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10 dimanche

 

Libre de Ben Sirac le Sage (Si 46, 1-10)

Josué, vaillant guerrier et puissant intercesseur

Longtemps après les Prophètes, les Sages d'Israël ont, eux aussi, acquis la notion d'Histoire Sainte et l'ont magnifiquement célébrée. Voici comment, vers l'an 200, on méditait la figure de Josué. Homme de guerre, certes, mais surtout porte-parole de Dieu et éducateur de son peuple.

Josué fils de Noun fut un vaillant guerrier. Il succéda à Moïse dans la fonction prophétique et, conformément à son nom, devint grand pour sauver les élus du Seigneur, pour châtier les ennemis dressés contre lui et faire prendre possession à Israël de son patrimoine. Quelle gloire il s'acquit quand il levait les mains et brandissait l'épée contre les villes ! Qui donc avant lui avait été aussi ferme ? C'est lui en effet qui menait les combats du Seigneur. N'est-ce pas par lui que le soleil fut arrêté et qu'un seul jour en devint deux ? Il invoqua le Très-Haut, le Puissant, quand les ennemis le pressaient de toute part, et le Seigneur Grand l'exauça en envoyant des grêlons d'une force énorme. Il fondit sur la nation ennemie, il fit périr les adversaires qui dévalaient la pente, afin que les nations connaissent toutes ses armes, puisque c'est contre le Seigneur qu'elles faisaient la guerre.

En effet il marcha à la suite du Puissant et aux jours de Moïse il agit avec fidélité, ainsi que Caleb fils de Yefounné : en résistant face à l'assemblée, ils empêchèrent le peuple de pécher et firent cesser les murmures mauvais. Aussi eux deux furent sauvés, seuls parmi six cent milliers de fantassins, pour être introduits dans le patrimoine, dans une terre ruisselant de lait et de miel. Et le Seigneur donna à Caleb la vigueur qui lui resta jusque dans la vieillesse, il lui fit gravir les hauteurs du pays que sa descendance devait garder comme patrimoine, afin que tous les fils d'Israël sachent qu'il est bon de suivre le Seigneur.

 

R/ Il est bon de suivre le Seigneur !

 

Pour combattre le beau combat,

Pour achever sa course et garder la foi :

 

Pour entrer dans le repos,

Réservé au peuple de Dieu :

 

LETTRE DE SAINT IGNACE D'ANTIOCHE AUX ROMAINS

"Pour moi, vivre, c'est le Christ"

Ignace, appelé aussi Théophore (Porte-Dieu), à l'Église, qui a obtenu miséricorde par la magnificence du Père très-haut et de Jésus Christ, son Fils unique ; à l'Église bien-aimée, éclairée par la volonté de celui qui a voulu tout ce qui existe, selon la foi et l'amour envers Jésus Christ, notre Dieu ; à l'Église qui préside dans la région de Rome ; l'Église digne de Dieu, digne d'être honorée, digne d'être appelée bienheureuse, digne de réussir selon ses vœux, digne par sa pureté dans la foi ; l'Église qui préside à la charité, qui possède la loi du Christ, qui porte le nom du Père. Je la salue au nom de Jésus Christ, le Fils du Père. Et aux frères unis par la chair et l'esprit à tous ses commandements, comblés irrévocablement de la grâce de Dieu, purifiés de toute erreur étrangère, je souhaite en Jésus Christ notre Dieu une joie surabondante et pure.

Par mes prières, j'ai obtenu du Seigneur la faveur de voir vos visages dignes de Dieu, ce que j'avais demandé avec insistance. Enchaîné dans le Christ Jésus, j'espère vous saluer, si du moins c'est la volonté de Dieu, que je mérite d'aller jusqu'au bout. L'affaire est bien engagée pourvu que j'obtienne la grâce d'atteindre mon destin sans rencontrer d'obstacle. Mais je crains que votre charité ne me fasse tort. Car il vous est facile de faire ce que vous voulez ; quant à moi. il m'est difficile d'atteindre Dieu, si vous ne me laissez pas faire.

Je ne veux pas que vous cherchiez à plaire aux hommes, mais à Dieu, comme vous le faites déjà. Pour moi, jamais je n'aurai une telle occasion d'atteindre Dieu et vous, si vous gardez le silence, vous ne pourrez contribuer à une œuvre meilleure. Si vous gardez le silence à mon égard, je serai à Dieu ; mais si vous aimez ma vie corporelle, je devrai recommencer à courir mon épreuve. Vous ne pouvez rien me procurer de plus beau que d'être offert à Dieu en sacrifice, tandis que l'autel est encore prêt ; ainsi, vous chanterez avec l'unisson de la charité, en l'honneur du Père, dans le Christ Jésus, parce que Dieu a bien voulu accueillir en lui l'évêque de Syrie que je suis, après l'avoir amené du levant au couchant. Il est bon pour moi d'aller vers mon déclin, en quittant ce monde pour rejoindre Dieu, afin de me lever en lui.

 

R/ Pour moi, vivre, c'est le Christ !

 

Je suis en captivité pour le Christ,

Captif pour défendre l'Évangile.

 

J'ai le désir de m'en aller

Et d'être avec lui.

 

Je demeurerai près de vous tous

Pour la joie de votre foi.

 

Te Deum

Oraison 10

Seigneur, source de tout bien, réponds sans te lasser à notre appel : inspire-nous ce qui est juste, aide-nous à l'accomplir.


10 lundi

 

Livre de Josué (Jos 1, 1-18)

Dieu sera avec Josué comme il le fut avec Moïse

"Sois fort et tiens bon", tel est le refrain de cette lecture, que le peuple de Dieu répète à l'envi à son nouveau chef.

Il arriva qu'après la mort de Moïse, le serviteur du Seigneur, le Seigneur dit à l'auxiliaire de Moïse, Josué, fils de Noun : Moïse, mon serviteur, est mort ; maintenant donc, lève-toi, passe le Jourdain que voici, toi et tout ce peuple, vers le pays que je leur donne – aux fils d'Israël. Tout lieu que foulera la plante de vos pieds, je vous l'ai donné comme je l'ai promis à Moïse ; depuis le désert et le Liban que voici jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate, tout le pays des Hittites, et jusqu'à la Grande Mer, au soleil couchant, tel sera votre territoire. Personne ne pourra tenir devant toi tous les jours de ta vie. Comme j'étais avec Moïse, je serai avec toi ; je ne te délaisserai pas, je ne t'abandonnerai pas. Sois fort et courageux, car c'est toi qui donneras comme patrimoine à ce peuple le pays que j'ai juré à leurs pères de leur donner. Oui, sois fort et très courageux ; veille à agir selon toute la Loi que t'a prescrite Moïse, mon serviteur. Ne t'en écarte ni à droite ni à gauche afin de réussir partout où tu iras. Ce livre de la Loi ne s'éloignera pas de ta bouche ; tu le murmureras jour et nuit afin de veiller à agir selon tout ce qui s'y trouve écrit, car alors tu rendras tes voies prospères, alors tu réussiras. Ne te l'ai-je pas prescrit : sois fort et courageux ? Ne tremble pas, ne te laisse pas abattre, car le Seigneur, ton Dieu, sera avec toi partout où tu iras."

Alors Josué donna cet ordre aux scribes du peuple : Passez dans le camp et donnez cet ordre au peuple : Préparez des provisions, car d'ici trois jours vous passerez le Jourdain que voici pour entrer en possession du pays dont le Seigneur, votre Dieu, vous donne la possession. Puis aux Rubénites, aux Gadites et à la demi-tribu de Manassé, Josué parla ainsi : Souvenez-vous de l'ordre que vous a donné Moïse, le serviteur du Seigneur : le Seigneur, votre Dieu, vous accorde le repos ; il vous a donné ce pays. Vos femmes, vos jeunes enfants et vos troupeaux resteront dans le pays que vous a donné Moïse au-delà du Jourdain. Mais vous, tous les vaillants guerriers, en ordre de bataille, vous passerez devant vos frères et vous les aiderez, jusqu'à ce que le Seigneur accorde le repos à vos frères comme à vous et qu'ils possèdent, eux aussi, le pays que leur donne le Seigneur, votre Dieu. Puis vous retournerez au pays qui est votre possession et vous posséderez ce pays que Moïse, le serviteur du Seigneur, vous a donné au-delà du Jourdain, au soleil levant." Ils répondirent à Josué : "Tout ce que tu nous as prescrit, nous le ferons, et partout où tu nous enverras, nous irons. Comme nous avons écouté Moïse en toute chose, ainsi nous t'écouterons. Oui, le Seigneur, ton Dieu, sera avec toi comme il était avec Moïse. Quiconque se révoltera contre tes ordres et n'écoutera pas tes paroles en tout ce que tu nous auras commandé sera mis à mort... Oui, sois fort et courageux !"

 

R/ Heureux l'homme

Qui met sa foi dans le Seigneur !

 

Sois fort et tiens bon :

Que le livre de la Loi

Soit toujours sur tes lèvres !

 

Sois sans crainte ni frayeur :

Le Seigneur ton Dieu

Est avec toi partout où tu iras !

 

Vous tous, disciples du Seigneur,

Fortifiez-vous

Dans la grâce du Seigneur Jésus !

 

LETTRE DE SAINT IGNACE D'ANTIOCHE AUX ROMAINS

"Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi"

Vous n’avez jamais jalousé personne et vous avez enseigné les autres. Moi, je veux que les prescriptions de votre enseignement gardent leur vigueur. Demandez seulement pour moi la force intérieure et extérieure, afin que je n’aie pas seulement la parole, mais la volonté ; afin que je n’aie pas seulement la réputation d’être chrétien, mais la réalité. Si j’en ai la réalité, alors je pourrai en avoir la réputation et être un vrai croyant, quand je ne serai plus visible pour le monde. Rien de ce qui se fait voir n’est bon. Ainsi notre Dieu Jésus Christ se manifeste davantage maintenant qu’il est retourné au Père. Et quand le christianisme est haï par le monde, on voit bien qu’il n’est pas une œuvre de persuasion humaine, mais de puissance divine.

Quand à moi, j’écris à toutes les Églises et je dis à tout le monde que je mourrai volontiers pour Dieu, si du moins vous-mêmes ne m’en empêchez pas. Je vous en supplie, n’ayez pas envers moi une bienveillance malencontreuse. Laissez-moi devenir la pâture des bêtes, grâce auxquelles on peut rejoindre Dieu. Je suis le froment de Dieu et je serai moulu par la dent des bêtes pour qu’on reconnaisse en moi le pain très pur du Christ.

Flattez plutôt les bêtes pour qu’elles deviennent mon tombeau, qu’elles ne laissent rien de mon corps et qu’après ma mort je ne sois une charge pour personne. C’est alors que je serai vraiment disciple de Jésus Christ, lorsque le monde ne verra même plus mon corps.

Implorez le Christ pour moi, afin que par l’action des bêtes je sois une victime offerte à Dieu. Je ne vous donne pas des ordres, comme Pierre et Paul. Ils étaient des Apôtres, et je suis un condamné ; ils étaient libres, et je suis un esclave jusqu’à présent. Mais si je souffre, je deviendrai un affranchi de Jésus Christ et je ressusciterai libre en lui. Enchaîné pour le moment, j’apprends à ne rien désirer.

Depuis la Syrie jusqu’à Rome, je combats contre les bêtes, sur terre et sur mer, nuit et jour, enchaîné à dix léopards, c’est-à-dire à un détachement de soldats. Quand on leur fait du bien, ils deviennent pires. Par leurs mauvais traitements je deviens davantage un disciple, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste. Je voudrais profiter des bêtes qui sont préparées pour moi et je souhaite qu’elles m’expédient rapidement. Et je les flatterai pour qu’elles me dévorent sans tarder, contrairement à certains qu’elles n’ont pas osé toucher. Et si elles montrent de la mauvaise volonté, moi je les forcerai. Pardonnez-moi : je sais ce qu’il me faut. C’est maintenant que je commence à être un disciple. Que rien, parmi les êtres visibles ou invisibles, ne m’empêche par jalousie de rejoindre le Christ. Supplice du feu, croix, combats de bêtes, lacérations, écartèlement, dislocation des os, mutilation des membres, broiement de tout le corps, que tous les supplices du diable viennent sur moi, pourvu seulement que j’atteigne Jésus Christ.

 

R/ Tout homme qui croit en Jésus Christ

Aura la vie éternelle.

 

Je n'ai rien voulu savoir parmi vous,

Sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.

 

Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus,

Afin d'être justifié par la foi au Christ.

Oraison

Dieu qui peux mettre au cœur de tes fidèles un unique désir, donne à ton peuple d'aimer ce que tu commandes et d'attendre ce que tu promets ; pour qu'au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s'établissent fermement là où se trouvent les vraies joies.


10 mardi

 

Livre de Josué (Jos 2, 1-24)

Rahab la prostituée annonce l'Église

La terreur de Dieu tombant sur l'ennemi d'Israël : thème favori de ces récits épiques.

De Shittim, Josué, fils de Noun, envoya deux hommes espionner discrètement : "Allez voir, leur dit-il, le pays et Jéricho." Ils y allèrent, entrèrent dans la maison d'une prostituée nommée Rahab et y couchèrent. On le dit au roi de Jéricho : "Voici que des hommes sont entrés ici cette nuit, des fils d'Israël, pour explorer le pays." Alors le roi de Jéricho envoya dire à Rahab : "Fais sortir les hommes qui sont venus vers toi – ceux qui sont entrés dans ta maison – car c'est pour explorer tout le pays qu'ils sont venus." Mais la femme emmena les deux hommes et les mit à l'abri. Puis elle dit : "Oui, ces hommes sont venus vers moi, mais je ne savais pas d'où ils étaient. Comme dans l'obscurité on fermait la porte de la ville, les hommes sont sortis. Je ne sais pas où sont allés ces hommes. Poursuivez-les vite, vous les rattraperez." Or elle les avait fait monter sur la terrasse et les avait dissimulés dans les tiges de lin rangées pour elle sur la terrasse. Les hommes les poursuivirent en direction du Jourdain, vers les gués, et l'on ferma la porte dès que les poursuivants furent sortis. Quant à eux, ils n'étaient pas encore couchés lorsqu'elle monta auprès d'eux sur la terrasse et elle dit à ces hommes : "Je sais que le Seigneur vous a donné le pays, que l'épouvante s'est abattue sur nous, et que tous les habitants du pays ont tremblé devant vous, car nous avons entendu dire que le Seigneur a asséché devant vous les eaux de la mer des Joncs lors de votre sortie d'Égypte et ce que vous avez fait aux deux rois des Amorites, au-delà du Jourdain, Sihôn et Og, que vous avez voués à l'interdit. Nous l'avons entendu, et notre courage a fondu ; chacun a le souffle coupé devant vous, car le Seigneur, votre Dieu, est Dieu là-haut dans les cieux et ici-bas sur la terre. Et maintenant jurez-moi donc par le Seigneur, puisque j'ai agi loyalement envers vous, que vous agirez loyalement vous aussi envers ma famille. Donnez-moi un signe certain que vous laisserez vivre mon père, ma mère, mes frères, mes sœurs, tout ce qui est à eux et que vous nous arracherez à la mort."

Les hommes lui dirent : "Pourvu que vous ne divulguiez pas notre entreprise, notre vie répondra de la vôtre. Quand le Seigneur nous aura donné le pays, alors nous agirons envers toi avec bienveillance et loyauté." Puis elle les fit descendre avec une corde par la fenêtre, car sa maison était sur le mur du rempart ; elle habitait sur le rempart. Elle leur dit : "Allez vers la montagne de peur que vos poursuivants ne tombent sur vous ; vous vous y cacherez pendant trois jours jusqu'au retour de ceux qui vous poursuivent ; après cela vous pourrez aller votre chemin." Ces hommes lui dirent : "Voici comment nous nous acquitterons de ce serment que tu nous as fait jurer : quand nous entrerons dans le pays, tu attacheras ce cordon de fil écarlate à la fenêtre par laquelle tu nous as fait descendre ; tu rassembleras auprès de toi dans la maison ton père, ta mère, tes frères et toute ta famille. Si l'un d'entre vous franchit les portes de ta maison et en sort, son sang retombera sur sa tête, et nous serons quittes, mais quiconque sera avec toi dans ta maison, son sang retombera sur nos têtes si on porte la main sur lui. Mais si tu divulgues notre entreprise, alors nous serons quittes du serment que tu nous as fait prêter." Elle dit : "Qu'il en soit selon vos paroles !" Puis elle les renvoya, et ils s'en allèrent. Alors elle attacha le cordon écarlate à la fenêtre. Ils s'en allèrent et se dirigèrent vers la montagne où ils demeurèrent trois jours jusqu'au retour de ceux qui les poursuivaient. Or ceux qui les poursuivaient les avaient recherchés tout au long de la route et ne les avaient pas trouvés. Alors les deux hommes redescendirent de la montagne ; ils traversèrent et vinrent auprès de Josué, fils de Noun, et ils lui rapportèrent tout ce qu'ils avaient trouvé. Ils dirent à Josué : "Vraiment le Seigneur a livré tout le pays entre nos mains et même tous les habitants du pays ont tremblé devant nous."

 

R/ Tous les croyants sont bénis

Avec Abraham, le croyant !

 

Rahab crut en Dieu

Et ne périt pas avec les rebelles ;

Sa foi lui fit accueillir les espions d'Israël !

 

La foi coopère aux œuvres,

Les œuvres complètent la foi.

 

Pour nous, l'œuvre de Dieu,

C'est de croire en celui qu'il a envoyé.

 

LETTRE DE SAINT IGNACE D'ANTIOCHE AUX ROMAINS

"Avec le Christ, je suis fixé à la croix"

Ni les plaisirs du monde ni les royaumes de ce siècle ne me serviront de rien. Plutôt que de régner sur la terre entière, il est bon pour moi de rejoindre le Christ Jésus. Je le cherche, lui qui est mort pour nous ; je le désire, lui qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement approche. Pardonnez-moi, mes frères, mais ne m'empêchez pas de vivre, ne cherchez pas à me faire mourir. Puisque je veux être à Dieu, ne me livrez pas au monde, ne m'égarez pas au moyen de la matière. Laissez-moi recevoir la pure lumière ; quand j'en serai arrivé là, je serai un homme. Permettez-moi d'imiter la passion de mon Dieu. Si quelqu'un a Dieu en lui, il pourra comprendre ce que je veux et il aura pitié de moi, connaissant ce qui fait mon angoisse.

Le prince de ce monde veut m'entraîner, et corrompre les sentiments que j'ai pour Dieu. Que personne donc, parmi vous qui êtes là, ne lui apporte du renfort ; soyez plutôt de mon parti, qui est celui de Dieu. Ne parlez pas de Jésus Christ, alors que vous désirez le monde. Que l'envie n'habite pas en vous. Quand je serai près de vous, et je vous implore, ne me croyez pas ; croyez plutôt ce que je vous écris. En effet, je vous écris alors que je suis vivant ; mais en désirant mourir mon désir terrestre a été crucifié, et il n'y, a plus en moi d'ardeur pour aimer la matière, mais une eau qui dit et qui parle, disant au fond de moi : "Viens vers le Père." Je ne prends plus de plaisir à la nourriture périssable, ni aux plaisirs de cette vie. Je désire le pain de Dieu, qui est la chair de Jésus Christ, issu de David, et comme boisson je désire son sang, qui est la charité impérissable.

Je ne veux plus vivre comme les hommes. C'est ce qui se réalisera si vous le voulez. Je vous prie de le vouloir pour que, vous aussi vous rejoigniez le bon vouloir de Dieu. Je vous le demande par ces quelques lignes ; croyez-moi ; Jésus Christ vous fera découvrir, que je dis vrai ; il est la bouche exempte de mensonge par laquelle le Père a parlé en toute vérité. Demandez pour moi que je sois exaucé. Ce n'est pas selon la chair que je vous écris, mais selon la pensée de Dieu. Si je subis ma passion, vous m'aurez montré de la bienveillance ; si j'en suis exclu, vous m'aurez montré de la haine.

Souvenez-vous dans votre prière de l'Église de Syrie qui, au lieu de moi, a Dieu pour pasteur. Seul Jésus Christ, et aussi votre charité, la gouvernera en guise d'évêque. Pour moi, je rougis d'être compté parmi les évêques, car je n'en suis pas digne, étant le dernier d'entre eux et un avorton. Mais j'ai obtenu par miséricorde d'être quelqu'un, si je rejoins Dieu. Mon esprit vous salue, et aussi la charité des Églises qui m'ont accueilli au nom de Jésus Christ et non pas comme un étranger de passage. En effet, les Églises qui n'étaient pas sur ma route selon la chair allaient m'attendre de ville en ville.

 

R/ Seigneur Jésus,

Crucifié en raison de ta faiblesse,

Tu es vivant par la puissance de Dieu.

 

Nous aussi, nous sommes faibles dans le Christ,

Mais nous vivrons avec lui, de par Dieu.

 

Voyez si vous êtes dans la foi,

Mettez-vous à l'épreuve :

Ne reconnaissez-vous pas la vie du Christ en vous ?

Oraison

Dieu puissant de qui vient tout don parfait, enracine en nos cœurs l'amour de ton nom ; resserre nos liens avec toi, pour développer ce qui est bon en nous ; veille sur nous avec sollicitude, pour protéger ce que tu as fait grandir.


10 mercredi

 

Livre de Josué (Jos 3, 1-17 ; 4, 14-19 ; 5, 10-12)

Toutes les merveilles de l'Exode se renouvellent

Au moment d'accomplir ses promesses, Dieu renouvelle le miracle de la Mer Rouge. À chaque génération, il donne le témoignage de sa puissance et de sa bonté.

Josué se leva de bon matin ; ils partirent de Shittim, lui et tous les fils d'Israël, et arrivèrent au Jourdain ; là, ils passèrent la nuit avant de traverser. Or, au bout de trois jours, les scribes passèrent à travers le camp et ils donnèrent cet ordre au peuple : "Lorsque vous verrez l'arche de l'alliance du Seigneur, votre Dieu, et les prêtres lévites qui la portent, alors vous quitterez le lieu où vous êtes et vous la suivrez – toutefois qu'il y ait entre vous et elle une distance d'environ deux mille coudées, ne l'approchez pas –, ainsi vous saurez quel chemin vous devez suivre, car vous n'êtes jamais passés par ce chemin auparavant."

Puis Josué dit au peuple : "Sanctifiez-vous, car demain le Seigneur fera des merveilles au milieu de vous." Josué dit aux prêtres : "Portez l'arche de l'alliance et passez devant le peuple." Ils portèrent l'arche de l'alliance et marchèrent devant le peuple.

Le Seigneur dit à Josué : "Aujourd'hui, je vais commencer à te grandir aux yeux de tout Israël pour qu'on sache que je serai avec toi comme j'étais avec Moïse. Et toi, tu donneras cet ordre aux prêtres qui portent l'arche de l'alliance : lorsque vous arriverez au bord des eaux du Jourdain, vous vous arrêterez dans le Jourdain. Josué dit aux fils d'Israël : "Avancez ici et écoutez les paroles du Seigneur, votre Dieu." Puis Josué dit : "À ceci vous saurez que le Dieu vivant est au milieu de vous, et qu'il dépossédera vraiment devant vous le Cananéen, le Hittite, le Hivvite, le Perizzite, le Guirgashite, l'Amorite et le Jébusite : voici que l'arche de l'alliance du Seigneur de toute la terre va passer devant vous dans le Jourdain. Et maintenant, prenez douze hommes parmi les tribus d'Israël, un homme par tribu. Dès que la plante des pieds des prêtres qui portent l'arche du Seigneur, le Seigneur de toute la terre, se posera dans les eaux du Jourdain, alors les eaux du Jourdain, les eaux qui descendent d'amont, seront coupées et elles s'arrêteront en une seule masse."

Lorsque le peuple quitta ses tentes pour traverser le Jourdain, les prêtres qui portaient l'arche de l'alliance étaient devant le peuple. Quand ceux qui portaient l'arche furent arrivés au Jourdain, et que les pieds des prêtres qui portaient l'arche eurent trempé dans l'eau de la berge – en effet, le Jourdain déborde sur toutes ses rives durant tout le temps de la moisson –, alors les eaux qui descendent d'amont s'arrêtèrent, elles se dressèrent en une seule masse, très loin, à Adam, la ville qui est à côté de Cartân, et celles qui descendent vers la mer de la Araba, la mer du Sel, furent complètement coupées, et le peuple traversa en face de Jéricho.

Et les prêtres qui portaient l'arche de l'alliance du Seigneur s'arrêtèrent sur la terre sèche, au milieu du Jourdain, immobiles, tandis que tout Israël traversait à pied sec jusqu'à ce que toute la nation eût achevé de traverser le Jourdain.

En ce jour-là, le Seigneur grandit Josué aux yeux de tout Israël et on le craignit comme on avait craint Moïse tous les jours de sa vie.

Alors le Seigneur dit à Josué : Commande aux prêtres qui portent l'arche de la charte de remonter du Jourdain. Et Josué commanda aux prêtres : "Remontez du Jourdain." Or, quand les prêtres qui portaient l'arche de l'alliance du Seigneur remontèrent du milieu du Jourdain – dès que la plante des pieds des prêtres se fut détachée pour gagner la terre sèche –, les eaux du Jourdain revinrent à leur place et coulèrent, comme auparavant, tout au long de ses rives. Le peuple remonta du Jourdain le dix du premier mois et il campa à Guilgal, à l'extrémité est de Jéricho.

Les fils d'Israël campèrent au Guilgal et firent la Pâque au quatorzième jour du mois, le soir, dans la plaine de Jéricho. Et ils mangèrent des produits du pays, le lendemain de la Pâque, des pains sans levain et des épis grillés en ce jour même. Et la manne cessa le lendemain quand ils eurent mangé des produits du pays. Il n'y eut plus de manne pour les fils d'Israël qui mangèrent de la production du pays de Canaan cette année-là.

 

R/ Chantons le Seigneur, superbe est sa victoire !

 

Moïse étendit la main, le Seigneur ouvrit la mer,

Les enfants d'Israël passèrent à pied sec.

 

Devant l'arche du Seigneur

Les eaux s'ouvrirent !

 

La mort a été engloutie dans la victoire,

Ô mort, ou est-il ton aiguillon ?

 

HOMÉLIE D'ORIGÈNE SUR JOSUÉ

Le passage du Jourdain, préfiguration du baptême

Au Jourdain, l'arche d'alliance conduisait le peuple de Dieu. Alors, prêtres et lévites s'immobilisent et les eaux sont comme saisies de respect devant les ministres de Dieu, elles retiennent leur course et s'accumulent en monceau pour offrir au peuple de Dieu un chemin sans danger.

Ne sois pas étonné, lorsqu'on te raconte ce qui s'est passé à l'égard du peuple ancien. À toi, chrétien, qui as franchi les flots du Jourdain par le mystère du baptême, la parole de Dieu promet des biens beaucoup plus grands et plus élevés : elle te promet que tu chemineras et passeras même à travers les airs. Écoute en effet saint Paul dire au sujet des justes : Nous serons emportés sur les nuées du ciel à la rencontre du Christ dans les airs. Écoute encore les promesses que Dieu nous fait par l'intermédiaire du prophète : Quand tu passerais au milieu du feu, la flamme ne te brûlera pas, car je suis le Seigneur ton Dieu. Le juste est donc partout chez lui, et toutes les créatures manifestent la soumission qu'elles lui doivent.

Et ne va pas t'imaginer, toi qui entends raconter maintenant, ce qui s'est passé chez les anciens, que tout cela ne te concerne pas ; toutes ces choses s'accomplissent en toi d'une manière spirituelle. Car, lorsque tu abandonnes les ténèbres de l'idolâtrie et que lu désires arriver à la connaissance de la loi divine, c'est alors que commence ta sortie d'Égypte.

Lorsque tu as été admis dans le groupe des catéchumènes, et que tu as commencé d'obéir aux préceptes de l'Église, tu as traversé la mer Rouge ; dans les étapes du désert, chaque jour, tu t'appliques à écouter la loi de Dieu et à contempler le visage de Moïse, que la gloire du Seigneur te dévoile. Mais lorsque tu arriveras à la source spirituelle du baptême ; lorsque, en présence des prêtres et des diacres, tu seras initié à ces mystères augustes et sublimes, que connaissent ceux-là seuls qui ont le droit de les connaître : alors, après avoir traversé le Jourdain grâce au ministère des prêtres, tu entreras dans la Terre promise.

C'est la terre où Josué (Jésus), après Moïse, te prend en charge et devient le guide de la route nouvelle.

Alors tu te souviendras de ces marques inouïes de la puissance de Dieu : la mer coupée en deux pour toi, l'eau du fleuve arrêtée dans sa course ; tu te retourneras vers elles et tu t'écrieras : Mer, qu'as-tu donc à t'enfuir, et toi, Jourdain, à refluer ? Montagnes, pourquoi bondir comme des béliers, et vous, collines, comme des agneaux ? Mais la parole de Dieu te répondra : La terre a tremblé devant la face du Seigneur, la face du Dieu de Jacob, lui qui change le rocher en source et la pierre en fontaine.

 

Hommes nouveaux,

Baptisés dans le Christ, alléluia,

Vous avez revêtu le Christ, alléluia !

Héritiers avec lui d'un Royaume de lumière,

Vous possédez la liberté des fils de Dieu

Pour annoncer au monde :

 

R/ Nous sommes au Christ

Et le Christ est à Dieu !

Alléluia ! Alléluia !

 

Venez, voyez les gestes de Dieu,

Redoutable en hauts faits pour les hommes.

 

Il changea la mer en terre ferme,

on passa le fleuve à pied sec.

Oraison

Dieu qui as envoyé ton Fils pour nous sauver et faire de nous tes enfants d'adoption, regarde avec bonté ceux que tu aimes comme un père ; puisque nous croyons au Christ, accorde-nous la vraie liberté et la vie éternelle.


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