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Décembre 3, St François Xavier

 

LETTRES DE FRANÇOIS XAVIER À S. IGNACE (1542 et 1544)

Nous sommes allés à des villages de néophytes, baptisés voici peu d’années. Cette région n’est absolument pas habitée par les Portugais, car elle est très stérile et très pauvre. Les chrétiens indigènes, privés de prêtres, ne savent rien, sinon qu’ils sont chrétiens. Il n’y  personne pour leur célébrer les sacrements ; personne pour leur enseigner le Symbole, le Pater, l’Ave Maria, ni les commandements de Dieu.

Depuis que je suis venu ici, je n’ai pas arrêté : je parcourais activement les villages, je baptisais tous les enfants qui ne l’avaient pas encore été. Aussi ai-je régénéré un nombre immense de bébés qui, comme on dit, ne savaient pas distinguer leur droite de leur gauche. Quand aux enfants, ils ne me laissaient ni réciter l’office divin, ni manger ni me reposer tant que je ne leur avais pas enseigné une prière. Alors j’ai commencé à saisir que le royaume des cieux appartient à ceux qui leur ressemblent.

Aussi, comme je ne pouvais sans impiété repousser une requête aussi pieuse, en commençant par la confession de foi au Père, au Fils et à l’Esprit Saint, je leur inculquais le Symbole des Apôtres, le Pater noster et l’Ave Maria. J’ai remarqué qu’ils étaient très doués ; s’il y avait quelqu’un pour les former à la foi chrétienne, je suis sûr qu’ils deviendraient de très bons chrétiens.

Dans ce pays, quantité de gens ne sont pas chrétiens uniquement parce qu’il n’y a personne aujourd’hui pour en faire des chrétiens. J’ai très souvent eu l’idée de parcourir toutes les universités d’Europe, et d’abord celle de Paris, pour hurler partout d’une manière folle et pousser ceux qui ont plus de doctrine que de charité, en leur disant : «  Hélas, quel nombre énorme d’âmes, exclu du ciel par votre faute, s’engouffre dans l’enfer ! »

De même qu’ils se consacrent aux belles-lettres, s’ils pouvaient seulement se consacrer aussi à cet apostolat, afin de pouvoir rendre compte à Dieu de leur doctrine et des talents qui leur ont été confiés !

Beaucoup d’entre eux, bouleversés par cette pensée, aidés par la méditation des choses divines, s’entraîneraient à écouter ce que le Seigneur dit en eux et, en rejetant leurs ambitions et leurs affaires humaines, ils se soumettraient tout entiers, définitivement, à la volonté et au décret de Dieu. Oui, ils crieraient du fond du cœur : «  Seigneur, me voici ; que veux-tu que je fasse ? Envoie-moi n’importe où tu voudras, même jusque dans les Indes. »

 

Ouvriers de la paix,

La moisson vous attend :

Pour réconcilier le monde,

N’emportez que l’amour.

À ceux qui vous accueillent,

Comme à ceux qui vous chassent,

Annoncez la nouvelle :

 

R/ Le Royaume de Dieu est là,

Tout près de vous,

 

Vous allez recevoir une force :

L’Esprit Saint viendra sur vous.

 

Alors vous serez mes témoins

Jusqu’aux extrémités de la terre.

Oraison

Tu as voulu, Seigneur, que la prédication de saint François Xavier appelle à toi de nombreux peuples d'Orient : accorde à tous les baptisés le même zèle pour la foi et fais que ton Église se réjouisse d'avoir, partout dans le monde, de nouveaux enfants.


Décembre 4, S. Jean de Damas

 

Déclaration de foi de saint Jean Damascène

C'est toi, Seigneur, qui m'as fait naître de mon père, qui m'as formé dans le sein de ma mère ; c'est toi qui m'as fait venir à la lumière comme un petit enfant tout nu, car les lois de notre nature obéissent perpétuellement à tes ordres.

C'est toi qui as préparé par la bénédiction de l'Esprit Saint ma création et mon existence, non par la volonté de l'homme ou le désir de la chair, mais par ta grâce indicible. Tu as préparé ma naissance par une prévenance qui dépasse les lois de notre nature. Tu m'as fait venir à la lumière en m'adoptant pour ton fils, et tu m'as inscrit parmi les membres de ton Église sainte et immaculée.

C'est toi qui m'as nourri du lait spirituel, c'est-à-dire du lait de tes paroles divines. C'est toi qui m'as fortifié par un aliment solide : le corps de Jésus Christ notre Dieu, ton Fils unique, le très saint, et tu m'as enivré à la coupe divine, c' est-à-dire la coupe de son sang qui fait vivre, et qu'il a répandu pour le salut du monde entier.

Tu nous as aimés, Seigneur, et tu as donné ton Fils à notre place pour notre rachat qu'il a entrepris volontairement et sans résistance. Bien plus, il était destiné au sacrifice comme un agneau sans péché et il s'y est présenté lui-même. Car, étant Dieu, il s'est fait homme, et par sa volonté d'homme, il s'est soumis, se faisant obéissant à toi, Dieu son Père, jusqu'à mourir, et mourir sur une croix.

Ainsi, ô Christ, mon Dieu, tu t'es abaissé pour me porter sur tes épaules, brebis égarée, et tu m'as placé dans un pâturage verdoyant ; tu m'as désaltéré aux sources de la vraie doctrine par l'intermédiaire de tes pasteurs dont tu étais toi-même le berger avant qu'ils soient les bergers de ton troupeau, privilégié et choisi.

Et maintenant, Seigneur, tu m'as appelé, par l'intermédiaire de ton grand prêtre, au service de tes disciples. Par quel dessein de ta Providence, je l'ignore. Toi seul le sais.

Mais, Seigneur, allège le lourd fardeau de mes péchés qui t'ont gravement offensé ; purifie mon esprit et mon cœur. Conduis-moi par le droit chemin, comme une lampe qui m'éclaire.

Donne-moi de dire hardiment ta parole, que la langue de feu de ton Esprit me donne une langue parfaitement libre, et me rende toujours attentif à ta présence.

Sois mon berger, Seigneur, et sois avec moi le berger de tes brebis, pour que mon cœur ne me fasse dévier ni à droite ni à gauche ; que ton Esprit bon me dirige sur le droit chemin pour que mes actions s'accomplissent selon ta volonté, et cela jusqu'au bout.

Et toi, très noble assemblée de l'Église, en qui réside la pureté de la foi parfaite, toi qui comptes sur le secours de Dieu et en qui Dieu trouve son repos, reçois de moi un enseignement de la foi préservé de toute erreur. C'est lui, tel qu'il nous a été transmis par nos Pères, qui fera la force de l'Église.

Oraison

Accorde-nous, Seigneur, de trouver un appui dans les prières de saint Jean de Damas : que la vraie foi, dont il fut un maître éminent, soit toujours notre force et notre lumière.


Décembre 6, S. Nicolas

 

Traité n° 123 de saint Augustin sur saint Jean

Le Seigneur commence par demander ce qu'il savait ; et non pas une fois, mais deux et trois fois : est-ce que Pierre l'aime ? Et autant de fois il entend Pierre affirmer son amour, autant de fois il charge Pierre de conduire ses brebis. La triple confession compense le triple reniement, pour que la bouche ne serve pas moins à l'amour qu'à la peur, et que la mort menaçante ne paraisse pas avoir provoqué plus de paroles que la vie présente ? Conduire le troupeau du Seigneur doit être la fonction de l'amour, puisque renier le berger fut l'expression de la peur. Ceux qui conduisent les brebis du Christ pour les soumettre à eux-mêmes plutôt qu'au Christ prouvent qu'ils n'aiment pas le Christ, mais eux-mêmes~ Cette parole du Christ, Si souvent répétée, met en garde contre ceux-là, dont saint Paul déplore qu'ils cherchent leur intérêt personnel, non celui de Jésus Christ Car en disant : M'aimes-tu ? Sois le berger de mes brebis, il dit l'équivalent de ceci : Si tu m'aimes, ne songe pas à te nourrir, mais à nourrir mes brebis ; conduis-les comme étant à moi, non à toi ; cherche en elles ma gloire, non la tienne ; mon autorité, non la tienne ; mon bénéfice, non le tien ; ne sois pas dans la société de ceux qui appartiennent aux temps difficiles, qui s'aiment eux-mêmes, et qui ont tous les vices énumérés par saint Paul, en liaison avec ce principe de l'égoïsme. Donc, qu'ils ne s'aiment pas eux-mêmes, les bergers des brebis du Christ, qu'ils ne les nourrissent pas comme étant à eux, mais à lui. Le vice dont les bergers des brebis du Christ doivent se garder le plus, c'est de chercher leur intérêt personnel, non celui de Jésus Christ, et d'employer à servir leurs convoitises ceux pour qui le sang du Christ a été répandu. L'amour du Christ, chez le berger de ses brebis, doit se développer en une ardeur spirituelle si grande qu'elle triomphe aussi de cette peur naturelle de la mort qui nous fait refuser de mourir, même quand nous voulons vivre avec le Christ. Si grande que soit notre horreur de la mort, la puissance de l'amour doit en triompher, cet amour dont nous aimons celui qui, étant notre vie, a voulu subir la mort pour nous. S'il n'y avait aucune difficulté ou bien peu à mourir, la gloire des martyrs ne serait pas si grande. Mais le bon pasteur, qui a donné sa vie pour ses brebis, a choisi parmi elles un grand nombre de martyrs. Combien davantage doivent-ils lutter jusqu'à la mort pour la vérité, e jusqu'au sang contre le péché, ceux à qui il a confié ses brebis pour qu'ils les mènent paître, c'est-à-dire pou qu'ils les instruisent et les dirigent. Et par cet exemple de sa passion, on voit bien que les pasteurs doivent s'attacher davantage à l'imitation du Pasteur puisque même de nombreuses brebis l'ont imité. Car, sous Ambroise à Constance, ton frère dans l'épiscopat, tu as Le Seigneur commence par demander ce qu'il savait ; et non pas une fois, mais deux et trois fois : est-ce que Pierre l'aime ? Et autant de fois il entend Pierre affirmer son amour, autant de fois il charge Pierre de conduire ses brebis.

La triple confession compense le triple reniement, pour que la bouche ne serve pas moins à l'amour qu'à la peur, et que la mort menaçante ne paraisse pas avoir provoqué plus de paroles que la vie présente ? Conduire le troupeau du Seigneur doit être la fonction de l'amour, puisque renier le berger fut l'expression de la peur.

Ceux qui conduisent les brebis du Christ pour les soumettre à eux-mêmes plutôt qu'au Christ prouvent qu'ils n'aiment pas le Christ, mais eux-mêmes~ Cette parole du Christ, Si souvent répétée, met en garde contre ceux-là, dont saint Paul déplore qu'ils cherchent leur intérêt personnel, non celui de Jésus Christ Car en disant : M'aimes-tu ? Sois le berger de mes brebis, il dit l'équivalent de ceci : Si tu m'aimes, ne songe pas à te nourrir, mais à nourrir mes brebis ; conduis-les comme étant à moi, non à toi ; cherche en elles ma gloire, non la tienne ; mon autorité, non la tienne ; mon bénéfice, non le tien ; ne sois pas dans la société de ceux qui appartiennent aux temps difficiles, qui s'aiment eux-mêmes, et qui ont tous les vices énumérés par saint Paul, en liaison avec ce principe de l'égoïsme. Donc, qu'ils ne s'aiment pas eux-mêmes, les bergers des brebis du Christ, qu'ils ne les nourrissent pas comme étant à eux, mais à lui. Le vice dont les bergers des brebis du Christ doivent se garder le plus, c'est de chercher leur intérêt personnel, non celui de Jésus Christ, et d'employer à servir leurs convoitises ceux pour qui le sang du Christ a été répandu. L'amour du Christ, chez le berger de ses brebis, doit se développer en une ardeur spirituelle si grande qu'elle triomphe aussi de cette peur naturelle de la mort qui nous fait refuser de mourir, même quand nous voulons vivre avec le Christ.

Si grande que soit notre horreur de la mort, la puissance de l'amour doit en triompher, cet amour dont nous aimons celui qui, étant notre vie, a voulu subir la mort pour nous. S'il n'y avait aucune difficulté ou bien peu à mourir, la gloire des martyrs ne serait pas si grande. Mais le bon pasteur, qui a donné sa vie pour ses brebis, a choisi parmi elles un grand nombre de martyrs. Combien davantage doivent-ils lutter jusqu'à la mort pour la vérité, e jusqu'au sang contre le péché, ceux à qui il a confié ses brebis pour qu'ils les mènent paître, c'est-à-dire pou qu'ils les instruisent et les dirigent.

Et par cet exemple de sa passion, on voit bien que les pasteurs doivent s'attacher davantage à l'imitation du Pasteur puisque même de nombreuses brebis l'ont imité. Car, sous l’unique Pasteur et dans l’unique troupeau, les pasteurs eux-mêmes sont des brebis. Oui, il a fait de tous les hommes ses brebis, c’est pour eux tous qu’il a souffert, puisque lui-même, afin de souffrir pour tous, est devenu brebis.

Apprenons du Maître

à devenir disciples.

Il n'est pas venu juger ses frères

mais les sauver.

Du trésor de son cœur

a débordé la Parole de vie.

R/ Le Seigneur est venu jusqu'à nous

pour nous élever jusqu'à lui.

Parfaite est la loi de l'amour,

qui a fait du Fils de Dieu notre serviteur.

Limpide est le regard de l'amour,

qui, dans le frère, sert le Fils de Dieu.

Véridique est le fruit de l'amour,

qui nous rend fils de Dieu.

Oraison

Nous implorons ta miséricorde, Seigneur ; à la prière de saint Nicolas, garde-nous de tous les périls, pour que le chemin du salut soit dégagé devant nous.


Décembre 7, S. Ambroise

 

LETTRE DE S. AMBROISE À CONSTANCE

Ambroise à Constance, son frère dans l’épiscopat.

Tu as reçu la charge du sacerdoce. Assis à la poupe du navire de l’Église, tu le gouvernes au milieu des flots. Tiens la barre de la foi, afin que les dures tempêtes de ce monde ne réussissent pas à te faire dévier. La mer est grande et vaste, mais ne crains rien, car c’est le Seigneur qui a établi le monde sur les mers et l’a fondé sur les fleuves.

Il n’est donc pas étonnant que, dans les remous du monde, l’Église du Seigneur demeure inébranlable, puisqu’elle est bâtie sur la pierre de l’Apôtre et qu’elle demeure sur sa fondation infrangible, malgré les assauts de la mer en furie. Les flots l’inondent sans pouvoir la secouer, et bien que les éléments de ce monde en s’entrechoquant fassent retentir souvent un grand vacarme, elle peut cependant offrir aux hommes en détressent un havre de salut parfaitement sûr. Cependant, si elle est ballottée par la mer, elle court avec les fleuves ; tu comprends qu’il s’agit de ces grands fleuves dont il est dit : Les fleuves ont élevé leur voix. Ce sont en effet des fleuves qui couleront de son sein ; il s’agit de celui qui recevra la boisson donnée par le Christ, et qui s’abreuvera de l’Esprit Saint. Ce sont donc ces fleuves, lorsqu’ils débordent de la grâce de l’Esprit, qui élèvent leur voix.

Il y a aussi un fleuve qui inonde les hommes de Dieu comme un torrent, un fleuve dont l’élan réjouit l’âme pacifique et tranquille. Celui qui bénéficie de ce fleuve abondant, comme Pierre et Paul, élève la voix ; et de même que les Apôtres, par leur voix sonore, ont répandu jusqu’aux extrémités de la terre la prédication évangélique, celui-là aussi se met à annoncer la Bonne Nouvelle du Seigneur Jésus.

Écoute donc la parole du Christ, pour que ta voix se répande. Recueille l’eau du Christ, celle qui loue le Seigneur. Rassemble l’eau qui vient d’horizon divers, et que répandent les nuées, symbole des prophètes.

Celui qui recueille l’eau des montagnes, qui attire à lui ou qui boit l’eau des sources, la répand lui aussi, comme une nuée. Remplis donc de cette eau les profondeurs de ton esprit, pour que la terre s’en imprègne et soit irriguée par ses propres sources.

Donc celui qui lit et qui comprend beaucoup de choses se gorge d’eau et, une fois qu’il en est gorgé, il la déverse sur les autres ; c’est pourquoi l’Écriture dit : Si les nuées sont pleines de pluie, elles la déversent sur la terre.

Que tes discours soient donc abondants, qu’ils soient purs et transparents. Ainsi, dans ton enseignement moral, tu verseras dans les oreilles de tes auditeurs beaucoup de douceur, tu charmeras ton peuple par la grâce de tes paroles, et il te suivra volontiers là où tu le conduis.

Que tes paroles soient pleines de sagesse. Salomon dit en effet : Les armes de l’intelligence, ce sont les lèvres du sage. Et ailleurs : Que tes lèvres s’attachent à la science, c’est-à-dire : que le sens de tes discours soit évident, que leur signification soit claire, que ta parole et ton exposé n’aient pas besoin d’être appuyés par une affirmation extérieure, mais soient garantis par leur propres armes. Que nulle parole privée de sens ne sorte de ta bouche pour se perdre dans le vide.

 

R/ Ô Christ, tu es venu dans le monde

pour sauver les pécheurs.

 

Je rends grâce au Seigneur Jésus :

il m’a jugé assez fidèle

pour m’appeler à son service.

 

En moi la grâce du Seigneur a surabondé,

avec la foi et la charité

qui est dans le Christ Jésus.

 

Oraison

Seigneur, tu as fait de saint Ambroise un docteur de la foi catholique et un courageux successeur des Apôtres ; suscite en ton Église des hommes selon ton cœur, capables de la gouverner avec force et sagesse.


Décembre 8

V/ Le Seigneur m'a comblée de joie,

R/ Il m'a revêtue de sainteté.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 5, 12-21)

La où le péché a proliféré, la grâce a surabondé.

De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort a atteint tous les hommes : d'ailleurs tous ont péché... car, jusqu'à la loi, le péché était dans le monde et, bien que le péché ne puisse être sanctionné quand il n'y a pas de loi, pourtant, d'Adam à Moïse la mort a régné, même sur ceux qui n'avaient pas péché par une transgression identique à celle d'Adam, figure de celui qui devait venir.

Mais il n'en va pas du don de grâce comme de la faute ; car, si par la faute d'un seul la multitude a subi la mort, à plus forte raison la grâce de Dieu, grâce accordée en un seul homme, Jésus Christ, s'est-elle répandue en abondance sur la multitude.  Et il n'en va pas non plus du don comme des suites du péché d'un seul : en effet, à partir du péché d'un seul, le jugement aboutit à la condamnation, tandis qu'à partir de nombreuses fautes, le don de grâce aboutit à la justification. Car si par un seul homme, par la faute d'un seul, la mort a régné, à plus forte raison, par le seul Jésus Christ, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice.  Bref, comme par la faute d'un seul ce fut pour tous les hommes la condamnation, ainsi par l'œuvre de justice d'un seul, c'est pour tous les hommes la justification qui donne la vie. De même en effet que, par la désobéissance d'un seul homme, la multitude a été rendue pécheresse, de même aussi, par l'obéissance d'un seul, la multitude sera-t-elle rendue juste. La loi, elle, est intervenue pour que prolifère la faute, mais là où le péché a proliféré, la grâce a surabondé, afin que, comme le péché avait régné pour la mort, ainsi, par la justice, la grâce règne pour la vie éternelle par Jésus Christ, notre Seigneur.

 

Voici la nouvelle Genèse :

En toi, Vierge immaculée,

La grâce originelle refleurit.

Notre terre n'est plus maudite,

Nous la verrons bientôt

Donner le fruit de vie.

 

R/ Avec toi, Marie, Mère du Sauveur,

Nous glorifions la puissance de Dieu.

 

J'exulte de joie dans le Seigneur,

Et mon esprit tressaille en mon Dieu.

 

Il m'a revêtue des vêtements du salut

Et m'a couverte du manteau de justice.

 

Le Seigneur fera germer l'action de grâce

Devant toutes les nations.

 

PRIÈRE DE S. ANSELME À MARIE

Le ciel et les astres, la terre et les fleuves, le jour et la nuit, et tout ce qui obéit ou sert à l’homme, se félicite d’être par toi, ô notre Dame, rendu en quelque sorte à sa beauté première, et même doté d’une grâce nouvelle et ineffable. Car tous, pour ainsi dire, étaient morts, alors que dépouillés de leur dignité naturelle, qui est d’être au pouvoir et au service de ceux qui louent Dieu – c’est là le motif même de leur création – ils étaient opprimés et dégradés par un culte idolâtrique, étranger au but de leur existence. Ils se réjouissent donc d’être comme ressuscités, puisque désormais les voilà soumis à la domination et embellis par l’usage des adorateurs du vrai Dieu. Ils ont comme exulté lorsque leur fut accordée la faveur, nouvelle et inestimable, non seulement de sentir invisiblement au-dessus d’eux la royauté de Dieu, leur propre Créateur, mais encore de le voir les sanctifier visiblement, dans leur sphère à eux, en en faisant lui-même usage. Tels sont les si grands biens échus à l’univers, par le fruit béni du sein de Marie, la bénie.

Par la plénitude de ta grâce, Marie, les êtres retenus en enfer se réjouissent d’être libérés, et les créatures au-delà du ciel d’être restaurées. Oui, c’est bien par ce glorieux Fils de ta glorieuse virginité que tous les justes disparus avant sa mort vivifiante exultent de voir la fin de leur captivité, et les anges, le relèvement de leur cité à moitié détruite. O femme remplie et plus que remplie de grâce, dont la surabondante plénitude se répand sur toute la création pour la rétablir ! O Vierge bénie et plus que bénie, dont la bénédiction est source de bénédictions pour toute la nature, non seulement pour la nature créée, de la part de son Créateur, mais aussi pour le Créateur, de la part de sa création !

Dieu a donné son Fils, fruit unique de son cœur, qui était son égal et qu’il aimait comme lui-même : il l’a donné à Marie, et, du sein de Marie, il en fait son Fils, non pas quelqu’un d’autre, mais le même en personne, de sorte qu’il est par sa nature le même Fils unique de Dieu et de Marie. Toute la création est l’œuvre de Dieu, et Dieu est né de Marie ! Dieu a tout créé, et Marie a enfanté Dieu ! Dieu qui a tout formé, s’est formé lui-même du sein de Marie, et ainsi il a refait tout ce qu’il avait fait. Lui qui a pu tout faire de rien, n’a pas voulu refaire sans Marie sa création détruite. Dieu est donc le Père de toutes les choses créées, et Marie la mère de toutes les choses recréées. Dieu est le Père de la création universelle, et Marie la mère de la rédemption universelle. Car Dieu a engendré celui par qui tout a été fait, et Marie a enfanté celui par qui tout a été sauvé. Dieu a engendré celui sans qui absolument rien n’existe, et Marie a enfanté celui sans qui absolument rien n’est bon. Oui, le Seigneur est vraiment avec toi : il t’a fait un don tel que la nature entière t’est grandement redevable, à toi, en même temps qu’à lui.

 

Voici la nouvelle Genèse :

En toi, Vierge immaculée,

La grâce originelle refleurit.

Notre terre n'est plus maudite,

Nous la verrons bientôt

Donner le fruit de vie.

 

R/ Avec toi, marie, Mère du Sauveur,

Nous glorifions la puissance de Dieu.

 

Te Deum


Décembre 9, saint Juan Diego Cuautlatoatzin

 

Juan Pablo II, Papa, Siervo de los Siervos de Dios

Para perpetua memoria del acontecimiento (bulle de canonisation)

"Exaltó a los humildes" (Lc. 1, 52). La mirada de Dios Padre se posó sobre un indígena mexicano, es decir, sobre Juan Diego, a quien enriqueció con el Don de renacer en Cristo, de contemplar el rostro de la Bienaventurada María Virgen y de asociarse en la evangelización del Continente Americano.

De esto concluimos abiertamente cuán verdaderas son las palabras con las que el Apóstol Pablo enseña el método de realizar la salvación eterna : "Lo plebeyo y despreciable del mundo ha escogido Dios ; lo que no es, para reducir en la nada lo que es, para que ningún mortal se gloríe en la presencia de Dios". (1 Cor 1, 28.29).

Así el Beato, cuyo nombre era, según la tradición, Cuauhtlatoatzin (águila que habla) nació alrededor del año 1474, en Cuautitlán, perteneciente al reino comúnmente llamado Texcoco. Ya adulto y unido en matrimonio, abrazó el Evangelio y junto con su esposa fue lavado con el agua del bautismo, proponiéndose vivir bajo la luz de la fe y cumpliendo los compromisos aceptados con Dios y con la Iglesia.

En el mes de diciembre, de 1531, caminando hacia un lugar llamado Tlatelolco, en la colina que se llamaba Tepeyac, vio a la verdadera madre de Dios que se le apareció y que le mando ir con el Obispo de México para que le edificara un templo en el lugar de la aparición. El Sagrado Prelado, atendiendo a las insistencias del indígena, le pidió una prueba evidente del admirable acontecimiento.

El día 12 de diciembre, la Beatísima Virgen María se dejó nuevamente ver por Juan Diego, lo consoló y mandó que subiera a la cima de la colina del Tepeyac y recogiera allí flores que debía presentarle. Y a pesar del frío invernal y la aridez del lugar, el Bienaventurado encontró flores hermosísimas que puso en su manto y las llevó a la Virgen. Ella le mandó que las entregara al Obispo como un signo de verdad. Y estando ante él, Juan Diego extendió el manto y permitió que cayeran las flores ; entonces en la textura del manto apareció admirablemente impresa, la imagen de la Virgen de Guadalupe, que desde entonces se convirtió en el centro espiritual de la nación.

Una vez construido el templo (a la reina del cielo) en su honor, el Bienaventurado, impulsado por la más alta piedad, todo lo dejó y dedicó su vida a la custodia de aquella pequeña capilla y en la recepción de los peregrinos. Recorrió el camino de la Santidad en la oración y en la caridad, sacando fuerzas del banquete Eucarístico de nuestro Redentor, del culto a la Madre del Redentor, de la comunión con la Santa Iglesia y también de la Obediencia a los Sagrados Pastores. Todos los que lo conocieron quedaban admirados por el esplendor de sus virtudes, principalmente de su fe, de su esperanza, de su caridad, de su humildad y el desprecio de las cosas terrenas. Juan Diego, en la simplicidad de su vida cotidiana, conservó fielmente el Evangelio sin rechazar su condición de indígena, totalmente consciente de que Dios no discrimina linajes ni culturas sino que invita a todos a que sean hijos suyos.

De esta manera, el Bienaventurado abrió más fácilmente el camino para el que los indígenas mexicanos y del Nuevo Mundo, tuviesen el encuentro con Cristo y con la Iglesia. Hasta el último día de su vida caminó con Dios, quien lo llamó a Sí el año de 1548. Su recuerdo, que siempre se asocia con la aparición de nuestra señora de Guadalupe, trasciende los siglos y alcanza las diversas regiones del mundo. El día 9 del mes de abril de 1990, delante de Nosotros se dio a conocer el decreto sobre la santidad de vida y del culto inmemorial proporcionado al siervo de Dios Juan Diego. El día 6 del mes de mayo, en la misma Basílica, estuvimos presentes en la solemne celebración en honor de Juan Diego, honrado con el título de Beato. Por esos mismos días en esa misma Arquidiócesis de México, se realizó un milagro por su intercesión, cuyo Decreto se dio a conocer el día 20 de diciembre del año 2001.

Y así, acogiendo la sentencia favorable de los Padres Cardenales y de los Obispos congregados en nuestra presencia en el Consistorio del día 26 del pasado mes de febrero, determinamos que el rito de canonización se llevara a cabo el día 31 del mes de julio del año 2002 en la ciudad de México. Hoy, pues, en esta ciudad de México, en la celebración sagrada, pronunciamos esta fórmula :

"En honor de la Santísima Trinidad, para exaltación de la fe católica y crecimiento de la vida cristiana ; con la autoridad de nuestro Señor Jesucristo, de los Santos Apóstoles Pedro y Pablo y la Nuestra, después de haber reflexionado largamente, invocado muchas veces la ayuda divina y oído el parecer de numerosos hermanos en el episcopado, declaramos y definimos Santo al Beato Juan Diego Cuauhtlatoatzin y lo inscribimos en el catálogo de los Santos, y establecemos que en toda la Iglesia sea devotamente honrado entre los Santos. En el nombre del Padre y del Hijo y del Espíritu Santo".

Lo que hemos decretado, queremos que ahora y para siempre tenga fuerza, sin que nada, por pequeño que sea, se oponga. Dado en la ciudad de México, el día 31 del mes de julio del año 2002, vigésimo cuarto de nuestro Pontificado.

(De su puño y letra, el mismo Papa firma)

Yo, Juan Pablo, Obispo de la Iglesia Católica.

Marcellus Rossetti, protonot. (ario) apost. (ólico)


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