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16 vendredi

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 5, 1-21)

L'ambition de Paul : plaire au Christ et annoncer un monde nouveau

Dieu s'est réconcilié le monde en Jésus Christ ; à Paul d'en proclamer la nouvelle à tous les hommes.

Nous le savons, si notre demeure terrestre, qui n'est qu'une tente, se détruit, nous avons un édifice, œuvre de Dieu, une demeure éternelle dans les cieux, qui n'est pas faite de main d'homme. Et nous gémissons, dans le désir ardent de revêtir, par-dessus l'autre, notre habitation céleste, pourvu que nous soyons trouvés vêtus et non pas nus. Car nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés ; c'est un fait : nous ne voulons pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement sur l'autre afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Celui qui nous a formés pour cet avenir, c'est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. Ainsi donc, nous sommes toujours pleins de confiance, tout en sachant que, tant que nous habitons dans ce corps, nous sommes hors de notre demeure, loin du Seigneur, car nous cheminons par la foi, non par la vue... Oui, nous sommes pleins de confiance et nous préférons quitter la demeure de ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur. Aussi notre ambition – que nous conservions notre demeure ou que nous la quittions – est-elle de lui plaire. Car il nous faudra tous comparaître à découvert devant le tribunal du Christ afin que chacun recueille le prix de ce qu'il aura fait durant sa vie corporelle, soit en bien, soit en mal.

Connaissant donc la crainte du Seigneur, nous cherchons à convaincre les hommes et, devant Dieu, nous sommes pleinement à découvert. J'espère être aussi pleinement à découvert dans vos consciences. Nous ne nous recommandons pas à nouveau auprès de vous, mais nous voulons vous fournir une occasion d'être fiers de nous afin que vous ayez de quoi répondre à ceux dont les motifs de fierté sont tout de façade et non de fond. Si nous avons été hors de sens, c'était pour Dieu ; si nous sommes sensés, c'est pour vous. L'amour du Christ nous étreint, à cette pensée qu'un seul est mort pour tous et donc que tous sont morts. Et il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. Aussi, désormais, ne connaissons-nous plus personne à la manière humaine. Si nous avons connu le Christ à la manière humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. Aussi, si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Le monde ancien est passé, voici qu'une réalité nouvelle est là. Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car de toute façon, c'était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation. C'est au nom du Christ que nous sommes en ambassade, et par nous, c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n'avait pas connu le péché, il l'a, pour nous, identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu.

 

R/ De quel amour j'aime ta demeure,

Seigneur Dieu de l'univers !

 

Si la tente de notre corps vient à se détruire,

Nous avons une maison dans les cieux,

Qui est l'œuvre de Dieu.

 

Qu'il nous faille demeurer dans ce corps,

Ou le quitter,

Nous avons à cœur de plaire au Seigneur.

 

Le Christ est mort pour que les hommes vivent,

Et qu'ils vivent non plus pour eux, mais pour lui.

 

DES CONFESSIONS DE SAINT AUGUSTIN

"Un seul médiateur entre Dieu et les hommes"

Le véritable médiateur, tu l'as envoyé et montré aux hommes dans le mystère de ta miséricorde, pour qu'à son exemple ils apprennent l'humilité. Ce médiateur entre Dieu et les hommes, c'est un homme, le Christ Jésus. Il s'est placé entre les pécheurs mortels et Dieu, juste et immortel. Il est mortel parmi les hommes, il est juste parce qu'il est Dieu. La vie et la paix sont le salaire de la justice. Or, par la justice qui l'unit à Dieu, il est venu pour anéantir la mort chez les impies devenus justes, cette mort qu'il a voulu avoir en commun avec eux. Comme tu nous as aimés, Père très bon, toi qui n'as pas refusé ton Fils unique, mais qui l'as livré pour les impies que nous étions. Comme tu nous as aimés, nous pour qui sans considérer comme une proie à saisir d'être égal à toi, il s'est fait obéissant jusqu'à la mort de la croix ! Seul libre entre les morts, ayant le pouvoir de donner sa vie et le pouvoir de la reprendre. Il est pour nous, à tes yeux, victorieux et victime, et victorieux parce que victime ; pour nous, à tes yeux, sacrificateur et sacrifice, et sacrificateur parce que sacrifice ; d'esclaves que nous étions, il a fait de nous tes enfants, en naissant de toi et en se faisant notre esclave.

Il est bien juste que je mette en lui la ferme espérance que tu guériras toutes mes maladies par celui qui siège à ta droite et qui t'interpelle pour nous. Autrement, je serais dans le désespoir. Elles sont nombreuses et graves, mes maladies, nombreuses et graves ! Mais ton remède est plus puissant. Nous aurions pu croire que ton Verbe était trop loin de toute union avec l'homme et désespérer de nous, s'il ne s'était pas fait chair et n'avait pas habité parmi nous. Terrifié par mes péchés et par le poids de ma misère, j'avais songé à fuir dans la solitude, j'en avais formé le projet. Mais tu me l'as interdit en me rassurant par ces paroles : Le Christ est mort pour tous afin que les vivants n'aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.

Tu vois, Seigneur, je jette en toi mes soucis, afin de vivre, et je contemplerai les merveilles de ta loi. Tu connais mon incapacité, ma faiblesse. Enseigne-moi, guéris-moi. Ton Fils unique, en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science m'a racheté par son sang. Que les orgueilleux cessent de me calomnier, parce que je songe au prix de ma rançon, je le mange, je le bois, je le distribue ; pauvre moi-même, je désire en être rassasié parmi les pauvres : ils mangeront, ils seront rassasiés ; ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent.

 

R/ Dieu a tant aimé le monde,

Qu'il a donné son Fils unique.

 

Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu :

Lui, le premier, nous a aimés.

 

Son Fils, son unique, il l'a offert

Pour les péchés du monde entier.

 

À tous ceux qui croient au Christ,

Il donne la vie éternelle.

Oraison

Dans ton amour inépuisable, Dieu éternel et tout-puissant, tu combles ceux qui t'implorent, bien au-delà de leurs mérites et de leurs désirs ; répands sur nous ta miséricorde en délivrant notre conscience de ce qui l'inquiète et en donnant plus que nous n'osons demander.


16 samedi

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 6, 1-18 ; 7, 1)

Ministre de Dieu par l'Esprit

Alors que tout semble s'élever contre lui, Paul accomplit sa mission d'Apôtre de Jésus Christ.

Puisque nous sommes à l'œuvre avec lui, nous vous exhortons à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu. Car il dit : Au moment favorable, je t'exauce, et au jour du salut, je viens à ton secours. Voici maintenant le moment tout à fait favorable. Voici maintenant le jour du salut.

Nous ne voulons d'aucune façon scandaliser personne, pour que notre ministère soit sans reproche. Au contraire, nous nous recommandons nous-mêmes en tout comme ministres de Dieu par une grande persévérance dans les détresses, les contraintes, les angoisses, les coups, les prisons, les émeutes, les fatigues, les veilles, les jeûnes, par la pureté, la science, la patience, la bonté, par l'Esprit Saint, l'amour sans feinte, la parole de vérité, la puissance de Dieu, par les armes offensives et défensives de la justice, dans la gloire et le mépris, dans la mauvaise et la bonne réputation, tenus pour imposteurs et pourtant véridiques, inconnus et pourtant bien connus, moribonds et pourtant nous vivons, châtiés sans être exécutés, attristés mais toujours joyeux, pauvres, et faisant bien des riches, n'ayant rien, nous qui pourtant possédons tout !

Nous nous sommes librement adressés à vous. Corinthiens, notre cœur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous. C'est en vous-mêmes que vous êtes à l'étroit. Payez-nous de retour ; je vous parle comme à mes enfants, ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi !

Ne formez pas d'attelage disparate avec les incrédules ; quelle association peut-il y avoir entre la justice et l'impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord entre Christ et Béliar ? Quelle relation entre le croyant et l'incrédule ?

Qu'y a-t-il de commun entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes, nous, le temple du Dieu vivant comme Dieu l'a dit : Au milieu d'eux, j'habiterai et je marcherai, je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Sortez donc d'entre ces gens-là, et mettez-vous à l'écart, dit le Seigneur ; ne touchez à rien d'impur. Et moi je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant.

Puisque nous détenons de telles promesses, mes bien-aimés, purifions-nous nous-mêmes de toute souillure de la chair et de l'esprit ; achevons de nous sanctifier dans la crainte de Dieu.

 

R/ Seigneur, nous rappelons ton amour

Au milieu de ton temple.

 

Quel accord entre le temple de Dieu et les idoles ?

Car vous êtes le temple de Dieu.

 

En possession de telles promesses,

Achevez de vous sanctifier dans la crainte de Dieu.

 

HOMÉLIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME SUR LA 2ème LETTRE AUX CORINTHIENS

L'amour de Paul pour les Corinthiens

Notre cœur s'est dilaté. De même que la chaleur produit un épanouissement, la charité a pour effet de dilater, car c'est une vertu chaude et ardente. C'est elle qui ouvrait la bouche de Paul et dilatait son cœur. "Je ne vous aime pas seulement en paroles", veut-il dire. "Mon cœur s'accorde avec ma bouche : je m'exprime donc en pleine liberté, de toute ma voix et de tout mon esprit." Il n'y avait rien de plus largement ouvert que le cœur de Paul. Il aimait ardemment tous les fidèles, comme si chacun était son préféré, sans laisser son affection se diviser ou s'affaiblir, mais en la faisant reposer tout entière sur chacun. Et qu'y a-t-il d'étonnant à ce qu'il ait eu un tel amour pour tous les fidèles, lui dont le cœur embrassait jusqu'aux infidèles de la terre entière ?

C'est pourquoi il ne dit pas : "Je vous aime", mais ce qui est beaucoup plus éloquent : Notre bouche s'est ouverte, notre cœur s'est dilaté ; nous vous tenons tous au-dedans de nous, non pas d'une façon quelconque, mais de la façon la plus généreuse. Car celui qui est aimé se trouve parfaitement à l'aise dans le cœur de celui qui l'aime. C'est pourquoi saint Paul ajoute : Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous, c'est dans vos cœurs que vous êtes à l'étroit. Vous voyez que son reproche est plein de délicatesse, comme il convient à ceux qui aiment vivement. Il ne dit pas : "Vous ne nous aimez pas", mais "Vous ne nous aimez pas dans la même mesure." Car il ne veut pas les reprendre trop fortement.

On peut parfaitement voir combien son amour pour les fidèles est ardent, si l'on recueille ses propos dans chacune de ses lettres. Il dit aux Romains : J'ai un très vif désir de vous voir ; j'ai souvent projeté de me rendre chez vous ; il demande continuellement d'avoir enfin l'occasion de se rendre chez vous. Il dit aux Galates : Mes petits enfants que, dans les douleurs, j'enfante à nouveau. Aux Éphésiens : Je tombe à genoux en priant pour vous. Aux Philippiens : Quelle est notre espérance, notre joie, notre orgueil, sinon vous ? Et il disait que, dans sa captivité, il les portait dans son cœur. Aux Colossiens : Je veux que vous sachiez quel rude combat je mène pour vous et pour tant d'autres qui ne m'ont jamais vu personnellement, afin que vos cœurs soient encouragés. Aux Thessaloniciens : Comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons, ayant pour vous une telle affection, nous voudrions vous donner non seulement l'Évangile, mais tout ce que nous sommes.

Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous, dit-il ici aux Corinthiens. Il ne dit pas seulement qu'il les aime, mais aussi qu'il est aimé d'eux, afin de les attirer davantage. Et il l'atteste lorsqu'il dit : Tite est venu nous faire part de votre vif désir, de vos larmes, de votre zèle.

 

R/ Nous le croyons : Dieu est amour !

 

C'est lui qui fut notre Sauveur :

Dans son amour et sa pitié,

Lui-même nous racheta.

 

Si Dieu nous a tant aimés,

Nous devons, nous aussi,

Nous aimer les uns les autres

Oraison

Nous t'en prions, Seigneur, que ta grâce nous devance et qu'elle nous accompagne toujours, pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche.


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