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10 jeudi

 

Livre de Josué (Jos 5, 13-15 ; 6, 1-21)

Conquête de Jéricho

Dieu lui-même marche à la tête de son peuple, et l'arche d'alliance est le symbole de sa présence. Jésus a promis d'être avec nous jusqu'à la fin des temps.

Tandis que Josué était près de Jéricho, il leva les yeux et regarda : voici qu'un homme se tenait en face de lui, son épée dégainée à la main. Josué alla vers lui et lui dit : "Es-tu pour nous ou pour nos adversaires ?" – Non, dit-il, mais je suis le chef de l'armée du Seigneur. Maintenant je viens. Alors Josué se jeta face contre terre, se prosterna et lui dit : "Que dit mon seigneur à son serviteur ?" Le chef de l'armée du Seigneur dit à Josué : "Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est saint." Ainsi fit Josué.

Jéricho était fermée et enfermée à cause des fils d'Israël : nul ne sortait et nul n'entrait. Le Seigneur dit à Josué : "Vois, je t'ai livré Jéricho et son roi, ses vaillants guerriers. Et vous, tous les hommes de guerre, vous tournerez autour de la ville, faisant le tour de la ville une fois ; ainsi feras-tu six jours durant. Sept prêtres porteront les sept cors de bélier devant l'arche. Le septième jour, vous tournerez autour de la ville sept fois, et les prêtres sonneront du cor. Quand retentira la corne de bélier – quand vous entendrez le son du cor –, tout le peuple poussera une grande clameur ; le rempart de la ville tombera sur place, et le peuple montera, chacun droit devant soi." Josué, fils de Noun, appela les prêtres et leur dit : "Portez l'arche de l'alliance, et que sept prêtres portent sept cors de bélier devant l'arche du Seigneur." Il dit au peuple : "Passez et faites le tour de la ville, mais que l'avant-garde passe devant l'arche du Seigneur." Tout se passa comme Josué l'avait dit au peuple : les sept prêtres qui portaient les sept cors de bélier devant le Seigneur passèrent et sonnèrent du cor. L'arche de l'alliance du Seigneur les suivait. L'avant-garde marchait devant les prêtres qui sonnaient du cor et l'arrière-garde suivait l'arche ; on marchait et on sonnait du cor. Josué donna cet ordre au peuple : "Vous ne pousserez pas de clameur, vous ne ferez pas entendre votre voix et aucune parole ne sortira de votre bouche jusqu'au jour où je vous dirai : Poussez la clameur ; alors vous pousserez la clameur."

L'arche du Seigneur tourna autour de la ville pour en faire le tour une fois, puis ils rentrèrent au camp et y passèrent la nuit. Josué se leva de bon matin, et les prêtres portèrent l'arche du Seigneur ; les sept prêtres qui portaient les sept cors de bélier devant l'arche du Seigneur se remirent en marche en sonnant du cor. L'avant-garde marchait devant eux et l'arrière-garde suivait l'arche du Seigneur : on marchait en sonnant du cor. Ils tournèrent une fois autour de la ville le second jour, puis ils revinrent au camp. Ainsi firent-ils pendant six jours. Or, le septième jour, ils se levèrent lorsqu'apparut l'aurore et ils tournèrent sept fois autour de la ville selon ce même rite ; c'est ce jour-là seulement qu'ils tournèrent sept fois autour de la ville. La septième fois, les prêtres sonnèrent du cor et Josué dit au peuple : "Poussez la clameur, car le Seigneur vous a livré la ville. La ville sera vouée à l'interdit pour le Seigneur, elle et tout ce qui s'y trouve. Seule Rahab, la prostituée, vivra, elle et tous ceux qui seront avec elle dans la maison, car elle a caché les messagers que nous avions envoyés. Quant à vous, prenez bien garde à l'interdit de peur que vous ne convoitiez et ne preniez de ce qui est interdit, que vous ne rendiez interdit le camp d'Israël et que vous ne lui portiez malheur. Tout l'argent, l'or et les objets de bronze et de fer, tout cela sera consacré au Seigneur et entrera dans le trésor du Seigneur."

Le peuple poussa la clameur, et on sonna du cor. Lorsque le peuple entendit le son du cor, il poussa une grande clameur, et le rempart s'écroula sur place ; le peuple monta vers la ville, chacun droit devant soi, et ils s'emparèrent de la ville. Ils vouèrent à l'interdit tout ce qui se trouvait dans la ville, aussi bien l'homme que la femme, le jeune homme que le vieillard, le taureau, le mouton et l'âne, les passant tous au tranchant de l'épée.

 

R/ Notre victoire, c'est notre foi !

 

Par la foi, les remparts de Jéricho tombèrent

Après qu'on en eut fait le tour pendant sept jours.

 

Rien n'empêche le Seigneur de donner la victoire,

Qu'on soit nombreux ou non.

 

Celui qui est au milieu de nous

Est plus grand que celui qui est dans le monde.

 

HOMÉLIE D'ORIGÈNE SUR JOSUÉ

Rahab et Jéricho, symboles de l'Église et du monde.

On assiège Jéricho, et il faut la prendre d'assaut. Quels vont être les moyens d'attaque ? On ne tire pas l'épée, on ne dresse pas la machine de guerre, on ne brandit pas les javelots contre elle. Seules sont utilisées les trompettes des prêtres, et elles font s'écrouler les murs de Jéricho.

Dans l'Écriture, nous rencontrons souvent Jéricho comme la figure de ce monde. Par exemple, lorsque l'Évangile nous dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho et il tomba sur des bandits, cet homme est évidemment la figure d'Adam, chassé du paradis et exilé dans ce monde. Quant aux aveugles de Jéricho, que Jésus vint trouver pour leur rendre la vue, ils représentaient les hommes de ce monde, accablés par la cécité de l'ignorance, et pour qui le Fils de Dieu est venu.

Or, cette ville de Jéricho, c'est-à-dire notre monde, doit s'effondrer. Car, depuis longtemps, les livres saints ont annoncé la fin du monde. Or, comment donc finira-t-il ?

De quelle manière ? Par le son des trompettes, dit l'Écriture. De quelles trompettes ? Demandons à saint Paul de nous dévoiler ce secret ; écoutez ses propres paroles : Elle sonnera, la trompette, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront, impérissables. Et encore : Sur l'ordre de Dieu, à la voix de l'archange, au son de la trompette, le Seigneur descendra du ciel. C'est alors qu'au son de la trompette notre Seigneur Jésus (Josué) triomphera de Jéricho, et sa victoire sera si accablante que seule la courtisane avec toute sa maison sera sauvée. Il viendra donc, Jésus, notre Seigneur, et il viendra au son des trompettes.

Que le Seigneur la sauve, elle seule qui accueillit ses éclaireurs, c'est-à-dire qui a reçut ses Apôtres avec foi et soumission, et les installa dans le haut de sa maison qu'il joigne et unisse cette courtisane à la maison d'Israël. Mais cessons de rappeler ses anciennes fautes et de lui en tenir rigueur. Elle a été courtisane autrefois, maintenant elle a été unie au Christ comme une vierge chaste à son unique époux. Écoutez comment l'Apôtre parle d'elle : Je vous ai fait rencontrer le seul Epoux et vous êtes l'épouse chaste que j'ai unie au Christ. Il en venait, celui-là même qui disait : Nous étions autrefois tous insensés, errants, égarés, esclaves de toutes sortes de convoitises et de jouissances.

Faut-il de plus longs commentaires pour vous expliquer comment la courtisane n'est plus une courtisane ? Écoutez encore saint Paul : Vous avez été tout cela, mais tous vous avez été lavés, et vous avez été sanctifiés au nom de Jésus Christ notre Seigneur et dans l'Esprit de votre Dieu.

Pour qu'elle échappât, en effet, à la ruine de Jéricho, elle reçut des éclaireurs le signe très puissant du salut, le fil d'écarlate. Car c'est par le sang du Christ que l'Église universelle est sauvée, en Jésus Christ notre Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.

 

R/ Ne crains pas, Jérusalem :

Dans son amour éternel,

Ton rédempteur a pitié de toi.

 

À l'improviste tu seras visitée

Et Dieu dispersera tes ennemis.

 

Comme l'éclair qui part du Levant

Et brille jusqu'au Couchant,

Ainsi en sera-t-il

Du Fils de l'homme à son avènement.

Oraison

Dieu créateur et maître de toutes choses, regarde-nous, et pour que nous ressentions l'effet de ton amour, accorde-nous de te servir avec un cœur sans partage.


10 vendredi

 

Livre de Josué (Jos 10, 1-14 ; 11, 15-17)

Josué achève de conquérir la terre promise

Pour lui permettre d'achever la défaite de l'ennemi, le Seigneur va jusqu'à obéir à un homme. Tout ce que nous demandons au nom de Jésus, Dieu nous l'accordera. Notre soumission n'exclut nullement l'audace.

Adoni-Sédeq, roi de Jérusalem, apprit que Josué s'était emparé de Aï et l'avait vouée à l'interdit, qu'il avait traité Aï et son roi comme il avait traité Jéricho et son roi, et que les habitants de Gabaon avaient fait la paix avec Israël et habitaient au milieu d'eux. On en conçut une grande crainte parce que Gabaon était une grande ville, l'égale des villes royales, plus grande qu’Aï, et que tous ses hommes étaient vaillants. Adoni-Sédeq, roi de Jérusalem, envoya dire à Hoham, roi d'Hébron, à Piréam, roi de Yarmouth, à Yafia, roi de Lakish, et à Devir, roi d’Églôn : Montez vers moi, secourez-moi et battons Gabaon puisqu'elle a fait la paix avec Josué et les fils d'Israël. S'étant unis, les cinq rois amorites – le roi de Jérusalem, le roi d'Hébron, le roi de Yarmouth, le roi de Lakish et le roi de Églôn – montèrent, eux et toutes leurs troupes, assiéger Gabaon et lui faire la guerre.

Les hommes de Gabaon envoyèrent dire à Josué, au camp de Guilgal : "Ne retire pas ton aide à tes serviteurs ; montez vers nous rapidement pour nous sauver et nous secourir, car tous les rois amorites qui habitent la Montagne se sont coalisés contre nous." Josué monta depuis Guilgal et avec lui tout le peuple sur pied de guerre et tous les vaillants guerriers.

Le Seigneur dit à Josué : "Ne crains pas, car je te les ai livrés ; aucun d'entre eux ne tiendra devant toi." Josué arriva sur eux à l'improviste : il était monté depuis Guilgal durant toute la nuit. Le Seigneur les mit en déroute devant Israël et leur infligea une grande défaite à Gabaon ; il les poursuivit vers la montée de Beth-Horôn et les battit jusqu'à Azéqa et jusqu'à Maqqéda.

Or, tandis qu'ils fuyaient devant Israël et qu'ils se trouvaient dans la descente de Beth-Horôn, le Seigneur lança des cieux contre eux de grosses pierres jusqu'à Azéqa et ils moururent. Plus nombreux furent ceux qui moururent par les pierres de grêle que ceux que les fils d'Israël tuèrent par l'épée. Alors Josué parla au Seigneur en ce jour où le Seigneur avait livré les Amorites aux fils d'Israël et dit en présence d'Israël :

"Soleil, arrête-toi sur Gabaon,

lune, sur la vallée d'Ayyalôn !"

Et le soleil s'arrêta et la lune s'immobilisa jusqu'à ce que la nation se fût vengée de ses ennemis. Cela n'est-il pas écrit dans le livre du Juste ? Le soleil s'immobilisa au milieu des cieux et il ne se hâta pas de se coucher pendant près d'un jour entier. Ni avant ni après, il n'y eut de jour comparable à ce jour où le Seigneur obéit à un homme, car le Seigneur combattait pour Israël. Comme l'avait prescrit le Seigneur à Moïse, son serviteur, ainsi Moïse l'avait prescrit à Josué et ainsi fit Josué : il ne rejeta rien de tout ce que le Seigneur avait prescrit à Moïse.

Ainsi Josué prit tout ce pays : la Montagne, tout le Néguev, tout le pays de Goshèn, le Bas-Pays, l’Araba, la montagne d'Israël et son bas-pays. Depuis le mont Halaq qui se dresse vers Séïr jusqu'à Baal-Gad dans la vallée du Liban sous le mont Hermon, il s'empara de tous leurs rois, les frappa et les mit à mort.

 

R/ Seigneur,

Tu as conduit comme un troupeau ton peuple.

 

C'est moi qui fais paître mes brebis,

C'est moi qui les fais reposer :

Parole du Seigneur !

 

Je leur ferai quitter les peuples où elles sont :

Je les rassemblerai des pays étrangers,

Je les ramènerai sur leur sol.

 

COMMENTAIRE DE SAINT AMBROISE SUR LE Ps 1

Puissance poétique et prophétique des psaumes.

Bien que toute la sainte Écriture exhale la grâce, c'est surtout vrai du savoureux livre des psaumes. En effet, Moïse lui-même, qui nous a raconté en prose l'histoire des anciens, lorsqu'il a fait passer la mer Rouge à leur peuple par une merveille mémorable, voyant le roi Pharaon s'engloutir avec ses troupes, dépassa encore son génie (parce qu'il avait réalisé ce qui dépassait les forces humaines) et chanta au Seigneur un cantique triomphal. Sa sœur Marie, prenant à son tour le tambourin, excitait ses compagnes en disant : Chantons le Seigneur, il s'est couvert de gloire ; le cheval et le guerrier, il les a jetés à la mer.

L'histoire éduque, la loi enseigne, la prophétie annonce, la réprimande châtie, la morale persuade : dans le livre des psaumes, on trouve l'avancement de tous et comme un remède pour la santé du genre humain. Il suffit de les lire pour avoir de quoi guérir les blessures de sa souffrance par un remède approprié. Il suffit de vouloir les considérer pour découvrir, comme dans un gymnase ouvert à toutes les âmes et comme dans un stade consacré à l'exercice des vertus, les différents genres de combats qui nous attendent ; et l'on peut y choisir celui auquel on se juge le plus apte et par lequel on remportera plus facilement la couronne.

Si quelqu'un cherche à récapituler l'histoire des anciens et veut en suivre les exemples, il possède, résumé dans un seul psaume, tout l'enchaînement de cette histoire, afin de garder ce trésor dans sa mémoire grâce au résumé fourni par cette lecture. Si quelqu'un veut découvrir la force de la loi, qui réside tout entière dans ce lien qu'est la charité (car celui qui aime son prochain a parfaitement accompli la loi), qu'il lise dans les psaumes avec quel amour du prochain, pour repousser l'injure faite à tout le peuple, un seul homme s'expose à de grands dangers ; il y découvrira que la gloire de l'amour n'est pas inférieure au triomphe de la bravoure.

Quant à la vigueur de la prophétie, que puis-je en dire ? Ce que d'autres ont annoncé de façon énigmatique, ne semble avoir été promis de façon publique et évidente qu'au seul David, à savoir que le Seigneur Jésus naîtrait de sa descendance, car le Seigneur lui a dit : C'est le fruit de tes entrailles que je mettrai sur ton trône. Aussi dans les psaumes ne voyons-nous pas seulement Jésus qui naît pour nous ; en outre, il y endure dans son corps cette passion qui nous sauve, il s'y endort dans la mort, il ressuscite, il monte au ciel, il s'assied à la droite du Père. Ce que personne parmi les hommes n'avait eu l'audace de dire, ce prophète est le seul à l'avoir annoncé ici ; et plus tard, c'est le Seigneur lui-même qui l'a proclamé dans l'Évangile.

 

R/ Gloire au Seigneur, c'est lui notre Dieu !

Il nous a délivrés de la servitude,

Avec autorité et puissance.

 

Jadis vous n'étiez pas un peuple,

Vous êtes maintenant le peuple de Dieu.

 

Vous êtes la race élue, la nation sainte,

Le peuple que Dieu s'est acquis.

Oraison

Seigneur, tu as voulu que toute la loi consiste à t'aimer et à aimer son prochain : donne-nous de garder tes commandements, et de parvenir ainsi à la vie éternelle.


10 samedi

 

Livre de Josué (Jos 24, 1-7.13-28)

Renouvellement de l'Alliance

Constamment dans l'Écriture, Dieu nous demande notre libre choix entre le bien et le mal. C'est à chacun de nous de ratifier pour son compte l'alliance de Dieu et de son peuple ; et à chaque instant de notre vie.

Josué réunit toutes les tribus d'Israël à Sichem et il convoqua les anciens d'Israël, ses chefs, ses juges et ses scribes : ils se présentèrent devant Dieu. Josué dit à tout le peuple : "Ainsi parle le Seigneur, Dieu d'Israël : C'est de l'autre côté du Fleuve qu'ont habité autrefois vos pères, Tèrah père d'Abraham et père de Nahor, et ils servaient d'autres dieux. Je pris votre père Abraham de l'autre côté du Fleuve et je le conduisis à travers tout le pays de Canaan, je multipliai sa postérité et je lui donnai Isaac. Je donnai à Isaac Jacob et Ésaü et je donnai en possession à Ésaü la montagne de Séïr. Mais Jacob et ses fils descendirent en Égypte. Puis j'envoyai Moïse et Aaron et je frappai l'Égypte selon ce que j'ai fait au milieu d'elle, ensuite je vous fis sortir. J'ai fait sortir vos pères d'Égypte et vous êtes arrivés jusqu'à la mer. Les Égyptiens ont poursuivi vos pères jusqu'à la mer des Joncs avec des chars et des cavaliers. Vos pères crièrent vers le Seigneur qui plaça des ténèbres entre vous et les Égyptiens, il fit venir sur eux la mer qui les recouvrit. Vos yeux ont vu ce que j'ai fait à l'Égypte. Vous êtes restés dans le désert pendant de longs jours.

Je vous ai donné un pays où tu n'avais pas peiné, des villes que vous n'aviez pas bâties et dans lesquelles vous habitez, des vignes et des oliviers que vous n'aviez pas plantés et vous en mangez les fruits !

Maintenant donc, craignez le Seigneur et servez-le avec intégrité et fidélité. Écartez les dieux qu'ont servis vos pères de l'autre côté du Fleuve et en Égypte, et servez le Seigneur. Mais s'il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir, soit les dieux qu'ont servis vos pères lorsqu'ils étaient au-delà du Fleuve, soit les dieux des Amorites dans le pays desquels vous habitez. Moi et ma maison, nous servirons le Seigneur." Le peuple répondit : "Quelle abomination ce serait pour nous d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux ! Car c'est le Seigneur qui est notre Dieu, lui qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d'Égypte, de la maison de servitude. Il a accompli sous nos yeux les grands signes que voici : il nous a gardés tout au long de la route que nous avons parcourue et parmi tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés. Le Seigneur a chassé devant nous tous les peuples, en particulier les Amorites qui habitent le pays. Nous aussi, nous servirons le Seigneur, car c'est lui qui est notre Dieu."

Josué dit au peuple : "Vous ne pourrez pas servir le Seigneur, car c'est un Dieu saint, c'est un Dieu jaloux qui ne supportera pas vos révoltes et vos péchés. Lorsque vous abandonnerez le Seigneur et servirez les dieux étrangers, il se tournera contre vous pour vous faire du mal, il vous achèvera après vous avoir fait du bien." Le peuple dit à Josué : "Non, car nous servirons le Seigneur." Josué dit au peuple : "Vous êtes témoins contre vous-mêmes que c'est vous qui avez choisi le Seigneur pour le servir." Ils répondirent : "Nous en sommes témoins."  Maintenant donc, écartez les dieux étrangers qui sont au milieu de vous et inclinez votre cœur vers le Seigneur, Dieu d'Israël. Le peuple répondit à Josué : "Nous servirons le Seigneur, notre Dieu, et nous écouterons sa voix." Josué conclut une alliance avec le peuple en ce jour-là ; il lui fixa des lois et des coutumes à Sichem. Josué écrivit ces paroles dans le livre de la Loi de Dieu. Il prit une grande pierre qu'il dressa là, sous le chêne dans le sanctuaire du Seigneur. Josué dit à tout le peuple : "Voici, cette pierre servira de témoignage contre nous, car elle a entendu tous les propos du Seigneur lorsqu'il a parlé avec nous ; elle servira de témoignage contre vous, de peur que vous ne déceviez votre Dieu." Josué renvoya le peuple, chacun dans son patrimoine.

 

R/ Nul ne peut servir deux maîtres !

 

C'est le Seigneur notre Dieu

Que nous voulons servir,

C'est à sa voix que nous voulons obéir !

 

Il n'y a pour nous qu'un seul Dieu, le Père,

Et un seul Seigneur, Jésus Christ !

 

COMMENTAIRE DE SAINT AMBROISE SUR LE Ps 1

Le psaume, louange de l'univers.

Qu'y a-t-il de meilleur qu'un psaume ? C'est pourquoi David dit très bien : Louez le Seigneur, car le psaume est une bonne chose à notre Dieu, louange douce et belle ! Et c'est vrai. Car le psaume est bénédiction prononcée par le peuple, louange de Dieu par l'assemblée, applaudissement par tous, parole dite par l'univers, voix de l'Église, mélodieuse profession de foi, complète célébration par la hiérarchie, allégresse de la liberté, exclamation de joie, tressaillement d'enthousiasme. Il calme la colère, éloigne les soucis, soulage la tristesse. Il nous protège pour la nuit, il nous instruit pour le jour. Il est bouclier des craintifs, fête des hommes religieux, rayon de tranquillité, gage de paix et de concorde. Comme une cithare, il réunit en un seul chant des voix diverses et inégales. Le lever du jour répercute le psaume, et son déclin en résonne encore.

Dans le psaume, enseignement et agrément rivalisent ; on le chante pour se réjouir et en même temps on l'apprend pour s'instruire. Lorsque tu lis les psaumes, que de richesses tu rencontres ! Lorsque je lis dans les psaumes : Cantique pour le bien-aimé, je suis embrasé par un désir d'amour divin. Chez eux, je trouve rassemblés la grâce des révélations, les prophéties de la résurrection, le trésor des promesses. Chez eux, j'apprends à éviter le péché, je désapprends la honte de faire pénitence pour mes fautes.

Qu'est-ce donc que le psaume ? C'est un instrument de musique dont joue le saint Prophète avec l'archet du Saint-Esprit et dont il fait résonner sur la terre la douceur céleste. Avec les lyres et leurs cordes, c'est-à-dire avec des restes morts, il rythme les voix différentes et inégales et dirige le cantique de louange divine vers les hauteurs du ciel. En même temps, il nous enseigne qu'il faut commencer par mourir au péché, qu'ensuite seulement il faudra exercer les œuvres des différentes vertus qui feront parvenir jusqu'au Seigneur l'agrément de notre piété.

David nous a enseigné à chanter intérieurement, à psalmodier intérieurement ; c'est ainsi que Paul lui-même chantait, puisqu'il dit : Je prierai avec mon esprit, mais je prierai aussi avec mon intelligence, je psalmodierai avec mon esprit, mais aussi avec mon intelligence. David nous enseigne encore à orienter notre vie et nos actions vers la perspective des biens d'en haut, de crainte que le plaisir qu'on éprouve à chanter n'excite les passions du corps, car celles-ci, bien loin de racheter notre âme, l'appesantissent.

C'est ainsi que le saint Prophète David se rappelle que son âme doit psalmodier pour son rachat, lorsqu'il dit : Je jouerai le psaume pour toi, Dieu, sur la cithare, Saint d'Israël ! Mes lèvres jubileront lorsque je chanterai pour toi, et mon âme que tu as rachetée.

 

R/ Bénis le Seigneur, ô mon âme ;

Bénis son nom très saint tout mon être !

 

Bénis le Seigneur, ô mon âme,

N'oublie aucun de ses bienfaits.

 

Oraison

Dieu, qui donnes la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié, sans te lasser, accorde nous ta grâce : en nous hâtant vers les biens que tu promets, nous parviendrons au bonheur du ciel.


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