Ressources Catholiques Missel Romain

précédent
CHAPITRE III : LES OFFICES ET LES MINISTÈRES À LA MESSE
91. La célébration eucharistique est l’action du Christ et de l’Église qui est le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité de l’évêque. C’est pourquoi elle concerne le Corps tout entier de l’Église ; elle le manifeste et l’affecte ; en réalité, elle atteint chacun de ses membres, de façon variée, selon la diversité des ordres, des fonctions et de leur participation effective[75]. De cette manière, le peuple chrétien, "race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté", manifeste sa cohésion et son organisation hiérarchique[76]. C’est pourquoi tous, ministres ordonnés ou fidèles laïcs, en accomplissant leur fonction ou leur office, feront tout ce qui leur revient, et cela seulement[77].
I -LES OFFICES DE L’ORDRE SACRE
92. Toute célébration légitime de l’Eucharistie est dirigée par l’évêque, soit par lui-même, soit par les prêtres qui le secondent[78].
Lorsque l’évêque est présent à la messe où le peuple est rassemblé, il convient au plus haut point que ce soit lui qui célèbre l’Eucharistie et qu’il s’associe les prêtres comme concélébrants dans l’action sacrée. Il ne s’agit pas ici de rehausser la solennité extérieure du rite, mais d’éclairer d’une lumière plus vive le mystère de l’Église, "sacrement de l’unité”[79].
Si l’évêque ne célèbre pas l’Eucharistie, mais charge un autre de le faire, il convient que, revêtu de l’aube et portant par-dessus la croix pectorale, l’étole et la chape, il préside la liturgie de la Parole ; et qu’à la fin de la Messe il donne la bénédiction[80].
93. Le prêtre, lui aussi, est dans l’Église investi, par le sacrement de l’Ordre, du pouvoir sacré d’offrir le sacrifice en la personne du Christ (in persona Christi)[81]. En conséquence il est à la tête du peuple fidèle ici rassemblé, il préside à sa prière, il lui annonce le message du salut, il s’associe le peuple dans l’offrande du sacrifice à Dieu le Père par le Christ dans l’Esprit Saint, il donne à ses frères le pain de la vie éternelle et y participe avec eux. Donc, lorsqu’il célèbre l’Eucharistie, il doit servir Dieu et le peuple avec dignité et humilité et, par sa manière de se comporter et de prononcer les paroles divines, suggérer aux fidèles une présence vivante du Christ.
94. Après le prêtre, le diacre, en vertu de l’ordination sacrée, occupe la première place parmi ceux qui exercent un ministère dans la célébration eucharistique. Depuis le temps mémorable des Apôtres, en effet, l’Ordre sacré du diaconat a été en grand honneur dans l’Église[82]. Dans la messe, le diacre a son rôle propre : il annonce l’Évangile et parfois il prêche la parole de Dieu, il dit les intentions de la prière universelle, il seconde le prêtre en préparant l’autel et en accomplissant son service dans la célébration du sacrifice, il distribue aux fidèles l’Eucharistie, surtout sous l’espèce du vin, et il indique parfois au peuple les gestes et attitudes à adopter.
II - LES FONCTIONS DU PEUPLE DE DIEU
95. Dans la célébration de la messe, les fidèles constituent le peuple saint, le peuple acquis par Dieu et le sacerdoce royal, pour rendre grâce à Dieu et pour offrir la victime sans tache : l’offrir non seulement par les mains du prêtre, mais l’offrir avec lui et apprendre à s’offrir eux-mêmes[83]. Ils s’efforceront donc de le manifester par un profond sens religieux et par leur charité envers les frères qui participent à la même célébration.
Ils éviteront donc toute espèce de particularisme ou de division ; ils se rappelleront toujours qu’ils ont un unique Père dans le ciel et que, pour cette raison, ils sont tous frères et sœurs les uns des autres.
96. Ils constitueront un seul corps que ce soit en écoutant la parole de Dieu, ou en prenant part aux prières et au chant, ou bien surtout par l’oblation commune du sacrifice et la participation commune à la table du Seigneur. Cette unité se manifeste avec beauté du fait que les fidèles ont les mêmes gestes et les mêmes attitudes.
97. Les fidèles ne refuseront pas de se mettre avec joie au service du peuple de Dieu, chaque fois qu’on leur demande d’exercer un ministère ou une fonction particulière dans la célébration.
III - LES MINISTÈRES PARTICULIERS
Le ministère de l’acolyte et du lecteur institués
98. L’acolyte est institué pour servir à l’autel et pour aider le prêtre et le diacre. C’est à lui principalement qu’il revient de préparer l’autel et les vases sacrés et, si cela est nécessaire, de distribuer aux fidèles l’Eucharistie dont il est le ministre extraordinaire[84].
Dans le service de l’autel, l’acolyte a son propre rôle (cf. nn. 187-193) qu’il doit accomplir lui-même.
99. Le lecteur est institué pour proclamer les lectures de l’Écriture sainte, excepté l’Évangile. Il peut aussi proposer les intentions de la prière universelle et, en l’absence d’un psalmiste, dire le psaume entre les lectures.
Dans la célébration eucharistique, le lecteur a sa fonction propre (cf. nn. 194-198), qu’il doit exercer par lui-même.
Les autres fonctions
100. À défaut d’acolyte institué, des ministres laïcs peuvent être choisis pour le service de l’autel et pour aider le prêtre et le diacre ; ils portent la croix, les cierges, l’encensoir, le pain, le vin et l’eau. Ils peuvent même être délégués pour distribuer la communion comme ministres extraordinaires[85].
101. À défaut de lecteur institué, d’autres laïcs seront appelés pour proclamer les lectures de la sainte Écriture, à condition qu’ils soient vraiment aptes et soigneusement préparés à accomplir cette fonction, pour que, à l’écoute des lectures divines, les fidèles, dans leur cœur, éprouvent du goût et un vif amour pour la sainte Écriture[86].
102. Il revient au psalmiste de dire le psaume ou un autre cantique biblique placé entre les lectures. Pour bien remplir sa fonction, il est nécessaire que le psalmiste excelle dans l’art de la psalmodie, possède une bonne prononciation et une bonne diction.
103. Parmi les fidèles, la schola ou la chorale exerce sa fonction liturgique propre ; il lui appartient d’assurer les parties qui lui reviennent en les exécutant comme il se doit, selon les divers genres de chant, et de favoriser la participation active des fidèles par le chant[87]. Ce qui est dit ici de la chorale s’applique, de manière analogue, pour les autres musiciens, et surtout pour l’organiste.
104. Il convient d’avoir un chantre ou un maître de chœur pour guider et soutenir le chant du peuple. Surtout, en l’absence de chorale, il appartient au chantre de mener les divers chants, le peuple continuant à participer selon le rôle qui est le sien[88].
105. . D’autres encore exercent une fonction liturgique :
a) Le sacristain, qui dispose avec soin les livres liturgiques, les vêtements liturgiques et tout ce qui est nécessaire à la célébration de la messe.
b) Le commentateur, qui propose brièvement aux fidèles, si cela est opportun, des explications et des monitions pour les introduire dans la célébration et mieux les disposer à la comprendre. Il faut que les monitions du commentateur aient été préparées avec grand soin et soient claires dans leur sobriété. Pour accomplir sa fonction, le commentateur se tient dans un endroit approprié, face aux fidèles, mais jamais à l’ambon.
c) Ceux qui font les collectes dans l’église.
d) Ceux qui, dans certaines régions, accueillent les fidèles aux portes de l’église, les guident aux places qui leur conviennent, et organisent les processions.
106. Il est bon, au moins dans les églises cathédrales et autres églises importantes, qu’il y ait un ministre compétent ou cérémoniaire pour veiller à ce que les actions liturgiques soient bien organisées et accomplies par les ministres sacrés et les fidèles laïcs avec beauté, ordre et piété.
107. Les fonctions liturgiques qui ne sont pas réservées au prêtre ou au diacre et dont il est question ci-dessus (nn. 100-106) peuvent aussi être confiées, par une bénédiction liturgique ou une délégation temporaire, à des laïcs idoines, choisis par le curé ou le recteur de l’église[89]. Pour ce qui est de la fonction de servir le prêtre à l’autel, on observera les normes établies par l’évêque pour son diocèse.
IV – REPARTITION DES FONCTIONS  ET PREPARATION DE LA CELEBRATION
108. Un seul et même prêtre doit toujours exercer la fonction présidentielle dans toutes ses composantes, excepté ce qui est propre à la messe où l’évêque est présent (cf. ci-dessus n. 92).
109. Si plusieurs personnes capables d’exercer un même ministère sont présentes, rien ne leur interdit de se partager entre elles et d’accomplir les diverses parties du même ministère ou du même office. Par exemple, un diacre peut être chargé de ce qui est à chanter, et un autre du service de l’autel ; s’il y a plusieurs lectures, on les distribuera volontiers entre plusieurs lecteurs, et ainsi de suite. Mais il ne convient pas du tout que plusieurs se divisent entre eux un même élément de la célébration : par exemple, la même lecture lue par deux, l’un après l’autre, sauf s’il s’agit de la Passion du Seigneur.
110. Si, à la messe avec peuple, il n’y a qu’un seul ministre, celui-ci peut exercer diverses fonctions.
111. La préparation pratique de chaque célébration liturgique doit se faire dans l’harmonie et avec soin, selon le Missel et les autres livres liturgiques, entre ceux que cela concerne, soit quant aux rites, soit quant à la pastorale et à la musique, sous la direction du recteur de l’église et aussi en écoutant les avis des fidèles pour ce qui les concerne directement. Quant au prêtre qui préside la célébration, demeure toujours pour lui le droit de décider au sujet de ce qui lui incombe[90].
CHAPITRE IV : LES DIVERSES FORMES DE CÉLÉBRATION DE LA MESSE
112. Dans l’Église locale, on accordera évidemment le premier rang, en raison de ce qu’elle signifie, à la messe présidée par l’évêque entouré de son presbyterium, des diacres et des ministres laïcs[91], et à laquelle le saint peuple de Dieu participe de façon plénière et active. Car c’est alors la principale manifestation de l’Église.
À la messe que l’évêque célèbre, ou à laquelle il préside sans célébrer l’Eucharistie, on observera les normes que l’on trouvera dans le Cérémonial des évêques[92].
113. On doit aussi estimer grandement la messe célébrée avec une communauté, surtout paroissiale, en tant que cette communauté représente l’Église universelle, à un moment et dans un lieu déterminés ; et cela vaut surtout pour la célébration communautaire du dimanche[93].
114. Parmi les messes célébrées par certaines communautés, une place particulière revient à la messe conventuelle comme faisant partie de l’Office quotidien, ou à la messe dite "de communauté". Et bien que ces messes ne comportent aucune forme spéciale de célébration, il convient tout particulièrement qu’elles soient avec chant, et surtout que tous les membres de la communauté y participent pleinement, qu’il s’agisse de religieux ou de chanoines. Dans ces messes, en effet, chacun exerce sa fonction selon l’Ordre ou le ministère qu’il a reçu. Il est bien que tous les prêtres qui ne sont pas tenus de célébrer individuellement dans l’intérêt des fidèles, y concélèbrent dans la mesure du possible. En outre, tous les prêtres de la communauté tenus de célébrer individuellement pour le bien pastoral des fidèles peuvent concélébrer, le même jour, la messe conventuelle ou "de communauté”[94]. Il importe, en effet, que les prêtres qui sont présents à une célébration eucharistique exercent d’ordinaire la fonction de leur Ordre propre, sauf si une juste cause les en excuse, et par conséquent qu’ils y participent comme concélébrants revêtus des vêtements liturgiques. Sinon, ils porteront leur propre habit de chœur ou le surplis sur la soutane.
I - LA MESSE AVEC PEUPLE
115. On entend par "messe avec peuple" celle qui se célèbre avec la participation des fidèles. Aussi, il est bon que, dans la mesure du possible, surtout les dimanches et aux fêtes de précepte, la célébration soit chantée et réunisse un nombre convenable de ministres[95] ; cependant, elle peut aussi se faire sans que l’on chante, et avec un seul ministre.
116. Quelle que soit la messe célébrée, s’il y a un diacre, il exercera sa fonction. Habituellement, il est bon aussi qu’il y ait auprès du prêtre célébrant un acolyte, un lecteur et un chantre. Mais le rite qu’on va décrire ci-dessous prévoit la possibilité d’avoir un plus grand nombre de ministres.
La préparation
117. L’autel sera couvert d’au moins une nappe de couleur blanche. Sur l’autel ou alentour, on mettra des chandeliers avec des cierges allumés : au moins deux pour toute célébration, ou même quatre, ou six, surtout s’il s’agit de la messe dominicale ou d’une fête de précepte, ou encore sept si c’est l’évêque du diocèse qui célèbre. Il y aura aussi sur l’autel ou à proximité une croix avec l’effigie du Christ crucifié. Les chandeliers et la croix avec l’effigie du Christ crucifié pourront être portés dans la procession d’entrée. Sur l’autel même, on pourra mettre, à moins qu’on ne le porte dans la procession d’entrée, l’Évangéliaire, distinct du livre des autres lectures.
118. On préparera aussi :
a) près du siège du prêtre, le missel et, si cela est opportun, le livret des chants ;
b) à l’ambon, le lectionnaire ;
c) sur la crédence : le calice, le corporal, le purificatoire et, si cela est opportun, la pale ; la patène et, si c’est nécessaire, des ciboires ; le pain destiné à la communion du prêtre qui préside, du diacre, des ministres et du peuple ; les burettes avec le vin et l’eau, sauf si tout cela est apporté en procession par les fidèles à l’offertoire ; le vase d’eau à bénir, si l’on fait l’aspersion ; le plateau pour la communion des fidèles ; enfin ce qu’il faut pour se laver les mains.
Il est très souhaitable de recouvrir le calice d’un voile qui peut être de la couleur du jour ou de couleur blanche.
119. Dans la sacristie, selon les diverses formes de célébration, on préparera les vêtements liturgiques du prêtre (cf. nn. 337-341), du diacre et des autres ministres :
a) pour le prêtre : l’aube, l’étole et la chasuble ;
b) pour le diacre : l’aube, l’étole et la dalmatique ; mais celle-ci peut être omise par nécessité, ou pour un degré moindre de solennité ;
c) pour les autres ministres : des aubes ou les autres vêtements légitimement approuvés[96].
Tous ceux qui revêtent l’aube utiliseront le cordon et l’amict, à moins que la forme même de l’aube ne l’exige pas.
Si l’entrée se fait en procession, on préparera aussi l’Évangéliaire ; l’encensoir et la navette d’encens les dimanches et jours de fête, si on emploie l’encens ; la croix qui sera portée en procession, les chandeliers avec des cierges allumés.
A) La messe sans diacre
Rites initiaux
120. Lorsque le peuple est rassemblé, le prêtre et les ministres, portant les vêtements liturgiques, s’avancent vers l’autel, dans l’ordre suivant :
a) le thuriféraire avec l’encensoir fumant, si l’on emploie l’encens ;/div>
b) les ministres qui portent les cierges allumés, et au milieu d’eux, l’acolyte ou un autre ministre avec la croix ;
c) les acolytes et les autres ministres ;
d) le lecteur, qui peut porter l’Évangéliaire en l’élevant un peu, mais non le lectionnaire ;
e) le prêtre qui va célébrer la messe.
Si on emploie l’encens, le prêtre en met dans l’encensoir avant le départ de la procession et le bénit d’un signe de croix sans rien dire.
121. Pendant la procession vers l’autel, on exécute le chant d’entrée (cf. n. 47-48).
122. Lorsqu’ils sont parvenus à l’autel, le prêtre et les ministres font une inclination profonde.
La croix avec l’effigie du Christ crucifié, si elle a été portée en procession, peut être dressée pour devenir la croix de l’autel, qui doit être unique, ou sinon posée dans un autre endroit convenable. Les chandeliers sont placés sur ou près de l’autel ; quant à l’Évangéliaire, il est très souhaitable qu’il soit déposé sur l’autel.
123. Le prêtre monte à l’autel et le vénère par un baiser. Ensuite, si cela est opportun, il encense la croix et l’autel, en en faisant le tour.
124. Cela fait, le prêtre gagne son siège. Quand le chant d’entrée est achevé, tous, prêtre et fidèles, debout, font le signe de la croix. Le prêtre dit : In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti (Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit). Le peuple répond : Amen.
Puis, tourné vers le peuple et étendant les mains, le prêtre le salue avec une des formules proposées. Lui-même ou un autre ministre peut aussi introduire les fidèles à la messe du jour par quelques mots très brefs.
125. Vient ensuite l’acte pénitentiel. Puis on chante ou on dit le Kyrie, selon les rubriques (cf. n. 52)
126. Aux célébrations où cela est prescrit, on chante ou on dit le Gloria (cf. n. 53).
127. Ensuite, le prêtre invite le peuple à la prière. Les mains jointes, il dit : Oremus (Prions ensemble). Et tous, avec lui, prient en silence pendant un instant. Alors le prêtre, les mains étendues, dit la prière d’ouverture (collecte) à la fin de laquelle le peuple dit l’acclamation Amen.
Liturgie de la Parole
128. La prière d’ouverture (collecte) achevée, tous s’assoient. Le prêtre peut, en quelques mots très brefs, introduire les fidèles à la liturgie de la Parole. Le lecteur se rend à l’ambon où le lectionnaire est déjà en place avant la messe, et il y proclame la première lecture que tous écoutent. À la fin, le lecteur dit l’acclamation : Verbum Domini (Parole du Seigneur), et tous répondent : Deo gratias (Nous rendons grâce à Dieu).
On peut alors, si cela est opportun, observer un bref moment de silence pour que tous méditent ce qu’ils ont entendu.
129. Ensuite le psalmiste ou le lecteur lui-même dit le psaume, auquel le peuple répond habituellement par un refrain (cf. n. 61).
130. S’il y a une deuxième lecture avant l’Évangile, le lecteur la proclame à l’ambon ; tous l’écoutent et, à la fin, répondent par l’acclamation comme indiqué ci-dessus (n. 128). Puis, si cela est opportun, on peut observer un bref moment de silence.
131. Ensuite tous se lèvent et on chante l´Alléluia, ou un autre chant, selon les exigences du temps liturgique (cf. n. 62-64).
132. Pendant qu’on chante l´Alléluia ou un autre chant, le prêtre met l’encens, si on l’emploie à cette messe, et le bénit. Puis, les mains jointes, et profondément incliné devant l’autel, il dit à voix basse : Munda cor meum (Purifie mon cœur)..
133. Alors, si l’Évangéliaire est sur l’autel, il le prend et, précédé par les ministres laïcs qui peuvent tenir l’encensoir et les cierges, il se rend à l’ambon, en portant l’Évangéliaire un peu élevé. Tous se tiennent debout, tournés vers l’ambon, manifestant ainsi le respect particulier dû à l’Évangile du Christ.
134. À l’ambon, le prêtre ouvre le livre et, les mains jointes, dit : Dominus vobiscum (Le Seigneur soit avec vous). Le peuple répond : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Le prêtre annonce ensuite : Lectio sancti Evangelii (Évangile de Jésus Christ selon N.), en faisant le signe de la croix avec le pouce sur le livre, puis sur lui-même au front, à la bouche et à la poitrine. Tous se signent de la même manière. Le peuple acclame : Gloria tibi, Domine (Gloire à toi, Seigneur). Si l’on emploie l’encens, le prêtre encense le livre (cf. nn. 276-277). Puis il proclame l’Évangile. À la fin, il ajoute :Verbum Domini (Acclamons la parole de Dieu), et le peuple acclame : Laus tibi, Christe(Louange à toi, Seigneur Jésus !). Le prêtre baise le livre en disant à voix basse : Per evangelica dicta (Que cet Évangile efface nos péchés).
135. S’il n’y a pas de lecteur, le prêtre proclame lui-même toutes les lectures et le psaume, debout à l’ambon. C’est au même endroit qu’il met l’encens, si on l’emploie, qu’il le bénit et que, profondément incliné, il dit : Munda cor meum (Purifie mon cœur).
136. Le prêtre, debout à son siège ou à l’ambon ou, si cela est opportun, à un autre endroit approprié, fait l’homélie, à la fin de laquelle on peut observer un moment de silence.
137. Le Symbole est chanté ou récité par le prêtre avec le peuple, tous se tenant debout (cf. n. 68). Aux mots : Et incarnatus est (Par l’Esprit Saint, il a pris chair), etc. tous s’inclinent profondément ; et, aux solennités de l’Annonciation et de Noël, tous font la génuflexion.
138. Après le Symbole, le prêtre, debout à son siège et les mains jointes, invite les fidèles à la prière universelle par une brève monition. Puis le chantre, ou un lecteur ou quelqu’un d’autre, tourné vers le peuple, dit les intentions de l’ambon ou d’un autre endroit qui convient, et de son côté le peuple participe à la supplication par sa réponse. Enfin le prêtre, les mains étendues, dit la prière de conclusion.
Liturgie eucharistique
139. Lorsque la prière universelle est achevée, tous s’assoient et on commence le chant d’offertoire (cf. n. 74). L’acolyte ou un autre ministre laïc met sur l’autel le corporal, le purificatoire, le calice, la pale et le missel.
140. Il est bien que la participation des fidèles se manifeste par l’offrande du pain et du vin pour la célébration de l’Eucharistie, comme par d’autres dons destinés à subvenir aux besoins de l’Église et des pauvres.
Les offrandes des fidèles sont reçues par le prêtre, avec l’aide de l’acolyte ou d’un autre ministre. Le pain et le vin pour l’Eucharistie sont présentés au prêtre célébrant qui les dépose sur l’autel ; les autres dons sont placés à un autre endroit approprié (cf. n. 73).
141. Le prêtre, à l’autel, reçoit la patène avec le pain, et il la tient des deux mains un peu élevée au-dessus de l’autel, en disant à voix basse : Benedictus es, Domine (Tu es béni). Ensuite, il dépose la patène avec le pain sur le corporal.
142. Puis, se tenant sur le côté de l’autel, le prêtre verse dans le calice le vin et un peu d’eau qu’un ministre lui présente dans les burettes, et il dit à voix basse : Per huius aquae (Comme cette eau). Revenu au milieu de l’autel, il élève un peu le calice qu’il tient des deux mains, en disant à voix basse : Benedictus es, Domine (Tu es béni). Puis il dépose le calice sur l’autel et, si cela est opportun, le couvre de la pale.
S’il n’y a pas de chant d’offertoire ou si l’on ne joue pas de l’orgue, le prêtre peut, en présentant le pain et le vin, dire à haute voix les formules de bénédiction, et chaque fois le peuple répond :Benedictus Deus in saecula (Béni soit Dieu).
143. Après avoir déposé le calice sur l’autel, le prêtre, profondément incliné, dit à voix basse : In spiritu humilitatis (Humbles et pauvres).
144. Ensuite, si on emploie l’encens, le prêtre en met dans l’encensoir, le bénit sans rien dire et encense les offrandes, la croix et l’autel. C’est le ministre qui, en se tenant sur le côté de l’autel, encense le prêtre, puis le peuple.
145. Après la prière In spiritu humilitatis (Humbles et pauvres), ou après l’encensement, le prêtre, debout sur le côté de l’autel, se lave les mains, en disant à voix basse : Lava me, Domine(lave-moi de mes fautes) tandis que le ministre verse l’eau.
146. Revenu ensuite au milieu de l’autel, le prêtre, en se tournant vers le peuple, et en étendant puis en joignant les mains, invite le peuple à la prière en disant : Orate, fratres (Prions ensemble). Le peuple se lève et répond : Suscipiat Dominus (Pour la gloire de Dieu). Ensuite, le prêtre, les mains étendues, dit la prière sur les offrandes. À la fin, le peuple répond : Amen.
147. Le prêtre commence alors la Prière eucharistique. Il choisit, selon les rubriques, une de celles qui se trouvent dans le Missel romain ou qui ont été approuvées par le Siège Apostolique. La Prière eucharistique exige, de par sa nature, que seul le prêtre la prononce, en vertu de son ordination. Le peuple s’associe au prêtre dans la foi et en silence, ainsi que par les interventions prévues au cours de la prière : les réponses au dialogue de la préface, le Sanctus, l’acclamation après la consécration, l’acclamation Amen après la doxologie finale, ainsi que les autres acclamations approuvées par la Conférence des évêques et reconnues par le Saint-Siège.
Il convient tout à fait que le prêtre chante les parties de la Prière eucharistique mises en musique.
148. Le prêtre commence la Prière eucharistique en étendant les mains ; il chante ou dit : Dominus vobiscum (Le Seigneur soit avec vous), et le peuple répond : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Il reprend en élevant les mains : Sursum corda (Élevons notre cœur). Le peuple répond :Habemus ad Dominum (Nous le tournons vers le Seigneur). Puis le prêtre ajoute, les mains étendues : Gratias agamus Domino Deo nostro (Rendons grâce au Seigneur notre Dieu), et le peuple répond : Dignum et iustum est (Cela est juste et bon). Alors le prêtre, les mains étendues, poursuit la préface. Lorsqu’elle est finie, les mains jointes, avec toute l’assistance, il chante ou il dit à voix haute : Sanctus  (Saint !) (cf. n. 79b).
149. Le prêtre continue la Prière eucharistique, selon les rubriques qui se trouvent dans chacune de ces prières.
Si le célébrant est évêque, après les mots : Papa nostro N. (après la mention du Pape), il dit dans les prières : et me indigno famulo tuo (pour moi-même, ton humble serviteur).
De même, si l’évêque célèbre hors de son diocèse, après les mots : Papa nostro N. (après la mention du Pape), il ajoute : et me indigno famulo tuo, et fratre meo N., Episcopo huius Ecclesiae N. (pour moi-même, ton humble serviteur, pour mon frère N., évêque de cette Église de N.)
On doit nommer l’évêque diocésain ou celui qui lui est équiparé en droit en disant cette formule : una cum famulo tuo Papa nostro N. et Episcopo (ou VicarioPraelato, Praefecto, Abbate) nostro N. (pour notre évêque, ou vicaire apostolique ou prélat ou préfet apostolique ou abbé N.)
Dans la Prière eucharistique, on peut aussi nommer les évêques coadjuteurs et auxiliaires mais non les autres évêques qui seraient présents. Quand il y en a plusieurs à nommer, on emploie une formule générale : et Episcopo nostro N. eiusque Episcopis adiutoribus. (pour notre évêque N. et les évêques qui collaborent avec lui).
Dans chaque Prière eucharistique on adaptera les formules pour respecter les normes grammaticales.
150. Un peu avant la consécration, un ministre, si cela est opportun, avertit les fidèles avec la clochette. Puis, il sonne également la clochette à chaque élévation du pain et du vin, conformément aux usages de chaque lieu. Si l’on emploie l’encens, quand le prêtre montre l’hostie et le calice au peuple après la consécration, un ministre les encense.
151. Après la consécration, le prêtre dit : Mysterium fidei (Il est grand, le mystère de la foi), et le peuple poursuit par l’acclamation correspondante, selon l’une des formules prescrites.
À la fin de la Prière eucharistique, le prêtre prend la patène avec l’hostie et le calice et les élève, en disant seul la doxologie : Per ipsum (Par lui). Le peuple acclame : Amen. Ensuite, le prêtre dépose la patène et le calice sur le corporal.
152. Lorsque est achevée la Prière eucharistique, le prêtre, les mains jointes, dit la monition qui précède l’oraison dominicale, puis il poursuit avec le peuple, les mains étendues.
153. Lorsque l’oraison dominicale est terminée, les mains étendues, le prêtre dit seul l’embolisme Libera nos (Délivre-nous), et à la fin le peuple acclame : Quia tuum est regnum (Car c’est à toi qu’appartiennent).
154. Ensuite le prêtre, les mains étendues, dit à haute voix la prière : Domine Iesu Christe, qui dixisti (Seigneur Jésus Christ, tu as dit à tes Apôtres). Lorsqu’elle est finie, il étend puis joint les mains et il dit, tourné vers le peuple Pax Domini sit semper vobiscum (Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous). Le peuple répond : Et cum spiritu tuo (Et avec votre esprit). Ensuite, si cela est opportun, le prêtre ajoute : Offerte vobis pacem (Frères, dans la charité du Christ, donnez-vous la paix).
Le prêtre peut donner la paix aux ministres, en restant cependant toujours dans le sanctuaire, pour ne pas troubler la célébration. Il fera de même s’il veut donner la paix, pour une juste cause, à quelques fidèles. Tous se manifestent la paix, la communion et la charité mutuelle selon la manière établie par la Conférence des évêques. En se donnant la paix, on peut dire : Pax Domini sit semper tecum (Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous), à quoi on répond : Amen.
155. Après cela, le prêtre prend l’hostie, la rompt au-dessus de la patène, et en met une parcelle dans le calice en disant à voix basse : Haec commixtio (Que le Corps et le Sang). Pendant ce temps, le chœur et le peuple chantent ou disent : Agnus Dei (Agneau de Dieu) (cf. n. 83).
156. Alors le prêtre dit, à voix basse et les mains jointes, la prière pour la communion : Domine Iesu Christe, Filii Dei vivi (Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant) ou Perceptio Corporis et Sanguinis (Seigneur Jésus Christ, que cette communion)..
157. Cette prière terminée, le prêtre fait la génuflexion, prend l’hostie consacrée à cette même messe et, la tenant un peu élevée au-dessus de la patène ou du calice, tourné vers le peuple, il dit : Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), et il ajoute avec le peuple : Domine, non sum dignus(Seigneur, je ne suis pas digne).
158. Ensuite, en se tournant vers l’autel, le prêtre dit à voix basse : Corpus Christi custodiat me in vitam aeternam (Que le Corps du Christ me garde pour la vie éternelle), et il consomme avec respect le Corps du Christ. Puis il prend le calice, dit à voix basse : Sanguis Christi custodiat me in vitam aeternam (Que le Sang du Christ me garde pour la vie éternelle), et boit avec respect le Sang du Christ.
159. Pendant que le prêtre consomme le Sacrement, on commence le chant de communion (cf. n. 86).
160. Le prêtre prend alors la patène ou le ciboire, et s’approche des communiants qui ordinairement s’avancent en procession.
Il n’est pas permis aux fidèles de prendre eux-mêmes le pain consacré ou le calice, encore moins de se le transmettre de main en main. Les fidèles communient à genoux ou debout, selon ce qu’aura établi la Conférence des évêques. Quand ils communient debout, il leur est recommandé, avant de recevoir le Sacrement, de faire un geste de vénération approprié, que la Conférence des évêques aura établi.
161. Si la communion est donnée seulement sous l’espèce du pain, le prêtre montre à chacun l’hostie en l’élevant légèrement et dit : Corpus Christi (Le Corps du Christ). Le communiant répond :Amen, et reçoit le Sacrement dans la bouche ou bien, là où cela c’est autorisé, dans la main, selon son choix. Celui qui reçoit la sainte hostie pour communier la consomme aussitôt et intégralement.
Si la communion est donnée sous les deux espèces, on observera le rite décrit en son lieu (cf. n. 284-287).
162. Pour distribuer la communion, le prêtre peut se faire aider par d’autres prêtres qui seraient là. S’il n’y en a pas et que le nombre des communiants soit vraiment élevé, le prêtre peut faire appel pour l’aider à des ministres extraordinaires, c’est-à-dire à un acolyte institué ou même à d’autres fidèles qui sont députés pour accomplir ce rite[97]. En cas de nécessité, le prêtre peut, pour l’occasion, députer des fidèles capables[98].
Ces ministres ne doivent pas avancer vers l’autel avant que le prêtre ait communié. Ils recevront toujours de sa main les saintes espèces eucharistiques à distribuer aux fidèles.
163. Lorsque la distribution de la communion est achevée, le prêtre consomme lui-même aussitôt à l’autel le vin consacré qui pourrait rester ; quant aux hosties consacrées qui restent, ou il les consomme à l’autel, ou il les porte au lieu destiné à conserver l’Eucharistie.
Revenu à l’autel, le prêtre  recueille les fragments, s’il y en a ; puis, se tenant à l’autel ou à la crédence, il purifie la patène ou le ciboire au-dessus du calice ; ensuite, disant à voix basse : Quod ore sumpsimus (Puissions-nous accueillir d’un cœur pur), il purifie le calice et l’essuie avec le purificatoire. Si les vases purifiés sont à l’autel, le ministre les porte à la crédence. Mais il est permis de laisser les vases à purifier, surtout s’ils sont nombreux, après les avoir recouverts comme il faut, à l’autel ou à la crédence, sur le corporal, et de les purifier aussitôt après la messe, une fois le peuple renvoyé.
164. Après cela, le prêtre peut revenir au siège. On  peut observer, pendant un certain temps, un silence sacré ou bien chanter un psaume, un cantique de louange ou une hymne (cf. n. 88).
165. Ensuite, debout au siège ou à l’autel, le prêtre tourné vers le peuple dit, les mains jointes : Oremus (Prions), puis il prononce, les mains étendues, la prière après la communion, que peut précéder un bref moment de silence, à moins qu’on n’ait déjà gardé le silence aussitôt après la communion. À la fin de la prière, le peuple répond : Amen.
suivant