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Juillet 26, S. Joachim et Ste Anne

 

Homélie de Saint Jean Damascène pour la Nativité de la Vierge Marie

Puisque la Vierge Mère de Dieu devait naître de sainte Anne, la nature n'a pas osé anticiper sur la grâce : la nature demeura stérile jusqu'à ce que la grâce eût porté son fruit. Il fallait qu'elle naisse la première, celle qui devait enfanter le premier-né antérieur à toute créature, en qui tout subsiste.

Joachim et Anne, heureux votre couple ! Toute la création est votre débitrice. C'est par vous, en effet, qu'elle a offert au Créateur le don supérieur à tous les dons, une mère toute sainte, seule digne de celui qui l'a créée.

Réjouis-toi, Anne, la stérile, toi qui n'enfantais pas ; éclate en cris de joie, toi qui n'as pas connu les douleurs. Réjouis-toi, Joachim : par ta fille un enfant nous est né, un fils nous a été donné. On proclame son nom : Messager du grand dessein de Dieu, qui est le salut de tout l'univers, Dieu fort. Oui, cet enfant est Dieu.

Joachim et Anne, heureux votre couple, et parfaitement pur ! On vous a reconnus grâce à votre fruit, selon cette parole du Seigneur : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Vous avez eu une conduite agréable à Dieu et digne d’elle que vous avez engendrée. À cause de votre vie chaste et sainte, vous avez produit le joyau de la virginité, celle qui devait être vierge avant l'enfantement, vierge en mettant au monde, vierge après la naissance  ; la seule toujours Vierge d'esprit, d'âme et de corps.

Joachim et Anne, couple très chaste ! En observant la chasteté, cette loi de la nature, vous avez mérité ce qui dépasse la nature : vous avez engendré pour le monde celle qui sera, sans connaître d'époux, la Mère de Dieu. En menant une vie pieuse et sainte dans la nature humaine, vous avez engendré une fille supérieure aux anges, qui est maintenant la Souveraine des anges.

Enfant très gracieuse et très douce ! Fille d'Adam et Mère de Dieu ! Heureux ton père et ta mère ! Heureux les bras qui t'ont portée ! Heureuses les lèvres qui, seules, ont reçu tes chastes baisers pour que tu demeures toujours parfaitement vierge.

Acclamez Dieu, terre entière, sonnez, dansez, jouez. Élevez la voix, élevez-la, ne craignez pas !

 

R/ Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu

Et qui la gardent.

 

Que le Seigneur vous fasse croître

Et abonder dans l'amour mutuel.

 

Que le Seigneur affermisse vos cœurs

Dans une sainteté sans reproche devant lui.

 

Que Dieu notre Père vous garde vigilants

Pour l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ

Avec tous ses saints.

 

Te Deum

Oraison

Seigneur, toi qui es le Dieu de nos Pères, tu as donné à sainte Anne et saint Joachim de mettre au monde celle qui deviendrait la mère de ton Fils ; accorde-nous, à leur commune prière, le salut que tu as promis à ton peuple.


Juillet 29, St Marthe

 

HOMÉLIE DE S. AUGUSTIN SUR L'ÉVANGILE DE LUC

Les paroles de notre Seigneur Jésus Christ nous invitent à tendre vers un seul but quand nous peinons dans les multiples travaux de ce monde. Nous y tendons alors que nous sommes toujours errants, pas encore résidents ; toujours sur la route, pas encore dans la patrie ; toujours désirant, pas encore possédant. Cependant nous devons y tendre, y tendre sans paresse et sans relâche, afin de pouvoir y parvenir un jour.

Marthe et Marie étaient deux sœurs, proches non seulement par la chair mais aussi par la foi ; toutes deux s’étaient attachées au Seigneur, toutes deux servaient d’un même cœur le Seigneur présent dans la chair. Marthe l’accueillit comme on a coutume d’accueillir les voyageurs. Mais elle était la servante qui accueille son Seigneur, la malade son Sauveur, la créature son Créateur. Elle accueillit celui dont elle allait nourrir le corps, afin d’être elle-même nourrie par l’Esprit. En effet, le Seigneur a voulu prendre la nature de l’esclave et, dans cette nature d’esclave, recevoir des esclaves sa nourriture, non par nécessité, mais par bonté. Car ce fut de la bonté, que de se laisser nourrir. Oui il avait un corps, qui le faisait avoir faim et soif.

Ainsi donc, le Seigneur fut accueilli comme un hôte, lui qui est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu, mais tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Il adopte des esclaves pour en faire des frères, il rachète des captifs pour en faire ses cohéritiers. Mais que personne parmi vous n’aille dire : "Heureux, ceux qui ont eu le bonheur d’accueillir le Christ dans leur propre maison !" Ne vous plaignez pas, ne protestez pas parce que vous êtes nés à une époque où vous ne voyez pas le Seigneur dans sa condition charnelle : il ne vous a as privés de cet honneur. Chaque fois que vous l’avez fait l’un de ces petits, dit-il, c’est à moi que vous l’avez fait.

D’ailleurs, Marthe, toi qui es bénie pour ton service bienfaisant, permets-moi de te le dire : la récompense que tu cherches pour ton travail, c’est le repos. Maintenant tu es prise par toutes les activités de ton service, tu cherches à nourrir des corps mortels, aussi saints qu’ils soient. Lorsque tu seras venue à la patrie, trouveras-tu un voyageur à qui offrir l’hospitalité ? Un affamé à qui rompre le pain ? Un assoiffé à qui donner à boire ? Un malade à visiter ? Un plaideur à réconcilier ? Un mort à ensevelir ?

Dans la patrie, il n’y aura plus tout cela. Alors, qu’y aura-t-il ? Ce que Marie a choisi. Là nous serons nourris, nous n’aurons plus à nourrir les autres. Aussi ce que Marie a choisi trouvera là sa plénitude et sa perfection : de cette table abondante de la parole du Seigneur, elle ne recueillait alors que les miettes. Voulez-vous savoir ce qu’il y aura là-bas ? Le Seigneur le dit lui-même, en parlant de ses serviteurs : Vraiment, je vous le dis, il les fera mettre à table, et circulera pour les servir.

 

R/ Heureux qui prendra part au festin,

dans le Royaume de Dieu !

 

Notre Dieu donne un grand repas,

il invite tous les hommes.

 

Une seule chose est nécessaire :

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu.

 

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, puisque ton Fils acceptait l'hospitalité que sainte Marthe lui offrait dans sa maison, apprends-nous, à son exemple, à servir le Christ en chacun de nos frères pour que tu nous reçoives dans la demeure des cieux.


30 juillet : saint Pierre Chrysologue

 

HOMÉLIE DE S. PIERRE CHRYSOLOGUE - LE MYSTÈRE DE L'INCARNATION

Quand la Vierge conçoit, quand elle enfante en demeurant vierge, ce n'est pas normal, c'est miraculeux ; ce n'est pas conforme à la raison mais à la puissance divine ; cela vient du Créateur, non de la nature ; ce n'est pas commun, c'est unique ; c'est divin, non pas humain. La naissance du Christ ne s'est pas faite par nécessité, mais par puissance. Elle fut mystère de foi, renouvellement et salut pour l'homme. Celui qui, sans être né, a fait l'homme avec du limon intact, en naissant a fait un homme à partir d'un corps intact ; la main qui a daigné saisir de l'argile pour nous créer a daigné saisir aussi notre chair pour nous recréer. Que le Créateur se trouve dans sa créature, que Dieu se trouve dans la chair, cela honore la créature, sans outrager le Créateur.

Homme, pourquoi te méprises-tu tellement, alors que tu es si précieux pour Dieu ? Pourquoi, lorsque Dieu t'honore ainsi, te déshonores-tu à ce point ? Pourquoi cherches-tu comment tu as été fait et ne recherches-tu pas en vue de quoi tu es fait ? Est-ce que toute cette demeure du monde que tu vois n'a pas été faite pour toi ? C'est pour toi que la lumière se répand et dissipe les ténèbres, c'est pour toi que la nuit est réglée, pour toi que le jour est mesuré ; pour toi que le ciel rayonne des splendeurs diverses du soleil, de la lune et des étoiles ; pour toi que la terre si émaillée de fleurs, d'arbres et de fruits ; pour toi que cette foule étonnante d'animaux a été créée, dans l'air, dans les champs, dans l'eau si belle, pour qu'une lugubre solitude ne gâte pas la joie du monde nouveau.

En outre, le Créateur cherche ce qu'il peut bien ajouter à ta dignité : il dépose en toi son image, afin que cette image visible rende présent sur terre le Créateur invisible, et il te confie la gérance des biens terrestres, afin qu'un aussi vaste domaine n'échappe pas au représentant du Seigneur. Dieu a réalisé en lui ce que lui-même avait fait en toi, et il a voulu se voir vraiment dans l'homme chez qui il avait voulu qu'on le voie auparavant comme dans une image ; il a voulu être lui-même directement ce qu'il avait accepté auparavant d'être par une simple ressemblance.

Le Christ naît donc pour rendre par là toute son intégrité à la nature corrompue ; il endosse la condition d'enfant, il accepte d'être nourri, il traverse des âges successifs afin de restaurer l'âge unique, parfait et durable qu'il avait lui-même créé. Il porte l'homme, pour que l'homme ne puisse plus tomber ; celui qu'il avait créé terrestre, il le rend céleste ; celui qui était animé par un esprit humain, il lui donne la vie d'un esprit divin. Et c'est ainsi qu'il l'élève tout entier jusqu'à Dieu, afin de ne rien laisser en lui de ce qui appartient au péché, à la mort, au labeur, à la douleur, à la terre. Voilà ce que nous apporte notre Seigneur Jésus Christ, qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père, dans l'unité du Saint-Esprit, maintenant et toujours, et pour les éternels siècles des siècles. Amen.

R/ Dieu nous a donné la vie avec le Christ !

Poursuivez votre route dans le Christ,

Jésus, le Seigneur, tel que vous l'avez reçu.

Soyez enracinés et fondés en lui,

affermis dans la foi, débordants d'action de grâce.

En lui habite toute la plénitude de la divinité,

en lui vous vous trouverez pleinement comblés.

Oraison

Dieu qui as fait de saint Pierre Chrysologue un grand prédicateur de ton Verbe incarné, par son intercession, accorde-nous ta grâce : ouvre nos cœurs à l'intelligence des mystères du salut et donne-nous d'en témoigner par toute notre vie.


Juillet 31, S. Ignace de Loyola

 

AUTOBIOGRAPHIE DE S. IGNACE RECUEILLIE PAR LOUIS CONSALVO

Ignace s’adonnait volontiers à la lecture de ces livres mondains et menteurs qu’on appelle romans de chevalerie. Se sentant dispos, il en demanda quelques-uns pour passer le temps. Mais dans toute la maison, on n’en trouva pas un seul de ceux qu’il avait coutume de lire ; on lui apporta donc une Vie du Christ et un livre sur la vie des saints en espagnol. Il y faisait de fréquentes lectures et éprouvait un certain attrait pour ce qu’on y racontait. Quand il s’interrompait, il réfléchissait tantôt à ce qu’il avait lu, tantôt aux choses du monde qui, auparavant, retenaient habituellement sa pensée.

Notre Seigneur cependant venait à son secours et, à ces pensées, en faisait succéder d’autres, nées de ses lectures. En effet, en lisant la vie de Notre Seigneur et des saints, il se prenait à penser et à se dire en lui-même : "Et si je faisais ce que fit saint François et ce que fit saint Dominique ?" Il songeait aussi à bien des choses qui lui paraissaient bonnes, et il envisageait toujours des entreprises difficiles et pénibles. À se les proposer, il avait le sentiment qu’il lui serait facile de les réaliser. Toutes ces réflexions revenaient à se dire : "Saint Dominique a fait ceci, donc je dois le faire ; saint François a fait cela, donc je dois le faire."

Ces considérations, elles aussi, duraient tout un temps puis d’autres occupations les interrompaient et les pensés mondaines évoquées plus haut lui revenaient à l’esprit ; à elles aussi il s’arrêtait longuement. Ces pensées si diverses se succédèrent longtemps en lui.

Il y avait pourtant entre elles cette différence : à penser aux choses du monde il prenait grand plaisir, mais lorsque, par lassitude, il les laissait, il restait sec et mécontent ; au contraire, à la pensée de se rendre nu-pieds à Jérusalem, de ne manger que des herbes et de se livrer à toutes les autres austérités qu’il voyait pratiquées par les saints, non seulement il trouvait de la consolation sur le moment, mais il restait content et joyeux après l’avoir abandonnée. Il n’y faisait pourtant pas attention et ne s’arrêtait pas à peser cette différence, jusqu’au jour où ses yeux s’ouvrirent quelque peu et où il commença à s’étonner de cette diversité et se mit à y réfléchir. Son expérience l’amena à voir que certaines pensées le laissaient triste, d’autres joyeux, et peu à peu il en vint à se rendre compte de la diversité des esprits dont il était agité, l’esprit du démon et l’esprit de Dieu.

Telle fut sa première réflexion sur les choses de Dieu et plus tard, quand il fit les Exercices, c’est de là qu’il tira ses premières lumières sur la diversité des esprits.

 

R/ Connaître le Christ,

la puissance de sa résurrection,

et la communion à ses souffrances.

 

Pour lui, j’ai tout perdu,

et je cours vers le seul but :

 

Lui, le premier, m’a saisi,

de tout mon élan, je veux le saisir.

 

Oraison

Pour ta plus grande gloire, Seigneur, tu as suscité dans ton Église saint Ignace de Loyola : permets qu'avec son aide et à son exemple, après avoir combattu sur la terre, nous partagions sa victoire dans le ciel.


Août 1, S Alphonse Marie de Liguori

 

TRAITÉ DE L'AMOUR DE JÉSUS CHRIST PAR S. ALPHONSE-MARIE

Toute la sainteté de l’âme et sa perfection réside dans l’amour envers Jésus Christ, notre Dieu, notre souverain bien et notre rédempteur. C’est la charité qui rassemble et protège toutes les vertus qui rendent parfait.

Est-ce que Dieu ne mérite pas tout notre amour ? Il nous a aimés dès l’éternité. «  Considère, nous dit-il, que j’ai été le premier à t’aimer. Tu n’avais pas encore vu le jour, le monde lui-même n’existait pas, et moi je t’aimais déjà. Je t’aime du fait même que je suis ».

Comme Dieu savait que l’homme se laisse attirer par des bienfaits, il a voulu l’obliger à l’aimer par ses dons : «  Ces filets, auxquels les hommes se laissent prendre, je veux les y attirer pour qu’ils m’aiment, car ce sont des liens d’amour. » Il lui a donné une âme dotée, à son image, de mémoire, d’intelligence et de volonté ; il lui a donné un corps pourvu d’organes sensibles ; c’est encore pour lui qu’il a créé le ciel et la terre avec tout ce qu’ils contiennent. C’est par amour de l’homme qu’il a créé tout cela, afin que toutes ces créatures soient au service de l’homme, et que l’homme lui donne son amour à cause de tant de bienfaits.

Mais il n’a pas voulu nous donner seulement ces belles créatures ; pour obtenir notre amour, il est allé jusqu’à se livrer lui-même tout entier à nous. Le Père éternel est allé jusqu’à nous donner son Fils unique. Nous voyant morts par suite du péché et privés de sa grâce, qu’a-t-il fait ? Emporté par son immense amour, ou plutôt, suivant la parole de l’Apôtre, par son trop grand amour pour nous, il a envoyé son Fils bien-aimé, afin qu’il satisfasse pour nous et nous rappelle à la vie que le péché nous avait enlevée.

En livrant son Fils, qu’il a sacrifié afin de nous pardonner, il nous a prodigué tous les biens ensemble : la grâce, la charité, le paradis ; car tous ces biens sont sans nul doute inférieurs à son Fils : Celui qui n’a pas refusé même son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ?

R/ Dieu a tant aimé le monde,

qu'il a donné son Fils unique !

Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu :

lui, le premier, nous a aimés,

Son Fils, son unique, il l'a offert

pour les péchés du monde entier.

À tous ceux qui croient au Christ,

il donne la vie éternelle,

Oraison

Seigneur qui ne cesses d'éveiller dans ton Église de nouveaux modèles de vertu, fais-nous suivre les exemples de saint Alphonse de Liguori, remplis-nous d'ardeur pour le salut de nos frères, et nous obtiendrons comme lui le bonheur du ciel. Par Jésus Christ.


2 août : saint Eusèbe de Verceil

 

LETTRE D'EXIL DE S. EUSÈBE AUX PRÊTRES ET AU PEUPLE DE VERCEIL

Je sais maintenant, frères très chers, que vous êtes en bonne santé, comme je le désirais. J'ai cru que j'étais arrivé jusqu'à vous comme si j'avais été tout à coup enlevé et transporté à travers toute l'étendue de la terre, comme il est arrivé à Habacuc, transporté par un ange auprès de Daniel. Tandis que je recevais les lettres de chacun de vous et que je déchiffrais dans vos écrits vos saintes dispositions et votre amour, mes larmes se mêlaient à la joie, et mon esprit avide de vous lire en était empêché par l'obstacle de ces larmes. L'un et l'autre étaient inévitables, puisque chacun de nous essayait de remplir au plus vite ses devoirs d'affection, afin de compenser nos regrets. C'est à cela que j'ai été occupé plusieurs jours, croyant que je conversais avec vous, et j'en oubliais mes labeurs passés, car j'étais enveloppé de joies qui me rappelaient votre foi solide, votre charité, vos progrès, avec tant de grand bonheur que je ne me croyais plus en exil mais au milieu de vous.

C'est pourquoi, mes frères, je me réjouis de votre foi, je me réjouis du salut qui est produit par la foi, je me réjouis des fruits que vous procurez non seulement à ceux qui sont établis chez vous, mais aussi à ceux qui sont loin de vous. De même en effet que le cultivateur greffe un bon arbre sur celui qui, à cause de ses fruits, ne subit pas la hache et n'est pas livré au feu, de même nous voulons et nous désirons non seulement vous servir selon la chair, mais encore donner notre vie pour votre salut.

D'ailleurs nous vous avons écrit cette lettre comme nous avons pu, demandant sans cesse à Dieu de retarder nos gardiens pendant des heures et de permettre que le diacre vous envoie plutôt des nouvelles de notre labeur qu'une lettre quelconque de salutation. C'est pourquoi je vous demande instamment de garder la foi avec toute la vigilance possible, de pratiquer la concorde, de vaquer à la prière, de vous souvenir de nous sans relâche, pour que le Seigneur daigne libérer son Église qui souffre dans le monde entier, et nous permette, alors que nous sommes accablés, de nous réjouir avec vous de notre libération.

De même, je demande et je vous prie par la miséricorde de Dieu que chacun trouve une salutation pour lui dans cette lettre parce que, contraint par la nécessite, ]e n ai pas pu écrire à chacun de vous comme j'en avais l'habitude. Ainsi vous tous, mes frères, mais aussi vous, mes saintes sœurs, mes fils et mes filles, je vous demande par cette lettre, quel que soit votre sexe ou votre âge, qu'ayant reçu ma salutation, vous daigniez saluer de mon respect également ceux qui sont hors de l'Église et qui ont la bonté de vous aimer.

R/ Pour moi, vivre, c'est le Christ !

Je suis en captivité pour le Christ,

captif pour défendre l'Évangile.

J'ai le désir de m'en aller

et d'être avec lui.

Je demeurerai près de vous tous

pour la joie de votre foi.

Oraison

Accorde-nous, Seigneur, de savoir imiter le courage de l'évêque saint Eusèbe pour affirmer la divinité du Christ ; nous garderons ainsi la foi qu'il a enseignée, et nous obtiendrons de participer à la vie de ton Fils. Lui qui règne.


2 août : saint Pierre Julien Eymard

 

Saint Pierre Julien Eymard – «  La présence réelle »

L'Eucharistie est la vie des peuples. L'Eucharistie leur donne un centre de vie. Tous peuvent se rencontrer sans barrière de race, ni de langue, pour la célébration des fêtes de l'Église. Elle leur donne une loi de vie, celle de la charité dont elle est la source ; elle forme ainsi entre eux un lien commun, une parenté chrétienne. Tous mangent le même pain, tous sont convives de Jésus-Christ, qui crée entre eux surnaturellement une sympathie de mœurs fraternelles. Lisez les Actes des Apôtres. Ils affirment que la multitude des premiers chrétiens : juifs convertis et païens baptisés, appartenant à différentes régions, «  n'avaient qu'un cœur et qu'une âme » (Ac 4, 32). Pourquoi ? Parce qu'ils étaient assidus à écouter la doctrine des Apôtres et persévérants à participer à la fraction du pain (Ac 2,42).

 

Oui, l'Eucharistie est la vie des âmes et des sociétés, comme le soleil est la vie des corps et de la terre. Sans le soleil, la terre serait stérile, c'est lui qui la féconde, la rend belle et riche ; c'est lui qui donne aux corps l'agilité, la force et la beauté. Devant ces effets prodigieux, il n'est pas étonnant que les païens l'aient adoré comme le dieu du monde. En fait, l'astre du jour obéit à un Soleil suprême, au Verbe divin, à Jésus-Christ, qui illumine tout homme venant en ce monde et qui, par l'Eucharistie, Sacrement de vie, agit en personne, au plus intime des âmes, pour former ainsi des familles et des peuples chrétiens. Ô heureuse et mille fois heureuse l'âme fidèle qui a trouvé ce trésor caché, qui va boire à cette fontaine d'eau vive, qui mange souvent ce Pain de vie éternelle !

 

La société chrétienne est de plus une famille. Le lien entre ses membres, c'est Jésus-Eucharistie. Il est le père qui a dressé la table de famille. La fraternité chrétienne a été promulguée à la Cène avec la paternité de Jésus-Christ ; il appelle ses Apôtres 'mes petits enfants', et il leur commande de s'aimer les uns les autres comme lui les a aimés.

 

À la sainte table, tous sont des enfants qui reçoivent la même nourriture, et saint Paul en tire la conséquence qu'ils ne forment qu'une famille, un même corps, car ils participent tous au même pain, qui est Jésus-Christ (1 Co 10,16-17). L'Eucharistie donne enfin à la société chrétienne la force de pratiquer la loi de l'honneur et de la charité à l'égard du prochain. Jésus-Christ veut qu'on honore et qu'on aime ses frères. Pour cela, il se personnifie en eux : «  Ce que vous faites au moindre des miens, c'est à moi que vous le faites » (Mt 25, 40) ; et il se donne à chacun d'eux en Communion.


Août 4, Le curé d'Ars

 

CATÉCHISME DE S. JEAN-MARIE VIANNEY SUR LA PRIÈRE

Voyez, mes enfants : le trésor d’un chrétien n’est pas sur la terre, il est dans le ciel. Eh bien ! notre pensée doit aller ou est notre trésor.

L’homme a une belle fonction, celle de prier et d’aimer… Vous priez, vous aimez : voilà le bonheur de l’homme sur la terre !

La prière n’est autre chose qu’une union avec Dieu. Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. Dans cette union intime, Dieu et l’âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble ; on ne peut plus les séparer. C’est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C’est un bonheur qu’on ne peut comprendre.

Nous avions mérité de ne pas prier ; mais Dieu, dans sa bonté, nous a permis de lui parler. Notre prière est un encens qu’il reçoit avec un extrême plaisir.

Mes enfants, vous avez un petit cœur, mais la prière l’élargit et le rend capable d’aimer Dieu… La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C’est un miel qui descend dans l’âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil.

La prière fait passer le temps avec une grande rapidité, et si agréablement, qu’on ne s’aperçoit pas de sa durée. Tenez, quand je courais la Bresse, dans le temps que les pauvres curés étaient presque tous malades, je priais le bon Dieu le long du chemin. Je vous assure que le temps ne me durait pas.

On en voit qui se perdent dans la prière comme le poisson dans l’eau, parce qu’ils sont tout au bon Dieu. Dans leur cœur, il n’y a pas d’entre-deux. Oh ! que j’aime ces âmes généreuses !... Saint François d’Assise et sainte Colette voyaient Notre Seigneur et lui parlaient comme nous nous parlons. Tandis que nous, que de fois nous venons à l’église sans savoir ce que nous venons faire et ce que nous voulons demander ! Et pourtant quand on va chez quelqu’un, on sait bien pourquoi on y va… Il y en a qui ont l’air de dire au bon Dieu : "Je m’en vais vous dire deux mots pour me débarrasser de vous…" Je pense souvent que, lorsque nous venons adorer Notre Seigneur, nous obtiendrions tout ce que nous voudrions, si nous le lui demandons avec une foi bien vive et un cœur bien pur.

 

R/ Seigneur Jésus, enseigne-nous à prier.

 

Pleine de force,

la supplication fervente du juste.

 

Tout ce que vous demanderez en mon nom,

mon Père vous l’accordera.

 

Demandez et vous recevrez :

parfaite alors sera votre joie.

Oraison

Dieu de puissance et de bonté, tu as fait de saint Jean-Marie Vianney, un prêtre admirable, passionnément dévoué à son ministère ; accorde-nous, pas sa prière et à son exemple, d'avoir pour nos frères une charité qui les gagne au Christ, et d'obtenir avec eux l'éternelle gloire.


5 août : dédicace de la Basilique Sainte Marie Majeure

 

HOMÉLIE PRONONCÉE AU CONCILE D'ÉPHÈSE (431)

Cette homélie est le sermon marial le plus célèbre de l'antiquité.

Je vois cette joyeuse assemblée de saints évêques qui, à l'invitation de la sainte Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, se sont rassemblés ici dans l'enthousiasme. Aussi, bien que je sois dans la tristesse, la présence de ces saints Pères me porte à la joie. Cette douce parole du psalmiste David s'accomplit parmi nous : Voyez comme il est bon, comme il est doux, pour des frères d'habiter ensemble !

Nous te saluons donc, sainte Trinité mystérieuse, qui nous as tous convoqués dans cette Église de sainte Marie Mère de Dieu.

Nous te saluons, Marie, Mère de Dieu, trésor sacré de tout l'univers, astre sans déclin, couronne de la virginité, sceptre de la foi orthodoxe, temple indestructible, demeure de l'incommensurable, Mère et Vierge, à cause de qui est appelé béni, dans les saints évangiles, celui qui vient au nom du Seigneur.

Nous te saluons, toi qui as contenu dans ton sein virginal celui que les cieux ne peuvent contenir ; toi par qui la Trinité est glorifiée et adorée sur toute la terre ; par qui le ciel exulte ; par qui les anges et les archanges sont dans la joie ; par qui les démons sont mis en déroute ; par qui le tentateur est tombé du ciel ; par qui la créature déchue est élevée au ciel ; par qui le monde entier, captif de l'idolâtrie, est parvenu à la connaissance de la vérité ; par qui le saint baptême est accordé à ceux qui croient, avec l'huile d'allégresse ; par qui, sur toute la terre, les Églises ont été fondées ; par qui les nations païennes sont amenées à la conversion.

Et que dirai-je encore ? C'est par toi que la lumière du Fils unique de Dieu a brillé pour ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort ; c'est par toi que les prophètes ont annoncé l'avenir, que les Apôtres proclament le salut aux nations, que les morts ressuscitent, et que règnent les rois, au nom de la sainte Trinité.

Y a-t-il un seul homme qui puisse célébrer dignement les louanges de Marie ? Elle est mère et vierge à la fois. Quelle merveille ! Merveille qui m'accable ! Qui a jamais entendu dire que le constructeur serait empêché d'habiter le temple qu'il a lui-même édifié ? Osera-t-on critiquer celui qui donne à sa servante le titre de mère ?

Voici donc que le monde entier est dans la joie. Qu'il nous soit donné de vénérer et d'adorer l'unité , de vénérer et d'honorer l'indivisible Trinité en chantant les louanges de Marie toujours Vierge, c'est-à-dire de la sainte Basile, et celles de son Fils et de son Époux immaculé : car c'est à lui qu'appartient la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 

R/ Mon âme exalte le Seigneur :

éternel est son amour !

 

Chante et réjouis-toi, fille de Sion,

voici que ton Dieu vient demeurez au milieu de toi.

 

Dieu pour toi exulte de joie,

il te renouvelle par son amour.

 

Le Seigneur, comme au jour de fête,

dansera pour toi avec des cries de joie.

Oraison

Seigneur, nous t’en prions, pardonne les péchés de te serviteurs : puisque nos actions sont indignes de toi, que l’intercession de la Mère de ton Fils nous obtienne le salut.


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