2° Jésus prie pour ses apôtres. 17, 6-19.
6J'ai manifesté votre nom aux hommes que vous m'avez donnés du milieu du monde. Ils étaient à vous, et vous me les avez donnés, et ils ont gardé votre parole. 7Maintenant, ils savent que tout ce que vous m'avez donné vient de vous ; 8car je leur ai donné les paroles que vous m'avez données, et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de vous, et ils ont cru que vous m'avez envoyé. 9C'est pour eux que je prie ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que vous m'avez donnés, parce qu'ils sont à vous. 10Tout ce qui est à moi est à vous, et ce qui est à vous est à moi : et j'ai été glorifié en eux. 11Et déjà je ne suis plus dans le monde ; mais eux, ils sont dans le monde, et moi je viens à Vous. Père saint, gardez en votre nom ceux que vous m'avez donnés, afin qu'ils soient un comme nous. 12Lorsque j'étais avec eux, je les gardais en votre nom. Ceux que vous m'avez donnés, je les ai gardés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sauf le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. 13Mais maintenant je viens à vous, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient ma joie complète en eux-mêmes. 14Je leur ai donné votre parole, et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi non plus, je ne suis pas du monde. 15Je ne vous prie pas de les enlever du monde, mais de les préserver du mal. 16Ils ne sont pas du monde, comme moi non plus, Je ne suis pas du monde. 17Sanctifiez-les dans la vérité. Votre parole est vérité. 18Comme vous m'avez envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. 19Et Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.
Jésus, après avoir prié pour lui-même, intercède pour ceux qui devaient être les continuateurs de son œuvre. Qu’ils soient saints, en vue de leur mission si sainte : Cf. vv. 11 et 17. La supplication proprement dite ne commence qu’au V. 9. Auparavant, vv. 6-8, “ Notre Seigneur donne des raisons pour lesquelles il faut prier ”, S. Thomas, et ces raisons se ramènent à deux principales : ce que les apôtres sont relativement au Père (vv. 6-7, 6e forme une courte transition) ; ce qu’ils ont été relativement au Fils (v. 8).
Jean chap. 17 verset 6. - J'ai manifesté votre nom aux hommes que vous m'avez donnés du milieu du monde. Ils étaient à vous, et vous me les avez donnés, et ils ont gardé votre parole. - J’ai manifesté : j’ai rendu visible. Cf. 1, 31 ; 2, 11 ; 7, 4 ; 21, 1. Ce verbe correspond à “ je vous ai glorifié, j’ai accompli l’œuvre... ” des versets précédents. - Votre nom aux hommes que vous m’avez donnés. Jésus n’a pas communiqué ses révélations célestes aux premiers venus d’entre les hommes, mais à ceux que son Père lui avait spécialement choisis. Cf. vv. 9, 11, 22, 24. - Du milieu du monde. Cf. 15, 16 et l’explication. Les apôtres aussi avaient appartenu au monde coupable. - Ils étaient à vous. Pas seulement d’une manière générale, comme tous les hommes, mais d’une façon très spéciale, à cause du choix dont ils avaient été l’objet. Jésus reviendra dans un instant (v. 9) sur ce trait, pour en faire un pressant motif de sa prière. - Et vous me les avez donnés : c’est au moment de cette donation que le Sauveur lui-même avait élu les Douze pour ses apôtres. Cf. 6, 70 ; 15, 16. Voyez aussi les passages 6, 37, 44, 66 ; 10, 29 ; 18, 9, qui nous montrent également le Père conduisant les hommes à son Christ, ou les lui donnant. - Et ils ont gardé votre parole. Cette parole ne diffère pas de celle du Fils, et est transmise par lui. “ ils ont gardé ”, pour décrire une vigilante attention et un fidèle accomplissement dans le passé. Obéissance très méritoire, parce qu’elle était tout à fait libre. Cf. 1, 11, 12 ; 3, 18, 19 ; 12, 47, 48, etc.
Jean chap. 17 verset 7. - Maintenant, ils savent que tout ce que vous m'avez donné vient de vous. - Heureux effets produits chez les apôtres par l’acceptation obéissante de la parole de Dieu, vv. 7-8 - Maintenant : les choses étant ainsi. - Ils savent, littéralement : ils sont arrivés à connaître ; par conséquent, ils savent. Cf. 5. 3 ; 5, 42 ; 6, 70 ; 8, 52, 55 ; 14, 9, etc. - Que tout (mot accentué) ce que vous m’avez donné… L’œuvre entière de la rédemption, considérée dans ses nombreux détails ; tout le ministère messianique du Seigneur Jésus. - Vient de vous. Notez l’emploi du présent : ces choses sont et demeurent divines.
Jean chap. 17 verset 8. - Car je leur ai donné les paroles que vous m'avez données, et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de vous, et ils ont cru que vous m'avez envoyé. - Car… De quelle manière les disciples sont parvenus à reconnaître que tout était divin dans leur Maître - Les paroles que vous m’avez données : au pluriel, alternant avec le singulier la parole comme en plusieurs autres endroits. Cf. v. 6 ; v, 38, 47, etc. Ce sont ici les révélations en tant qu’elles tombaient une à une des lèvres du Sauveur. - Je leur ai donné, le père ne les lui avait données que pour qu’il les transmette aux hommes, et ils ont connu véritablement. - Ils ont vraiment connu. Adverbe emphatique : la foi des apôtres fut vive et solide, point seulement à la surface. - Que je suis sorti de vous. Ces mots désignent l’origine divine de Jésus. Cf. 16, 28. Les suivants, que vous m’avez envoyés, se rapportent à son rôle de Messie. - Le changement des verbes ont connu d’abord, puis ont cru est à remarquer. Ayant reconnu, les apôtres crurent ; la science les conduisit à la loi. Nous avons trouvé l’ordre inverse au chap. 6, v. 70.
Jean chap. 17 verset 9. - C'est pour eux que je prie ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que vous m'avez donnés, parce qu'ils sont à vous. - Après cette “ recherche de la bienveillance de l’auditoire ”, destinée en quelque sorte à intéresser Dieu le Père aux apôtres, Jésus passe à l’intercession proprement dite, vv. 9-19. Il expose en termes tout à la fois bien délicats et bien vigoureux le grand besoin qu’ils ont des divins secours. - Je : Ce majestueux pronom revient fréquemment dans les chapitres 14-17. - Prie pour eux. “ eux ” est aussi accentué. “ C’est comme s’il disait : je prie pour ceux qui sont semblables à ceux que je viens de décrire ”, Maldonat. - Ce n’est pas pour le monde que je prie. Pour eux, et non pour le monde incrédule. Évidemment, on ne saurait entendre ces paroles d’un refus absolu de prier pour le monde, et leur sens a été souvent exagéré dans les applications mystiques qu’on en a faites. N. -S. Jésus-Christ n’exclut pas le monde de ses supplications, pas plus qu’il ne l’exclut des mérites de sa mort. Il nous a recommandé de prier pour nos ennemis, Matth, 5, 44-45, et il n’a pas manqué de joindre l’exemple au précepte, Luc. 23, 34. Et même, dans un instant, il priera directement pour le monde (v. 23). Il emploie donc cette forme de langage afin de mieux caractériser, de mieux mettre sous les regards et sous l’affection du Père, ses disciples qui étaient l’objet spécial, exclusif, de sa supplication au moment actuel. Mon Père, regardez-les ; c’est uniquement sur eux que j’attire votre attention à l’heure présente. - Mais pour ceux que vous m’avez donnés. Ces mots encore sont fortement accentués. - Parce qu’ils sont à vous. Cf. v. 6 et le commentaire. Quoique donnés à Jésus-Christ, ils demeurent la propriété du Père, qui ne pourra moins faire que de bénir et protéger “ les siens ”.
Jean chap. 17 verset 10. - Tout ce qui est à moi est à vous, et ce qui est à vous est à moi : et j'ai été glorifié en eux. - Tout ce qui est à moi (avec beaucoup d’emphase) est à vous. Quoique exprimée sous une forme générale, et par un neutre très significatif, cette pensée se rattache étroitement à la précédente, “ ils sont à vous ”, v. 9. Jésus met en relief le premier motif pour lequel Dieu doit exaucer sa prière et secourir les apôtres : ceux-ci n’appartiennent pas moins au Père qu’au Fils, tout étant commun entre les personnes divines. - Et ce qui est à vous est à moi, (simplement) : par réciprocité. L’énergie du langage est étonnante. - Et j’ai été glorifié en eux. Autre motif d’une bienveillante écoute de la part du père : Jésus a été glorifié en eux. Comme ailleurs, le verbe au parfait dépeint la chose dans le domaine du passé, tant elle sera sûrement accomplie. Le Sauveur avait confiance en ses disciples, malgré la défaillance qu’il venait de prédire (16, 32). En réalité, ils l’ont glorifié de leur mieux, et ils demeurent des monuments à jamais vivants en son honneur.