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34 jeudi

 

Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre (2P 2, 9-22)

À l'épreuve du mal

L'auteur de la lettre ne craint pas de démasquer les forces obscures qui se déchaînent à certaines époques de l'histoire (fin de civilisation).

Le Seigneur peut arracher à l'épreuve les hommes droits et garder en réserve, pour les châtier au jour du jugement, les hommes injustes, et d'abord ceux qui courent après la chair dans leur appétit d'ordures et n'ont que mépris pour la Souveraineté. Trop sûrs d'eux, arrogants, ils n'ont pas peur d'insulter les Gloires, alors que les anges, qui leur sont supérieurs en force et en puissance, ne portent pas contre elles de jugement insultant devant le Seigneur. Mais ces gens, comme des bêtes stupides vouées par nature aux pièges et à la pourriture, insultent ce qu'ils ignorent et pourriront comme pourrissent les bêtes ; ils récolteront ainsi le salaire de l'injustice. Ils trouvent leur plaisir à se dépraver en plein jour ; ce sont des souillures et des ordures qui se délectent de leurs mensonges quand ils font bombance avec vous. Les yeux pleins d'adultère, ils sont insatiables de péché, appâtant les âmes chancelantes, champions de cupidité, enfants de malédiction. Abandonnant le droit chemin, ils se sont fourvoyés en suivant la route de Balaam de Bosor, lequel se laissa tenter par un salaire injuste, mais il reçut une leçon pour sa transgression : une bête de somme muette, empruntant une voix humaine, arrêta cette folie du prophète. Ces gens sont des fontaines sans eau et des nuages emportés par la bourrasque : les ténèbres obscures leur sont réservées. En effet, débitant des énormités pleines de vide, ils appâtent par les désirs obscènes de la chair ceux qui viennent à peine de s'arracher aux hommes qui vivent dans l'erreur. Ils leur promettent la liberté alors qu'eux-mêmes sont esclaves de la pourriture, car on est esclave de ce par quoi on est dominé. Si ceux, en effet, qui se sont arrachés aux souillures du monde par la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ se laissent de nouveau entortiller et dominer par elles, leur situation devient finalement pire que celle du début. Car il aurait mieux valu pour eux ne pas avoir connu le chemin de la justice que, l'ayant connu, de s'être détournés du saint commandement qui leur avait été transmis. Il leur est arrivé ce que dit à juste titre le proverbe : Le chien est retourné à son vomissement, et : "La truie, à peine lavée, se vautre dans le bourbier."

 

R/ Le Seigneur sait délivrer de l'épreuve

Les hommes au cœur fidèle.

 

Puisque l'Esprit est votre vie,

Laissez-vous conduire par l'Esprit.

 

Qui sème dans l'Esprit

Récoltera de l'Esprit la vie éternelle.

 

Homélie de Saint Jean Chrysostome sur l'Évangile de Matthieu

"Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups"

Tant que nous demeurons des brebis, nous sommes vainqueurs ; serions-nous entourés par des milliers de loups, nous sommes sauvés et nous l’emportons. Mais si nous devenons des loups, nous sommes dominés, parce que le secours du berger nous abandonne. Car il n’est pas le berger des loups, mais des brebis. Il s’éloigne, il quitte la place, parce que tu ne lui permets pas de montrer sa puissance.

Il leur dit en quelque sorte : "Ne soyez pas épouvantés de ce que je vous envoie au milieu des loups, de ce que je vous ordonne d’être pareils à des brebis et à des colombes. Car j’aurais pu agir à l’opposé, ne vous exposer à aucun péril, ne pas faire de vous des brebis plus faible que les loups, et vous rendre plus redoutables que des lions. Mais il convient que j’agisse comme je l’ai fait. Cela vous donne plus de gloire, cela proclame ma puissance." Il le disait à saint Paul : Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. C’est donc moi qui ai voulu vous rendre ainsi. Donc, lorsqu’il dit : Je vous envoie comme des brebis, il leur laisse entendre : Ne perdez pas courage ; je sais, je sais parfaitement que vous serez capables de résister à tous vos ennemis.

Puis, afin qu’ils agissent par eux-mêmes, que tout ne semble pas leur être donné gratuitement et qu’on n’estime pas qu’ils sont couronnés sans avoir rien fait, il ajoute : Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Mais, diront-ils, que pourra faire notre prudence au milieu de pareils dangers ? Comment pourrons-nous avoir de la prudence, quand nous serons secoués par toutes ces tempêtes ? Si prudente que soit une brebis, que pourra-t-elle faire au milieu des loups, et de loups aussi nombreux ? Si candide que soit la colombe, à quoi cette candeur servira-t-elle, lorsqu’elle sera assaillie par tant de faucons ? À rien chez des animaux, mais dans votre cas la prudence et la candeur ont beaucoup de prix.

Voyons cependant quelle prudence est exigée ici. Celle du serpent, dit le Seigneur. Celui-ci abandonne tout, même s’il faut que son corps soit tranché ; il n’y tient pas tellement, pourvu qu’il conserve sa tête. De même toi ; excepté la foi, abandonne tout : ton argent, ton corps et même ta vie s’il faut l’abandonner. Car la foi est la tête et la racine : si tu gardes et que tu perdes tout, tu regagneras tout sous une forme plus parfaite. Aussi le Seigneur ne prescrit-il pas seulement la simplicité et la naïveté, ni seulement la prudence ; il a uni les deux pour qu’elles deviennent de la vertu. Il faut adopter la prudence du serpent pour éviter les blessures mortelles, et la candeur de la colombe pour ne pas rendre la pareille à ceux qui nous traitent injustement ni nous venger de ceux qui complotent contre nous. Autrement la prudence ne servirait à rien.

On ne doit pas s’imaginer que ces commandements soient irréalisables. Le Seigneur connaît mieux que personnes la nature des choses : il sait que ce n’est pas par la violence qu’on vient à bout de la violence, mais par la douceur.

 

R/ Jésus, tu es venu

Pour que les brebis aient la vie,

La vie en abondance.

 

Parole du Seigneur :

J'aurai soin moi-même de mon troupeau

Et je le passerai en revue.

 

Je chercherai la brebis perdue,

Avec justice je ferai paître mon troupeau.

 

Je les rassemblerai des pays étrangers

Et les ramènerai sur leur terre.

 

Oraison

Dieu qui es bon et tout-puissant, éloigne de nous tout ce qui nous arrête, afin que sans aucune entrave, ni d'esprit corps, nous soyons libres pour accomplir ta volonté.


34 vendredi

 

Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre (2P 3, 1-18)

Le jour du Seigneur viendra sûrement

Les chrétiens espèrent non la destruction du monde, mais sa transformation. Qu'ils se tiennent sur leurs gardes !

Mes amis, c'est déjà la seconde lettre que je vous écris ; dans ces deux lettres je fais appel à vos souvenirs pour stimuler en vous la juste manière de penser : souvenez-vous des paroles dites à l'avance par les saints prophètes et du commandement de vos apôtres, celui du Seigneur et Sauveur. Tout d'abord sachez-le : dans les derniers jours viendront des sceptiques moqueurs menés par leurs passions personnelles qui diront : "Où en est la promesse de son avènement ? Car depuis que les pères sont morts, tout demeure dans le même état qu'au début de la création." En prétendant cela, ils oublient qu'il existait, il y a très longtemps, des cieux et une terre tirant origine de l'eau et gardant cohésion par l'eau, grâce à la Parole de Dieu. Par les mêmes causes, le monde d'alors périt submergé par l'eau. Quant aux cieux et à la terre actuels, la même Parole les tient en réserve pour le feu, les garde pour le jour du jugement et de la perdition des impies. Il y a une chose en tout cas, mes amis, que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur un seul jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu'il a du retard, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion. Le jour du Seigneur viendra comme un voleur, jour où les cieux disparaîtront à grand fracas, où les éléments embrasés se dissoudront et où la terre et ses œuvres seront mises en jugement. Puisque tout cela doit ainsi se dissoudre, quels hommes devez-vous être ! Quelle sainteté de vie ! Quel respect de Dieu ! Vous qui attendez et qui hâtez la venue du jour de Dieu, jour où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments embrasés se fondront ! Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite.

C'est pourquoi, mes amis, dans cette attente, faites effort pour qu'il vous trouve dans la paix, nets et irréprochables. Et dites-vous bien que la longue patience du Seigneur, c'est votre salut ! C'est dans ce sens que Paul, notre frère et ami, vous a écrit selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est aussi ce qu'il dit dans toutes les lettres où il traite de ces sujets : il s'y trouve des passages difficiles dont les gens ignares et sans formation tordent le sens, comme ils le font aussi des autres Écritures pour leur perdition. Eh bien, mes amis, vous voilà prévenus : tenez-vous sur vos gardes, ne vous laissez pas entraîner par les impies qui s'égarent et ne vous laissez pas arracher à votre assurance ! Mais croissez dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. À lui soit la gloire dès maintenant et jusqu'au jour de l'éternité. Amen.

 

R/ Il vient, le jour du Seigneur,

Comme un voleur.

 

Mille ans, pour le Seigneur, sont comme un jour,

Et un jour comme mille ans.

 

Grande est la patience de Dieu,

Elle laisse à tous le temps du repentir.

 

Veillons dans l'amour et la prière,

Pour hâter l'avènement du jour de Dieu.

 

Traité de Saint Cyprien sur la condition mortelle de l'homme

"Notre cité, à nous, est dans les cieux"

Nous devons nous rappeler que notre devoir est de faire la volonté de Dieu, non la nôtre, comme le Seigneur nous a enseigné à le demander chaque jour dans notre prière. C’est contradictoire et absurde, alors que nous demandons que la volonté de Dieu se fasse, de ne pas être prêts à obéir sans tarder à cette volonté lorsqu’il nous appelle à sortir de ce monde. Nous résistons, nous refusons comme des esclaves rétifs, on nous traîne tristes et chagrins devant le Seigneur. Nous sortons de ce monde par contrainte et nécessité, non par une libre obéissance. Et nous attendons de Dieu les honneurs de la récompense céleste, alors que nous venons à lui de mauvais gré ! Pourquoi demandons-nous dans la prière que le règne des cieux vienne, si nous prenons un tel plaisir à la captivité de la terre ? Pourquoi insistons-nous par des supplications répétées pour que le jour du règne se hâte, si nos plus grands désirs et nos vœux les plus ardents sont pour servir ici-bas le démon, plutôt que pour régner avec le Christ ?

Puisque le monde hait le chrétien, pourquoi aimes-tu celui qui te hait, au lieu de suivre le Christ, qui t’a racheté et qui t’aime ? Saint Jean, dans sa lettre, nous interpelle et nous exhorte à ne pas aimer le monde en suivant les désirs de la chair : N’ayez pas l’amour du monde ni de ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, il n’a pas en lui l’amour du Père. Tout ce qu’il y a dans le monde – les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l’orgueil et la richesse –, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Le monde passera, avec ses désirs. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours, de même que Dieu demeure pour toujours. Mes frères bien-aimés, soyons donc plutôt préparés avec un esprit loyal, une foi solide, une vertu robuste, à tout ce que Dieu voudra de nous. Chassons la crainte de la mort en pensant à l’immortalité qui la suit. Montrons ainsi ce que nous croyons.

Nous devons considérer, mes frères bien-aimés, et méditer continuellement que nous avons renoncé au monde, que nous passons ici-bas, provisoirement, comme des étrangers et des voyageurs. Accueillons avec joie le jour qui fixe à chacun son véritable domicile, qui nous délivre de ce monde et de ses filets pour nous rendre au Paradis et au Royaume. Quel exilé ne serait pas pressé de rentrer dans sa patrie ? Nous tenons le ciel pour notre patrie. Un grand nombre de ceux que nous aimons nous y attendent : une immense foule de pères, de fils, de frères nous désirent. Ils sont déjà sûrs de leur propre salut, et encore inquiets du nôtre. Quel bonheur partagé, pour eux et pour nous, de nous revoir, et de nous embrasser ! Quel bonheur, dans ce royaume céleste, de ne plus craindre la mort ! Quelle félicité parfaite et perpétuelle, de vivre pour l’éternité !

C’est là que se trouvent le glorieux groupe des Apôtres, la troupe jubilante des prophètes, le peuple innombrable des martyrs, victorieux dans les combats et les souffrances. C’est là que se trouvent les vierges triomphantes qui ont vaincu par l’énergie de leur continence les convoitises charnelles ; c’est là que sont récompensés les miséricordieux qui ont accompli la justice en donnant aux pauvres nourriture et aumônes et qui ont observé les préceptes du Seigneur en transférant leur patrimoine de la terre dans les trésors du ciel.

Hâtons-nous de les rejoindre, frères bien-aimés, par un désir plein d’impatience. Que Dieu voie en nous cette pensée, que le Christ Seigneur découvre cette résolution de notre âme et de notre foi. Il nous donnera d’autant plus largement sa gloire que nous l’aurons plus fortement désirée.

 

R/ Source de lumière dans le monde,

Celui qui porte la parole de vie.

 

Il n'a point de part aux ténèbres,

Sa lumière est bonté, justice, vérité.

 

Il entrera dans le Royaume éternel

De notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.

 

Oraison

Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité : car c'est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tout bien.


34 samedi

 

Lettre de saint Jude (Jude 1, 1-8.12-13.17-25)

Rester ferme dans l'espérance

La lettre de Jude date vraisemblablement de la fin du premier siècle. C'est alors que se sont multipliés les conflits auxquels elle fait allusion, premiers indices de la grave crise qui, au siècle suivant, devait mettre en danger l'Église. Quoi qu'il en soit de ses circonstances concrètes, cette lettre se présente à nous avant tout comme une mise en garde.

Jude, serviteur de Jésus Christ, frère de Jacques, à ceux qui sont appelés, qui sont aimés de Dieu le Père et gardés pour Jésus Christ. Que la miséricorde, la paix et l'amour vous viennent en abondance.

Mes amis, alors que je désirais vivement vous écrire au sujet du salut qui nous concerne tous, je me suis vu forcé de le faire afin de vous encourager à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints définitivement. Car il s'est infiltré parmi vous des individus dont la condamnation est depuis longtemps inscrite à l'avance, impies qui travestissent en débauche la grâce de notre Dieu et qui renient notre seul Maître et Seigneur Jésus Christ.

Je veux vous rappeler, bien que vous sachiez tout définitivement, que le Seigneur, après avoir sauvé son peuple du pays d'Égypte, a fait périr ensuite ceux qui s'étaient montrés incrédules. Les anges qui n'avaient pas gardé leur rang mais qui avaient abandonné leur demeure, il les garde éternellement enchaînés dans les ténèbres pour le jugement du grand Jour. Quant à Sodome et Gomorrhe et aux villes d'alentour qui s'étaient livrées de semblable manière à la prostitution et avaient couru après des êtres d'une autre nature, elles gisent comme un exemple sous le châtiment du feu éternel. C'est de la même façon que ces gens-là, dans leur délire, souillent la chair, méprisent la Souveraineté, insultent les Gloires. Ce sont bien eux qui souillent vos repas fraternels, lorsqu'ils font bombance et se gavent sans pudeur : nuages sans eau emportés par les vents ; arbres de fin d'automne, sans fruits, deux fois morts, déracinés ; flots sauvages de la mer crachant l'écume de leur propre honte ; astres errants réservés pour l'éternité à l'épaisseur des ténèbres.

Quant à vous, mes amis, souvenez-vous des paroles que vous ont dites à l'avance les apôtres de notre Seigneur Jésus Christ. Ils vous disaient : "À la fin des temps il y aura des railleurs qui seront menés par leurs passions impies." Ce sont bien eux ! Ils introduisent des divisions, ils ont des pensées terrestres, ils ne possèdent pas l'Esprit. Mais vous, mes amis, construisez-vous sur la base de votre foi très sainte ; priez dans l'Esprit Saint ; maintenez-vous dans l'amour de Dieu ; placez votre attente dans la miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ pour la vie éternelle. Ceux qui hésitent, prenez-les en pitié ; sauvez-les en les arrachant du feu ; pour les autres, prenez-les en pitié, mais avec crainte, haïssant jusqu'à la tunique souillée par leur chair.

À celui qui peut vous garder de toute chute et vous faire tenir sans tache devant sa gloire dans l'allégresse, au Dieu unique notre Sauveur par Jésus Christ notre Seigneur, gloire, grandeur, puissance et autorité, avant tous les temps, maintenant et à jamais. Amen.

 

R/ Reste avec nous tous les jours, Seigneur Jésus,

Selon ta promesse.

 

Gardez-vous dans la charité de Dieu,

Prêts à recevoir sa miséricorde

Pour la vie éternelle.

 

Gloire et majesté

Au Dieu qui peut vous garder de la chute

Et vous recevoir dans l'allégresse !

 

Sermon de Saint Augustin pour le temps pascal

L’Alléluia des soucis et celui du repos

Chantons ici-bas l’Alléluia au milieu de nos soucis, afin de pouvoir le chanter un jour dans la paix. Pourquoi ici-bas au milieu des soucis ? Tu ne veux pas que je sois soucieux quand je lis cette parole : Vraiment, la vie de l’homme sur la terre n’est qu’une tentation ? Tu ne veux pas que je sois soucieux quand on me dit encore : Veillez pour ne pas entrer en tentation ? Tu ne veux pas que je sois soucieux alors que la tentation est si fréquente qu’on nous a imposé de dire dans la prière : Remets-nous nos dettes, comme nous les remettons aussi à nos débiteurs ? On prie tous les jours parce qu’on fait des dettes tous les jours. Tu veux que je sois en paix, alors que chaque jour je demande pardon pour mes péchés, que je demande secours dans les dangers ? Lorsque j’ai dit pour mes péchés passés : Remets-nous nos dettes, comme nous les remettons aussi à nos débiteurs, j’ajoute aussitôt, à cause des dangers à venir : Ne nous soumets pas à la tentation. Et comment le peuple est-il dans le bonheur, quand il crie avec moi : Délivre-nous du mal ? Et pourtant, mes frères, alors que nous sommes encore plongés dans ce mal, chantons Alléluia au Dieu bon qui nous délivre du mal.

Même ici-bas, au milieu des dangers, au milieu des tentations, nous-mêmes et les autres, chantons Alléluia. Dieu est fidèle, dit saint Paul. Il ne permettra pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces. Il ne dit pas : Dieu ne permettra pas que vous soyez tentés, mais : Il ne permettra pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter. Tu es entré en tentation ; mais Dieu te donnera le moyen d’en sortir, pour que tu ne périsses pas dans la tentation. Comme le vase du potier, tu es modelé par la prédication et durci au feu par la tentation. Mais quand tu y entres, songe au moyen d’en sortir ; car Dieu est fidèle : Il gardera ton entrée et ta sortie.

Mais ce corps sera rendu immortel et incorruptible, lorsque toute tentation aura disparu. Car, dit saint Paul, le corps est voué à la mort. Pourquoi ? À cause du péché. Mais l’esprit est votre vie. Pourquoi ? Parce que vous êtes devenus des justes. C’est donc que nous abandonnons ce corps voué à la mort ? Mais non. Écoute la suite : Si l’Esprit de celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels. En effet, le corps, aujourd’hui animal, alors sera spirituel.

Heureux, alors, l’Alléluia ! Vie paisible, sans adversaire ! Là, il n’y a plus aucun ennemi, et on ne perd aucun ami. Là-haut, louange à Dieu, et ici-bas, louange à Dieu. Mais ici au milieu des soucis, et là dans la paix. Ici par des hommes destinés à mourir, là par ceux qui vivront toujours : ici en espérance, là en réalité ; ici sur le chemin, là dans la patrie.

Chantons donc, maintenant, mes frères, non pour agrémenter notre repos, mais pour alléger notre travail. C’est ainsi que chantent les voyageurs : chante, mais marche. Soutiens ton effort par le chant, n’aime pas la paresse ; chante et marche. Qu’est-ce que cela veut dire : marche ? Progresse, progresse dans le bien. Car, selon l’Apôtre, il en est qui progresse de mal en pis. Toi, si tu progresse, c’est que tu marches ; mais progresse dans le bien, progresse dans la vraie foi, progresse dans la bonne conduite. Chante et marche.

 

R/ Ton Dieu sera ta beauté,

Ta lumière éternelle !

 

Jérusalem, tes portes seront de cristal,

Et tes murs, de rubis,

Et l'on chantera sur tes places :

Alléluia, Alléluia !

 

Ta splendeur illuminera

Toutes les contrées de la terre ;

Les peuples viendront de loin

Adorer le Seigneur dans tes murs.

Oraison

Réveille, Seigneur, le courage de tes fidèles : qu’ils soient plus ardents à profiter de tes grâces, pour obtenir de toi de plus puissants secours.


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