CHAPITRE V : DISPOSITION ET ORNEMENTATION DES ÉGLISES POUR LA CÉLÉBRATION DE L’EUCHARISTIE
I - PRINCIPES GÉNÉRAUX
288. Pour la célébration de l’Eucharistie, le peuple de Dieu se rassemble généralement dans une église ou bien, si elle fait défaut ou en cas d’insuffisances, dans un autre lieu honorable qui soit cependant digne d’un si grand mystère. Ces églises ou ces autres lieux se prêteront à accomplir l’action sacrée et à obtenir la participation active des fidèles. En outre, les édifices sacrés et les objets destinés au culte divin seront dignes et beaux, et capables de signifier et de symboliser les réalités surnaturelles
[108].
289. Aussi l’Église ne cesse-t-elle de faire appel à la contribution d’un art de qualité, et elle prend en considération les valeurs artistiques de tous les peuples et de toutes les régions
[109]. Bien plus, de même qu’elle s’applique à conserver les œuvres d’art et les trésors légués par les siècles passés
[110] et, autant qu’il est nécessaire, à les adapter aux besoins nouveaux, elle s’efforce de promouvoir des créations qui s’accordent à l’esprit de chaque époque
[111].
C’est pourquoi, dans les programmes proposés aux artistes et dans le choix des œuvres à admettre dans les églises, on recherchera des réalisations d’une véritable qualité artistique, pour que ces œuvres nourrissent la foi et la piété et répondent au sens et à la finalité qu’on attend d’elles
[112].
290. Toutes les églises seront dédicacées ou au moins bénites. Mais les églises cathédrales et paroissiales seront dédicacées selon le rite solennel.
291. Pour la construction, la restauration et l’aménagement des édifices sacrés, les responsables consulteront la commission diocésaine de liturgie et d’art sacré. L’évêque diocésain recourra au conseil et à l’aide de cette commission quand il s’agira de fournir des règles en ce domaine, d’approuver les projets de nouveaux édifices et de trancher les questions de quelque importance
[113].
292. L’ornementation de l’église doit viser à une noble simplicité plutôt qu’à un luxe pompeux. Pour choisir les éléments d’ornementation, on aura souci de la vérité des choses et on cherchera à assurer l’éducation des fidèles et la dignité de l’ensemble du lieu sacré.
293. Pour répondre d’une manière opportune aux besoins de notre époque, l’organisation de l’église et de ses dépendances requiert qu’on ne se préoccupe pas seulement de ce qui concerne directement la célébration des actions sacrées, mais qu’on prévoie aussi ce qui contribue à un confort raisonnable des fidèles, comme on a coutume de le prévoir dans les lieux où se tiennent habituellement des réunions.
294. Le peuple de Dieu, qui se rassemble pour la messe, forme une assemblée organisée et hiérarchique, qui s’exprime par la diversité des ministères et des actions selon chaque partie de la célébration. Il faut que le plan d’ensemble de l’édifice sacré soit conçu de manière à offrir en quelque sorte l’image de l’assemblée qui s’y réunit, à permettre la répartition harmonieuse de tous et à favoriser le juste accomplissement de chaque fonction.
Les fidèles et la chorale auront une place qui facilite leur participation active
[114].
Le prêtre célébrant, le diacre et les autres ministres prendront place dans le sanctuaire. On y préparera aussi les sièges des concélébrants, à moins qu’à cause de leur grand nombre on ne dispose leurs sièges dans une autre partie de l’église, mais toujours auprès de l’autel.
Ces dispositions, tout en exprimant l’ordre hiérarchique et la diversité des fonctions, devront aussi assurer l’unité profonde et organique de l’édifice, qui mettra en lumière l’unité de tout le peuple saint. La nature et la beauté du lieu et de tout le mobilier favoriseront la piété et manifesteront la sainteté des mystères qu’on y célèbre.
II – DISPOSITION DU SANCTUAIRE POUR LA CÉLÉBRATION COMMUNAUTAIRE
295. Le sanctuaire est le lieu où se dresse l’autel, où est proclamée la parole de Dieu, où le prêtre, le diacre et les autres ministres exercent leurs fonctions. Il convient qu’il se distingue du reste de l’église soit par une certaine élévation, soit par une structure et une ornementation particulières. Il doit être assez vaste pour que la célébration de l’Eucharistie puisse être accomplie et vue facilement
[115].
L’autel et son ornementation
296. L’autel, où le sacrifice de la croix est rendu présent sous les signes sacramentels, est aussi la table du Seigneur à laquelle, dans la messe, le peuple de Dieu est invité à participer ; il est aussi le centre de l’action de grâce qui s’accomplit pleinement par l’Eucharistie.
297. Dans un lieu destiné au culte, la célébration de l’Eucharistie doit s’accomplir sur un autel ; en dehors d’un lieu sacré, elle peut s’accomplir même sur une table convenable, où l’on mettra toujours la nappe et le corporal, la croix et les chandeliers.
298. Il convient que dans toutes les églises il y ait un autel fixe, qui signifie, de manière claire permanente le Christ Jésus, Pierre vivante (1P 2,4 ; cf. Ep 2,20) ; mais dans les autres lieux destinés aux célébrations sacrées, l’autel peut être mobile.
L’autel est appelé fixe s’il est construit de telle sorte qu’il adhère au pavement et qu’il ne puisse donc pas être déplacé ; on l’appelle mobile s’il peut être déplacé.
299. Il convient, partout où c’est possible, que l’autel soit érigé à une distance du mur qui permette d’en faire aisément le tour et d’y célébrer face au peuple. On lui donnera l’emplacement qui en fera le centre où converge spontanément l’attention de toute l’assemblée des fidèles
[116]. Normalement, il sera fixe et dédicacé.
300. L’autel, qu’il soit fixe ou mobile, sera dédicacé selon le rite du
Pontifical romain ; cependant l’autel mobile pourra être simplement béni.
301. Selon une coutume et un symbolisme traditionnels dans l’Église, la table d’un autel fixe sera en pierre et même en pierre naturelle. Cependant on pourra aussi employer, au jugement de la Conférence des évêques, un autre matériau digne, solide et bien travaillé. Les colonnes ou la base soutenant la table peuvent être en n’importe quel autre matériau, pourvu qu’il soit digne et solide.
L’autel mobile peut être construit en n’importe quelles matières nobles et solides, et qui, selon les traditions et les coutumes des diverses régions, conviennent à l’usage liturgique.
302. Il est opportun de garder l’usage de déposer sous l’autel à dédicacer des reliques de saints, même non martyrs. On veillera cependant à vérifier l’authenticité de ces reliques.
303. Dans la construction des églises nouvelles, il faut n’élever qu’un seul autel, qui soit le signe, au milieu de l’assemblée des fidèles, de l’unique Christ et de l’unique Eucharistie de l’Église.
Dans les églises déjà construites, lorsque la situation de l’ancien autel rend difficile la participation du peuple et qu’on ne peut le déplacer sans porter atteinte à sa valeur artistique, on édifiera un autre autel fixe, bâti avec art et qui sera dédicacé ; et c’est seulement sur cet autel que s’accompliront les célébrations liturgiques. Pour éviter que l’attention des fidèles ne soit distraite du nouvel autel, on ne donnera pas à l’ancien d’ornementation particulière.
304. Par respect pour la célébration du mémorial du Seigneur et pour le banquet où nous sont donnés le Corps et le Sang du Seigneur, on mettra sur l’autel où l’on célèbre au moins une nappe blanche qui par sa forme, ses dimensions et sa décoration convienne à la structure de cet autel.
305. Pour décorer l’autel, on fera preuve de sobriété.
Pendant l’Avent, l’autel sera décoré de fleurs avec la sobriété qui convient au caractère de ce temps et sans anticiper la joie complète de la Nativité du Seigneur. Pendant le Carême, les fleurs à l’autel sont interdites, à l’exception du quatrième dimanche (Laetare), des solennités et des fêtes.
La décoration florale doit toujours être discrète, et disposée autour de l’autel plutôt que sur la table.
306. On ne mettra sur la table de l’autel que ce qui est requis pour la célébration de la messe, c’est-à-dire l’Évangéliaire, depuis le début de la célébration jusqu’à la proclamation de l’Évangile ; et depuis la présentation des dons jusqu’à la purification des vases, le calice avec la patène, le ciboire si c’est nécessaire, enfin le corporal, le purificatoire, la pale et le missel.
On disposera en outre de manière discrète ce qui pourrait être nécessaire pour amplifier la voix du prêtre.
307. Les chandeliers, qui sont requis pour chacune des actions liturgiques (cf. n. 117) afin d’exprimer notre vénération et le caractère festif de la célébration, seront placés, compte tenu de la structure de l’autel et du sanctuaire, ou bien sur l’autel, ou bien autour de lui, de manière à réaliser un ensemble harmonieux, et sans que les fidèles soient gênés pour bien voir ce qui se fait à l’autel ou ce que l’on y dépose.
308. De même, sur l’autel ou à proximité, il y aura une croix, bien visible pour l’assemblée, et portant l’effigie du Christ crucifié. Il convient que cette croix demeure près de l’autel même en dehors des célébrations liturgiques, pour rappeler aux fidèles la passion rédemptrice du Seigneur.
L’ambon
309. La dignité de la parole de Dieu requiert qu’il y ait dans l’église un lieu adapté à sa proclamation et vers lequel, pendant la liturgie de la Parole, se tourne spontanément l’attention des fidèles
[117].
Il convient en règle générale que ce lieu soit un ambon fixe et non un simple pupitre mobile. On aménagera l’ambon, en fonction des données architecturales de chaque église, de telle sorte que les fidèles voient et entendent bien les ministres ordonnés et les lecteurs.
C’est uniquement de l’ambon que sont proclamés les lectures, le psaume responsorial et l’annonce de la Pâque ; on peut aussi y prononcer l’homélie et les intentions de la prière universelle. La dignité de l’ambon exige que seul le ministre de la Parole y monte.
Il convient qu’un nouvel ambon soit béni avant d’être mis en service pour la liturgie, selon le rite prévu dans le
Rituel romain[118].
Le siège pour le prêtre célébrant et les autres sièges
310. Le siège du prêtre célébrant doit être le signe de la fonction de celui qui préside l’assemblée et dirige sa prière. Par conséquent, il sera bien placé s’il est tourné vers le peuple, et situé dans l’axe du sanctuaire, à moins que la structure de l’édifice ou d’autres circonstances ne s’y opposent, par exemple si la trop grande distance rend difficile la communication entre le prêtre et l’assemblée des fidèles, ou si le tabernacle se trouve derrière l’autel, au milieu. On évitera toute apparence de trône
[119]. Il convient que le siège soit béni avant d’être mis en service pour la liturgie, selon le rite prévu dans le
Rituel romain[120].
On disposera aussi dans le sanctuaire des sièges pour les prêtres concélébrants, ainsi que pour les prêtres revêtus de l’habit de chœur qui participent à la célébration sans concélébrer.
On placera le siège du diacre près de celui du prêtre célébrant. Quant aux autres ministres, on disposera leurs sièges de manière à les distinguer clairement des sièges du clergé, et pour qu’ils puissent accomplir facilement leurs fonctions
[121].
III - AMENAGEMENT DE L’EGLISE
La place des fidèles
311. On aménagera la place destinée aux fidèles avec tout le soin désirable, pour qu’ils puissent participer comme il se doit, par le regard et par l’esprit, aux célébrations liturgiques. Il convient ordinairement de mettre à leur disposition des bancs ou des chaises. On doit réprouver l’usage de réserver des sièges à certaines personnes privées
[122]. La disposition des bancs ou des chaises, notamment dans les églises nouvellement construites, permettra aux fidèles d’adopter facilement les attitudes requises par les différents moments de la célébration, et de se déplacer sans encombre pour aller recevoir la sainte communion.
On veillera à ce que les fidèles puissent non seulement voir le prêtre, le diacre et les lecteurs, mais encore, grâce aux moyens techniques modernes, les entendre aisément.
La place de la chorale et des instruments de musique
312. Selon la disposition de chaque église, on placera la chorale de telle sorte qu’apparaisse clairement sa nature : elle fait partie de l’assemblée des fidèles réunie dans l’église, et elle a une fonction particulière qu’elle remplira ainsi plus aisément ; on fera en sorte qu’à la messe chacun de ses membres puisse pleinement participer au sacrement
[123].
313. L’orgue et les autres instruments de musique légitimement approuvés seront installés dans un endroit approprié pour qu’ils puissent soutenir le chant aussi bien du peuple que de la chorale et, s’ils jouent seuls, qu’ils puissent être bien entendus par tous. Il convient que l’orgue soit béni avant d’être mis en service pour la liturgie, selon le rite prévu dans le
Rituel romain[124].
Pendant l’Avent, on se servira de l’orgue et des autres instruments de musique avec la discrétion qui convient au caractère de ce temps, et sans anticiper sur la joie complète de la Nativité du Seigneur.
Pendant le Carême, l’orgue et les autres instruments ne sont autorisés que pour soutenir le chant, à l’exception du quatrième dimanche (Laetare), des solennités et des fêtes.
Le lieu de la réserve eucharistique
314. En fonction des données architecturales de l’église et conformément aux coutumes locales légitimes, la Sainte Eucharistie sera conservée dans un tabernacle placé dans un lieu très noble, insigne, bien visible, bien décoré et permettant la prière
[125].
Le tabernacle sera normalement unique, fixe, fait d’un matériau solide et à l’abri des effractions, non transparent et si bien fermé que soit évité au maximum tout danger de profanation
[126]. Il convient de plus que le tabernacle soit béni avant d’être mis en service pour la liturgie, selon le rite prévu dans le
Rituel romain[127].
315. Il est plus conforme à la vérité du signe que le tabernacle, où la très sainte Eucharistie est conservée, ne soit pas sur l’autel où la messe est célébrée
[128].
Il faut donc que le tabernacle soit placé, au jugement de l’évêque diocésain :
- soit dans le sanctuaire, en dehors de l’autel de la
célébration, sous la forme et dans un endroit qui conviennent mieux, sans
exclure l’ancien autel qui ne servirait plus à la célébration (cf. n. 303) ;
- soit encore dans un oratoire adapté à l’adoration et à la
prière personnelle des fidèles[129], qui dépende architecturalement de l’église et
bien visible des fidèles.
316. Selon la coutume traditionnelle, une lampe spéciale, alimenté avec de l’huile ou de la cire, brillera en permanence près du tabernacle, pour signaler et honorer la présence du Christ
[130].
317. De plus, on n’oubliera aucunement tout ce qui est prescrit, selon les normes du droit, sur la réserve eucharistique
[131].
Les images saintes
318. Dans la liturgie terrestre, l’Église a un avant-goût de la liturgie céleste qui se célèbre dans la Cité sainte de Jérusalem vers laquelle tend son pèlerinage, là où le Christ siège à la droite de Dieu, et en vénérant la mémoire des saints, elle espère partager un jour leur compagnie
[132].
C’est pourquoi, selon une très ancienne tradition de l’Église, les images du Seigneur, de la bienheureuse Vierge Marie et des saints, sont proposées à la vénération des fidèles dans les édifices religieux
[133] ; elles y sont disposées de manière à conduire les fidèles vers les mystères de la foi qui y sont célébrés. Aussi, veillera-t-on à ne pas les multiplier sans discernement et à les disposer de manière à ne pas détourner l’attention des fidèles de la célébration elle-même
[134]. On n’aura normalement pas plus d’une seule image du même saint. D’une façon générale, dans l’ornementation et l’aménagement de l’église en ce qui concerne les images, on aura en vue la piété de toute la communauté ainsi que la beauté et la dignité des images.
CHAPITRE VI : CE QUI EST REQUIS POUR LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE
I - LE PAIN ET LE VIN DESTINÉS À LA CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE
319. Fidèle à l’exemple du Christ, l’Église a toujours employé le pain et le vin avec de l’eau pour célébrer le banquet du Seigneur.
320. Le pain destiné à la célébration eucharistique doit être du pain de pur froment, de confection récente, et, selon la tradition ancienne de l’Église latine, du pain azyme.
321. La vérité du signe demande que la matière de la célébration eucharistique apparaisse vraiment comme une nourriture. Il convient donc que le pain eucharistique, tout en étant azyme et confectionné selon la forme traditionnelle, soit tel que le prêtre, à la messe célébrée avec peuple, puisse vraiment rompre l’hostie en plusieurs morceaux, et les distribuer au moins à quelques fidèles. Cependant, on n’exclut aucunement les petites hosties quand le nombre des communiants et d’autres motifs pastoraux en exigent l’emploi. Mais le geste de la fraction du pain, qui désignait à lui seul l’Eucharistie à l’âge apostolique, manifestera plus clairement la valeur et l’importance du signe de l’unité de tous en un seul pain, et du signe de la charité, du fait qu’un seul pain est partagé entre frères.
322. Le vin de la célébration eucharistique doit provenir du fruit de la vigne (cf. Lc 22, 18), être naturel et pur, c’est-à-dire sans mélange de substances étrangères.
323. On prendra soin de conserver en parfait état le pain et le vin destinés à l’Eucharistie ; on veillera donc à ce que le vin n’aigrisse pas, à ce que le pain ne se gâte, ni ne durcisse trop, ce qui rendrait difficile le geste de la fraction.
324. Il peut arriver que le prêtre, après la consécration ou quand il communie, s’aperçoive qu’il n’avait pas versé du vin mais de l’eau dans le calice ; qu’il vide alors cette eau dans un récipient et qu’il verse du vin avec de l’eau dans le calice ; il le consacrera en disant la partie du récit de l’institution qui se rapporte au calice, sans avoir à consacrer le pain à nouveau.
II - LE MOBILIER LITURGIQUE EN GÉNÉRAL
325. Pour la construction des églises, comme pour tout ce qui se rapporte au mobilier liturgique, l’Église accepte l’art de chaque région, et accueille les adaptations au génie et aux traditions des différents peuples, pourvu qu’effectivement tout corresponde bien à l’usage auquel est destiné le mobilier liturgique
[135].
Dans ce domaine aussi, on recherchera cette noble simplicité qui s’allie parfaitement à l’art véritable.
326. Dans le choix des matériaux destinés au mobilier liturgique, en plus de ceux que l’usage a rendus traditionnels, on peut admettre aussi ceux que, selon l’esprit de notre temps, on estime nobles (cf. N° 390), qui sont durables et bien adaptés à l’usage liturgique. Pour chaque région, c’est la Conférence des évêques qui sera juge en la matière.
III - LES VASES SACRÉS
327. Parmi les objets requis pour célébrer la messe, on honore tout spécialement les vases sacrés et, parmi eux, le calice et la patène dans lesquels le vin et le pain sont offerts, consacrés et consommés.
328. Les vases sacrés seront en métal noble. S’ils sont faits d’un métal susceptible de rouiller ou qui soit moins noble que l’or, ils seront normalement dorés à l’intérieur.
329. Au jugement de la Conférence des évêques, après confirmation des actes par le Siège Apostolique, les vases sacrés peuvent être faits aussi en d’autres matières solides que, dans cette région, tout le monde juge nobles, comme l’ébène ou d’autres bois durs, pourvu que ces matières conviennent à l’usage sacré. Dans ce cas, on donnera toujours la préférence aux matières qui ne se brisent ni ne s’altèrent facilement. Cela vaut aussi pour tous les vases sacrés destinés à recevoir les hosties, comme la patène, le ciboire, la custode, l’ostensoir, et autres du même genre.
330. Les calices et les autres vases destinés à recevoir le Sang du Seigneur auront leur coupe en une matière non poreuse. Quant au pied, il pourra être fait d’autres matières, solides et dignes.
331. Pour la consécration des hosties, on peut employer fort à propos une patène assez grande, dans laquelle on mettra non seulement le pain pour le prêtre et le diacre mais aussi celui pour les autres ministres et les fidèles.
332. Quant à la forme des vases sacrés, l’artiste peut choisir celle qui correspond aux habitudes de chaque région, pourvu que chacun de ces vases soit adapté à l’usage liturgique, auquel il est destiné, et qu’on le distingue clairement des vases à usage quotidien.
333. Pour la bénédiction des vases sacrés, on observera les rites prescrits par les livres liturgiques
[136].
334. On maintiendra la coutume d’installer dans la sacristie une piscine pour y verser l’eau d’ablution des vases et des linges sacrés (cf. n. 280).
IV - LES VÊTEMENTS LITURGIQUES
335. Dans l’Église, qui est le Corps du Christ, tous les membres n’exercent pas la même fonction. Cette diversité des ministères dans la célébration de l’Eucharistie se manifeste extérieurement par la diversité des vêtements liturgiques, qui doivent donc être le signe de la fonction propre à chaque ministre. Il faut cependant que ces vêtements contribuent aussi à la beauté de l’action liturgique. Il convient que les vêtements liturgiques des prêtres et des diacres, ainsi que des ministres laïcs, soient bénis avant de servir pour la liturgie, selon le rite prévu dans le
Rituel romain[137] .
336. Le vêtement liturgique commun aux ministres ordonnés et institués, de tout degré, est l’aube, serrée autour des reins par le cordon, à moins qu’elle ne soit confectionnée de telle manière qu’elle puisse s’ajuster même sans cordon. On mettra un amict avant de revêtir l’aube si celle-ci ne recouvre pas parfaitement l’habit commun autour du cou. On ne peut pas remplacer l’aube par le surplis, même sur la soutane, lorsque l’on doit revêtir la chasuble ou la dalmatique, ou, selon les prescriptions, l’étole seule sans la chasuble ou la dalmatique.
337. Le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la messe et les autres actions sacrées en lien direct avec la messe, est la chasuble, à moins que ne soit prévu un autre vêtement à porter par-dessus l’aube et l’étole.
338. Le vêtement propre au diacre est la dalmatique qu’il doit revêtir par-dessus l’aube et l’étole ; en cas de nécessité pourtant ou pour un moindre degré de solennité, il peut ne pas la mettre.
339. Les acolytes, les lecteurs et les autres ministres laïcs peuvent porter l’aube ou un autre vêtement approuvé dans leur région par la Conférence des évêques (cf. n. 390).
340. Le prêtre porte l’étole autour du cou et la laisse pendre devant la poitrine ; le diacre la porte en sautoir, en travers de la poitrine, de l’épaule gauche au côté droit du corps, où elle se ferme.
341. Le pluvial, ou chape, est utilisé par le prêtre lors des processions et autres actions liturgiques, selon les rubriques propres à chaque rite.
342. En ce qui concerne la forme des vêtements liturgiques, les Conférences des évêques peuvent définir et proposer au Siège Apostolique les adaptations correspondant aux besoins et aux habitudes de chaque pays
[138].
343. Pour la confection des vêtements liturgiques, outre les matières traditionnelles, on peut employer les fibres naturelles propres à chaque pays, ainsi que certaines fibres artificielles pourvu qu’elles conviennent à la dignité de l’action sacrée et de celui qui l’accomplit. En ce domaine, la Conférence des évêques sera juge
[139].
344. La beauté et la noblesse du vêtement ne doit pas tenir à l’abondance des ornements surajoutés, mais à la matière employée et à la forme du vêtement. Celui-ci pourra présenter des motifs, des images ou des symboles qui indiquent un usage sacré, et l’on écartera ceux qui jureraient avec lui.
345. La variété des couleurs pour les vêtements liturgiques vise à exprimer efficacement et visiblement ce qui caractérise les mystères de foi que l’on célèbre et par suite le sens de la vie chrétienne qui progresse à travers le déroulement de l’année liturgique.
346. L’emploi de diverses couleurs des vêtements liturgiques, on observera l’usage reçu, c’est-à-dire :
- On emploie le blanc aux offices et aux messes du Temps
pascal et du Temps de Noël ; en outre, aux célébrations du Seigneur
qui ne sont pas celles de sa Passion ; à celles de la bienheureuse
Vierge Marie, des Anges, des saints qui ne sont pas martyrs, aux
solennités de Tous les saints (1er novembre), et de saint Jean Baptiste
(24 juin), aux fêtes de saint Jean l’Évangéliste (27 décembre), de la
Chaire de saint Pierre (22 février) et de la Conversion de saint Paul (25
janvier).
- On emploie le rouge le dimanche de la Passion et le
Vendredi saint, le dimanche de la Pentecôte, aux célébrations de la
Passion du Seigneur, aux fêtes de la naissance au ciel des Apôtres et des
Évangélistes, et aux célébrations de martyrs.
- On emploie le vert aux offices et aux messes du Temps
ordinaire (« per annum »).
- On emploie le violet aux temps de l’Avent et du Carême. On
peut aussi le prendre pour les offices et les messes des défunts.
- On peut employer le noir aux messes des défunts, là où
c’est la coutume.
- On peut employer le rose, là où c’est l’usage, au
troisième dimanche de l’Avent (Gaudete) et au quatrième dimanche de
Carême (Laetare).
- Aux jours les plus solennels, on peut employer des
vêtements liturgiques festifs et particulièrement beaux, même s’ils ne
sont pas de la couleur du jour.
Cependant les Conférences des évêques peuvent, en ce qui concerne les couleurs liturgiques, déterminer et proposer au Siège Apostolique des adaptations qui correspondent aux besoins et à la mentalité des peuples.
347. On célèbre les messes rituelles avec leur couleur propre ou bien en blanc ou en couleur de fête. On célèbre les messes pour intentions et circonstances diverses avec la couleur propre du jour ou du temps, ou bien en violet si elles ont un caractère pénitentiel (par ex. nn. 31, 33, 38). On dit les messes votives avec la couleur qui convient à la messe célébrée ou bien avec la couleur propre du jour ou du temps.