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Jean chap. 16 verset 29. - Ses disciples lui dirent : Voici que, maintenant, vous parlez ouvertement, et vous ne dites plus de parabole. - Ses disciples lui dirent... Le pronom est omis dans les manuscrits א, B, C, D, Λ, Π, etc. - Voici que. Cette particule, aimée de S. Jean, et plus fréquemment employée dans son évangile que dans tous les autres écrits du Nouveau Testament mis ensemble, dénote ici une joyeuse surprise. Jésus venait d'annoncer aux Onze (v. 25) que bientôt il leur parlerait clairement et sans figures ; et ils supposent que ce moment est déjà venu. Aussi, reprenant ses propres paroles, ils mettent les deux verbes au temps présent, vous parlez ouvertement, et vous ne dites plus de parabole, tandis qu'il s'était servi du futur, et ils ajoutent un  maintenant  significatif. Leur réflexion est naïve comme celles que font souvent les enfants : déjà ils croient avoir tout compris ! “ ils les comprenaient si peu qu'ils ne voyaient pas même qu'ils ne les comprenaient point. Ils étaient encore de petits enfants ”, dit spirituellement S. Augustin, h. l.

Jean chap. 16 verset 30. - Maintenant nous savons que vous savez toutes choses, et que vous n'avez pas besoin que personne vous interroge ; voilà pourquoi nous croyons que vous êtes sorti de Dieu.  - Maintenant : avec emphase, ainsi qu'au verset précédent. - Nous savons que vous savez toutes choses.  Absolument toutes choses ; même ce qui se passe au fond des cœurs. Les mots suivants, et que vous n'avez pas besoin que personne vous interroge, ne font que développer cette pensée, en l'appuyant sur un incident récent. Cf. v. 19. - Voilà pourquoi. Pronom très accentué. A cause de cela précisément, parce qu'il connaissait toutes choses. - Nous croyons. Jésus avait parlé de leur foi au temps parfait (v. 27) ; eux, ils la mentionnent comme une chose constamment présente et vraie. - Que vous êtes sorti de Dieu. Non que cette croyance fût pour eux nouvelle et récente (Cf. Matth. 16, 16) ; mais les dernières paroles de leur Maître avaient encore contribué à l'affermir. Le changement des prépositions dans le texte primitif est encore à noter : απο (venant de) succédant à παρα (d’auprès de, v. 27) et à  εκ  (sorti de, v. 28). Celle qu'emploient les apôtres est la moins expressive des trois.

Jean chap. 16 verset 31. - Jésus leur répondit ; Vous croyez à présent ? - A présent marque le moment actuel.  Il y a peu de temps, v. 27, Jésus louait la foi de ses apôtres, afin de les remercier et de les encourager ; et voici que tout à coup, quand ils la mentionnent à leur tour, il leur montre combien elle est encore vacillante !  C'est qu'il veut, en face des terribles événements qui approchent, leur montrer combien il faut qu'ils sachent se défier de leur faiblesse. Maldonat et d'autres commentateurs suppriment le point d'interrogation (Vous croyez, il est vrai ; toutefois…) ; la plupart des interprètes le conservent à meilleur titre (Est-il si sûr que vous croyiez actuellement ?).

Jean chap. 16 verset 32. - Voici que l'heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés, chacun de son côté, et où vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi.  - Voici que, cette fois, est douloureusement solennel (voir la note du v. 29) et introduit une triste prophétie.   - L’heure vient, au présent, comme au v. 25, mais pour désigner une heure plus prochaine encore, qui a pour ainsi dire déjà sonné : et elle est déjà venue, au parfait. Les manuscrits א, A, B, C, D, L, X, etc., omettent le νυν (maintenant) de la Recepta, qui correspond au “ déjà ” de la Vulgate. - Où vous serez dispersés. Expression très pittoresque, qui nous met sous les yeux un troupeau de brebis errant à l'aventure après avoir été complètement dispersé. Cf. Matth. 26, 31. - Chacun de son côté. Sur cette locution, voyez 1, 11 ; 13, 27. Chacun chez soi ; ou, chacun à ses occupations. Leur société va être brisée pour un temps. - Et vous me (avec emphase) laisserez seul : ils abandonneront lâchement Jésus entre les mains de ses ennemis. -  Mais je ne suis pas seul. Notre Seigneur se reprend aussitôt. Lui, il ne sera jamais seul, quand même le “ faisceau d'unité ” se rompra autour de lui (Godet) ;  car il a conscience à tout instant de la sainte et douce présence de son Père : Le Père est avec moi. Quelle divine majesté dans cette parole ! N.-S. Jésus-Christ n'a besoin de personne ; la société du Père lui suffit. Et pourtant il nous aime, et il veut que nous l'aimions aussi ! Insondable mystère.

Jean chap. 16 verset 33. - Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez des afflictions à souffrir ; mais ayez confiance, j'ai vaincu le monde. - Je vous ai dit ces choses. Cette formule, si fréquente dans le discours d'adieu, le désigne ici tout entier (13, 31 -16, 32) ; et c'est une erreur de ne la faire retomber que sur le v. 32 (Schegg, etc.). - Afin que vous ayez la paix en moi (pronom emphatique). En lui, c'est à dire, en demeurant étroitement unis à sa personne sacrée. La paix, malgré les tribulations extérieures ; la vraie paix qu'il a laissée à ses amis (14, 27) comme un précieux héritage. Sa vie s'achève, ainsi qu'elle a commencé (Luc. 2, 14), par un message de paix. - Dans le monde. Par antithèse avec “ en moi ”. En lui, ils auront la paix et la joie ; dans le monde, la guerre et la souffrance. - Vous aurez des afflictions à souffrir. Vigoureuse expression. Cf. v. 22). Le verbe grec est au présent : déjà l'angoisse avait commencé pour les disciples ; elle devait croître après le départ du Sauveur. - Mais (particule adversative : néanmoins, malgré cela) ayez confiance (ici seulement dans les écrits de S. Jean). Qu'ils demeurent absolument inébranlables dans leur confiance. - J’ai (tout à fait majestueux) vaincu le monde. Le parfait de la réalisation complète : déjà le monde est là, gisant aux pieds de Jésus, à la façon d'un ennemi entièrement vaincu. Il y a une énergie incomparable dans ce cri de triomphe. Pourtant, quoi de plus étrange en apparence qu'une telle assertion, au moment où va s'ouvrir la série des humiliations et des défaites extérieures de N. S. Jésus-Christ ? Mais il est absolument sûr de la victoire finale, et ses apôtres, son Église, doivent se rassurer, même au milieu des plus redoutables dangers, en pensant qu'il les protège. C'est une digne et sublime conclusion de ce sublime discours.


 

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