Livre de la Sagesse (Sg 1, 1-15)
L'Esprit du Seigneur remplit l'univers
La Sagesse, celle qu'ont poursuivie tous les sages d'Israël, a partie liée avec la vie ; le péché seul est cause de mort. Cette vérité constamment affirmée prend ici un sens nouveau : Dieu a tout créé pour que tout subsiste, et la mort est sans pouvoir sur l'ami de Dieu.
Aimez la justice, vous qui gouvernez la terre, entretenez de droites pensées sur le Seigneur, avec simplicité de cœur, cherchez-le. Car il se laisse trouver par qui ne le tente pas, il se manifeste à qui ne manque pas de foi en lui. Les pensées tortueuses séparent de Dieu et la Puissance, mise à l'épreuve, confond les insensés.
Dans une âme malfaisante, la Sagesse n'entre pas, elle n'habite pas dans un corps grevé par le péché. Car le saint Esprit qui éduque fuit la duplicité, il s'écarte des pensées folles, il est mis en échec quand survient l'injustice.
La Sagesse est un esprit bienveillant, et elle ne laissera pas impuni celui dont les lèvres médisent, puisque Dieu est le témoin de ses reins, scrute son cœur selon la vérité et se tient à l'écoute de sa langue. Oui, l'Esprit du Seigneur remplit la terre et comme il contient l'univers, il a connaissance de chaque son.
Aussi quiconque parle méchamment ne passe pas inaperçu et la justice accusatrice ne le manquera pas. Sur les intentions de l'impie, enquête sera faite, le bruit de ses paroles ira jusqu'au Seigneur comme preuve de ses forfaits. Une oreille zélée écoute tout, même le chuchotement des murmures ne lui échappe pas. Gardez-vous donc du murmure inutile ; pour ne pas médire, retenez votre langue, car un mot dit en secret ne reste pas sans conséquence et la bouche qui calomnie tue l'âme.
Ne recherchez pas la mort en fourvoyant votre vie, n'attirez pas à vous la ruine par les œuvres de vos mains. Dieu, lui, n'a pas fait la mort et il ne prend pas plaisir à la perte des vivants. Car il a créé tous les êtres pour qu'ils subsistent et, dans le monde, les générations sont salutaires ; en elles il n'y a pas de poison funeste et la domination de l'Hadès ne s'exerce pas sur la terre, car la justice est immortelle.
R/ Tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu
Sont fils de Dieu.
Cherchez le Seigneur avec simplicité de cœur,
Il se révèle à ceux qui l'accueillent.
L'Esprit du Seigneur remplit l'univers,
Il rassemble en lui tout ce qui est.
LETTRE DE SAINT CLÉMENT DE ROME AUX CORINTHIENS
Dieu a établi tout l'univers dans la concorde et dans la paix.
Regardons attentivement le Père et Créateur du monde entier, attachons-nous aux bienfaits magnifiques et insurpassables qu'il nous donne dans la paix. Contemplons-le par la pensée et considérons avec les yeux de l'âme la longue patience de ses desseins ; comprenons combien il agit sans aucune colère envers toute sa création.
Les cieux se déplacent sous sa direction et lui obéissent dans la paix. Le jour et la nuit accomplissent le parcours qu'il leur a fixé, sans se gêner réciproquement. Le soleil, la lune et les constellations gravitent selon son ordre, harmonieusement, sans jamais franchir les limites qu'il leur a données. La terre féconde, docile à sa volonté, fait naître en abondance, selon les saisons qui conviennent, la nourriture destinée aux hommes, aux animaux et à tous les vivants qui l'habitent. Elle ne conteste pas, elle ne change pas les règles qu'il a posées.
Les profondeurs des abîmes et les régions inexplorées sont régies par les mêmes lois. Le gouffre illimité de la mer a été organisé en bassins par son habileté créatrice et ne franchit pas les limites où il l'a enfermé mais obéit aux ordres qui lui ont été prescrits. Car il a dit : Tu viendras jusqu'ici, et tes flots se briseront sans sortir de toi. Les océans que l'homme ne peut franchir et les mondes qui sont au-delà obéissent aux mêmes lois du Maître.
Les saisons du printemps, de l'été, de l'automne et de l'hiver se succèdent paisiblement. Les réceptacles des vents accomplissent leur rôle au moment voulu, sans broncher. Les sources intarissables, créées pour le plaisir et pour la santé des hommes, ne cessent de leur présenter leurs mamelles vivifiantes. Les plus petits des animaux se réunissent dans la concorde et la paix.
Le grand Créateur et Maître de l'univers a ordonné que tout cela se fasse dans la paix et la concorde, car il répand ses bienfaits sur tous, mais il les prodigue surabondamment pour nous, qui avons voulu nous confier en ses miséricordes par notre Seigneur Jésus Christ. À lui gloire et majesté pour les siècles des siècles. Amen.
R/ Tu es digne, ô notre Dieu,
De recevoir gloire et puissance,
Car c'est toi qui créas l'univers.
Par sa parole, le Seigneur a fait ses œuvres,
Et la création obéit à sa volonté.
Que toutes ses œuvres sont aimables :
Comme une étincelle que l'on pourrait contempler.
Dès son lever, le soleil proclame :
Quelle merveille l'œuvre du Très-Haut !
Oraison 30
Dieu éternel et tout-puissant, augmente en nous la foi, l'espérance et la charité ; et pour que nous puissions obtenir ce que tu promets, fais-nous aimer ce que tu commandes.
Livre de la Sagesse (Sg 1, 16 ; 2, 1a.10-24)
Les impies raisonnent et s'égarent
La vie du juste a toujours été un scandale et une agression pour le monde. La haine des Juifs apostats d'Alexandrie, devenus disciples d'Epicure, se continue dans les persécutions de tous les temps, en passant par la passion du Christ. Mais la vie éternelle manifestera un jour qui, du juste persécuté ou de l'impie orgueilleux, avait choisi la voie de la Sagesse.
Les impies ont invité l'Hadès du geste et de la voix, s'éprenant d'amitié pour lui, ils se sont pâmés, puis ils ont conclu un pacte avec lui. Aussi bien méritent-ils d'être de son parti.
Car ils disent entre eux, avec de faux raisonnements : Opprimons le pauvre, qui pourtant est juste, n'épargnons pas la veuve et n'ayons pas égard aux cheveux blancs du vieillard. Mais que pour nous la force soit la norme du droit, car la faiblesse s'avère inutile. Traquons le juste : il nous gêne, s'oppose à nos actions, nous reproche nos manquements à la Loi et nous accuse d'être infidèles à notre éducation. Il déclare posséder la connaissance de Dieu et il se nomme enfant du Seigneur. Il est devenu un reproche vivant pour nos pensées et sa seule vue nous est à charge. Car sa vie ne ressemble pas à celle des autres et sa conduite est étrange. Il nous considère comme une chose frelatée et il s'écarte de nos voies comme de souillures. Il proclame heureux le sort final des justes et se vante d'avoir Dieu pour père.
Voyons si ses paroles sont vraies et vérifions comment il finira. Si le juste est fils de Dieu, alors celui-ci viendra à son secours et l'arrachera aux mains de ses adversaires. Mettons-le à l'épreuve par l'outrage et la torture pour juger de sa sérénité et apprécier son endurance. Condamnons-le à une mort honteuse, puisque, selon ses dires, une intervention divine aura lieu en sa faveur."
Ainsi raisonnent-ils, mais ils se trompent ; leur perversité les aveugle et ils ne connaissent pas les secrets desseins de Dieu, ils n'espèrent pas de récompense pour la piété, ils n'apprécient pas l'honneur réservé aux âmes pures. Or Dieu a créé l'homme pour qu'il soit incorruptible et il l'a fait image de ce qu'il possède en propre. Mais par la jalousie du diable la mort est entrée dans le monde : ils la subissent ceux qui se rangent dans son parti.
R/ Seigneur, tes adversaires ont insulté
Les traces de ton Messie.
Ils ont dit :
Traquons le Juste puisqu'il nous gêne
Et qu'il s'élève contre nos faits et gestes.
Ils ont dit :
Il prétend posséder la connaissance de Dieu
Et se nomme lui-même : Fils de Dieu.
Ils ont dit :
Il en a sauvé d'autres et ne peut se sauver lui-même :
Qu'il descende de la croix, puisqu'il comptait sur Dieu !
LETTRE DE SAINT CLÉMENT DE ROME AUX CORINTHIENS
Que la vie de la communauté soit une réponse à l'amour de Dieu.
Prenez garde, mes bien-aimés, que les nombreux bienfaits du Seigneur ne tournent à notre condamnation, si nous ne menons pas une vie digne de lui, en pratiquant dans la concorde ce qui est bien et agréable à ses yeux. Il dit en effet quelque part : L'Esprit du Seigneur est une lampe qui pénètre au fond des entrailles.
Considérons combien il est proche, et que rien ne lui échappe de nos pensées ni de nos calculs. Il est donc juste que nous ne désertions pas sa volonté. Il vaut mieux nous heurter à des hommes déraisonnables, insensés, pleins d'orgueil et d'arrogance, plutôt qu'à Dieu. Révérons le Seigneur Jésus Christ, dont le sang a été donné pour nous. Respectons nos chefs ; honorons les anciens ; instruisons les jeunes gens en leur enseignant la crainte de Dieu ; dirigeons nos femmes vers le bien. Que l'on reconnaisse en elles le charme de la chasteté ; qu'elles se montrent sincèrement décidées à la douceur ; qu'elles manifestent leur silence, la modération de leur langue ; qu'elles exercent la charité non pas selon leur attrait mais de façon sainte et impartiale envers tous ceux qui craignent Dieu.
Que vos enfants bénéficient de l'éducation dans le Christ. Qu'ils apprennent quelle est auprès de Dieu la puissance, quel est auprès de lui le pouvoir d'un amour chaste, combien la crainte de Dieu est belle et grande. Dieu pourra sauver ceux qui la pratiquent saintement avec un cœur pur. Car il pénètre nos pensées et nos désirs, son souffle est en nous et il le reprendra quand il voudra.
Tout cela est garanti par la foi dans le Christ. C'est lui en effet qui nous invite ainsi par la voix du Saint-Esprit : Venez, mes enfants, écoutez-moi ; je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Quel est l'homme qui désire la vie, qui désire voir des jours de bonheur ? Garde ta langue du mal, et tes lèvres de la parole trompeuse. Détourne-toi du mal et fais le bien. Recherche la paix et poursuis-la.
Le Père, compatissant en tout et prodigue de bienfaits, est miséricordieux envers ceux qui le craignent. Avec douceur et bonté, il répand ses grâces sur ceux qui s'approchent de lui avec un cœur simple. Aussi, n'ayons pas une âme double, et ne tirons pas avantage de ses dons magnifiques et glorieux.
R/ Proche est ta parole, Seigneur,
Proche est ton amour !
Familier du jardin dans la brise du soir,
Déjà tu venais visiter l'homme.
D'âge en âge, tu poursuis, Seigneur,
L'immense dessein qui nous sauve.
Aujourd'hui tu nous parles,
Ouvre nos cœurs à ta voix.
Oraison
Dans ton amour inlassable, Seigneur, veille sur ta famille ; et puisque ta grâce est notre unique espoir, garde-nous sous ta constante protection.
Livre de la Sagesse (Sg 3, 1-19)
Une espérance pleine d'immortalité
La vie véritable, c'est celle de l'éternité que connaîtront les âmes des justes et, (nous apprendra le Christ), leurs corps. Cette vérité jette une lumière fulgurante sur tous les problèmes de la destinée humaine : aucune disgrâce humaine qui ne trouve ici son explication et sa solution.
Les âmes des justes, elles, sont dans la main de Dieu et nul tourment ne les atteindra plus. Aux yeux des insensés, ils passèrent pour morts, et leur départ sembla un désastre, leur éloignement, une catastrophe. Pourtant ils sont dans la paix. Même si, selon les hommes, ils ont été châtiés, leur espérance était pleine d'immortalité. Après de légères corrections, ils recevront de grands bienfaits. Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de lui ; comme l'or au creuset, il les a épurés, comme l'offrande d'un holocauste, il les a accueillis.
Au temps de l'intervention de Dieu, ils resplendiront, ils courront comme des étincelles à travers le chaume. Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples, et le Seigneur sera leur roi pour toujours. Ceux qui se confient en lui comprendront la vérité, ceux qui restent fermes dans l'amour demeureront auprès de lui. Car il y a grâce et miséricorde pour ses élus.
Les impies, au contraire, recevront le châtiment que méritent leurs pensées, pour avoir méprisé le juste et abandonné le Seigneur. Car ceux qui dédaignent la Sagesse et sa discipline de vie sont des misérables : vide est leur espérance, inutiles leurs efforts, et leurs travaux ne servent à rien ; leurs femmes sont insensées, leurs enfants méchants, leur descendance maudite.
Heureuse plutôt la femme stérile, celle qui est sans tache et n'a pas connu une union interdite ; elle aura du fruit lors de l'inspection des âmes. Heureux aussi l'eunuque, dont la main n'a pas fait de mal et qui n'a pas nourri des pensées mauvaises contre le Seigneur : il recevra pour sa fidélité une grâce de choix et une part plus délicieuse dans le Temple du Seigneur. Car le fruit des efforts vertueux est plein de gloire, indéfectible, la racine de la sagesse.
Mais les enfants des adultères ne s'épanouiront pas et la descendance d'une union illégitime disparaîtra. Même s'ils vivent longtemps, ils seront comptés pour rien et, jusqu'à la fin, leur vieillesse sera méprisée. Et s'ils meurent tôt, ils n'auront ni espoir, ni consolation au jour du verdict. Pénible est la destinée d'une race injuste !
R/ Heureux les cœurs purs :
Ils verront Dieu.
Les âmes des justes sont dans la main de Dieu,
Nul tourment ne les atteindra.
Dieu les a soumis à l'épreuve
Et les a trouvés dignes de lui.
Au jour de sa visite ils resplendiront,
Le Seigneur régnera sur eux pour toujours.
LETTRE DE SAINT CLÉMENT DE ROME AUX CORINTHIENS
"Celui qui a ressuscité le Christ Jésus donnera aussi la vie à vos corps mortels..."
Remarquons, mes bien-aimés, comment le Seigneur ne cesse de nous montrer la résurrection future dont il nous a fourni les prémices en ressuscitant d'entre les morts le Seigneur Jésus Christ. Observons, mes bien-aimés, la résurrection qui s'accomplit périodiquement. Le jour et la nuit nous font voir une résurrection. La nuit se couche, le jour se lève, le jour s'en va, la nuit survient. Prenons les fruits : comment se font les semailles, et de quelle manière ? Le semeur sort, jette dans la terre chacune des semences. Celles-ci, tombant, sèches et nues, sur la terre, se désagrègent. Puis, à partir de cette désagrégation même, la magnifique providence du Maître les fait ressusciter et un seul grain en fait pousser une quantité, qui portent du fruit.
Dans cette espérance de la résurrection, que nos âmes s'attachent donc à celui qui est fidèle à ses promesses et juste dans ses jugements. Lui, qui a prescrit de ne pas mentir, à plus forte raison ne ment pas lui-même. Rien n'est impossible à Dieu, sauf de mentir. Ravivons donc notre foi en lui et considérons que tout est à sa portée.
D'un mot de sa puissance, il a formé l'univers, et d'un mot il peut l'anéantir. Qui lui demandera : Qu'as-tu fait ? et qui résistera à la force de sa puissance ? Il fera toutes choses quand il voudra et comme il voudra, et rien ne disparaîtra jamais de ce qu'il a décidé. Tout est présent devant lui et rien n'échappe à son vouloir, puisque les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'œuvre de ses mains, le firmament l'annonce ; le jour au jour en publie le récit, la nuit à la nuit en transmet la connaissance. Ce ne sont point parole ou langage dont on n'entende pas la voix.
Puisque Dieu voit tout et entend tout, craignons-le, abandonnons les désirs impurs d'actions mauvaises, afin d'être protégés des jugements futurs par sa miséricorde. En effet, où fuir sa main puissante ? Quel univers accueillera ses transfuges ? Car l'Écriture dit quelque part : Où aller pour me dissimuler à ton visage ? Si je monte au ciel, tu es là ; si je m'en vais aux extrémités de la terre, ta main est là ; si je me couche dans les abîmes, là est ton esprit. Où donc partir, où s'enfuir pour échapper à celui qui contient toutes choses ?
Approchons-nous donc de lui avec une âme religieuse ; élevons vers lui des mains saintes et pures, aimons notre Père indulgent et miséricordieux qui a fait de nous son domaine d'élection.
R/ Le plan du Seigneur demeure pour toujours,
Les projets de son cœur subsistent d'âge en âge.
Du ciel le Seigneur regarde,
Il voit la race des hommes.
Du lieu où il se tient, il observe
Tous les habitants de la terre.
Le Seigneur veille sur ceux qui l'adorent,
Sur ceux qui espèrent son amour,
Pour les préserver de la mort,
Les garder en vie aux jours de famine.
Oraison
Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce, alors tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure.
Livre de la Sagesse (Sg 6, 1-25)
Un roi sage fait la prospérité de son peuple
Acquérir la Sagesse, c'est régner, et elle vient elle-même à notre rencontre pour faire de nous des rois. C'est le don de l'Esprit qui réalise pour nous cette promesse.
Vous, rois, écoutez et comprenez, laissez-vous instruire, vous dont la juridiction s'étend à toute la terre. Prêtez l'oreille, vous qui dominez sur les foules et qui êtes si fiers de la multitude de vos nations : vous avez reçu du Seigneur votre pouvoir, du Très-Haut, votre souveraineté, et c'est lui qui examinera vos actes et scrutera vos desseins, si vous, les ministres de sa royauté, n'avez pas jugé selon le droit, ni respecté la loi, ni agi selon la volonté de Dieu. De façon terrible et soudaine il surgira devant vous, car un jugement rigoureux s'exerce contre les grands.
Le petit, lui, est excusable et digne de pitié, mais les puissants seront examinés avec vigueur. Le souverain de tous ne reculera devant personne et ne tiendra pas compte de la grandeur : il a créé le petit comme le grand et sa providence est la même pour tous. Mais aux forts une dure enquête est réservée.
C'est donc à vous, ô princes, que vont mes paroles, afin que vous appreniez la Sagesse et ne trébuchiez pas. Ceux qui auront observé saintement les saintes lois seront reconnus saints, et ceux qui en auront été instruits trouveront une défense. Alors soyez avides de mes paroles, désirez-les ardemment et vous serez éduqués.
La Sagesse brille et ne se flétrit pas, elle se laisse voir aisément par ceux qui l'aiment et trouver par ceux qui la cherchent. Elle devance ceux qui la désirent, en se faisant connaître la première. Quiconque part tôt vers elle ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte. Se passionner pour elle, c'est la perfection du discernement. Et quiconque aura veillé à cause d'elle sera bientôt sans inquiétude, car, de son côté, elle circule en quête de ceux qui sont dignes d'elle, elle leur apparaît avec bienveillance sur leurs sentiers et, dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre.
Le commencement de la Sagesse, c'est le désir vrai d'être instruit par elle, vouloir être instruit, c'est l'aimer, l'aimer, c'est garder ses lois, observer ses lois, c'est être assuré de l'incorruptibilité, et l'incorruptibilité rend proche de Dieu. Ainsi le désir de la Sagesse élève jusqu'à la royauté. Si donc vous, princes des peuples, prenez plaisir aux trônes et aux sceptres, rendez hommage à la Sagesse et vous régnerez pour toujours.
Mais qu'est-ce que la Sagesse et quelle est son origine ? Je vais l'annoncer, sans vous cacher les mystères. Je remonterai jusqu'au principe de son existence, j'exposerai au grand jour la connaissance de sa réalité ; je ne passerai certes pas à côté de la vérité ni ne cheminerai jamais avec l'envie qui consume car elle exclut toute participation à la Sagesse.
La multitude des sages, au contraire, assure le salut du monde, et un roi avisé, le bien-être d'un peuple. Aussi laissez-vous instruire par mes paroles et vous y trouverez profit.
R/ Esprit de vérité, tu nous conduis
Dans la vérité tout entière.
La sagesse est brillante et ne se ternit pas ;
Elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
La sagesse prévient ceux qui la désirent,
Elle marche à leur rencontre.
Le désir de la sagesse conduit à la royauté,
Et la fidélité donne place auprès de Dieu.
LETTRE DE SAINT CLÉMENT DE ROME AUX CORINTHIENS
Lutter, dans l'espérance de la gloire.
Vivons toujours dans la concorde, en étant humbles et chastes, en nous tenant éloignés de toute récrimination et de toute médisance, en nous montrant justes par nos actes et non par des paroles. Il est dit en effet : Celui qui parle beaucoup devra écouter à son tour ; le beau parleur s'imagine-t-il qu'il est juste ?
Il faut que nous soyons toujours empressés à faire le bien, car c'est de Dieu que nous viennent toutes choses. Il nous en avertit : Voici le Seigneur, et le salaire est avec lui, afin de rendre à chacun selon ses œuvres. Il nous exhorte donc à croire en lui de tout notre cœur, à ne rester ni paresseux ni indolents devant toute œuvre bonne. Mettons en lui notre fierté et notre assurance ; soumettons-nous à sa volonté ; songeons à toute la multitude de ses anges, et comment ils se tiennent devant lui pour accomplir sa volonté. L'Écriture dit en effet : Des myriades de myriades se tenaient auprès de lui et mille milliers étaient à son service ; et ils criaient : Saint, saint, saint, le Seigneur Sabaoth ; toute la création est remplie de sa gloire.
Nous donc aussi, d'un seul cœur, réunis dans la concorde intérieure des consciences, crions vers lui instamment comme d'une seule bouche, afin de devenir participants de ses grandes et glorieuses promesses. Car il est dit : L'œil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, le cœur de l'homme ne peut concevoir tout ce qu'il a préparé pour ceux qui l'attendent.
Mes bien-aimés, comme les dons de Dieu sont bénis et admirables ! La vie dans l'immortalité, la splendeur dans la justice, la vérité dans la liberté de parole, la foi dans la confiance, la maîtrise de soi dans la sanctification et tout cela est mis à la portée de notre intelligence ! Quels sont donc les biens préparés pour ceux qui l'attendent ? Le Créateur et Père des siècles, le Très-Saint, en sait le nombre et la beauté.
Luttons donc pour être mis au nombre de ceux qui attendent, afin de participer aux dons qu'il a promis. Mais comment cela se fera-t-il, mes bien-aimés ? Si notre pensée s'attache à Dieu avec foi, si nous recherchons ce qui lui plaît et ce qu'il approuve. Si nous accomplissons ce qui convient à sa volonté irréprochable, et si nous suivons le chemin de la vérité en rejetant loin de nous toute injustice.
R/ L'Esprit sonde tout,
Jusqu'aux profondeurs divines.
Ouvrière de toutes choses, la sagesse m'a instruit ;
Tout ce qui est caché, je l'ai appris.
Plus que le vent, la sagesse est mobile,
Dans sa pureté elle pénètre tout.
Pure effusion de la gloire de Dieu,
La sagesse est le reflet de la lumière éternelle.
Oraison
Accorde-nous, Dieu tout-puissant, de conformer à ta volonté nos paroles et nos actes dans une inlassable recherche des biens spirituels.
Livre de la Sagesse (Sg 7, 15-30)
Origine, attributs, mission de la sagesse
Nulle part autant qu'ici, l'Écriture ne nous avait enseigné plus clairement que la Sagesse, c'est Dieu lui-même, et que l'acquérir, c'est communier à la vie divine. En nous la présentant comme une personne, c'est déjà le mystère des Personnes divines qu'elle nous laisse soupçonner.
Que Dieu m'accorde de parler avec intelligence et de concevoir des pensées dignes des dons reçus, car c'est lui qui guide la Sagesse et dirige les sages. Il tient en son pouvoir et nous-mêmes et nos paroles, tout savoir et toute science des techniques.
Ainsi m'a-t-il donné une connaissance exacte du réel. Il m'a appris la structure de l'univers et l'activité des éléments, le commencement, la fin et le milieu des temps, les alternances des solstices et les changements de saisons, les cycles de l'année et les positions des astres, les natures des animaux et les humeurs des bêtes sauvages, les impulsions violentes des esprits et les pensées des hommes, les variétés de plantes et les vertus des racines. Toute la réalité cachée et apparente, je l'ai connue, car l'artisane de l'univers, la Sagesse, m'a instruit.
Car il y a en elle un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, mobile, distinct, sans tache, clair, inaltérable, aimant le bien, diligent, indépendant, bienfaisant, ami de l'homme, ferme, assuré, tranquille, qui peut tout, surveille tout, et pénètre tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils. Aussi la Sagesse est-elle plus mobile qu'aucun mouvement, à cause de sa pureté, elle passe et pénètre à travers tout.
Elle est un effluve de la puissance de Dieu, une pure irradiation de la gloire du Tout-Puissant ; c'est pourquoi nulle souillure ne se glisse en elle. Elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l'activité de Dieu et une image de sa bonté.
Comme elle est unique, elle peut tout ; demeurant en elle-même, elle renouvelle l'univers et, au long des âges, elle passe dans les âmes saintes pour former des amis de Dieu et des prophètes. Car seuls sont aimés de Dieu ceux qui partagent l'intimité de la Sagesse. Elle est plus radieuse que le soleil et surpasse toute constellation. Comparée à la lumière, sa supériorité éclate : la nuit succède à la lumière, mais le mal ne prévaut pas sur la Sagesse.
R/ L'Esprit sonde tout,
Jusqu'aux profondeurs divines.
Ouvrière de toutes choses, la sagesse m'a instruit ;
Tout ce qui est caché, je l'ai appris.
Plus que le vent, la sagesse est mobile,
Dans sa pureté elle pénètre tout.
Pure effusion de la gloire de Dieu,
La sagesse est le reflet de la lumière éternelle.
DISCOURS DE SAINT ATHANASE CONTRE LES ARIENS
Toute sagesse procède du Christ, Sagesse incréée du Père
Puisque l’empreinte créée de la Sagesse existe en nous et en toutes ses œuvres, il est tout à fait juste que la Sagesse véritable et créatrice, appliquant à elle-même ce qui concerne son empreinte, dise : Le Seigneur m’a créée en vue de ses œuvres. Cette parole dite par la Sagesse qui est en nous, le Seigneur se l’attribue à lui-même.
Bien entendu, il n’est pas créé, lui qui est le Créateur, mais il dit cela comme pour lui-même, à cause de son image créée qui se trouve dans ses œuvres. Le Seigneur Jésus a dit : Qui vous accueille m’accueille, parce que son empreinte est en nous ; de même, sans faire partie des choses créées, mais parce que son empreinte et son image sont imprimées dans ses œuvres par la création, il dit, comme si cela le concernait lui-même : Le Seigneur m’a créé au commencement de ses voies en vu de ses œuvres.
C’est ainsi que l’empreinte de la Sagesse est apparue dans ses œuvres, afin que le monde y reconnaisse le Verbe, son Créateur et, par celui-ci, le Père. Saint Paul avait dit : Ce que l’on peut connaître de Dieu est manifesté en eux ; car Dieu le leur a manifesté. Depuis la création du monde, les hommes, avec leur intelligence, peuvent voir, à travers les œuvres de Dieu, ses perfections invisibles. Le Verbe n’est donc pas une créature par son essence, mais la parole des Proverbes concerne la sagesse qui est en nous.
Cependant, si les Ariens refusent de le croire, qu’ils répondent à cette question : Y a-t-il de la sagesse dans les choses créées, ou non ? S’il n’y en a pas, comment l’Apôtre peut-il faire ce reproche : Puisque le monde, par la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu ? Ou bien, s’il n’y a pas de sagesse, pourquoi l’Écriture mentionne-t-elle la multitude des sages, et dit-elle : Le sage, avec frayeur se détourne du mal, et encore : C’est par la sagesse qu’on bâtit une maison ? L’Ecclésiaste dit lui aussi : La sagesse de l’homme illumine son visage. Et il blâme ainsi les présomptueux : Ne dis pas : Comment se fait-il que le passé soit meilleur que le présent ? Ce n’est pas une question inspirée par la sagesse.
Il y a de la sagesse dans les choses créées, comme dit le Siracide : Le Seigneur a diffusé la Sagesse sur toutes ses œuvres, sur toute chair, dans sa générosité, et il en a gratifié ceux qui l’aiment. Cette "diffusion" ne caractérise nullement l’essence de la Sagesse qui existe en elle-même et qui est son Fils unique, mais celle de la sagesse dont l’image est imprimée dans le monde créé. Qu’y a-t-il d’incroyable à ce que la Sagesse créatrice et véritable, dont l’image est diffusée dans le monde sous forme de sagesse et de connaissance, dise comme s’il s’agissait d’elle-même : Le Seigneur m’a créée en vue de ses œuvres ? En effet, la sagesse qui est dans le monde, n’est pas créatrice, elle est créée dans les œuvres de Dieu, et c’est par elle que les cieux racontent la gloire de Dieu, et que l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce.
R/ Esprit de vérité, tu nous conduis
Dans la vérité tout entière.
La sagesse est brillante et ne se ternit pas ;
Elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
La sagesse prévient ceux qui la désirent,
Elle marche à leur rencontre.
Le désir de la sagesse conduit à la royauté,
Et la fidélité donne place auprès de Dieu.
Oraison
Fais que les événements du monde, Seigneur, se déroulent dans la paix, selon ton dessein, et que ton peuple connaisse la joie de te servir sans inquiétude.