Livre d'Osée (Os 11, 1-11)
Dieu dit : Toutes mes entrailles frémissent
Aucune image n'est capable d'épuiser ce que Dieu nous révèle de son amour : après l'avoir présenté comme l'époux outragé, Osés nous le dépeint en père affectueux qui ne reçoit de ses fils qu'ingratitude.
Quand Israël était jeune, je l'ai aimé, et d'Égypte j'ai appelé mon fils. Ceux qui les appelaient, ils s'en sont écartés : c'est aux Baals qu'ils ont sacrifié et c'est à des idoles taillées qu'ils ont brûlé des offrandes. C'est pourtant moi qui avais appris à marcher à Éphraïm, les prenant par les bras, mais ils n'ont pas reconnu que je prenais soin d'eux. Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour, j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue et je lui tendais de quoi se nourrir.
Il ne reviendra pas au pays d'Égypte, c'est Assour qui sera son roi, car ils ont refusé de revenir à moi. L'épée tournoiera dans ses villes, elle anéantira ses défenses, elle dévorera à cause de leurs intrigues.
Mon peuple ! Ils s'accrochent à leur apostasie : on les appelle en haut, mais, tous, tant qu'ils sont, ils ne s'élèvent pas. Comment te traiterai-je, Éphraïm, te livrerai-je, Israël ? Comment te traiterai-je comme Adma, te rendrai-je comme Cevoïm ? Mon cœur est bouleversé en moi, en même temps ma pitié s'est émue. Je ne donnerai pas cours à l'ardeur de ma colère, je ne reviendrai pas détruire Éphraïm ; car je suis Dieu et non pas homme ; au milieu de toi, je suis saint : je ne viendrai pas avec rage.
Ils marcheront à la suite du Seigneur. Comme un lion il rugira ; quand il se prendra à rugir, des fils accourront en tremblant de l'occident. De l'Égypte ils accourront en tremblant comme des moineaux, et du pays d'Assour comme des colombes, et je les ferai habiter dans leurs maisons – oracle du Seigneur.
R/ Le Christ nous a aimés
Et s'est livré pour nous.
D'un amour éternel tu nous as aimés.
Par des liens de douceur, tu nous as tirés à toi.
Tu ne donnes pas libre cours à ta colère,
Car tu es Dieu et Dieu fait homme.
DIALOGUE DE SAINTE CATHERINE DE SIENNE SUR LA PROVIDENCE
L'amour incompréhensible de Dieu pour l'humanité.
Mon très doux Seigneur, de grâce, tourne tes regards miséricordieux vers ton peuple et le corps mystique de ton Église. Car une plus grande gloire s'attachera à ton nom, si tu pardonnes à une telle multitude de tes créatures et non pas à moi seule, misérable, qui ai tellement offensé ta majesté. Comment pourrais-je me consoler en croyant que je possède la vie, alors que ton peuple serait dans la mort, en voyant les ténèbres des péchés envelopper ton épouse tout aimable, à cause de mes défauts et de ceux de tes autres créatures ?
Je veux donc et je demande comme une grâce sans pareille que tu lui fasses miséricorde, par cet amour incompréhensible qui t'a poussé à créer l'homme à ton image et ressemblance. Quel motif avais-tu d'établir l'homme dans une telle dignité ? Certainement, c'est uniquement l'amour incompréhensible par lequel tu as considéré ta créature en toi-même et tu t'en es épris. Mais je sais bien que la faute du péché lui a fait perdre, en toute justice, la dignité dans laquelle tu l'avais établie.
Mais toi, poussé par le même amour, en voulant réconcilier gracieusement le genre humain avec toi, tu nous as donné la parole de ton Fils unique, qui a vraiment été entre nous et toi un réconciliateur et un médiateur. Il a été notre justice parce qu'il a châtié en les prenant sur lui toutes nos injustices et nos crimes, en vertu de l'obéissance que toi, Père éternel, lui as imposée lorsque tu as décidé qu'il revêtirait notre humanité. Abîme incompréhensible de ton amour ! Quel cœur pourrait être assez dur pour rester indifférent et ne pas être déchiré en considérant qu'une telle grandeur est descendue jusqu'à une telle profondeur, une telle bassesse, celle de notre humanité !
Nous sommes ton image et tu es devenu notre image par ton union avec l'homme tu as voilé ta divinité éternelle en prenant la chair d'Adam, misérable et pécheresse. D'où vient cela ? Uniquement de ton amour inexprimable. C'est donc par cet amour incompréhensible que j'implore humblement ta majesté, de toutes les forces de mon âme, pour que tu fasses gracieusement miséricorde à tes misérables créatures.
R/ Le Christ nous a aimés et s'est livré pour nous.
D'un amour éternel tu m'as aimé.
Par des liens de douceur tu nous as tirés à toi.
Tu pardonnes nos fautes pour la gloire de ton Nom.
Au milieu de nous, tu es le Saint.
Oraison 19
Dieu éternel et tout-puissant, toi que nous pouvons déjà appeler notre Père, fais grandir en nos cœurs l'esprit filial, afin que nous soyons capables d'entrer un jour dans l'héritage qui nous est promis.
Livre d'Osée (Os 14, 2-10)
Reviens, Dieu t'aimera de bon cœur
Un jour viendra, nous apprend Osée, où l'homme se tournera enfin sans réticence ni arrière-pensée pour s'ouvrir à la grâce de Dieu. Ce jour sera pour lui le point de départ d'une vie nouvelle dans l'amour de Dieu.
Reviens donc, Israël, au Seigneur to Dieu, car ta faute t’a fait trébucher. Prenez avec vous des paroles et revenez au Seigneur, dites-lui : "Tu enlèves toute faute, accepte ce qui est bon ; en guise de taureaux, nous t'offrirons en sacrifice les paroles de nos lèvres. L'Assyrie ne peut nous sauver, nous ne monterons pas sur un cheval et nous ne dirons plus Notre Dieu à l'ouvrage de nos mains – ô toi par qui l'orphelin est pris en pitié !"
Je les guérirai de leur apostasie, je les aimerai avec générosité : ma colère s'est détournée de lui, je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis et il enfoncera ses racines comme la forêt du Liban, ses rejetons s'étendront, sa splendeur sera comme celle de l'olivier, et son parfum comme celui du Liban ; ils reviendront, ceux qui habitaient à son ombre, ils feront revivre le blé, ils fleuriront comme la vigne, et on en parlera comme du vin du Liban.
Éphraïm ! qu'ai-je encore à faire avec les idoles ? C'est moi qui lui réponds et qui veille sur lui. Je suis, moi, comme un cyprès toujours vert, c'est de moi que procède ton fruit.
Qui est assez sage pour discerner ces choses et assez intelligent pour les connaître ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits, et les justes y marcheront, mais les rebelles y trébucheront.
R/ Seigneur, ton amour déborde les cieux ;
Ta vérité surpasse les nués.
Je guérirai leur infidélité,
Je les aimerai de bon cœur,
Car ma colère s'est détournée d'eux.
Comme le Père m'a aimé,
Moi aussi, je vous ai aimés ;
Demeurez dans mon amour.
TRAITÉ DE THEODORET DE CYR SUR L'INCARNATION DU Seigneur
"Je guérirai leur infidélité..."
Jésus s'achemine de son plein gré vers les souffrances annoncées par l'Écriture. Il les avait souvent prédites aux disciples et il avait même repris sévèrement Pierre qui avait accueilli leur annonce avec déplaisir. Enfin, il avait montré qu'elles réaliseraient le salut du monde. C'est pourquoi il se désigna lui-même aux hommes qui venaient l'arrêter, en disant : Je suis celui que vous cherchez. Lorsqu'on l'accusa, il ne répondit pas et, alors qu'il pouvait se cacher, il s'y refusa : pourtant, à plusieurs reprises, il avait préféré se dérober à leurs pièges.
Il pleure sur Jérusalem qui, par son incrédulité, attirait sur elle la ruine et il décrète la destruction totale du Temple jadis si fameux. Il supporte d'être frappé à la tête par un serviteur doublement servile ; il est giflé, couvert de crachats, outragé, torturé, flagellé et finalement crucifié. Il accepte que deux bandits, à sa droite et à sa gauche, soient associés à son supplice ; mis au rang des meurtriers et des criminels, il récolte le vinaigre et le fiel, fruits d'une vigne mauvaise ; il est par moquerie frappé d'un roseau, percé au côté par la lance et enfin mis au tombeau.
Il a souffert tout cela en réalisant notre salut. Ceux qui s'étaient asservis au péché se trouvaient exposés aux châtiments du péché. Mais lui, qui était indemne de tout péché et qui avait toujours suivi le chemin de la justice, subit le supplice des pécheurs, et annule par sa croix la sentence de l'antique malédiction. En effet, dit saint Paul, le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi en devenant lui-même malédiction pour nous, puisqu'il est écrit : Maudit quiconque est pendu au bois. Et, par ses épines, il a mis fin aux châtiments infligés à Adam, puisque celui-ci, après son péché, avait entendu cette sentence : Maudit soit le sol à cause de toi ! Il produira pour toi épines et chardons.
Avec le fiel, il a pris pour lui ce qu'il y a d'amer et de pénible dans la vie mortelle et douloureuse des hommes ; avec le vinaigre, il a accepté la dégénérescence de la nature humaine et il lui a accordé sa restauration dans un état meilleur. Par la pourpre, il a symbolisé sa royauté ; par le roseau, il a suggéré combien la puissance du démon était faible et fragile. Par la gifle, il a proclamé notre affranchissement, en supportant les violences, les corrections et les fouets qui nous étaient dus.
Il a été frappé au côté, ce qui le fait ressembler à Adam. Mais, loin d'en faire sortir la femme qui, par son égarement, a enfanté la mort, il en a fait jaillir une source de vie. Celle-ci donne la vie au monde par un double ruisseau. L'un, dans le baptistère, nous rénove et nous revêt de la robe d'immortalité ; l'autre, après cet enfantement, nous alimente à la table de Dieu, ainsi qu'on allaite les nouveau-nés.
R/ Seigneur Jésus, tu étais méprisé,
Mais c'était nos souffrances que tu portais.
Ils ont pesé mon salaire : trente pièces d'argent.
Voilà, dit le Seigneur, le beau prix
Auquel ils m'ont apprécié.
L'homme ne peut payer sa rançon,
Mais toi, mon Dieu, tu rachèteras ma vie
À la puissance de la mort.
Oraison
Accorde-nous, Dieu tout-puissant, de conformer à ta volonté nos paroles et nos actes dans une inlassable recherche des biens spirituels.
Livre de Michée (Mi 3, 1-12)
Contre les chefs et les prophètes de la maison de Jacob
Quand le peuple de Dieu s'égare, c'est toujours à ses chefs, princes, prêtres et prophètes, que Dieu s'en prend par la voix de ses porte-parole.
Écoutez donc, chefs de Jacob, magistrats de la maison d'Israël : N'est-ce pas à vous de connaître le droit ? Vous qui haïssez le bien et aimez le mal, qui arrachez la peau de dessus les gens et la chair de dessus leurs os. Ceux qui mangent la chair de mon peuple, qui leur raclent la peau, qui leur brisent les os, qui les découpent comme chair en la marmite, comme viande au fond du chaudron, quand ils crieront vers le Seigneur, il ne leur répondra pas. Il leur cachera sa face en ce temps-là, à cause des crimes qu'ils ont commis.
Ainsi parle le Seigneur contre les prophètes qui égarent mon peuple : Peuvent-ils mordre à belles dents ? Ils proclament la paix ; mais à qui ne leur met rien dans la bouche, ils déclarent la guerre sainte. Aussi, pour vous, c'est la nuit : plus de vision. Pour vous, ce sont les ténèbres : plus de divination. Le soleil se couchera sur les prophètes, le jour sur eux s'assombrira. Honte sur les voyants, confusion sur les devins ! Ils se couvriront tous la barbe, car Dieu ne répond pas. Moi, en revanche – grâce à l'esprit du Seigneur – ; je suis rempli de force, d'équité et de courage, pour révéler à Jacob sa révolte, et à Israël son péché.
Écoutez donc ceci, chefs de la maison de Jacob, magistrats de la maison d'Israël, qui avez le droit en horreur et rendez tortueuse toute droiture, en bâtissant Sion dans le sang et Jérusalem dans le crime. Ses chefs jugent pour un pot-de-vin, ses prêtres enseignent pour un profit, ses prophètes pratiquent la divination pour de l'argent. Et c'est sur le Seigneur qu'ils s'appuient en disant : "Le Seigneur n'est-il pas au milieu de nous ? Non, le malheur ne viendra pas sur nous". C'est pourquoi, à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de décombres, et la montagne du Temple, une hauteur broussailleuse
R/ Au secours, Dieu notre Sauveur,
Pour la gloire de ton nom,
Efface nos péchés.
Les païens ont envahi ton domaine,
Ils ont souillé ton temple saint
Et mis en ruine Jérusalem !
Combien de temps, Seigneur,
Durera ta colère, le feu brûlant de ta jalousie ?
Et nous, ton peuple, le troupeau que tu gardes,
Sans fin nous pourrons te rendre grâce,
Et d'âge en âge, proclamer ta louange.
TRAITÉ DE THEODORET DE CYR SUR L'INCARNATION DU Seigneur
"C'est par ses blessures que nous sommes guéris..."
Nos remèdes, ce sont les souffrances du Seigneur. Voilà ce que le prophète nous enseigne lorsqu'il proclame : C'est nos péchés qu'il porte, et c'est pour nous qu'il souffre ; et nous, nous pensions qu'il était châtié, frappé, maltraité. C'est à cause de nos péchés qu'il a été blessé, à cause de notre iniquité qu'il a été broyé ; le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui ; c'est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, c'est pourquoi il a été conduit à l'abattoir comme une brebis, comme un agneau mené devant le tondeur.
Le pasteur, voyant ses brebis dispersées, prenant avec lui une brebis et la conduisant dans le pâturage de son choix, attire à lui les autres brebis à la suite de celle-ci. C'est ainsi que Dieu le Verbe, voyant que le genre humain était égaré, prit la forme d'un serviteur, s'unit à elle et, par elle, fit revenir vers lui toute la nature humaine. C'est ainsi qu'il conduisit au pâturage divin ceux qui avaient de mauvais bergers et étaient exposés aux loups.
C'est pour cela que notre Sauveur a pris notre nature. C'est pour cela que le Christ Seigneur a accepté les souffrances qui nous ont apporté le salut. Conduit à la mort et déposé dans le tombeau, il a détruit la tyrannie ancestrale, et il a offert l'incorruptibilité aux hommes asservis à la corruption. Car, en rebâtissant et en relevant le Temple détruit, il a offert aux morts qui attendaient sa résurrection des promesses véritables et solides.
La nature que j'ai prise chez vous, dit-il, parce qu'elle était habitée par la divinité et unie à elle, a obtenu la résurrection et, en déposant la corruptibilité avec les souffrances, est parvenue à l'incorruptibilité et à l'immortalité. C'est ainsi que vous-mêmes serez délivrés de la dure servitude de la mort et qu'en dépouillant la corruptibilité avec les souffrances, vous revêtirez l'impassibilité.
Aussi a-t-il fait parvenir à tous les hommes, par ses Apôtres, le don du baptême. Allez donc, leur dit-il, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Le baptême est comme un reflet et une image de la mort du Seigneur. Car, dit saint Paul, si nous sommes déjà en communion avec le Fils par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par la résurrection.
Pourquoi craignez-vous,
Hommes de peu de foi ?
R/ 1 Seigneur, nous marchons dans la nuit.
Ne fallait-il pas vous
Immoler l'Agneau
Pour manger cette Pâque ?
R/ 2 Seigneur, ouvre nos yeux
Et nous verrons en toi
La lumière de Dieu.
Pourquoi craignez-vous,
Hommes de peu de foi ?
R/ 1 Seigneur, nous marchons dans la nuit.
Ne fallait-il pas
Traverser la mort
Pour entrer dans la gloire ?
R/ 2 Seigneur, ouvre nos yeux
Et nous verrons en toi
La lumière de Dieu.
Oraison
Fais que les événements du monde, Seigneur, se déroulent dans la paix, selon ton dessein, et que ton peuple connaisse la joie de te servir sans inquiétude.
Livre de Michée (Mi 4, 1-7)
Vision de paix messianique
Un jour, Sion, la colline du Temple, deviendra le pôle d'attraction de l'univers entier, et Dieu règnera sur tous les peuples. La paix qui lui est promise, et que réalisera pleinement le jugement de Dieu, est le fruit de la patience de ces martyrs et des luttes de ses apôtres.
Il arrivera dans l'avenir que la montagne de la Maison du Seigneur sera établie au sommet des montagnes et elle dominera les collines. Des peuples y afflueront. Des nations nombreuses se mettront en marche et diront : "Venez, montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob. Il nous montrera ses chemins, et nous marcherons sur ses routes. Oui, c'est de Sion que vient l'instruction, et de Jérusalem, la Parole du Seigneur."
Il sera juge entre des peuples nombreux, l'arbitre de nations puissantes, même au loin. Martelant leurs épées, ils en feront des socs, et de leurs lances, ils feront des serpes. On ne brandira plus l'épée, nation contre nation, on n'apprendra plus à se battre. Ils demeureront chacun sous sa vigne et son figuier, et personne pour les troubler.
Car la bouche du Seigneur le tout-puissant a parlé. Si tous les peuples marchent chacun au nom de son dieu, nous, nous marchons au nom du Seigneur, notre Dieu à tout jamais.
En ce jour-là – oracle du Seigneur – je rassemblerai ce qui boite, je réunirai ce qui est dispersé, ce que j'ai maltraité. De ce qui boite, je ferai un reste ; de ce qui est éloigné, une nation puissante. Sur la montagne de Sion, le Seigneur sera leur roi dès maintenant et à jamais.
R/ Venez, montons à la montagne du Seigneur,
Pour qu'il nous enseigne ses voies.
Moi, le Seigneur, je t'enseigne ce qui est salutaire ;
Je te fais cheminer sur les sentiers où tu marches.
Je suis le chemin, la vérité et la vie ;
Qui me suit ne marche pas dans les ténèbres.
SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LE Ps 47
L'Église tirée des nations
Tout ce que nous avions entendu dire, nous l'avons vu. Bienheureuse Église ! À une époque tu as entendu, à une époque tu as vu. Elle a entendu les promesses, elle voit les réalisations ; elle a entendu avec la prophétie, elle voit avec l'Évangile. Car tout ce qui s'accomplit maintenant a été prophétisé auparavant. Lève les yeux et regarde à travers le monde ; constate que ton héritage va jusqu'aux extrémités de la terre ; constate qu'elle est déjà réalisée, cette parole : Tous les rois de la terre se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront. Constate la réalisation de cette parole : Dieu, élève-toi sur les cieux, que ta gloire domine la terre ! Regarde celui dont les pieds et les mains ont été cloués, dont on a pu compter les os tandis qu'il était suspendu à la croix, dont les vêtements ont été tirés au sort ; constate qu'il règne, celui qu'on a vu crucifié ; constate qu'il trône dans le ciel, celui qu'on a méprisé tandis qu'il marchait sur la terre. Constate donc que ceci est réalisé : Tous les confins de la terre se souviendront, et reviendront vers le Seigneur ; toutes les familles des nations se prosterneront devant lui. En voyant cela, exclame-toi joyeusement : Tout ce que nous avions entendu dire, nous l'avons vu.
C'est donc à juste titre qu'on l'appelle "Église tirée des nations". Écoute, ma fille, et vois ; oublie ton peuple et la maison de ton père. Écoute, et vois : d'abord écoute ce que tu ne vois pas ; ensuite tu verras ce que tu as écouté. Le Seigneur a dit : Un peuple que je ne connaissais pas s'est mis a mon service ; dès qu'il m'a entendit, il a obéi. S'il a obéi dès qu'il a entendu, c'est donc qu'il n'a pas vu. Et où s'est-elle réalisée, cette parole : Ils verront, ceux à qui on ne l'avait pas annoncé ; et ils comprendront, ceux qui n'avaient pas entendu parler ? Ceux à qui les prophètes n'avaient pas été envoyés, c'est eux qui ont été les premiers à entendre et à comprendre les prophètes. Et ceux qui n'avaient pas été les premiers à entendre, dans la suite ont admiré ceux qui avaient entendu. Ceux à qui les prophètes ont été envoyés sont restés là, porteurs des livres et ne comprenant pas la vérité ; détenteurs des tables de l'alliance et ne jouissant pas de l'héritage. Mais nous, tout ce que nous avions entendu dire, nous l'avons vu.
Dans la cité du Seigneur de l'univers, dans la cité de notre Dieu. C'est là que nous avons entendu, c'est là aussi que nous voyons.~ Dieu l'a fondée pour toujours. Qu'ils ne se vantent pas, ceux qui disent : Voici que le Christ est ici, voici qu'il est là. Celui qui parle ainsi favorise la division. Or, Dieu a promis l'unité : les rois ont été rassemblés dans l'unité, ils n'ont pas été dispersés par leur désunion. Mais peut-être que cette cité qui a dominé le monde sera un jour renversée, contrairement à la parole : Dieu l'a fondée pour toujours. Si Dieu l'a fondée pour toujours, comment peux-tu craindre la chute de celui qui la soutient ?
R/ Gloire au Seigneur, c'est lui notre Dieu !
Il nous a délivrés de la servitude,
Avec autorité et puissance.
Jadis vous n'étiez pas un peuple ;
Vous êtes maintenant le peuple de Dieu.
Vous êtes la race élue, la nation sainte,
Le peuple que Dieu s'est acquis.
Oraison
Seigneur notre Père, nous en appelons à ta providence qui jamais ne se trompe en ses desseins : tout ce qui fait du mal, écarte-le, et donne-nous ce qui peut nous aider.
Livre de Michée (Mi 4, 14 ; 5, 1-7)
Le petit "reste"
Dans la détresse de l'invasion étrangère, Juda se tourne avec foi ver le libérateur promis.
Maintenant, fais-toi des incisions, fille guerrière, on nous a assiégés. À coups de bâton, on frappe à la joue le juge d'Israël. Et toi, Bethléem Éphrata, trop petite pour compter parmi les clans de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent à l'antiquité, aux jours d'autrefois. C'est pourquoi, Dieu les abandonnera jusqu'aux temps où enfantera celle qui doit enfanter. Alors ce qui subsistera de ses frères rejoindra les fils d'Israël. Il se tiendra debout et fera paître son troupeau par la puissance du Seigneur, par la majesté du Nom du Seigneur son Dieu. Ils s'installeront, car il sera grand jusqu'aux confins de la terre. Lui-même, il sera la paix.
Au cas où Assour entrerait sur notre terre et foulerait nos palais, nous dresserons contre lui sept bergers, huit princes humains. Ils feront paître la terre d'Assour avec l'épée, et la terre de Nemrod, avec le poignard. Mais lui nous délivrerait d'Assour, au cas où celui-ci entrerait sur notre terre et foulerait notre frontière.
Alors le reste de Jacob sera, au milieu de peuples nombreux, comme une rosée venant du Seigneur, comme des ondées sur l'herbage, qui n'attend rien de l'homme, qui n'espère rien des humains. Alors le reste de Jacob sera, parmi les nations, au milieu de peuples nombreux, comme un lion parmi les bêtes de la forêt, comme un lionceau parmi les troupeaux de moutons ; qu'il passe, il écrase et déchire, et personne ne peut en délivrer.
R/ Gloire à Dieu au plus haut des cieux
Et sur la terre, paix pour les hommes,
Ses bien-aimés !
De toi, Bethléem, naîtra
Celui qui doit régner sur Israël :
Ses origines remontent au temps jadis !
Il vient, celui qui sauvera son peuple de ses péchés !
Lui-même, il sera Paix !
TRAITÉ DE SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE SUR LA PERFECTION CHRÉTIENNE
Christ est lumière, paix, sanctification
C'est lui, le Christ, qui est notre paix, des deux il a fait un seul peuple. Puisque nous comprenons ainsi que le Christ est notre paix, nous montrerons quelle est la véritable définition du chrétien si, par cette paix qui est en nous, nous montrons le Christ dans notre vie. En sa personne, il a tué la haine, comme dit l'Apôtre. Ne la faisons donc pas revivre en nous, mais montrons par notre vie qu'elle est bien morte. Puisqu'elle a été magnifiquement tuée par Dieu pour notre salut, ne la ressuscitons pas pour la perte de nos âmes ; en cédant à la colère et au souvenir des injures, n'ayons pas le tort d'accomplir la résurrection de celle qui a été magnifiquement mise à mort.
Mais puisque nous avons le Christ, qui est la paix, à notre tour tuons en nous la haine, afin de réussir dans notre vie ce que notre foi nous montre réalisé en lui : il a fait tomber le mur qui séparait les deux peuples, il a créé en lui-même un seul homme nouveau, et il a établi la paix. De même nous : amenons à la réconciliation non seulement ceux qui nous font la guerre à l'extérieur, mais encore ceux qui soulèvent des contestations en nous-mêmes ; que la chair n'oppose plus ses désirs à ceux de l'esprit, que l'esprit ne s'oppose plus à la chair ; mais, la prudence charnelle étant soumise à la loi de Dieu, soyons en paix en nous-mêmes pour édifier, à partir de cette double réalité, l'homme nouveau, unifié et pacifié.
Telle est en effet la définition de la paix : l'harmonie de ceux qui étaient désunis. Aussi, lorsque s'arrête la guerre civile qui règne dans notre nature et que nous établissons la paix en nous, à notre tour nous devenons en nous-mêmes paix, et nous montrons que cette appellation donnée au Christ s'applique véritablement à nous.
Si nous considérons, d'autre part, que le Christ est la lumière véritable, étrangère à tout mensonge, nous comprenons que notre vie aussi doit s'illuminer des rayons de la vérité. Les vertus sont les rayons du Soleil de justice qui jaillissent pour nous éclairer, afin que nous rejetions les activités des ténèbres et que nous nous conduisions honnêtement, comme on le fait en plein jour. Refusons les dissimulations honteuses, faisons tout à la lumière alors nous deviendrons lumière nous-mêmes, de façon à éclairer les autres, ce qui est le propre de la lumière.
Et si nous considérons que le Christ est notre sanctification, nous nous abstiendrons de toute action et de toute pensée profane et impure ; ainsi nous montrerons que nous participons vraiment à son nom, en professant par notre vie, c'est-à-dire par la pratique et non seulement en parole, son pouvoir de sanctification.
R/ Christ est notre lumière, notre soleil levant !
Qui regarde vers lui resplendira,
Point d'ombre sur son visage.
Il vient nous visiter,
En lui la joie de notre cœur.
Oraison
Seigneur, source de tout bien, réponds sans te lasser à notre appel : inspire-nous ce qui est juste, aide-nous à l'accomplir.