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14 dimanche

 

Deuxième livre de Samuel (2S 12, 1-25)

Le repentir de David

David ne se reconnaît pas tout d'abord dans la fable de Nathan. Mais c'est un homme loyal et qui ne se ferme pas à la lumière. Et son repentir sincère, quand il est éclairé, fait de lui le chef de file des authentiques pénitents de l'Histoire Sainte.

Le Seigneur envoya Nathan à David. Il alla le trouver et lui dit : "Il y avait deux hommes dans une ville, l'un riche et l'autre pauvre. Le riche avait force moutons et bœufs. Le pauvre n'avait rien du tout, sauf une agnelle, une seule petite, qu'il avait achetée. Il la nourrissait. Elle grandissait chez lui en même temps que ses enfants. Elle mangeait de sa pitance, elle buvait à son bol, elle couchait dans ses bras. Elle était pour lui comme une fille. Un hôte arriva chez le riche. Il n'eut pas le cœur de prendre de ses moutons et de ses bœufs pour apprêter le repas du voyageur venu chez lui. Il prit l'agnelle du pauvre et l'apprêta pour l'homme venu chez lui."

David entra dans une violente colère contre cet homme et il dit à Nathan : "Par la vie du Seigneur, il mérite la mort, l'homme qui a fait cela. Et de l'agnelle, il donnera compensation au quadruple, pour avoir fait cela et pour avoir manqué de cœur." Nathan dit à David : "Cet homme, c'est toi ! Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël : C'est moi qui t'ai oint comme roi d'Israël et c'est moi qui t'ai délivré de la main de Saül. Je t'ai donné la maison de ton maître et j'ai mis dans tes bras les femmes de ton maître ; je t'ai donné la maison d'Israël et de Juda ; et si c'est trop peu, je veux y ajouter autant. Pourquoi donc as-tu méprisé la parole du Seigneur en faisant ce qui lui déplaît ? Tu as frappé de l'épée Urie le Hittite. Tu as pris sa femme pour en faire ta femme et, lui-même, tu l'as tué par l'épée des fils d'Ammon. Eh bien, l'épée ne s'écartera jamais de ta maison, puisque tu m'as méprisé et que tu as pris la femme d'Urie le Hittite pour en faire ta femme. Ainsi parle le Seigneur : Voici que je vais faire surgir ton malheur de ta propre maison. Je prendrai tes femmes sous tes yeux et je les donnerai à un autre. Il couchera avec tes femmes sous les yeux de ce soleil. Car toi, tu as agi en secret, mais moi, je ferai cela devant tout Israël et devant le soleil." David dit alors à Nathan : "J'ai péché contre le Seigneur." Nathan dit à David : "Le Seigneur, de son côté, a passé sur ton péché. Tu ne mourras pas. Mais, puisque, dans cette affaire, tu as gravement outragé le Seigneur – ou plutôt, ses ennemis –, le fils qui t'est né, lui, mourra."

Et Nathan s'en alla chez lui.

Le Seigneur frappa l'enfant que la femme d'Urie avait enfanté à David, et il tomba malade. David eut recours à Dieu pour le petit. Il se mit à jeûner et, quand il rentrait chez lui pour la nuit, il couchait par terre. Les anciens de sa maison insistèrent auprès de lui pour le relever, mais il refusa et ne prit avec eux aucune nourriture. Le septième jour, l'enfant mourut. Les serviteurs de David redoutaient de lui annoncer que l'enfant était mort. Ils se disaient en effet : "Lorsque l'enfant était vivant, nous lui avons parlé et il ne nous a pas écoutés. Maintenant comment lui dire : L'enfant est mort ? Il ferait un malheur !" David vit que ses serviteurs chuchotaient entre eux et David comprit que l'enfant était mort. David dit alors à ses serviteurs : "L'enfant est-il mort ?" Ils dirent : Il est mort." Alors, David se leva de terre, se baigna, se parfuma et changea de vêtements ; puis il entra dans la Maison du Seigneur et se prosterna. Rentré chez lui, il demanda qu'on lui servît un repas et il mangea. Ses serviteurs lui dirent : "Qu'est-ce que tu fais là ? Quand l'enfant était en vie, tu jeûnais et pleurais à cause de lui, et maintenant que l'enfant est mort, tu te relèves et tu prends un repas !" Il dit : "Quand l'enfant était encore en vie, je jeûnais et je pleurais, car je me disais : Qui sait ? Peut-être que le Seigneur aura pitié de moi et que l'enfant vivra. Mais maintenant, il est mort. Pourquoi jeûnerais-je ? Est-ce que je puis encore le faire revenir ? C'est moi qui m'en vais vers lui, mais lui, il ne reviendra pas vers moi."

David consola Bethsabée, sa femme. Il alla vers elle et il coucha avec elle. Elle enfanta un fils, et David lui donna le nom de Salomon. Le Seigneur l'aima et l'envoya dire par l'entremise du prophète Nathan. Et il lui donna le nom de Yedidya – c'est-à-dire Aimé du Seigneur – à cause du Seigneur.

 

R/ Pitié pour moi, Seigneur,

Guéris-moi, car j'ai péché contre toi.

 

Oui, je reconnais tous mes torts,

J'ai toujours mon péché devant moi.

 

Le sacrifice qui te plaît, c'est un esprit brisé,

Tu n'as point d'aversion pour un cœur broyé.

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR L'ANCIEN TESTAMENT

"Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé"

Mon crime, dit David, moi, je le reconnais. Si moi, je reconnais, c'est donc à toi de fermer les yeux. Ne prétendons aucunement que notre vie est vertueuse et que nous sommes sans péché. Pour que notre vie mérite l'éloge, demandons pardon. Les hommes sans espérance, moins ils font attention à leurs propres péchés, plus ils sont curieux des péchés d'autrui. Ils ne cherchent pas ce qu'ils vont corriger, mais ce qu'ils vont critiquer. Et puisqu'ils ne peuvent pas s'excuser, ils sont prêts à accuser les autres. Ce n'est pas l'exemple de prière et de satisfaction envers Dieu que nous donne le psalmiste lorsqu'il dit : Car mon crime, moi, je le reconnais ; et mon péché est toujours devant moi. Celui-là n'était pas attentif aux péchés d'autrui. Il invoquait son propre témoignage contre lui-même, il ne se flattait pas, mais il s'examinait, il descendait profondément en lui-même. Il ne se pardonnait pas et c'est justement pour cela qu'il pouvait demander sans impudence d'être pardonné.

Tu veux te réconcilier avec Dieu ? Apprends à te comporter de telle sorte que Dieu se réconcilie avec toi. Remarque ce qu'on lit dans le même psaume : Car, si tu avais voulu un sacrifice, je te l'aurais bien offert ; tu ne prendras pas plaisir aux holocaustes. Tu n'auras donc pas de sacrifice ? Tu n'auras rien à offrir, tu n'auras aucune offrande pour te réconcilier avec Dieu ? Écoute la suite, et dis à ton tour : Le sacrifice pour Dieu, c'est un esprit brisé. Le cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprise pas. Après avoir rejeté ce que tu offrais, tu as trouvé quelque chose à offrir. Tu voulais offrir, comme tes pères, des animaux immolés, ce qu'on appelait des sacrifices. Si tu avais voulu un sacrifice, je t'en aurais bien offert. Ce n'est donc pas cela que tu cherches, et pourtant c'est un sacrifice que tu cherches.

Tu ne prendras pas plaisir aux holocaustes, dit-il. Ainsi donc, parce que tu ne prendras pas plaisir aux holocaustes, tu resteras sans sacrifice ? Pas du tout ! Le sacrifice pour Dieu, c'est un esprit brisé ; le cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprise pas. Tu possèdes de quoi offrir. N'inspecte pas un troupeau, n'arme pas des navires et ne franchis pas la mer jusqu'à des régions lointaines pour en rapporter des aromates. Cherche dans ton cœur ce qui peut plaire à Dieu. Il faut briser ton cœur. Ne crains pas qu'il en meure ! On te le dit ici : O Dieu, crée en moi un cœur pur. Pour que soit créé un cœur pur, il faut briser le cœur impur.

Il faut nous déplaire à nous-mêmes quand nous péchons, parce que les péchés déplaisent à Dieu. Et puisque nous ne sommes pas sans péché, nous ressemblerons à Dieu au moins en ce que le péché nous déplaît, comme à lui. Pour une part tu seras uni à la volonté de Dieu, car ce qui te déplait en toi, c'est ce que déteste celui qui t'a créé.

 

R/ Pitié pour moi, Seigneur,

Guéris-moi, car j'ai péché contre toi.

 

Oui, je reconnais tous mes torts,

J'ai toujours mon péché devant moi.

 

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,

Renouvelle au fond de moi mon esprit.

 

Le sacrifice qui te plaît, c'est un esprit brisé,

Tu n'as point d'aversion pour un cœur broyé.

 

Te Deum

Oraison 14

Dieu qui as relevé le monde par les abaissements de ton Fils, donne à tes fidèles une joie sainte : tu les as tirés de l'esclavage du péché ; fais-leur connaître le bonheur impérissable.


14 lundi

 

Deuxième livre de Samuel (2S 15, 7-14.24-30 ; 16, 5-13)

David s'enfuit devant Absalon

Plus encore que dans sa pénitence, c'est lors de sa fuite de Jérusalem que David nous révèle toute la profondeur de sa foi. Combattu par son propre fils, trahi par un de ses conseillers, maudit par un de ses sujets, il remet entièrement sa cause entre les mains de Dieu et trouve les accents d'une prière admirable d'abandon confiant. L'arche même, symbole de la présence divine, ne lui est pas nécessaire, et Dieu saura bien le ramener près d'elle.

À la fin de la quarantième année, Absalon dit au roi : "Permets que j'aille à Hébron acquitter le vœu que j'ai fait au Seigneur. Car ton serviteur a fait un vœu pendant son séjour à Gueshour en Aram. Il a dit : Si vraiment le Seigneur me ramène à Jérusalem, je servirai le Seigneur. Le roi lui dit : "Va en paix." Il se mit donc en route et alla à Hébron.

Absalon envoya des agents dans toutes les tribus d'Israël en disant : "Dès que vous entendrez le son du cor, vous pourrez dire : Absalon est devenu roi à Hébron."

Deux cents hommes de Jérusalem avaient accompagné Absalon, des invités, partis en toute innocence. Ils ne savaient rien de l'affaire.

Pendant qu'Absalon offrait les sacrifices, il envoya chercher Ahitofel le Guilonite, conseiller de David, dans sa ville de Guilo. La conspiration devint puissante, et le parti d'Absalon de plus en plus important.

Un informateur vint dire à David : "Le cœur des hommes d'Israël s'est tourné vers Absalon." David dit à tous ses serviteurs qui étaient avec lui à Jérusalem : "En route ! Fuyons. Car Absalon ne nous fera pas de quartier. Allez-vous-en vite, sinon, il aura vite fait de nous atteindre, de nous mettre à mal et de passer la ville au fil de l'épée." Il y avait aussi Sadoq, et avec lui tous les lévites portant l'arche de l'alliance de Dieu : ils déposèrent l'arche de Dieu et Abiatar monta jusqu'à ce que tout le peuple qui sortait de la ville eût fini de passer. Le roi dit à Sadoq : "Ramène l'arche de Dieu dans la ville. Si le Seigneur m'est favorable, il me ramènera et me permettra de la revoir, ainsi que sa demeure. Mais s'il déclare : Je ne veux pas de toi, eh bien, qu'il me fasse ce qui lui plaît !" Le roi dit au prêtre Sadoq : "Vois-tu ? Retourne en paix à la ville. Ton fils Ahimaaç et Jonathan, fils d'Abiatar, vos deux fils sont avec vous. Voyez, je vais m'attarder dans les passes du désert, jusqu'à ce qu'un mot de vous m'apporte des nouvelles." Sadoq et Abiatar ramenèrent donc l'arche de Dieu à Jérusalem et ils y restèrent.

David montait par la montée des Oliviers, il montait en pleurant ; il avait la tête voilée et il marchait nu-pieds. Tout le peuple qui l'accompagnait s'était voilé la tête. Ils montaient, montaient en pleurant.

Le roi David arrivait à Bahourim quand un homme en sortait. Il était du même clan que la maison de Saül et s'appelait Shiméï, fils de Guéra. Tout en sortant, il proférait des malédictions. Il jetait des pierres à David et à tous les serviteurs du roi, et pourtant, tout le peuple et tous les braves étaient à droite et à gauche de David. Voici ce que disait Shiméï dans ses malédictions : "Va-t'en, va-t'en, vaurien sanguinaire ! Le Seigneur a fait retomber sur toi tout le sang de la maison de Saül, à la place de qui tu es devenu roi. Le Seigneur a remis la royauté entre les mains de ton fils Absalon, et te voilà, toi, dans le malheur, car tu es un homme de sang." Avishaï, fils de Cerouya, dit au roi : "Pourquoi ce chien crevé maudit-il mon seigneur le roi ? Laisse-moi passer et lui couper la tête." Le roi dit : "Qu'y a-t-il entre moi et vous, fils de Cerouya ? S'il maudit et si le Seigneur lui a dit : Va maudire David, qui pourrait lui dire : Pourquoi as-tu fait cela ? David dit à Avishaï et à tous ses serviteurs : "Si mon fils, celui qui est issu de moi, en veut à ma vie, à plus forte raison ce Benjaminite ; laissez-le maudire, si le Seigneur le lui a dit. Peut-être le Seigneur regardera-t-il ma misère et me rendra-t-il le bonheur, au lieu de sa malédiction d'aujourd'hui."

David avança sur le chemin avec ses hommes, tandis que Shiméï avançait au flanc de la montagne, à côté de lui, continuant à maudire et à lancer des pierres, à côté de lui. Il faisait aussi voler de la poussière.

 

R/ Le Fils de l'homme s'en va

Selon qu'il est écrit de lui.

 

Jésus disait : En vérité, l'un de vous me livrera,

L'un de vous qui mange avec moi.

 

Même celui en qui j'avais confiance,

L'ami qui partageait mon pain, m'a trahi.

 

LETTRE DE SAINT CLÉMENT DE ROME AUX CORINTHIENS

"Rejetez toute division"

Il est écrit : "Attachez-vous aux hommes saints, car ceux qui s'attachent à eux deviennent saints." Et il est écrit ailleurs : Avec l'homme sans reproche tu seras sans reproche, avec l'ami tu seras un ami, et avec l'homme fourbe tu agiras avec ruse. Attachons-nous donc aux hommes sans reproche et aux justes, car ce sont eux les amis de Dieu. Pourquoi des disputes, des colères, des divisions, des scissions et la guerre parmi vous ? N'avons-nous pas un seul Dieu, un seul Christ, un seul Esprit de grâce répandu sur nous, et une seule vocation dans le Christ ? Pourquoi écarteler et déchirer les membres du Christ, pourquoi nous révolter contre notre propre corps, et en arriver à une telle démence : oublier que nous sommes membres les uns des autres ?

Rappelez-vous les paroles de Jésus notre Seigneur. Car il a dit : Malheureux cet homme-là ! Il aurait mieux valu pour lui n'être pas né que d'entraîner au mal un seul de mes élus, il serait meilleur pour lui qu'on lui attache une meule au cou et qu'on l'engloutisse dans la mer que de détourner un seul de mes élus." Vos scissions en ont détourné beaucoup, elles en ont jeté beaucoup dans le découragement, beaucoup dans le doute, et nous tous dans le chagrin. Et votre désaccord se prolonge !

Reprenez la lettre du bienheureux Apôtre Paul. Que vous a-t-il écrit en premier, au commencement de l'évangélisation ? Vraiment, c'est sous l'inspiration de l'Esprit qu'il vous a envoyé une lettre parlant de lui-même, de Céphas et d'Apollos, car à cette époque déjà vous formiez des partis. Mais cette partisannerie était alors pour vous une moindre faute, car vous étiez partisans en vous attachant à des Apôtres autorisés ou à des hommes approuvés par eux.

Faisons donc disparaître cela au plus vite jetons-nous aux pieds du Maître, supplions-le avec larmes pour qu'il nous prenne en pitié, nous réconcilie et nous rétablisse dans la noble et sainte pratique de l'amour fraternel. La porte de la justice ouverte sur la vie, c'est celle-là, ainsi qu'il est écrit : Ouvrez-moi les portes de la justice ; j'y entrerai pour louer le Seigneur. C'est ici la porte du Seigneur ; les justes y entreront. Beaucoup de portes sont ouvertes, mais la porte de la justice est celle du Christ. Bienheureux tous ceux qui y sont entrés et qui dirigent leur marche dans la sainteté et la justice ; ils accomplissent tout sans connaître de trouble. Quelqu'un est-il fidèle, capable d'exposer la connaissance, assez sage pour discerner les discours, pur dans ses actions ? Il doit être d'autant plus humble qu'il est jugé plus grand, et il doit chercher l'utilité commune de tous, et non son propre intérêt.

 

R/ J'ouvre mon cœur, Seigneur,

À ta parole de lumière.

 

Cantique pour moi tes volontés

En ma demeure d'étranger.

 

Heureux les humbles, heureux les pauvres,

Tu leur découvres le secret du Royaume !

Oraison

Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, sois favorable à nos appels : puisque l'homme est fragile et que sans toi il ne peut rien, donne-nous toujours le secours de ta grâce ; ainsi nous pourrons, en observant tes commandements, vouloir et agir de manière à répondre à ton amour.


14 mardi

 

Deuxième livre de Samuel (2S 18, 6-17.24 ; 19, 1-5)

David pleure Absalon, son fils

Combattu par son fils Absalon, David ne se préoccupe que du salut de l'ingrat, et la nouvelle de sa mort lui arrache des cris de douleurs.

Le peuple sortit dans la campagne à la rencontre d'Israël, et la bataille eut lieu dans la forêt d'Éphraïm. Là, le peuple d'Israël fut battu devant les serviteurs de David. Il y eut beaucoup de pertes ce jour-là, vingt mille hommes. Le combat s'éparpilla sur toute l'étendue du pays. Ce jour-là, la forêt dévora plus de gens parmi le peuple que n'en dévora l'épée.

Absalon se trouva par hasard face aux serviteurs de David. Absalon montait un mulet, et le mulet s'engagea sous la ramure enchevêtrée d'un grand térébinthe. La tête d'Absalon se prit dans le térébinthe, et il se trouva entre ciel et terre, tandis que le mulet qui était sous lui continuait. Un homme le vit et vint dire à Joab : "J'ai vu Absalon suspendu à un térébinthe." Joab dit à son informateur : "Ainsi tu l'as vu ! Mais pourquoi ne l'as-tu pas frappé et abattu sur place ? Je te devrais alors dix sicles d'argent et une ceinture." L'homme dit à Joab : "Et même si je soupesais maintenant dans mes mains mille sicles d'argent, je ne porterais pas la main sur le fils du roi, car c'est à nos oreilles que le roi t'a donné cet ordre, ainsi qu'à Avishaï et à Ittaï : Prenez garde que nul ne touche au jeune Absalon. D'ailleurs, si j'avais commis cette forfaiture contre sa vie, rien n'échappe au roi, et toi-même, tu te serais tenu à l'écart." Joab dit : "Je ne vais pas attendre ainsi devant toi !" Il prit donc en main trois épieux et les planta dans le cœur d'Absalon, encore vivant au milieu du térébinthe. Puis dix jeunes gens, les écuyers de Joab, entourèrent Absalon et le frappèrent à mort. Joab sonna du cor, et le peuple cessa de poursuivre Israël, car Joab retint le peuple. On prit Absalon et on le jeta dans la forêt, dans une grande fosse, et l'on érigea dessus un énorme tas de pierres. Tout Israël s'était enfui, chacun à ses tentes.

David était assis entre les deux portes. Le guetteur se rendit à la terrasse de la porte, au rempart. Il leva les yeux et vit un homme qui courait seul. Le guetteur cria pour en informer le roi. Le roi dit : « S'il est seul, c'est qu'il a une bonne nouvelle à annoncer ». Tandis que l'homme se rapprochait, le guetteur en vit accourir un autre. Il cria au portier : « Voici un homme qui court seul ». Le roi dit : « Celui-là aussi apporte une bonne nouvelle ». Le guetteur dit : « Je reconnais la façon de courir du 1er : c'est celle d'Ahimaaç, fils de Sadoq ». Le roi dit : « C'est un homme de bien. Il vient pour une très bonne nouvelle ». Ahimaaç cria et dit au roi : « Tout va bien ». Il se prosterna face contre terre devant le roi et dit : « Béni soit le SEIGNEUR, ton Dieu, qui a livré les hommes qui s'étaient insurgés contre mon seigneur le roi ! » Le roi dit : « Tout va bien pour le jeune Absalom » ? Ahimaaç dit : « J'ai vu qu'on s'agitait beaucoup quand Joab a envoyé un serviteur du roi et ton serviteur, mais je ne sais pas pourquoi ». Le roi dit : « Écarte-toi et tiens-toi là ». Il s'écarta et resta là. Alors le Nubien arriva. Le Nubien dit : « Que mon seigneur le roi apprenne la bonne nouvelle : le SEIGNEUR t'a rendu justice aujourd'hui en te tirant des mains de tous tes adversaires ». Le roi dit au Nubien : « Tout va-t-il bien pour le jeune Absalom » ? Le Nubien répondit : « Qu'ils aient le sort de ce jeune homme, les ennemis de mon seigneur le roi et tous les adversaires qui veulent ton malheur » !

Alors le roi frémit. Il monta dans la chambre au-dessus de la porte et il se mit à pleurer. Il disait en marchant : « Mon fils Absalom, mon fils, mon fils Absalom, que ne suis-je mort moi-même à ta place ! Absalom, mon fils, mon fils ! » On prévint Joab : « Voici, lui dit-on, que le roi pleure et se lamente sur Absalom ». La victoire, ce jour-là, se changea en deuil pour tout le peuple, car le peuple avait entendu dire, en ce jour-là : « Le roi est très affecté à cause de son fils ». Le peuple, ce jour-là, rentra furtivement dans la ville, comme le ferait un peuple honteux d'avoir fui au combat. Le roi, lui, s'était voilé le visage. Le roi criait à pleine voix : « Mon fils Absalom, Absalom, mon fils, mon fils ! »

 

R/ Comme la tendresse d'un père pour ses fils,

La tendresse du Seigneur !

 

David monta dans sa chambre et pleura :

Absalon, mon fils, mon fils,

Que ne suis-je mort à ta place !

 

Ainsi parle le Seigneur :

Ephraïm est-il pour moi un enfant si cher

Que toujours je doive penser à lui ?

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LE Ps 32

"Un seul baptême ; un seul Dieu et Père..."

Mes frères, nous vous exhortons très vivement à la charité : non seulement envers vous-mêmes, mais aussi envers ceux qui sont au dehors ; qu'ils soient encore païens, ne croyant pas encore au Christ, ou bien qu'ils soient séparés de nous, reconnaissant le même chef tout en étant retranchés du corps. Bon gré mal gré, ils sont nos frères. Ils cesseraient d'être nos frères s'ils cessaient de dire : Notre Père.

Le prophète a dit, de certains d'entre eux : À ceux qui vous disent : "Vous n'êtes pas nos frères", répondez : "Vous êtes nos frères". Cherchez de qui il pouvait dire cela ? Serait-ce des païens ? Non, car nous ne disons pas qu'ils sont nos frères, selon les Écritures et selon le langage de l'Église. Parlait-il des Juifs, qui n'ont pas cru au Christ ? Lisez saint Paul, et vous verrez que le mot "frères", quand l'Apôtre l'emploie tout court, ne peut s'entendre que des chrétiens. Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Et toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Et dans un autre passage : Vous commettez l'injustice et la fraude, et cela contre des frères !

Les donatistes qui disent : "Vous n'êtes pas nos frères" nous traitent donc de païens. C'est pourquoi ils veulent nous rebaptiser, car ils affirment que nous n'avons pas ce qu'ils nous donnent. De là découle leur erreur, de nier que nous soyons leurs frères. Mais pourquoi le Prophète nous a-t-il dit : Vous leur répondrez : "Vous êtes nos frères", sinon parce que nous reconnaissons en eux le baptême que nous ne réitérons pas. Eux donc, en ne reconnaissant pas notre baptême, nient que nous soyons leurs frères ; nous, en ne le réitérant pas sur eux, mais en reconnaissant le nôtre, nous leur disons : "Vous êtes nos frères. "

Ils diront : "Que nous demandez-vous ? Que nous voulez vous ?" Répondons : Vous êtes nos frères. Ils diront "Laissez-nous tranquilles, nous n'avons rien à faire avec vous." Mais nous, nous avons parfaitement à faire avec vous : nous confessons un seul Christ, nous devons être dans un seul corps, sous un seul chef.

Nous vous adjurons donc, mes frères ; par cette tendresse de charité nourrissante comme le lait, fortifiante comme le pain, par le Christ notre Seigneur, par sa douceur, nous vous adjurons ! Il est temps, en effet, que nous leur prodiguions une grande charité, une abondante miséricorde, en implorant Dieu pour eux : qu'il leur donne un jour du sang-froid, pour qu'ils se reprennent et qu'ils voient que leurs attaques contre la vérité sont sans aucun fondement ; il ne leur reste que la maladie de leur animosité, qui est d'autant plus malsaine qu'elle s'imagine avoir plus de forces. Nous vous adjurons, dis-je, pour ces malades, soi-disant sages, mais d'une sagesse naturelle et charnelle ; ils sont pourtant nos frères. Ils célèbrent les mêmes sacrements, et bien qu'ils ne les célèbrent pas avec vous, ce sont bien les mêmes ; ils répondent un même : Amen, et si ce n'est pas avec nous, c'est bien le même. Priez Dieu pour eux, du plus profond de votre charité.

 

R/ Il y a un seul pain,

Et nous sommes tous un seul corps,

Car nous avons tous part à un seul pain.

 

L'amour dont nous aimons,

N'est-il pas communion à l'amour du Christ ?

 

Garde-nous, Seigneur,

Dans l'unité de l'Esprit, par le lien de la paix.

Oraison

Fais-nous vivre à tout moment, Seigneur, dans l'amour et le respect de ton saint nom, toi qui ne cesses jamais de guider ceux que tu enracines solidement dans ton amour.


14 mercredi

 

Deuxième livre de Samuel (2S 24, 1-4.10-18.24b-25)

Dénombrement du peuple par David

L'histoire de recensement, jugé coupable selon les idées du temps, nous montre comment la vraie pénitence peut obtenir de Dieu le salut d'une multitude, alors que notre péché nuit à la communauté tout entière. Solidaires dans le bien comme dans le mal, nous sommes devant Dieu un vrai peuple.

La colère du Seigneur s'enflamma encore contre les Israélites, et il excita David contre eux en disant : "Va, dénombre Israël et Juda." Le roi dit à Joab, chef de l'armée, qui était avec lui : "Parcours toutes les tribus d'Israël de Dan à Béer-Shéva et recensez le peuple, que j'en sache le nombre." Joab dit au roi : "Que le Seigneur, ton Dieu, accroisse le peuple au centuple, et que mon seigneur le roi le voie de ses propres yeux ! Mais pourquoi mon seigneur le roi veut-il une chose pareille ?" Néanmoins l'ordre du roi s'imposa à Joab et aux chefs de l'armée, et Joab se mit en route avec les chefs de l'armée royale pour recenser le peuple d'Israël.

David sentit son cœur battre après qu'il eut ainsi dénombré le peuple. David dit au Seigneur : "C'est un grave péché que j'ai commis. Mais maintenant, Seigneur, daigne passer sur la faute de ton serviteur, car j'ai agi vraiment comme un fou."

Quand David se leva le lendemain matin, la parole du Seigneur avait été adressée au prophète Gad, le voyant de David, en ces termes : Va dire à David : Ainsi parle le Seigneur : Je fais peser sur toi trois menaces. Choisis l'une d'elles et je l'exécuterai. Gad alla donc trouver David et il l'en informa. Il lui dit : "Subiras-tu sept années de famine dans ton pays, ou trois mois de déroute devant ton adversaire, lancé à ta poursuite, ou trois jours de peste dans ton pays ? Maintenant donc, réfléchis et vois ce que je dois répondre à celui qui m'a envoyé." David dit à Gad : "Je suis dans une grande angoisse... Tombons plutôt entre les mains du Seigneur, car sa miséricorde est grande, mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes !" Le Seigneur envoya donc la peste en Israël depuis ce matin-là jusqu'au temps fixé, et il mourut, parmi le peuple, de Dan à Béer-Shéva, soixante-dix mille hommes.

L'ange étendit la main vers Jérusalem pour la détruire, mais le Seigneur renonça à sévir et dit à l'ange qui exterminait le peuple : "Assez ! Maintenant, relâche ton bras." Or l'ange du Seigneur était auprès de l'aire d'Arauna le Jébusite.

David parla au Seigneur, quand il vit l'ange qui frappait dans le peuple. Il dit : "C'est moi qui ai péché et c'est moi qui ai commis une faute, mais ces brebis, qu'ont-elles fait ? Que ta main soit sur moi et sur ma famille !"

Gad alla trouver David, en ce jour-là, et il lui dit : "Monte ériger un autel au Seigneur sur l'aire d'Arauna le Jébusite." David acheta donc l'aire et les bœufs pour cinquante sicles d'argent. Là, David bâtit un autel au Seigneur et il offrit des holocaustes et des sacrifices de paix. Le Seigneur se montra propice au pays, et le fléau fut retenu loin d'Israël.

 

R/ Que ta pitié ne se lasse pas de nous,

Car tu es notre Père.

 

Pourquoi, Dieu, cette longue rancœur,

Cette colère du Berger contre son troupeau ?

 

David dit au Seigneur : C'est moi qui ai péché,

C'est moi qui ai commis le mal,

Mais le troupeau, lui, qu'a-t-il fait ?

 

"L'ENSEIGNEMENT DES DOUZE APÔTRES"

Prière d'action de grâce

Prière eucharistique ou simples prières de table, ces bénédictions que nous a transmises la Didachè " l'Enseignement (les douze Apôtres) " sont le témoin des assemblées d'une communauté judéo-chrétienne de Syrie entre 100 et 150, et pour nous l'expression communautaire la plus ancienne de l'action de grâce chrétienne, dans une continuité extraordinaire avec celle de l'Ancien Testament.

Voici comment vous rendrez grâce. D'abord sur la coupe :

"Nous te rendons grâce, notre Père, pour la sainte vigne de David ton serviteur, que tu nous as fait découvrir par Jésus, ton serviteur ; à toi la gloire pour les siècles."

Puis, sur le pain rompu : "Nous te rendons grâce, notre Père, pour la vie et la connaissance que tu nous as fait découvrir par Jésus, ton serviteur ; à toi la gloire pour les siècles. Comme ce pain rompu, qui était dispersé sur les montagnes et les collines, a été rassemblé pour ne plus faire qu'un, ainsi que ton Église soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton Royaume. Car c'est à toi qu'appartiennent la gloire et la puissance, par Jésus Christ, pour les siècles."

Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie, excepté ceux qui ont été baptisés au nom du Seigneur ; car c'est à ce sujet que le Seigneur a dit : Ne donne pas aux chiens ce qui est sacré.

Après vous êtes rassasiés, voici comment vous rendrez grâce : "Nous te rendons grâce, Père saint, pour ton saint Nom que tu as fait habiter dans nos cœurs, pour la connaissance, la foi et l'immortalité que tu nous as fait connaître par Jésus, ton serviteur ; à toi la gloire pour les siècles.

C'est toi, Maître tout-puissant, qui as créé l'univers pour la gloire de ton Nom, qui as donné aux hommes nourriture et boisson pour qu'ils en jouissent, afin qu'ils te rendent grâce. Mais nous, tu nous as gratifiés d'une nourriture et d'une boisson spirituelles et de la vie éternelle, par ton Serviteur. Avant tout, nous te rendons grâce parce que tu es puissant ; à toi la gloire pour les siècles.

Souviens-toi. Seigneur, de ton Église, pour la préserver de tout mal et la rendre parfaite dans ton amour. Et rassemble-la des quatre coins du monde dans ton Royaume que tu lui as préparé, cette Église que tu as sanctifiée. Car c'est à toi qu'appartiennent la puissance et la gloire pour les siècles.

Que la grâce vienne, et que ce monde passe ! Hosanna au Dieu de David ! Celui qui est saint, qu'il vienne ! Celui qui ne l'est pas, qu'il se convertisse ! Maranatha, Amen."

Lorsque vous vous réunissez le dimanche, jour du Seigneur, rompez le pain et rendez grâce, après avoir d'abord confessé vos péchés afin que votre sacrifice soit pur. Mais celui qui a un différend avec son compagnon ne doit pas se joindre à vous, jusqu'à ce qu'ils se soient réconciliés, pour ne pas profaner votre sacrifice. Car telle est la parole du Seigneur : En tout lieu et en tout temps, on m'offrira un sacrifice pur, car je suis un grand Roi, dit le Seigneur, et mon nom est redoutable parmi les nations.

 

R/ Nous partageons le Pain nouveau,

La table fraternelle,

Le Corps brisé, la chair du Fils de Dieu,

Pâque des chrétiens.

 

Nous célébrons le Vin nouveau,

La coupe de lumière,

Le Sang jailli du Cœur de Jésus Christ,

Vie des baptisés.

 

Nous entonnons le chant nouveau,

La gamme de louange,

L'action de grâce, l'hymne à la Trinité,

Psaume des vivants.

Oraison

Tu as voulu, Seigneur, qu'en recevant ta grâce nous devenions des fils de lumière ; ne permets pas que l'erreur nous plonge dans la nuit, mais accorde-nous d'être toujours rayonnants de ta vérité.


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