V – LES AUTRES OBJETS EMPLOYES À L’EGLISE
348. Outre les vases sacrés ou les vêtements liturgiques, pour lesquels une matière déterminée est fixée, tout le reste du mobilier destiné à un usage liturgique proprement dit
[140], ou qui est admis dans l’église à un autre titre, doit être digne et répondre à sa destination.
349. Il faut veiller tout particulièrement à ce que les livres liturgiques, surtout l’Évangéliaire et le lectionnaire, destinés à la proclamation de la parole de Dieu et jouissant par conséquent d’une vénération particulière, soient vraiment dans l’action liturgique signes et symboles des réalités célestes, et donc vraiment dignes, nobles et beaux.
350. On apportera en outre tout le soin requis à ce qui touche directement l’autel et la célébration eucharistique, par exemple la croix de l’autel et la croix de procession.
351. On s’efforcera de respecter sérieusement les exigences de l’art même pour les objets de moindre importance, dans lesquels une noble simplicité s’associera toujours à la propreté.
CHAPITRE VII : CHOIX DE LA MESSE ET DE SES DIFFÉRENTES PARTIES
352. L’efficacité pastorale de la célébration sera certainement accrue si les textes des lectures, des prières et des chants correspondent bien, dans la mesure du possible, et à l’état de préparation spirituelle et à la mentalité des participants. C’est ce qu’on obtiendra au mieux si l’on profite des multiples possibilités de choix qui vont être énumérées ci-dessous.
Par conséquent, le prêtre, en organisant la messe, considérera davantage le bien spirituel du peuple de Dieu que ses inclinations personnelles. Il se rappellera en outre que ce choix des différentes parties devra se faire en accord avec tous ceux qui jouent un rôle dans la célébration, sans exclure aucunement les fidèles pour ce qui les concerne plus directement.
Puisque des facultés multiples sont offertes pour le choix des différentes parties de la messe, il est nécessaire qu’avant la célébration, le diacre, les lecteurs, le psalmiste, le chantre, le commentateur, la chorale, chacun pour sa partie, sache bien quel texte, en ce qui le concerne, va être employé, et que rien ne soit laissé à l’improvisation du moment. En effet, une organisation et une exécution harmonieuse des rites facilitent beaucoup la participation des fidèles à l’Eucharistie.
I - CHOIX DE LA MESSE
353. Aux solennités, le prêtre est tenu de suivre le calendrier de l’église où il célèbre.
354. Les dimanches, aux féries de l’Avent, du temps de Noël, du Carême et du Temps pascal, aux fêtes et aux mémoires obligatoires :
a) si la messe est célébrée avec peuple, le prêtre suivra le calendrier de l’église où il célèbre ;
b) si la messe est célébrée avec la participation d’un seul ministre, le prêtre peut choisir ou le calendrier de l’église, ou son calendrier propre.
355. Les mémoires facultatives :
a) Aux féries de l’Avent du 17 au 24 décembre, aux jours dans l’octave de Noël et aux féries du Carême, à l’exception des féries du Mercredi des Cendres et de la Semaine sainte, le prêtre dit la messe du jour occurrent ; cependant, s’il y a ce jour-là une mémoire inscrite au calendrier général, il peut en prendre la prière d’ouverture (collecte), pourvu que ce ne soit pas le Mercredi des Cendres ou un jour de la Semaine sainte. Aux féries du Temps pascal, on peut à bon droit célébrer intégralement la mémoire des saints.
b) Aux féries de l’Avent avant le 17 décembre, aux féries du temps de Noël à partir du 2 janvier, et à celles du Temps pascal, le prêtre peut choisir soit la messe de la férie, soit la messe du saint ou de l’un des saints dont on fait mémoire, soit la messe d’un saint inscrit ce jour-là au martyrologe.
c) Aux féries du Temps ordinaire (« per annum »), le prêtre peut choisir soit la messe de la férie, soit la messe d’une mémoire facultative qui tomberait ce jour-là, soit la messe d’un saint figurant au martyrologe ce même jour, soit une messe pour diverses circonstances ou une messe votive.
S’il célèbre avec peuple, le prêtre veillera à ne pas omettre trop souvent et sans motif suffisant les lectures assignées pour chaque jour au lectionnaire férial : car l’Église désire que la table de la parole de Dieu soit offerte aux fidèles dans sa plus grande richesse
[141].
Pour la même raison, il ne prendra pas trop souvent les messes des défunts : car toutes les messes sont offertes aussi bien pour les vivants que pour les morts, et chaque Prière eucharistique comporte la mémoire des défunts.
Là où les fidèles sont attachés aux mémoires facultatives de la bienheureuse Vierge Marie ou des saints, il satisfera leur légitime piété.
Puisqu’il est permis de choisir entre une mémoire marquée au calendrier général et une mémoire insérée dans le calendrier diocésain ou religieux, on préférera, toutes choses égales d’ailleurs et conformément à la tradition, la mémoire particulière.
II –CHOIX DES PARTIES DE LA MESSE
356. Pour choisir les textes des différentes parties de la messe, aussi bien du temps que des saints, on observera les normes suivantes.
Les lectures
357. Trois lectures sont assignées aux dimanches et solennités : le Prophète, l’Apôtre et l’Évangile, qui font comprendre au peuple chrétien la continuité de l'œuvre du salut, selon l’admirable plan de Dieu. Ces lectures doivent être strictement utilisées. Au Temps pascal, selon la tradition de l’Église, la première lecture est tirée des Actes des Apôtres et non de l’Ancien Testament.
Deux lectures sont assignées aux fêtes. Mais si la fête est élevée, selon les normes, au degré de solennité, on en ajoute une troisième prise au commun.
Aux mémoires des saints, à moins qu’ils aient des lectures propres, on lit habituellement les lectures assignées à la férie. Dans certains cas, on propose des lectures appropriées, c’est-à-dire qui mettent en lumière un aspect particulier de la vie spirituelle ou de l’activité du saint. On n’imposera pas l’usage de ces lectures, sauf si une raison pastorale y invitait vraiment.
358. Le lectionnaire férial propose des lectures pour chaque jour de la semaine pendant toute l’année : ce sont donc ces lectures qu’on prendra le plus souvent, les jours auxquels elles sont assignées, à moins qu’il n’y ait ce jour-là une solennité ou une fête, ou une mémoire avec des lectures propres du Nouveau Testament, c’est-à-dire où l’on trouve mention du saint célébré.
Mais si la lecture continue de la semaine est interrompue à cause d’une solennité, d’une fête ou de quelque célébration particulière, il sera permis au prêtre, en considérant l’organisation des lectures de toute la semaine, ou bien de réunir aux autres les passages qu’il devra omettre, ou bien de décider quels textes doivent l’emporter sur d’autres.
Dans les messes pour des groupes particuliers, il est permis au prêtre de lire des textes mieux adaptés à la célébration particulière, pourvu qu’on les choisisse dans un Lectionnaire approuvé.
359. On trouve en outre un choix particulier de textes de la Sainte Écriture dans le lectionnaire pour les messes rituelles au cours desquelles on célèbre des sacrements ou des sacramentaux, ou bien qui sont célébrées pour certains besoins.
Ces lectionnaires ont été composés afin d’amener les fidèles, par une écoute plus adaptée de la parole de Dieu, à comprendre plus profondément le mystère auquel ils participent, et de les former à un amour plus vif de la parole de Dieu.
On doit par conséquent choisir les textes qui sont proclamés dans l’assemblée liturgique en tenant compte d’une pastorale adaptée aussi bien que des possibilités de choix laissées en ce domaine.
360. Le même texte est parfois proposé dans une forme longue et une forme brève. Pour choisir entre les deux, on aura en vue le critère pastoral. Il faudra donc être attentif à la capacité des fidèles d’écouter avec fruit la lecture plus ou moins longue, à leur capacité d’écouter avec fruit le texte le plus complet, que l’homélie devra expliquer
[142].
361. Quand la faculté est donnée de choisir entre un texte et un autre déjà déterminé, ou proposé au choix, on sera attentif au bien des participants, qu’il s’agisse de prendre un texte plus facile ou mieux adapté à l’assemblée, ou bien de répéter ou de laisser un texte qui est assigné comme propre à une célébration et proposé à une autre facultative, chaque fois que l’utilité pastorale y invite
[143].
Cela peut arriver soit quand le même texte doit être lu de nouveau à des jours proches, par exemple un dimanche et le jour suivant, ou bien quand on craint qu’un texte ne cause quelques difficultés dans un groupe donné de fidèles. On veillera cependant, dans le choix des textes de la Sainte Écriture, à ne pas en exclure continuellement certains passages.
362. Outre les facultés signalées ci-dessus de choisir des textes plus adaptés, les Conférences des évêques peuvent, dans des circonstances particulières, indiquer certaines adaptations en ce qui concerne les lectures, sous réserve pourtant que les textes en soient choisis dans un lectionnaire dûment approuvé.
Les oraisons
363. À chaque messe, sauf indication contraire, on dit les oraisons propres à cette messe.
Aux mémoires des saints, on dit la prière d’ouverture (collecte) propre ou, à son défaut, une du commun approprié ; quant aux prières sur les offrandes et après la communion, à moins qu’elles ne soient propres, on peut les prendre soit au commun, soit aux féries du temps en cours.
Aux féries du Temps ordinaire (« per annum »), outre les oraisons du dimanche précédent, on peut prendre soit les oraisons d’un autre dimanche du Temps ordinaire, soit une des oraisons pour intentions et circonstances diverses rassemblées dans le missel. Mais il sera toujours permis de n’emprunter, pour ces messes, que la prière d’ouverture (collecte).
On dispose ainsi d’une quantité accrue de textes, dont la prière des fidèles peut se nourrir avec plus d’abondance.
Cependant, aux temps forts de l’année, cette adaptation est déjà réalisée par les oraisons propres à ces temps qui se trouvent au missel pour chaque jour.
La Prière eucharistique
364. La plupart des préfaces dont le
Missel romain est doté, visent à faire mieux ressortir les motifs de l’action de grâce dans la Prière eucharistique et à mettre davantage en lumière les différents aspects du mystère du salut.
365. Le choix entre les Prières eucharistiques qui se trouvent dans la liturgie de la messe est réglé à titre indicatif par les normes que voici :
a) La Prière eucharistique I, ou Canon romain, qui peut toujours être employée, est plus indiquée les jours auxquels sont assignés des Communicantes propres, ou bien aux messes dotées d’un Hanc igitur propre, ainsi qu’aux fêtes des Apôtres et des saints mentionnés dans le texte de cette Prière ; de même les dimanches, à moins que, pour des motifs pastoraux, on ne préfère la Prière eucharistique III.
b) La Prière eucharistique II, en raison de ses caractéristiques, est plus indiquée pour les jours de semaine, ou dans des circonstances particulières. Bien qu’elle comporte une préface propre, on peut l’employer aussi avec d’autres préfaces, surtout avec celles qui rappellent en abrégé le mystère du salut, comme les préfaces communes. Quand on célèbre la messe pour un défunt, on peut employer une formule particulière qui est proposée en son lieu, c’est-à-dire avant Memento etiam (Souviens-toi aussi de nos frères).
c) La Prière eucharistique III peut être dite avec n’importe quelle préface. On l’emploiera de préférence les dimanches et jours de fête. Si on prend cette prière pour une messe des défunts, on peut insérer en son lieu une formule particulière pour le défunt, c’est-à-dire après les mots : Omnes filios tuos ubique dispersos, tibi, clemens Pater, miseratus coniunge (Et ramène à toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés).
d) La Prière eucharistique IV a une préface immuable et offre un résumé plus complet de l’histoire du salut. On peut l’employer quand la messe n’a pas de préface propre et les dimanches du Temps ordinaire (« per annum »). Dans cette Prière, en raison de sa structure, il est impossible d’insérer une formule particulière pour un défunt.
Les chants
366. Il n’est pas permis de substituer d’autres chants aux chants placés dans la liturgie de la messe, comme par exemple l’
Agnus Dei (Agneau de Dieu).
367. Pour choisir les chants qui trouvent place entre les lectures, ainsi que les chants d’entrée, d’offertoire et de communion, on suivra les normes qui sont établies ci-dessus (cf. nn. 40-41, 47-48, 61-64, 74, 86-88).
CHAPITRE VIII : MESSES ET ORAISONS POUR DES INTENTIONS DIVERSES, MESSES DES DÉFUNTS
I - MESSES ET ORAISONS POUR DES INTENTIONS DIVERSES
368. Puisque la liturgie des sacrements et des sacramentaux fait que, chez les fidèles bien disposés, presque tous les événements de la vie sont sanctifiés par la grâce divine qui découle du mystère pascal
[144], et puisque l'Eucharistie est le sacrement des sacrements, le missel fournit des modèles de messes et d'oraisons qu'en diverses occasions de la vie chrétienne on peut employer pour les besoins du monde entier, de l'Église universelle et de l'Église locale.
369. Si l'on considère la possibilité élargie de choisir les lectures et les oraisons, il convient d'employer avec mesure ces messes pour intentions diverses, c'est-à-dire quand les circonstances l'exigent.
370. Dans toutes les messes pour des intentions diverses, sauf indication contraire expresse, on peut employer, si elles s'accordent avec la célébration, les lectures de la férie avec les chants qui s'y intercalent.
371. Les messes pour des intentions diverses comprennent les messes rituelles, les messes pour intentions ou circonstances diverses, les messes votives.
372. Les messes rituelles sont liées à la célébration de certains sacrements ou sacramentaux. Elles sont interdites les dimanches de l'Avent, du Carême et du Temps pascal, aux solennités, pendant l'octave de Pâques, le 2 novembre, le Mercredi des Cendres, et pendant la Semaine sainte, en observant par ailleurs les règles qui sont données dans les rituels ou dans ces messes elles-mêmes.
373. Les messes pour intentions et circonstances diverses sont employées pour des besoins qui peuvent survenir soit occasionnellement, soit à dates fixes. Parmi ces messes l'autorité compétente peut choisir les messes pour les prières publiques dont la célébration, au cours de l'année, sera décidée par la Conférence des évêques.
374. En cas de besoin ou d’utilité pastorale particulièrement importante, la messe correspondante peut être célébrée, sur l'ordre ou avec la permission de l’évêque diocésain, tous les jours, sauf aux solennités, aux dimanches de l'Avent, du Carême et du Temps pascal, pendant l'octave de Pâques, le 2 novembre, le Mercredi des cendres et pendant la Semaine sainte.
375. Les messes votives des mystères du Seigneur, ou en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie, des Anges, de tel saint, ou de tous les Saints, peuvent être dites pour la piété des fidèles les jours de férie du Temps ordinaire (« per annum »), même s’il y a ce jour-là une mémoire facultative. Mais on ne peut pas célébrer comme messes votives les messes qui se rapportent aux mystères de la vie du Seigneur ou de la bienheureuse Vierge Marie, excepté la messe de son Immaculée conception, parce que leur célébration est liée au cours de l’année liturgique.
376. Les messes pour intentions et circonstances diverses et les messes votives sont prohibées les jours de mémoire obligatoire, ainsi qu'aux féries de l'Avent jusqu'au 16 décembre, du temps de Noël depuis le 2 janvier, et du Temps pascal après l'octave de Pâques. Cependant, si un besoin ou une utilité pastorale véritable le demande, on peut prendre, dans la célébration avec peuple, la messe correspondant à ce besoin ou à cette utilité, au jugement du recteur de l'église ou même du prêtre célébrant.
377. Aux féries du Temps ordinaire (« per annum ») comportant une mémoire facultative, ou bien quand on fait l'office de la férie, il est permis de célébrer n'importe quelle messe, ou d'employer n'importe quelle oraison pour des intentions diverses, excepté cependant les messes rituelles.
378. La mémoire facultative de sainte Marie les samedis du Temps ordinaire (« per annum ») est particulièrement recommandée, car dans la liturgie de l’Église, en premier lieu et avant tous les saints, la vénération s’adresse à la Mère du Rédempteur
[145].
II - MESSES DES DÉFUNTS
379. L'Église offre le sacrifice eucharistique de la Pâque du Christ pour les défunts afin que, en raison de la communion qui unit tous les membres du Christ, l’aide spirituelle obtenue pour les uns apporte aux autres la consolation de l'espérance.
380. Parmi les messes des défunts, la messe des obsèques occupe la première place ; elle peut être célébrée tous les jours, sauf aux solennités de précepte, le Jeudi saint, le Triduum pascal et les dimanches de l'Avent, du Carême et du Temps pascal. On doit de plus observer tout ce qui est prescrit, selon la norme du droit
[146].
381. À l’annonce d’un décès, ou pour la dernière sépulture du défunt, ou le jour du premier anniversaire, on peut célébrer la messe des défunts, même pendant l'octave de Noël et les jours de mémoire obligatoire ou de férie sauf le Mercredi des cendres, et pendant la Semaine sainte.
Les autres messes des défunts, dites quotidiennes, peuvent se célébrer les jours du Temps ordinaire (« per annum ») où l'on a une mémoire facultative, ou bien si l'on célèbre l'office de la férie, pourvu qu'elles soient vraiment célébrées à l'intention des défunts.
382. Aux messes des obsèques, on fera ordinairement une brève homélie, en évitant toutefois toute apparence d'éloge funèbre.
383. On encouragera les fidèles, surtout les membres de la famille du défunt, à participer, y compris par la communion, au sacrifice eucharistique offert pour le défunt.
384. Si la messe des obsèques fait partie du rite des obsèques, lorsque l'on aura dit la prière après la communion, et en omettant les rites de conclusion, on accomplira le rite de la dernière recommandation, ou dernier adieu ; ce rite ne se célèbre qu'en présence du corps.
385. En organisant et en choisissant les parties variables de la messe des défunts, surtout de la messe des obsèques (par exemple les oraisons, les lectures, la prière universelle), on tiendra compte, comme il est juste, des motifs pastoraux relatifs au défunt, à sa famille, et à l'assistance.
De plus les pasteurs tiendront spécialement compte de ceux qui, à l'occasion d'obsèques, assistent à des célébrations liturgiques ou entendent l'Évangile, alors qu'ils ne sont pas catholiques, ou bien sont des catholiques qui ne participent jamais ou presque jamais à l'Eucharistie, ou encore qui semblent avoir perdu la foi : car les prêtres sont les ministres de l'Évangile du Christ pour tous.
CHAPITRE IX : ADAPTATIONS QUI RELÈVENT DES ÉVÊQUES ET DE LEURS CONFÉRENCES
386. La révision du
Missel romain, effectuée en notre temps conformément aux décrets du IIe concile œcuménique du Vatican, a veillé avec soin à ce que tous les fidèles puissent apporter, dans la célébration eucharistique, cette participation pleine, consciente et active, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui est pour eux, en vertu de leur condition, un droit et un devoir
[147].
Pour que la célébration corresponde plus pleinement aux normes et à l’esprit de la sainte Liturgie, on trouve proposées dans cette Présentation et dans la liturgie de la messe quelques autres adaptations ultérieures, qui sont remises au jugement soit de l’évêque diocésain soit de la Conférence des évêques.
387. L’évêque diocésain, qui “doit être considéré comme le grand prêtre de son troupeau, de qui découle et dépend en quelque manière la vie des fidèles dans le Christ”
[148], doit favoriser la vie liturgique dans son diocèse, la régler et veiller sur elle. C’est à lui que, dans cette
Présentation, est confié le soin de régler la discipline de la concélébration (cf. nn. 202, 374), d’établir des normes sur la fonction de servir le prêtre à l’autel (cf. n. 107), sur la distribution de la communion sous les deux espèces (cf. n. 283), sur la construction et la disposition des églises (cf. n. 291). Mais c’est à lui qu’il revient en premier lieu de nourrir les prêtres, les diacres et les fidèles de l’esprit de la liturgie.
388. Les adaptations ci-dessous, qui exigent une plus large coordination, doivent être déterminées, selon la norme du droit, par la Conférence des évêques.
389. Il revient aux Conférences des évêques tout d’abord de préparer et d’approuver l’édition de ce
Missel romain dans les langues vivantes reconnues, pour qu’après confirmation des actes par le Siège apostolique, elle soit mise en application dans les pays concernés
[149].
Que ce soit en latin ou dans les traductions légitimement approuvées, le Missel romain doit être publié intégralement.
390. Il appartient aux Conférences des évêques de définir et, après confirmation des actes par le Siège Apostolique, d’introduire dans le Missel lui-même les adaptations indiquées dans cette
Présentation et dans la liturgie de la messe, et qui concernent :
- les gestes et attitudes des fidèles (cf. n. 43) ;
- les gestes de vénération de l’autel et de l’Évangéliaire
(cf. n. 273) ;
- les textes des chants d’entrée, d’offertoire et de
communion (cf. nn. 48, 74, 87) ;
- les lectures de la Sainte Écriture à prendre dans des
circonstances particulières (cf. n. 362) ;
- la manière de donner la paix (cf. n. 82) ;
- la manière de recevoir la communion (cf. nn. 160, 283) ;
- la matière de l’autel, du mobilier liturgique, surtout des
vases sacrés, ainsi que la matière, la forme et la couleur des vêtements
liturgiques (cf. nn. 301, 326, 329, 342-346).
Si les Conférences des évêques le jugent utile, elles peuvent introduire dans le Missel romain, à l’endroit approprié, un directoire ou une introduction pastorale, après confirmation du Siège Apostolique.
391. Il revient aussi aux Conférences de veiller avec un soin particulier aux traductions des textes bibliques qui sont employées dans la célébration de la messe. C’est de la sainte Écriture en effet que sont tirés les textes qu’on lit et que l’homélie explique, ainsi que les psaumes que l’on chante ; c’est sous son inspiration et dans son élan que les prières, les oraisons et les hymnes liturgiques ont jailli, et c’est d’elle que les signes et les actions reçoivent leur sens
[150].
On utilisera un langage qui corresponde à la capacité des fidèles, qui soit adapté à la proclamation publique, en conservant toutefois les caractéristiques propres aux diverses manières de s’exprimer utilisées dans les livres bibliques.
392. De même, il appartient aux Conférences des évêques de préparer avec grand soin la traduction des autres textes, pour que, tout en conservant le caractère propre de chaque langue, le sens du texte latin d’origine soit pleinement et fidèlement rendu. Pour accomplir cette tâche, on tiendra compte des divers genres littéraires utilisés dans le Missel, comme les prières présidentielles, les antiennes, les acclamations, les répons, les supplications litaniques, etc.. On ne perdra pas de vue que la traduction des textes n’est pas faite en premier lieu pour la méditation, mais plutôt pour la proclamation ou le chant dans l’action liturgique.
Le langage utilisé doit être adapté aux fidèles d’une région tout en demeurant noble et empreint d’une réelle qualité littéraire, restant sauve la nécessité d’une catéchèse sur le sens biblique et chrétien de certains mots et de certaines phrases.
Il importe que les régions qui ont une même langue aient autant que possible la même traduction pour les textes liturgiques, surtout pour les textes bibliques et la liturgie de la
messe [151].
393. En raison de la place éminente que tient le chant dans la célébration, comme partie nécessaire ou intégrante de la liturgie
[152], il revient aux Conférences des évêques d’approuver des mélodies appropriées, surtout pour les textes de l’Ordinaire de la messe, pour les réponses et acclamations du peuple, et pour les rites particuliers durant l’année liturgique.
Elles ont également à juger quelles formes musicales, quelles mélodies, quels instruments de musique peuvent être admis pour le culte divin, pour qu’ils puissent vraiment être appropriés ou adaptés à un usage sacré.
394. Il faut que chaque diocèse ait son calendrier et son propre des messes. De son côté, la Conférence des évêques établira le calendrier propre de la nation ou, en union avec d’autres Conférences, le calendrier d’un territoire plus vaste, qui devra être approuvé par le Siège
Apostolique [153].
Pour accomplir cette tâche, on observera et on préservera au maximum le dimanche, comme jour de fête primordial, de sorte que les autres célébrations, sauf si elles sont de la plus haute importance, ne lui soient pas
préférées [154]. On veillera de même à ne pas obscurcir par des éléments secondaires le sens de l’année liturgique telle que révisée par décret du IIe concile du Vatican.
En établissant le calendrier d’une nation (cf. n. 373), on indiquera les jours des Rogations et des Quatre-temps ainsi que les textes à utiliser et les manières de les
célébrer [155], et on aura aussi en vue leurs autres caractéristiques propres.
Il convient que, dans l’édition du Missel, les célébrations propres à toute la nation ou à tout le territoire soient insérées à leur place parmi les célébrations du calendrier général, tandis que celles qui sont propres à une région ou à un diocèse seront mises dans un appendice particulier.
395. Enfin, si la participation des fidèles et leur bien spirituel requièrent des changements et des adaptations plus profonds pour que la célébration liturgique corresponde à la mentalité et aux traditions des divers peuples, les Conférences des évêques pourront, selon la norme de l’article 40 de la Constitution sur la Sainte Liturgie, les proposer au Siège Apostolique pour qu’avec son consentement elles soient introduites ; et cela surtout en faveur des peuples à qui l’Évangile a été annoncé plus récemment
[156]. On observera avec soin les normes particulières établies dans l’Instruction sur « la liturgie romaine et l’inculturation »
[157].
Sur la manière de procéder, on observera ceci :
Tout d’abord on exposera au Siège apostolique de manière détaillée la proposition envisagée, pour qu’après avoir obtenu les facultés nécessaires, on procède à l’élaboration de chacune des adaptations.
Une fois ces propositions dûment approuvées par le Siège Apostolique, on fera des expérimentations pour une durée et dans des lieux déterminés. Le cas échéant, après le temps d’expérimentation, la Conférence des évêques décidera de la poursuite des adaptations, et proposera au jugement du Siège Apostolique une formulation du projet parvenue à
maturité [158].
396. Avant pourtant d’en arriver à de nouvelles adaptations, surtout des adaptations plus en profondeur, il faudra soigneusement veiller à promouvoir avec sagesse et ordre l’information indispensable du clergé et des fidèles, à mettre en application les facultés déjà prévues et à appliquer pleinement les normes pastorales correspondant à l’esprit de la célébration.
397. On observera aussi le principe, selon lequel chaque Église particulière doit être en accord avec l’Église universelle, non seulement sur la doctrine de la foi et sur les signes sacramentels, mais aussi sur les usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue. On doit les observer non seulement pour éviter les erreurs, mais pour transmettre l’intégrité de la foi, car la règle de la prière (
lex orandi) de l’Église correspond à sa règle de foi (
lex credendi)
[159].
Le rite romain constitue une partie notable et précieuse du trésor liturgique et du patrimoine de l’Église catholique, dont les richesses favorisent le bien de l’Église universelle, si bien que leur perte lui nuirait gravement.
Tout au long des siècles, ce rite n’a pas seulement conservé des usages liturgiques nés à Rome même, mais il a su aussi intégrer en lui de manière profonde, organique et harmonieuse, d’autres usages provenant des coutumes et du génie de divers peuples et de différentes Églises particulières tant d’Occident que d’Orient, acquérant ainsi comme un caractère "supra-régional". De nos jours, l’identité du rite romain et l’expression de son unité se manifestent par les éditions typiques des livres liturgiques promulgués par l’autorité du Souverain Pontife et dans les livres correspondants, approuvés pour leur territoire par les Conférences des évêques et reconnus par le Siège
Apostolique [160].
398. . La norme établie par le IIe concile du Vatican est de ne faire des innovations dans la réforme liturgique que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et avec certitude, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique
[161] : elle doit s’appliquer aussi au travail d’inculturation du rite romain lui-même
[162]. L’inculturation nécessite de plus une très longue durée pour que la tradition liturgique authentique ne soit pas altérée par précipitation et imprudence.
Enfin, la recherche d’inculturation ne vise pas du tout à créer de nouvelles familles rituelles, mais à répondre aux besoins d’une culture déterminée, de telle manière toutefois que les adaptations introduites, soit dans le Missel, soit dans les autres livres liturgiques, ne nuisent pas au caractère propre du rite romain
[163].
399. C’est pourquoi le
Missel romain, tout en faisant place à la diversité des langues et à une certaine diversité de coutumes
[164], doit être reçu à l’avenir comme un instrument et un signe évident de l’intégrité et de l’unité du rite romain
[165].