V/ J'ai fait de toi la lumière des peuples :
R/ porte mon salut jusqu'au bout du monde.
Livre de l'Apocalypse (Ap 1, 4b-6.10.12-18 ; 2, 26.28 ; 3, 5.12.20-21)
Vision du Fils de l'homme
Dans le style des apocalypses, Jean décrit la venue du Fils de l'homme, en majesté. Toutes les images visent à nous faire comprendre que celui qui est mort sur la croix est vraiment le Vivant.
Grâce et paix vous soient données, de la part de Celui qui est, qui était et qui vient, de la part des sept esprits qui sont devant son trône, et de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d'entre les morts et le prince des rois de la terre. À celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume, des prêtres pour Dieu son Père, à lui gloire et pouvoir pour les siècles des siècles. Amen.
Je fus saisi par l'Esprit au jour du Seigneur, et j'entendis derrière moi une puissante voix, telle une trompette, Je me retournai pour regarder la voix qui me parlait ; et, m'étant retourné, je vis sept chandeliers d'or ; et, au milieu des chandeliers, quelqu'un qui semblait un fils d'homme. Il était vêtu d'une longue robe, une ceinture d'or lui serrait la poitrine ; sa tête et ses chevaux étaient blancs comme laine blanche, comme neige, et ses yeux étaient comme une flamme ardente ; ses pieds semblaient d'un bronze précieux, purifié au creuset, et sa voix était comme la voix des océans ; dans sa main droite, il tenait sept étoiles, et de sa bouche sortait un glaive acéré, à deux tranchants. Son visage resplendissait, tel le soleil dans tout son éclat.
À sa vue, je tombai comme mort à ses pieds, mais il posa sur moi sa droite et dit : Ne crains pas, Je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant ; je fus mort, et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles, et je tiens les clés de la mort et de l'Hadès.
Le vainqueur, celui qui garde jusqu'à la fin mes œuvres, je lui donnerai pouvoir sur les nations, de même que moi aussi j'en ai reçu pouvoir de mon Père, et je lui donnerai l'étoile du matin. Ainsi le vainqueur portera-t-il des vêtements blancs ; je n'effacerai pas son nom du livre de vie, et j'en répondrai devant mon Père et devant ses anges. Le vainqueur, j'en ferai une colonne dans le temple de mon Dieu, il n'en sortira jamais plus, et j'inscrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la cité de mon Dieu, la Jérusalem nouvelle qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau.
Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi aussi j'ai remporté la victoire et suis allé siéger avec mon Père sur son trône.
R/ Puissance, honneur et gloire à l'Agneau de Dieu !
Tu es digne, Seigneur,
De recevoir puissance, richesse et sagesse,
Force, honneur, gloire et louange.
Car tu fus immolé,
Et tu as racheté pour Dieu, par ton sang,
Des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation.
Tu fais de nous, pour notre Dieu,
Un Royaume et des prêtres,
Et nous régnerons sur la terre.
TRAITE D'ORIGÉNE SUR LA PRIÈRE
"Que ton règne vienne"
Comme l'a dit notre Seigneur et Sauveur, le règne de Dieu vient sans qu'on puisse le remarquer. On ne dira pas : Le voilà, il est ici, ou bien : Il est là. Car voilà que le règne de Dieu est au-dedans de vous. Et en effet, elle est tout près de nous, cette Parole, elle est dans notre bouche et dans notre cœur. En ce cas, il est évident que celui qui prie pour que vienne le règne de Dieu a raison de prier pour que ce règne de Dieu germe, porte du fruit et s'accomplisse en lui. Chez tous les saints en lesquels Dieu règne et qui obéissent à ses ordres spirituelles, il habite comme dans une cité bien organisée : Père est présent en lui et le Christ règne avec le Père dans cette âme parfaite, selon sa parole : Nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.
Le règne de Dieu qui est en nous, alors que nous progressons toujours, parviendra à sa perfection lorsque la parole l'Apôtre s'accomplira : le Christ, après avoir soumis ses ennemis, remettra son pouvoir royal à Dieu le Père afin que Dieu soit tout en tous. C'est pourquoi, priant sans cesse et avec des dispositions divinisées par le Verbe, nous disons : Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton Règne vienne.
À propos du règne de Dieu, il faut encore remarquer ceci : Comme il n'y a pas d'union entre la justice et l'impiété, entre la lumière et les ténèbres, entre le Christ et Bélial, le règne du péché est inconciliable avec le règne de Dieu. Si donc nous voulons que Dieu règne sur nous, que jamais le péché ne règne dans notre corps mortel. Mais faisons mourir nos membres qui appartiennent à la terre, et portons les fruits de l'Esprit. Ainsi, comme dans un paradis spirituel, le Seigneur se promènera en nous, régnant seul sur nous, avec son Christ. Celui-ci trônera en nous, à la droite de la puissance spirituelle, que nous désirons recevoir, jusqu'à ce que tous ses ennemis qui sont en nous deviennent l'escabeau de ses pieds, et que soit chassée loin de nous toute principauté, puissance et souveraineté.
Tout cela peut arriver en chacun de nous jusqu'à ce que soit détruit le dernier ennemi, la mort, et que le Christ dise en nous : Mort, où est ton dard venimeux ? Enfer, où est ta victoire ? Dès maintenant donc, que ce qui est périssable en nous devienne saint et impérissable ; que ce qui est mortel après la destruction, revête l'immortalité du Père. Ainsi Dieu régnera sur nous et nous serons déjà dans le bonheur de la nouvelle naissance et de la résurrection.
Amour qui nous attends
Au terme de l'histoire,
Ton Royaume s'ébauche à l'ombre de la croix ;
Déjà sa lumière traverse nos vies.
Jésus, Seigneur, hâte le temps !
Reviens, achève ton œuvre !
R/ Quand verrons-nous ta gloire
Transformer l'univers ?
Jusqu'à ce jour, nous le savons,
La création gémît
En travail d'enfantement.
Nous attendons les cieux nouveaux,
la terre nouvelle,
Où régnera la justice.
Nous cheminons dans la foi,
Non dans la claire vision,
Jusqu'à l'heure de ton retour.
Oraison
Dieu éternel, tu as voulu fonder toutes choses en ton Fils bien-aimé, le Roi de l'univers ; fais que toute la création, libérée de la servitude, reconnaisse ta puissance et te glorifie sans fin.
Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre (2P 1, 1-11)
La vocation chrétienne
S'il a été donné aux chrétiens tout ce qui est "nécessaire à la vie", il y a lieu cependant de redoubler d'efforts.
Syméon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu, par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ, une foi de même prix que la nôtre : que la grâce et la paix vous viennent en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur.
En effet, la puissance divine nous a fait don de tout ce qui est nécessaire à la vie et à la piété en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa propre gloire et sa force agissante.
Par elles, les biens du plus haut prix qui nous avaient été promis nous ont été accordés, pour que par ceux-ci vous entriez en communion avec la nature divine, vous étant arrachés à la pourriture que nourrit dans le monde la convoitise. Et pour cette raison même, concentrant tous vos efforts, joignez à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la ténacité, à la ténacité la piété, à la piété l'amitié fraternelle, à l'amitié fraternelle l'amour. Car ces qualités, si vous les possédez en abondance, ne vous laissent pas inactifs ni stériles pour connaître notre Seigneur Jésus Christ ; en effet, celui à qui elles manquent, c'est un aveugle qui tâtonne : il oublie qu'il a été purifié de ses péchés d'autrefois. C'est pourquoi, frères, redoublez d'efforts pour affermir votre vocation et votre élection ; ce faisant, pas de danger de jamais tomber. C'est ainsi, en effet, que vous sera généreusement accordée l'entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
R/ Rendons grâce au Seigneur :
Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu.
Les plus grandes promesses vous ont été données :
Libérés de la corruption,
Vous avez part à la nature divine.
La puissance de Dieu nous a comblés de tout :
Il nous a fait connaître son Fils.
Homélie de Saint Léon le Grand pour le jeûne du 7ème mois
"Amassez-vous des trésors dans le ciel"
Le Seigneur déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. Mais comment la justice surpassera-t-elle, si la miséricorde ne triomphe pas ? Et qu’y a-t-il d’aussi juste ou d’aussi digne, pour la créature faite à l’image et ressemblance de Dieu, que d’imiter son auteur ? Celui-ci a fait consister le pardon des péchés dans la restauration et la sanctification des croyants ; en écartant la sévérité de la vengeance, en faisant cesser tout supplice, il a voulu que le coupable revienne à l’innocence et que la disparition du péché soit la naissance des vertus.
Voilà en quoi la justice chrétienne peut surpasser celle des scribes et des pharisiens, sans abolir la loi mais en refusant de la comprendre de façon charnelle. Aussi le Seigneur, en enseignant à ses disciples la manière de jeûner, disait-il : Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien faire connaître aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare, ils ont touché leur récompense. Quelle récompense, sinon celle de la louange humaine ? Parce qu’on désire celle-ci, on étale souvent une apparence de justice et, sans écouter sa conscience, on s’attache à une réputation qui est fausse ; si bien que l’injustice, décelée par sa dissimulation même, prend plaisir à une renommée mensongère.
Si l’on aime Dieu, on se contente de plaire à celui qu’on aime, car on ne doit pas attendre une récompense meilleure que l’amour lui-même. En effet, la charité qui vient de Dieu est telle que Dieu lui-même est charité ; l’âme religieuse et chaste se réjouit tellement d’être comblée par lui qu’elle désire trouver son bonheur en rien d’autre que lui. Car elle est très vraie, la parole du Seigneur : Là où sera ton trésor, là aussi sera ton cœur. Qu’est-ce que le trésor de l’homme, sinon un certain rassemblement de ses récoltes, et le total de ses travaux ? Car chacun récolte ce qu’il a semé, et le bénéfice de chacun correspond à son ouvrage ; là où l’on met son plaisir dans la jouissance, c’est là que le cœur attache son intérêt. Mais comme il y a beaucoup de genre de richesses, et des sources de joie très différentes, chacun a un trésor correspondant au penchant de son désir. Si ce désir se porte sur les biens terrestres, il ne rend pas heureux, mais misérables, ceux qui en jouissent.
Quant à ceux qui ont le goût des biens d’en haut, non des biens de la terre, qui ne s’intéressent pas aux biens périssables, mais aux biens éternels, ils ont en réserve des ressources incorruptibles en celui dont le prophète nous dit : Notre trésor, notre salut nous advient ; sagesse, doctrine et piété viennent du Seigneur : ce sont des trésors de la justice. Par eux, avec le secours de la grâce de Dieu, les biens de la terre eux-mêmes se transforment en biens célestes ; car beaucoup d’hommes emploient les richesses dont ils ont légitimement hérité ou qu’ils ont acquises autrement, au service de la bienfaisance. Et lorsqu’ils distribuent leur superflu pour le soulagement des pauvres, ils accumulent pour eux-mêmes des richesses inaliénables ; ce qu’ils ont mis de côté par leurs aumônes ne risque plus de se perdre ; et il est bien juste qu’ils aient leur cœur là où est leur trésor, car le plus grand bonheur est de faire valoir de telles richesses pour qu’elles s’accroissent, et de ne pas craindre qu’elles disparaissent.
R/ Ceux qui sèment dans les larmes,
Moissonnent en chantant.
Qui sème dans sa chair
Moissonnera de sa chair la destruction.
Qui sème dans l'Esprit
Moissonnera de l'Esprit la vie éternelle.
La chair ne sert de rien,
C'est l'Esprit qui vivifie.
Oraison 34
Dieu éternel et tout-puissant, fais-nous toujours vouloir ce que tu veux et servir ta gloire d'un cœur sans partage.
Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre (2P 1, 12-21)
Rester fidèle à la parole des Apôtres et des prophètes
C'est sur le témoignage de ceux qui l'ont "vu de leurs yeux" que repose notre foi.
J’ai l'intention de toujours vous rappeler mes conseils, bien que vous le sachiez et que vous demeuriez fermes dans la vérité présente. Mais je crois juste, tant que je suis ici-bas, de vous tenir en éveil par mes rappels, sachant qu'il est proche pour moi le moment de la séparation, comme notre Seigneur Jésus Christ me l'a fait connaître ; mais je veillerai soigneusement à ce qu'après mon départ vous ayez la possibilité, en toute occasion, de conserver le souvenir de ces enseignements.
En effet, ce n'est pas en nous mettant à la traîne de fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la venue puissante de notre Seigneur Jésus Christ, mais pour l'avoir vu de nos yeux dans tout son éclat. Car il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, quand la voix venue de la splendeur magnifique de Dieu lui dit : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu'il m'a plu de choisir." Et cette voix, nous-mêmes nous l'avons entendue venant du ciel quand nous étions avec lui sur la montagne sainte.
De plus, nous avons la parole des prophètes qui est la solidité même, sur laquelle vous avez raison de fixer votre regard comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur, jusqu'à ce que luise le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs.
Tout d’abord, sachez-le bien : aucune prophétie de l'Écriture n'est affaire d'interprétation privée ; en effet, ce n'est pas la volonté humaine qui n'a jamais produit une prophétie, mais c'est portés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu.
R/ Nous avons vu ta gloire,
Fils bien aimé du Père.
Le Verbe s'est fait chair :
Lampe allumée dans nos ténèbres,
Jusqu'à ce que le jour commence à poindre.
Ressuscité et monté vers le Père,
Jésus nous a envoyé son Esprit,
Et l'astre du matin s'est levé dans nos cœurs.
Homélie de Saint Augustin sur l'Évangile de Jean
"Le Seigneur Dieu répandra sur eux sa lumière"
Nous qui sommes chrétiens, en comparaison des incroyants, nous sommes déjà lumière. Ce qui fait dire à l’Apôtre : Autrefois, vous n’étiez que ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière. Vivez comme des fils de la lumière. Et il dit ailleurs : La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous des armes de lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour.
Cependant, en comparaison de la lumière vers laquelle nous marchons, le jour dans lequel nous sommes est encore une nuit. C’est l’enseignement de l’Apôtre Pierre. Il dit que, sur le Christ Seigneur, est venue, de la gloire rayonnante, une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour. Cette voix venant du ciel, dit-il, nous l’avons entendue nous-mêmes, quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. Mais, parce que nous-mêmes n’y étions pas et n’avons pas entendu cette voix venant du ciel, saint Pierre dit à notre adresse : Pour confirmer notre certitude, nous avons aussi la parole des prophètes ; vous avez raison de fixer votre attention sur elle, comme sur une lampe brillant dans l’obscurité, jusqu’à ce que paraisse le jour et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs.
Quand notre Seigneur Jésus Christ viendra et, comme dit encore l’Apôtre Paul, mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et fera paraître les intentions des cœurs pour que chacun reçoive de Dieu la louange qui lui revient, alors, avec la présence d’une telle lumière du jour, les lampes ne seront plus nécessaires. On ne nous lira plus la prophétie, on n’ouvrira plus le livre de l’Apôtre, nous ne réclamerons plus le témoignage de Jean, nous n’aurons plus besoin de l’Évangile lui-même. Toutes les Écritures nous serons retirées, alors qu’elles brillaient pour nous comme des lampes dans la nuit de ce monde, pour que nous ne demeurions pas dans l’obscurité.
Quand tout cela aura disparu, puisque nous n’aurons plus besoin de cette lumière, pas plus que des hommes de Dieu qui nous la procuraient, lorsque nous verrons cette lumière, véritable et éclatante, en l’absence de tous ces moyens, qu’est-ce que nous verrons ? Quelle nourriture notre esprit trouvera-t-il ? Qu’est-ce qui réjouira nos regards ? D’où viendra cette joie que l’œil de l’homme n’a pas vue, que l’oreille n’a pas entendue, que son cœur n’a pas imaginée ? Que verrons-nous ?
Je vous en conjure, aimez avec moi ; empressez-vous de croire avec moi. Désirons la partie d’en haut, aspirons à la patrie d’en haut, comprenons que nous sommes ici-bas des exilés. Que verrons-nous ? Que l’Évangile nous le dise : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Tu recevais quelques gouttes de rosée : tu viendras à la source. Un rayon parvenait jusqu’à ton cœur plein de ténèbres à travers des détours et des souterrains : tu verras la lumière elle-même à découvert et tu seras purifié pour être capable de la voir et de la porter. Mes bien-aimés, dit saint Jean, dès maintenant nous sommes fils de Dieu ; mais ce que nous serons n’apparaît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu apparaîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est.
Je sens que vos cœurs s’élèvent avec moi vers les hauteurs ; mais le corps, sujet à la corruption, appesantit l’âme, cette habitation terrestre rabaisse l’esprit aux mille pensées. Je vais déposer ce livre, vous allez partir et chacun de vous rentrera chez soi. Il nous a été bon de communier dans la lumière, il nous a été bon de nous réjouir, il nous a été bon d’être dans l’allégresse. Mais en nous éloignant les uns des autres, ne nous éloignons pas de lui.
R/ Qui nous fera comprendre,
Pourquoi l'homme peine à chercher
Sans jamais atteindre ?
Ce que l'œil n'a pas vu, ni l'oreille entendu,
Ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme,
Voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment.
À nous Dieu l'a révélé par l'Esprit,
Car l'Esprit sonde tout,
Jusqu'aux profondeurs de Dieu.
Oraison
Dieu éternel et tout-puissant, augmente en nous la foi, l'espérance et la charité ; et pour que nous puissions obtenir ce que tu promets, fais-nous aimer ce que tu commandes.
Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre (2P 2, 1-9)
Contre les faux docteurs
De tout temps, de faux docteurs répandent l'erreur : doctrines pernicieuses, discours truqués : leur succès n'aura qu'un temps.
Il y eut aussi des faux prophètes dans le peuple ; de même, il y aura parmi vous de faux docteurs, qui introduiront sournoisement des doctrines pernicieuses, allant jusqu'à renier le Maître qui les a rachetés, attirant sur eux une perdition qui ne saurait tarder ; et beaucoup les suivront dans leurs débauches : à cause d'eux, le chemin de la vérité sera l'objet de blasphèmes ; et, dans leur cupidité, ils vous exploiteront par des discours truqués ; pour eux, depuis longtemps déjà, le jugement ne chôme pas, et leur perdition ne dort pas. Car Dieu n'a pas épargné les anges coupables, mais les a plongés, les a livrés aux antres ténébreux du Tartare, les gardant en réserve pour le jugement. Il n'a pas épargné non plus l'ancien monde, mais il préserva, lors du déluge dont il submergea le monde des impies, Noé, le huitième des survivants, lui qui proclamait la justice ; puis il condamna à l'anéantissement les villes de Sodome et Gomorrhe en les réduisant en cendres à titre d'exemple pour les impies à venir ; et il délivra Loth le juste, accablé par la manière dont vivaient ces criminels débauchés, car ce juste, vivant au milieu d'eux, les voyait et les entendait : jour après jour, son âme de juste était à la torture, à cause de leurs œuvres scandaleuses.
C'est donc que le Seigneur peut arracher à l'épreuve les hommes droits et garder en réserve, pour les châtier au jour du jugement, les hommes injustes.
R/ Le Seigneur sait délivrer de l'épreuve
Les hommes au cœur fidèle.
Garde-toi des faux prophètes
Qui viennent déguisés en brebis.
Chez un grand nombre, l'amour se refroidira,
Tiens jusqu'au bout : tu seras sauvé.
Homélie du IVème siècle
"Visite ta vigne, protège-la"
Dieu, jadis, a livré ouvertement Jérusalem à ses ennemis, dans sa colère contre les Juifs ; ceux qui le haïssaient les ont dominés, et il n’y a plus eu de fête ni de sacrifice. C’est ainsi qu’il s’irrite contre une âme qui transgresse son commandement, et qu’il la livre à ses ennemis, les démons et les mauvais désirs ; car, en l’égarant, ils l’ont totalement détruite.
Ainsi qu’une maison, si son maître ne l’habite plus, s’enfonce dans les ténèbres, le mépris et la ruine, se remplit de crasse et d’ordures ; de même, l’âme qui est délaissée par son Maître que le chœur des Anges accompagne, est remplie par les ténèbres du péché, la honte des mauvais désirs et un complet mépris.
Malheur à la route où personne ne marche plus, où la voix de l’homme ne se fait plus entendre ! Elle devient un repaire de bêtes fauves. Malheur à l’âme, si le Seigneur n’y marche plus, et si la voix n’en fait pas fuir les bêtes fauves de la méchanceté spirituelle ! Malheur à la maison que son maître n’habite plus ! Malheur à la terre qui n’a plus de cultivateur pour la travailler ! Malheur au navire, s’il n’a plus de pilote, car il se perd, emporté par les flots et la tempête ! Malheur à l’âme, si elle n’a plus en elle le vrai pilote, le Christ, car, livrée sur la mer à la cruauté des ténèbres, ballottée par les flots de passions, secouée par les esprits mauvais, elle trouve finalement sa perte.
Malheur à l’âme, si elle n’a pas le Christ pour la cultiver attentivement, afin qu’elle puisse produire les fruits savoureux de l’Esprit ! Car, abandonnée, remplie de ronces et de chardons, elle n’a de fruits que pour le feu. Malheur à l’âme, si elle n’a pas son Maître, le Christ, habitant en elle ! Car, déserte, elle est remplie par la puanteur des passions et elle devient l’auberge du vice.
Quand le cultivateur entreprend de travailler la terre, il doit prendre les outils et les vêtements appropriés à son travail. Il en va de même du Christ, ce roi céleste et ce cultivateur véritable ; lorsqu’il est venu vers l’humanité rendue déserte par le vice, il a revêtu un corps et porté sa croix en guise d’instrument, il a travaillé l’âme désolée, il a arraché les ronces et les charbons des esprits mauvais, il a déraciné l’ivraie du péché et brûlé toute la paille de ses iniquités. Et lorsqu’il l’a ainsi travaillée par le bois de la croix, il y a planté le jardin magnifique de l’Esprit qui produit toutes sortes de fruits délicieux et désirables pour le Maître qui est Dieu.
R/ Plus jamais nous n'irons loin de toi,
Laisse-nous vivre et invoquer ton nom.
La vigne que tu as prise en Égypte,
Tu l'as replantée en écartant les nations.
Pourquoi as-tu percé sa clôture ?
Dieu de l'univers, reviens !
Interviens pour cette vigne,
Pour la souche que ta main a plantée !
Oraison
Dieu de puissance et de miséricorde, c'est ta grâce qui donne à tes fidèles de pouvoir dignement te servir ; aide-nous de progresser, sans que rien ne nous arrête, vers les biens que tu promets.