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ÉVANGILE SELON SAINT JEAN CHAPITRE 18

L’arrestation de Jésus (vv. 1-11). - Il comparaît devant Anne (vv. 12-14). - Premier reniement de S. Pierre (vv. 15-18). - Jésus au tribunal de Caïphe (vv. 19-24). - Second et troisième reniement de S. Pierre (vv. 25-27). - Les Juifs conduisent Jésus devant Pilate et réclament l’exécution de leur arrêt de mort (vv. 28-32). - Pilate interroge N.-S. Jésus-Christ (vv. 33-38a). - Jésus et Barabbas (vv. 38b-40)

SECTION 2. - LA PASSION de N.-S. JÉSUSCHRIST.

Trois subdivisions principales dans ce drame non moins sublime que douloureux : l’arrestation, 18, 1-11 ; le procès, 18, 12-19, 16a ; le supplice, 19, 16b-42. Pour le fond comme pour la forme, le récit de S. Jean “ coule vraiment dans le même lit ” (Baeumlein) que celui des premiers évangélistes, et ne présente aucune des contradictions que la critique rationaliste prétend y découvrir ; seulement, l’apôtre bien-aimé choisit ici comme ailleurs, parmi les détails biographiques, ceux qui cadrent le mieux avec son plan, et il glisse sur les autres ou les omet entièrement. Il insiste, selon la coutume, sur les idées qui jaillissent des faits, sur les traits psychologiques, sur les “ aspects spirituels ” (Westcott). Conformément au langage de son maître, il aime à représenter la Passion comme une glorification réelle de Jésus, comme un acte tout à fait volontaire de sa part, comme l’accomplissement d’un dessein providentiel concerté d’avance. Le commentaire mettra en relief ces idées dominantes, et aussi les particularités de détail, si nombreuses et si intéressantes.

1. Jésus se livre à ses ennemis, 18, 1-11.

Parall. Matth. 26, 36-56 ; Marc 14, 32-52 ; Luc 22, 39-53

1Après avoir dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples au-delà du torrent du Cédron, où il y avait un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples. 2Judas, qui le trahissait, connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus y était souvent venu avec ses disciples. 3Judas, ayant donc pris un détachement de soldats, et des gardes fournis par les princes des prêtres et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des torches et des armes. 4Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, vint au-devant d'eux, et leur dit : Qui cherchez-vous ? 5lls lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C'est moi. Or Judas, qui le trahissait, se tenait là aussi avec eux. 6Lorsque Jésus leur eut dit : C'est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. 7Il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous ? Et ils dirent : Jésus de Nazareth. 8Jésus répondit : Je vous ai dit que c’est moi ; si donc c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. 9Il dit cela, afin que s’accomplit cette parole qu’il avait dite : De ceux que vous m’avez donnés, je n’en ai perdu aucun. 10Alors Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui coupa l’oreille droite. Ce serviteur s’appelait Malchus. 11Mais Jésus dit à Pierre : Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je pas le calice que mon Père m’a donné ?

Jean chap. 18 verset 1. - Après avoir dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples au-delà du torrent du Cédron, où il y avait un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples. - Après avoir dit ces choses. Aussitôt après avoir achevé sa divine prière, 17, 1-26. - Jésus alla. Il sortit du cénacle, selon les uns ; plus probablement de la ville, d’après l’interprétation que nous avons admise (voyez 24, 31 et l’explication), et qui a le contexte en sa faveur. La nuit devait être assez avancée ; mais tout porte à croire qu’il n’était pas encore minuit, d’après les règles qui prescrivent de ne pas prolonger le festin pascal jusqu’à cette heure. - Avec ses disciples. Moins le traître, qui était alors à ses occupations sinistres. Cf. 13, 27-30. – Au-delà du torrent du Cédron. Cette note topographique est propre à S. Jean ; elle fixe très nettement la situation de Gethsémani. Du reste, le Cédron n’est mentionné en aucun autre endroit du Nouveau Testament. C’est à bon droit que le texte grec le caractérise par l’épithète “ torrent d’hiver ” ; car, s’il roule des eaux assez abondantes à la saison des pluies, son lit est à peu près entièrement à sec durant le reste de l’année. Josèphe aussi emploie cette expression, Ant. 8 1, 5, et de même les Septante dans leur traduction de 2 Reg. 15, 23 ; 4 Reg. 23, 6 ; 1 Mach. 12, 37, etc. Son nom Kidrôn dérive de la racine kadar, être noir, et équivaut par conséquent à “ Niger ” des Latins ; il provient sans doute des eaux troubles et bourbeuses charriées pendant l’hiver (cf. Job 6, 16). La vallée du Cédron prend son origine à quelques pas au-dessous du tombeau des Juges, à une demi-heure environ de la porte de Damas. D’abord large et peu profonde, et dirigée vers l’Est, elle incline brusquement au Sud pour longer à droite le mur oriental de Jérusalem, et à gauche le pied du mont des Oliviers. Peu à peu son talus devient très escarpé du côté de la ville ; elle s’enfonce et se rétrécit graduellement, présentant ça et là un aspect très pittoresque, et garnie de tombeaux sur les deux rives. Deux ponts la traversent : le premier auprès de la porte de S. Étienne et de Gethsémani, le second en face du tombeau d’Absalom. Rejointe au S.-E. de Jérusalem par une autre vallée célèbre, celle d’Hinnom, elle continue de descendre jusqu’au puits de Rogel. De là elle se dirige vers la mer Morte à travers un dédale inextricable de rochers. Voyez R. Riess, Atlas de la Bible, pl. 4 et 6 ; Zimmermann und Socin, Plan des heutigen Jérusalem’s ; l’article Kidron dans les Dictionnaires bibliques de Riehm et de Schenkel ; surtout, Robinson, Palaestina und die angrenzenden Laender, t. 1, p. 387 et ss. - Dans certains textes grecs (B, C, E, G, H, K, L, M, V, X...), le nom propre Kédron est, sans doute à tort, traduit par le nom commun “ des cèdres ”. - Il y avait un jardin. Un clos, le “ praedium Gethsémani ” (domaine de Gethsémani) des synoptiques. De nombreux jardins et vergers ornaient autrefois la déclivité occidentale de la montagne des Oliviers. Les pères aiment à voir dans ce jardin la contrepartie du “ Gan Eden ” (Gen. 2, 8) qui avait été témoin de la chute des premiers hommes. “ Il était juste que le sang du médecin soit répandu (allusion à Luc. 22, 44), à l’endroit même où avait débuté la maladie du malade ”, S. Augustin. - Dans lequel il entra… Sur l’agonie et ses détails, que S. Jean passe totalement sous silence, voyez les autres narrations. D’après Strauss et Keim, notre évangéliste aurait laissé à bon escient ce mystère dans l’ombre, parce qu’il le croyait incompatible avec la grandeur et l’impassibilité avec la grandeur et l’impassibilité qu’il attribue à son héros. Comme si le Christ du quatrième évangile différait de celui dont les trois premiers retracent le portrait !

Jean chap. 18 verset 2. - Judas, qui le trahissait, connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus y était souvent venu avec ses disciples. - Note rétrospective, destinée à servir de transition. Elle explique au lecteur pourquoi Judas, bien qu’alors absent, vint directement et sûrement chercher Jésus à Gethsémani. - Ces deux tournures marquent fort bien le caractère actuel de l’action. - Qui le trahissait. Nouvelle omission du narrateur, qui ne dit rien du marché honteux de Judas. - Connaissait aussi ce lieu. Non seulement le traître connaissait ce lieu, pour le motif qui va être indiqué ; il savait, en outre, qu’il conviendrait à merveille à l’exécution de son infâme projet. - Parce que Jésus y était souvent venu. S. Luc lui-même nous fournit le commentaire : 21, 37 : “ Or, pendant le jour, il enseignait dans le temple, et la nuit il sortait, et demeurait sur la montagne appelée des Oliviers ”. - Avec ses disciples. Judas aussi était souvent entré dans le clos de Gethsémani.

Jean chap. 18 verset 3. - Judas, ayant donc pris un détachement de soldats, et des gardes fournis par les princes des prêtres et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des torches et des armes. - Donc : précisément parce qu’il connaissait la retraite accoutumée de Jésus. Après des préliminaires généraux, nous avons le fait même de la trahison et de l’arrestation, exposé avec une assez longue série de traits nouveaux. - Un détachement de soldats. Ce mot technique est déjà une particularité de S. Jean ; les autres parlent seulement d’une multitude. Il désigne “ la cohorte ” que le procurateur romain conduisait toujours à Jérusalem pour la Pâque, afin de maintenir l’ordre. Elle était casernée dans la citadelle Antonia, qui occupait l’angle N.O. de l’esplanade du temple. Une cohorte, dans le sens strict, formait la dixième partie d’une légion et comprenait environ 600 hommes ; mais il ne saurait être question en cet endroit que d’un détachement plus ou moins considérable, à la tête duquel s’était d’ailleurs placé en personne le chef de la cohorte. C’étaient assurément les princes des prêtres eux-mêmes qui avaient prié Pilate de leur prêter ainsi main forte. Il suffisait, pour le succès d’une semblable requête, de représenter Jésus comme un homme dangereux ; les Romains, en effet, vivaient au temps des fêtes dans une anxiété perpétuelle, à cause des émeutes renouvelées sans cesse, et ils ne demandaient pas mieux que d’en faire disparaître les auteurs possibles. Nous verrons plus loin que Pilate avait déjà reçu des informations au sujet de Jésus quand il le fit comparaître à sa barre. Voilà, dès cet instant, les païens associés aux Juifs comme instruments dans la passion de N.-S. Jésus-Christ. - Des gardes fournis par les princes des prêtres et les pharisiens : les huissiers du Sanhédrin ou des hommes pris dans la police du temple n’étaient pas munis d’armes proprement dites, ni exercés militairement ; les Romains ne l’eussent point permis. - Judas… vint là. Il est le chef sinistre de l’expédition. Il a directement les gardes sous ses ordres pour arrêter Jésus ; quant à la cohorte, elle n’est là que pour les assister en cas de besoin. - Des lanternes et des torches. Les lanternes étaient bien connues des anciens, et ressemblaient à peu près aux nôtres sous leurs différentes formes. Les torches étaient des torches ordinaires. Malgré la pleine lune de Pâque, ces luminaires étaient indispensables pour fouiller l’oliveraie et y découvrir Jésus ; ils faisaient au reste parti de l’équipement des soldats romains pendant la nuit. - Et des armes. Ces armes consistaient, d’après les synoptiques, en glaives (pour les Romains) et en bâtons (pour les valets du Sanhédrin). Quel étonnant déploiement de forces contre l’auguste et douce victime ! Mais les ennemis de Notre Seigneur s’attendaient à une vive résistance de la part de ses disciples, alors si nombreux à Jérusalem : ils prennent tous les moyens capables de s’assurer le succès.

Jean chap. 18 verset 4. - Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, vint au-devant d'eux, et leur dit : Qui cherchez-vous ? - Scène dramatique (vv. 4-8) et complètement propre au quatrième évangile. - Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver. Jésus connaissait, par sa science naturelle et divine, tous les détails de sa passion. Cf. Matth. 26, 46 et parall. Jésus sait donc d’avance tout ce qui l’attend, et il accepte tout avec générosité, malgré les horribles souffrances qu’il prévoit. - Vint au-devant d’eux. Il “ sortit ” soit du jardin même, soit de l’endroit retiré où il se trouvait alors, soit du cercle de ses disciples. - Et leur dit : Qui cherchez-vous ? Ces détails font admirablement ressortir la noble majesté de Jésus, son courage invincible, la liberté avec laquelle il se livra de lui-même entre les mains de ses ennemis. Il n’est pas arrêté par eux, c’est lui qui se constitue leur prisonnier. S’il a fui la royauté (6, 15), il ne fuira pas la mort. Origène mentionne, pour la combattre, l’odieuse et mensongère insinuation des Juifs, d’après laquelle le Sauveur aurait alors manqué de courage. - C’est ici la place du baiser de Judas ; ceux qui le renvoient à la fin du v. 8 n’ont pas remarqué qu’il perd alors toute sa signification, Jésus s’étend déjà fait connaître spontanément.

Jean chap. 18 verset 5. - Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C'est moi. Or Judas, qui le trahissait, se tenait là aussi avec eux. - Les gardes ne s’adressent pas directement à Notre Seigneur (C’est vous que nous cherchons), quoique plusieurs d’entre eux le connussent probablement de vue ; son apparition subite les avait vivement surpris. - Jésus de Nazareth. Ils emploient le nom populaire du Sauveur. Cf. 1, 45. Quelques interprètes croient découvrir, dans la forme usitée ici même, une certaine teinte de mépris. - C’est moi, répond Jésus avec son noble calme et sa divine majesté. - Judas… se tenait là. Par un de ces contrastes saisissants dans lesquels il excelle, S. Jean nous montre (détail tragique qu’il n’avait pu oublier !) à côté de la figure majestueuse du Sauveur le masque satanique de Judas. - Avec eux. Deux troupes étaient donc en face l’une de l’autre à l’entrée du jardin ; le collège apostolique avec Jésus en tête, la bande commandée par Judas. Le traître, après son infâme baiser, s’était retiré vers les siens.

Jean chap. 18 verset 6. - Lorsque Jésus leur eut dit : C'est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. - La scène qui suit eut lieu aussitôt après la réponse de N.-S. Jésus-Christ, et en fut le résultat direct. - Ils reculèrent. Ce fut leur premier mouvement : ils reculèrent épouvantés. - Et tombèrent par terre. Second mouvement. Comme le dit si bien S. Léon, Serm. 1 de Pass., “ Cette troupe formée des hommes les plus féroces, il l’a étendue sur le sol comme si elle avait été frappée par la foudre. Ils s’écroulèrent ces brigands menaçants et terribles ”. Divers exégètes modernes, protestants ou rationalistes, traitent cet incident comme s’il était du domaine purement naturel, et ils se complaisent à rapprocher la terreur des agents de Judas des marques d’effroi manifestées subitement aussi par les assassins de Marius, d’Antoine, par les Gaulois en face des sénateurs romains, etc. C’est une erreur, car nous sommes visiblement en face d’un grand miracle ; miracle que le Sauveur était en quelque sorte tenu d’accomplir, pour manifester sa puissance en même temps qu’il allait accepter l’humiliation. S’il n’y avait eu qu’un saisissement momentané de la peur, il n’est pas croyable qu’il eût atteint toute la bande, même les prétoriens romains pour lesquels Jésus était un inconnu. Les anciens commentateurs n’ont jamais hésité à reconnaître le prodige (voyez Langen, Die letzten Lebenstage Jesu, p. 220-221), et de nombreux auteurs hétérodoxes ne peuvent s’empêcher de l’admettre à leur tour, même Strauss et M. Reuss, tant il ressort  visiblement du texte. Nous avons rencontré déjà, 2, 15-16 ; 7, 46, et surtout Luc 4, 30, des effets analogues, quoique moins étonnants, produits par la majesté et la puissance surhumaine de N.-S. Jésus-Christ.

Jean chap. 18 verset 7. - Il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous ? Et ils dirent : Jésus de Nazareth. - “ Lion et agneau tout ensemble ” (Hengstenberg), Jésus réitère doucement sa question. Les sbires répondent eux-mêmes dans les mêmes termes, mais évidemment avec moins d’arrogance que la première fois, car ils étaient à peine remis de leur frayeur.

Jean chap. 18 verset 8. - Jésus répondit : Je vous ai dit que c’est moi ; si donc c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. - De nouveau le divin Maître se dénonce lui-même et se livre librement entre les mains de ses ennemis. - Mais il ajoute aussitôt, dans sa tendre sollicitude pour ses amis “ si donc c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci ”. Le pronom fut accompagné d’un geste qui désignait le collège apostolique rangé autour de Jésus. Voilà bien le bon Pasteur, qui jusqu’à la fin, pense au salut de son troupeau.

Jean chap. 18 verset 9. - Il dit cela, afin que s’accomplît cette parole qu’il avait dite : De ceux que vous m’avez donnés, je n’en ai perdu aucun. - S. Jean, comme S. Matthieu, se complaît à faire la philosophie de l’histoire du Sauveur. - La parole qu’il avait dite. Voyez 17, 12 ; c’était la seconde partie de la prière sacerdotale. - De ceux que vous m’avez donnés, je n’en ai perdu aucun. Plus haut, Notre Seigneur avait dit : “ aucun d'eux ne s'est perdu ” ; la citation n’est donc pas tout à fait littérale. En outre, il s’agissait alors avant tout d’une ruine spirituelle et morale, tandis que S. Jean parle directement ici d’une préservation matérielle et physique. Mais ceci était compris dans cela ; car les apôtres auraient été incapables actuellement de supporter la persécution et le danger, sans courir un grand risque de perdre la foi.

Jean chap. 18 verset 10. - Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui coupa l’oreille droite. Ce serviteur s’appelait Malchus. - Ce verset et le suivant racontent la courageuse mais intempestive intervention de S. Pierre, épisode commun aux quatre évangélistes. - Alors Simon-Pierre. S. Jean a seul nommé le héros de l’incident ; on pense que les synoptiques s’étaient tenus sur la réserve pour ne pas compromettre S. Pierre, qui vivait encore au temps où ils écrivaient. - Qui avait une épée. Probablement l’un des deux glaives mentionnés par S. Luc, 23, 38. - Le serviteur du grand prêtre. Désigne peut être le serviteur particulier de Caïphe. Il est vraisemblable que cet homme se montrait plus ardent contre Jésus que les autres valets. - Lui coupa l’oreille droite : S. Luc aussi mentionne l’oreille droite. - Ce serviteur s’appelait Malchus. D’après M. Schegg, ce nom hébreu (mélach) signifie “ sel ” ; l’étymologie véritable est plutôt mélech, roi, comme le disait S. Jérôme : “ Malchus, qui signifie, pour nous, en latin roi ”. Ce nom était très fréquent alors. Cf. Jos. Ant. 1, 15, 1 ; 14, 5, 2 ; Bell. Jud. 1, 8, 3, etc. On le prononçait Malchâ.

Jean chap. 18 verset 11. - Mais Jésus dit à Pierre : Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je pas le calice que mon Père m’a donné ? - Le Sauveur ne veut pas permettre que sa cause soit défendue par la violence. Cf. Matth. 26, 52 et ss. - Ne boirai-je pas le calice… S. Jean seul a conservé cette admirable parole, qui est un écho de l’agonie du jardin. Cf. Marc 14, 36 et parall. Mais alors Jésus éprouvait une vive répugnance à boire la coupe d’amertume ; en ce moment il est prêt à la vider. - Que mon Père m’a donné : Le calice de la passion était déjà entre les mains de Jésus. - Les deux négations dans le texte grec font ressortir l’impossibilité absolue de l’hypothèse. La volonté du Christ doit être en parfaite conformité avec celle du Père. Cf. 4, 34.

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