Ressources Catholiques Missel Romain

précédent

18 jeudi

 

Livre d'Osée (Os 1, 1-9 ; 3, 1-5)

Le symbole du mariage d'Osée avec une prostituée

Rompant avec la discrétion jalouse des Orientaux, Osée n'hésite pas à nous raconter les malheurs de sa vie conjugale. C'est qu'ils nous apprennent la conduite d'un Dieu bafoué par le péché de l'homme. Il va rejeter le peuple infidèle, comme le prophète rejette les enfants de l'adultère, les marquant d'un nom lourd de menaces. Mais son amour aura le dernier mot, comme Osée qui reprend son épouse purifiée et repentante.

La parole du Seigneur qui fut adressée à Osée fils de Bééri, aux jours d'Ozias, de Yotam, d'Akhaz, d'Ézékias, rois de Juda, et aux jours de Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël.

Début des paroles du Seigneur par Osée. Le Seigneur dit à Osée : "Va, prends-toi une femme se livrant à la prostitution et des enfants de prostitution, car le pays ne fait que se prostituer en se détournant du Seigneur." Il alla prendre Gomer, fille de Divlaïm : elle conçut et lui enfanta un fils. Et le Seigneur dit à Osée : "Donne-lui le nom d'Izréel, car encore un peu de temps et je ferai rendre compte à la maison de Jéhu du sang d'Izréel et je mettrai fin à la royauté de la maison d'Israël. Il arrivera en ce jour-là que je briserai l'arc d'Israël dans la vallée d'Izréel."

Elle conçut encore et enfanta une fille, et le Seigneur dit à Osée : "Donne-lui le nom de Lo-Rouhama – c'est-à-dire : Non-Aimée – ; car je ne continuerai plus à manifester de l'amour à la maison d'Israël : je le lui retirerai tout entier. Mais la maison de Juda, je l'aimerai et je les sauverai par le Seigneur leur Dieu ; je ne les sauverai ni par l'arc ni par l'épée ni par la guerre, ni par les chevaux ni par les cavaliers."

Elle sevra Lo-Rouhama, puis elle conçut et enfanta un fils. Et le Seigneur dit : "Donne-lui le nom de Lo-Ammi – c'est-à-dire : Celui qui n'est pas mon peuple – ; car vous n'êtes pas mon peuple et moi je n'existe pas pour vous."

Le Seigneur me dit : "Va encore, aime une femme aimée par un autre et se livrant à l'adultère : Car tel est l'amour du Seigneur pour les fils d'Israël, tandis qu'ils se tournent, eux, vers d'autres dieux et qu'ils aiment les gâteaux de raisin." J'en fis l'acquisition pour quinze sicles d'argent et une mesure et demie d'orge. Et je lui dis : "Pendant de longs jours tu resteras à moi, sans te prostituer et sans être à un homme. J'agirai de même à ton égard." Ainsi pendant de longs jours les fils d'Israël resteront : pas de roi, pas de chef, pas de sacrifice, pas de stèle, pas d'éphod ni de téraphim.

Après cela les fils d'Israël rechercheront à nouveau le Seigneur, leur Dieu, et David, leur roi, et ils se tourneront en tremblant vers le Seigneur et vers ses biens, dans l'avenir.

 

R/ Même si nous sommes infidèles,

Dieu, lui, reste fidèle.

 

Nous n'étions pas un peuple,

Nous sommes maintenant le peuple de Dieu.

 

Nous étions pécheurs, le Christ nous a aimés

Et s'est livré pour nous.

 

Chantons les louanges du Seigneur,

Qui nous appelle à sa lumière.

 

HOMELIE DE BAUDOUIN DE FORD SUR LE CANTIQUE

"L'amour est fort comme la mort"

Forte est la mort, puisqu'elle peut nous enlever le don de la vie. Fort est l'amour, puisqu'il peut nous ramener à un meilleur usage de la vie.

Forte est la mort, puisqu'elle a le pouvoir de nous dépouiller de notre corps. Fort est l'amour, puisqu'il a le pouvoir d'arracher à la mort ce qu'elle nous a pris, et de nous le restituer.

Forte est la mort : aucun homme ne peut lui résister. Fort est l'amour, au point de pouvoir triompher d'elle, de briser son aiguillon, de mater ses efforts, de changer sa victoire en défaite. Tout cela se réalisera lorsque la mort sera insultée et s'entendra dire : Où est-il, mort, ton aiguillon ? Où est-elle, mort, ta victoire ?

L'amour est fort comme la mort, car l'amour du Christ est la mort de la mort. C'est pourquoi il dit : Je suis ta mort, ô mort ; enfer, je serai ta morsure. De même, l'amour dont nous aimons le Christ est fort, lui aussi, comme la mort, puisqu'il constitue à sa manière une mort : une mort où prend fin la vie ancienne, où les vices sont abolis, et abandonnées, les œuvres mortes.

De fait, cet amour que nous avons pour le Christ représente une certaine réciprocité ; même s'il est loin d'égaler celui du Christ pour nous, il est à l'image et à la ressemblance du sien. Le Christ en effet nous a aimés le premier, et par l'exemple d'amour qu'il nous a proposé, il s'est fait pour nous un sceau afin que nous devenions conformes à son image, en nous débarrassant de l'image de l'homme terrestre, et en prenant sur nous l'image de l'homme céleste. Comme il nous a aimés, aimons-le, nous aussi. En ceci, en effet, il nous a laissé un modèle pour que nous suivions ses traces.

C'est pourquoi il nous dit : Pose-moi comme un sceau sur ton cœur, comme s'il disait : "Aime-moi à la manière dont je t'aime : Garde-moi dans ton esprit, dans ta mémoire, dans ton désir, ton soupir, ton gémissement, tes sanglots. Souviens-toi, homme, avec quelle qualité je t'ai créé : de combien je t'ai préféré aux autres créatures, de quelle dignité je t'ai ennobli, de quelle gloire et de quel honneur je t'ai couronné et comment je t'ai fait de peu inférieur aux anges, comment j'ai tout placé sous tes pieds. Souviens-toi non seulement de tout ce que j'ai fait pour toi, mais encore de ce que j'ai supporté de ta part, en fait de peine et de mépris. Et vois si tu n'es pas injuste à mon égard en ne m'aimant pas. Qui en effet t'a aimé comme moi ? Qui t'a créé, sinon moi ? Qui t'a racheté, sinon moi ?"

Seigneur, enlève de moi ce cœur de pierre, ce cœur figé, ce cœur incirconcis. Et donne-moi un cœur nouveau, un cœur de chair, un cœur pur. Toi qui purifies le cœur et qui aimes le cœur pur, possède mon cœur et habite en lui ; contiens-le et remplis-le, toi qui dépasses tout ce que je suis et qui m'es plus intérieur et intime que moi-même. Toi, le modèle de la beauté et le sceau de la sainteté, scelle mon cœur dans ton image, scelle mon cœur sous ta miséricorde, Dieu de mon cœur, Dieu, ma part à jamais.

 

Le Bon Pasteur s'est livré lui-même

Pour que vous ayez la vie.

Laissez-vous conduire à sa voix

et suivez-le en chantant :

 

R/ Tu es la porte du Royaume,

Tu es la route vers le Père !

 

Le Seigneur a les yeux sur ses fidèles,

Sur ceux qui espèrent son amour.

 

Pour nous préserver de la mort,

Nous garder en vie au temps de la famine.

Oraison

Accorde-nous, Seigneur, de pouvoir t'adorer sans partage, et d'avoir pour tout homme une vraie charité.


18 vendredi

 

Livre d'Osée (Os 2, 2a.6-23)

Dieu te fiancera à lui pour toujours

Dieu nous fait explicitement connaître le sens des épreuves de son prophète. Comme une épouse adultère, Israël a connu avec les faux dieux des amours coupables : il lui faudra, dans le dépouillement total de l'exil et de la captivité, revenir sincèrement à son Dieu.

Faites un procès à votre mère, faites-lui un procès, car elle n'est pas ma femme, et moi je ne suis pas son mari. Qu'elle éloigne de son visage les signes de sa prostitution.

C'est pourquoi je vais fermer ton chemin avec des ronces, le barrer d'une barrière – et elle ne trouvera plus ses sentiers. Elle poursuivra ses amants sans les atteindre, elle les recherchera sans les trouver ; elle dira : "Je vais retourner chez mon premier mari, car j'étais plus heureuse alors que maintenant." Et elle n'a pas compris que c'est moi qui lui donnais blé, vin nouveau, huile fraîche ; je lui prodiguais de l'argent, et l'or, ils l'ont employé pour Baal.

C'est pourquoi je viendrai reprendre mon blé en son temps, mon vin nouveau en sa saison, j'arracherai ma laine et mon lin qui devaient cacher sa nudité. Maintenant je vais dévoiler sa honte aux yeux de ses amants et personne ne la délivrera de ma main. Je ferai cesser toute sa joie, ses fêtes, ses néoménies, ses sabbats, et toutes ses assemblées solennelles. Je dévasterai sa vigne et son figuier dont elle disait : "Voilà le salaire que m'ont donné mes amants." Je les changerai en fourré, et les bêtes sauvages en feront leur nourriture. Je lui ferai rendre compte des jours des Baals auxquels elle brûlait des offrandes : elle se parait de ses anneaux et de ses bijoux, elle courait après ses amants et moi, elle m'oubliait ! – oracle du Seigneur.

Eh bien, c'est moi qui vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur. Et de là-bas, je lui rendrai ses vignobles et je ferai de la vallée de Akor une porte d'espérance, et là elle répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle monta du pays d'Égypte.

Et il adviendra en ce jour-là – oracle du Seigneur – que tu m'appelleras "mon mari", et tu ne m'appelleras plus "mon baal, mon maître". J'ôterai de sa bouche les noms des Baals, et on ne mentionnera même plus leur nom. Je conclurai pour eux en ce jour-là une alliance avec les bêtes des champs, les oiseaux du ciel, les reptiles du sol ; l'arc, l'épée et la guerre, je les briserai, il n'y en aura plus dans le pays, et je permettrai aux habitants de dormir en sécurité.

Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai à moi par la justice et le droit, l'amour et la tendresse. Je te fiancerai à moi par la fidélité et tu connaîtras le Seigneur.

Et il adviendra en ce jour-là que je répondrai – oracle du Seigneur – ; je répondrai à l'attente des cieux et eux répondront à l'attente de la terre. Et la terre, elle, répondra par le blé, le vin nouveau, l'huile fraîche, et eux répondront à l'attente d'Izréel. Je l'ensemencerai pour moi dans le pays, et j'aimerai Lo-Rouhama, et je dirai à Lo-Ammi : "Tu es mon peuple", et lui, il dira : "Mon Dieu".

 

R/ Heureux les invités aux noces de l'Agneau.

 

Soyez dans la joie et l'allégresse :

Voici les noces de l'Agneau

et son épouse s'est faite belle.

 

Je te fiancerai à moi pour toujours,

Dans l'amour et dans la fidélité.

Tu sauras que je suis le Seigneur.

 

LE CANTIQUE SPIRITUEL PAR SAINT JEAN DE LA CROIX

"Je te fiancerai à moi pour toujours"

Une fois que l'âme est unie à Dieu, transformée en lui, elle aspire Dieu en Dieu, et cette aspiration est celle même de Dieu, car l'âme étant transformée en lui, il l'aspire elle-même en soi. C'est là, je pense, ce que saint Paul a voulu dire par ces mots : Voici la preuve que vous êtes des fils : envoyé par Dieu, l'Esprit de son Fils est dans nos cœurs, et il crie vers le Père en l'appelant : Abba ! Voilà ce qui a lieu chez les parfaits. Ne nous étonnons pas toutefois de savoir l'âme capable de parvenir à une telle élévation. Dès lors, en effet, que Dieu lui donne la grâce de devenir déiforme et unie à la Très Sainte Trinité, elle devient Dieu par participation ; comment serait-il incroyable qu'elle exerce ses œuvres d'entendement, de connaissance et d'amour dans la Sainte Trinité, avec elle, comme elle, quoique d'une manière participée, Dieu les opérant en elle ? Puisqu'il en est ainsi, il est impossible d'atteindre une plus haute sagesse, une plus haute puissance ; on peut seulement donner à entendre comment le Fils de Dieu nous a obtenu d'arriver à un état si sublime et nous a mérité cette faveur si précieuse, comme dit saint Jean, de pouvoir être les enfants de Dieu. Aussi, dit encore saint Jean, il a adressé à son Père cette supplique : Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée. Cela veut dire : Qu'ils accomplissent par leur participation en nous la même œuvre que j'accomplis par nature, c'est-à-dire qu'ils aspirent le Saint-Esprit.

Il a dit encore : Père, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont ici présents, mais pour tous ceux qui, grâce à leur prédication, doivent croire en moi : Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi. La gloire que tu m'as donnée, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et eux en moi, afin qu'ils soient parfaits dans l'unité, pour que le monde sache que ta m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Il leur communique donc le même amour qu'à son Fils, bien que ce ne soit pas naturellement comme à son Fils mais comme nous l'avons dit, par unité et transformation d'amour ; de même il ne faut pas croire ici que le Fils veuille dire au Père que les saints soient un par essence et par nature comme le sont le Père et le Fils, mais qu'ils le sont par union d'amour, comme le Père et le Fils le sont par unité d'amour. Les âmes possèdent donc par participation les mêmes biens que lui par nature : d'où elles sont véritablement dieux par participation, égales à Dieu et ses compagnes. C'est ce que dit saint Pierre par ces paroles : Que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance par la véritable connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur. En effet, sa puissance divine nous a fait don de tout ce qu'il faut pour vivre en hommes religieux, grâce à la véritable connaissance de Celui qui nous a appelés par la gloire et la force qui lui appartiennent. Ainsi, Dieu nous a fait don des grandes richesses promises et vous deviendrez participants de la nature divine. Ces paroles montrent que l'âme participe à la nature de Dieu, en accomplissant en lui et avec lui l'œuvre de la Très Sainte Trinité, de la manière dont nous avons parlé, à cause de l'union substantielle qu'il y a entre l'âme et Dieu. Ces merveilles, sans doute, ne s'accomplissent d'une manière parfaite que dans l'autre vie. Néanmoins quand l'âme arrive ici-bas à cet état de perfection, elle en voit les grands traits, elle en goûte les prémices...

Ô âmes créées pour de telles grandeurs ! ô vous qui êtes appelées à les posséder ! Que faites-vous ? À quoi vous occupez-vous ? O triste aveuglement ! Les yeux de votre âme ne voient plus ! En présence d'une lumière si éclatante vous restez aveuglés ! Quand des voix si puissantes se font entendre, vous restez sourds !

 

R/ La vérité nous libère,

L'homme libre rend gloire à Dieu.

 

Voici l'amour de Dieu :

Marche dans la voie des commandements.

 

Voici les commandements de Dieu :

Marche dans la voie de l'amour.

Oraison

Dans ton amour inlassable, Seigneur, veille sur ta famille ; et puisque ta grâce est notre unique espoir, garde-nous sous ta constante protection.


18 samedi

 

Livre d'Osée (Os 5, 15b ; 6, 1-11 ; 7, 1-2)

Votre amour est comme la rosée du matin

Souvent, frappé par la main de Dieu, Israël a cru pouvoir trouver dans une pénitence sans lendemain et sans racines profondes son retour en grâce et sa délivrance. Le prophète repousse cette prétention : seul le repentir issu du plus profond du cœur peut obtenir le pardon divin.

Dans leur détresse, ils se mettront en quête de moi. Venez, retournons vers le Seigneur. C'est lui qui a déchiré et c'est lui qui nous guérira, il a frappé et il pansera nos plaies. Au bout de deux jours, il nous aura rendu la vie, au troisième jour, il nous aura relevés et nous vivrons en sa présence. Efforçons-nous de connaître le Seigneur : son lever est sûr comme l'aurore, il viendra vers nous comme vient la pluie, comme l'ondée de printemps arrose la terre."

Que vais-je te faire, Éphraïm ? Que vais-je te faire, Juda ? Votre amour est comme la nuée du matin, comme la rosée matinale qui passe. C'est pourquoi j'ai frappé par les prophètes, je les ai massacrés par les paroles de ma bouche : et mon jugement jaillit comme la lumière. Car c'est l'amour qui me plaît, non le sacrifice ; et la connaissance de Dieu, je la préfère aux holocaustes.

Mais eux, comme des hommes, transgressent une alliance, voici où ils m'ont trahi : Galaad est une cité de malfaiteurs, pleine de traces de sang ; comme une bande en embuscade, une troupe de prêtres assassine sur le chemin de Sichem : voilà les horreurs qu'ils commettent ! Dans la maison d'Israël, j'ai vu des choses horribles : là, c'est la débauche d'Éphraïm, Israël en est souillé. À toi aussi Juda, je prépare une moisson – quand je changerai la destinée de mon peuple.

Au moment même où je veux guérir Israël, se dévoilent la faute d'Éphraïm et les crimes de Samarie : oui, l'on pratique l'imposture ; le voleur s'introduit dans les maisons ; au-dehors, le brigand sévit. Et ils ne se disent point dans leur cœur que tout ce qu'ils font de mal, je le garde en mémoire ; à présent leurs actions les enveloppent, elles sont là devant moi.

 

R/ Revenons au Seigneur

Et cherchons son visage :

Il nous rendra la vie.

 

Comme la nuée,

Votre amour se dissipe,

Comme la rosée

Qui dès l'aube s'évanouit.

 

C'est l'amour que je veux

Et non les sacrifices,

La connaissance de Dieu

Plus que les holocaustes.

 

TRAITE DE SAINT IRENEE CONTRE LES HERESIES

"C'est la miséricorde que je veux, non le sacrifice"

Dieu n'attendait pas des siens sacrifices ni holocaustes, mais la foi, l'obéissance, et la justice pour leur salut. Ainsi parlait Dieu dans le prophète Osée, pour leur enseigner sa volonté : Je veux la miséricorde plus que le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. Et notre Seigneur aussi les reprenait en disant : Si vous aviez su ce que signifie : Je veux la miséricorde et non le sacrifice, jamais vous n'auriez condamné des innocents. Il rendait ainsi témoignage aux prophètes qu'ils prêchaient la vérité, et il faisait honte aux autres de leur folie coupable.

À ses disciples aussi, il conseille d'offrir à Dieu les prémices de ses propres créatures, non qu'il en eût besoin, mais pour qu'eux-mêmes ne fussent ni stériles ni ingrats. Le pain qui provient de la création, il le prit, et il rendit grâce en disant : Ceci est mon corps ; et la coupe pareillement qui provient de la création dont nous sommes, il la déclara son sang, et enseigna l'oblation nouvelle de la Nouvelle Alliance. Cette oblation, l'Église l'a reçue des Apôtres, et l'offre à Dieu dans le monde entier, au Dieu qui nous donne la nourriture, comme prémices de ses propres dons sous la Nouvelle Alliance.

De cette alliance, l'un des douze prophètes, Malachie, a prophétisé : En vous n'est pas ma volonté, dit le Seigneur tout-puissant, et je n'agréerai pas de sacrifices de vos mains. Car du levant au couchant mon nom est glorifié parmi les nations et en tout lieu de l'encens est offert à mon nom, ainsi qu'un sacrifice pur ; car mon nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur tout-puissant.

C'est là ce qu'il voulait dire très manifestement : le premier peuple cesserait d'offrir à Dieu, tandis qu'en tout lieu un sacrifice lui serait offert, pur celui-là, et que son nom serait glorifié parmi les nations.

Or, quel est l'autre nom, qui est glorifié parmi les nations, sinon celui de notre Seigneur, par qui le Père est glorifié et par qui l'homme est glorifié ?

Parce que c'est le nom de son propre Fils, et que l'homme a été fait par lui, il l'appelle sien. Si quelque roi avait peint lui-même l'image de son fils, c'est à bon droit qu'il la dirait sienne, pour la double raison que c'est l'image de son fils et qu'il l'a faite lui-même.

Ainsi le nom de Jésus Christ qui, par le monde entier, est glorifié dans l'Église : ce nom, le Père l'a déclaré sien, parce qu'il est celui de son Fils et que lui-même l'a gravé. Et il l'a donné pour le salut des hommes.

Puisque le nom du Fils appartient en propre au Père, et puisqu'en tout lieu l'Église présente son offrande par Jésus Christ au Dieu tout-puissant, le prophète dit à juste titre pour ces deux raisons : En tout lieu, de l'encens est offert à mon nom, et un sacrifice pur. Or Jean dit de l'encens dans l'Apocalypse, que ce sont les prières des saints.

 

R/ Heureux qui prendra part au festin

Dans le royaume de Dieu !

 

Notre Dieu donne un grand repas :

Il invite tous les hommes.

 

Venez, tout est prêt :

Mangez le pain de Dieu, buvez le vin nouveau.

Oraison

Dieu qui veux habiter les coeurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce, alors tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure.


suivant