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25 dimanche

 

Livre d'Ezékiel (Ez 24, 15-27)

Epreuves personnelles du prophète

Solidaire de son peuple pour le meilleur et le pire, le prophète annonce, à l'occasion d'un deuil, celui qui va frapper la nation tout entière. Si brutale sera la catastrophe finale qu'aucune cérémonie funèbre ne sera possible. Mais bientôt pour les exilés la parole de Dieu se fera à nouveau entendre et convertira les cœurs.

Il y eut une parole du Seigneur pour moi : Fils d'homme, je vais t'enlever brutalement la joie de tes yeux. Tu ne célébreras pas le deuil ; tu ne feras pas de lamentation et tu ne pleureras pas. Soupire en silence ; tu n'accompliras pas les rites funèbres ; noue ton turban, mets tes sandales ; ne te voile pas la moustache et n'accepte pas le pain des voisins."

Je parlai au peuple le matin, et ma femme mourut dans la soirée ; le lendemain j'exécutai les ordres reçus. Les gens me dirent : "Ne nous expliqueras-tu pas ce que signifie pour nous ce que tu fais ?" Alors je leur dis : "Il y a eu pour moi une parole du Seigneur : Parle à la maison d'Israël : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais profaner mon sanctuaire, l'orgueil de votre force, la joie de vos yeux, l'espoir de votre vie. Vos fils et vos filles que vous avez laissés à Jérusalem tomberont par l'épée. Alors vous ferez comme j'ai fait : vous ne vous voilerez pas la moustache ; vous n'accepterez pas le pain des voisins. Turbans en tête et sandales aux pieds, vous ne célébrerez pas le deuil et vous ne ferez pas de lamentation, mais vous pourrirez dans vos fautes et chacun gémira sur son frère.

Ézéchiel aura été pour vous un présage ; tout ce qu'il a fait, vous le ferez. Quand cela arrivera, vous connaîtrez que je suis le Seigneur Dieu. Écoute, fils d'homme, le jour où je leur prendrai leur force, leur plaisir et leur parure, la joie de leurs yeux, le délice de leurs vies, leurs fils et leurs filles, ce jour-là, arrivera vers toi un rescapé, pour faire entendre la nouvelle ; ce jour-là, ta bouche s'ouvrira avec l'arrivée du rescapé ; tu parleras, tu ne seras plus muet. Tu auras été pour eux un présage ; alors ils connaîtront que je suis le Seigneur."

 

R/ Qui aura tenu bon jusqu'à la fin,

Celui-là sera sauvé.

 

En ce jour-là, si tu es sur la terrasse,

Ne descends pas pour prendre tes affaires.

 

En ce jour-là, si tu es aux champs,

Ne reviens pas chercher ton manteau.

 

Comprendras-tu le message de paix,

Au jour où tu seras visité ?

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS

"Dites aux cœurs bouleversés : Courage, ne craignez pas...".

La brebis chétive, vous ne lui avez pas rendu des forces, dit le Seigneur. Il s'adresse aux mauvais pasteurs, aux faux pasteurs, aux pasteurs qui cherchent leurs propres intérêts, non ceux de Jésus Christ. Ils profitent du lait et de la laine, ils ne s'occupent absolument pas des brebis et ne fortifient pas celle qui va mal.

Entre le chétif, c'est-à-dire celui qui n'est pas solide (car on dit aussi que les malades sont chétifs), donc plutôt entre le faible et le malade, c'est-à-dire celui qui va mal, voici, me semble-t-il, quelle est la différence.

Cette distinction, mes frères, que nous essayons de faire vaille que vaille, peut-être, avec plus de précision, pouvons-nous mieux la faire, ou un autre plus habile ou au cœur plus lumineux. Pour l'instant, ne vous y trompez pas, explique les mots de l'Écriture comme je les comprends. Pour ce qui est du faible, il ne faut pas que la tentation lui arrive, car on doit craindre qu'elle ne le brise. Tandis que l'homme languissant est déjà malade, par une certaine convoitise qui l'empêche d'entrer dans le chemin de Dieu, de se soumettre au joug du Christ.

Considérez ces hommes qui veulent vivre bien, qui ont déjà décidé de vivre bien, et qui sont moins capables de souffrir le mal qu'ils ne sont prêts à faire le bien. La fermeté chrétienne ne consiste pas seulement à faire ce qui est bon, mais aussi à supporter ce qui est mauvais. Ceux qui paraissent fervents pour de bonnes actions, mais ne peuvent ni ne veulent tolérer des souffrances imminentes, sont des faibles. Ceux qui, aimant le monde, sont détournés des bonnes actions par une convoitise mauvaise, sont immobilisés par la langueur et la maladie, et du fait de cette langueur, qui semble leur enlever toutes leurs forces, ils ne peuvent rien accomplir de bon.

Tel fut, dans son âme, le paralytique que ses porteurs, ne pouvant amener jusqu'au Seigneur, firent descendre par le toit qu'ils venaient d'ouvrir. C'est comme si, dans ton âme, tu voulais réussir à ouvrir le toit et à déposer devant le Seigneur ton âme paralysée, dont tous les membres seraient inertes, qui serait incapable d'aucune œuvre bonne, accablée par ses péchés, et languissant par la maladie de sa convoitise. Si tous ses membres sont inertes et si la paralysie est intérieure, pour parvenir jusqu'au médecin, – peut-être en effet le médecin est-il caché, est-il intérieur : ce vrai sens est caché dans les Écritures – en manifestant ce qui était caché, ouvre le toit et dépose le paralytique.

Ceux qui ne s'occupent pas de la brebis malade, vous avez entendu ce qu'on leur dit : Vous n'avez pas rendu des forces à celle qui allait mal, vous n'avez pas bandé celle qui était brisée. Nous vous avons déjà dit cela. Cet homme était brisé par la terreur des tentations. Mais voici quelque chose qui bandera la fracture, voici une consolation : Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au dessus de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d'en sortir, et la force de la supporter.

 

R/ Je peux tout en celui qui me fortifie.

 

Dans les faiblesses, les insultes,

Les contraintes, les persécutions et les angoisses,

 

Lorsque je suis faible,

C'est alors que je suis fort.

 

Te Deum

Oraison 25

Seigneur, tu as voulu que toute la loi consiste à t'aimer et à aimer son prochain : donne-nous de garder tes commandements, et de parvenir ainsi à la vie éternelle.


25 lundi

 

Livre d'Ezékiel (Ez 34, 1-6.11-16.23-31)

"C'est moi qui ferai paître mes brebis"

Il n'y a plus de roi pour conduire les destinées d'un peuple exilé et captif. Mais Dieu n'a pas oublié ses promesses. Dès maintenant, il prend soin de son troupeau, et bientôt il lui enverra celui qui pourra se dire le Bon Pasteur.

Il y eut une parole du Seigneur pour moi : Fils d'homme, prononce un oracle contre les bergers d'Israël, prononce un oracle et dis-leur, à ces bergers : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Malheur aux bergers d'Israël qui se paissent eux-mêmes ! N'est-ce pas le troupeau que les bergers doivent paître ? Vous mangez la graisse, vous vous revêtez de la toison, sacrifiant les bêtes grasses ; mais le troupeau, vous ne le paissez pas. Vous n'avez pas fortifié les bêtes débiles, vous n'avez pas guéri la malade, vous n'avez pas fait de bandage à celle qui avait une patte cassée, vous n'avez pas ramené celle qui s'écartait, vous n'avez pas recherché celle qui était perdue, mais vous avez exercé votre autorité par la violence et l'oppression. Les bêtes se sont dispersées, faute de berger, et elles ont servi de proie à toutes les bêtes sauvages ; elles se sont dispersées. Mon troupeau s'est éparpillé par toutes les montagnes, sur toutes les hauteurs ; mon troupeau s'est dispersé sur toute la surface du pays sans personne pour le chercher, personne qui aille à sa recherche. Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin. De même qu'un berger prend soin de ses bêtes le jour où il se trouve au milieu d'un troupeau débandé, ainsi je prendrai soin de mon troupeau ; je l'arracherai de tous les endroits où il a été dispersé un jour de brouillard et d'obscurité. Je le ferai sortir d'entre les peuples, je le rassemblerai des différents pays et je l'amènerai sur sa terre ; je le ferai paître sur les montagnes d'Israël, dans le creux des vallées et dans tous les lieux habitables du pays. Je le ferai paître dans un bon pâturage, son herbage sera sur les montagnes du haut pays d'Israël. C'est là qu'il pourra se coucher dans un bon herbage et paître un gras pâturage, sur les montagnes d'Israël. Moi-même je ferai paître mon troupeau, moi-même le ferai coucher – oracle du Seigneur Dieu. La bête perdue, je la chercherai ; celle qui se sera écartée, je la ferai revenir ; celle qui aura une patte cassée, je lui ferai un bandage ; la malade, je la fortifierai. Mais la bête grasse, la bête forte, je la supprimerai ; je ferai paître mon troupeau selon le droit.

Je susciterai à la tête de mon troupeau un berger unique ; lui, il le fera paître : ce sera mon serviteur David. Lui le fera paître, lui sera leur berger. Moi, le Seigneur, je serai leur Dieu et mon serviteur David sera prince au milieu d'eux. Moi, le Seigneur, j'ai parlé. Je conclurai avec mon troupeau une alliance de paix, je supprimerai du pays les bêtes féroces, il habitera en sécurité dans le désert et sommeillera dans les fourrés. De ce pays et des alentours de ma colline je ferai une bénédiction. Je ferai tomber en son temps la pluie qui sera une pluie de bénédiction. L'arbre des champs donnera son fruit et la terre ses récoltes ; mon peuple sera en sécurité sur son territoire ; alors ils connaîtront que je suis le Seigneur quand j'aurai brisé les barres de leur joug et que je les aurai délivrés de la main de ceux qui les asservissaient. Les nations ne feront plus contre eux de razzias et les bêtes sauvages ne les dévoreront plus. Ils habiteront en sécurité sans personne pour les faire trembler. Je ferai croître pour eux une plantation renommée. Il n'y aura plus dans le pays des gens emportés par la faim ; les nations ne leur feront plus porter de déshonneur. Alors ils connaîtront que je suis le Seigneur, leur Dieu, qui suis avec eux, et qu'ils sont mon peuple, la maison d'Israël – oracle du Seigneur Dieu.

Vous êtes mon troupeau, le troupeau de mon pâturage, vous les hommes. Moi, je suis votre Dieu – oracle du Seigneur Dieu."

 

R/ Jésus, tu es venu

Pour que les brebis aient la vie,

La vie en abondance.

 

Parole du Seigneur :

J'aurai soin moi-même de mon troupeau

Et je le passerai en revue.

 

Je chercherai la brebis perdue,

Avec justice je ferai paître mon troupeau.

 

Je les rassemblerai des pays étrangers

Et les ramènerai sur leur terre.

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS

"Insiste à temps et à contretemps".

Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. C'est ainsi que nous pouvons nous trouver exposés à la violence des bandits et aux dents des loups furieux, et nous vous demandons de prier pour nous quand nous sommes exposés à ces dangers. Et les brebis sont rétives. Car lorsqu'on cherche celles qui sont égarées, elles disent qu'elles sont devenues étrangères en s'égarant et en se perdant : "Pourquoi nous appelez-vous ? Pourquoi nous cherchez-vous ?" Comme si la raison pour laquelle nous les appelons et les cherchons n'était pas justement qu'elles sont égarées et qu'elles se perdent "Si je suis égarée, dit-elle, si je suis près de mourir, pourquoi m'appelles-tu ? Pourquoi me cherches-tu ?" C'est parce que tu es égarée que je veux te rappeler ; parce que tu vas à ta perte, que je veux te trouver. "C'est ainsi que je veux m'égarer, c'est ainsi que je veux périr."

C'est ainsi que tu veux t'égarer, c'est ainsi que tu veux périr ? Raison de plus pour que je ne le veuille pas. Oui, j'ose le dire : je suis importun. J'entends l'Apôtre me dire : Annonce la parole, insiste à temps et à contretemps. À temps envers qui ? À contretemps envers qui ? À temps envers ceux qui veulent, à contretemps envers ceux qui ne veulent pas. Oui, je suis importun, j'ose dire "Tu veux t'égarer, tu veux périr ; moi, je ne veux pas". Et finalement, celui qui ne veut pas, c'est celui qui me fait peur. Si je voulais, voici ce qu'il me dirait, voici ce qu'il me reprocherait : Vous n'avez pas ramené la brebis égarée et vous n'avez pas cherché celle qui était perdue. Est-ce que je te craindrai davantage que lui ? Nous aurons tous à comparaître devant le tribunal du Christ.

Je rappellerai la brebis égarée, je chercherai la brebis perdue. Que tu le veuilles ou non, je le ferai. Et si, dans ma recherche, les buissons des forêts me déchirent, je me ferai tout petit ; je secouerai toutes les hales ; autant que le Seigneur redoutable me donnera de forces, je parcourrai toute la campagne. Je rappellerai la brebis égarée, je chercherai la brebis perdue. Si tu ne veux pas que je souffre, ne t'égare pas, ne te perds pas. Peu importe que je m'attriste de ton égarement et de ta perte. Je crains, si je ne m'occupe pas de toi, de te tuer, même toi qui es fort. Regarde en effet la suite du texte : Et celle qui était forte, vous l'avez accablée. Si je ne m'occupe pas de celui qui est égaré et qui se perd, c'est que je me réjouirai de voir celui qui est fort s'égarer et périr.

 

R/ La vérité nous délivre,

L'homme libre rend gloire à Dieu.

 

La loi de l'amour nous affranchit.

 

Au profond de nos cœurs, gardons la parole.

Oraison

Seigneur notre Père, nous en appelons à ta providence qui jamais ne se trompe en ses desseins : tout ce qui fait du mal, écarte-le, et donne-nous ce qui peut nous aider.


25 mardi

 

Livre d'Ezékiel (Ez 36, 16-36)

"Je vous donnerai un Esprit nouveau"

Comme Jérémie, Ezéchiel annonce une Alliance nouvelle, scellée par le don du Saint-Esprit. Le fruit essentiel en sera la destruction de la souillure du péché, toute gratuite de la part de Dieu. Le baptême a inauguré en nous cette Alliance établie par la croix et la résurrection du Christ.

Il y eut une parole du Seigneur pour moi : Écoute, fils d'homme : la maison d'Israël qui résidait sur son sol l'a souillé par sa conduite et ses actions. Sa conduite a été devant moi comme la souillure d'une femme. J'ai déversé sur eux ma fureur à cause du sang qu'ils ont versé sur le pays et à cause des idoles par lesquelles ils l'ont souillé. Je les ai dispersés parmi les nations, ils ont été disséminés parmi les pays, je les ai jugés selon leur conduite et selon leurs actions. Mon peuple est venu chez les nations, et là, ils ont profané mon saint nom ; on disait d'eux en effet : C'est le peuple du Seigneur mais ils sont hors de son pays ! Alors j'ai eu égard à mon saint nom que la maison d'Israël a profané parmi les nations où elle est venue. C'est pourquoi, dis à la maison d'Israël : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ce n'est pas à cause de vous que j'agis, maison d'Israël, mais bien à cause de mon saint nom que vous avez profané parmi les nations où vous êtes venus. Je montrerai la sainteté de mon grand nom qui a été profané parmi les nations, mon nom que vous avez profané au milieu d'elles ; alors les nations connaîtront que je suis le Seigneur – oracle du Seigneur Dieu – quand j'aurai montré ma sainteté en vous sous leurs yeux : je vous prendrai d'entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays et je vous amènerai sur votre sol. Je ferai sur vous une aspersion d'eau pure et vous serez purs ; je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; j'enlèverai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon propre Esprit, je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes coutumes. Vous habiterez le pays que j'ai donné à vos pères ; vous serez mon peuple et je serai votre Dieu. Je vous délivrerai de toutes vos souillures, j'appellerai le blé, je le ferai abonder, je ne vous imposerai plus la famine. Je ferai abonder le fruit de l'arbre, le produit des champs afin que vous n'ayez plus à supporter parmi les nations la honte d'avoir faim. Vous vous souviendrez de vos mauvais chemins et de vos actions qui n'étaient pas bonnes. Le dégoût vous montera au visage à cause de vos péchés et de vos abominations. Ce n'est pas à cause de vous que j'agis – oracle du Seigneur Dieu –, il faut que vous le sachiez. Soyez honteux et confus de votre conduite, maison d'Israël.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Le jour où je vous purifierai de tous vos péchés, je peuplerai les villes, et les ruines seront relevées. Le pays dévasté sera cultivé, au lieu d'être un désert aux yeux de tous les passants. On dira : Ce pays qui était dévasté est devenu comme un jardin d'Éden, les villes qui étaient en ruines, dévastées, démolies, sont fortifiées et habitées. Alors les nations qui subsisteront autour de vous connaîtront que je suis le Seigneur qui reconstruit ce qui a été démoli, qui replante ce qui a été dévasté. Moi, le Seigneur, je parle et j'accomplis.

 

R/ L'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs

Par le Saint-Esprit.

 

Les nations sauront que je suis le Seigneur,

Quand éclatera ma sainteté à votre sujet.

 

Je vous purifierai de tous vos péchés,

Et les nations le sauront : Je suis le Seigneur.

 

Je vous donnerai un cœur nouveau,

Je mettrai en vous un esprit nouveau.

 

Je mettrai en vous mon Esprit

Et vous marcherez selon mes lois.

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS

"C’est moi qui ferai paître mon troupeau"

Par toutes les montagnes et toutes les collines, mes brebis sont dispersées sur toute la surface de la terre. Que signifie : sont dispersées sur toute la surface de la terre ? Cela désigne ceux qui s’attachent à tous les biens terrestres, à ce qui brille sur la surface de la terre ; voilà ce qu’ils aiment, ce qu’ils chérissent. Ils ne veulent pas mourir pour que leur vie soit cachée dans le Christ. Sur toute la surface de la terre, parce que les brebis égarées par l’amour des biens terrestres sont sur toute la surface de la terre. Elles sont en divers lieux, mais elles ont toutes été enfantées par une seule mère, la fierté orgueilleuse, de même que notre seule mère, l’Église catholique, a enfanté tous les fidèles chrétiens répandus dans le monde entier.

Il n’est donc pas étonnant que l’orgueil enfante le désaccord, tandis que la charité enfante l’unité. Cependant la Mère catholique elle-même, avec le pasteur qui est en elle, cherche partout les égarés, fortifie les faibles, soigne les malades, bande les membres fracturés ; elle s’occupe de ceux-ci aussi bien que de ceux-là ; ils ne se connaissent pas entre eux, mais elle-même les connaît tous, car elle est répandue partout.

Elle est comme une vigne qui, en se développant, se répand partout ; eux sont comme des sarments inutiles, coupés par la serpe du vigneron à cause de leur stérilité, pour que la vigne soit élaguée, mais non pas ravagée. Ces sarments-là demeurent à l’endroit où ils ont été coupés. Tandis que la vigne se développe de tous côtés, et elle connaît ses sarments ; ceux qui sont restés sur elle et près d’elle, ceux qui ont été coupés.

C’est pourquoi elle rappelle les égarés, car l’Apôtre dit des rameaux brisés : Dieu a le pouvoir de les greffer de nouveau. Que tu parles des brebis égarées loin du troupeau, que tu parles des branches détachées de la vigne, Dieu peut bien ramener les brebis et greffer les branches, car il est le souverain berger, il est le vrai vigneron. Elles ont été dispersées sur toute la surface de la terre, personne ne s’en préoccupe, personne ne va les chercher, parmi les mauvais pasteurs, personne ne s’en préoccupe, mais il y a eu un homme pour cela.

C’est pourquoi, berger, écoutez la parole du Seigneur : Aussi vrai que je suis vivant, parole du Seigneur Dieu. Voyez comment cela commence. C’est comme un serment de Dieu, une attestation de sa vie. Aussi vrai que je suis vivant, parole du Seigneur. Les pasteurs sont morts, mais les brebis sont en sécurité, car le Seigneur est vivant. Aussi vrai que je suis vivant, parole du Seigneur Dieu. Quels sont les pasteurs qui sont morts ? Ceux qui cherchent leurs propres intérêts, non ceux de Jésus Christ. Y en aura-t-il donc, en trouvera-t-on, des pasteurs qui ne cherchent pas leurs propres intérêts mais ceux de Jésus Christ ? Oui, il y en aura ; oui, on en trouvera, ils ne manquent pas et ils ne manqueront pas.

 

R/ C'est au prix de son sang

Que le Christ Jésus s'est acquis l'Église.

 

Soyez donc attentifs au troupeau

Dont l'Esprit vous a confié la charge.

 

Vous serez les intendants fidèles

Des mystères de sa grâce.

 

Livrés en spectacle au monde,

Vous serez les modèles du troupeau.

Oraison

Seigneur, source de tout bien, réponds sans te lasser à notre appel : inspire-nous ce qui est juste, aide-nous à l'accomplir.


25 mercredi

 

Livre d'Ezékiel (Ez 37, 1-14)

Les ossements desséchés appelés à revivre

L'amour de Dieu est plus fort que la mort. Des ossements desséchés, il peut recréer un peuple vivant. D'Israël, mort en quelque sorte dans la tragédie de l'exil, il va bientôt refaire une nation pleine d'espérance et de vitalité religieuse. Et un jour, de chacun de nous, endormi dans l'attente de la résurrection, il fera des membres du Christ, éternellement vivants.

La main du Seigneur fut sur moi ; il me fit sortir par l'esprit du Seigneur et me déposa au milieu de la vallée : elle était pleine d'ossements. Il me fit circuler parmi eux en tout sens ; ils étaient extrêmement nombreux à la surface de la vallée, ils étaient tout à fait desséchés.

Il me dit : "Fils d'homme, ces ossements peuvent-ils revivre ?" Je dis : "Seigneur Dieu, c'est toi qui le sais !" Il me dit : "Prononce un oracle contre ces ossements ; dis-leur : Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur. Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : Je vais faire venir en vous un souffle pour que vous viviez. Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai croître sur vous de la chair, j'étendrai sur vous de la peau, je mettrai en vous un souffle et vous vivrez ; alors vous connaîtrez que je suis le Seigneur."

Je prononçai l'oracle comme j'en avais reçu l'ordre ; il y eut un bruit pendant que je prononçais l'oracle et un mouvement se produisit : les ossements se rapprochèrent les uns des autres. Je regardai : voici qu'il y avait sur eux des nerfs, de la chair croissait et il étendit de la peau par-dessus ; mais il n'y avait pas de souffle en eux. Il me dit : "Prononce un oracle sur le souffle, prononce un oracle, fils d'homme ; dis au souffle : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Souffle, viens des quatre points cardinaux, souffle sur ces morts et ils vivront."

Je prononçai l'oracle comme j'en avais reçu l'ordre, le souffle entra en eux et ils vécurent ; ils se tinrent debout : c'était une immense armée.

Il me dit : "Fils d'homme, ces ossements, c'est toute la maison d'Israël. Ils disent : Nos ossements sont desséchés, notre espérance a disparu, nous sommes en pièces. C'est pourquoi, prononce un oracle et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux ; je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple, je vous ramènerai sur le sol d'Israël. Vous connaîtrez que je suis le Seigneur quand j'ouvrirai vos tombeaux, et que je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple. Je mettrai mon souffle en vous pour que vous viviez ; je vous établirai sur votre sol ; alors vous connaîtrez que c'est moi le Seigneur qui parle et accomplis – oracle du Seigneur."

 

R/ Jésus, tu es la résurrection et la vie,

Tu as détruit la mort.

 

Vous saurez que je suis le Seigneur

Lorsque j'ouvrirai vos tombeaux.

 

Je vous ferai remonter du tombeau,

Je vous ramènerai sur votre terre.

 

Je mettrai en vous mon Esprit, et vous vivrez ;

Moi, le Seigneur, j'ai dit, et j'accomplis.

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS

"Faites ce qu’ils disent, ne faites pas ce qu’ils font"

À cause de tout cela, bergers, écoutez la parole du Seigneur. Que devez-vous écouter ? Parole du Seigneur Dieu. J’interviens contre les bergers, je leur reprendrai mon troupeau.

Écoutez et apprenez, brebis de Dieu : Dieu reprend ses brebis aux mauvais pasteurs. Dieu les retire de la mort en les arrachant à leurs mains. En effet, il dit dans un autre passage du même Prophète : Fils d’homme, je fais de toi mon guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : "Tu vas mourir", et que tu ne l’avertisses pas, si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang. Au contraire, si tu avertis le méchant et qu’il ne se détourne pas de sa méchanceté et de sa conduite mauvaise, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie.

Qu’est-ce que cela, mes frères ? Voyez-vous combien il est dangereux de se taire ? Cet homme meurt, et il est juste qu’il meure ; il meurt dans son impiété et son péché ; car c’est la négligence de son pasteur qui le tue. Car il aurait pu trouver un pasteur vivant, Dieu qui dit : Je suis vivant, parole du Seigneur. Mais parce qu’il a été négligent en ne donnant pas d’avertissement, lui qui est supérieur et guetteur pour avertir, il meurt selon la justice, et l’autre sera condamné selon la justice. Mais si tu dis, d’après notre texte : Tu vas mourir, à celui que je menacerai de l’épée ; s’il néglige d’éviter l’épée suspendue sur lui ; enfin si l’épée s’abat et le tue, il mourra dans son péché, et toi, tu auras sauvé ta vie. C’est pourquoi nous ne devons pas nous taire ; quant à vous, même si nous nous taisons, vous devez écouter, grâce à la sainte Écriture, ce que dit le Pasteur.

Venons donc à la question que j’avais posée : Est-ce qu’il retire les brebis aux mauvais pasteurs pour les donner aux bons pasteurs ? Je constate qu’il retire les brebis aux mauvais pasteurs : Voici que j’interviens contre les bergers, je leur reprendrai mes brebis, je les empêcherai de les conduire, et ainsi ils ne seront plus bergers. En effet, j’avais dit : Qu’ils soient les bergers de mes brebis. Mais puisqu’ils sont bergers d’eux-mêmes, et non de mes brebis, je leur reprendrai mes brebis.

Comment leur reprend-il ses brebis, pour qu’ils n’en soient plus les bergers ? Faites ce qu’ils disent ; mais ne faites pas ce qu’ils font. C’est comme si le Seigneur disait : "C’est pour moi qu’ils parlent ; c’est pour eux qu’ils agissent." Quand vous ne faites pas ce qu’ils font, ils ne sont pas vos pasteurs. Quand vous faites ce qu’ils disent, c’est moi qui suis votre Pasteur.

 

R/ Jésus, tu es venu

Pour que les brebis aient la vie,

La vie en abondance.

 

Parole du Seigneur :

J'aurai soin moi-même de mon troupeau

Et je le passerai en revue.

 

Je chercherai la brebis perdue,

Avec justice je ferai paître mon troupeau.

 

Je les rassemblerai des pays étrangers

Et les ramènerai sur leur terre.

Oraison

Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, sois favorable à nos appels : puisque l'homme est fragile et que sans toi il ne peut rien, donne-nous toujours le secours de ta grâce ; ainsi nous pourrons, en observant tes commandements, vouloir et agir de manière à répondre à ton amour.


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