d'Asie, entrèrent en discussion avec Étienne et, comme ils étaient incapables de s'opposer à la sagesse et à l'Esprit qui marquaient ses paroles, ils subornèrent des gens pour dire : "Nous l'avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu." Ils ameutèrent le peuple, les anciens et les scribes, se saisirent d'Étienne à l'improviste et le conduisirent au Sanhédrin. Là ils produisirent de faux témoins : "L'homme que voici, disaient-ils, tient sans arrêt des propos hostiles au Lieu saint et à la Loi ; de fait, nous lui avons entendu dire que ce Jésus le Nazaréen détruirait ce Lieu et changerait les règles que Moïse nous a transmises." Tous ceux qui siégeaient au Sanhédrin avaient les yeux fixés sur lui, et ils virent son visage comme le visage d'un ange.

Le Grand Prêtre lui demanda : «  Cela est-il exact ? »  Étienne répondit : "Frères et pères, écoutez.

«  Nos pères au désert avaient la tente du témoignage : celui qui parlait à Moïse lui avait prescrit de la faire selon le modèle qu'il avait vu. Nos pères, l'ayant reçue, l'introduisirent, sous la conduite de Josué, dans le pays conquis sur les nations que Dieu chassa devant eux ; elle y fut jusqu'aux jours de David. Celui-ci trouva grâce devant Dieu et demanda la faveur de disposer d'une résidence pour le Dieu de Jacob. Mais ce fut Salomon qui lui bâtit une maison. Et pourtant le Très-Haut n'habite pas des demeures construites par la main des hommes. Comme dit le prophète : Le ciel est mon trône et la terre un escabeau sous mes pieds. Quelle maison allez-vous me bâtir, dit le Seigneur, et quel sera le lieu de mon repos ? N'est-ce pas ma main qui a créé toutes ces choses ?

Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d'oreilles, toujours vous résistez à l'Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères. Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils pas persécuté ? Ils ont même tué ceux qui annonçaient d'avance la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous avez trahi et assassiné. Vous aviez reçu la Loi promulguée par des anges, et vous ne l'avez pas observée. »

Ces paroles les exaspérèrent et ils grinçaient des dents contre Étienne. Mais lui, rempli d'Esprit Saint, fixait le ciel : il vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Voici, dit-il, que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles. Puis, tous ensemble, ils se jetèrent sur lui, l'entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient posé leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul. Tandis qu'ils le lapidaient, Étienne prononça cette invocation : "Seigneur Jésus, reçois mon esprit." Puis il fléchit les genoux et lança un grand cri : «  Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et sur ces mots il mourut.

Saul, lui, était de ceux qui approuvaient ce meurtre.

 

R/ Qui perd sa vie, la trouvera !

 

Il n'est pas de plus grand amour

Que de mourir pour celui qu'on aime.

 

Entourés que nous sommes de témoins,

Marchons les yeux fixés sur le Christ.

 

HOMÉLIE DE S. FULGENCE DE RUSPE

La force de la charité

Hier nous avons célébré la naissance temporelle de notre Roi éternel ; aujourd’hui nous célébrons la passion triomphale de son soldat.

Hier, en effet, notre Roi, revêtu de notre chair, sortant du palais d’un sein virginal, a daigné visiter notre monde ; aujourd’hui le soldat sortant de la tente de son corps, est parti pour le ciel en triomphateur.

Notre Roi, alors qu’il est le Très-Haut, est venu vers nous dans l’humilité, mais il ne pouvait pas venir les mains vides. Il apportait à ses soldats un don magnifique, non seulement pour leur confier une richesse considérable, mais aussi pour les rendre absolument invincibles dans le combat. Car il leur apportait le don de la charité, qui conduirait les hommes à partager la vie divine.

Ce qu’il apportait, il l’a distribué ; mais lui-même n’y a rien perdu car, s’il a transformé en richesse la pauvreté de ces fidèles, lui-même est resté comblé de trésors inépuisables.

La charité qui a fait descendre le Christ du ciel sur la terre, c’est elle qui a élevé saint Étienne de la terre jusqu’au ciel. La charité, qui existait d’abord chez le Roi, c’est elle qui, à sa suite, a resplendit chez le soldat.

Étienne, pour obtenir de recevoir la couronne que signifie son nom, avait pour armes la charité, et grâce à elle il était entièrement vainqueur. Par l’amour de Dieu, il n’a pas reculé devant l’hostilité des Juifs ; par l’amour du prochain, il a intercédé pour ceux qui le lapidaient. Par cette charité, il leur reprochait leur erreur, afin qu’ils se corrigent ; par cette charité, il priait pour ceux qui le lapidaient, afin que le châtiment leur soit épargné.

Fortifié par la charité, il a vaincu Saul qui s’opposait cruellement à lui et, après l’avoir eu comme persécuteur sur terre, il a obtenu de l’avoir pour compagnon dans le ciel. Sa sainte et persévérante charité désirait gagner à lui par la prière ceux qu’il n’avait pu convertir par ses avertissements.

Et voici que maintenant Paul partage la joie d’Étienne, il jouit avec Étienne de la gloire du Christ, il exulte avec Étienne, il règne avec lui. Là où Étienne est allé le premier, mis à mort par la lapidation de Paul, c’est là que Paul l’a suivi, secouru par les prières d’Étienne.

C’est ici la vraie vie, mes frères, celle où Paul n’est pas accablé pour le meurtre d’Étienne, mais où Étienne se réjouit de la compagnie de Paul parce que la charité apporte sa joie à l’un comme à l’autre. Chez Étienne, la charité a surmonté l’hostilité des Juifs ; chez Paul, la charité a recouvert une multitude de péchés. Chez l’un comme chez l’autre, la charité a pareillement obtenu de posséder le royaume des cieux.

La charité est donc la source et l’origine de tous les biens, une protection invincible, la route qui mène au ciel. Celui qui marche selon la charité ne pourra ni s’égarer, ni avoir de crainte. Elle dirige, elle protège, elle conduit au but.

C’est pourquoi, mes frères, puisque le Christ a dressé l’échelle de la charité, par laquelle tout chrétien peut monter au ciel, soyez courageusement fidèles à la pure charité, pratiquez-la entre vous et, en progressant dans la charité, faites votre ascension.

 

R/ Mettons au service les uns des autres

Les dons reçus de l'Esprit.

 

Pour porter devant Dieu la cause de ses frères

Moïse plaça à leur tête des hommes valeureux.

 

Pour se consacrer à la prière et à la Parole,

Les Apôtres désignèrent au service de leurs frères

des hommes remplis de l'Esprit.

 

Te Deum

Oraison

Apprends-nous, Seigneur, l’amour de nos ennemis, à l’exemple de saint Étienne, le premier de tes martyrs, lui qui sut implorer le pardon pour ses propres bourreaux


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