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22 dimanche

 

Livre de Jérémie (Jr 11, 18-23 ; 12, 1-13)

Inquiétude du prophète

Prêchant la réforme du roi Josias qui refusait le culte corrompu des sanctuaires locaux, Jérémie s'attire la haine des gens de son village natal. Recourant à Dieu, il n'obtient de lui que l'annonce de combats plus durs encore. La prière n'est pas une rassurante piqûre de morphine, mais le lieu d'un combat et d'une pleine communion.

Quand le Seigneur m'a mis au courant et que j'ai compris, alors j'ai découvert leurs manœuvres. Moi, j'étais comme un agneau docile, mené à la boucherie ; j'ignorais que leurs sinistres propos me concernaient : "Détruisons l'arbre en pleine sève, supprimons-le du pays des vivants ; que son nom ne soit plus mentionné !"

Seigneur tout-puissant, toi qui gouvernes avec justice, qui examines sentiments et pensées, je verrai ta revanche sur eux, car c'est à toi que je remets ma cause.

Eh bien ! Ainsi parle le Seigneur contre les hommes d'Anatoth qui en veulent à ta vie en disant : "Ne prophétise pas au nom du Seigneur, sinon tu mourras de notre main !", eh bien ! Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : "Je vais sévir contre eux : leurs jeunes gens mourront par l'épée, leurs fils et leurs filles mourront de faim. Chez eux, plus aucun survivant : je vais faire venir le malheur sur les hommes d'Anatoth, l'année où il leur faudra rendre compte."

Toi, Seigneur, tu es juste ! Mais je veux quand même plaider contre toi. Oui, je voudrais discuter avec toi de quelques cas. Pourquoi les démarches des coupables réussissent-elles ? Pourquoi les traîtres perfides sont-ils tous à l'aise ? Tu les plantes, ils s'enracinent et vont jusqu'à porter du fruit. Tu es près de leur bouche et loin de leur cœur.

Toi, Seigneur, tu me connais, tu me vois et tu examines mes pensées : elles sont avec toi. Mets à part les méchants comme des moutons pour la boucherie ! Réserve-les pour le jour de l'abattage !

Jusques à quand la terre sera-t-elle en deuil, et desséchée l'herbe de toute la campagne ? Toute la faune périt à cause de la méchanceté de ses habitants, eux qui disent : "Il ne voit pas nos chemins." – Si tu cours avec des piétons et qu'ils te fatiguent, comment pourrais-tu entrer en compétition avec des chevaux ? S'il te faut un pays en paix pour être rassuré, que feras-tu dans la jungle du Jourdain ?

Même tes frères, les membres de ta famille, oui, eux-mêmes te trahissent ; oui, eux-mêmes convoquent dans ton dos un tas de gens. Ne te fie pas à eux quand ils te parlent gentiment.

J'abandonne ma maison, je rejette mon patrimoine ; celle que je chérissais, je la livre à la poigne de ses ennemis. Mon patrimoine est devenu pour moi comme un lion dans la forêt ; il donne de la voix contre moi, aussi je ne l'aime plus. Mon patrimoine est-il donc pour moi un oiseau bigarré sur qui les rapaces fondent de partout ?

Allez rassembler toutes les bêtes sauvages ! Amenez-les au festin ! La foule des pasteurs a saccagé ma vigne, piétiné mon champ, fait de ce champ merveilleux un désert désolé. Ils l'ont transformé en désolation ; le voici devant moi, lamentable, désolé. Le pays tout entier est désolé, et personne ne s'en soucie. Sur toutes les pistes du désert s'avancent les dévastateurs. Une épée à la solde du Seigneur dévore d'un bout à l'autre de la terre : il n'y a plus de paix pour personne.

On sème du froment, on récolte des ronces ; on s'épuise et on n'aboutit à rien. Rougissez donc de ce qui vous en revient, à cause de l'ardente colère du Seigneur.

 

R/ Qu'as-tu, mon âme, à défaillir ?

Espère en Dieu, je le louerai encore.

 

Maintenant mon âme est troublée ;

Dirai-je : Père, sauve-moi de cette heure ?

 

C'est pour cela que je suis arrivé à cette heure :

Père, glorifie ton nom.

 

Seigneur, tu me connais et tu me vois,

Tu éprouves mon cœur, il est avec toi

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LE Ps 74

Le Christ est mort pour nous, pécheurs.

Notre vie est réussie pourvu que nous pratiquions ce que nous entendons et chantons. Entendre, c'est ensemencer ; pratiquer, c'est faire porter du fruit à la semence. J'en avais déjà précédemment averti votre charité : n'entrez pas à l'église sans porter du fruit, ce qui arrive lorsque l'on entend des paroles aussi bonnes sans agir bien. Car, ainsi que dit l'Apôtre, c'est par sa grâce que nous sommes sauvés ; cela ne vient pas de nos actes, il n'y a pas de quoi s'en vanter ; oui, c'est par sa grâce que nous sommes sauvés. Cela n'a pas été précédé par une vie méritoire que Dieu aurait aimée, et qui lui aurait fait dire : Venons en aide à ces hommes, car ils mènent une vie excellente.

Notre vie lui déplaisait, tout ce que nous faisions lui déplaisait, mais non pas ce que lui-même a fait en nous. Par conséquent, il condamnera ce que nous avons fait, et il sauvera ce que lui-même a fait.

Donc, nous n'étions pas bons. Et Dieu a eu pitié de nous ; il a envoyé son Fils, qui mourrait non pour des bons mais pour des méchants, non pour des justes mais pour des impies. En effet, le Christ est mort pour des impies. Et quelle est la suite du texte ? Accepter de mourir pour un homme juste, c'est déjà difficile, peut-être donnerait-on sa vie pour un homme de bien. On peut trouver peut-être quelqu'un qui ait le courage de mourir pour un homme de bien. Mais pour un injuste, pour un impie, pour un criminel, qui donc voudrait mourir, sinon le Christ seul, lui qui est tellement juste qu'il justifie même les injustes ?

Nous n'avions donc, mes frères, aucune œuvre bonne ; toutes nos œuvres étaient mauvaises. Alors que les hommes agissaient ainsi, la miséricorde de Dieu ne les a pas abandonnés. Et Dieu a envoyé son Fils pour qu'il nous rachète, non à prix d'or ou d'argent, mais au prix de son sang répandu. Il a été l'agneau sans tache conduit à l'abattoir pour les brebis tachées (si du moins elles étaient seulement tachées et non pas profondément viciées !) Nous avons donc reçu cette grâce. Vivons d'une manière qui en soit digne, pour ne pas lui faire injure. Un si grand médecin est venu à nous, il a fait partir tous nos péchés. Si nous voulons retomber malades, nous nuirons à nous-mêmes, et en outre nous serons ingrats envers le médecin.

Suivons donc ses chemins, ceux qu'il nous a montrés, surtout le chemin d'humilité qu'il est devenu pour nous. En effet, il nous a montré le chemin de l'humilité par ses enseignements, et il l'a réalisé en souffrant pour nous.

Le Verbe s'est fait chair et a fait sa demeure parmi nous afin de pouvoir mourir, lui qui ne pouvait pas mourir. L'immortel a adopté la mortalité afin de mourir pour nous et, par sa mort, de tuer notre mort.

Voilà ce que le Seigneur a fait, ce qu'il nous a donné. Grand, il s'est abaissé ; abaissé, il a été tué ; tué, mais aussi ressuscitant et élevé dans les hauteurs, afin de ne pas nous abandonner, morts, au séjour des morts. Il voulait au contraire nous faire monter en lui, lors de la résurrection des morts, nous que, naguère, il a fait monter en nous donnant la foi et la profession de foi qui rendent justes. Donc, il nous a enseigné le chemin de l'abaissement. Si nous gardons ce chemin, nous rendrons grâce au Seigneur, car ce n'est pas sans motif que nous chantons : Nous te rendrons grâce, Seigneur, nous te rendrons grâce, et nous invoquerons ton nom.

 

R/ Gloire éternelle au Christ,

Gloire au Vivant, alléluia !

 

Il est le commencement,

Premier-né d'entre les morts.

 

Lui, le premier, nous a aimés :

Il nous a délivrés de nos péchés.

 

Il est le premier et le dernier,

Le voici qui vient, nous le verrons !

 

Te Deum

Oraison 22

Dieu puissant de qui vient tout don parfait, enracine en nos cœurs l'amour de ton nom ; resserre nos liens avec toi, pour développer ce qui est bon en nous ; veille sur nous avec sollicitude, pour protéger ce que tu as fait grandir.


22 lundi

 

Livre de Jérémie (Jr 19, 1-5.10-15 ; 20, 1-6)

La jarre brisée

Encore un oracle menaçant de Jérémie qui lui vaut une répression cruelle ; les événements se chargeront, avec les horreurs du dernier siège de Jérusalem, de justifier le prophète persécuté, et cela jouera un grand rôle dans la conversion du peuple en exil.

Ainsi parle le Seigneur : Va t'acheter une gargoulette et fais choix de quelques anciens parmi le peuple et parmi les prêtres. Puis sors du côté du ravin de Ben-Hinnom, à l'entrée de la porte des Tessons pour y clamer les paroles que je vais te dicter. Tu diras : Écoutez la parole du Seigneur, rois de Juda et habitants de Jérusalem. Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant, le Dieu d'Israël : Je vais faire venir sur ce lieu un malheur tel que quiconque l'apprendra en sera abasourdi. Vu qu'ils m'abandonnent, qu'ils aliènent ce lieu en y brûlant des offrandes à d'autres dieux qui ne se sont occupés ni d'eux, ni de leurs pères, ni des rois de Juda, qu'ils remplissent ce lieu du sang d'enfants innocents, qu'ils érigent le tumulus de Baal pour que leurs enfants y soient consumés par le feu en holocauste à Baal – cela je ne l'ai pas prescrit, je n'en ai pas parlé, je n'en ai jamais eu l'idée –

Tu briseras la gargoulette sous les yeux des hommes qui t'accompagnent et tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Je brise ce peuple et cette ville comme on brise l'œuvre du potier, qui ne peut plus ensuite être réparée. Faute de place pour ensevelir, on ensevelira même à Tafeth. C'est ce que je fais à ce lieu – oracle du Seigneur – et à ses habitants, rendant cette ville semblable à Tafeth. Les maisons impures de Jérusalem et des rois de Juda deviennent comme le lieu du Tafeth ; oui, toutes ces maisons où, sur la terrasse, on brûle des offrandes à toute l'armée du ciel et on répand des libations à d'autres dieux.

Jérémie revint du Tafeth où le Seigneur l'avait envoyé prophétiser et il se tint dans le parvis de la Maison du Seigneur. Alors il dit à tout le peuple : Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant, le Dieu d'Israël : je vais faire venir sur cette ville – et toutes celles qui en dépendent – tous les malheurs que j'ai décrétés contre elle, car ils ont raidi la nuque, ne voulant pas écouter mes paroles.

Le prêtre Pashehour fils d’Immer, recteur de la Maison du Seigneur entendit Jérémie prophétisant tout cela. Alors Pashehour s'en prit au prophète Jérémie et le fit attacher au pilori de la porte supérieure de Benjamin, celle de la Maison du Seigneur. Le lendemain, comme Pashehour venait le détacher du pilori, Jérémie lui dit : "Le Seigneur ne t'appelle plus Pashehour, mais Épouvante-partout. En effet ainsi parle le Seigneur : Désormais je vais faire de toi un épouvantail, et pour toi-même, et pour tes amis. Eux, ils tomberont sous l'épée de leurs ennemis, et tu en seras témoin. Je livre les hommes de Juda au pouvoir du roi de Babylone ; il les déportera à Babylone, il les frappera par l'épée. Toutes les réserves de cette ville, tout le fruit de son labeur, tout ce qu'elle a de précieux, tous les trésors des rois de Juda, je les livre à leurs ennemis ; ils les pilleront, ils les ramasseront, ils les emporteront à Babylone. Et toi, Pashehour, avec tous ceux qui demeurent chez toi, tu iras en captivité ; tu arriveras à Babylone, c'est là que tu mourras, c'est là que tu seras enseveli, oui, toi avec tous tes amis à qui tu as prophétisé au nom de la Fausseté."

 

R/ Rappelle-toi, Seigneur,

Ton peuple acquis dès l'origine,

Aie pitié de Sion, où tu fis ta demeure.

 

Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes,

Toi qui lapides ceux qui te sont envoyés.

 

Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants

Comme une poule ses poussins,

Et vous n'avez pas voulu.

 

DE L'IMITATION DE JÉSUS CHRIST

"Je vous ai envoyé mes serviteurs les prophètes...".

Mon fils, écoute mes paroles, paroles pleines de douceur, qui surpassent toute la science des philosophes et des sages de ce monde. Mes paroles sont esprit et elles sont vie, elles ne doivent pas être évaluées par le jugement humain.

On ne doit pas les faire servir à une vaine complaisance, mais les écouter dans le silence et les accueillir en toute humilité, avec un grand amour.

– Et j'ai dit : Heureux l'homme que tu instruis, Seigneur, et à qui tu enseignes ta loi, afin de lui adoucir les jours mauvais, et de ne pas le laisser sans consolation sur la terre.

– Moi, dit le Seigneur, j ai instruit les prophètes dès le commencement, et jusqu'à ce jour je ne cesse de parler à tous ; mais beaucoup sont sourds à ma voix et endurcis.

Le plus grand nombre écoute le monde plus volontiers que Dieu ; ils suivent plus facilement le désir de leur chair que le bon plaisir de Dieu.

Le monde promet des biens passagers et médiocres, et on le sert avec beaucoup d'avidité ; moi, je promets des biens sublimes et éternels, et les cœurs des hommes demeurent engourdis.

Qui donc me sert et m'obéît en toute chose avec autant de soin que pour servir le monde et ses dirigeants ?

Serviteur paresseux et maussade, rougis donc de ce que ces hommes se montrent plus disposés à se perdre que tu ne l'es à vivre.

Ils trouvent plus de plaisir à la vanité que tu n'en trouves à la vérité.

Pourtant, ils sont souvent trompés dans leur espérance, tandis que ma promesse ne déçoit personne et ne renvoie jamais les mains vides celui qui met en moi sa confiance.

Ce que j'ai promis, je le donnerai, ce que j'ai annoncé je l'accomplirai, si du moins l'on demeure jusqu'au bout fidèle à mon amour.

C'est moi qui récompense les bons, et qui éprouve fortement tous les hommes dévoués.

Grave mes paroles dans ton cœur, médite-les attentivement ; car, au moment de la tentation, elles te seront très nécessaires.

Ce que tu ne comprends pas lorsque tu le lis, tu le découvriras le jour où je te visiterai.

Je continue de visiter mes élus de deux manières : par la tentation, et par la consolation.

Et chaque jour je leur propose deux leçons : l'une en reprenant leurs vices, l'autre en les exhortant à faire grandir leurs vertus.

Celui qui connaît mes paroles et les méprise aura quelqu'un pour le juger au dernier jour.

 

R/ Ta parole, Seigneur, est lumière dans la nuit.

 

Vers qui pouvons-nous aller, Seigneur ?

Toi seul nous conduis au Royaume.

 

Heureux qui suit jusqu'au bout

le chemin que tu lui traces.

 

Heureux qui médite en son cœur

Les voies mystérieuses de l'amour.

Oraison

Seigneur, tu as voulu que toute la loi consiste à t'aimer et à aimer son prochain : donne-nous de garder tes commandements, et de parvenir ainsi à la vie éternelle.


22 mardi

 

Livre de Jérémie (Jr 20, 7-18)

"Confessions" de Jérémie

Au comble de l'angoisse, Jérémie désespère de la vie de sa maison. Mais un feu dévorant, plus fort que lui, le maintient à son poste.

Seigneur, tu as abusé de ma naïveté, oui, j'ai été bien naïf ; avec moi tu as eu recours à la force et tu es arrivé à tes fins. À longueur de journée, on me tourne en ridicule, tous se moquent de moi. Chaque fois que j'ai à dire la parole, je dois appeler au secours et clamer : "Violence, répression !" À cause de la parole du Seigneur, je suis en butte, à longueur de journée, aux outrages et aux sarcasmes. Quand je dis : "Je n'en ferai plus mention, je ne dirai plus la parole en son nom", alors elle devient au-dedans de moi comme un feu dévorant, prisonnier de mon corps ; je m'épuise à le contenir, mais n'y arrive pas.

J'entends les propos menaçants de la foule – c'est partout l'épouvante : "Dénoncez-le !" – Oui, nous le dénoncerons ! Tous mes intimes guettent mes défaillances : "Peut-être se laissera-t-il tromper dans sa naïveté, et nous arriverons à nos fins, nous prendrons notre revanche."

Mais le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable ; mes persécuteurs trébucheront et n'arriveront pas à leurs fins. Ils seront couverts de honte – ils ne réussiront pas. Déshonneur à jamais ! On ne l'oubliera pas. Seigneur tout-puissant, toi qui examines le juste, qui vois sentiments et pensées, je verrai ta revanche sur eux, car c'est à toi que je remets ma cause.

Chantez au Seigneur ! Louez le Seigneur ! Il délivre la vie des pauvres de la main des malfaiteurs.

Maudit, le jour où je fus enfanté ! Le jour où ma mère m'enfanta, qu'il ne devienne pas béni ! Maudit, l'homme qui annonça à mon père : "Un fils t'est né !" – Et il le combla de joie ! Que cet homme devienne pareil aux villes que, de façon irrévocable, le Seigneur a renversées ! Qu'il entende au matin des appels au secours et à midi des cris de guerre ! Et Lui, que ne m'a-t-il fait mourir dès le sein ? Ma mère serait devenue ma tombe, sa grossesse n'arrivant jamais à terme. Pourquoi donc suis-je sorti du sein, pour connaître peine et affliction, pour être, chaque jour, miné par la honte ?

 

R/ Tu m'as séduit, Seigneur,

Tu as été le plus fort.

 

Je disais : Je ne penserai plus à Dieu ;

Mais c'était en mon cœur comme un feu

Impossible à contenir.

 

Seigneur, tu examines avec justice,

Tu pénètres les reins et les cœurs,

Je t'ai remis ma cause.

 

Chantez et louez le Seigneur,

Car il a délivré l'âme des pauvres

De la main des méchants.

 

DE L'IMITATION DE JÉSUS CHRIST

"J'espère en ta parole".

Seigneur, tu me fais entendre le tonnerre de tes jugements, tu secoues tous mes os de crainte et de terreur, et mon âme est dans une grande épouvante.

Je demeure foudroyé en considérant que le ciel même est impur à tes yeux.

Si tu as trouvé du mal dans tes anges et ne les as pas épargnés, qu'en sera-t-il de moi ?

Les étoiles sont tombées du ciel, et moi, poussière, à quoi puis-je prétendre ?

Ceux dont les œuvres paraissaient dignes de louange sont tombés au plus bas, et ceux qui mangeaient le pain des anges, je les ai vus faire leurs délices de ce que mangent les porcs.

Il n'y a donc pas de sainteté, Seigneur, si tu retires ta main ; la sagesse ne sert de rien, Si tu cesses de la gouverner ; la force est impuissante, Si tu ne la soutiens plus.

Abandonnés, nous coulons, nous périssons ; si tu nous regardes, nous nous relevons, nous vivons.

Oui, nous sommes chancelants, mais tu nous affermis ; nous sommes tièdes, mais tu nous embrases.

Toute vaine gloire s'engloutît dans la profondeur de tes jugements sur moi.

Qu'est-ce que toute chair devant toi ? L'argile va-t-elle se glorifier en face de celui qui l'a modelée ?

Comment peut-il avoir des paroles prétentieuses, celui dont le cœur est sincèrement soumis à Dieu ?

Le monde entier ne donnera pas d'orgueil à celui dont la vérité a fait son serviteur ; il ne se laissera émouvoir par aucune louange, celui qui a établi en Dieu son espérance.

Oui, ceux-là mêmes qui parlent ne sont absolument rien ; car ils disparaîtront avec le fracas de leurs paroles. Mais la vérité du Seigneur demeure pour toujours.

 

R/ Qu'est-ce que l'homme, Seigneur,

Pour que tu le connaisses ?

 

Il est semblable à un souffle,

Ses jours sont comme l'ombre qui passe.

 

Pourquoi fixer sur lui ton attention,

L'inspecter chaque matin,

Le scruter à tout instant ?

 

Derrière et devant, tu l'enserres,

Tu as mis sur lui ta main.

Oraison

Dieu, qui donnes la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié, sans te lasser, accorde nous ta grâce : en nous hâtant vers les biens que tu promets, nous parviendrons au bonheur du ciel.


22 mercredi

 

Livre de Jérémie (Jr 26, 1-15)

Jérémie, arrêté et jugé

Les oracles du prophète ne sont pas seulement de beaux thèmes de prédication : ils peuvent conduire à la mort celui qui les prononce au mépris des passions déchaînées. Si Jérémie fut épargné ce jour-là, il est probable qu'il fut martyrisé en Égypte après la destruction du Temple.

Au début du règne de Yoyaqim, fils de Josias, roi de Juda, la parole que voici arriva de la part du Seigneur : Ainsi parle le Seigneur : Tiens-toi dans le parvis de la Maison du Seigneur et prononce contre tous les habitants des villes de Juda qui viennent se prosterner dans la Maison du Seigneur toutes les paroles que je t'ordonne de prononcer à leur sujet, sans rien en supprimer. Peut-être écouteront-ils et se convertiront-ils un à un de leur mauvaise conduite, pour que je puisse renoncer au malheur que je pense leur infliger à cause de leurs agissements pervers. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur : Si vous n'êtes pas attentifs à suivre les directives que je vous propose, si vous n'écoutez pas les paroles de mes serviteurs les prophètes que je vous envoie inlassablement – et vous n'écoutez pas –, alors je traiterai cette Maison comme j'ai traité Silo et je ferai de cette ville un exemple cité dans les malédictions chez toutes les nations de la terre.

Les prêtres, les prophètes et tout le peuple écoutaient Jérémie pendant qu'il prononçait ces paroles dans la Maison du Seigneur. Quand Jérémie eut achevé le discours que le Seigneur lui avait ordonné de prononcer à l'adresse de tout le peuple, alors les prêtres et les prophètes – et tout le peuple – se saisirent de lui en disant : "Tu as signé ton arrêt de mort. Tu oses prophétiser au nom du Seigneur : Cette Maison deviendra comme Silo, et cette ville sera rasée, vidée de ses habitants !" Tout le monde s'attroupa autour de Jérémie dans la Maison du Seigneur.

Ayant appris ces événements, les autorités de Juda montèrent du palais au Temple et prirent place à l'entrée de la porte Neuve du Temple. Les prêtres et les prophètes dirent aux autorités et à tout le peuple : "Cet homme mérite la peine capitale : il profère contre cette ville les oracles que vous avez vous-mêmes entendus." Jérémie dit aux autorités et à tout le peuple : "C'est le Seigneur qui m'a envoyé prophétiser contre cette Maison et contre cette ville tout ce que vous avez entendu. Mais maintenant, améliorez votre conduite, votre manière d'agir, écoutez l'appel du Seigneur votre Dieu, et le Seigneur renoncera au malheur qu'il a décrété contre vous. Quant à moi, je suis en votre pouvoir ; faites de moi ce qui vous plaît, ce qui vous paraît juste. Sachez bien cependant que, si vous me tuez, vous serez coupables – vous-mêmes, cette ville et ses habitants – du meurtre d'un innocent, car c'est vraiment le Seigneur qui m'a envoyé prononcer toutes ces paroles pour que vous les entendiez."

 

R/ Cet homme ne mérite pas la mort,

Il nous a parlé au nom du Seigneur notre Dieu.

 

Pour moi, me voici entre vos mains ;

Sachez bien que si vous me faites mourir,

C'est un sang innocent que vous mettez sur vous.

 

Pilate se lava les mains en présence du peuple :

Je suis innocent du sang de ce juste.

 

COMMENTAIRE D'ORIGÈNE SUR L'ÉVANGILE DE JEAN

Le nouveau Temple.

Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. Les hommes charnels et amis des réalités sensibles me semblent désignés ici à travers les Juifs. Ceux-ci sont irrités parce que Jésus a chassé ceux qui, par leur activité, faisaient de la maison de son Père une maison de trafic, et ils lui réclament un signe. Mais par ce signe on verra que le Verbe, qu'ils refusent d'accueillir, a raison d'agir ainsi. Le Sauveur va unir en une seule parole ce qui concerne le Temple et ce qui concerne son propre corps. Lorsqu'ils lui demandent Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là, il répond : Détruisez ce Temple, et moi trois jours je le relèverai. Mais, selon une interprétation possible, le Temple et le corps de Jésus, l'un et l'autre, me semblent être la figure de l'Église. Car celle-ci est bâtie de pierres vivantes ; elle est une demeure spirituelle pour un sacerdoce saint ; elle est construite sur les fondations que sont les Apôtres et les prophètes avec, pour pierre angulaire, le Christ Jésus. Elle est donc en toute vérité qualifiée de "Temple".

Selon l'Écriture, vous êtes le corps du Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. Pour ce motif, même si l'assemblage des pierres de ce Temple semble se disjoindre et se défaire ; même si, comme il est écrit au psaume 21, tous les os du Christ semblent dispersés dans la persécution et l'oppression, par les complots de ceux qui attaquent l'unité du Temple à coups de persécutions ; cependant le Temple sera relevé et le corps ressuscitera le troisième jour, après le jour de malheur qui l'a accablé et après le lendemain de celui-ci, jour de l'achèvement.

Car il y aura un troisième jour dans le ciel nouveau et sur la terre nouvelle, lorsque ses ossements, qui sont de la maison d'Israël se relèveront, lors du grand jour du Seigneur, après sa victoire sur la mort. Par conséquent, la résurrection du Christ après les souffrances de la croix englobe le mystère de la résurrection de son corps tout entier.

De même que le corps visible de Jésus a été crucifié, enseveli, et ensuite ressuscité, de même tout le corps constitué par les fidèles du Christ a été crucifié avec le Christ et ne vit plus désormais. Chacun d'entre eux, comme saint Paul, ne se glorifie pas d'autre chose que de la croix de Jésus Christ notre Seigneur, par laquelle il est crucifié pour le monde, et le monde crucifié pour lui. Non seulement il est crucifié avec le Christ et crucifié pour le monde, mais encore il est enseveli avec le Christ. Nous avons été mis au tombeau avec lui, dit saint Paul. Et comme s'il jouissait déjà d'un avant-goût de la résurrection, il ajoute : Et avec lui nous sommes déjà ressuscités.

 

R/ Souviens-toi de Jésus Christ

Ressuscité d'entre les morts :

Il est notre salut, notre gloire éternelle.

 

Si nous mourons avec lui

Avec lui nous vivrons ;

Si nous souffrons avec lui,

Avec lui nous régnerons.

 

En lui sont nos peines,

En lui sont nos joies,

En lui l'espérance,

En lui notre amour.

 

En lui toute grâce,

En lui notre paix,

En lui notre gloire,

En lui le salut.

Oraison

Dans ton amour inépuisable, Dieu éternel et tout-puissant, tu combles ceux qui t'implorent, bien au-delà de leurs mérites et de leurs désirs ; répands sur nous ta miséricorde en délivrant notre conscience de ce qui l'inquiète et en donnant plus que nous n'osons demander.


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