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28 dimanche

 

Livre d'Aggée (Ag 1, 1-15 ; 2, 1-9)

Invitation à rebâtir le temple

À son peuple découragé, Dieu rappelle que sa mission est de travailler sans cesse. Autrefois, il s'agissait de rebâtir un Temple ; mais l'édifice spirituel de l'Église, lui, n'est jamais achevé, et ce sont nos efforts, cimentés par la charité, qui la bâtissent.

L'an deux du règne de Darius, le sixième mois, le premier jour du mois, la parole du Seigneur fut adressée par l'intermédiaire d'Aggée, le prophète, à Zorobabel, fils de Shaltiel, le gouverneur de Juda, et à Josué, fils de Yehosadaq, le grand prêtre : Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Ces gens-là déclarent : Il n'est pas venu, le moment de rebâtir la Maison du Seigneur.

Or la parole du Seigneur arriva par l'intermédiaire d'Aggée, le prophète : Est-ce le moment pour vous d'habiter vos maisons lambrissées, alors que cette Maison-ci est en ruine ? Et maintenant, ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Réfléchissez bien à quoi vous êtes arrivés. Vous avez semé beaucoup, mais peu récolté ; vous mangez, mais sans vous rassasier ; vous buvez, mais sans être gais ; vous vous habillez, mais sans vous réchauffer, et le gain du salarié va dans une bourse trouée. Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Réfléchissez bien à quoi vous êtes arrivés. Montez à la montagne, rapportez du bois et rebâtissez ma Maison : j'y trouverai plaisir et je manifesterai ma gloire, dit le Seigneur. Vous attendiez beaucoup, et maigre fut la récolte : quand vous l'avez rentrée chez vous, j'ai soufflé dessus. Pourquoi donc ? – oracle du Seigneur, du tout-puissant : À cause de ma Maison qui, elle, est en ruine, alors que chacun de vous s'affaire auprès de sa propre maison. C'est pourquoi, au-dessus de vous, les cieux ont retenu la rosée, et la terre a retenu son fruit. J'ai appelé la sécheresse sur la terre, sur les montagnes, sur le blé, le vin nouveau, l'huile fraîche et sur tout ce que produit le sol ; sur les hommes, les bêtes et sur tout le fruit de vos travaux."

Alors Zorobabel, fils de Shaltiel, et Josué, fils de Yehosadaq, le grand prêtre, et tout le reste du peuple écoutèrent la voix du Seigneur, leur Dieu, et les paroles d'Aggée, le prophète, selon la mission que lui avait donnée le Seigneur, leur Dieu. Et le peuple éprouva de la crainte devant le Seigneur.

Et Aggée, le messager du Seigneur, parla selon le message reçu du Seigneur pour le peuple : "Je suis avec vous – oracle du Seigneur." Et le Seigneur réveilla l'esprit de Zorobabel, fils de Shaltiel, le gouverneur de Juda, et l'esprit de Josué, fils de Yehosadaq, le grand prêtre, et l'esprit de tout le reste du peuple : ils vinrent et se mirent à l'œuvre dans la Maison du Seigneur, du tout-puissant, leur Dieu. Le vingt-quatre du sixième mois...

L'an deux du règne de Darius, le septième mois, le vingt et un du mois, la parole du Seigneur arriva par l'intermédiaire d'Aggée, le prophète : Parle donc à Zorobabel, fils de Shaltiel, le gouverneur de Juda, et à Josué, fils de Yehosadaq, le grand prêtre, et à tout le reste du peuple, et dis-leur : Quel est parmi vous le survivant qui a vu cette Maison dans son ancienne gloire ? Et comment la voyez-vous à présent ? N'apparaît-elle pas à vos yeux comme rien ? Mais maintenant, courage, Zorobabel, – oracle du Seigneur – et courage, Josué, fils de Yehosadaq, grand prêtre, et courage, vous, tout le peuple du pays – oracle du Seigneur –, au travail ! Car je suis avec vous – oracle du Seigneur, du tout-puissant. Selon l'engagement que j'ai pris envers vous lors de votre sortie d'Égypte, et puisque mon Esprit se tient au milieu de vous, ne craignez rien ! Oui, ainsi parle le Seigneur, le tout-puissant : encore un moment – il sera court – et je vais ébranler ciel et terre, mer et continent. J'ébranlerai toutes les nations, et les trésors de toutes les nations afflueront, et j'emplirai de splendeur cette Maison, déclare le Seigneur, le tout-puissant. L'argent est à moi, à moi l'or – oracle du Seigneur, du tout-puissant. La gloire dernière de cette Maison dépassera la première, dit le Seigneur, et dans ce lieu j'établirai la paix – oracle du Seigneur, du tout-puissant."

 

R/ Approchons-nous de la pierre vivante,

Rejetée par les hommes, mais choisie par Dieu.

 

Montez à la montagne et rebâtissez ma maison,

dit le Seigneur,

j'y trouverai ma joie et ma gloire.

 

La gloire future de ce temple dépassera l'ancienne,

et dans ce lieu je donnerai la paix.

 

Vous-mêmes, comme pierres vivantes,

entrez dans la construction de l'édifice spirituel.

 

COMMENTAIRE DE SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE SUR LE PROPHÈTE AGGEE

"Dans ce lieu, je donnerai la paix".

À l'époque de l'avènement de notre Sauveur, se manifesta un Temple divin incomparablement glorieux, d'autant meilleur et supérieur par rapport à l'ancien que l'on peut mesurer la différence entre le culte réglé par la Loi et le culte chrétien et évangélique, entre les préfigurations et la vérité.

Voici ce que je crois pouvoir dire à ce sujet. Jadis, il y avait un seul Temple, à Jérusalem seulement, et c'était le peuple d'Israël qui y accomplissait les sacrifices. Plus tard, le Fils unique de Dieu est venu parmi nous, lui qui est le Seigneur et le Dieu qui nous a donné sa lumière, comme dit l'Écriture. Par la suite, le monde entier s'est couvert de saintes demeures avec d'innombrables adorateurs qui glorifiaient le Dieu de l'univers par des sacrifices, des parfums spirituels. Et c'est cela, je crois, que Malachie annonçait, parlant au nom de Dieu : Je suis le Grand Roi, dit le Seigneur. Mon nom a été glorifié parmi les nations. En tous lieux on offre à mon nom de l'encens et une oblation pure. Elle est donc bien vraie, cette parole dite par le prophète Aggée : La gloire de ce dernier Temple – c'est-à-dire de l'Église – sera plus grande que l'ancienne.

À ceux qui se préoccupent de la bâtir, le Christ sera donné comme un asile venant du Père, comme un don du ciel, la paix pour tous, puisque par lui nous avons accès auprès du Père, dans un seul Esprit. C'est ce qui est annoncé ensuite par le prophète. Je donnerai la paix dans ce lieu, et la paix pour protéger tous ceux qui travaillent à l'érection de ce Temple. En effet, le Christ a dit aussi : Je vous donne ma paix. Et combien celle-ci est avantageuse à ceux qui aiment, saint Paul va nous l'enseigner : La paix du Christ, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre cœur et vos pensées. Le sage Isaïe faisait cette prière : Seigneur notre Dieu, donne-nous la paix, car c'est toi qui récompenses tous nos actes. En effet, pour ceux qui ont mérité une seule fois de recevoir la paix du Christ, il est facile de garder leur âme et de diriger leurs pensées de façon à observer exactement la vertu.

On nous affirme donc que la paix sera donnée à tous les constructeurs du Temple. Soit que l'on bâtisse l'Église, comme le dispensateur des mystères divins, qui est à la tête de la maison de Dieu ; soit que l'on améliore son âme, qui apparaît comme une pierre vivante et spirituelle pour le Temple saint et l'habitation de Dieu dans l'esprit. L'un comme l'autre y gagnera de pouvoir facilement sauver son âme.

 

R/ Grandes, merveilleuses, tes œuvres,

Seigneur Dieu, Maître-de-tout !

 

Qui est comme toi parmi les dieux, Seigneur ?

Qui est comme toi, magnifique en sainteté,

Formidable en exploits, auteur de prodiges ?

 

Toutes les nations viendront

Pour se prosterner devant toi,

Car voici manifestés tes jugements.

 

Te Deum

Oraison 28

Nous t'en prions, Seigneur, que ta grâce nous devance et qu'elle nous accompagne toujours, pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche.


28 lundi

 

Livre d'Aggée (Ag 2, 10-23)

"Je ferai de toi comme un anneau à cacheter"

Quand Dieu n'est pas présent, plus rien n'est pur et saint dans le monde. Lui bâtir un Temple, ce n'est pas d'abord lui élever une maison de pierre, mais le rendre authentiquement présent parmi les hommes.

Le vingt-quatre du neuvième mois, l'an deux de Darius, la parole du Seigneur fut adressée à Aggée, le prophète : Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Sollicite donc des prêtres une directive en leur demandant : Si quelqu'un porte de la viande sanctifiée dans le pan de son vêtement et, de ce pan, touche du pain, des légumes, du vin, de l'huile ou n'importe quel aliment, seront-ils sanctifiés ?" Les prêtres répondirent et déclarèrent : "Non". Aggée reprit : "Si un homme rendu impur par le contact d'un mort touche à l'une de ces choses, sera-t-elle impure ?" Les prêtres répondirent et déclarèrent : "Elle sera impure." Aggée répliqua : "Tel est ce peuple, telle est cette nation devant moi – oracle du Seigneur. Tel est l'ouvrage de leurs mains, et ce qu'ils offrent là est impur."

Et maintenant, soyez bien attentifs, à partir d'aujourd'hui et pour l'avenir. Avant qu'on eût posé pierre sur pierre dans le temple du Seigneur, avant qu'elles y fussent, on venait à un tas de grain estimé à vingt mesures, et il ne s'en trouvait que dix ; on venait au pressoir vider la cuve de cinquante mesures, et il ne s'en trouvait que vingt. Je vous ai frappés dans tout le travail de vos mains par la rouille, la nielle, la grêle, sans réussir à vous ramener vers moi – oracle du Seigneur. Soyez bien attentifs, dès aujourd'hui et pour l'avenir, à partir du vingt-quatre du neuvième mois – depuis le jour où fut fondé le temple du Seigneur, soyez attentifs : Reste-t-il encore du grain dans le grenier ? Même la vigne, le figuier, le grenadier et l'olivier n'ont rien porté. À partir d'aujourd'hui, je vais bénir."

La parole du Seigneur fut adressée une seconde fois à Aggée, le vingt-quatre du mois : Parle à Zorobabel, le gouverneur de Juda, et dis-lui : Je vais ébranler ciel et terre. Je vais renverser les trônes des royaumes et exterminer la force des royaumes des nations ; je vais renverser chars et conducteurs ; chevaux et cavaliers tomberont, chacun sous l'épée de son frère. En ce jour-là – oracle du Seigneur, du tout-puissant – je te prendrai, Zorobabel, fils de Shaltiel, mon serviteur – oracle du Seigneur. Je t'établirai comme l'anneau à cacheter, car c'est toi que j'ai élu – oracle du Seigneur, du tout-puissant."

 

R/ Seigneur, fais-moi comprendre

Et je vivrai.

 

Maintenant, dit le Seigneur, réfléchissez bien,

À partir d'aujourd'hui et pour l'avenir.

 

Considérez attentivement à partir d'aujourd'hui

Si le grain manque encore au grenier.

 

TRAITÉ DE SAINT FULGENCE DE RUSPE CONTRE FABIEN

"Faites cela en mémoire de moi".

Lorsque l'on offre des sacrifices, on accomplit l'ordre que notre Seigneur nous a donné, selon ce que dit Saint Paul : Le Seigneur Jésus, la nuit même où il fut livré, prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit et dit : "Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi." Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : "Cette coupe est la nouvelle Alliance établie par mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi." Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et vous buvez à cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.

Ce sacrifice est donc offert pour que la mort du Seigneur soit annoncée, et pour que l'on fasse mémoire de lui, qui a donné sa vie pour nous. Lui-même l'a dit : Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Puisque le Christ est mort pour nous par amour, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice nous demandons que l'amour nous soit accordé par la venue du Saint-Esprit. Et nous prions humblement qu'en vertu de cet amour, par lequel le Christ a voulu mourir pour nous, nous aussi, en recevant la grâce du Saint-Esprit, nous puissions considérer le monde comme crucifié pour nous, et être nous-mêmes crucifiés pour le monde. Nous imitons la mort du Seigneur : De même que le Christ est mort au péché une fois pour toutes ; et lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant, de même nous aussi, devons mener une vie nouvelle. Ayant reçu le don de l'amour, mourons au péché et vivons pour Dieu.

L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. Car justement, la participation au corps et au sang du Seigneur, lorsque nous mangeons son pain et buvons à sa coupe, c'est cela qui nous invite à mourir au monde en ayant notre vie cachée avec le Christ en Dieu, et à crucifier notre chair avec ses passions et ses convoitises.

C'est ainsi que tous les fidèles qui aiment Dieu et le prochain, même s'ils ne boivent pas à la coupe de la passion corporelle, boivent cependant à la coupe de l'amour du Seigneur. Une fois enivrés par elle, ils doivent faire mourir en eux ce qui appartient encore à la terre ; ceux qui ont revêtu Jésus Christ, qu'ils ne s'abandonnent pas aux désirs de la chair, qu'ils ne regardent pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas.

C'est ainsi que l'on boit à la coupe du Seigneur lorsque l'on observe la sainte charité ; sans elle on pourrait se faire brûler vif, sans que cela serve à rien. Le don de la charité nous apporte ceci : que nous soyons réellement ce que, dans le sacrifice, nous célébrons sacramentellement.

 

R/ Nous partageons le Pain nouveau,

La table fraternelle,

Le Corps brisé, la chair du Fils de Dieu,

Pâque des chrétiens.

 

Nous célébrons le Vin nouveau,

La coupe de lumière,

Le sang jailli du Cœur de Jésus Christ,

vie des baptisés.

 

Nous accueillons l'Esprit nouveau,

Le souffle d'allégresse,

Le don gratuit du Fils ressuscité,

Force des croyants.

 

Oraison

Dans ton amour inépuisable, Dieu éternel et tout-puissant, tu combles ceux qui t'implorent, bien au-delà de leurs mérites et de leurs désirs ; répands sur nous ta miséricorde en délivrant notre conscience de ce qui l'inquiète et en donnant plus que nous n'osons demander.


28 mardi

 

Livre de Zacharie (Za 1,1-21 ; 2, 1-4)

Vision de restauration

Dans les visions de style apocalyptique, Zacharie dévoile les desseins de salut de Dieu. S'il s'est irrité contre sa ville sainte, il lui garde un amour jaloux. La conversion rendra efficace cet amour sauveur.

Au huitième mois, la deuxième année du règne de Darius, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Zacharie, fils de Bèrèkya, fils d'Iddo :

"Le Seigneur s'est violemment irrité contre vos pères." Dis-leur :

"Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Revenez à moi – oracle du Seigneur le tout-puissant – et je reviendrai à vous, dit le Seigneur le tout-puissant.

N'imitez pas vos pères, eux que les prophètes de jadis ont interpellés en ces termes : Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Revenez donc, renoncez à vos chemins mauvais et à votre conduite mauvaise, mais ils n'ont pas écouté et n'ont pas pris garde à moi – oracle du Seigneur. Vos pères, où sont-ils, eux ? Et les prophètes, vivent-ils toujours ? Pourtant mes déclarations et mes décisions, celles dont j'avais chargé mes serviteurs les prophètes, n'ont-elles pas atteint vos pères ? Alors ils sont revenus et ils ont avoué : Le Seigneur le tout-puissant avait décidé de nous traiter selon nos chemins et notre conduite, et c'est bien ainsi qu'il nous a traités.

Le vingt-quatre du onzième mois – le mois de shevat –, la deuxième année du règne de Darius, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Zacharie, fils de Bèrèkya, fils d'Iddo en ces termes :

J'ai eu cette nuit une vision : c'était un homme monté sur un cheval roux ; il se tenait parmi les myrtes, dans la profondeur, et derrière lui il y avait des chevaux roux, alezans et blancs. Je lui demandai : "Que représentent-ils, mon Seigneur ?" Alors l'ange qui me parlait me répondit : "Je vais te montrer ce qu'ils représentent." Et l'homme qui se tenait parmi les myrtes intervint en disant : "Ce sont ceux que le Seigneur a envoyés parcourir la terre." Alors ceux-ci s'adressèrent à l'ange du Seigneur qui se tenait parmi les myrtes et lui dirent : "Nous avons parcouru la terre et voici que toute la terre est tranquille et en repos."

L'ange du Seigneur reprit alors : "Seigneur tout-puissant, jusqu'à quand tarderas-tu à prendre en pitié Jérusalem et les villes de Juda contre lesquelles tu es irrité depuis déjà soixante-dix ans ?" Alors à l'ange qui me parlait, le Seigneur donna une réponse encourageante, une réponse consolante.

Et l'ange qui me parlait me dit : "Proclame : Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Je ressens une intense jalousie pour Jérusalem et pour Sion. Mais je suis violemment irrité contre les nations bien établies ; alors que moi, je n'étais que faiblement irrité, elles, elles sont venues ajouter à son malheur.

Voilà pourquoi, ainsi parle le Seigneur : Je reviens vers Jérusalem avec compassion, ma Maison y sera rebâtie – oracle du Seigneur le tout-puissant – et le cordeau sera tendu sur Jérusalem. Fais encore cette proclamation : Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Mes villes regorgeront encore de biens. Le Seigneur consolera encore Sion, il choisira encore Jérusalem.

Je levai les yeux et j'eus une vision : c'étaient quatre cornes. Je demandai alors à l'ange qui me parlait : "Que représentent-elles ?" Il me répondit : "Ce sont les cornes qui ont dispersé Juda, Israël et Jérusalem." Puis le Seigneur me fit voir quatre forgerons. Alors je demandai : "Ceux-ci, que viennent-ils faire ?" Il me répondit : "Les cornes sont celles qui ont dispersé Juda au point que personne ne relevait plus la tête. Mais ces forgerons sont venus pour les faire trembler, pour abattre les cornes de ces nations, celles qui ont levé leurs cornes sur le pays de Juda en vue de le disperser."

 

R/ L'Esprit et l'Épouse disent : Viens !

 

Ainsi parle le Seigneur Tout-Puissant :

J'éprouve un amour jaloux pour Jérusalem.

 

Je me tourne de nouveau

Vers Jérusalem avec compassion :

Mon Temple y sera rebâti.

 

INSTRUCTION SPIRITUELLE DE SAINT COLOMBAN

"Ton Dieu sera ta lumière éternelle".

Qu'ils sont donc heureux, qu'ils sont dignes d'envie, les serviteurs que le Maître, à son retour, trouvera vigilants. Une vigilance bienheureuse qui les tient éveillés pour la rencontre de Dieu, le Créateur de l'univers, dont la majesté remplit toutes choses et les dépasse toutes.

Et pour moi qui suis son serviteur, malgré mon indignité, Dieu veuille m'éveiller du sommeil de mon indolence. Qu'il fasse brûler en moi le feu de l'amour divin ; que la flamme de son amour monte plus haut que les étoiles ; que brûle sans cesse au-dedans de moi le désir de répondre à son infinie tendresse.

Ah ! s'il m'était donné de pouvoir tenir à longueur de nuit ma lampe allumée et ardente dans le temple du Seigneur ! Si elle pouvait éclairer tous ceux qui pénètrent dans la maison de mon Dieu ! Seigneur, accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement, que je sache tenir toujours ma lampe allumée, sans jamais la laisser s'éteindre ; qu'en moi elle soit feu, et lumière pour mon prochain.

O Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur, fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde.

Veuille donc, Jésus, je t'en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu'ainsi, à cette clarté, m'apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense. Qu'à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon cœur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente.

Fais-nous la grâce, je t'en prie, puisque nous frappons à ta porte, de te manifester à nous, Sauveur plein d'amour. Te comprenant mieux, puissions-nous n'avoir d'amour que pour toi, toi seul. Sois, nuit et jour, notre seul désir, notre seule méditation, notre continuelle pensée. Daigne répandre en nous assez de ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Remplis-nous de ton amour jusqu'au plus intime de nous-mêmes, qu'il nous possède tout entiers et que ta charité pénètre toutes nos facultés, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon toi, qui est éternel. Alors les grandes eaux du ciel, de la terre et de la mer ne pourront éteindre en nous une si grande charité, selon cette parole du Cantique des cantiques : Les grandes eaux n'ont pu éteindre l'amour.

Qu'en nous se réalise, en partie tout au moins, ce progrès de l'amour par ta grâce, Seigneur Jésus Christ, à qui est la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

 

R/ Ton Dieu sera ta beauté, ta lumière éternelle !

 

Jérusalem, tes portes seront de cristal,

Et tes murs, de rubis,

Et l'on chantera sur tes places :

Alléluia, alléluia !

 

Ta splendeur illuminera

Toutes les contrées de la terre ;

Les peuples viendront de loin

Adorer le Seigneur dans tes murs.

Oraison

Nous t'en prions, Seigneur, que ta grâce nous devance et qu'elle nous accompagne toujours, pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche.


28 mercredi

 

Livre de Zacharie (Za 3, 1-10 ; 4, 1-14)

Avènement du grand prêtre et du roi

Les prophètes attendaient d'un roi-messie le salut d'Israël. Les rois ont failli à leur mission ; mais le grand prêtre existe toujours, et l'on espère la restauration de la famille de David, représentée par Zorobabel. L'un et l'autre, dans leur œuvre de rassemblement du peuple de Dieu, annoncent Jésus, roi et prêtre, dont tous les membres héritent de la même dignité dans l'Esprit.

Le Seigneur me fit voir Josué, le grand prêtre, debout devant l'ange du Seigneur : or le Satan se tenait à sa droite pour l'accuser. L'ange du Seigneur dit au Satan : "Que le Seigneur te réduise au silence, Satan ; oui, que le Seigneur te réduise au silence, lui qui a choisi Jérusalem. Quant à cet homme-là, n'est-il pas un tison arraché au feu ?"

Josué, debout devant l'ange, portait des habits sales. L'ange reprit et dit à ceux qui se tenaient devant lui : "Enlevez-lui ses habits sales." Puis il dit à Josué : "Vois, je t'ai débarrassé de ton péché et on te revêtira d'habits de fête." Et il reprit : "Qu'on mette sur sa tête un turban propre." Ils lui posèrent sur la tête le turban propre et lui mirent les habits. Et l'ange du Seigneur se tenait là.

Alors l'ange du Seigneur fit à Josué cette déclaration : Ainsi parle le Seigneur le tout-puissant : Si tu marches dans mes chemins, si tu gardes mes observances, toi-même, tu gouverneras ma maison, tu veilleras aussi sur mes parvis, et je te ferai accéder au rang de ceux qui se tiennent ici.

Écoute, Josué, grand prêtre, toi et tes collègues qui siègent devant toi – car ces hommes constituent un présage : Voici que je fais venir mon serviteur Germe. En effet, voici la pierre que je remets à Josué. Sept yeux surmontent cette pierre unique. Moi-même, je vais graver son inscription – oracle du Seigneur le tout-puissant – et je vais éliminer le péché de ce pays – en un seul jour. En ce jour-là – oracle du Seigneur le tout-puissant – vous vous inviterez mutuellement sous la vigne et sous le figuier.

L'ange qui me parlait revint m'éveiller comme un homme qu'on doit tirer de son sommeil. Il me demanda : "Que vois-tu ?" Je répondis : "J'ai une vision : c'est un chandelier tout en or, muni d'un réservoir à la partie supérieure et, tout en haut, de sept lampes et de sept becs pour ces lampes ; à ses côtés, deux oliviers, l'un à droite du réservoir et l'autre à gauche." Je repris et demandai à l'ange qui me parlait : "Qu'est-ce que cela représente, mon Seigneur ?" L'ange qui me parlait me répondit : "Ne sais-tu pas ce que cela représente ?" Et je dis : "Non, mon Seigneur." Il reprit et me dit : ... "Ces sept lampes représentent les yeux du Seigneur ; ils inspectent toute la terre." Telle est la parole du Seigneur à l'intention de Zorobabel : Ni par la bravoure, ni par la violence, mais bien par mon Esprit, déclare le Seigneur le tout-puissant. Qu'étais-tu, toi, grande montagne ? Devant Zorobabel, tu es devenue une plaine d'où il a dégagé la pierre principale aux cris de "Bravo, bravo pour elle !"

La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : «  Ce sont les mains de Zorobabel qui ont posé les fondements de cette Maison, ce sont elles aussi qui l'achèveront, et vous reconnaîtrez que c'est le Seigneur le tout-puissant qui m'a envoyé vers vous. Qui donc dédaignait le jour des modestes débuts ? Qu'on se réjouisse en voyant la pierre de fondation dans la main de Zorobabel !

Ces sept lampes représentent les yeux du Seigneur ; ils inspectent toute la terre. »

Je repris alors et lui demandai : "Que représentent ces deux oliviers à droite et à gauche du chandelier ?" Je repris une seconde fois et lui demandai : "Que représentent ces deux branches d'olivier qui, par le moyen de deux conduits en or, déversent leur huile dorée ?" Il me dit : "Ne sais-tu pas ce qu'ils représentent ?" Je répondis : "Non, mon Seigneur." Il me dit alors : "Ce sont les deux hommes désignés pour l'huile, ceux qui se tiennent devant le Maître de toute la terre."

 

R/ Seigneur Jésus, tu es la lumière du monde.

 

Voici, dit le Seigneur,

que je suscite mon serviteur :

Et j'écarterai l'impiété de ce pays.

 

Jésus vint avec la puissance de l'Esprit

Et sa renommée se répandit alentour.

 

L'Esprit du Seigneur est sur moi, disait-il,

Car il m'a consacré par l'onction.

 

DES QUESTIONS DE SAINT MAXIME LE CONFESSEUR À THALASSIUS

"La vraie lumière qui éclaire tout homme".

La lampe placée sur le lampadaire, c'est la lumière du Père, la vraie lumière qui éclaire tout homme venant dans ce monde, notre Seigneur Jésus Christ. C'est à cause de notre chair, qu'il a prise de nous, qu'il s'est fait et qu'il a été appelé une lampe ; c'est-à-dire qu'étant par nature la Sagesse et la Parole du Père, il est proclamé dans l'Église de Dieu par la piété des croyants ; il est exalté et manifesté devant les nations par la vie conforme à la vertu et fidèle aux commandements. C'est ainsi qu'il brille pour tous ceux qui sont dans la maison, autant dire dans le monde, comme lui-même, la Parole qui est Dieu, nous le dit dans l'Évangile : On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Il est évident que lui-même s'appelle une lampe, étant Dieu par nature, et devenu chair selon l'économie du salut.

C'est là, je crois, ce que le grand David a compris lorsqu'il appelle le Seigneur une lampe, en disant : Ta Parole est une lampe pour mes pas, une lumière sur mon chemin. Notre Sauveur et notre Dieu est celui qui dissipe les ténèbres de l'ignorance et du mal : voilà pourquoi il est appelé lampe dans l'Écriture. Lui seul, en détruisant l'obscurité de l'ignorance et les ténèbres du mal, à la manière d'une lampe, est devenu pour tous le chemin du salut. Par la vertu et la connaissance, il mène vers le Père ceux qui veulent marcher grâce à lui sur le chemin de la justice, en observant les commandements divins.

Quant au lampadaire, c'est la sainte Église. C'est sur sa prédication que repose la Parole lumineuse de Dieu, qui éclaire tous ceux qui sont dans le monde comme dans une maison, par les rayons de la vérité, en remplissant tous les esprits de la parfaite connaissance de Dieu.

La Parole ne supporte aucunement d'être gardée sous le boisseau. Elle veut être placée au sommet, sur la beauté grandiose de l'Église. En effet, si la Parole avait été gardée sous la lettre de la Loi, comme sous le boisseau, elle aurait privé tous les hommes de la lumière éternelle. Elle n'aurait pas procuré la contemplation spirituelle à ceux qui s'efforcent de se dépouiller de la connaissance sensible comme mensongère et favorisant l'erreur, capable seulement de percevoir la corruption naturelle aux réalités du corps. Mais la Parole est placée sur le lampadaire, lequel est l'Église, autrement dit le culte en esprit et vérité, pour éclairer tous les hommes.

La lettre, en effet, si elle n'est pas comprise selon l'esprit, n'a pas d'autre sens que celui qui est enfermé dans son expression, et elle ne permet pas à l'esprit d'atteindre le sens de ce qui est écrit.

La lampe, c'est-à-dire la parole qui allume la flamme de la connaissance, ne la plaçons pas sous le boisseau, par notre pensée et notre pratique. Alors nous ne serons pas condamnés pour avoir étouffé sous la lettre la force incompréhensible de la Sagesse. Plaçons-la sur le lampadaire qu'est l'Église, au sommet de la véritable contemplation qui fait flamboyer pour tous la lumière des vérités divines.

 

R/ Lumière sur nos pas, Jésus Christ,

Dans les chemins de vérité !

 

Celui qui fait la vérité

Vient à la lumière.

 

Celui qui aime est né de Dieu

Et connaît Dieu.

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, fais-nous toujours vouloir ce que tu veux et servir ta gloire d'un cœur sans partage.


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