Ressources Catholiques Missel Romain

précédent

19 vendredi

 

Livre de Michée (Mi 6, 1-15)

Mon peuple, que t'ai-je fait ? Réponds-moi

Dieu pourrait nous parler en Juge redoutable ; il préfère parler à notre cœur, dont il attend repentir, amour confiant et justice.

Écoutez donc ce que dit le Seigneur : Debout, engage un procès devant les montagnes, que les collines entendent ta voix. Écoutez, montagnes, le procès du Seigneur et vous, inébranlables fondements de la terre ; voici le procès du Seigneur avec son peuple, avec Israël, il entre en débat.

Mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je fatigué ? Réponds-moi. En te faisant monter du pays d'Égypte ? En te rachetant de la maison de servitude ? En t'envoyant comme guides Moïse, Aaron et Miryam ? Mon peuple, rappelle-toi donc ce que tramait Balaq, roi de Moab, ce que lui répondit Balaam, fils de Béor, le passage de Shittim à Guilgal, et tu reconnaîtras alors les victoires du Seigneur.

Avec quoi me présenter devant le Seigneur, m'incliner devant le Dieu de là-haut ? Me présenterai-je devant lui avec des holocaustes ? Avec des veaux d'un an ? Le Seigneur voudra-t-il des milliers de béliers ? Des quantités de torrents d'huile ? Donnerai-je mon premier-né pour prix de ma révolte ? Et l'enfant de ma chair pour mon propre péché ?

On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur exige de toi : Rien d'autre que respecter le droit, aimer la fidélité et t'appliquer à marcher avec ton Dieu.

La voix du Seigneur appelle la ville – il sauvera ceux qui craignent son nom : Écoutez, tribu et assemblée de la ville : Puis-je supporter, maison d'iniquité, des trésors iniques, un épha réduit et maudit ? Puis-je tenir quitte pour des balances iniques ? pour un sac de poids truqués ? Ville dont les riches sont pleins de violence et dont les habitants parlent avec fourberie ; dans leur bouche, leur langue n'est que tromperie. Alors, je t'ai rendue malade, à force de frapper, de te dévaster, à cause de tes péchés. Toi, tu mangeras, sans pouvoir te rassasier. La famine s'installera chez toi. Tu mettras de côté, mais sans rien pouvoir conserver. Ce que tu conserverais, je le livrerais à l'épée. Toi, tu sèmeras, mais tu ne moissonneras pas. Toi, tu presseras l'olive, mais tu ne t'enduiras pas d'huile, tu feras couler le moût, mais tu ne boiras pas de vin.

 

R/ Heureux sommes-nous :

Ce qui plaît à Dieu nous est révélé !

 

Il nous a donné la Sagesse,

Il nous a envoyé son Esprit Saint,

Ainsi ont été rendus droits nos chemins !

 

Accomplir la justice, aimer avec tendresse,

Marcher humblement devant Dieu,

Voilà ce qui est bien !

 

HOMÉLIE DE SAINT PACIEN DE BARCELONE SUR LE BAPTÊME

Le baptême, entrée dans l'humanité nouvelle

Le péché d'Adam s'était communiqué à tout le genre humain. Comme dit l'Apôtre : Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; ainsi la mort est passée en tous les hommes. Donc, il est nécessaire que la justice du Christ soit communiquée au genre humain ; et de même qu'Adam, par le péché, a perdu sa descendance, de même le Christ, par sa justice, donnera la vie à ses enfants. L'Apôtre y insiste : De même que tous sont devenus pécheurs parce qu'un seul homme a désobéi, de même tous deviendront justes parce qu'un seul homme a obéi. Comme le péché avait régné pour la mort, ainsi, par la justice, la grâce régnera pour la vie éternelle.

Quelqu'un me dira : "Mais le péché d'Adam s'est communiqué à ses descendants parce qu'ils étaient engendrés par lui ; est-ce que nous descendons du Christ, pour que nous puissions être sauvés par lui ?" Que tes pensées ne se placent pas au niveau de la chair. Tu vas voir comment nous sommes engendrés par le Christ. À la fin des temps, certes, le Christ a reçu de Marie une âme avec la chair : cette chair, il est venu la sauver, il ne l'a pas abandonnée au séjour des morts, il l'a unie à son esprit et il l'a faite sienne. Ce sont là les noces du Seigneur, qui l'ont uni à une seule chair, afin que, selon ce grand mystère, ils soient deux en une seule chair : le Christ et l'Église.

Le peuple chrétien est né de ces noces, sur lesquelles est descendu l'Esprit du Seigneur. Par l'infusion et le mélange d'une semence venue du ciel, aussitôt, avec les substances de nos âmes nous nous développons dans les entrailles de notre mère et, en grandissant dans son sein, nous vivons dans le Christ. C'est ce qui a fait dire à l'Apôtre : Le premier Adam avait reçu la vie ; le dernier Adam est un être spirituel qui donne la vie. C'est ainsi que le Christ engendre des enfants dans l'Église par ses prêtres, selon l'Apôtre : Dans le Christ, je vous ai engendrés. Et c'est ainsi que la semence du Christ, c'est-à-dire l'Esprit de Dieu, fait naître l'homme nouveau qui remue dans le sein de sa mère, qui est mis au monde dans la fontaine baptismale, par les mains du prêtre, avec la foi pour témoin.

On doit donc admettre que le Christ engendre, puisque l'Apôtre Jean le dit : Tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Cela ne peut s'accomplir que par le sacrement du baptême, par la chrismation, et par l'évêque. Le baptême en effet lave les péchés ; la chrismation répand en outre le Saint-Esprit, et nous obtenons l'un et l'autre par la main et la bouche de l'évêque. C'est ainsi que l'homme tout entier naît de nouveau, et est renouvelé dans le Christ : De même que le Christ est ressuscité des morts, ainsi mènerons-nous une vie nouvelle, nous aussi, c'est-à-dire : pour qu'après avoir abandonné les erreurs de la vie ancienne, par l'Esprit, nous ayons une conduite nouvelle dans le Christ.

 

R/ Maître, nous te suivrons partout, alléluia !

 

Pour vous, Christ a souffert,

Vous laissant un exemple

Afin que vous suiviez ses traces.

 

Devant vous s'est élancé

Celui qui marche à votre tête.

Sortez, vous aussi, et portez sa souffrance.

Oraison

Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, sois favorable à nos appels : puisque l'homme est fragile et que sans toi il ne peut rien, donne-nous toujours le secours de ta grâce ; ainsi nous pourrons, en observant tes commandements, vouloir et agir de manière à répondre à ton amour.


19 samedi

 

Livre de Michée (Mi 7, 7-20)

Cris d'espérance et cris de vengeance

L'espoir de la cité sainte, livrée à ses ennemis, débouche sur de brillantes perspectives de restauration et l'élargissement aux dimensions du monde.

Je guette le Seigneur, j'espère en Dieu, mon sauveur ; il m'écoutera, mon Dieu.

Ne ris pas de moi, ô mon ennemie. Si je suis tombée, je me relève, si je demeure dans les ténèbres, le Seigneur est ma lumière. L'indignation du Seigneur, je dois la supporter – car j'ai péché contre lui – jusqu'à ce qu'il prenne ma cause en main et rétablisse mon droit. Il me fera sortir à la lumière, et je contemplerai son œuvre de justice. Elle verra bien, mon ennemie, elle en sera couverte de honte ; elle qui me disait : "Où est-il le Seigneur ton Dieu ?" Mes yeux la contempleront. Elle va être piétinée, comme la boue des rues.

Le jour de rebâtir tes remparts, ce jour-là, on repoussera tes frontières, ce jour-là, on viendra vers toi, depuis Assour jusqu'à l'Égypte, depuis l'Égypte jusqu'au Fleuve, d'une mer à l'autre, d'une montagne à l'autre. La terre deviendra un désert à cause de ses habitants ; ce sera le fruit de leur conduite.

Fais paître ton peuple sous ta houlette, le troupeau, ton patrimoine, qui demeure solitaire dans un maquis, au milieu des vergers. Qu'il pâture dans le Bashân et le Galaad, comme aux jours d'autrefois. Comme aux jours où tu sortis du pays d'Égypte, je lui ferai voir des merveilles. Les nations regarderont, elles seront couvertes de honte, en dépit de toute leur puissance ; elles mettront la main sur la bouche ; leurs oreilles seront assourdies ; elles lécheront la poussière comme le serpent, comme les bêtes qui rampent sur la terre. Tremblantes, elles sortiront de leurs forteresses, – vers le Seigneur notre Dieu – elles seront terrifiées, elles auront peur de toi.

À quel Dieu te comparer, toi qui ôtes le péché, toi qui passes sur les révoltes ? Pour l'amour du reste, son patrimoine, loin de s'obstiner dans sa colère, lui, il se plaît à faire grâce. De nouveau, il nous manifestera sa miséricorde, il piétinera nos péchés. Tu jetteras toutes leurs fautes au fond de la mer. Tu accorderas à Jacob ta fidélité, et ton amitié à Abraham. C'est ce que tu as juré à nos pères, depuis les jours d'autrefois.

 

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié,

Lent à la colère et plein d'amour !

 

Il foule aux pieds nos fautes,

Il jette au fond de la mer nos péchés !

 

Aussi loin qu'est l'Orient de l'Occident,

Il met loin de nous toutes nos offenses !

 

Il nous aime et nous délivre de nos péchés

Par le sang de son Fils !

 

HOMÉLIE DE SAINT PACIEN DE BARCELONE SUR LE BAPTÊME

Le Christ nous a libérés

De même que nous sommes à l'image de l'homme pétri de terre, de même nous serons à l'image de celui qui vient du ciel ; car, pétri de terre, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. Si nous agissons ainsi, mes bien-aimés, nous ne mourrons plus à l'avenir. Même si notre corps se dissout, nous vivrons dans le Christ, selon sa propre affirmation : Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra.

Enfin nous sommes certains, sur le témoignage du Seigneur lui-même, qu'Abraham, Isaac, Jacob et tous les saints sont vivants. Car c'est à leur sujet que le Seigneur dit : Ils sont vivants pour lui, car il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Et l'Apôtre dit, en parlant de lui-même : Pour moi, vivre, c'est le Christ, et mourir m'est un gain. J'ai le désir de m'en aller et d'être avec le Christ. Et encore : Tant que nous habitons dans ce corps, nous sommes en exil loin du Seigneur. En effet, nous cheminons dans la foi, nous ne voyons pas. C'est là ce que nous croyons, frères bien-aimés. D'ailleurs : Si nous avons mis notre espoir dans ce monde seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.

La vie en ce monde, comme vous le voyez vous-mêmes, est la même pour les animaux, les bêtes sauvages, les oiseaux, et pour nous-mêmes, et elle peut être plus longue pour eux. Mais ce qui est propre à l'homme, c'est ce que le Christ nous a donné par son Esprit, et qui est la vie sans fin, mais à condition que nous ne péchions plus. Car on acquiert la mort par le péché ; de même on l'évite par la vertu ; ainsi on perd sa vie par le péché, on la garde par la vertu. Le salaire du péché, c'est donc la mort ; le don de Dieu, c'est la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur.

C'est lui, c'est lui qui nous a rachetés. Comme dit l'Apôtre : Il nous a pardonné tous nos péchés, il a supprimé le billet attestant notre désobéissance ; il l'a annulé en le clouant à la croix ; en se dépouillant lui-même, il a traîné les puissances du mal dans le cortège de son triomphe. Il a délivré les enchaînés, et il a brisé nos liens, comme David l'avait dit : Le Seigneur redresse les opprimés, le Seigneur délie les enchaînés, le Seigneur ouvre les yeux des aveugles. Et encore : Tu as brisé mes chaînes, je t'offrirai le sacrifice de louange. Oui, nous sommes délivrés de nos chaînes, nous qui avons été rassemblés à l'appel du Seigneur par le sacrement du baptême ;~ nous avons été libérés par le sang du Christ et l'invocation de son nom.

Donc, mes bien-aimés, une fois pour toutes nous sommes baptisés, une fois pour toutes nous sommes libérés, une fois pour toutes nous sommes accueillis dans le Royaume immortel. Une fois pour toutes, heureux ceux dont les crimes sont pardonnés, dont les péchés sont couverts. Maintenez énergiquement ce que vous avez reçu conservez-le pour votre bonheur, ne péchez plus. Désormais, gardez-vous purs et irréprochables pour le jour du Seigneur.

 

R/ Voyez quel grand amour nous est donné !

 

Enfants de Dieu, nous le sommes,

Discernés par avance dans le Fils unique.

 

Au prix du sang qu'il a versé,

Jésus nous conduit vers le Père.

 

Nos yeux sont fixés sur la cité de fête

Où nous verrons le visage de Dieu.

 

Au-delà de toute souffrance,

Une joie éternelle nous attend.

Oraison

Fais-nous vivre à tout moment, Seigneur, dans l'amour et le respect de ton saint nom, toi qui ne cesses jamais de guider ceux que tu enracines solidement dans ton amour.


suivant