Ressources Catholiques Missel Romain

2. Le Verbe après l’Incarnation. 1, 6-18.

Voici, en effet, que nous passons à une nouvelle période de la vie du divin Logos. “ Jusqu'alors l'évangéliste traitait de la divinité du Verbe, il commence ici à traiter de l'incarnation du Verbe ”, S. Thomas d'Aquin. Avec le verset 6 nous entrons pleinement dans l’histoire du Verbe incarné ; du sein du Père nous passons aux rives du Jourdain. Ainsi qu’il a été dit plus haut, deux subdivisions dans cette seconde partie : versets 6-13, la manifestation historique du Verbe envisagée d’une manière générale ; versets 14-18, les fruits de l’Incarnation plus complètement exprimés.

a. L’Incarnation envisagée d’une manière générale. 1, 6-13.

6Il y eut un homme envoyé de Dieu, dont le nom était Jean. 7Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui. 8Il n'était pas la lumière, mais envoyé pour rendre témoignage à la lumière. 9Celui-là était la vraie lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde. 10Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a pas connu. 11Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu. 12Mais, à tous ceux qui l'ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ; à ceux qui croient en son nom, 13qui ne sont pas nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.

Trois pensées principales sont exposées successivement : versets 6-8, avant de se présenter en personne, le Verbe s’est fait annoncer au monde ; versets 9-11, malgré cette préparation on a refusé de le recevoir ; versets 12-13, ceux qui l’ont reçu ont obtenu, grâce à lui, le privilège de la filiation divine.

Jean chap. 1 verset 6. - Il y eut un homme, envoyé de Dieu, dont le nom était Jean.

Le Précurseur ouvre la marche (versets 6-8), comme dans les synoptiques et dans la vie réelle de N.-S. Jésus-Christ. Le verset 6 indique sa nature et sa dignité ; les versets 7-8 développent son rôle. Très peu de paroles, mais une grande richesse de pensées. S. Jean renvoie tacitement ses lecteurs aux trois premiers évangiles pour les détails. - Il y eut ;  comme au verset 3 ; Le Verbe “ était ”, le Précurseur “ devint ”, il eut un commencement. Notez le manque absolu de transition ; le narrateur passe brusquement à son nouveau sujet. - Un homme, avec emphase. Le Logos était Dieu, Jean-Baptiste n’était qu’un homme. - Envoyé de Dieu. Cet homme est caractérisé d’abord en termes généraux : c’était un apôtre, un divin messager. Cf. Mal. 3, 1 ; 4, 5. La formule grecque n’est pas une simple périphrase pour “ fut envoyé ” ; le participe est un véritable attribut, qui doit être traduit à part : Il y eut un homme, envoyé de Dieu.  - Dont le nom était Jean. Bien beau nom, tout à fait significatif (Iochanan, le Seigneur a fait grâce). Voyez l’Evang. selon S. Luc, p. 35. Le Précurseur est mentionné vingt fois dans le quatrième évangile ; mais jamais on n’y ajoute à son nom l’épithète de Baptiste.

Jean chap. 1 verset 7. - Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui.

- Il résume et récapitule le verset 6 : Cet homme, envoyé de Dieu. - Vint désigne les débuts du ministère public de S. Jean. Matth. 3, 1. “ Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés ”. Cf. Luc. 3, 3. - En témoignage. Voilà, sous son aspect général le rôle de Jean-Baptiste : il devait être un témoin. Les mots suivants, pour rendre témoignage à la lumière déterminent l’objet spécial de sa mission : son témoignage concernait le Verbe Lumière. Sur la particule grecque ινα (pour), dont notre évangéliste fait un si fréquent usage, surtout pour marquer une intention divine, voyez la Préface, § 6, 2 ; μαρτυρειν (témoigner) et μαρτυρία (témoignage) comptent aussi parmi ses expressions favorites : elles reviennent environ cinquante fois dans son évangile, près de quarante fois dans ses épîtres et l’Apocalypse. - Afin que tous crussent. C’était le but final du témoignage de Jean-Baptiste : exciter tous les hommes à croire en N.-S. Jésus-Christ. Sans doute, “ tous ” désigne plus directement les Juifs, car c’est d’abord à leurs oreilles que retentit la prédication du Précurseur (Cf. versets 19 et ss.) ; mais cette expression convient aussi au genre humain tout entier, puisque, dans le plan divin, Jean faisait partie intégrante d’un système religieux au  moyen duquel la foi devait pénétrer chez tous les peuples sans exception. Voyez du reste, Matth. 3, 7-10, la vigueur avec la quelle il contestait l’interprétation outrée que l’Israël d’alors donnait de ses privilèges  nationaux. L’emploi du verbe “ croire ”  sans complément est très fréquent dans le quatrième évangile. Cf. v. 51 ; 4, 41, 42, 48, 53 ; 5, 44 ; 6, 36, 64 ; 11, 15, 40 ; 12, 39 ; 14, 29 ; 19, 35 ; 20, 8, 29, 31. - Par lui : par l’intermédiaire du Précurseur.

Jean chap. 1 verset 8. - Il n’était pas la lumière, mais envoyé pour rendre témoignage à la lumière.

- Il n’était pas… . […] Ce n’est pas lui qui était la lumière. Comparez 2, 21 ; 5, 19, 35, 46, 47 ; 6, 29 ; 8, 42, 44 ; 9, 9, 11, 25, 36, etc. Cet usage est encore caractéristique des écrits de S. Jean. - La lumière, Cf. v. 4. Quelque grand que fût Jean-Baptiste, il n’était pas lui-même source de lumière, mais simplement il réfléchissait la lumière qu'il recevait ; ou, pour employer les expressions de Jésus lui-même (5, 35), “ la lampe qui brûle et qui brille ” (voyez le commentaire). S. Augustin le dit avec son énergie ordinaire : “ Qui était-il pour rendre témoignage de la lumière? C’était quelque chose de grand, grand mérite, grande grâce, grande élévation! Admirez-le, oui, admirez-le, mais admirez-le comme une montagne. Or, une montagne demeure dans les ténèbres, à moins que la lumière ne vienne l’éclairer de ses rayons ”, Tract. 2, 5. - Mais envoyé pour rendre témoignage…Le narrateur insiste d’une manière étonnante sur cette idée : Jean-Baptiste est un témoin du Verbe, pas davantage. Comme on l’a souvent répété, il le fait évidemment dans un but polémique, pour réfuter les erreurs qui avaient cours, même à la fin du premier siècle, sur la personnalité et le rôle du Précurseur. Voyez l’épisode significatif du livre des Actes, 19, 1-6. Cf. Clement. Recognitiones, 1, 54, 60. Jean avait été pourtant si fidèle à sa mission de témoin du Christ ! Voyez dans notre Synopsis evangelica, p. 9-15, la belle série de ses témoignages.

Jean chap. 1 verset 9. - Celui-là était la vraie lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde.

- C’était la vraie lumière. Nous revenons au Verbe Lumière et à son action sur les hommes. Cf. versets 4 et 5. “ Était ” (toujours ce majestueux imparfait) a “ Verbe ” pour sujet sous-entendu ; “ lumière ” est ici un attribut. Les adjectifs vrai et parfait reviennent souvent dans le quatrième évangile et dans les autres écrits de S. Jean ; ils expriment des nuances délicates. Le premier est le contraire de menteur, trompeur ; le second caractérise un être qui correspond à son idéal, qui est par conséquent complet et parfait. Telle est la lumière du Verbe. Cf. 6, 32, “ le vrai pain venu du ciel ” ; 15, 1, “ moi, je suis la vraie vigne ”. - Qui éclaire. Le présent après l’imparfait, comme aux versets 4 et 5 ; construction très expressive. L’objet des divines illuminations du Verbe est marqué par les mots “ tout homme ”. L’absence d’article dans le grec et l’emploi du singulier accentuent davantage la pensée : “ pour que personne ne soit exclu ”, Bengel. Et non seulement personne n’est exclu, mais chaque homme est compris dans cette formule d’une manière individuelle. La plupart des versions anciennes (en particulier l’Itala, la Vulgate, le syriaque, le copte) rattachent à “ homme ”, le qualificatif “ venant en ce monde ”, qui est ambigu dans le texte grec et peut dépendre aussi de “ lumière ” : de même le plus grand nombre des commentateurs. C’est une locution générale calquée sur le mot hébreu des Rabbins (venir au monde, c’est-à-dire “ naître ”), et destinée encore à placer tous les hommes sans exception sous les rayons illuminateurs du Verbe. Quelques interprètes récents préfèrent néanmoins l’autre liaison, et traduisent : Il était la vraie lumière.., laquelle venait (alors) en ce monde. Leur interprétation ajoute, il est vrai, une heureuse idée au texte, en préparant l’apparition historique du Verbe (vers. 10 et 11) ; mais elle a contre elle le texte même, qui favorise le premier sentiment par la place donnée à  “ venant ” Ce participe n’aurait pas été si éloigné du substantif grec s’il eût dû le déterminer. Nous n’avons pas à entrer ici dans les discussions que les défenseurs de l’ontologisme ont suscitées à propos de ce verset. Qu’il suffise de dire que leur théorie n’y trouve aucune base, non plus qu’aucun autre système philosophique. Voyez Corluy, Comm. in evang. Joannis, p. 48 de la 2è édit. ; Haneberg, Schegg, Evang. Nach Johannes, t. 1, p. 86.

Jean chap. 1 verset 10. - Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l’a pas connu.

Phrase analogue à celle du verset 1 : de part et d’autre trois propositions courtes, solennelles, simplement juxtaposées. - Il était dans le monde. On admet communément que l’évangéliste se reporte aux temps qui précédaient l’Incarnation. Cf. versets 4 et 5. Même avant de se manifester aux hommes comme l’un d’entre eux, le verbe vivait au milieu du monde, et il était aisé de le reconnaître dans ses œuvres. L’expression “  monde ”, l’une des plus fréquemment employées par saint Jean (quatre-vingts fois dans son évangile, vingt-deux fois dans sa première épître), désigne ici d’une manière plus spéciale le monde païen, par opposition au peuple théocratique, verset 11. - Et le monde a été fait par lui, Cf. verset 3 et le commentaire. - Et le monde ne l'a pas connu. Nous retrouvons le ton tragique plus encore qu’au verset 5. Le narrateur avait admirablement mis en relief les circonstances qui semblaient devoir préparer au verbe l’accueil le plus favorable de la part du monde. Le monde, où il attestait de tant de manières sa présence bienfaisante ; le monde, où il continuait d’exercer son action créatrice. Et cependant l’incrédulité, quoique impossible en apparence, a été le grand crime de ce monde ingrat : il n’a pas voulu acquérir la connaissance du Verbe. “ Au Dieu inconnu ” : c’est, hélas ! l’inscription qu’on lit de toutes parts au milieu du monde. Cf. Act. 17, 23.

Jean chap. 1 verset 11. - Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu

- Autre insuccès du Verbe, encore plus douloureux parce qu’il paraissait alors impossible. Les versets 9 à 11 forment comme trois cercles concentriques, qui vont se rapprochant progressivement de leur centre commun. Au verset 9, le Logos brille suspendu au firmament moral et illumine divinement tous les hommes ; au verset 10, le voilà en communications plus intimes avec le monde, mais le monde ne s’inquiète pas de lui ; au verset  11, nous le voyons rejeté même d’Israël, son peuple de prédilection. En effet, ce sont certainement les Juifs qui sont désignés par les expressions chez lui. Plusieurs passages de la Bible nous les montrent comme la nation choisie de Dieu, qui lui appartenait en propre (en hébreu littéralement : le peuple de la propriété). La Palestine est la “ terre d’Emmanuel ”. Aussi, les relations du Logos avec Israël sont-elles marquées non par “ était ”, mais par un verbe plus concret, vient. Il est venu dans la Terre Sainte comme “ chez lui ”, pour avoir avec “ les siens ” d’étroites et amicales communications. - Le résultat de sa venue est exprimé sur un ton plus profondément élégiaque et douloureux que jamais : et les siens ne l'ont pas reçu. Les ténèbres n’avaient pas saisi la lumière (verset 5), le monde n’avait pas connu le Verbe (verset 10) ; maintenant nous avons une expression plus forte, qui correspond à une culpabilité plus grande des Juifs : ils ont opiniâtrement et volontairement refusé de recevoir leur Maître, leur Messie Roi. Voyez, dans le grec, le verbe composé qui est ici plein de solennité. Il signifie proprement “ recevoir chez soi ”, et convient très bien pour décrire l’accueil que les Juifs auraient dû faire au Verbe comme nation. Et pourtant, quelle délicatesse dans cette énergie même ! car Israël fut loin de s’en tenir à une incrédulité négative envers N.-S. Jésus-Christ. Comparez Is. 53, 1-6, où les Hébreux confessent tristement leur conduite indigne.

Jean chap. 1 verset 12. - Mais, à tous ceux qui l'ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ; à ceux qui croient en son nom...

- Mais à tous ceux… Toutefois, l’insuccès du Logos ne fut pas absolu. Il trouva soit chez les Juifs, soit dans le monde païen, des partisans fidèles qui adhérèrent à lui. La particule grecque établit un contraste entre ces croyants et les incrédules des versets 10 et 11. “ à tous ceux ” relève le caractère individuel, isolé des conversions. Le monde et Israël, en tant que masses, rejetèrent le Christ ; ce furent de simples particuliers qui le reçurent. On ne fit nulle part à Jésus-Christ de réception officielle, pour ainsi dire. - Il a donné : A ses amis, le Logos sut offrir la plus magnifique récompense en échange de leur dévouement : le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Le terme grec ne désigne pas seulement une possibilité mais un vrai droit, un pouvoir réel. Et quel droit ! Le glorieux et ineffable privilège de la filiation divine, dont S. Paul exposera tout au long les avantages. Remarquez pourtant la différence qui existe : le Fils unique de Dieu possède ce titre de toute éternité ; il ne “ devient ” pas fils comme nous. - A ceux qui croient : L’évangéliste ajoute une explication, pour dire à quelle condition les hommes pourront devenir enfants de Dieu, ou, en d’autres termes, ce que c’est que recevoir le Verbe. L’une et l’autre de ces choses se résume dans la foi, ce mot si important de l’évangile et du christianisme. - En son nom : Hébraïsme d’un usage très commun dans les deux Testaments. Le nom est considéré comme une révélation de celui qui le porte, comme l’expression adéquate de sa nature : croire au nom du verbe c’est donc croire à sa divinité. S. Jean construit le Verbe “ croire ”, tantôt avec la préposition “ en ” et l’accusatif (trente-cinq fois dans son évangile), tantôt simplement avec le datif : la première formule, employée dans ce passage, est beaucoup plus énergique, comme nous le redirons de temps à autre.

Jean chap. 1 verset 13. - qui ne sont pas nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.

 - Beau développement des mots  “enfants de Dieu ” (verset 12). La filiation divine, à laquelle ont droit tous ceux qui croient à N.-S. Jésus-Christ, ne s’obtient pas par la génération humaine, ainsi que le pensaient les Juifs ; comme son nom l’indique, elle provient directement de Dieu. Ces deux idées sont mises en opposition de la manière la plus expressive. La première, sur laquelle S. Jean insiste davantage, est répétée coup sur coup jusqu’à trois fois, au moyen de synonymes énergiques placés en gradation ascendante. - Qui ne sont pas nés du sang. “ non comme le fils d'un mortel, mais comme un rejeton de la race divine ”, Tite Live, 38, 58. Le sang était regardé chez les anciens comme le centre de la vie physique. Cf. Gen. 9, 4 ; Lev. 17, 1, 14 ; Deut. 12, 23, etc. D’après quelques commentateurs, le pluriel  grec désignerait le sang du père et celui de la mère, communiqué à leurs enfants. D’autres le regardent comme un hébraïsme. On voit plus communément aujourd’hui dans l’expression  “ du sang ”  un pluriel idiomatique, et désignant les particules multiples dont le sang, comme tout autre liquide, est composé. - Ni de la volonté de la chair. Par chair, il faut entendre, d’après de nombreux passages du Nouveau Testament et surtout de S. Paul, l’homme animal et ses appétits inférieurs, sensuels. - Ni de la volonté de l’homme. Troisième assertion, qui reprend et résume les deux autres. La gradation est marquée en ces termes par S. Thomas : “ Du sang, donc d'une cause matérielle ; de la volonté de la chair, donc d'une cause liée à la concupiscence ; de la volonté de l'homme, donc d'une cause d'ordre intellectuel ”. La “ volonté de l’homme ”, c’est la personnalité supérieure à l’instinct aveugle. - Mais de Dieu. Contraste saisissant. Un seul mot opposé aux trois qui précèdent ; une naissance toute spirituelle en face de l’origine charnelle et matérielle ; une seconde humanité qui vient remplacer la première. “ Notre naissance est une naissance virginale. Dieu seul nous fait naître de nouveau comme ses enfants ”, Bossuet. - Sont nés. “ ont été engendrés ” en grec. Fait étrange ! S. Irénée et Tertullien protestent contre le pluriel ; ils réclament le singulier comme la vraie leçon, et appliquent ce mot au Verbe de Dieu. C’est une erreur évidente, que le contexte réfute suffisamment, sans parler de tous les documents anciens. Quelle beauté dans ce titre de “ fils de Dieu ” ainsi conféré aux croyants ! Nous le trouvons parfois dans les écrits de l’Ancien Testament pour désigner les relations d’Israël avec Jéhova ; mais il est loin d’avoir la même signification que sous la nouvelle Alliance. Là il exprime seulement une affection, une tendresse particulières, mais jamais une adoption proprement dite. Cf. Ex. 4, 22 et s. ; Deut. 14, 1 ; 32, 11 ; Is. 43, 1, 15 ; 45, 11 ; 63, 16 ; 64, 7 ; Jer. 31, 9, 20 ; Mal. 1, 6 ; 2, 10, etc.

...suite