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15 jeudi

 

Premier livre des Rois (1R 22, 1-9.15-23.29.34-38)

Mort du roi Akhab

En se fermant à la parole du Seigneur, l'homme signe sa propre perte. Telle est la leçon que nous enseigne la mort du roi Akhab. Encore faut-il que le porte-parole du Seigneur soit fidèle et ne cherche ni dans la complaisance aux hommes, ni dans une idéologie humaine quelconque à falsifier le message divin ou même à l'enrober.

On resta trois ans sans guerre entre Aram et Israël. La troisième année, Josaphat, roi de Juda, descendit vers le roi d'Israël. Le roi d'Israël avait dit à ses serviteurs : "Savez-vous que Ramoth-de-Galaad nous appartient, et nous hésitons à la reprendre des mains du roi d'Aram !" Il dit à Josaphat : "Veux-tu venir avec moi faire la guerre à Ramoth-de-Galaad ?" Josaphat répondit au roi d'Israël : "Il en sera de moi comme de toi, de mon peuple comme de ton peuple, de mes chevaux comme de tes chevaux." Josaphat dit encore au roi d'Israël : "Consulte d'abord la parole du Seigneur." Le roi d'Israël réunit les prophètes, environ quatre cents hommes, et leur dit : "Puis-je aller faire la guerre à Ramoth-de-Galaad ou dois-je y renoncer ?" Ils répondirent : "Monte ! Le Seigneur la livre aux mains du roi." Josaphat dit : "N'y a-t-il plus ici de prophète du Seigneur, par qui nous puissions le consulter ?" Le roi d'Israël dit à Josaphat : "Il y a encore un homme par qui on peut consulter le Seigneur, mais moi, je le déteste car il ne prophétise pas sur moi du bien, mais du mal : c'est Michée, fils de Yimla." Josaphat dit : "Que le roi ne parle pas ainsi !" Le roi d'Israël appela un fonctionnaire et dit : "Vite, fais venir Michée, fils de Yimla !"

Il arriva auprès du roi qui lui dit : "Michée, pouvons-nous aller faire la guerre à Ramoth-de-Galaad ou devons-nous y renoncer ?" Il répondit : "Monte ! Tu réussiras ! Le Seigneur la livrera aux mains du roi !" Le roi lui dit : "Combien de fois devrai-je te faire jurer de ne me dire que la vérité au nom du Seigneur ?" Michée répondit : "J'ai vu tout Israël dispersé sur les montagnes, comme des moutons qui n'ont point de berger ; le Seigneur a dit : Ces gens n'ont point de maître ; que chacun retourne chez lui en paix !

Le roi d'Israël dit à Josaphat : "Ne t'avais-je pas dit : Il ne prophétise pas du bien sur moi, mais du mal !" Michée dit : "Eh bien ! Écoute la parole du Seigneur. J'ai vu le Seigneur assis sur son trône et toute l'armée des cieux debout auprès de lui, à sa droite et à sa gauche. Le Seigneur a dit : Qui séduira Akhab pour qu'il monte et tombe à Ramoth-de-Galaad ? L'un parlait d'une façon, et l'autre d'une autre. Alors un esprit s'est avancé, s'est présenté devant le Seigneur et a dit : C'est moi qui le séduirai. Et le Seigneur lui a dit : De quelle manière ? Il a répondu : J'irai et je serai un esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes. Le Seigneur lui a dit : Tu le séduiras ; d'ailleurs tu en as le pouvoir. Va et fais ainsi. Si donc le Seigneur a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tous tes prophètes, c'est que lui-même a parlé de malheur contre toi."

Le roi d'Israël et le roi de Juda Josaphat montèrent à Ramoth-de-Galaad. Mais un homme tira de l'arc au hasard et frappa le roi d'Israël entre les pièces de la cuirasse. Le roi dit à son conducteur de char : "Tourne bride et fais-moi sortir du champ de bataille car je suis blessé." Le combat fut si violent ce jour-là qu'on dut laisser le roi dans son char, en face d'Aram ; mais le soir, il mourut. Le sang de la blessure avait coulé au fond du char. Au coucher du soleil, ce cri passa dans le camp : "Chacun dans sa ville, chacun dans son pays !" Après sa mort, on ramena le roi à Samarie, on l'ensevelit à Samarie. Tandis qu'on lavait à grande eau le char à l'étang de Samarie et que les chiens y léchaient le sang d'Akhab, les prostituées s'y lavèrent, selon la parole que le Seigneur avait dite.

 

R/ Envoie ta lumière et ta vérité,

Qu'elles m'indiquent la route.

 

Ne vous laissez pas égarer

Par ceux qui prophétisent en mon nom,

Dit le Seigneur, je ne les ai pas envoyés.

 

Quand vous me chercherez, vous me trouverez,

Pour m'avoir cherché de tout votre cœur,

Dit le Seigneur.

 

TRAITÉ DE SAINT AMBROISE SUR LES MYSTÈRES

Le symbolisme de l'onction et des vêtements blancs

Après le bain du baptême, tu es monté auprès de l'évêque. Pense à ce qui a suivi. N'est-ce pas ce que dit David : Comme le parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron ? C'est le parfum dont parle Salomon : Ton nom est un parfum qui se répand : c'est pourquoi les jeunes filles t'ont aimé et attiré. Combien d'âmes renouvelées aujourd'hui t'ont-elles aimé. Seigneur Jésus, en disant : Attire-nous derrière toi, nous accourrons à l'odeur de tes vêtements, pour aspirer l'odeur de la résurrection ?

Comprends le sens de ce rite : le parfum coule sur la barbe, c'est-à-dire sur la grâce de la jeunesse et sur la barbe d'Aaron, pour que tu deviennes une race élue, sacerdotale, précieuse. Car nous recevons tous l'onction de la grâce spirituelle en vue du royaume de Dieu et du sacerdoce.

Ensuite tu as reçu ces vêtements blancs que tu portes, pour signifier que tu as dépouillé l'enveloppe du péché et revêtu les vêtements purs de l'innocence, dont parle le prophète : Tu m'aspergeras avec l'hysope, et je serai purifié ; tu me laveras, et je deviendrai plus blanc que neige. On le voit en effet, selon la Loi et selon l'Évangile : celui qui est baptisé se montre purifié. Selon la Loi, parce que Moïse employait une touffe d'hysope pour asperger avec le sang de l'agneau. Selon l'Évangile, parce que le Christ avait des vêtements blancs comme neige, quand il fit voir, dans l'évangile de la Transfiguration, la gloire de sa résurrection. Il devient plus blanc que neige, celui dont la faute est pardonnée. C'est pourquoi le Seigneur dit par la bouche d'Isaïe : Si vos péchés sont comme la pourpre, je les rendrai blancs comme neige.

L'Église, qui porte ces vêtements blancs pour les avoir endossés grâce au bain de la nouvelle naissance, dit dans le Cantique des cantiques : Je suis noire et belle, filles de Jérusalem. Noire par la fragilité de la nature humaine, belle par la grâce ; noire parce que composée de pécheurs, belle par le sacrement de la foi. En voyant ces vêtements, les filles de Jérusalem disent, dans leur stupéfaction : Qui est celle-ci qui monte toute blanche ? Elle qui était noire, comment est-elle devenue blanche tout à coup ?

Quant au Christ, voyant son Église en vêtements blancs c'est pour elle, dit le prophète Zacharie, qu'il avait pris des vêtements sales – ou bien voyant l'âme purifiée et lavée par le sacrement de la nouvelle naissance, il lui dit : Que tu es belle, mon amie, que tu es belle : tes yeux sont beaux comme ceux de la colombe, cette colombe dont le Saint-Esprit avait pris l'apparence pour descendre du ciel.

Aussi rappelle-toi que tu as reçu l'empreinte de l'Esprit : Esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de piété, esprit de crainte religieuse, et garde bien ce que tu as reçu. Dieu le Père t'a marqué de son empreinte, le Christ Seigneur t'a confirmé, et il a mis l'Esprit dans ton cœur, comme un premier don, ainsi que tu l'as appris par la lecture de l'Apôtre.

 

R/ Le Seigneur a conclu avec nous une alliance ;

Sur la montagne, il nous a parlé face à face.

 

Toutes les promesses de Dieu

Ont leur Oui dans le Christ :

Et par lui nous disons Amen à la gloire de Dieu.

 

Le Seigneur nous affermit dans le Christ,

Il nous a donné l'onction.

 

Le Seigneur nous a marqués de son sceau,

Il a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit.

Oraison

Pour ceux qui t'aiment, Seigneur, tu as préparé des biens que l'œil ne peut voir : répands en nos cœurs la ferveur de ta charité, afin que t'aimant en toutes choses et par-dessus tout, nous obtenions de toi l'héritage promis qui surpasse tout désir.


15 vendredi

 

Deuxième livre des Chroniques (2Ch 20, 1-9.13-24)

Josaphat obtient le secours de Dieu

Voici un des rois fidèles de l'époque d'Elie, Josaphat, comme le seront plus tard Ezékias et Josias. Sa foi et son esprit de prière obtiennent de Dieu une grande délivrance dans une situation critique.

Les fils de Moab et les fils d'Ammon, accompagnés par des Maonites, vinrent faire la guerre à Josaphat. On vint l'annoncer à Josaphat en disant : "Une grande multitude est venue contre toi d'au-delà de la mer, c'est-à-dire d'Édom, et les voilà à Haçaçôn-Tamar, c'est-à-dire Éin-Guèdi." Josaphat eut peur : il décida de consulter le Seigneur et il proclama un jeûne sur tout Juda. Juda se rassembla pour implorer le Seigneur ; on vint même de toutes les villes de Juda pour implorer le Seigneur. Josaphat se tint dans l'assemblée de Juda et de Jérusalem dans la Maison du Seigneur, en face du Parvis Neuf, et il dit : "Seigneur, Dieu de nos pères, n'est-ce pas toi qui es Dieu dans les cieux et toi qui domines sur tous les royaumes des nations ? Dans ta main il y a force et puissance et nul ne peut s'affronter avec toi. N'est-ce pas toi, notre Dieu, qui as dépossédé les habitants de ce pays devant ton peuple Israël et qui l'as donné pour toujours à la descendance d'Abraham, ton ami ? Ils y ont habité et ils y ont construit pour toi un sanctuaire pour ton nom, en disant : S'il vient sur nous un malheur : épée, châtiment, peste ou famine, si nous nous tenons devant cette Maison et devant toi, car ton nom est dans cette Maison, et si nous crions vers toi dans notre détresse, tu exauceras et tu sauveras.

Tout le peuple de Juda se tenait debout devant le Seigneur ainsi que leurs familles, femmes et enfants. Au milieu de l'assemblée, l'esprit du Seigneur fut sur Yahaziël, fils de Zekaryahou fils de Benaya, fils de Yéiël, fils de Mattanya, le lévite, des fils d'Asaf. Il dit : "Faites tous attention, peuple de Juda, habitants de Jérusalem et roi Josaphat ! Ainsi vous parle le Seigneur : Ne craignez pas et ne vous effrayez pas devant cette multitude nombreuse, car cette guerre n'est pas la vôtre, mais celle de Dieu. Demain, descendez contre eux. Les voici qui montent par la montée de la Fleur, et vous les trouverez à l'extrémité du ravin en face du désert de Yerouel. Vous n'aurez pas à y combattre ; présentez-vous, arrêtez-vous et regardez la victoire du Seigneur en votre faveur. Juda et Jérusalem, ne craignez pas et ne vous effrayez pas ! Demain, sortez au-devant d'eux et le Seigneur sera avec vous."

Josaphat se prosterna, le visage contre terre, tandis que tout Juda et les habitants de Jérusalem s'étaient jetés à terre devant le Seigneur pour l'adorer ; les lévites, du groupe des fils des Qehatites et du groupe des fils des Coréites, se levèrent pour louer le Seigneur, le Dieu d'Israël, d'une voix extrêmement forte. Le peuple se leva de bon matin et sortit pour le désert de Teqoa. À son passage, Josaphat se leva pour dire : "Écoutez-moi, Juda et habitants de Jérusalem ! Ayez confiance dans le Seigneur votre Dieu et vous serez invincibles ! Ayez confiance dans ses prophètes et vous réussirez !"

Il se concerta avec le peuple pour établir des gens qui précéderaient les hommes d'armes en célébrant le Seigneur, en louant sa sainte majesté et en disant : "Célébrez le Seigneur, car sa fidélité est pour toujours." Au moment où ils commençaient leurs acclamations de louange, le Seigneur mit des agents de discorde parmi les fils d'Ammon, de Moab et de la montagne de Séïr venus en Juda et ils se battirent entre eux. Les fils d'Ammon et de Moab se levèrent contre les habitants de la montagne de Séïr pour les détruire et les exterminer. Quand ils eurent fini avec les habitants de Séïr, ils contribuèrent à s'anéantir les uns les autres. Quand Juda parvint au promontoire d'où l'on observe le désert, il se tourna vers la multitude : voilà que c'étaient des cadavres gisant à terre sans aucun rescapé.

 

R/ Du fond de notre détresse,

Nous crierons vers toi, Seigneur,

Et tu nous sauveras.

 

Ce combat n'est pas le vôtre, mais celui de Dieu.

Vous verrez le salut que le Seigneur vous réserve.

 

Endossez l'armure de Dieu, vivez dans la prière :

Au jour mauvais, vous pourrez résister.

 

TRAITÉ DE SAINT AMBROISE SUR LES MYSTÈRES

Présentation de l'Eucharistie aux nouveaux baptisés

Le peuple purifié, puis enrichi par les signes distinctifs du chrétien, s'avance vers l'autel du Christ, en disant : J'approcherai de l'autel de Dieu, du Dieu qui réjouit ma jeunesse. Puisqu'il a déposé les dépouilles de la vieille erreur, sa jeunesse est renouvelée comme celle de l'aigle, il se hâte d'accéder à ce banquet céleste. Il vient donc et, voyant le saint autel tout apprêté, il s'écrie : Devant moi tu as préparé une table. C'est ce peuple que fait parler David lorsqu'il dit : Le Seigneur me nourrit, et rien ne me manquera, il m'a placé dans un pâturage, il m'a conduit près de l'eau qui me restaure. Et plus loin : Car, même si je marche dans l'ombre de la mort, je ne craindrai pas le malheur, puisque tu es avec moi. Ton sceptre et ton bâton eux-mêmes m'ont soutenu. Devant moi tu as préparé une table en face de ceux qui me harcèlent. Tu as parfumé ma tête avec l'huile, et ta coupe enivrante, comme elle est magnifique !

C'est une chose merveilleuse, que Dieu ait fait pleuvoir la manne pour nos pères, et qu'ils aient mangé quotidiennement cet aliment du ciel. De là cette parole : L'homme a mangé le pain des anges. Et pourtant, ceux qui ont mangé ce pain au désert sont tous morts. Au contraire, cette nourriture que tu reçois, ce pain vivant qui est descendu du ciel, fournit la substance de la vie éternelle, et celui qui le mange ne mourra jamais, car c'est le corps du Christ.

Examine maintenant ce qui a le plus de valeur : la manne, pain des anges, ou bien la chair du Christ, laquelle est évidemment le corps qui donne la vie ? La manne d'autrefois venait du ciel, celle d'aujourd'hui est supérieure aux cieux ; celle-là appartenait au ciel, celle-ci au maître du ciel. Celle-là était sujette à la corruption si on la gardait pour le lendemain ; celle-ci est indemne de toute corruption, car celui qui la mange avec respect ne peut éprouver la corruption. Pour les Hébreux, l'eau a jailli du rocher ; pour nous, le sang a jailli du Christ. L'eau les a désaltérés pour un moment. Toi, lorsque tu bois, tu ne peux plus avoir soif. Autrefois préfiguration, aujourd'hui réalité.

Si ce que tu admires est une ombre, une préfiguration, combien grande est la réalité dont l'ombre excite déjà ton admiration. Écoute bien : ce qui s'est réalisé pour nos ancêtres n'était que l'ombre de la réalité à venir. Ils buvaient à un rocher qui les accompagnait, et ce rocher, c'était le Christ. Cependant la plupart n'ont fait que déplaire à Dieu, et ils sont tombés au désert. Ces événements se sont réalisés en figure à notre intention. Tu sais maintenant ce qui a le plus de valeur : la lumière l'emporte sur les ténèbres, la vérité sur la figure, le corps du Créateur sur la manne venue du ciel.

 

R/ Allons dans la joie

Puiser aux sources du salut !

 

Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai

N'aura plus jamais soif.

 

L'eau que je vous donnerai deviendra en vous

Source jaillissant en vie éternelle.

Oraison

Dieu qui peux mettre au cœur de tes fidèles un unique désir, donne à ton peuple d'aimer ce que tu commandes et d'attendre ce que tu promets ; pour qu'au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s'établissent fermement là où se trouvent les vraies joies.


15 samedi

 

Deuxième livre des Rois (2R 2, 1-15)

Enlèvement d'Elie

L'assomption d'Elie est un grand moment de l'histoire de la foi : les psalmistes y liront l'espérance, pour les amis de Dieu, d'échapper à la mort commune, ce qui prépare la foi en la résurrection ; et les prophètes espéreront son retour pour préparer les voies du Messie, mission que Jésus affirmera réalisée en Jean-Baptiste.

Voici ce qui arriva quand le Seigneur fit monter Élie au ciel dans la tempête.

Élie et Élisée quittaient Guilgal. Élie dit à Élisée : "Reste ici, je t'en prie, car le Seigneur m'envoie jusqu'à Béthel." Élisée répondit : "Par la vie du Seigneur et par ta propre vie, je ne te quitterai pas !" Et ils descendirent à Béthel. Les fils de prophètes, qui étaient à Béthel, sortirent vers Élisée et lui dirent : "Sais-tu qu'aujourd'hui le Seigneur va enlever ton maître dans les airs au-dessus de ta tête ?" Il répondit : "Je le sais moi aussi ; taisez-vous !" Élie lui dit : "Élisée, reste ici, je t'en prie, car le Seigneur m'envoie à Jéricho." Il répondit : "Par la vie du Seigneur et par ta propre vie, je ne te quitterai pas !" Et ils arrivèrent à Jéricho. Les fils de prophètes qui étaient à Jéricho s'approchèrent d'Élisée et lui dirent : "Sais-tu qu'aujourd'hui le Seigneur va enlever ton maître dans les airs au-dessus de ta tête ?" Il répondit : "Je le sais moi aussi ; taisez-vous !" Élie lui dit : "Reste ici, je t'en prie, car le Seigneur m'envoie au Jourdain." Il répondit : "Par la vie du Seigneur et par ta propre vie, je ne te quitterai pas !" Et ils s'en allèrent tous deux.

Cinquante d'entre les fils de prophètes allèrent se placer en face du Jourdain, à distance d'Élie et d'Élisée qui s'arrêtèrent tous deux près du fleuve. Alors Élie enleva son manteau, le roula et en frappa les eaux, qui se séparèrent. Ils passèrent tous deux à pied sec. Comme ils passaient, Élie dit à Élisée : "Demande ce que je dois faire pour toi avant d'être enlevé loin de toi !" Élisée répondit : "Que vienne sur moi, je t'en prie, une double part de ton esprit !" Il dit : "Tu demandes une chose difficile. Si tu me vois pendant que je serai enlevé loin de toi, alors il en sera ainsi pour toi, sinon cela ne sera pas."

Tandis qu'ils poursuivaient leur route tout en parlant, voici qu'un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre ; Élie monta au ciel dans la tempête. Quant à Élisée, il voyait et criait : "Mon père ! Mon père ! Chars et cavalerie d'Israël !" Puis il cessa de le voir. Il saisit alors ses vêtements et les déchira en deux. Il ramassa le manteau qui était tombé des épaules d'Élie, revint vers le Jourdain et s'arrêta sur la rive. Il enleva le manteau qui était tombé des épaules d'Élie et en frappa les eaux en disant : "Où est le Seigneur, le Dieu d'Élie ?" Lui aussi frappa les eaux : elles se séparèrent et Élisée passa.

Les fils de prophètes, ceux de Jéricho, qui l'avaient vu d'en face, dirent : "L'esprit d'Élie repose sur Élisée." Ils vinrent à sa rencontre, se prosternèrent devant lui jusqu'à terre.

 

R/ Que vienne le prophète,

Il ouvrira le chemin du Seigneur !

 

Il ramènera le cœur des pères vers leurs fils,

Et le cœur des fils vers leurs pères.

 

Jean sera grand aux yeux du Seigneur :

Il marchera devant lui

Avec l'esprit et la puissance d'Élie.

 

TRAITÉ DE SAINT AMBROISE SUR LES MYSTÈRES

Le sacrement que tu reçois est produit par la parole du Christ

Nous constatons que la grâce a plus de puissance que la nature. Et cependant, nous mesurons encore la grâce de la bénédiction des prophètes. Si la bénédiction d'un homme a été assez puissante pour changer la nature, que dirons-nous de la consécration faite par Dieu, où ce sont les paroles mêmes du Sauveur qui agissent ? Car ce sacrement que tu reçois est produit par la parole du Christ. Si la parole d'Élie a été assez puissante pour faire tomber le feu du ciel, la parole du Christ n'aura-t-elle pas la puissance de changer la nature des éléments ? Tu connais cette parole, à propos des œuvres de l'univers entier : Il a dit et ce fut fait, il a ordonné et ce fut créé, La parole du Christ qui a pu faire de rien ce qui n'existait pas auparavant ne peut-elle donc pas changer les choses qui existent en ce qu'elles n'étaient pas ? Car il n'est pas moins difficile de donner aux choses leur première nature que de changer cette nature.

Mais pourquoi employer des raisonnements ? Employons des exemples concernant le Christ, et appuyons la vérité de ce mystère sur les mystères de l'Incarnation. Lorsque Jésus est né de Marie, était-ce à la suite d'un processus naturel ? Si nous examinons l'ordre de la nature, il est normal que la femme engendre après s'être unie à l'homme. Il est donc évident que la Vierge a engendré hors de l'ordre naturel. Eh bien, le corps que nous produisons, c'est le corps né de la Vierge. Pourquoi cherches-tu l'ordre naturel pour le corps du Christ, alors que l'enfantement du Seigneur Jésus par la Vierge est en dehors du cours de la nature ? Le corps du Christ dans le sacrement est vraiment la chair du Christ, celle qui a été crucifiée et ensevelie. Ce sacrement est donc vraiment le sacrement de sa chair.

Le Seigneur Jésus le proclame lui-même : Ceci est mon corps. Avant la bénédiction par les paroles célestes, on nomme une autre substance. Après la consécration, c'est son corps que l'on désigne. Lui-même parle de son sang. Avant la consécration, on parle autrement ; après la consécration, on nomme le sang, Et tu dis : "Amen", c'est-à-dire : "C'est vrai." Ce que la bouche prononce, que l'âme le reconnaisse. Ce que la bouche exprime, que le cœur en ait la conviction.

Aussi l'Église, voyant une si grande grâce, exhorte ses enfants, exhorte ses amis à accourir vers les sacrements en leur disant : Mangez et buvez, mes amis, enivrez-vous, mes frères ! Ce que nous avons à manger et à boire, le Saint-Esprit l'a exprimé ailleurs par la bouche du prophète, en disant : Goûtez et voyez que le Seigneur est bon. Heureux l'homme qui met en lui sa confiance. Le Christ est dans ce sacrement, parce que celui-ci est le corps du Christ. Ce n'est donc pas une nourriture corporelle, mais une nourriture spirituelle. C'est pourquoi saint Paul dit, en parlant de sa préfiguration : Nos pères ont mangé un aliment spirituel, ils ont bu une boisson spirituelle. Car le corps de Dieu est un corps spirituel, le corps du Christ est le corps de l'Esprit divin, car le Christ est Esprit, comme dit l'Écriture : L'Esprit qui est devant nous, c'est le Christ Seigneur. Et nous lisons dans la lettre de Pierre : Le Christ est mort pour nous. Enfin, comme l'a rappelé le prophète, cette nourriture fortifie notre cœur et cette boisson réjouit le cœur de l'homme.

 

R/ Nous partageons le Pain nouveau,

La table fraternelle,

Le Corps brisé, la chair du Fils de Dieu,

Pâque des chrétiens.

 

Nous célébrons le Vin nouveau,

La coupe de lumière,

Le sang jailli du Cœur de Jésus Christ,

vie des baptisés.

 

Nous entonnons le chant nouveau,

La gamme de louange,

L'action de grâce, l'hymne à la Trinité,

Psaume des vivants.

Oraison

Dieu puissant de qui vient tout don parfait, enracine en nos cœurs l'amour de ton nom ; resserre nos liens avec toi, pour développer ce qui est bon en nous ; veille sur nous avec sollicitude, pour protéger ce que tu as fait grandir.


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