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18 dimanche

 

Livre d'Amos (Am 1, 1-15 ; 2, 1-3)

Accusation des voisins d'Israël

Le Seigneur voit plus haut que l'intérêt immédiat de son peuple : même l'impiété des Moabites envers le roi d'Edom recevra son châtiment. Ainsi Dieu cesse-t-il d'apparaître comme le seul protecteur d'Israël, pour devenir le gardien universel de la justice.

Paroles d'Amos, qui fut l'un des éleveurs de Teqoa, paroles dont il eut la vision, contre Israël, aux jours d'Ozias, roi de Juda, et aux jours de Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël, deux ans avant le tremblement de terre. Il disait :

De Sion, le Seigneur rugit et de Jérusalem, il donne de la voix, les pâturages des bergers sont désolés, et la crête du Carmel desséchée.

Ainsi parle le Seigneur : À cause des trois et à cause des quatre rébellions de Damas, je ne révoquerai pas mon arrêt : parce qu'ils ont haché le Galaad sous des herses de fer, je mettrai le feu à la maison d'Hazaël et il dévorera les palais de Ben-Hadad ; je ferai sauter le verrou de Damas ; de Biqéath-Awèn, j'extirperai le monarque ; de Beth-Éden, celui qui tient le sceptre ; et alors le peuple d'Aram sera déporté à Qir – dit le Seigneur.

Ainsi parle le Seigneur : À cause des trois et à cause des quatre rébellions de Gaza, je ne révoquerai pas mon arrêt : parce qu'ils ont déporté en masse des déportés, pour les livrer à Édom, je mettrai le feu aux murs de Gaza et il dévorera ses palais ; d'Ashdod, j'extirperai le monarque, et d'Ashqelôn, celui qui tient le sceptre ; je tournerai la main contre Éqrôn, et le reste des Philistins périra – dit le Seigneur Dieu.

Ainsi parle le Seigneur : À cause des trois et à cause des quatre rébellions de Tyr, je ne révoquerai pas mon arrêt : parce qu'ils ont livré des déportés en masse à Édom, sans avoir gardé la mémoire de l'alliance entre frères, je mettrai le feu aux murs de Tyr, et il dévorera ses palais.

Ainsi parle le Seigneur : À cause des trois et à cause des quatre rébellions d'Édom, je ne révoquerai pas mon arrêt : parce qu'il a poursuivi de l'épée son frère, et qu'il avait étouffé sa pitié ; parce que sa colère n'a cessé de déchirer et que sa rancune, il l'avait obstinément gardée, je mettrai le feu à Témân, et il dévorera les palais de Boçra.

Ainsi parle le Seigneur : À cause des trois et à cause des quatre rébellions des fils d'Ammon, je ne révoquerai pas mon arrêt : parce qu'ils ont éventré les femmes enceintes du Galaad, afin de pouvoir élargir leur territoire, je bouterai le feu aux murs de Rabba et il dévorera ses palais, au cri de guerre d'un jour de bataille, dans la tempête d'un jour d'ouragan ; leur roi s'en ira en déportation, lui avec ses officiers en même temps – dit le Seigneur.

Ainsi parle le Seigneur : À cause des trois et à cause des quatre rébellions de Moab, je ne révoquerai pas mon arrêt : parce qu'il a brûlé à la chaux les os du roi d'Édom, je mettrai le feu à Moab et il dévorera les palais de Qeriyoth ; Moab mourra dans le fracas, au cri de guerre, au son du cor ; de son sein, j'extirperai le juge ; et tous les officiers, je les tuerai avec lui – dit le Seigneur.

 

R/ Tu es juste, Seigneur,

Droits sont tes jugements.

 

Tu juges le monde avec justice,

Les nations selon leurs œuvres.

 

Justifiés par le sang du Christ,

Nous sommes sauvés par lui de la colère.

 

DE LA LETTRE ATTRIBUÉE À BARNABÉ

Les enseignements du Seigneur

Je vous salue, mes fils et mes filles, au nom du Seigneur qui nous a aimés, je vous souhaite la paix.

Devant la grandeur et la richesse des desseins de Dieu à votre égard, je me réjouis extrêmement, plus que de toute autre chose, en voyant que vos âmes sont bénies et glorieuses, à cause de la manière dont vous avez reçu la grâce, le don spirituel implanté en vous. C'est pourquoi ma joie ne fait que grandir, par l'espérance que j'ai moi-même d'être sauvé, quand je vois que l'Esprit s'est véritablement répandu sur vous, jaillissant de cette source abondante qu'est le Seigneur. C'est ce qui m'a frappé lorsque je vous ai vus, après l'avoir tellement désiré.

Je suis intimement persuadé, pour vous avoir enseigné bien des choses, que le Seigneur s'est fait mon compagnon sur le chemin de la justice. C'est pour moi une obligation absolue de vous aimer plus que mon âme, car une grande foi et une grande charité habitent en vous, avec l'espérance de partager la vie divine. J'ai donc pensé que, si je prenais soin de vous transmettre une partie de ce que j'ai reçu, le service rendu ainsi à des esprits comme les vôtres me vaudrait une récompense. Je m'empresse donc de vous écrire brièvement afin que vous ayez, avec votre foi, la connaissance parfaite.

Les enseignements du Seigneur sont au nombre de trois : L'espérance de la vie, commencement et fin de notre foi ; la justice, commencement et fin du jugement ; l'amour, attestation pleine de joie et d'allégresse des œuvres accomplies dans la justice.

En effet, le Maître nous a fait connaître par les prophètes le passé et le présent, et nous a donné de goûter par avance les choses futures. Voyant donc celles-ci s'accomplir chacune à leur tour, comme il nous l'avait dit, nous devons progresser davantage dans la crainte de Dieu, par une vie plus riche et plus élevée. Pour moi, ce n'est pas comme un maître, mais comme l'un d'entre vous, que je veux vous donner quelques enseignements. Vous en tirerez de la joie dans les circonstances présentes.

Puisque les jours sont mauvais, que l'adversaire est à l'œuvre et exerce le pouvoir, nous devons veiller sur nous-mêmes et rechercher les commandements du Seigneur. Notre foi est secondée par la crainte et la persévérance ; nos compagnons de combat sont la patience et la maîtrise de soi. Si ces vertus demeurent pures devant le Seigneur, sagesse, intelligence, science et connaissance viennent leur tenir compagnie dans la joie.

Car il nous a bien montré, par tous les prophètes, qu'il n'a besoin ni des sacrifices, ni des holocaustes, ni des offrandes. Voici en effet ce qu'il dit : Que m'importe la multitude de vos sacrifices ? Je suis rassasié des holocaustes de béliers ; la graisse des agneaux, le sang des taureaux et des boucs, je n'en veux pas, même quand vous venez vous présenter devant moi. Qui donc a réclamé cela de vos mains ? Ne continuez pas à piétiner mes parvis. Si vous m'offrez de la fleur de farine, c'est en vain, l'encens m'est en horreur ; vos nouvelles lunes et vos sabbats, je ne les supporte pas !

 

R/ Tout homme qui croit en Jésus Christ

Aura la vie éternelle.

 

Je n'ai rien voulu savoir parmi vous,

Sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.

 

Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus,

Afin d'être justifiés par la foi au Christ.

 

Te Deum

Oraison 18

Assiste tes enfants, Seigneur, et montre à ceux qui t'implorent ton inépuisable bonté ; c'est leur fierté de t'avoir pour Créateur et Providence : restaure pour eux ta création, et l'ayant renouvelée, protège-la.


18 lundi

 

Livre d'Amos (Am 2, 4-16)

Crimes de Juda et crimes d'Israël

Israël, lui aussi, connaîtra la visite implacable du Seigneur. L'alliance qui le liait à son Dieu impliquait sa sainteté morale, et l'injustice fleurit chez lui avec le refus d'entendre la parole divine. Ingratitude suprême qui rendra le châtiment plus sévère.

Ainsi parle le Seigneur : À cause des trois et à cause des quatre rébellions de Juda, je ne révoquerai pas mon arrêt : parce qu'ils ont rejeté l'enseignement du Seigneur, et n'ont pas observé ses décrets ; parce que leurs mensonges les avaient égarés, ceux que suivaient leurs pères, je mettrai le feu à Juda, et il dévorera les palais de Jérusalem.

Ainsi parle le Seigneur : À cause des trois et à cause des quatre rébellions d'Israël, je ne révoquerai pas mon arrêt : parce qu'ils ont vendu le juste pour de l'argent et le pauvre pour une paire de sandales ; parce qu'ils sont avides de voir la poussière du sol sur la tête des indigents et qu'ils détournent les ressources des humbles ; après quoi le fils et le père vont vers la même fille, profanant ainsi mon saint Nom ; à cause des vêtements en gage qu'ils ont extorqués près de chaque autel et du vin confisqué qu'ils boivent dans la maison de leur dieu.

Alors que moi, j'avais détruit au-devant eux l'Amorite, dont la majesté égale la majesté du cèdre, et la puissance, celle du chêne ; j'en avais arraché les fruits par-dessus et les racines par-dessous.

Alors que moi, je vous avais fait monter du pays d'Égypte, et vous avais conduits quarante ans au désert pour prendre possession du pays de l'Amorite ; alors que j'avais suscité, d'entre vos fils, des prophètes et, parmi les meilleurs d'entre vous, des nazirs ; oui ou non, est-ce vrai, fils d'Israël ? – oracle du Seigneur. Mais vous faites boire du vin aux nazirs et vous donnez cet ordre aux prophètes : Vous ne prophétiserez pas !

Me voici donc pour vous écraser sur place, comme écrase un char qui est tout plein de paille : le refuge se dérobera devant l'agile, le courageux ne rassemblera pas ses forces, le héros ne s'échappera pas, l'archer ne tiendra plus debout, le coureur agile n'en réchappera pas, le cavalier ne s'échappera pas, le plus vaillant de ces héros s'enfuira, tout nu, ce jour-là – oracle du Seigneur.

 

R/ Nous n'avons pas compris tes merveilles,

Nous avons méconnu ton grand amour.

 

Je vous ai envoyé mes prophètes ;

Vous les avez réduits au silence.

 

Mon peuple n'a pas écouté ma voix ;

Les miens ne m'ont pas reçu.

 

Nous avons failli comme nos pères,

Nous avons dévié, nous t'avons renié.

 

DE LA LETTRE ATTRIBUÉE À BARNABÉ

La loi nouvelle

Dieu a rejeté les anciens sacrifices afin que la loi nouvelle de notre Seigneur Jésus Christ, affranchie du joug de la contrainte, comporte une offrande qui ne soit pas faite par l'homme. Il dit encore aux Juifs : Est-ce que j'ai commandé à vos pères, quand ils sont sortis d'Égypte, de m'offrir des holocaustes et des sacrifices ? Non, mais voici ce que je leur ai prescrit : Que nul d'entre vous n'ait de pensées mauvaises contre son prochain ; et n'aimez pas le faux serment.

Nous devons donc comprendre. Si nous ne sommes pas dénués d'intelligence, ce que veut notre Père dans sa bonté. Car, s'il nous parle, c'est pour que nous recherchions comment nous approcher de lui, sans tomber dans la même erreur que ces gens-là. Voici donc ce qu'il dit à notre adresse : Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un cœur brisé, le parfum de bonne odeur pour le Seigneur, c'est un esprit qui glorifie son Créateur. Nous devons donc, mes frères, veiller avec beaucoup de soin à notre salut pour éviter que le Mauvais ne s'insinue en nous pour nous égarer et nous rejeter loin de ce qui est notre vie.

Le Seigneur dit encore aux Juifs, à ce sujet : Pourquoi jeûnez-vous pour moi afin de vous faire entendre aujourd'hui à force de crier ? Ce n'est pas là le jeûne que j'avais choisi, je n'ai pas voulu que l'homme se mortifie de cette façon. Mais il dit à notre adresse : Voici le jeûne que j'ai choisi : Brise toutes les chaînes injustes, délie les obligations imposées par les violents, renvoie libres les opprimés et déchire tout contrat injuste. Partage ton pain avec les affamés, habille ceux que tu vois sans vêtements, conduis les sans-abri dans ta maison.

Pour que l'Ennemi ne s'insinue pas en nous, fuyons le néant des idoles, détestons radicalement les actions de la voie mauvaise. Ne vous repliez pas sur vous-mêmes, ne vivez pas dans l'isolement, comme si vous étiez déjà justifiés, mais rassemblez-vous pour rechercher ensemble ce qui concerne le salut de tous. L'Écriture dit en effet : Malheureux ceux qui se croient des sages, qui sont intelligents à leurs propres yeux ! Devenons des spirituels, devenons pour Dieu un temple parfait. Autant que nous le pouvons, appliquons-nous à la crainte de Dieu et luttons pour garder ses commandements, afin de trouver notre joie dans ses volontés. Dieu jugera le monde sans faire de différence entre les hommes. Chacun recevra selon ce qu'il a fait. S'il est bon, sa justice marchera devant lui ; s'il est mauvais, le salaire de son mal le rejoindra. Évitons de nous reposer sous prétexte que nous sommes appelés, de peur que nous ne nous endormions dans nos péchés et que le Prince du mal ne prenne autorité sur nous pour nous chasser hors du royaume du Seigneur.

Comprenez encore ceci, mes frères : quand vous voyez comment les Israélites ont été abandonnés, après des signes et des prodiges comme ceux qui se sont produits chez eux, prenons garde à ce que, chez nous aussi, il ne se trouve, comme dit l'Écriture, beaucoup d'appelés et peu d'élus.

 

R/ Partager son pain avec l'affamé,

Voilà le jeûne qui plaît à Dieu.

 

Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.

Et si tu cries, le Seigneur répondra ;

À tes appels, il dira : Me voici !

 

Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.

Et quand le Fils de l'homme viendra, il te dira :

J'avais faim et tu m'as donné à manger.

Oraison

Aux appels de ton peuple en prière, réponds, Seigneur, en ta bonté : donne à chacun la claire vision de ce qu'il doit faire et la force de l'accomplir.


18 mardi

 

Livre d'Amos (Am 7, 1-17)

Malgré ses interventions auprès de Dieu, Amos est expulsé

Amos n'est en rien l'ennemi de son peuple : deux fois sa prière obtient de Dieu son salut. Mais finalement ses invectives coaliseront contre lui les représentants officiels du peuple.

Voici ce que me fit voir le Seigneur, mon Dieu : il produisait des sauterelles, quand le regain commençait à pousser – c'était le regain qui vient après la fenaison du roi ; comme elles avaient dévoré toute l'herbe du pays, je dis : "Seigneur, mon Dieu, pardonne, je t'en prie, Jacob pourrait-il tenir ? il est si petit !" Le Seigneur s'en repentit : "Cela n'arrivera pas", dit le Seigneur.

Voici ce que me fit voir le Seigneur, mon Dieu : le Seigneur, mon Dieu, intentait procès par un feu qui avait dévoré le grand Abîme et dévorait le territoire ; je dis : "Seigneur, mon Dieu, arrête, je t'en prie, Jacob pourrait-il tenir ? Il est si petit !" Le Seigneur s'en repentit : "Cela non plus n'arrivera pas", dit le Seigneur, mon Dieu.

Voici ce qu'il me fit voir : mon Seigneur, debout sur une muraille d'étain, tenait de l'étain à la main. Le Seigneur me dit : "Que vois-tu, Amos ?" Je dis : "De l'étain." Mon Seigneur me dit : "Voici que je viens mettre l'étain au milieu d'Israël, mon peuple ; pour lui, je ne passerai pas une fois de plus. Les hauts lieux d'Isaac seront dévastés, les sanctuaires d'Israël, rasés, quand je me lèverai avec l'épée contre la maison de Jéroboam."

Le prêtre de Béthel, Amacya, envoya dire à Jéroboam, le roi d'Israël : "Amos conspire contre toi au sein de la maison d'Israël ; le pays ne peut plus rien tolérer de ce qu'il dit. Car c'est ainsi que parle Amos : C'est par l'épée que mourra Jéroboam et Israël sera entièrement déporté loin de sa terre."

Amacya dit alors à Amos : "Va-t'en, voyant ; sauve-toi au pays de Juda : là-bas, tu peux gagner ton pain et prophétiser, là-bas ! Mais à Béthel, ne recommence pas à prophétiser, car c'est ici le sanctuaire du roi, le temple royal !"

Amos répondit à Amacya : "Je n'étais pas prophète, je n'étais pas fils de prophète, j'étais bouvier, je traitais les sycomores ; mais le Seigneur m'a pris de derrière le bétail et le Seigneur m'a dit : Va ! Prophétise à Israël mon peuple. Maintenant donc, écoute la parole du Seigneur : Tu déclares : Tu ne prophétiseras pas contre Israël, tu ne baveras pas sur la maison d'Isaac ! C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : Ta femme, elle se prostituera dans la ville ; tes fils et tes filles, ils tomberont sous l'épée ; ta terre, elle sera partagée au cordeau ; toi, tu mourras sur une terre impure, et Israël sera entièrement déporté loin de sa terre."

 

R/ Qui pourrait enchaîner la Parole ?

 

À ses serviteurs les prophètes,

Dieu révèle ses desseins.

 

Dieu a parlé autrefois par les prophètes,

Il nous parle maintenant par son Fils.

 

DE LA LETTRE ATTRIBUÉE À BARNABÉ

Le Seigneur a souffert dans la chair pour renouveler toute chair

Si le Seigneur a supporté de livrer sa chair à la destruction, c'est pour nous purifier par la rémission des péchés, qui se fait par l'aspersion de son sang. L'Écriture le dit d'une part à l'intention d'Israël, et d'autre part à notre intention. Elle parle ainsi : Il a été blessé à cause de nos fautes, broyé à cause de nos péchés ; par sa meurtrissure nous avons été guéris. Comme une brebis, il a été conduit à l'abattoir, et il est resté muet comme un agneau devant le tondeur. Nous devons donc rendre au Seigneur les plus grandes actions de grâce de ce qu'il nous a donné la connaissance du passé, la sagesse pour le présent ; et même sur l'avenir nous ne sommes pas sans intelligence. L'Écriture dit : Ce n'est pas pour rien qu'on tend des filets pour prendre les oiseaux. Cela veut dire : on mérite de périr si, connaissant la voie de la justice, on s'en écarte pour suivre la voie des ténèbres.

Ajoutons ceci, mes frères : si le Seigneur a supporté de souffrir pour nous, alors qu'il est le Seigneur de l'univers, à qui Dieu avait dit dès l'origine du monde : Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance, comment a-t-il supporté de souffrir par la main des hommes ? Apprenez-le. Les prophètes, qui recevaient de lui la grâce, ont prophétisé à son sujet. Et lui, comme c'était dans la chair qu'il lui fallait se faire voir afin de détruire la mort et de manifester la résurrection des morts, il a supporté de souffrir, C'est ainsi qu'il devait accomplir la promesse faite aux patriarches de s'acquérir pour lui-même un peuple nouveau pendant son séjour sur la terre et montrer, puisqu'il est l'auteur de la résurrection, qu'il est lui-même notre juge.

Enfin, bien qu'il enseignât Israël et lui fit voir de si grands miracles et prodiges, et malgré sa prédication, ils refusèrent de l'aimer.

Lorsqu'il nous a renouvelés par la rémission des péchés, il nous a donné une autre forme, si bien que nous avons une forme d'enfant, comme s'il nous créait à nouveau. C'est de nous, en effet, que parle l'Écriture, lorsque le Père dit au Fils : Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance. Qu'il soit le maître des bêtes de la terre, des oiseaux du ciel et des poissons de la mer. Et, en voyant que nous étions une belle création, il dit encore : Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre. Voilà ce qu'il dit au Fils.

Je vais maintenant vous montrer comment il s'adresse à nous. Il a fait une deuxième création, dans les derniers temps. Le Seigneur dit : Voici que je fais toutes choses nouvelles comme les premières. C'est à cela que se rapporte la parole du prophète : Entrez dans le pays où coulent le lait et le miel et dominez-le. Nous voilà donc créés à nouveau, comme le dit encore un autre prophète : Quant à ceux-là, dit le Seigneur, c'est-à-dire ceux que l'Esprit du Seigneur voyait par avance, je leur enlèverai leurs cœurs de pierre, et je leur donnerai des cœurs de chair. C'est en effet dans la chair que lui-même devait se manifester et habiter chez nous. Car l'habitation du Seigneur dans notre cœur, mes frères, en fait un temple saint. En effet, le Seigneur dit encore : Je te célébrerai dans l'assemblée de mes frères, et je te chanterai au milieu de l'assemblée des saints. C'est donc nous qu'il a conduits dans la terre excellente.

 

Le monde s'ouvre à la vie,

L'homme reçoit l'Esprit,

Au souffle du Très-Haut

Se lève un peuple nouveau

De toute race, langue et frontière :

 

R/ Pour devenir le corps de Jésus Christ

Et transformer la face de la terre.

 

C'est dans l'Esprit Saint

Que vous serez baptisés :

 

R/ Pour devenir le corps de Jésus Christ

Et transformer la face de la terre.

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, qui régis l'univers du ciel et de la terre : exauce, en ta bonté, les prières de ton peuple et fais à notre temps la grâce de la paix.


18 mercredi

 

Livre d'Amos (Am 9, 1-15)

Dévastation et restauration

Amos annonce la ruine totale du sanctuaire coupable : Israël, qui se confie dans sa certitude d'être le peuple élu, n'échappera pas à son destin. Mais Amos pressent qu'un reste fidèle connaîtra le salut et la joie dans un univers renouvelé.

Je vis mon Seigneur debout sur l'autel, qui disait : Frappe le chapiteau, et les seuils trembleront ; retranche tous ceux qui sont en tête, et les suivants, je les tuerai par l'épée ; ils n'auront pas un fuyard qui pourra s'enfuir, ils n'auront pas un rescapé qui pourra s'échapper ; s'ils forcent l'entrée du séjour des morts, ma main les en retirera, s'ils montent au ciel, je les en ferai descendre ; s'ils se cachent sur la crête du Carmel, je les rechercherai et les en tirerai ; s'ils se dérobent à mes yeux au fond de la mer, je donnerai l'ordre au Serpent de les y mordre ; s'ils se rendent en captifs au-devant de leurs ennemis, je donnerai l'ordre à l'épée de les y tuer ; j'aurai l'œil sur eux, pour le mal et non pour le bien.

Le Seigneur Dieu, le tout-puissant, touche-t-il la terre, qu'elle tremble, et que tous ses habitants prennent le deuil ; elle gonfle, tout entière, comme le fleuve, elle s'affaisse, comme le fleuve d'Égypte ; celui qui dresse son escalier dans le ciel et qui érige son palais au-dessus de la terre ; celui qui convoque les eaux de la mer et qui les répand sur la face de la terre, le Seigneur, c'est son nom.

Pour moi, n'êtes-vous pas comme des fils de Nubiens, fils d'Israël ? – oracle du Seigneur. N'ai-je pas fait monter Israël du pays d'Égypte, les Philistins de Kaftor et Aram de Qir ? Voici les yeux du Seigneur, mon Dieu, sur le royaume coupable : Je vais l'exterminer de la surface du sol, toutefois, je n'exterminerai pas entièrement la maison de Jacob – oracle du Seigneur. Oui, voici que je vais donner des ordres : je vais secouer, parmi toutes les nations, la maison d'Israël, comme on secouerait dans un crible sans que la plus petite pierre tombe à terre ; c'est par l'épée que vont mourir tous les coupables de mon peuple, eux qui disaient : "Il ne s'approchera pas, il ne nous arrivera pas, le malheur !"

Ce jour-là, je relèverai la hutte croulante de David, j'en colmaterai les brèches, j'en relèverai les ruines, je la dresserai comme aux jours d'autrefois, de sorte qu'ils posséderont le reste d'Édom et de toutes les nations sur lesquelles mon nom a été prononcé oracle du Seigneur, qui va l'accomplir.

Voici que viennent des jours – oracle du Seigneur – où le laboureur suit de près celui qui moissonne, et le vendangeur celui qui sème ; où les montagnes font couler le moût et chaque colline ruisselle ; je change la destinée d'Israël, mon peuple : ils rebâtissent les villes dévastées, pour y demeurer, ils plantent des vignes, pour en boire le vin, ils cultivent des jardins, pour en manger les fruits ; je les plante sur leur terre : ils ne seront plus arrachés de leur terre, celle que je leur ai donnée – dit le Seigneur, ton Dieu.

 

R/ Cherchez le Seigneur, et vous vivrez.

Cherchez le bien, Dieu sera avec vous.

 

Dieu s'est choisi parmi les païens

Un peuple consacré à son Nom.

 

Pour que le reste des hommes le cherche,

Il revient et son règne n'aura pas de fin.

 

DE LA LETTRE ATTRIBUÉE À BARNABÉ

Le chemin de la lumière

Voici quel est le chemin de la lumière. Si quelqu'un veut le suivre jusqu'au but qu'il s'est fixé, il doit s'appliquer avec zèle à ses œuvres. Voici donc la connaissance qui nous a été donnée pour marcher sur cette route :

Tu aimeras celui qui t'a créé, tu craindras celui qui t'a formé ; tu glorifieras celui qui t'a racheté de la mort ; tu seras simple de cœur et riche du Saint-Esprit ; tu ne t'attacheras pas à ceux qui suivent le chemin de la mort ; tu haïras tout ce qui n'est pas agréable à Dieu ; tu haïras toute hypocrisie ; tu ne t'élèveras pas toi-même, mais tu seras humble en toute chose tu ne t'attribueras pas la gloire tu n'auras pas de mauvais vouloir contre ton prochain ; tu ne t'abandonneras pas à l'arrogance.

Tu aimeras ton prochain plus que toi-même ; tu ne supprimeras pas l'enfant par avortement et tu ne le feras pas périr après sa naissance. Tu n'abandonneras pas ton autorité sur ton fils ou ta fille, mais, dès leur enfance, tu leur enseigneras la crainte du Seigneur. Tu ne convoiteras pas le bien de ton prochain ; tu ne seras pas cupide ; tu n'attacheras pas ton cœur aux orgueilleux, mais tu fréquenteras les justes et les humbles.

Tu accueilleras tout ce qui t'arrive comme un bienfait, sachant que rien ne se produit sans la volonté de Dieu. Tu ne seras pas double, ni en pensée ni en parole, car la duplicité dans le langage est un piège mortel.

Tu partageras tous tes biens avec ton prochain et tu ne diras pas que quelque chose t'appartient en propre, car, si vous possédez en commun les biens impérissables, combien plus les biens périssables ! Tu ne seras pas bavard, car la langue est un piège mortel. Autant qu'il sera possible, pour le bien de ton âme, tu seras chaste. N'aie pas la main tendue pour prendre et fermée pour donner. Tu aimeras comme la prunelle de ton œil tous ceux qui t'annonceront la parole du Seigneur.

Nuit et jour, tu te rappelleras le jour du jugement ; tu rechercheras la compagnie des saints ; chaque jour, tu chercheras à travailler par la parole, à aller porter l'exhortation en te préoccupant de sauver ton âme par le ministère de la parole, ou bien à travailler de tes mains pour racheter tes péchés.

Tu n'hésiteras pas à donner, tu donneras sans murmurer et tu connaîtras quel est celui qui récompense largement. Tu garderas ce qu'on t'a confié, sans ajouter ni retrancher. Jusqu'au bout tu haïras le mal. Tu jugeras avec justice. Tu ne provoqueras pas de divisions, mais tu rétabliras la paix en rapprochant les adversaires. Tu confesseras tes péchés. Tu ne viendras pas à la prière avec une conscience mauvaise. Tel est le chemin de la lumière.

 

R/ Ta parole, Seigneur, est lumière dans la nuit.

 

Vers qui pouvons-nous aller, Seigneur ?

Toi seul nous conduis au Royaume.

 

Heureux qui suit jusqu'au bout

Le chemin que tu lui traces.

 

Heureux qui médite en son cœur

Les voies mystérieuses de l'amour.

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, dirige notre vie selon ton amour, afin qu'au nom de ton Fils bien-aimé, nous portions des fruits en abondance.


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