Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 11, 7-29)
Souffrances de l'Apôtre
Les vrais Apôtres, comme Paul, sont en continuel danger, et leur fierté ne repose pas sur des avantages humains.
Était-ce une faute de m'abaisser moi-même pour vous élever, en vous annonçant gratuitement l'Évangile de Dieu ? J'ai dépouillé d'autres Églises, acceptant d'elles de quoi vivre pour vous servir. Et lorsque j'ai été dans le besoin pendant mon séjour chez vous, je n'ai exploité personne, car les frères venus de Macédoine ont pourvu à mes besoins ; et en tout, je me suis bien gardé de vous être à charge et je m'en garderai bien. Par la vérité du Christ en moi, je l'atteste : on ne me fera pas cacher cette fierté dans les pays d'Achaïe. Et pourquoi ? Parce que je ne vous aime pas ? Dieu le sait ! Ce que je fais, je le ferai encore afin d'ôter tout prétexte à ceux qui en voudraient un pour se vanter des mêmes titres que nous ! Ces gens-là sont de faux apôtres, des faussaires camouflés en apôtres du Christ ; rien d'étonnant à cela : Satan lui-même se camoufle en ange de lumière. C'est donc peu de chose pour ses serviteurs de se camoufler en serviteurs de la justice. Leur fin sera conforme à leurs œuvres.
Je le répète, que l'on ne pense pas que je suis fou – ou bien alors acceptez que je sois fou, que je puisse moi aussi me vanter un peu. Ce que je vais dire, je ne le dis pas selon le Seigneur, mais comme en pleine folie, dans mon assurance d'avoir de quoi me vanter. Puisque beaucoup se vantent de leurs avantages humains, moi aussi je me vanterai. Volontiers, vous supportez les gens qui perdent la raison, vous si raisonnables. Vous supportez qu'on vous asservisse, qu'on vous dévore, qu'on vous dépouille, qu'on le prenne de haut, qu'on vous frappe au visage ; je le dis à notre honte, comme si nous avions été faibles. Ce qu'on ose dire – je parle comme un fou – je l'ose moi aussi. Ils sont Hébreux ? Moi aussi ! Israélites ? Moi aussi ! De la descendance d'Abraham ? Moi aussi ! Ministres du Christ ? – je vais dire une folie – moi bien plus ! Dans les fatigues – bien davantage, dans les prisons – bien davantage, sous les coups – infiniment plus, dans les dangers de mort – bien des fois !
Des Juifs, j'ai reçu cinq fois les trente-neuf coups, trois fois, j'ai été flagellé, une fois, lapidé, trois fois, j'ai fait naufrage, j'ai passé un jour et une nuit sur l'abîme.
Voyages à pied, souvent, dangers des fleuves, dangers des brigands, dangers de mes frères de race, dangers des païens, dangers dans la ville, dangers dans le désert, dangers sur mer, dangers des faux frères !
Fatigues et peine, veilles souvent ; faim et soif, jeûne souvent ; froid et dénuement ; sans compter tout le reste, ma préoccupation quotidienne, le souci de toutes les Églises. Qui est faible, que je ne sois faible ? Qui tombe, que cela ne me brûle ?
R/ Seigneur, bouclier qui m'entoures,
Ma gloire, tu me redresses la tête.
Seigneur, qu'ils sont nombreux, mes adversaires,
Nombreux à se lever contre moi !
À pleine voix, je crie vers le Seigneur,
De sa sainte montagne, il me répond.
Je m'éveille, le Seigneur est mon soutien.
Du Seigneur vient le salut.
CATÉCHÉSE PRÉBAPTISMALE DE SAINT CYRILLE DE JERUSALEM SUR LE SYMBOLE DE LA FOI
L'Église a les promesses de la vie éternelle
Église "catholique" : tel est le nom propre de cette Église sainte et qui est notre mère à tous. Elle est l'épouse de notre Seigneur Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, car il est écrit : De même que le Christ a aimé l'Église et s'est livré pour elle, etc. ; elle offre une image et une imitation de la Jérusalem d'en haut, qui est libre et qui est notre mère à tous. Après avoir été stérile, elle a maintenant de nombreux enfants.
La première épouse ayant été répudiée, dans la seconde, qui est l'Église catholique, Dieu a placé premièrement, selon saint Paul, des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d'enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, d'assister leurs frères, de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses, enfin la beauté de toutes les vertus : je veux dire la sagesse et l'intelligence, la tempérance et la justice, la miséricorde et la bonté, la patience invincible dans les persécutions.
Or l'Église, par les armes offensives et défensives de la justice, dans la gloire et le mépris, a connu d'abord les persécutions et l'oppression ; elle a couronné les saints martyrs de couronnes où s'entrelaçaient toutes les fleurs diverses de la patience. Et maintenant que la paix est venue, grâce à Dieu, elle reçoit l'honneur qui lui est dû de la part des rois, des personnages les plus haut placés, comme des hommes de toute race et de toute catégorie. Mais, alors que les rois voient les limites de leur pouvoir selon les lieux habités respectivement par leurs peuples, la sainte Église catholique est seule à jouir d'un pouvoir illimité sur toute la terre, comme il est écrit : Dieu lui a donné la paix pour frontière.
Puisque, dans cette sainte Église catholique, nous recevons des préceptes et des mœurs d'une grande noblesse, nous aurons en héritage le Royaume des cieux et la vie éternelle. Pour que le Seigneur nous l'accorde, nous supportons tout. Car le but qui nous est fixé ne consiste pas en peu de chose : il s'agit de gagner la vie éternelle. C'est pourquoi, dans la profession de foi qui nous a été enseignée, après l'article : En la résurrection de la chair, c'est-à-dire des morts (nous en avons discuté), nous affirmons croire en la vie éternelle : c'est pour elle que les chrétiens combattent.
Donc la vie réelle et vraie, c'est le Père ; par le Fils, dans le Saint-Esprit, il fait jaillir les dons du ciel sur toutes les créatures ; et c'est par sa bonté que nous avons reçus, nous aussi les hommes, la promesse infaillible des biens de la vie éternelle.
R/ Heureux le peuple qui a pour Dieu le Seigneur.
Heureuse la nation qu'il a choisie pour domaine !
Le Seigneur lui-même marchait à leur tête,
Colonne de nuée, le jour, pour leur ouvrir la route,
Colonne de feu, la nuit, pour les éclairer.
À notre tour, courons notre épreuve,
Les regards fixés sur Jésus
Qui nous a ouvert un chemin de vie.
Oraison
Dieu qui es bon et tout-puissant, éloigne de nous tout ce qui nous arrête, afin que sans aucune entrave, ni d'esprit corps, nous soyons libres pour accomplir ta volonté.
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 11, 30-33 ; 12, 1-13)
Paul met son orgueil sans sa faiblesse
S'il faut s'enorgueillir, je mettrai mon orgueil dans ma faiblesse. Dieu, le Père du Seigneur Jésus, qui est béni pour l'éternité, sait que je ne mens pas. À Damas, l'ethnarque du roi Arétas faisait garder la ville pour m'arrêter. Mais par une fenêtre, on me fit descendre dans une corbeille le long de la muraille, et j'échappai à ses mains.
Il faut s'enorgueillir ! C'est bien inutile ! Pourtant j'en viendrai aux visions et révélations du Seigneur. Je connais un homme en Christ qui, voici quatorze ans – était-ce dans son corps ? Je ne sais, était-ce hors de son corps ? Je ne sais, Dieu le sait – cet homme-là fut enlevé jusqu'au troisième ciel.
Et je sais que cet homme – était-ce dans son corps ? Était-ce sans son corps ? je ne sais, Dieu le sait –, cet homme fut enlevé jusqu'au paradis et entendit des paroles inexprimables qu'il n'est pas permis à l'homme de redire. Pour cet homme-là, je m'enorgueillirai, mais pour moi, je ne mettrai mon orgueil que dans mes faiblesses. Ah ! si je voulais m'enorgueillir, je ne serais pas fou, je ne dirais que la vérité ; mais je m'abstiens, pour qu'on n'ait pas sur mon compte une opinion supérieure à ce qu'on voit de moi, ou à ce qu'on m'entend dire. Et parce que ces révélations étaient extraordinaires, pour m'éviter tout orgueil, il a été mis une écharde dans ma chair, un ange de Satan chargé de me frapper, pour m'éviter tout orgueil. À ce sujet, par trois fois, j'ai prié le Seigneur de l'écarter de moi. Mais il m'a déclaré : "Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse." Aussi mettrai-je mon orgueil bien plutôt dans mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ. Donc je me complais dans les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions, et les angoisses pour Christ ! Car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort.
Me voilà devenu fou ! Vous m'y avez contraint. C'est vous qui auriez dû me recommander. Car je n'ai rien eu de moins que ces super-apôtres, bien que je ne sois rien. Les signes distinctifs de l'apôtre se sont produits parmi vous : patience à toute épreuve, signes miraculeux, prodiges, actes de puissance. Qu'avez-vous eu de moins que les autres Églises, sinon que, pour moi, je ne vous ai pas exploités ? Pardonnez-moi cette injustice !
R/ Seigneur, ta puissance se déploie
Dans ma faiblesse,
Que ta grâce me suffise !
De grand cœur je me vanterai de mes faiblesses,
Afin que repose sur moi la puissance du Christ.
Je me complais dans les persécutions
Endurées pour le Christ,
Car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort.
LETTRE DE SAINT IGNACE D'ANTIOCHE À POLYCARPE
Le ministère de l'évêque
Ignace, appelé aussi Théophore, à Polycarpe, évêque de l'Église de Smyrne, ou plutôt ayant lui-même pour évêque Dieu le Père et le Seigneur Jésus Christ, à lui toute sorte de joie.
En approuvant les sentiments que tu as pour Dieu, fondés comme sur un roc inébranlable, je glorifie hautement le Seigneur parce qu'il m'a jugé digne de contempler ton visage irréprochable dont je souhaite pouvoir toujours profiter en Dieu. Je t'exhorte, par la grâce dont tu es revêtu, à accélérer ta course et à exhorter tous les frères pour qu'ils soient sauvés. Justifie ta fonction d'évêque par une parfaite sollicitude de chair et d'esprit ; préoccupe-toi de l'unité, car il n'y a rien de meilleur. Supporte tous les frères, comme le Seigneur te supporte. Soutiens-les tous avec amour, comme d'ailleurs tu le fais. Adonne-toi sans relâche à la prière ; demande à progresser dans la sagesse ; sois vigilant en gardant un esprit toujours en éveil. Parle à chacun en particulier, à la manière de Dieu. Porte les infirmités de tous, comme un athlète accompli. Là où il y a un plus grand labeur, il y a grand profit.
Si tu n'aimes que les bons disciples, tu ne mérites pas de reconnaissance. Ce sont surtout les plus atteints que tu dois soumettre par la douceur. Toutes les blessures ne se soignent pas par le même traitement. Calme les crises violentes par des ablutions. En toutes choses, sois adroit comme le serpent et candide comme la colombe. Si tu es à la fois charnel et spirituel, c'est pour traiter avec douceur le mal que tu vois ; quant au mal invisible, demande qu'il te soit manifesté pour que rien ne t'échappe et que tu puisses prodiguer tous les dons spirituels. Le moment présent a besoin de toi, comme le pilote attend le vent favorable et comme l'homme secoué par la tempête attend le port, pour rejoindre Dieu. Sois sobre, comme un athlète de Dieu ; la récompense, c'est l'immortalité et la vie éternelle : tu en es convaincu, toi aussi. À tous égards, je suis pour toi une victime expiatoire, dans ces liens que tu as aimés.
Ne te laisse pas effrayer par ceux qui, paraissant dignes de foi, enseignent une autre doctrine. Tiens ferme, comme l'enclume sous le marteau. C'est le fait d'un grand athlète que de vaincre sous les coups. C'est pour Dieu surtout que nous devons tout endurer, afin que lui-même nous endure. Accrois ton ardeur. Sache apprécier la différence des temps. Espère celui qui est au-delà du temps, intemporel, invisible, mais qui s'est fait visible pour nous ; impalpable, impassible mais qui s'est fait passible pour nous, et, qui a enduré pour nous toute sorte de souffrances.
Que les veuves ne soient pas à l'abandon ; après le Seigneur, c'est à toi d'en prendre soin. Que rien ne se fasse sans ton avis, et toi non plus, ne fais rien sans Dieu ; c'est d'ailleurs ainsi que tu agis. Tiens bon. Que les réunions soient plus fréquentes : invite tous les frères nominativement. Ne méprise pas les esclaves, hommes ou femmes ; mais, de leur côté, qu'ils ne deviennent pas orgueilleux ; au contraire, qu'ils servent davantage, pour la gloire de Dieu, afin d'obtenir de Dieu une liberté plus haute. Qu'ils ne cherchent pas à se faire libérer aux frais de la communauté, pour ne pas devenir esclaves de leurs désirs.
R/ En Dieu notre confiance :
Il nous pourvoit de tout avec générosité.
Combats le bon combat,
Conquiers la vie éternelle
À laquelle tu as été appelé.
N'amassez pas de trésors sur la terre
Mais dans le ciel,
Et débordez d'action de grâce.
Oraison
Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité : car c'est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tout bien.
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 12, 14-21 ; 13, 1-13)
Annonce d'une visite à Corinthe
Jusqu'à la fin de sa lettre, Paul rappelle aux Corinthiens le paradoxe de la force et de la faiblesse.
Voici que je suis prêt à venir chez vous pour la troisième fois et je ne vous exploiterai pas : car je ne recherche pas vos biens, mais vous-mêmes. Ce n'est pas aux enfants à mettre de côté pour les parents, mais aux parents pour les enfants. Pour moi, bien volontiers je dépenserai et me dépenserai moi-même tout entier pour vous. Si je vous aime davantage, en serai-je moins aimé ? Soit, je ne vous ai pas été à charge ! Mais, fourbe que je suis, je vous ai eus par ruse. Prenez qui vous voulez de ceux que je vous ai envoyés : vous ai-je exploités par l'un d'eux ? J'ai insisté auprès de Tite et envoyé avec lui le frère (dont j'ai parlé). Tite vous a-t-il exploités ? N'avons-nous pas marché dans le même esprit ? Et sur les mêmes traces ? Depuis longtemps vous pensez que nous nous justifions devant vous ? Non, c'est devant Dieu, en Christ, que nous parlons. Et tout cela, bien-aimés, pour votre édification. Je crains en effet de ne pas vous trouver à mon arrivée tels que je veux, et que vous ne me trouviez pas tel que vous voulez ; qu'il n'y ait chez vous de la discorde, de la jalousie, des emportements, des rivalités, des médisances, des commérages, de l'insolence, des remous. Je crains qu'à mon prochain passage, mon Dieu ne m'humilie devant vous et que je n'aie à pleurer sur beaucoup de ceux qui ont péché antérieurement et ne se seront pas convertis de leur impureté, de leur inconduite et de leur débauche !
C'est la troisième fois que je vais chez vous. Toute affaire sera décidée sur la parole de deux ou trois témoins. Je l'ai déjà dit et, comme lors de ma deuxième visite, je le redis aujourd'hui que je suis absent, à ceux qui ont péché antérieurement et à tous les autres : Si je reviens, j'agirai sans ménagement, puisque vous voulez la preuve que le Christ parle en moi. Il n'est pas faible à votre égard, mais montre sa puissance en vous. Certes, il a été crucifié dans sa faiblesse, mais il est vivant par la puissance de Dieu. Et nous aussi sommes faibles en lui, mais nous serons vivants avec lui par la puissance de Dieu envers vous. Faites vous-mêmes votre propre critique, voyez si vous êtes dans la foi, éprouvez-vous ; ou bien ne reconnaissez-vous pas que Jésus Christ est en vous ? À moins que l'épreuve ne tourne contre vous. Vous reconnaîtrez, je l'espère, que nous avons fait nos preuves. Nous prions Dieu que vous ne fassiez aucun mal ; nous ne désirons pas donner nos preuves, mais vous voir faire le bien, et que l'épreuve paraisse tourner contre nous. Car nous sommes sans pouvoir contre la vérité, nous n'en avons que pour la vérité. Nous sommes dans la joie chaque fois que nous sommes faibles et que vous êtes forts. Voilà le but de nos prières : votre perfectionnement. C'est pourquoi, étant encore loin, je vous écris ceci pour ne pas avoir, une fois présent, à trancher dans le vif selon le pouvoir que le Seigneur m'a donné pour édifier et non pour détruire.
Au demeurant, frères, soyez dans la joie, travaillez à votre perfectionnement, encouragez-vous, soyez bien d'accord, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous mutuellement par un saint baiser. Tous les saints vous saluent.
La grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous. Amen.
R/ Seigneur Jésus,
Crucifié en raison de ta faiblesse,
Tu es vivant par la puissance de Dieu.
Nous aussi, nous sommes faibles dans le Christ,
Mais nous vivrons avec lui, de par Dieu.
Voyez si vous êtes dans la foi,
Mettez-vous à l'épreuve :
Ne reconnaissez-vous pas la vie du Christ en vous ?
LETTRE DE SAINT IGNACE D'ANTIOCHE À POLYCARPE
La vie de la communauté
Écarte les métiers qui se rattachent à la magie, ou plutôt condamne-les en faisant l’homélie. Dis aux femmes, mes sœurs, d’aimer le Seigneur et d’être fidèles à leur conjoint par la chair et par l’esprit. De même, recommande à mes frères, au nom de Jésus Christ, d’aimer leur femme comme le Seigneur a aimé l’Église. Si quelqu’un peut demeurer dans la chasteté en l’honneur de la chair du Seigneur, qu’il demeure dans l’humilité. Mais s’il en tire de l’orgueil, il est perdu ; s’il se croit supérieur à l’évêque, sa chasteté est corruption. Il convient que les hommes et les femmes qui se marient contractent leur union avec l’approbation de l’évêque, pour que leur mariage se fasse selon le Seigneur et non selon le désir. Que tout se fasse pour l’honneur de Dieu.
Attachez-vous à l’évêque, pour que Dieu aussi s’attache à vous. Quant à moi, j’offre ma vie pour ceux qui sont soumis à l’évêque, aux prêtres et aux diacres ; je souhaite obtenir de participer avec eux à la vie divine. Travaillez ensemble, et ensemble combattez, menez ensemble votre course ; souffrez, dormez, réveillez-vous ensemble, comme étant les intendants de Dieu (les évêques), ses assesseurs (les prêtres), ses serviteurs (les diacres). Cherchez à plaire à celui sous les ordres de qui vous militez et de qui vous recevez votre solde ; qu’on ne trouve aucun déserteur parmi vous. Que le baptême demeure comme votre bouclier, la foi comme votre casque, la charité comme votre lance, la persévérance comme votre armure ; les réserves de votre solde, ce sont vos bonnes actions, qui vous permettront de toucher les sommes méritées. Soyez donc patients les uns envers les autres dans la douceur, comme Dieu l’est avec vous. Comme je voudrais me réjouir sans fin de votre présence !
Puisque l’Église qui est à Antioche de Syrie jouit de la paix, à ce qu’on m’a rapporté, et cela grâce à votre prière, j’ai moi-même retrouvé plus de confiance dans l’abandon à Dieu, si toutefois, par mes souffrances, je rejoins Dieu, pour que l’on reconnaisse en moi votre disciple, au jour de la résurrection.
Il faudrait, bienheureux Polycarpe, convoquer une assemblée agréable à Dieu pour élire un homme qui vous soit très cher, d’une grande activité, et qu’on puisse appeler le messager de Dieu ; charge-le de se rendre en Syrie afin qu’il célèbre, pour la gloire de Dieu, votre active charité. Le chrétien n’a pas d’autorité sur lui-même, mais il est à la disposition de Dieu. C’est là l’œuvre de Dieu, et la vôtre, quand vous aurez agi ainsi. J’ai foi en la grâce, et je crois que vous êtes prêts à toute bonne action pour le service de Dieu. Connaissant votre zèle ardent pour la vérité, je me suis borné à quelques mots d’exhortation.
Puisque je n’ai pas pu écrire à toutes les Églises, ayant dû brusquement m’embarquer à Troas pour Néapolis, afin d’obéir à la volonté de Dieu, tu écriras à toutes les Églises d’Orient, toi qui connais la pensée de Dieu. À leur tour, qu’elles fassent de même : ceux qui le pourront enverront des messagers, les autres expédieront des lettres par tes envoyés. Ainsi vous recevrez la gloire d’une action éternelle, comme tu le mérites.
Je souhaite que vous vous portiez toujours bien en Jésus Christ notre Dieu, et que par lui vous demeuriez dans l’unité et sous l’épiscopat de Dieu. Portez-vous bien dans le Seigneur.
R/ En Dieu notre confiance :
Il nous pourvoit de tout avec générosité.
Combats le bon combat,
Conquiers la vie éternelle
à laquelle tu as été appelé.
N'amassez pas de trésors sur la terre
Mais dans le ciel,
Et débordez d'action de grâce.
Oraison
Réveille, Seigneur, le courage de tes fidèles : qu’ils soient plus ardents à profiter de tes grâces, pour obtenir de toi de plus puissants secours.