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13 dimanche

 

Premier livre de Samuel (1S 28, 3-25)

Saül consulte une sorcière

Saül était un fervent fidèle du Seigneur et mettait sa puissance royale au service de ses convictions. Dans l'affolement d'une situation critique, il pratique cependant la divination sacrilège qu'il avait autrefois combattue.

Samuel était mort, tout Israël avait célébré son deuil et l'avait enseveli à Rama, sa ville. Et Saül avait aboli la pratique de la divination dans le pays.

Les Philistins se rassemblèrent et vinrent camper à Shounem. Saül rassembla tout Israël, et ils campèrent à Guilboa. Saül aperçut le camp des Philistins : il eut peur et son cœur trembla violemment. Saül interrogea le Seigneur, mais le Seigneur ne lui répondit pas, ni par les songes, ni par le Ourim, ni par les prophètes. Saül dit à ses serviteurs : "Cherchez-moi une femme qui pratique la divination, que j'aille chez elle la consulter." Ses serviteurs lui dirent : "Il y en a une à Éin-Dor." Saül se déguisa en changeant de vêtements et il partit accompagné de deux hommes. Ils arrivèrent chez la femme, de nuit. Saül lui dit : "Pratique pour moi la divination et évoque-moi celui que je te dirai." La femme lui dit : "Voyons, tu sais toi-même ce qu'a fait Saül : il a supprimé la pratique de la divination dans le pays. Pourquoi me tends-tu ce piège mortel ?" Saül fit serment par le Seigneur : "Par la vie du Seigneur, dit-il, tu ne cours aucun risque dans cette affaire." La femme dit : "Qui dois-je évoquer pour toi ?" Il dit : "Évoque-moi Samuel." La femme vit Samuel et poussa un grand cri. La femme dit à Saül : "Pourquoi m'as-tu trompée ? Tu es Saül !" Le roi lui dit : "N'aie pas peur. Mais qu'as-tu vu ?" La femme dit à Saül : "J'ai vu un dieu qui montait de la terre." Il lui dit : "Quelle apparence a-t-il ?" Elle dit : "C'est un vieillard qui monte. Il est enveloppé d'un manteau." Saül sut alors que c'était Samuel. Il s'inclina, la face contre terre, et se prosterna.

Samuel dit à Saül : "Pourquoi m'as-tu dérangé en me faisant monter ?" Saül dit : "Je suis dans une grande angoisse. Les Philistins me font la guerre, et Dieu s'est retiré loin de moi ; il ne me répond plus, ni par l'entremise des prophètes, ni par les songes. Je t'ai donc appelé pour que tu me fasses savoir ce que je dois faire." Samuel dit : "Et pourquoi m'interroges-tu, si le Seigneur s'est retiré loin de toi et t'est devenu hostile ? Le Seigneur a agi comme il l'avait dit par mon entremise : le Seigneur t'a arraché la royauté et il l'a donnée à un autre, à David. Parce que tu n'as pas obéi à la voix du Seigneur et que tu n'as pas assouvi sa colère contre Amaleq, le Seigneur, aujourd'hui, t'a traité de la sorte. Et, avec toi, le Seigneur livrera Israël lui-même aux mains des Philistins. Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi, et l'armée d'Israël elle-même, le Seigneur la livrera aux mains des Philistins."

Aussitôt, Saül tomba à terre de tout son long, effrayé de ce que Samuel avait dit. De plus, il était sans force, car il n'avait rien mangé de toute la journée et de toute la nuit. La femme vint auprès de Saül et le vit tout bouleversé. Elle lui dit : "Tu vois, ton esclave t'a écouté. J'ai risqué ma vie, mais j'ai obéi aux ordres que tu m'as donnés. Et maintenant, daigne écouter, à ton tour, la voix de ton esclave. Laisse-moi te servir un morceau de pain et mange, ainsi tu auras des forces quand tu reprendras ta route." Il refusa et dit : "Je ne mangerai pas." Mais ses serviteurs insistèrent, ainsi que la femme, et il écouta leur voix. Il se leva de terre et s'assit sur le divan. La femme avait chez elle un veau à l'engrais. Elle se hâta de l'abattre. Elle prit de la farine, la pétrit et fit cuire des pains non levés. Elle servit Saül et ses serviteurs et ils mangèrent. Puis ils se mirent en route et repartirent cette même nuit.

 

R/ Vois, Seigneur, quelle est mon angoisse,

Mon cœur en moi se retourne.

 

Entends-moi qui gémis,

Personne pour me consoler,

Tous mes ennemis se réjouissent de mon mal.

 

Le Seigneur, lui, est juste,

Car à ses ordres je fus rebelle,

Écoutez donc, vous tous, et voyez ma douleur.

 

HOMÉLIE DE PAUL VI À MANILLE. (29 NOVEMBRE 1970)

Jésus Christ

Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! Car c'est par lui, par le Christ lui-même, que j'ai été envoyé pour cela. Je suis apôtre, je suis témoin. Plus le but est éloigné, plus la mission est difficile, plus est vif l'amour qui nous pousse. Je dois proclamer son nom : Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. C'est lui qui nous a révélé le Dieu invisible, c'est lui qui est le premier-né de toute créature, c'est en lui que tout subsiste. Il est le maître de l'humanité et son rédempteur ; il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous.

Il est le centre de l'histoire du monde ; il nous connaît et nous aime ; il est le compagnon et l'ami de notre vie, l'homme de la douleur et de l'espérance ; c'est lui qui doit venir, qui sera finalement notre juge et aussi, nous en avons la confiance, notre vie plénière et notre béatitude.

Je n'en finirais jamais de parler de lui ; il est la lumière, il est la vérité ; bien plus, il est le chemin, la vérité et la vie. Il est le pain, la source d'eau vive qui comble notre faim et notre soif. Il est notre berger, notre chef, notre modèle, notre réconfort, notre frère. Comme nous et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, opprimé, souffrant. C'est pour nous qu'il a parlé, accompli ses miracles, fondé un royaume nouveau où les pauvres sont bienheureux, où la paix est le principe de la vie commune, où ceux qui ont le cœur pur et ceux qui pleurent sont relevés et consolés, où les affamés de justice sont rassasiés, où les pécheurs peuvent obtenir le pardon, où tous découvrent qu'ils sont frères.

Voilà Jésus Christ dont vous avez au moins entendu parler et déjà certainement pour la plupart, à qui vous appartenez, puisque vous êtes chrétiens. C'est donc à vous, chrétiens, que je répète son nom, et je l'annonce à tous les hommes : le Christ Jésus est le principe et la fin, l'alpha et l'oméga, le roi du monde nouveau, l'explication mystérieuse et ultime de l'histoire humaine et de notre destinée ; il est le médiateur et pour ainsi dire le pont entre la terre et le ciel. Il est, de la façon la plus haute et la plus parfaite, le Fils de l'homme, parce qu'il est le Fils de Dieu, éternel, infini, et il est le fils de Marie, bénie entre toutes les femmes, sa mère selon la chair, notre mère par notre participation à l'Esprit du Corps mystique.

Jésus Christ ! Souvenez-vous : c'est lui que nous proclamons devant vous pour l'éternité ; nous voulons que son nom résonne jusqu'au bout du monde et pour tous les siècles des siècles.

 

R/ Jésus, tu es la résurrection et la vie,

Tu as détruit la mort.

 

Vous saurez que je suis le Seigneur

Lorsque j'ouvrirai vos tombeaux.

 

Je vous ferai remonter du tombeau,

Je vous ramènerai sur votre terre.

 

Je mettrai en vous mon Esprit, et vous vivrez.

Moi, le Seigneur, j'ai dit, et j'accomplis.

 

Te Deum

Oraison 13

Tu as voulu, Seigneur, qu'en recevant ta grâce nous devenions des fils de lumière ; ne permets pas que l'erreur nous plonge dans la nuit, mais accorde-nous d'être toujours rayonnants de ta vérité.


13 lundi

 

Premier livre de Samuel (1S 31, 1-4 ! 2S 1, 1-16)

La mort tragique de Saül

Saül, roi fidèle, réprouvé de Dieu pour sa désobéissance, meurt de mort violente, comme maudit. Jusqu'au bout, il reste l'oint du Seigneur, élu de Dieu pour délivrer son peuple, et c'est comme tel que le traite David.

Les Philistins combattaient contre Israël. Les hommes d'Israël s'enfuirent devant les Philistins et tombèrent, frappés à mort, sur le mont Guilboa. Les Philistins se mirent à talonner Saül et ses fils. Ils abattirent Jonathan, Avinadav et Malki-Shoua, les fils de Saül. Le poids du combat se porta vers Saül. Les tireurs d'arc le découvrirent. À la vue des tireurs, il eut un frisson d'épouvante. Saül dit à son écuyer : "Dégaine ton épée et transperce-moi, de peur que ces incirconcis ne viennent me transpercer et ne se jouent de moi." Mais son écuyer refusa, car il avait très peur. Alors Saül prit l'épée et se jeta sur elle.

C'est après la mort de Saül que David était revenu, ayant battu Amaleq. David resta deux jours à Ciqlag. Le troisième jour, un homme arriva du camp, d'auprès de Saül. Il avait les vêtements déchirés et la tête couverte de terre. Or, en arrivant auprès de David, il se jeta face contre terre et se prosterna. David lui dit : "D'où viens-tu ?" Il lui dit : Je me suis échappé du camp d'Israël." David lui dit : "Comment la chose s'est-elle passée ? Raconte-moi." Il dit : "Le peuple a été mis en déroute ; et puis, il est tombé beaucoup de morts dans le peuple ; et puis, Saül et son fils Jonathan sont morts." David dit à son jeune informateur : "Comment sais-tu que Saül est mort, ainsi que son fils Jonathan ?" Le jeune homme lui dit : "Je me trouvais par hasard sur le mont Guilboa. Il y avait Saül, appuyé sur sa lance, et il y avait les chars et les cavaliers qui le serraient de près. Il s'est retourné et il m'a vu. Il m'a appelé et j'ai dit : Présent ! Il m'a dit : Qui es-tu ? Et je lui ai dit : Je suis un Amalécite. Il m'a dit : Reste près de moi, veux-tu, et donne-moi la mort, car je suis pris d'un malaise, bien que j'aie encore tout mon souffle. Je suis donc resté près de lui et je lui ai donné la mort, car je savais qu'il ne survivrait pas à sa chute. J'ai pris le diadème qu'il avait sur la tête et le bracelet qu'il avait au bras. Je les ai apportés ici à mon seigneur."

David saisit ses vêtements et les déchira. Tous ses compagnons firent de même. Ils célébrèrent le deuil, pleurèrent et jeûnèrent jusqu'au soir pour Saül, pour son fils Jonathan, pour le peuple du Seigneur et pour la maison d'Israël, qui étaient tombés par l'épée.

David dit au jeune informateur : "D'où es-tu ?" Il dit : "Je suis le fils d'un émigré Amalécite." David lui dit : "Comment ! Tu n'as pas craint d'étendre la main pour tuer le messie du Seigneur ?" David appela un des garçons et dit : "Avance et frappe-le." Il l'abattit. David lui dit : "Que ton sang soit sur ta tête, car tu as déposé contre toi-même en disant : C'est moi qui ai donné la mort au messie du Seigneur."

 

R/ Souviens-toi, Seigneur, de ton peuple,

Acquis dès l'origine,

 

Montagnes de Gelboé, ni rosée ni pluie sur vous,

Puisque sont tombés les héros.

 

Hélas, la gloire d'Israël sur les hauteurs est meurtrie,

Comment sont tombés les héros ?

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN "SUR LES BREBIS"

Le troupeau de Dieu

Les paroles que nous avons chantées expriment notre condition chrétienne : nous sommes les brebis de Dieu. Car c'est lui le Seigneur notre Dieu, c'est lui qui nous a faits. Il est notre Dieu. Nous sommes le peuple de son pâturage, les brebis guidées par sa main. Les bergers humains n'ont pas fait les brebis qu'ils possèdent ; les brebis qu'ils conduisent, ce n'est pas eux qui les ont créées. Tandis que le Seigneur notre Dieu, parce qu'il est Dieu et créateur, a fait pour lui les brebis qu'il possède et qu'il conduit. Ce n'est pas un autre qui les a rassemblées, et celles qu'il a rassemblées, ce n'est pas un autre qui les conduit.

Après avoir professé dans ce cantique que nous sommes ses brebis, le peuple de son pâturage, les brebis guidées par sa main, écoutons ce qu'il nous dit comme à ses brebis. Précédemment, il parlait aux bergers et nous étions dans l'effroi ; maintenant, c'est aux brebis qu'il parle et vous l'écoutez avec sécurité. Qu'y a-t-il donc dans ces paroles aujourd'hui ? Ne devrions-nous pas, à notre tour, être en sécurité, tandis que vous éprouveriez de l'effroi ? Pas du tout. D'abord parce que nous avons beau être pasteurs, le pasteur n'écoute pas seulement avec effroi ce qui est dit aux pasteurs, mais aussi ce qui est dit aux brebis. Car s'il écoute tranquillement ce qui est dit aux brebis, c'est qu'il ne s'intéresse pas à elles. Ensuite, et nous l'avons dit plus d'une fois à votre charité, deux points doivent être considérés à notre sujet : le premier c'est que nous sommes chrétiens, le second c'est que nous avons l'autorité. Du fait que nous avons l'autorité, nous sommes comptés parmi les pasteurs, si nous en sommes de bons. Du fait que nous sommes des chrétiens, nous sommes nous aussi, avec vous, des brebis. Que le Seigneur s'adresse aux pasteurs ou aux brebis, nous devons donc toujours l'écouter avec effroi, et l'inquiétude ne doit pas quitter notre cœur.

Apprenez donc, mes frères, pourquoi le Seigneur réprimande les brebis déloyales, et ce qu'il promet à ses brebis. Et vous, dit-il, mes brebis. Quel bonheur d'être le troupeau de Dieu. Si l'on y réfléchit, mes frères, même au milieu des larmes et des épreuves présentes, cela donne une grande joie.. Car il a été dit : Toi qui es le pasteur d'Israël à celui dont il est dit : Il n'a pas sommeil, il ne dort pas, le gardien d'Israël. Donc, il veille sur nous quand nous veillons, il veille aussi sur nous quand nous dormons. Si le bétail d'un homme est en sécurité à cause de son berger humain, quelle doit être notre sécurité lorsque c'est Dieu qui nous conduit, non seulement parce qu'il nous conduit, mais aussi parce qu'il nous a faits !

Et vous, dit-il, mes brebis, parole du Seigneur : Voici que je vais juger entre brebis et brebis, entre béliers et boucs. Qu'est-ce que les boucs viennent faire dans le troupeau de Dieu ? Dans les mêmes pâturages, auprès des mêmes sources, les boucs destinés à être mis à la gauche du Seigneur sont mélangés avec les brebis de sa droite. Ils commencent par être tolérés avant d'être séparés. Et cela exerce la patience des brebis, à la ressemblance de la patience de Dieu. C'est lui qui fera la séparation : les uns à gauche, les autres à droite.

 

R/ Jésus, tu es venu

Pour que les brebis aient la vie,

La vie en abondance.

 

Parole du Seigneur :

J'aurai soin moi-même de mon troupeau,

Et je le passerai en revue.

 

Je chercherai la brebis perdue,

Avec justice je ferai paître mon troupeau.

 

Je les rassemblerai des pays étrangers,

Et les ramènerai sur leur terre.

 

Oraison

Dans ton amour inlassable, Seigneur, veille sur ta famille ; et puisque ta grâce est notre unique espoir, garde-nous sous ta constante protection.


13 mardi

 

Deuxième livre de Samuel (2S 2, 1-11 ; 3, 1-5)

David sacré roi de Juda

L'unité du peuple de Dieu, péniblement réalisée par Saül, se défait à sa mort, et deux rois rivaux lui succèdent. Ce n'est qu'une parenthèse : David va l'emporter et rendre plus étroits encore les liens des tribus d'Israël. Il n'empêche que cinquante ans plus tard la cassure se produira, définitivement cette fois.

David demanda au Seigneur : "Dois-je monter dans l'une des villes de Juda ?" Le Seigneur lui dit : "Monte." David dit : Où dois-je monter ? Le Seigneur dit : "À Hébron." David y monta ainsi que ses deux femmes, Ahinoam d'Izréel et Avigaïl, femme de Naval de Karmel. David fit également monter ses compagnons, chacun avec sa famille, et ils s'installèrent dans les villes d'Hébron. Les gens de Juda vinrent et là ils oignirent David comme roi sur la maison de Juda.

On vint dire à David : "Ce sont les gens de Yavesh-de-Galaad qui ont enterré Saül." David envoya des messagers aux gens de Yavesh-de-Galaad et il leur dit : "Soyez bénis du Seigneur, vous qui avez accompli cet acte de fidélité envers votre seigneur Saül et qui l'avez enterré. Maintenant, que le Seigneur agisse envers vous avec fidélité et loyauté. Moi aussi, j'agirai à votre égard avec la même bonté, puisque vous avez fait cela. Et maintenant, que vos mains soient fermes. Soyez des hommes vaillants. Oui, votre seigneur Saül est mort, mais sachez aussi que la maison de Juda m'a oint pour être son roi."

Avner, fils de Ner, chef de l'armée de Saül, avait emmené Ishbosheth, fils de Saül, et l'avait fait passer à Mahanaïm. Il en avait fait un roi pour le Galaad, les Ashourites et Izréel, comme sur Éphraïm, Benjamin et Israël tout entier. Ishbosheth, fils de Saül, avait quarante ans quand il devint roi sur Israël et il régna deux ans. Mais la maison de Juda suivait David. Le temps que David passa à Hébron comme roi de la maison de Juda fut de sept ans et six mois.

La guerre fut longue entre la maison de Saül et la maison de David. David ne cessait de se renforcer, la maison de Saül ne cessait de s'affaiblir.

Des fils naquirent à David, à Hébron. Son premier-né fut Amnon, d'Ahinoam d'Izréel ; le second, Kiléav, d'Avigaïl, femme de Naval, de Karmel ; le troisième, Absalon, fils de Maaka, fille de Talmaï, roi de Gueshour ; le quatrième, Adonias, fils de Hagguith ; le cinquième, Shefatya, fils d'Avital ; le sixième, Yitréam, de Égla, femme de David. Ceux-là naquirent à David, à Hébron.

 

R/ Vaste est l'empire, dans une paix infinie,

Pour le trône de David et sa royauté.

 

Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda

Jusqu'à la venue de celui qui le possède,

Et tous les peuples lui seront soumis.

 

Toi, Juda, tes frères te loueront,

Ta main dominera tes ennemis,

Et les fils de ton père s'inclineront devant toi.

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN "SUR LES BREBIS"

"Devant Dieu et devant les hommes..."

Notre gloire, c'est le témoignage de notre conscience. Il y a des hommes qui jugent témérairement, qui critiquent, qui grognent, qui récriminent, qui s'évertuent à jeter le soupçon sur ce qu'ils ne voient pas, et aussi à ébranler ce qui n'inspire aucun soupçon : contre ces gens-là, que nous reste-t-il, sinon le témoignage de notre conscience ? Mes frères, même quand nous voulons plaire, nous ne cherchons pas notre gloire et nous ne devons pas la chercher ; nous devons chercher le salut de ceux qui ne s'égareront pas en nous suivant, si nous marchons droit. Ils doivent nous imiter, si nous imitons le Christ ; et si nous n'imitons pas le Christ, ils doivent pourtant l'imiter, lui. Car c'est lui qui conduit son troupeau, et il est le seul avec tous ceux qui le conduisent bien, parce que tous sont en lui.

Ce n'est pas notre avantage que nous cherchons, quand nous voulons plaire aux hommes ; ce que nous voulons, c'est trouver notre joie dans les hommes. C’est-à-dire que nous nous réjouissons de les voir aimer ce qui est bien, et cela pour leur avantage, non pour notre prestige. C'est contre ceux qui le recherchent que l'Apôtre a dit : Si je cherchais à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ. Et c'est évidemment pour eux qu'il a dit : Cherchez à plaire à tous en toutes choses, comme moi-même je plais à tous en toutes choses. Ces paroles sont toutes deux parfaitement claires, toutes deux tranquilles, toutes deux pures, toutes deux sans trouble. Quant à toi, contente-toi de brouter et de boire : ne piétine pas le pâturage, ne trouble pas la source.

Car vous avez bien entendu le maître des Apôtres, le Seigneur Jésus Christ lui-même : Que vos actions brillent devant les hommes, afin qu'en voyant ce que vous faites de bien, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux, c'est-à-dire qui vous a faits ce que vous êtes. Car nous sommes le peuple de son pâturage, les brebis guidées par sa main. Il faut donc louer celui qui t'a rendu bon, si tu es bon ; ce n'est pas toi qu'il faut louer, car, par toi-même, tu ne pouvais être que mauvais. Pourquoi veux-tu retourner la vérité en voulant te louer toi-même quand tu fais quelque chose de bon, alors que, si tu fais quelque chose de mauvais, c'est au Seigneur que tu veux le reprocher ? Car celui qui a dit : Que vos actions brillent devant les hommes, est celui qui a dit, dans le même discours : N'accomplissez pas votre justice devant les hommes. De même que les deux conseils de l'Apôtre te semblaient opposés, de même ces deux paroles de l'Évangile. Si tu ne troubles pas l'eau de ton cœur, tu reconnaîtras ici la paix des Écritures, et toi aussi tu y trouveras la paix.

Veillons donc, mes frères, non seulement à bien vivre, mais aussi à bien nous comporter devant les hommes ; veillons non seulement à avoir bonne conscience, mais, autant que c'est possible à notre faiblesse, autant que nous pouvons surveiller notre fragilité, veillons encore a ne rien faire qui inspire un mauvais soupçon à notre frère le plus faible. En broutant une herbe pure et en buvant une eau pure, ne risquons pas de piétiner le pâturage de Dieu, si bien que les brebis les plus faibles auraient à brouter un pâturage piétiné et à boire une eau troublée.

 

R/ Ta parole, Seigneur, est lumière dans la nuit.

 

Vers qui pouvons-nous aller, Seigneur ?

Toi seul nous conduis au Royaume.

 

Heureux qui suit jusqu'au bout

Le chemin que tu lui traces.

 

Heureux qui médite en son cœur

Les voies mystérieuses de l'amour.

Oraison

Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce, alors tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure.


13 mercredi

 

Deuxième livre de Samuel (2S 4, 2-12 ; 5, 1-7)

Début du règne de David

Dieu achève d'accomplir ce que le prophète Samuel avait annoncé à David. Et celui-ci inaugure son règne par une grande pensée politique : la conquête d'une ville nouvelle, destinée à devenir une capitale indépendante de toutes les tribus, et bientôt le symbole même de la communauté.

Il y avait deux hommes, des chefs de bandes, chez le fils de Saül. L'un s'appelait Baana et l'autre Rékav. Ils étaient fils de Rimmôn, le Béérotite, des fils de Benjamin – car Bééroth, elle aussi, est considérée comme Benjaminite. Les gens de Bééroth se sont enfuis à Guittaïm et ils y sont restés comme résidents jusqu'à nos jours. Or Jonathan, fils de Saül, avait un fils estropié des deux jambes. Il avait cinq ans lorsqu’arriva d'Izréel la nouvelle concernant Saül et Jonathan. Sa nourrice le prit pour s'enfuir et elle était si pressée de fuir que l'enfant tomba et resta boiteux. Il s'appelait Mefibosheth.

Donc, les fils de Rimmôn de Bééroth, Rékav et Baana, partirent et, à l'heure la plus chaude du jour, arrivèrent à la maison d'Ishbosheth. Il était couché pour la sieste de midi. Ils pénétrèrent à l'intérieur de la maison, chargés de blé, et ils le frappèrent au ventre. Puis Rékav et son frère Baana s'échappèrent.

Étant entrés dans la maison alors qu'il était couché sur son lit dans la chambre à coucher, ils le frappèrent mortellement et le décapitèrent. Puis ils emportèrent sa tête et cheminèrent toute la nuit par l’Araba. Ils apportèrent la tête d'Ishbosheth à David à Hébron et dirent au roi : "Voici la tête d'Ishbosheth, le fils de Saül, ton ennemi, qui en voulait à ta vie. Le Seigneur a donné à mon seigneur le roi pleine vengeance, en ce jour, sur Saül et sur sa descendance."

David répondit aux fils de Rimmôn de Bééroth, Rékav et Baana son frère : "Par la vie du Seigneur, qui m'a libéré de tout péril ! Celui qui m'annonçait : Saül est mort, se prenait lui aussi pour un porteur de bonnes nouvelles. Eh bien, je l'ai fait arrêter et tuer à Ciqlag. C'était pour le payer de sa bonne nouvelle ! À plus forte raison quand des scélérats ont tué un juste dans sa maison, sur son lit ! Ne dois-je pas maintenant vous réclamer son sang, qui est sur vos mains, et vous supprimer de la terre ?" David donna un ordre aux garçons. Ils les tuèrent, leur coupèrent les mains et les pieds et les suspendirent près du bassin d'Hébron. On prit la tête d'Ishbosheth et on l'ensevelit dans la tombe d'Avner, à Hébron.

Toutes les tribus d'Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : "Nous voici, nous sommes tes os et ta chair. Il y a longtemps déjà, quand Saül était notre roi, c'était toi qui faisais sortir et rentrer Israël. Or le Seigneur t'a dit : C'est toi qui feras paître Israël, mon peuple, et c'est toi qui seras le chef d'Israël.

Tous les anciens d'Israël vinrent trouver le roi à Hébron, et le roi David conclut en leur faveur une alliance à Hébron, devant le Seigneur, et ils oignirent David comme roi d'Israël.

David avait trente ans quand il devint roi. Il régna quarante ans. À Hébron, il régna sur Juda sept ans et six mois et, à Jérusalem, il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda.

Le roi et ses hommes marchèrent sur Jérusalem contre le Jébusite qui habitait le pays. On dit à David : "Tu n'entreras ici qu'en écartant les aveugles et les boiteux." C'était pour dire : "David n'entrera pas ici." David s'empara de la forteresse de Sion – c'est la Cité de David.

 

R/ C'est toi, Seigneur, qui as sacré ton roi

Sur Sion, ta sainte montagne.

 

Pourquoi ce tumulte des peuples,

Ce complot stérile des nations ?

 

Le Seigneur m'a dit : Tu es mon fils,

Je te donne les nations en héritage.

 

LE CHEMIN DE LA PERFECTION DE SAINTE THÉRÈSE D'AVILA

"Que ton nom soit sanctifié. Que ton règne vienne."

Quelle est la personne, pour étourdie qu'elle soit, qui, lorsqu'elle sollicite un personnage important, ne réfléchit d'avance à la façon de présenter sa requête, de manière à lui être agréable et à ne pas l'importuner, se rappelant l'objet de sa requête, les raisons qui la motivent, en particulier si elle demande quelque chose d'aussi important que celle que notre bon Jésus nous apprend à demander ? Cela me semble digne d'être considéré. Ne pourrais-tu, Seigneur, tout inclure en un seul mot, et dire : "Donne-nous, Père, ce qui nous convient ?" car rien de plus n'eût été, semble-t-il, nécessaire pour celui qui comprend tout.

Ô Sagesse éternelle ! Cela pouvait suffire entre toi et ton Père, c'est ainsi que tu l'as sollicité au Jardin des Oliviers : tu as exprimé ton amour et ta crainte, en te remettant à sa volonté ; mais nous ne sommes pas, Seigneur, tu le sais, aussi soumis que toi à la volonté de ton Père ; il fallait que nous sollicitions des choses remarquables pour prendre soin d'examiner si ce que nous demandions nous convient, et sinon, ne point le demander. Car nous sommes ainsi faits que si on ne nous donne pas ce que nous voulons, nous usons de notre libre arbitre pour refuser ce que nous offre le Seigneur ; même lorsqu'il nous offre ce qu'il y a de meilleur, si ce n'est pas argent comptant, nous craignons de ne jamais nous enrichir.

Or le bon Jésus nous demande de dire ces mots, qui sollicitent la venue en nous du Royaume : Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. Voyez ici, mes filles, la grande sagesse de notre Maître. Je considère que le moment est venu de comprendre que nous demandons ce royaume. Mais comme sa Majesté a vu que nous ne pouvions ni sanctifier, ni louer, ni exalter, ni glorifier ce saint nom du Père Éternel puisque notre petitesse nous empêche de le faire comme il se doit, sauf si sa Majesté y pourvoyait en nous donnant son royaume ici-bas, le bon Jésus a mis ces deux demandes côte à côte. Je veux vous dire ici ma pensée : pour que nous comprenions, mes filles, ce que nous demandons, il est important d'insister et de faire tout notre possible pour contenter celui qui peut nous l'accorder. Si mes considérations ne vous satisfont point, réfléchissez de votre côté, notre Maître nous le permet à condition de nous soumettre en tout aux enseignements de l'Église, comme je le fais ici.

Il me semble donc que l'excellence du royaume du ciel, c'est, entre autres, de ne plus faire cas des choses de la terre, c'est le calme et la gloire en nous-mêmes, la joie de la joie de tous, une paix perpétuelle, une grande satisfaction intérieure de voir que tout le monde sanctifie et loue le Seigneur, et bénit son nom, sans que nul ne l'offense. Tout le monde l'aime, et l'âme elle-même ne sait que l'aimer, elle ne peut cesser de l'aimer, puisqu'elle le connaît. C'est ainsi que nous l'aimerions ici-bas, quoique moins parfaitement, et moins spontanément ; mais nous l'aimerions autrement que nous ne l'aimons, si nous le connaissions.

 

R/ Voyez quel grand amour nous est donné !

 

Enfants de Dieu, nous le sommes,

Discernés par avance dans le Fils unique.

 

Au prix du sang qu'il a versé,

Jésus nous conduit vers le Père.

 

Nos yeux sont fixés sur la cité de fête

Où nous verrons le visage de Dieu.

 

Au-delà de toute souffrance,

Une joie éternelle nous attend.

Oraison

Accorde-nous, Dieu tout-puissant, de conformer à ta volonté nos paroles et nos actes dans une inlassable recherche des biens spirituels.


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