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6 vendredi

 

Livre des Proverbes (Pr 15, 8-9.16-17.25-26.33 ; 16, 1-9 ; 17,5)

Lucidité humaine, amitié fraternelle

Un thème un peu plus insistant dans cette section : les relations humaines. Deux traits fondamentaux les caractérisent : prudence et générosité.

Le sacrifice des méchants est en horreur au SEIGNEUR, il se complaît à la prière des hommes droits. La conduite des méchants est en horreur au SEIGNEUR, mais il aime qui aspire à la justice. Mieux vaut peu de biens avec la crainte du SEIGNEUR qu'un grand trésor avec du tracas. Mieux vaut un plat de légumes là où il y a de l'amour qu'un bœuf gras assaisonné de haine.

Le SEIGNEUR renverse la maison des orgueilleux mais affermit la borne de la veuve. Les calculs pervers sont en horreur au SEIGNEUR, mais les paroles bienveillantes sont pures. Le SEIGNEUR se tient à distance des méchants mais il écoute la prière des justes. La crainte du SEIGNEUR est une discipline de sagesse ; avant la gloire : l'humilité.

À l'homme les projets ; au SEIGNEUR la réponse. Toutes les voies de l'homme sont pures à ses yeux, mais c'est le SEIGNEUR qui pèse les cœurs. Expose ton action au SEIGNEUR et tes plans se réaliseront. Le SEIGNEUR a tout fait avec intention, même le méchant pour le jour du malheur.

Tout orgueilleux est en horreur au SEIGNEUR, en fin de compte il ne restera pas impuni. La faute est effacée par l'amitié et la loyauté, et on se détourne du mal par la crainte du SEIGNEUR.

Quand le SEIGNEUR prend plaisir à la conduite de quelqu'un, il lui concilie même ses ennemis.

Mieux vaut peu de bien avec la justice qu'abondants revenus sans équité. Le cœur de l'homme étudie sa route, mais c'est le SEIGNEUR qui affermit ses pas.

Qui se moque de l'indigent insulte son Créateur ; qui se réjouit d'un malheur ne le fera pas impunément.

 

R/ C'est le Seigneur ton Dieu que tu craindras,

C'est lui que tu serviras.

 

Le cœur de l'homme cherche sa voie,

Mais c'est le Seigneur qui affermit ses pas.

 

La crainte du Seigneur est école de sagesse ;

Celui qui s'abaisse sera élevé.

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LA 1ère LETTRE DE JEAN

Le désir élargit notre cœur.

Quelle est la promesse qui nous a été faite ? Nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est. La parole s'est exprimée comme elle a pu ; le reste, c'est au cœur de le comprendre. Alors que saint Jean lui-même s'exprime, comme il peut par rapport à Celui qui est, que pourrions-nous dire, nous qui sommes si loin d'égaler ses mérites ?

Revenons donc à cette onction du Christ, revenons à cette onction qui nous enseigne intérieurement ce que nous ne pouvons pas exprimer ; et puisque vous ne pouvez pas voir maintenant, que votre activité se contente de désirer.

Toute la vie du vrai chrétien est un saint désir. Sans doute, ce que tu désires, tu ne le vois pas encore : mais en le désirant tu deviens capable d'être comblé lorsque viendra ce que tu dois voir.

Supposons que tu veuilles remplir une sorte de poche et que tu saches les grandes dimensions de ce qu'on va te donner, tu élargis cette poche, que ce soit un sac, une outre, ou n'importe quoi de ce genre. Tu sais l'importance de ce que tu vas y mettre, et tu vois que la poche est trop resserrée : en l'élargissant, tu augmentes sa capacité. C'est ainsi que Dieu, en faisant attendre, élargit le désir ; en faisant désirer, il élargit l'âme ; en l'élargissant, il augmente sa capacité de recevoir.

Nous devons donc désirer, mes frères, parce que nous allons être comblés. Voyez saint Paul, élargissant son désir pour être capable de recevoir ce qui doit venir. Il dit en effet : Certes, je ne suis pas encore arrivé, je ne suis pas encore parfait. Frères, je ne pense pas avoir déjà saisi le Christ.

Que fais-tu alors en cette vie, si tu ne l'as pas encore saisi ? – Une seule chose compte : Oubliant ce qui est en arrière et tendu vers l'avant, je suis mon élan vers le triomphe auquel je suis appelé de là-haut. Il dit qu'il est tendu et qu'il suit son élan. Il se sentait incapable de saisir ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce que le cœur de l'homme n'a pu concevoir.

Voilà notre vie : nous exercer en désirant. Le saint désir nous exerce d'autant plus que nous avons détaché nos désirs de l'amour du monde. Nous l'avons déjà dit à l'occasion : vide ce qui doit être rempli. Ce qui doit être rempli par le bien, il faut en vider le mal.

Suppose que Dieu veut te remplir de miel : si tu es rempli de vinaigre, où mettras-tu ce miel ? Il faut répandre le contenu du vase il faut nettoyer le vase lui-même il faut le nettoyer à force de travailler, à force de frotter, pour qu'il soit capable de recevoir autre chose.

Parlons de miel, d'or ou de vin : nous pouvons désigner de n'importe quel nom ce qui est indicible, mais son vrai nom est Dieu. Et quand nous disons "Dieu", que disons-nous ? Ce mot désigne tout ce que nous attendons. Tout ce que nous pouvons dire est en dessous de la réalité ; élargissons-nous, en nous portant vers lui, afin qu'il nous comble, quand il viendra. Nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est.

 

R/ Qui nous fera comprendre

Pourquoi l'homme peine à chercher

Sans jamais atteindre ?

 

Ce que l'œil n'a pas vu, ni l'oreille entendu,

Ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme,

Voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment.

 

À nous, Dieu l'a révélé par l'Esprit,

Car l'Esprit sonde tout,

Jusqu'aux profondeurs de Dieu.

Oraison

Aux appels de ton peuple en prière, réponds, Seigneur, en ta bonté : donne à chacun la claire vision de ce qu'il doit faire et la force de l'accomplir.


6 samedi

 

Livre des Proverbes (Pr 31, 10-31)

Une maîtresse femme

Le poème de la femme parfaite : petite unité très à part dans le livre des Proverbes. Nous y trouvons l'éloge de l'humble activité quotidienne. La Sagesse n'est pas la possession des seuls intellectuels et savants de ce monde : la plus humbles des créatures de Dieu peut la recevoir et en vivre.

(Alef) – Une femme de valeur, qui la trouvera ? Elle a bien plus de prix que le corail.

Son mari a pleine confiance en elle, les profits ne lui manqueront pas.

(Guimel) – Elle travaille pour son bien et non pour son malheur tous les jours de sa vie.

(Daleth) – Elle cherche avec soin de la laine et du lin et ses mains travaillent allègrement.

(Hé) – Elle est comme les navires marchands, elle fait venir de loin sa subsistance.

(Waw) – Elle se lève quand il fait encore nuit pour préparer la nourriture de sa maisonnée et donner des ordres à ses servantes.

(Zaïn) – Elle jette son dévolu sur un champ et l'achète, avec le fruit de son travail elle plante une vigne.

(Heth) – Elle ceint de force ses reins et affermit ses bras.

Elle considère que ses affaires vont bien et sa lampe ne s'éteint pas de la nuit.

(Yod) – Elle met la main à la quenouille et ses doigts s'activent au fuseau.

(Kaf) – Elle ouvre sa main au misérable et la tend au pauvre.

(Lamed) – Elle ne craint pas la neige pour sa maisonnée, car tous ont double vêtement.

(Mem) – Elle se fait des couvertures, ses vêtements sont de lin raffiné et de pourpre.

(Noun) – Aux réunions de notables son mari est considéré, quand il siège parmi les anciens du lieu.

(Samek) – Elle fabrique de l'étoffe pour la vendre et des ceintures qu'elle cède au marchand.

(Aïn) – Force et honneur la revêtent, elle pense à l'avenir en riant.

(Pé) – Elle ouvre la bouche avec sagesse et sa langue fait gentiment la leçon.

(Cadé) – Elle surveille la marche de sa maison et ne mange pas paresseusement son pain.

(Qof) – Ses fils, hautement, la proclament bienheureuse et son mari fait son éloge :

(Resh) – "Bien des filles ont fait preuve de valeur ; mais toi, tu les surpasses toutes !"

(Shîn) – La grâce trompe, la beauté ne dure pas. La femme qui craint le Seigneur, voilà celle qu'on doit louer.

À elle le fruit de son travail et que ses œuvres publient sa louange.

 

R/ Dieu créa l'homme à son image :

Homme et femme il les créa.

 

Une femme parfaite est la joie de son mari ;

Il passera dans la paix les années de sa vie.

 

La grâce d'une femme est à l'intérieur du cœur,

Parure incorruptible d'un esprit doux et paisible.

 

Le Christ est l'époux de l'Église ;

Il l'a aimée et s'est livré pour elle.

 

PAUL VI, "Humanae vitae", 8.

Dieu créa l’homme à son image, homme et femme il les créa »

L'amour conjugal révèle sa vraie nature et sa vraie noblesse quand on le considère dans sa source suprême, Dieu qui est amour, "le Père de qui toute paternité tire son nom, au ciel et sur la terre".

Le mariage n'est donc pas l'effet du hasard ou un produit de l'évolution de forces naturelles inconscientes : c'est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l'humanité son dessein d'amour. Par le moyen de la donation personnelle réciproque, qui leur est propre et exclusive, les époux tendent à la communion de leurs êtres en vue d'un mutuel perfectionnement personnel pour collaborer avec Dieu à la génération et à l'éducation de nouvelles vies.

De plus, pour les baptisés, le mariage revêt la dignité de signe sacramentel de la grâce, en tant qu'il représente l'union du Christ et de l'Église.

Dans cette lumière apparaissent clairement les notes et les exigences caractéristiques de l'amour conjugal, dont il est souverainement important d'avoir une idée exacte.

C'est avant tout un amour pleinement humain, c'est-à-dire à la fois sensible et spirituel. Ce n'est donc pas un simple transport d'instinct et de sentiment, mais aussi et surtout un acte de la volonté libre, destiné à se maintenir et à grandir à travers les joies et les douleurs de la vie quotidienne, de sorte que les époux deviennent un seul cœur et une seule âme et atteignent ensemble leur perfection humaine.

C'est ensuite un amour total, c'est-à-dire une forme toute spéciale d'amitié personnelle, par laquelle les époux partagent généreusement toutes choses, sans réserves indues ni calculs égoïstes. Qui aime vraiment son conjoint ne l'aime pas seulement pour ce qu'il reçoit de lui, mais pour lui-même, heureux de pouvoir l'enrichir du don de soi.

C'est encore un amour fidèle et exclusif jusqu'à la mort. C'est bien ainsi, en effet, que le conçoivent l'époux et l'épouse le jour où ils assument librement et en pleine conscience l'engagement du lien matrimonial. Fidélité qui peut parfois être difficile, mais qui est toujours possible et toujours noble et méritoire, nul ne peut le nier. L'exemple de tant d'époux à travers les siècles prouve non seulement qu'elle est conforme à la nature du mariage, mais encore qu'elle est source de bonheur profond et durable.

C'est enfin un amour fécond, qui ne s'épuise pas dans la communion entre époux, mais qui est destiné à se continuer en suscitant de nouvelles vies.

 

R/ Fais grandir entre nous, Seigneur,

L'accord et l'harmonie d'un même amour.

 

Menez une vie digne de l'Évangile,

Fermes dans un même esprit,

Luttant d'un cœur unanime.

 

Sans vous soucier de vos propres affaires,

Ayez à cœur celles de vos frères,

À l'exemple du Christ Jésus.

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, qui régis l'univers du ciel et de la terre : exauce, en ta bonté, les prières de ton peuple et fais à notre temps la grâce de la paix.


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