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Jean chap. 14 verset 6. - Jésus lui dit : Je suis la voie, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père, si ce n'est par moi. - Jésus lui dit. Réponse si profonde et si belle, où le Seigneur, par quelques mots seulement, mais avec tant de netteté, désigne à la fois et la route (Je suis la voie…) et le terme (au Père). Mais il le fait d'après sa méthode accoutumée, négligeant le côté purement théorique, pour appuyer sur le côté pratique qui est le plus important pour nous. Cf. vv. 23-24 ; 3, 4-6 ; 4, 19-24, etc. “ Les apôtres désiraient connaître le chemin que Jésus allait suivre, et le lieu où il voulait se rendre ; sa réponse indique la voie par laquelle le disciple peut suivre son Maître et le rejoindre là où il va ”. L. Abbott, The Gospel according to St. John, p. 174. - Je suis la voie. Le Sauveur renverse l'ordre suivi par S. Thomas dans sa demande implicite, v. 5, et il montre en premier lieu la route, en second lieu le but du mystérieux voyage. Le pronom je est très emphatique. Cf. 6, 35. Dans le texte original le mot chemin, est précédé de l'article, et de même les deux substantifs qui suivent, ce qui les accentue pareillement. Jésus en personne est donc une voie royale et sûre, qui conduit d'une manière infaillible à la maison de son Père et aux nombreuses demeures qu'elle contient (v. 2). C'est là une admirable allégorie, analogue à celles du bon Pasteur (10, 1-16) et de la vigne (15, 1-10), mais beaucoup plus concise puisqu'elle est renfermée dans un seul verset. L'idée exprimée est d'une importance vitale pour la vie chrétienne, et des rationalistes en ont très bien exposé le sens. M. Reuss, par exemple, La Théologie johannique, p. 281  “ Jésus est le chemin… ; il ne guide pas seulement les siens, comme pourrait le faire un voyageur plus expérimenté que d'autres ; il les porte en même temps ; sans lui, le pèlerin cherchant le ciel ne trouverait pas où poser son pied, le sol même lui manquerait ”.  - Deux autres expressions, la vérité, et la vie, commentent la première au propre et sans figure. Jésus est la voie, parce qu'il est, d'une part, le parfait révélateur de Dieu et des choses divines (1, 14, 18), bien plus, la vérité incarnée et manifestée aux hommes ; d'autre part, la vie substantielle et parfaite. Cf. 1, 4 et l'explication ; 6, 50-51 ; 11, 25. Les trois idées se tiennent ; celle que Jésus voulait mettre davantage en relief dans ce passage est placée en avant, puis développée encore dans la seconde moitié du verset. Quoique exacte au fond, l'interprétation de S. Augustin, “ la voie véritable qui conduit à la vie ”, enlève de sa vigueur à la pensée. Chacun connaît le beau commentaire de l'Imitation, Livre 3, c. 56, 1 : “ Suivez-moi : je suis la voie, la vérité et la vie. Sans la voie on n'avance pas ; sans la vérité on ne connaît pas ; on ne vit point sans la vie. Je suis la voie que vous devez suivre, la vérité que vous devez croire, la vie que vous devez espérer. Je suis la voie qui n'égare point, la vérité qui ne trompe point, la vie qui ne finira jamais. Je suis la voie droite, la vérité souveraine, la véritable vie, la vie bienheureuse, la vie incréée. Si vous demeurez dans ma voie, vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous délivrera, et vous obtiendrez la vie éternelle ”. - Personne (sans exception) ne vient au Père : voilà maintenant l'auguste terme auquel conduira cette voie. Et on ne saurait l'atteindre en suivant un autre chemin : si ce n’est par moi. Notez la force des négations. Cf. Eph. 2, 18 : “ Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père ”.

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