Ressources Catholiques Missel Romain

précédent

25 jeudi

 

Livre d'Ezékiel (Ez 37, 15-28)

"J'en ferai une seule nation"

Depuis des siècles, Israël et Juda formaient deux royaumes distincts, souvent ennemis. L'un et l'autre ont succombé historiquement. Ezéchiel annonce leur réunion future dans le royaume de Dieu. Ainsi tous nos efforts vers l'unité passent-ils par notre mort au péché, source de toute division.

Il y eut une parole du Seigneur pour moi : Toi, fils d'homme, prends un morceau de bois, écris dessus : Juda et les fils d'Israël qui lui sont associés. Puis prends un autre morceau de bois, écris dessus : Joseph – ce sera le bois d'Éphraïm – et toute la maison d'Israël qui lui est associée. Rapproche ces morceaux l'un contre l'autre pour en former un seul ; ils seront unis dans ta main. Lorsque les gens de ton peuple te diront : Ne veux-tu pas nous expliquer ce que tu fais ?, dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais prendre le morceau de bois de Joseph – qui est dans la main d'Éphraïm – et des tribus d'Israël qui lui sont associées ; je les placerai contre lui, c'est-à-dire contre le morceau de bois de Juda ; j'en ferai un seul morceau et ils seront un dans ma main. Et les morceaux de bois sur lesquels tu auras écrit seront dans ta main, sous leurs yeux. Dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais prendre les fils d'Israël d'entre les nations où ils sont allés ; je les rassemblerai de partout et je les ramènerai sur leur sol. Je ferai d'eux une nation unique, dans le pays, dans les montagnes d'Israël ; un roi unique sera leur roi à tous ; ils ne formeront plus deux nations et ne seront plus divisés en deux royaumes. Ils ne se souilleront plus avec leurs idoles et leurs horreurs, ni par toutes leurs révoltes ; je les délivrerai de tous les lieux où ils habitent, les lieux où ils ont péché. Je les purifierai, ils seront mon peuple et je serai leur Dieu. Mon serviteur David régnera sur eux, berger unique pour eux tous ; ils marcheront selon mes coutumes, ils garderont mes lois et les mettront en pratique. Ils habiteront le pays que j'ai donné à mon serviteur Jacob, le pays où vos pères ont habité, ils y habiteront eux, leurs fils, les fils de leurs fils, pour toujours ; mon serviteur David sera leur prince pour toujours. Je conclurai avec eux une alliance de paix ; ce sera une alliance perpétuelle avec eux. Je les établirai, je les multiplierai. Je mettrai mon sanctuaire au milieu d'eux pour toujours. Ma demeure sera auprès d'eux ; je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. Alors, les nations connaîtront que je suis le Seigneur qui consacre Israël, lorsque je mettrai mon sanctuaire au milieu d'eux, pour toujours."

 

R/ Un seul troupeau, un seul berger !

 

Le Seigneur va rassembler ses enfants dispersés,

il en fera une seule nation,

Et un seul roi régnera sur eux.

 

Le Christ, notre paix, a détruit les séparations :

En un seul corps,

Il nous rassemble par la croix.

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS

Les riches pâturages.

Je ferai sortir mes brebis des pays étrangers, je les rassemblerai et je les ramènerai chez elles je les mènerai paître sur les montagnes d'Israël. Il appelle "montagnes d'Israël" les auteurs des saintes Écritures. C'est là qu'il faut paître, si vous voulez le faire en sécurité. Tout ce que vous apprenez là, savourez-le ; tout ce qui est en dehors, rejetez-le. Ne vous égarez pas dans le brouillard, écoutez la voix du berger. Rassemblez-vous sur les montagnes de la sainte Écriture. Vous trouverez là les délices de votre cœur ; là il n'y a rien de vénéneux, rien de dangereux ; ce sont de riches pâturages. Venez, mais vous seulement qui êtes des brebis bien portantes, pour aller paître sur les montagnes d'Israël.

Dans les rivières, dans les endroits les meilleurs. De ces montagnes que nous venons de montrer, ont découlé les rivières de la prédication évangélique, puisque sa parole a retenti jusqu'au bout du monde et que tous les endroits de la terre offrent aux brebis des pâturages agréables et abondants.

Je les ferai paître dans un bon pâturage, et sur les hauteurs d'Israël. Et leurs étables seront là, c'est-à-dire là où elles vont se reposer, où elles pourront dire : "C'est vrai, c'est évident, nous ne sommes pas dans l'erreur." Elles se reposent dans la gloire de Dieu, comme dans ces étables. Là elles dormiront, c'est-à-dire : elles se reposeront, elles se reposeront dans les délices.

Elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d'Israël. J'ai déjà parlé de ces montagnes d'Israël, ces bonnes montagnes, vers lesquelles nous levons les yeux, pour que le secours nous vienne de là. Mais notre secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Aussi, pour que notre espérance ne s'attache pas à ces bonnes montagnes, après avoir dit : Je ferai paître mes brebis sur les monts d'Israël, pour que tu ne demeures pas sur les montagnes, il ajoute aussitôt : C'est moi qui ferai paître mes brebis. Lève les yeux vers les montagnes, d'où te viendra le secours, mais écoute celui qui dit : Moi, je ferai paître. Car ton secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Il conclut ainsi : Je les ferai paître avec justice. Tu vois qu'il est le seul à faire paître ainsi, le seul qui fasse paître avec justice. Quel est l'homme qui peut juger l'homme ? On fait partout des jugements téméraires. Celui dont nous désespérions se convertit tout à coup, et devient excellent. Celui dont nous attendions beaucoup tombe brusquement et devient très mauvais. Ni notre crainte n'est assurée, ni notre amour n'est assuré.

Ce qu'est aujourd'hui n'importe quel homme, cet homme-là lui-même ne le sait guère. Cependant il le sait un peu aujourd'hui. Ce qu'il sera demain, lui-même ne le sait pas. Donc, le bon pasteur fait paître avec justice, il distribue à chacun ce qui lui revient : ceci aux uns, cela aux autres, à chacun ce qui lui est dû, que ce soit ceci ou cela. Car il sait ce qu'il fait. Il fait paître avec justice, lui qui a racheté ceux qu'il a jugés. C'est donc bien lui qui fait paître avec justice.

 

R/ Jésus, tu es venu

Pour que les brebis aient la vie,

La vie en abondance.

 

Parole du Seigneur :

J'aurai soin moi-même de mon troupeau

Et je le passerai en revue.

 

Je chercherai la brebis perdue,

Avec justice je ferai paître mon troupeau.

 

Je les rassemblerai des pays étrangers

Et les ramènerai sur leur terre.

Oraison

Fais-nous vivre à tout moment, Seigneur, dans l'amour et le respect de ton saint nom, toi qui ne cesses jamais de guider ceux que tu enracines solidement dans ton amour.


25 vendredi

 

Livre d'Ezékiel (Ez 40, 1-4 ; 43, 1-12 ; 44, 6-9)

Vision grandiose du Temple nouveau

Dans une vision grandiose, Ezéchiel entrevoit la restauration future d'Israël : terre consacrée où vivra un peuple parfait, rendant à Dieu un culte parfait. La réalité ne sera qu'une ébauche de cet idéal, mais le retour de Dieu en son Temple en caractérise bien l'essentiel : Dieu est à l'œuvre au milieu de nous par sa grâce et, en dépit de tous les détails, son règne se construit et son plan de salut se réalise.

La vingt-cinquième année de notre déportation, au début de l'année, le dix du mois, quatorze ans après la chute de la ville, le même jour exactement, la main du Seigneur fut sur moi. Il m'emmena là-bas. Dans des visions divines, il m'emmena en terre d'Israël ; il me déposa sur une très haute montagne, sur laquelle, au sud, il y avait comme les édifices d'une ville. Il m'emmena là-bas ; et voici : un homme ; son aspect était comme l'aspect du bronze. Il avait à la main comme un cordeau de lin ainsi qu'une canne à mesurer. Il se tenait à la porte. L'homme me dit : "Fils d'homme, regarde de tous tes yeux ; écoute de toutes tes oreilles ; applique ton attention à tout ce que je vais te faire voir ; car c'est pour te le faire voir qu'on t'a amené ici. Tu raconteras à la maison d'Israël tout ce que tu vas voir."

Il me conduisit vers la porte, la porte qui est tournée en direction de l'orient. Et voici, la gloire du Dieu d'Israël arrivait, depuis l'orient, avec un bruit semblable au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de sa gloire. C'était comme une vision – la vision que j'avais eue –, comme la vision que j'avais eue lorsqu'il vint pour détruire la ville ; c'était des visions semblables à la vision que j'avais eue sur le fleuve Kebar. Alors je me jetai face contre terre. Et la gloire du Seigneur entra dans la Maison, par la porte qui fait face à l'orient. Et l'Esprit m'enleva et me fit entrer dans le parvis intérieur. Et voici que la gloire du Seigneur remplissait la Maison. Et j'entendis qu'on me parlait depuis la Maison, tandis que l'homme se tenait à côté de moi. On me dit : "Fils d'homme, c'est l'emplacement de mon trône et la place de mes pieds ; c'est là que j'habiterai, au milieu des fils d'Israël, pour toujours.

La maison d'Israël ne souillera plus mon saint nom ; ni elle, ni ses rois avec leurs débauches, ni les cadavres de ses rois avec leurs tombes. Ils ont placé leur seuil à côté de mon seuil, les montants de leurs portes à côté des miens, avec un mur mitoyen entre moi et eux. Ils ont souillé mon saint nom par les abominations qu'ils ont commises ; aussi je les ai exterminés dans ma colère. Maintenant ils éloigneront de moi leurs débauches ainsi que les cadavres de leurs rois et j'habiterai au milieu d'eux pour toujours.

Et toi, fils d'homme, décris cette Maison à la maison d'Israël ; qu'ils soient honteux de leurs fautes ; qu'ils mesurent le plan. S'ils sont honteux de tout ce qu'ils ont commis, fais-leur connaître l'organisation de la Maison, sa disposition, ses sorties, ses entrées, toute son organisation, toutes ses prescriptions, toute son organisation et tout son rituel. Écris-les sous leurs yeux, afin qu'ils gardent toute son organisation et toutes ses prescriptions et qu'ils les appliquent. "Telle est la loi de la Maison : au sommet de la montagne, tout son territoire, tout autour, est très saint. Voilà ! Telle est la loi de la Maison."

Tu diras à ces rebelles, à la maison d'Israël : Ainsi parle le Seigneur Dieu : C'en est trop de toutes vos abominations, maison d'Israël : vous introduisez des étrangers, incirconcis de cœur, incirconcis de chair, pour qu'ils soient dans mon sanctuaire et profanent ma Maison ; vous offrez ma nourriture – la graisse et le sang –, de sorte que mon alliance est rompue par toutes vos abominations. Vous n'avez pas assuré le service relatif à mes choses saintes, mais vous avez établi des étrangers, afin qu'ils assurent pour vous ce service, dans mon sanctuaire. Ainsi parle le Seigneur Dieu : Aucun étranger, incirconcis de cœur et incirconcis de chair, n'entrera dans mon sanctuaire ; aucun étranger qui demeure au milieu des fils d'Israël.

 

R/ Le Seigneur, Maître de tout,

Sera notre Temple, ainsi que l'Agneau.

 

Parole du Seigneur : Voici le lieu de mon trône,

J'habiterai au milieu de mon peuple à jamais.

 

Jésus entra dans le Temple

Et chassa les marchands qui s'y trouvaient.

 

Les enfants dans le Temple s'écriaient :

Hosanna au fils de David.

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS

Le seul Pasteur.

Le Christ te fait donc paître avec justice. Il distingue les brebis qui lui appartiennent de celles qui ne lui appartiennent pas. Les brebis qui sont à moi, dit-il, entendent ma voix, et elles me suivent.

Ici je trouve tous les bons pasteurs en un seul pasteur. Les bons pasteurs ne manquent pas, mais ils se trouvent en un seul. Ils sont nombreux, lorsqu'ils sont divisés. Ici l'on parle d'un seul pasteur, parce que tout ce texte est en faveur de l'unité. Ce n'est pas vrai que les pasteurs se taisent maintenant, et que le Seigneur est appelé pasteur parce qu'il n'a pas trouvé à qui confier ses brebis. Il les a confiées à quelqu'un, parce qu'il a trouvé Pierre. Mais en outre, il a mis en valeur l'unité dans la personne de Pierre. Il y avait beaucoup d'Apôtres, mais c'est à un seul qu'il a dit : Sois le berger de mes brebis. Ne croyons pas qu'on manque aujourd'hui de bons pasteurs, ne croyons pas qu’on en manque, ne croyons pas que, dans sa miséricorde, Dieu ne va pas les engendrer et les instituer.

Évidemment, s'il y a de bonnes brebis, il y a aussi de bons pasteurs, car c'est avec les bonnes brebis que l'on fait de bons pasteurs. Mais tous les bons pasteurs se retrouvent en un seul, ils ne font qu'un. Ils font paître les brebis, et c'est le Christ qui les fait paître. Les amis de l'époux ne prétendent pas avoir sa voix, mais ils se réjouissent grandement à cause de la voix de l'époux. C'est donc lui qui fait paître, lorsqu'ils font paître ; et il dit : "C'est moi qui fais paître", parce que c'est sa voix qui est en eux, c'est sa charité qui est en eux. Car Pierre lui-même, à qui il confiait ses brebis, comme à un autre lui-même, il voulait qu'il ne fasse qu'un avec lui ; il voulait lui confier ses brebis de telle sorte que lui-même resterait la tête, tandis que Pierre représentait le corps, c'est-à-dire l'Église ; de telle sorte que, comme l'époux et l'épouse, à eux deux, ils ne feraient plus qu'un.

Aussi, pour lui confier ses brebis, que lui a-t-il dit d'abord, pour ne pas les lui confier comme à quelqu'un de différent de lui : Pierre, m'aimes-tu ? Et Pierre répondit : Je t'aime. La deuxième fois : M'aimes-tu ? Et il répondit : Je t'aime. Et une troisième fois : M'aimes-tu ? Et il répondit : Je t'aime. Il fortifie l'amour pour consolider l'unité. C'est donc lui qui est le berger en eux, et eux le sont en lui seul.

Il ne parle pas des pasteurs, et pourtant il en parle. Les pasteurs se glorifient, mais ceux qui se glorifient doivent se glorifier dans le Seigneur. C'est ainsi que le Christ est berger, ainsi qu'on est berger pour le Christ, qu'on est berger dans le Christ, qu'on n'est pas berger pour soi, en dehors du Christ. En effet, il n'y a pas vraiment pénurie de pasteurs, comme si le Prophète annonçait ces temps mauvais de l'avenir. Le Seigneur n'a pas dit : C'est moi qui serai le berger de mes brebis, comme s'il n'avait personne à qui les confier. Même lorsque Pierre était avec lui, et que les Apôtres étaient encore avec lui, en cette chair et en cette vie, c'est alors qu'il a dit, lui le seul Pasteur, en l'unité de qui tous ne font qu'un : J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les conduise avec les autres : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

Que tous les pasteurs soient donc en un seul pasteur, qu'ils fassent entendre la voix unique du pasteur ; que les brebis l'entendent, qu'elles suivent leur pasteur, non pas celui-ci ou celui-là, mais le seul. Et que tous, en lui, fassent entendre une seule voix, et non pas des voix discordantes. Je vous exhorte, frères, soyez tous d'accord, et qu'il n’y ait pas de divisions entre vous. Cette voix, débarrassée de toute division, purifiée de toute hérésie, que les brebis l'écoutent. Qu'elles suivent leur pasteur qui leur dit : Les brebis qui sont à moi entendent ma voix, et elles me suivent.

 

Le bon Pasteur s'est livré lui-même

Pour que vous ayez la vie.

Laissez-vous conduire à sa voix

Et suivez-le en chantant :

 

R/ Tu es la porte du Royaume, alléluia,

Tu es la route vers le Père, alléluia !

 

Le Seigneur a les yeux sur ses fidèles,

Sur ceux qui espèrent son amour.

 

Pour nous préserver de la mort,

Nous garder en vie au temps de la famine.

Oraison

Tu as voulu, Seigneur, qu'en recevant ta grâce nous devenions des fils de lumière ; ne permets pas que l'erreur nous plonge dans la nuit, mais accorde-nous d'être toujours rayonnants de ta vérité.


25 samedi

 

Livre d'Ezékiel (Ez 47, 1-12)

Vidi aquam !

Dans la Palestine, contrée sèche, l'eau courante est le symbole même des bienfaits divins. Cette source merveilleuse issue du Temple, demeure de Dieu, et dont le flot ne s'épuise pas, nous dit l'admirable fécondité de la grâce. Jésus promettra aussi une eau jaillissant en vie éternelle.

Il me fit venir vers l'entrée du Temple ; or, de l'eau sortait de dessous le seuil de la Maison, vers l'orient, car la façade de la Maison était à l'orient ; et l'eau descendait au bas du côté droit de la Maison, au sud de l'autel. Il me fit sortir par la porte nord ; puis il me fit contourner l'extérieur, jusqu'à la porte extérieure qui est tournée à l'orient, et voici que l'eau coulait du côté droit. Quand l'homme sortit vers l'orient, le cordeau à la main, il mesura mille coudées ; il me fit traverser l'eau : elle me venait aux chevilles. Puis il mesura mille coudées et me fit traverser l'eau : elle me venait aux genoux. Puis il mesura mille coudées et me fit traverser l'eau : elle me venait aux reins. Puis il mesura mille coudées : c'était un torrent que je ne pouvais traverser, car l'eau avait monté : c'était de l'eau où il fallait nager, un torrent infranchissable. Il me dit : "As-tu vu, fils d'homme ?" Il m'emmena puis me ramena au bord du torrent. Quand il m'eut ramené, voici que, sur le bord du torrent, il y avait des arbres très nombreux, des deux côtés. Il me dit : "Cette eau s'en va vers le district oriental et descend dans la Araba : elle pénètre dans la mer ; quand elle s'est jetée dans la mer, les eaux sont assainies. Et alors tous les êtres vivants qui fourmillent vivront partout où pénétrera le torrent. Ainsi le poisson sera très abondant, car cette eau arrivera là et les eaux de la mer seront assainies : il y aura de la vie partout où pénétrera le torrent. Alors des pêcheurs se tiendront sur la rive ; et depuis Éin-Guèdi jusqu'à Éin-Églaïm, ce sera un séchoir à filets. Les espèces de poissons seront aussi nombreuses que celles de la grande mer. Mais ses lagunes et ses marais ne seront pas assainis ; on les laissera pour avoir du sel. Au bord du torrent, sur les deux rives, pousseront toutes espèces d'arbres fruitiers ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne s'épuiseront pas ; ils donneront chaque mois une nouvelle récolte, parce que l'eau du torrent sort du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture et leur feuillage de remède."

 

R/ Partout où passera le torrent,

Il fera naître la vie.

 

L'eau que je donnerai, dit Jésus,

Deviendra en vous source d'eau

Jaillissant en vie éternelle.

 

Si quelqu'un a soif, dit Jésus,

Qu'il vienne à moi et qu'il boive :

De lui couleront des fleuves d'eaux vives.

 

COMMENTAIRE DE SAINT HILAIRE DE POITIERS SUR LE Ps 64

Le fleuve d’eau vive

Le fleuve de Dieu regorge d’eau, c’est ainsi que tu apprêtes leur nourriture. Il n’y a pas de doute à avoir sur ce fleuve, car le Prophète dit aussi : L’élan du fleuve réjouit la cité de Dieu. Et le Seigneur lui-même dit, dans les évangiles : Celui qui boit de l’eau que je lui donnerai, des fleuves d’eau vive couleront de son cœur, jaillissant en vie éternelle. Et encore : Celui qui croit en moi, comme dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur. Jésus disait cela de l’Esprit Saint que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. Donc, ce fleuve de Dieu regorge d’eau. Car nous sommes inondés par les dons de l’Esprit Saint, et le fleuve de Dieu, regorgeant d’eau, se déverse en nous à partir de cette source de vie.

Et nous avons aussi une nourriture apprêtée. Quelle est cette nourriture ? Celle qui nous prépare à la participation de la vie divine, au moyen de la communion au Corps sacré afin de nous établir ensuite dans la communion de ce Corps. C’est ce que signifie le psaume que nous commentons, lorsqu’il dit : Tu apprêtes leur nourriture ; car c’est toi-même qui la prépares : car cette nourriture nous sauve présentement, mais elle nous prépare pour l’avenir.

Nous qui avons reçu par le sacrement de baptême la nouvelle naissance, nous éprouvons une grande joie lorsque nous ressentons en nous les premières avances de l’Esprit Saint, lorsque s’éveille en nous l’intelligence des mystères, la connaissance des prophéties, la parole de sagesse, les charismes de guérison et la domination sur les démons. Tout cela nous pénètre comme des ondées, et peu à peu ce que nous avons semé se développe en une moisson abondante.

 

J'ai vu l'eau vive

Jaillissant du cœur du Christ, alléluia !

Tous ceux que lave cette eau

Seront sauvés et chanteront : alléluia !

 

R/ Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !

 

J'ai vu la source

Devenir un fleuve immense, alléluia !

Les fils de Dieu rassemblés

Chantaient leur joie d'être sauvés, alléluia !

Oraison

Dieu qui as relevé le monde par les abaissements de ton Fils, donne à tes fidèles une joie sainte : tu les as tirés de l'esclavage du péché ; fais-leur connaître le bonheur impérissable.


suivant