Ressources Catholiques Missel Romain

précédent

16 dimanche

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 1, 1-14)

Action de grâces dans les épreuves

Tous ce que Paul endure sert au réconfort de ses frères dans la foi.

Paul, apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, et le frère Timothée, à l'Église de Dieu qui est à Corinthe, ainsi qu'à tous les saints qui se trouvent dans l'Achaïe entière. À vous, grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation ; il nous console dans toutes nos détresses, pour nous rendre capables de consoler tous ceux qui sont en détresse, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu. De même, en effet, que les souffrances du Christ abondent pour nous, de même, par le Christ, abonde aussi notre consolation. Sommes-nous en difficulté ? C'est pour votre consolation et votre salut. Sommes-nous consolés ? C'est pour votre consolation qui vous fait supporter les mêmes souffrances que nous endurons nous aussi. Et notre espérance à votre égard est ferme ; nous savons que, partageant nos souffrances, vous partagez aussi notre consolation. Car nous ne voulons pas, frères, vous le laisser ignorer : le péril que nous avons couru en Asie nous a accablés à l'extrême, au-delà de nos forces, au point que nous désespérions même de la vie.

Oui, nous avions reçu en nous-mêmes notre arrêt de mort. Ainsi notre confiance ne pouvait plus se fonder sur nous-mêmes, mais sur Dieu qui ressuscite les morts. C'est lui qui nous a arrachés à une telle mort et nous en arrachera ; en lui nous avons mis notre espérance : il nous en arrachera encore. Vous y coopérez vous aussi par votre prière pour nous ; ainsi cette grâce, que nous aurons obtenue par l'intercession d'un grand nombre de personnes, deviendra pour beaucoup action de grâce en notre faveur.

Car notre sujet de fierté, c'est ce témoignage de notre conscience : nous nous sommes conduits dans le monde, et plus particulièrement envers vous, avec la simplicité et la pureté de Dieu, non avec une sagesse humaine, mais par la grâce de Dieu. Nous ne vous écrivons rien d'autre en effet que ce que vous lisez et comprenez. Mais j'espère que vous nous comprendrez complètement, puisque vous nous avez compris en partie : nous sommes votre sujet de fierté, comme vous êtes le nôtre au jour du Seigneur Jésus.

 

R/ Dans l'excès des soucis

Qui m'envahissent,

Tes consolations réconfortent mon âme.

 

Si les souffrances du Christ abondent pour nous,

Par le Christ, abonde notre consolation.

 

Le secours obtenu par les prières

D'un grand nombre

Multiplie l'action de grâce.

 

LETTRE DE SAINT IGNACE D'ANTIOCHE AUX MAGNÉSIENS

Être vraiment chrétiens, dans l'union à l'évêque

Ignace, appelé aussi Théophore (Porte-Dieu), à l'Église qui est bénie dans la grâce de Dieu le Père en Jésus Christ notre Sauveur. C'est en lui que je salue l'Église qui est à Magnésie, sur les bords du Méandre, et je lui souhaite abondance de joie en Dieu le Père et en Jésus Christ.

Apprenant que votre charité est parfaitement ordonnée selon Dieu, j'ai décidé, dans ma joie, de vous adresser la parole dans la foi en Jésus Christ. Honoré d'un nom d'une divine splendeur, alors que je me déplace chargé de chaînes, je célèbre la louange des Églises et je leur souhaite d'être unies à la chair et à l'esprit de Jésus Christ, notre éternelle vie je leur souhaite d'être unies dans la foi et la charité, qui est supérieure à tout et je leur souhaite ce qui est le plus important : l'union avec Jésus et le Père en qui, après avoir résisté à toutes les attaques du prince de ce monde et y avoir échappé, nous atteindrons Dieu. Puisque j'ai eu l'honneur de vous voir par l'intermédiaire de Damas, votre évêque digne de Dieu, des dignes presbytres Bassus et Apollonius, et de son compagnon de service, le diacre Zotion, je souhaite jouir de sa présence, car il est soumis à l'évêque comme à la grâce de Dieu, et au presbyterium comme à la loi de Jésus Christ.

Il convient que vous n'abusiez pas du jeune âge de votre évêque ; au contraire, par égard à la puissance de Dieu le Père, il convient que vous lui accordiez toute votre vénération. Car je sais que vos saints presbytres n'ont pas abusé de la jeunesse qui paraît en lui ; comme des gens guidés par une prudence divine, ils se soumettent à lui, non pas à lui, mais comme à l'évêque et au gardien de tous, au Père de Jésus Christ. Par respect pour ce Père qui nous a aimés, il convient d'obéir, sans aucune dissimulation. Car, lorsqu'on dissimule, ce n'est pas l'évêque visible que l'on égare, c'est l'évêque invisible que l'on essaie de tromper. En agissant ainsi, ce n'est pas à l'homme de chair qu'on s'adresse, mais à Dieu, qui connaît les choses cachées.

Il convient donc de ne pas seulement se faire appeler chrétien, mais de l'être aussi ; de même que certains ont toujours le nom de l'évêque à la bouche, mais font tout sans lui. Ceux-là ne me paraissent pas avoir une bonne conscience, car leurs assemblées ne sont pas légitimes ni conformes au commandement du Seigneur.

Car les choses ont leur fin, et voici devant nous, toutes deux également, la mort et la vie, et chacun doit aller à son lieu propre. C'est ainsi qu'il y a deux monnaies, celle de Dieu et celle du monde ; et chacune d'elles a sa marque particulière. Les infidèles portent celle de ce monde, et les fidèles qui sont dans la charité portent la marque de Dieu le Père par Jésus Christ. Si, grâce à celui-ci, nous ne décidons pas librement de mourir pour participer à sa passion, sa vie n'est pas en nous.

 

R/ Fais grandir entre nous, Seigneur,

L'accord et l'harmonie d'un même amour.

 

Menez une vie digne de l'Évangile,

Fermes dans un même esprit,

Luttant d'un cœur unanime.

 

Sans vous soucier de vos propres affaires,

Ayez à cœur celles de vos frères,

À l'exemple du Christ Jésus.

 

Te Deum

Oraison 16

Sois favorable à tes fidèles, Seigneur, et multiplie les dons de ta grâce : entretiens en eux la foi, l'espérance et la charité, pour qu'ils soient toujours attentifs à garder tes commandements.


16 lundi

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 1, 15-24 ; 2, 1-11)

Paul modifie son itinéraire

Toute occasion est bonne pour Paul : à travers tout, il annonce la fidélité et l'amour de Dieu pour les hommes.

Dans cette assurance, je voulais passer tout d'abord chez vous pour vous obtenir une deuxième grâce, puis, de chez vous, me rendre en Macédoine, et enfin revenir de Macédoine chez vous, pour que vous fassiez tout le nécessaire pour mon voyage en Judée. En prenant cette résolution, aurais-je fait preuve de légèreté ? Ou bien mes projets ne sont-ils que des projets humains, en sorte qu'il y ait en moi à la fois le Oui et le Non ? Dieu m'en est garant : Notre parole pour vous n'est pas Oui et Non. Car le Fils de Dieu, le Christ Jésus que nous avons proclamé chez vous, moi, Silvain et Timothée, n'a pas été "Oui" et Non, mais il n'a jamais été que Oui ! Et toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur Oui dans sa personne. Aussi est-ce par lui que nous disons AMEN à Dieu pour sa gloire. Celui qui nous affermit avec vous en Christ et qui nous donne l'onction, c'est Dieu, lui qui nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit. Pour moi, je prends Dieu à témoin sur ma vie : c'est pour vous ménager que je ne suis pas revenu à Corinthe. Ce n'est pas que nous régentions votre foi, mais nous coopérons à votre joie car, pour la foi, vous tenez bon.

Pour moi, j'ai décidé ceci : je ne retournerai pas chez vous dans la tristesse. Si en effet je vous cause de la tristesse, qui me donnera de la joie, sinon celui que j'aurai attristé ? C'était le but de ma lettre d'éviter qu'en arrivant, je n'éprouve de la tristesse de la part de ceux qui auraient dû me donner de la joie. Je suis convaincu, en ce qui vous concerne, que ma joie est aussi la vôtre à tous ; aussi est-ce en pleine difficulté et le cœur serré que je vous ai écrit parmi bien des larmes, non pour vous attrister, mais pour que vous sachiez l'amour débordant que je vous porte.

Si quelqu'un a fait de la peine, ce n'est pas à moi, mais dans une certaine mesure, n'exagérons rien, à vous tous. Pour un tel homme, il suffit du blâme infligé par la communauté ; c'est pourquoi, bien au contraire, faites-lui plutôt grâce et consolez-le, de peur qu'il ne sombre dans une tristesse excessive.

Aussi, je vous engage à faire preuve d'amour envers lui, car en vous écrivant, mon but était de voir à l'épreuve si votre obéissance était totale. À qui vous faites grâce, je fais grâce ! Si moi, j'ai fait grâce – dans la mesure où j'ai eu à le faire –, c'était pour vous, sous le regard du Christ, afin que nous ne soyons pas dupes de Satan. Car nous n'ignorons pas ses intentions.

 

R/ Le Seigneur a conclu avec nous une alliance,

Sur la montagne, il nous a parlé face à face.

 

Toutes les promesses de Dieu

Ont leur Oui dans le Christ,

Et par lui nous disons Amen à la gloire de Dieu.

 

Le Seigneur nous affermit dans le Christ,

Il nous a donné l'onction.

 

Le Seigneur nous a marqués de son sceau,

Il a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit.

 

LETTRE DE SAINT IGNACE D'ANTIOCHE AUX MAGNÉSIENS

Une seule prière, une seule espérance dans la charité

Puisque, dans les personnes que j'ai nommées plus haut (votre évêque Damas, les presbytres Bassus et Apollonius, le diacre Zotion), j'ai vu et aimé dans la foi toute votre communauté, je vous en conjure : ayez à cœur de faire toutes choses dans une divine concorde, sous la présidence de l'évêque qui tient la place de Dieu, des presbytres qui tiennent la place du sénat des Apôtres, et des diacres qui me sont si chers, eux qui ont reçu la charge du service de Jésus Christ, lequel avant les siècles était auprès du Père, et qui s'est manifesté à la fin des temps. Tous, donc, adoptez les mœurs de Dieu, respectez-vous mutuellement et que personne ne considère son prochain avec des vues charnelles, mais aimez-vous toujours les uns les autres en Jésus Christ. Qu'il n'y ait rien en vous qui puisse vous diviser : soyez unis à l'évêque et à ceux qui président pour refléter et enseigner la vie éternelle.

De même donc que le Seigneur n'a rien fait, ni par lui-même ni par ses Apôtres, sans son Père, avec qui il ne fait qu'un, ainsi vous-mêmes ne faites rien sans l'évêque et les presbytres. N'essayez pas de donner une apparence de raison à vos activités privées, mais faites tout en commun : une seule prière, une seule supplication, un seul esprit, une seule espérance dans la charité, dans la joie irréprochable ; un seul Jésus Christ, qui est au-dessus de tout. Concourez tous à former comme un seul temple de Dieu, autour d'un seul autel, en l'unique Jésus Christ, qui est sorti du Père unique, qui était auprès du Père unique, et qui est retourné à lui.

Ne vous laissez pas égarer par des doctrines étrangères, ni par de vieilles fables inutiles. Car si nous vivons encore selon la Loi juive, nous reconnaissons que nous n'avons pas reçu la grâce. Les prophètes de Dieu ont vécu selon Jésus Christ. C'est pourquoi ils ont été persécutés. Ils étaient inspirés par sa grâce, afin de convaincre les incrédules qu'il y a un seul Dieu, manifesté par Jésus Christ son Fils, son Verbe sorti du silence, qui s'est comporté en toutes choses de façon à plaire à celui qui l'avait envoyé.

Ceux qui vivaient dans l'ancien ordre de choses ont accédé la nouvelle espérance, en n'observant plus le sabbat, mais le jour du Seigneur, où notre vie s'est levée par lui et par sa mort, (Certains nient ce mystère par lequel nous avons reçu la foi ; or, c'est pour cela que nous tenons ferme, afin d'être reconnus comme les disciples de Jésus Christ, notre seul maître). Comment alors pourrons-nous vivre sans lui, alors que les prophètes eux-mêmes, qui étaient ses disciples par l'inspiration de l'Esprit, l'attendaient comme leur maître ? Et c'est pourquoi celui qu'ils attendaient en vivant dans la justice les a ressuscités des morts par sa présence.

 

R/ Un seul Seigneur, une seule foi,

Un seul baptême, un seul Dieu et Père !

 

Appelés à garder l'unité de l'Esprit

Par le lien de la paix,

Nous chantons et nous proclamons :

 

Appelés à former un seul corps

Dans un même Esprit,

Nous chantons et nous proclamons :

 

Appelés à partager une seule espérance

Dans le Christ,

Nous chantons et nous proclamons.

Oraison

Dieu qui as envoyé ton Fils pour nous sauver et faire de nous tes enfants d'adoption, regarde avec bonté ceux que tu aimes comme un père ; puisque nous croyons au Christ, accorde-nous la vraie liberté et la vie éternelle.


16 mardi

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 2, 12-17 ; 3, 1-6)

Paul, ministre de l'Alliance nouvelle

L'Apôtre a conscience de la grandeur de sa mission : un ministère de l'Esprit.

J'arrivai à Troas pour y prêcher l'Évangile du Christ et, bien que le Seigneur m'ouvrît grande la porte, je n'eus pas l'esprit en repos, car je ne trouvai pas Tite, mon frère. J'ai donc pris congé d'eux et je suis parti pour la Macédoine. Grâce soit rendue à Dieu qui, par le Christ, nous emmène en tout temps dans son triomphe et qui, par nous, répand en tout lieu le parfum de sa connaissance. De fait, nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ, pour ceux qui se sauvent et pour ceux qui se perdent ; pour les uns, odeur de mort qui conduit à la mort, pour les autres, odeur de vie qui conduit à la vie. Et qui est à la hauteur d'une telle mission ?

Nous ne sommes pas en effet comme tant d'autres qui trafiquent de la parole de Dieu ; c'est avec sincérité, c'est de la part de Dieu, à la face de Dieu, dans le Christ, que nous parlons.

Allons-nous de nouveau nous recommander nous-mêmes ? Ou bien avons-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation pour vous, ou de votre part ? Notre lettre, c'est vous, lettre écrite dans nos cœurs, connue et lue par tous les hommes. De toute évidence, vous êtes une lettre du Christ confiée à notre ministère, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs. Telle est l'assurance que nous avons grâce au Christ, devant Dieu. Ce n'est pas à cause d'une capacité personnelle que nous pourrions mettre à notre compte, c'est de Dieu que vient notre capacité.

C'est lui qui nous a rendus capables d'être ministres d'une Alliance nouvelle, non de la lettre, mais de l'Esprit ; car la lettre tue, mais l'Esprit donne la vie.

 

R/ Rendons grâce à Dieu :

Dans le Christ,

Il nous donne part à son triomphe.

 

Telle est notre assurance devant Dieu :

Il fait de nous les ministres de l'Alliance nouvelle.

 

Vous êtes une lettre du Christ,

Écrite par l'Esprit de Dieu sur vos cœurs.

 

LETTRE DE SAINT IGNACE D'ANTIOCHE AUX MAGNÉSIENS

Ayez le Christ en vous

Ne soyons pas insensibles à la bonté du Christ. Car s'il agissait comme nous, nous aurions disparu. Devenons ses disciples pour apprendre à vivre selon le christianisme. Car celui qui s'appelle d'un autre nom n'appartient pas à Dieu. Rejetez donc le mauvais levain, vieilli et devenu aigre ; transformez-vous en un levain nouveau, c'est-à-dire en Jésus Christ. En lui devenez du sel, pour que personne d'entre vous ne connaisse la corruption, car son odeur vous accusera.

Il est étrange de parler de Jésus Christ et de vivre comme un Juif. Car ce n'est pas le christianisme qui a cru au judaïsme, c'est le judaïsme qui a cru au christianisme, lequel a réuni tous ceux qui croient en Dieu.

Si j'écris ceci, mes bien-aimés, ce n'est pas pour avoir appris que quelques-uns d'entre vous seraient dans ces dispositions ; mais, bien que vous étant inférieur, je veux vous mettre en garde : ne tombez pas dans les pièges de la vanité. Au contraire, soyez pleinement convaincus de la naissance, ainsi que de la passion et de la résurrection arrivées sous le gouvernement de Ponce Pilate. Tout cela fut accompli véritablement et certainement par Jésus Christ, notre espérance : que personne d'entre vous ne s'en détourne jamais !

Je voudrais vous être uni en toutes choses, si j'en suis digne. Certes j'ai l'honneur d'être enchaîné, et pourtant je ne suis comparable à aucun d'entre vous, qui demeurez libres. Je sais que vous ne vous gonflez pas d'orgueil, car vous avez Jésus Christ en vous. Mieux encore, lorsque je fais votre éloge, je sais que vous en rougissez, selon ce qui est écrit : Le juste est son propre accusateur.

Efforcez-vous donc de vous affermir dans les enseignements du Seigneur et des Apôtres afin qu'en toutes choses vous réussissiez, selon la chair et selon l'esprit, dans la foi et la charité, dans le Fils et le Père et l'Esprit, dans le commencement et dans la fin, avec votre évêque si méritant et la précieuse couronne spirituelle de votre presbyterium et avec vos saints diacres. Soyez soumis à l'évêque et soumis les uns aux autres comme Jésus Christ, dans son incarnation, fut soumis au Père, et les Apôtres au Christ, au Père et à l'Esprit, afin que l'union soit à la fois charnelle et spirituelle.

Sachant que vous êtes remplis de Dieu, je vous ai exhortés brièvement. Souvenez-vous de moi dans vos prières, afin que je reconnaisse Dieu, et souvenez-vous de l'Église de Syrie, dont je ne suis pas digne de porter le nom, car j'ai besoin de votre prière et de votre charité unies en Dieu. Que l'Église de Syrie obtienne, par les prières de votre Église, de recevoir la rosée de la grâce.

De Smyrne d'où je vous écris, le groupe des Éphésiens vous salue. Ils y sont venus pour la gloire de Dieu ; comme vous, ils m'ont réconforté en toutes choses, avec Polycarpe, l'évêque de Smyrne. Et les autres Églises vous saluent aussi, en l'honneur de Jésus Christ. Portez-vous bien dans l'union à Dieu ; possédant l'Esprit qui ne peut nous abandonner, Jésus Christ.

 

R/ Dieu nous a donné la vie avec le Christ !

 

Poursuivez votre route dans le Christ,

Jésus, le Seigneur, tel que vous l'avez reçu.

 

Soyez enracinés et fondés en lui,

Affermis dans la foi, débordants d'action de grâce.

 

En lui habite toute la plénitude de la divinité,

En lui vous vous trouverez pleinement comblés.

Oraison

Dieu créateur et maître de toutes choses, regarde-nous, et pour que nous ressentions l'effet de ton amour, accorde-nous de te servir avec un cœur sans partage.


16 mercredi

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 3, 7-18 ; 4, 1-4)

Au service de l'Évangile de la gloire du Christ

L'Évangile nous permet de comprendre l'Ancien Testament, il a le pouvoir de nous transformer.

Si le ministère de mort gravé en lettres sur la pierre a été d'une gloire telle que les Israélites ne pouvaient fixer le visage de Moïse à cause de la gloire – pourtant passagère – de ce visage, combien le ministère de l'Esprit n'en aura-t-il pas plus encore ? Si en effet le ministère de condamnation fut glorieux, combien le ministère de la justice ne le sera-t-il pas plus encore ? Non, même ce qui alors a été touché par la gloire ne l'est plus, face à cette gloire incomparable. Car, si ce qui était passager a été marqué de gloire, combien plus ce qui demeure le sera-t-il ? Forts d'une pareille espérance, nous sommes pleins d'assurance ; nous ne faisons pas comme Moïse qui se mettait un voile sur le visage pour éviter que les Israélites ne voient la fin d'un éclat passager. Mais leur intelligence s'est obscurcie ! Jusqu'à ce jour, lorsqu'on lit l'Ancien Testament, ce même voile demeure. Il n'est pas levé, car c'est en Christ qu'il disparaît. Oui, jusqu'à ce jour, chaque fois qu'ils lisent Moïse, un voile est sur leur cœur. C'est seulement par la conversion au Seigneur que le voile tombe. Car le Seigneur est l'Esprit, et là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage dévoilé, reflétons la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même image, avec une gloire toujours plus grande par le Seigneur, qui est Esprit.

Aussi puisque, par miséricorde, nous détenons ce ministère, nous ne perdons pas courage. Nous avons dit non aux procédés secrets et honteux, nous nous conduisons sans fourberie, et nous ne falsifions pas la parole de Dieu, bien au contraire, c'est en manifestant la vérité que nous cherchons à gagner la confiance de tous les hommes en présence de Dieu. Si cependant notre Évangile demeure voilé, il est voilé pour ceux qui se perdent, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l'intelligence, afin qu'ils ne perçoivent pas l'illumination de l'Évangile de la gloire du Christ, lui qui est l'image de Dieu.

 

R/ Le Seigneur, c'est l'Esprit,

L'Esprit du Seigneur, c'est la liberté.

 

Nous tous, à visage découvert,

Réfléchissons comme en un miroir la gloire de Dieu.

 

Laissons-nous transformer

En l'image du Seigneur, toujours plus glorieuse.

 

DE L'IMITATION DE JESUS CHRIST

Ouvre ton cœur à la venue du Christ

Reviens à Dieu de tout ton cœur, quitte ce monde misérable, et ton âme trouvera le repos. Car le Royaume de Dieu est paix et joie dans l'Esprit Saint. Le Christ viendra vers toi en t'apportant sa consolation, si tu lui as préparé en toi une demeure digne de lui.

Toute sa gloire et sa beauté est au-dedans, et c'est là qu'il trouve toute sa joie. Il rend fréquemment visite à l'homme intérieur : ses paroles sont pleines de douceur, sa consolation donne la joie, sa paix surabonde, sa familiarité comble d'étonnement.

Allons, âme fidèle, prépare ton cœur pour que cet Époux daigne venir habiter en toi. Car il dit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, nous viendrons chez lui, nous ferons en lui notre demeure.

Laisse donc entrer le Christ. Lorsque tu posséderas le Christ, tu seras riche, il te suffira. C'est lui qui veillera sur toi, qui te pourvoira fidèlement de toutes choses, si bien que tu n'auras plus besoin de rien espérer de la part des hommes.

Mets toute ta confiance en Dieu. N'aie pas d'autre crainte, pas d'autre amour que lui. C'est lui qui répondra de toi et agira au mieux.

Tu n'as pas ici-bas de patrie définitive. En quelque lieu que tu puisses être, tu n'es qu'un étranger, un voyageur, et tu n'auras jamais de repos si tu n'es pas intimement uni au Christ.

Que ta pensée soit auprès du Très-Haut et que ta supplication se dirige sans relâche vers le Christ. Si tu ne sais pas considérer les sublimités célestes, prends ton repos dans la passion du Christ, et demeure avec joie dans ses blessures sacrées.

Souffre patiemment avec le Christ et pour le Christ, si tu veux régner avec lui.

Si une seule fois tu étais parfaitement entré dans l'intimité de Jésus, si tu avais savouré un peu seulement de son brûlant amour, alors tu ne tiendrais aucun compte de ce qui est pour toi-même heureux ou malheureux, mais tu te réjouirais bien davantage des humiliations, parce que l'amour de Jésus donne à l'homme la force de se mépriser.

 

R/ Le fruit de l'Esprit est amour, joie et paix.

 

Si nous vivons par l'Esprit,

Marchons aussi dans l'Esprit.

 

Si vous êtes conduits par l'Esprit,

Vous n'êtes plus soumis à la loi.

Oraison

Seigneur, tu as voulu que toute la loi consiste à t'aimer et à aimer son prochain : donne-nous de garder tes commandements, et de parvenir ainsi à la vie éternelle.


16 jeudi

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 4, 5-18)

Un trésor dans un vase d'argile

Paul éprouve ses limites dans la lutte, les échecs, la souffrance, mais "à cause de Jésus" son espérance reste entière.

Non, ce n'est pas nous-mêmes, mais Jésus Christ Seigneur que nous proclamons. Quant à nous-mêmes, nous nous proclamons vos serviteurs à cause de Jésus. Car le Dieu qui a dit : que la lumière brille au milieu des ténèbres, c'est lui-même qui a brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ. Mais ce trésor, nous le portons dans des vases d'argile, pour que cette incomparable puissance soit de Dieu et non de nous. Pressés de toute part, nous ne sommes pas écrasés ; dans des impasses, mais nous arrivons à passer ; pourchassés, mais non rejoints ; terrassés, mais non achevés ; sans cesse nous portons dans notre corps l'agonie de Jésus afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre corps. Toujours, en effet, nous les vivants, nous sommes livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre existence mortelle. Ainsi la mort est à l'œuvre en nous, mais la vie en vous. Pourtant, forts de ce même esprit de foi dont il est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous croyons, nous aussi, et c'est pourquoi nous parlons. Car nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera nous aussi avec Jésus et il nous placera avec vous près de lui. Et tout ce que nous vivons, c'est pour vous, afin qu'en s'accroissant la grâce fasse surabonder, par une communauté accrue, l'action de grâce à la gloire de Dieu.

C'est pourquoi nous ne perdons pas courage et même si, en nous, l'homme extérieur va vers sa ruine, l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos détresses d'un moment sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu'elles nous préparent. Notre objectif n'est pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.

 

R/ L'abondance de la grâce

Fait abonder l'action de grâce à la gloire de Dieu.

 

Nous portons en notre corps la mort de Jésus,

Afin que sa vie

Soit aussi manifestée dans notre corps.

 

Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus

Nous ressuscitera, nous aussi,

Et nous placera près de lui.

 

COMMENTAIRE DE SAINT AMBROISE SUR LE Ps 43

Que Dieu nous éclaire par la lumière de son visage

(Ce commentaire fut le dernier travail d'Ambroise, quelques semaines avant sa mort.)

Pourquoi détournes-tu ton visage ? Nous croyons que Dieu détourne son visage quand nous sommes dans l'affliction au point que les ténèbres recouvrent notre cœur et empêchent nos yeux de recevoir l'éclat de la vérité ! En effet, si Dieu veille sur notre intelligence et daigne visiter notre esprit, nous sommes certains que rien ne pourra nous plonger dans l'obscurité. Car le visage de l'homme est plus lumineux que les autres membres de son corps ; et, lorsque nous regardons quelqu'un, nous le découvrons s'il est inconnu, et nous le reconnaissons s'il est connu, parce qu'il ne peut échapper à notre regard. Or, combien plus le visage de Dieu, éclaire-t-il celui qu'il regarde ?

La belle parole de l'Apôtre, qui est vraiment l'interprète du Christ, concerne cela comme le reste, pour éclairer vos esprits par une pensée et une sentence appropriées. Il affirme en effet : Dieu a dit : Que la lumière brille au milieu des ténèbres. Et c'est lui-même qui a brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire qui rayonne sur le visage du Christ. Nous venons d'apprendre quel endroit de notre être reçoit la lumière du Christ. Il est en effet le rayon éternel des cœurs, et le Père l'a envoyé sur la terre pour que nous soyons éclairés par son visage. C'est ainsi que nous pouvons contempler les réalités éternelles et célestes, alors que nous étions auparavant captifs de l'obscurité terrestre.

Pourquoi parler du Christ, alors que l'Apôtre Pierre a dit à l'homme boiteux de naissance : Regarde-nous ? Il regarda Pierre et fut éclairé par la grâce de la foi. Car il n'aurait pas été guéri s'il n'avait pas cru.

Par conséquent, alors qu'il y avait une telle gloire chez les Apôtres, quand Zachée apprit le passage du Seigneur Jésus, il monta sur un arbre, parce que sa petite taille l'empêchait de le voir au milieu de la foule. Il vit le Christ et il trouva la lumière, il le vit, et lui, qui auparavant dérobait l'argent des autres, apporta le sien.

Pourquoi détournes-tu ton visage ? C'est-à-dire : Bien que tu détournes de nous ton visage, cependant, la lumière de ton visage, Seigneur, est imprimée en nous. Nous le gardons en nous et il resplendit dans notre cœur, car personne ne pourrait survivre si tu détournais ton visage.

 

R/ Christ est notre lumière, notre soleil levant !

 

Qui regarde vers lui resplendira,

Point d'ombre sur son visage.

 

Il vient nous visiter,

En lui la joie de notre cœur.

Oraison

Dieu, qui donnes la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié, sans te lasser, accorde nous ta grâce : en nous hâtant vers les biens que tu promets, nous parviendrons au bonheur du ciel.


suivant