V/ Dans la colonne de nuée, le Seigneur parlait avec eux.
R/ Ils ont gardé son témoignage.
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (2Co 3, 7 ; 4, 1-6)
La gloire de la nouvelle alliance en Christ
Si le ministère de mort gravé en lettres sur la pierre a été d'une gloire telle que les Israélites ne pouvaient fixer le visage de Moïse à cause de la gloire _ pourtant passagère _ de ce visage, combien le ministère de l'Esprit n'en aura-t-il pas plus encore ? Si en effet le ministère de condamnation fut glorieux, combien le ministère de la justice ne le sera-t-il pas plus encore ? Non, même ce qui alors a été touché par la gloire ne l'est plus, face à cette gloire incomparable. Car, si ce qui était passager a été marqué de gloire, combien plus ce qui demeure le sera-t-il ? Forts d'une pareille espérance, nous sommes pleins d'assurance ; nous ne faisons pas comme Moïse qui se mettait un voile sur le visage pour éviter que les Israélites ne voient la fin d'un éclat passager. Mais leur intelligence s'est obscurcie ! Jusqu'à ce jour, lorsqu'on lit l'Ancien Testament, ce même voile demeure. Il n'est pas levé, car c'est en Christ qu'il disparaît. Oui, jusqu'à ce jour, chaque fois qu'ils lisent Moïse, un voile est sur leur cœur. C'est seulement par la conversion au Seigneur que le voile tombe. Car le Seigneur est l'Esprit, et là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage dévoilé, reflétons la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même image, avec une gloire toujours plus grande, par le Seigneur, qui est Esprit.
Aussi puisque, par miséricorde, nous détenons ce ministère, nous ne perdons pas courage. Nous avons dit non aux procédés secrets et honteux, nous nous conduisons sans fourberie, et nous ne falsifions pas la parole de Dieu, bien au contraire, c'est en manifestant la vérité que nous cherchons à gagner la confiance de tous les hommes en présence de Dieu. Si cependant notre Évangile demeure voilé, il est voilé pour ceux qui se perdent, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l'intelligence, afin qu'ils ne perçoivent pas l'illumination de l'Évangile de la gloire du Christ, lui qui est l'image de Dieu.
Non, ce n'est pas nous-mêmes, mais Jésus Christ Seigneur que nous proclamons. Quant à nous-mêmes, nous nous proclamons vos serviteurs à cause de Jésus. Car le Dieu qui a dit : que la lumière brille au milieu des ténèbres, c'est lui-même qui a brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.
R/ Voyez quel grand amour nous est donné !
Dieu lui-même fait resplendir dans nos cœurs
La connaissance de sa gloire
Qui rayonne sur le visage du Christ.
Lorsque le Fils de Dieu paraîtra,
Nous lui serons semblables ;
Nous le verrons tel qu'il est.
HOMÉLIE D'ANASTASE DU SINAÏ POUR LA TRANSFIGURATION
"Il nous est bon d'être ici"
Jésus montra ce mystère à ses disciples sur le mont Thabor. Tandis qu'il cheminait au milieu d'eux, il les avait entretenus de son règne et de son deuxième avènement dans la gloire. Mais parce qu'ils n'étaient peut-être pas suffisamment certains de ce qu'il leur avait annoncé au sujet de son règne, il voulut qu'ils finissent par être très fermement convaincus au fond de leur cœur, et que les événements présents les aident à croire aux événements à venir. C'est pourquoi, sur le mont Thabor, il leur fit voir une merveilleuse manifestation divine, comme une image préfigurative du royaume des cieux. C'est exactement comme s'il leur disait : "Pour que le retard n'engendre pas en vous l'incrédulité, dès maintenant, immédiatement, vraiment, je vous le dis, il y en a parmi ceux, qui sont ici qui ne connaîtront pas la mort avant qu'ils voient venir le Fils de l'homme dans la gloire de son Père.
Et, voulant montrer que la puissance du Christ s'accorde avec sa propre volonté, l'évangéliste ajoute : Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux, son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements, blancs comme la neige. Et voici que leur apparurent Moïse et Elie, qui s'entretenaient avec lui.
Telles sont les merveilles divines de la présente solennité ; tel est le mystère, accompli pour nous sur la montagne aujourd'hui, mystère qui est en même temps un acte sauveur. Car ce qui nous réunit est en même temps initiation au mystère du Christ et rassemblement pour sa célébration. Afin donc que nous pénétrions dans les mystères sacrés et inexprimables avec ceux qui ont été choisis parmi les disciples inspirés par Dieu, écoutons la voix divine et très sainte qui, comme d'en haut et du sommet de la montagne, nous convoque de la façon la plus persuasive.
C'est donc vers la montagne qu'il faut nous hâter, j'ose le dire, comme l'a fait Jésus qui, là comme dans le ciel, est notre guide et notre avant-coureur. Avec lui nous brillerons pour les regards spirituels, nous serons renouvelés et divinisés dans les structures de notre âme et, avec lui, comme lui, nous serons transfigurés, divinisés pour toujours et transférés dans les hauteurs.
Accourons donc, dans la confiance et l'allégresse, et pénétrons dans la nuée, ainsi que Moïse et Élie, ainsi que Jacques et Jean. Comme Pierre, sois emporté dans cette contemplation et cette manifestation divines, sois magnifiquement transformé, sois emporté hors du monde, enlevé de cette terre ; abandonne la chair, quitte la création et tourne-toi vers le Créateur à qui Pierre disait, ravi hors de lui-même : Seigneur, il nous est bon d'être ici.
Certainement, Pierre, il est vraiment bon d'être ici avec Jésus, et d'y être pour toujours. Qu'y a-t-il de plus heureux, qu'y a-t-il de plus sublime, qu'y a-t-il de plus noble que d'être avec Dieu, que d'être transfiguré en Dieu dans la lumière ? Certes, chacun de nous, possédant Dieu dans son cœur, et transfiguré à l'image de Dieu doit dire avec joie : Il nous est bon d'être ici, où tout est lumineux, où il y a joie, plaisir et allégresse, où tout, dans notre cœur, est paisible, calme et imperturbable, où l'on voit Dieu : là il fait sa demeure avec le Père et il dit, en y arrivant : Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison. Là tous les trésors des biens éternels sont présents et accumulés. Là sont présentées comme dans un miroir les prémices et les images de toute l'éternité à venir.
R/ Le Seigneur, c'est l'Esprit,
L'Esprit du Seigneur est la liberté
Nous tous, à visage découvert,
Réfléchissons comme un miroir la gloire de Dieu.
Laissons-nous transformer
En l'image du Seigneur, toujours plus glorieuse.
Oraison
Seigneur, dans la transfiguration de ton Christ, tu as confirmé par le témoignage de Moïse et d'Elie la vérité des mystères de la foi, et tu as annoncé notre merveilleuse adoption ; accorde-nous d'écouter la voix de ton Fils bien-aimé, afin de pouvoir un jour partager avec lui son héritage Lui qui règne.
LETTRE DE CYPRIEN À L'ÉVÊQUE SUCCESSUS (258)
Si je ne vous ai pas écrit immédiatement, frère très cher, voici pourquoi : tout le clergé, exposé au combat, ne pouvait absolument pas s'en aller d'ici ; tous étaient prêts dans leur générosité à recevoir la couronne céleste décernée par Dieu. Mais voici ce que j'ai à vous apprendre : ils sont de retour, ceux que j'avais envoyés à Rome pour découvrir le contenu, quel qu'il soit, du rescrit nous concernant, et nous rapporter la vérité. Il circule en effet beaucoup de bruits contradictoires et incertains à ce sujet.
Or, voilà ce qu'il y a de vrai. L'empereur Valérien a envoyé un rescrit au Sénat ordonnant que les évêques les prêtres et les diacres soient exécutés immédiatement ; les sénateurs, les dignitaires et les chevaliers romains seront déchus et dépouillés de leurs biens et, s'ils continuent à se dire chrétiens après avoir perdu leurs richesses, ils subiront la peine capitale ; les dames de qualité seront dépouillées de leurs biens et envoyées en exil ; tous les fonctionnaires impériaux, qu'ils aient confessé le Christ auparavant ou qu'ils le confessent maintenant, auront leurs biens confisqués, seront mis aux fers et envoyés dans les domaines de la couronne après avoir été catalogués.
L'empereur Valérien a encore ajouté à son rescrit une copie de la lettre nous concernant, qu'il a adressée aux gouverneurs des provinces. Cette lettre, nous espérons chaque jour la voir arriver, fermes dans notre foi, prêts à souffrir, attendant de la bonté du Seigneur et de sa miséricorde la couronne de la vie éternelle. Sachez que Sixte a été exécuté dans un cimetière le 6 août, et quatre diacres avec lui. À Rome, les préfets activent chaque jour la persécution, exécutent ceux qui leur sont amenés et versent leurs biens au trésor.
Je vous prie de communiquer ces nouvelles à nos autres collègues, afin que partout nos frères puissent être fortifiés par de tels encouragements et se préparer spirituellement au combat ; que chacun des nôtres songe moins à la mort qu'à l'immortalité ; consacrés à Dieu par une foi entière et un courage parfait, qu'ils conçoivent plus de joie que de crainte dans cette confession, car ils savent que les soldats de Dieu et du Christ n'y trouvent pas leur perte, mais leur couronne.
Je souhaite, frère très cher, que vous vous portiez toujours bien dans le Seigneur.
R/ L'abondance de la grâce
fait abonder l'action de grâce à la gloire de Dieu.
Nous portons en notre corps la mort de Jésus,
afin que sa vie
soit aussi manifestée dans notre corps.
Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus
nous ressuscitera, nous aussi,
et nous placera près de lui.
Oraison
Tu as donné, Seigneur, au bienheureux Sixte et à ses compagnons la grâce de sacrifier leur vie pour rester fidèles à ta parole et rendre témoignage à Jésus Christ ; accorde-nous la force de l'Esprit Saint pour que nos cœurs soient prompts à croire et résolus à confesser la foi.
LETTRE DE S. GAÉTAN À ÉLISABETH PORTO
Je suis un pécheur et je m'estime peu de chose, mais je recours aux plus excellents serviteurs du Seigneur, afin qu'ils prient pour toi le Christ béni et sa Mère. Mais oublie pas que tous les saints ne peuvent pas te rendre chère au Christ autant que tu le peux toi-même : c'est là ton affaire. Et si tu veux que le Christ te chérisse et vienne à ton aide, chéris-le toi-même, dirige vers lui ta volonté afin de lui plaire en tout ; et ne doute pas que, même si tous les saints et toutes les créatures t'abandonnaient, lui du moins sera toujours auprès de toi dans tes nécessités.
Sache-le comme une chose certaine : nous sommes ici sur terre comme des étrangers et des voyageurs. Notre patrie est le ciel. Celui qui se gonfle d'orgueil s'égare loin du chemin et court à la mort. En vivant ici-bas, nous devons acquérir la vie éternelle, que nous ne méritons pas, car nous l'avons perdue à cause de nos péchés, mais que Jésus Christ a reconquise pour nous. C'est pourquoi nous devons toujours lui rendre grâce, l'aimer, lui obéir et, autant que c'est possible, être toujours avec lui.
Il s'est donné pour nous en nourriture : malheureux, celui qui méconnaît un si grand don ! Il nous est donné de posséder le Christ, fils de la Vierge Marie, et nous le refusons. Malheur à celui qui ne se soucie pas de le recevoir ! Ma fille, voici le bien que je souhaite pour moi et que j'implore pour toi, mais il n'y a pas d'autre voie pour l'obtenir que de prier souvent la Vierge Marie : qu'elle te visite avec son glorieux Fils. Mieux encore : ose lui demander de te donner son Fils, qui est la véritable nourriture de l'âme dans le Saint Sacrement de l'autel. Elle te le donnera volontiers, et lui-même viendra plus volontiers encore pour te fortifier, pour que tu puisses avancer sans crainte dans cette sombre forêt où tant d'ennemis nous guettent, mais qui demeurent loin de nous s'ils voient que nous sommes gardés par un tel protecteur.
Ma fille, ne communie pas à Jésus Christ afin d'user de Lui à ton gré ; je veux que tu t'abandonnes à lui, et que lui te reçoive, afin que lui-même, ton Dieu sauveur, fasse pou toi et en toi ce qu'il veut. Voilà ce que je désire, à quoi je t'exhorte et, autant que j'en ai le pouvoir, ce que j'exige de toi.
R/ Tout homme qui croit en Jésus Christ
aura la vie éternelle.
Je n'ai rien voulu savoir parmi vous,
sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.
Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus,
afin d'être justifiés par la foi au Christ.
Oraison
Dieu qui inspiras au prêtre saint Gaëtan de vivre à la manière des Apôtres, fais qu'à son exemple et par sa prière, nous mettions toujours en toi notre confiance et cherchions sans relâche ton Royaume.
D'APRÈS LES ACTES DE CANONISATION DE S. DOMINIQUE (1234)
Dominique avait une telle intégrité morale, il était emporté par un tel élan de ferveur qu’on découvrait en lui de façon évidente un chef-d’œuvre de noblesse et de grâce. Il régnait en lui une parfaite égalité d’esprit, sauf quand il était bouleversé de compassion et de miséricorde. Et puisque le cœur en joie se reflète dans la gaieté du visage, il manifestait au-dehors l’équilibre paisible de sa vie intérieure par l’amabilité et la sérénité de ses traits.
En toute circonstance, par ses paroles et sa conduite, il se montrait un homme évangélique. Pendant la journée, avec ses frères ou ses compagnons, personne n’était plus simple et plus joyeux. Pendant la nuit, personne n’était plus adonné à toutes sortes de veilles et de prières. Il ne parlait guère qu’avec Dieu, dans l’oraison, ou de Dieu, et il exhortait ses frères à en faire autant.
Il adressa fréquemment à Dieu cette demande particulière : qu’il daigne lui accorder une vraie charité, capable de rechercher et d’obtenir le salut des hommes ; il estimait qu’il serait véritablement un membre du Christ, s’il se dépensait avant tout, totalement et de toutes ses forces, à gagner des âmes, de même que le Seigneur Jésus, le Sauveur de tous, s’est offert sans réserve pour notre salut. Et c’est pour cette œuvre que, selon le profond dessein prémédité par la Providence, il institua l’Ordre des Frères Prêcheurs.
Il exhortait souvent les frères de cet Ordre, de vive voix et par lettres, à étudier sans cesse le Nouveau et l’Ancien Testament. Il portait toujours sur lui l’évangile de saint Matthieu et les lettres de saint Paul, et il les étudiait tellement qu’il les savait à peu près par cœur.
Il fut désigné deux ou trois fois pour l’épiscopat et il refusa toujours, préférant vivre dans la pauvreté avec ses frères, plutôt que d’avoir un évêché. Il garda intacte jusqu’à la fin la délicatesse d’une chasteté absolue. Il désirait être flagellé, coupé en morceaux, et mourir pour la foi du Christ. Le pape Grégoire IX a dit de lui : "Je l’ai connu comme un homme qui suivait parfaitement la règle des Apôtres, et je ne doute pas qu’il soit au ciel associé à leur gloire."
R/ Heureux l’homme qui met sa foi
dans le Seigneur.
Sois fort et tiens bon,
que le livre de la Loi
soit toujours sur tes lèvres !
Sois sans crainte ni frayeur :
le Seigneur ton Dieu
est avec toi partout où tu iras !
Vous tous, disciples du Seigneur,
fortifiez-vous
dans la grâce du Seigneur Jésus !
Oraison
Permets, Seigneur, que ton Église trouve un secours dans les mérites et les enseignements de saint Dominique : qu'il intercède pour nous avec toute sa tendresse, après avoir été un prédicateur éminent de ta vérité.
V/ Tu m'enseignes la route de la vie, en ta présence la joie ne finit pas.
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 7, 25-40)
La virginité pour le Seigneur
Au sujet des vierges, je n'ai pas d'ordre du Seigneur : c'est un avis que je donne, celui d'un homme qui, par la miséricorde du Seigneur, est digne de confiance. Je pense que c'est un avantage, à cause des angoisses présentes, oui, on a avantage à rester ainsi. Es-tu lié à une femme ? Ne cherche pas à rompre. N'es-tu pas lié à une femme ? Ne cherche pas de femme. Si cependant tu te maries, tu ne pèches pas ; et si une vierge se marie, elle ne pèche pas. Mais les gens mariés auront de lourdes épreuves à supporter, et moi, je voudrais vous les épargner. Voici ce que je dis, frères : le temps est écourté. Désormais, que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'en avaient pas, ceux qui pleurent comme s'ils ne pleuraient pas, ceux qui se réjouissent comme s'ils ne se réjouissaient pas, ceux qui achètent comme s'ils ne possédaient pas, ceux qui tirent profit de ce monde comme s'ils n'en profitaient pas vraiment. Car la figure de ce monde passe. Je voudrais que vous soyez exempts de soucis. Celui qui n'est pas marié a souci des affaires du Seigneur : il cherche comment plaire au Seigneur. Mais celui qui est marié a souci des affaires du monde : il cherche comment plaire à sa femme, et il est partagé. De même, la femme sans mari et la jeune fille ont souci des affaires du Seigneur, afin d'être saintes de corps et d'esprit. Mais la femme mariée a souci des affaires du monde : elle cherche comment plaire à son mari. Je vous dis cela dans votre propre intérêt, non pour vous tendre un piège, mais pour que vous fassiez ce qui convient le mieux et que vous soyez attachés au Seigneur, sans partage. Si quelqu'un, débordant d'ardeur, pense qu'il ne pourra pas respecter sa fiancée et que les choses doivent suivre leur cours, qu'il fasse selon son idée. Il ne pèche pas : qu'ils se marient. Mais celui qui a pris dans son cœur une ferme résolution, hors de toute contrainte et qui, en pleine possession de sa volonté, a pris en son for intérieur la décision de respecter sa fiancée, celui-là fera bien. Ainsi celui qui épouse sa fiancée fait bien, et celui qui ne l'épouse pas fera encore mieux. La femme est liée à son mari aussi longtemps qu'il vit. Si le mari meurt, elle est libre d'épouser qui elle veut, mais un chrétien seulement. Cependant elle sera plus heureuse, à mon avis, si elle reste comme elle est : et je crois, moi aussi, avoir l'Esprit de Dieu.
Pourquoi garder toute la nuit
Vos lampes allumées ?
Pourquoi donner à votre vie
Le sens d'une attente infinie ?
Quelle espérance vous tient éveillées,
Vierges sages,
Et quelle promesse de joie ?
R/ Heureux les invités aux noces de l'Agneau !
Vers la ténèbre lumineuse vos regards sont levés,
Et Dieu qui vous attend comblera seul votre quête.
Pour une perle sans prix, vous avez tout quitté,
Les mains ouvertes et libres en l'offrande.
À votre humble fierté, l'Église, joyeuse,
Reconnaît son visage, sa grâce de fiancée.
À travers l'amour qui brûle en vous,
Servantes du Seigneur,
Le cœur de Dieu nous presse de l'aimer sans partage.
ACTES DU CONCILE VATICAN II
La rénovation de la vie religieuse.
Dès les origines de l'Église, il y eut des hommes et des femmes qui voulurent, par la pratique des conseils évangéliques, suivre le Christ avec une plus grande liberté et l'imiter plus exactement et qui, chacun à sa manière, menèrent une vie consacrée à Dieu. Beaucoup parmi eux, sous l'impulsion de l'Esprit Saint, vécurent dans la solitude, ou bien fondèrent des familles religieuses que l'Église accueillit volontiers et approuva de son autorité. À partir de là se multiplia providentiellement une admirable variété de sociétés religieuses. Elles ont beaucoup contribué non seulement à ce que l'Église soit bien armée pour toute bonne action et prête pour que les tâches du ministère soient accomplies, et que se construise le corps du Christ mais encore à ce que l'Église se montre embellie des dons variés de ses enfants, comme une fiancée parée pour son époux et fasse connaître les multiples aspects de la Sagesse de Dieu.
Dans une telle variété de dons, tous ceux que Dieu appelle à la pratique des conseils évangéliques, et qui en font fidèlement profession, se consacrent au Seigneur de façon spéciale, en suivant le Christ chaste et pauvre, qui, par son obéissance jusqu'à la mort de la croix, a racheté les hommes et les a sanctifiés. Poussés par cet amour que l'Esprit Saint répand dans leurs cœurs, ils vivent toujours davantage pour le Christ et pour son corps qui est l'Église. Plus ils s'unissent avec ferveur au Christ par cette donation d'eux-mêmes qui embrasse toute leur existence, plus la vie de l'Église est abondante et plus son apostolat devient vigoureux et fécond.
Les membres de tout institut religieux se rappelleront avant tout que, par la profession des conseils évangéliques, ils ont répondu à une vocation divine. Ainsi, non seulement morts au péché, mais encore ayant renoncé au monde, ils ne doivent plus vivre que pour Dieu seul. En effet, ils ont consacré toute leur vie à son service. Ceci constitue une consécration particulière qui s'enracine intimement dans la consécration baptismale et l'exprime avec la plus grande plénitude.
Ceux qui professent les conseils évangéliques doivent rechercher et aimer Dieu avant tout, lui qui nous a aimés le premier ; ils doivent, en toutes circonstances, s'appliquer à développer leur vie cachée en Dieu avec le Christ, car c'est à partir d'elle que découle et que s'impose l'amour du prochain pour le salut du monde et la construction de l'Église. C'est encore dans cette charité que la pratique des conseils évangéliques trouve son inspiration et son orientation. La chasteté à cause du Royaume des cieux dont les religieux font profession, doit être regardée comme un grand don de la grâce. En effet, elle libère singulièrement le cœur de l'homme, pour qu'il brûle d'amour envers Dieu et envers tous les hommes. C'est pourquoi elle est un signe particulier des biens célestes, ainsi qu'un moyen très efficace pour les religieux de se dévouer allègrement au service divin et aux activités de l'apostolat. C'est ainsi qu'ils évoquent aux yeux de tous les chrétiens cette admirable union fondée par Dieu et qui doit se manifester clairement dans le siècle futur, union par laquelle l'Église reconnaît le Christ pour son unique époux.
R/ Voix de mon Bien-aimé qui frappe à la porte :
"Ouvre-moi !"
Si quelqu'un entend ma voix,
Ensemble, nous prendrons notre repas,
Moi près de lui, lui près de moi.
Si quelqu'un garde ma parole,
Mon Père l'aimera,
Et nous viendrons à lui.
Oraison
Dieu de nos Pères, tu as conduit Sainte Thérèse Bénédicte, ta martyre, à la connaissance et à l'imitation jusque dans la mort, de ton Fils crucifié ; fais qu'à son intercession tous les hommes reconnaissent dans le Christ leur Sauveur et puissent, grâce à lui, contempler sans fin ton visage.
V/ Je suis saisi par la détresse et l'angoisse ;
R/ dans tes volontés, j'ai tout mon plaisir.
Livre des Actes des Apôtres (Ac 6, 1-6 ; 8, 1b.4-8)
Choix de sept ministres par les Apôtres
En ces jours-là, le nombre des disciples augmentait, et les Hellénistes se mirent à récriminer contre les Hébreux parce que leurs veuves étaient oubliées dans le service quotidien. Les Douze convoquèrent alors l'assemblée plénière des disciples et dirent : "Il ne convient pas que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des tables. Cherchez plutôt parmi vous, frères, sept hommes de bonne réputation, remplis d'Esprit et de sagesse, et nous les chargerons de cette fonction. Quant à nous, nous continuerons à assurer la prière et le service de la Parole."
Cette proposition fut agréée par toute l'assemblée : on choisit Étienne, un homme plein de foi et d'Esprit Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d'Antioche ; on les présenta aux apôtres, on pria et on leur imposa les mains.
Ce jour-là éclata contre l'Église de Jérusalem une violente persécution. Tous, sauf les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie.
Ceux donc qui avaient été dispersés allèrent de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la Parole.
C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de Samarie, y proclamait le Christ. Les foules unanimes s'attachaient aux paroles de Philippe, car on entendait parler des miracles qu'il faisait et on les voyait. Beaucoup d'esprits impurs en effet sortaient, en poussant de grands cris, de ceux qui en étaient possédés, et beaucoup de paralysés et d'infirmes furent guéris. Il y eut une grande joie dans cette ville.
Pour demeurer fidèle au Christ,
tu n'as pas craint la haine des hommes !
Ardente est la braise de ton supplice !
Plus ardente la flamme de la charité
qui te consume en holocauste !
R/ Serviteur de Jésus Christ,
l'amour est ta victoire.
Le peuple de Dieu t'a choisi,
et toi, tu choisis de le servir.
Tu as reconnu dans les pauvres
le trésor de l'Église.
Dans le Seigneur est ta joie,
la souffrance ne peut te vaincre.
HOMÉLIE DE S. AUGUSTIN POUR LA FÊTE DE S. LAURENT
Ministre du sang du Christ.
Aujourd'hui, l'Église de Rome nous invite à fêter le jour où le bienheureux Laurent a triomphé, jour où il a terrassé le monde furieux, où il a dédaigné le monde flatteur et ainsi a doublement vaincu le démon persécuteur. Dans l'Église de Rome, vous le savez bien, il exerçait les fonctions de diacre. C'est là qu'il présentait le sang sacré du Christ, et c'est là qu'il répandit son propre sang pour le nom du Christ. L'Apôtre saint Jean a mis en pleine clarté le mystère de la Cène du Seigneur lorsqu'il a dit : Jésus a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Saint Laurent a compris cela, mes frères, il l'a compris et il l'a fait ; et ce qu'il avait consommé à cette table, c'est cela qu'il a voulu apprêter. Il a aimé le Christ par sa vie, il l'a aimé par sa mort.
Et nous, mes frères, si nous aimons vraiment, nous devons imiter. Car nous ne pourrons pas produire un meilleur fruit de notre amour qu'en nous montrant nous aussi des imitateurs. Le Christ a souffert pour nous et nous a laissé son exemple pour que nous suivions ses traces. Par cette phrase, il semble que, pour l'Apôtre Pierre, le Christ a souffert seulement pour ceux qui suivent ses traces, que la passion du Christ ne sert à rien, sinon à ceux qui suivent ses traces. En effet, les saints martyrs l'ont suivi jusqu'à répandre leur sang, jusqu'à imiter sa passion ; les martyrs l'ont suivi, mais ils ne sont pas les seuls. Après leur passage, le pont n'a pas été coupé ; après qu'ils ont bu, la source n'a pas tari.
Le jardin du Seigneur, mes frères, ce jardin a toutes sortes de fleurs : non seulement les roses des martyrs, mais aussi les lis des vierges, le lierre des gens mariés, les violettes des veuves. Absolument aucune catégorie de gens, mes bien-aimés, ne doit désespérer de sa vocation : c'est pour nous que le Seigneur a souffert. C'est très véritablement qu'il est écrit de lui : Il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité.
Il faut donc comprendre comment, en dehors de l'effusion du sang et du risque de subir la passion, le chrétien doit suivre le Christ. L'Apôtre dit, au sujet du Christ Seigneur : Lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu. Quelle majesté ! Mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur, devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement. Quel abaissement !
Le Christ s'est abaissé : voilà, chrétien, ce qui est à ta disposition. Le Christ s'est fait obéissant. Alors pourquoi es-tu orgueilleux ? Ensuite, après être allé jusqu'au bout de cet abaissement et avoir terrassé la mort, le Christ est monté au ciel : suivons-le. Écoutons l'Apôtre qui nous dit : Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Pour demeurer fidèle au Christ,
tu n'as pas craint la haine des hommes !
Ardente est la braise de ton supplice !
Plus ardente la flamme de la charité
qui te consume en holocauste !
R/ Serviteur de Jésus Christ,
l'amour est ta victoire.
Oraison
C'est l'ardeur de ton amour, Seigneur, qui a donné au diacre saint Laurent de se montrer fidèle dans son service, et d'accéder à la gloire du martyre ; accorde-nous d'aimer ce qu'il aimait, et d'accomplir ce qu'il a enseigné.