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               γ. Conclusion du discours d'adieu. 16, 25-33

25Je vous ai dit ces choses en paraboles. L'heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père. 26En ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous ; 27car le Père vous aime lui-même, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. 28Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; je quitte de nouveau le monde, et je vais auprès du Père. 29Ses disciples lui dirent : Voici que, maintenant, vous parlez ouvertement, et vous ne dites plus de parabole. 30Maintenant nous savons que vous savez toutes choses, et que vous n'avez pas besoin que personne vous interroge ; voilà pourquoi nous croyons que vous êtes sorti de Dieu. 31Jésus leur répondit ; Vous croyez à présent ? 32Voici que l'heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés, chacun de son côté, et où vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. 33Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez des afflictions à souffrir ; mais ayez confiance, j'ai vaincu le monde.

C'est en même temps une sorte de récapitulation. Jésus y prédit aux apôtres, en un majestueux langage, son triomphe et le leur dans l'avenir.

Jean chap. 16 verset 25. - Je vous ai dit ces choses en paraboles. L'heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père. - Je vous ai dit ces choses. A quoi se rapporte “ ces choses ” ? Seulement aux versets 19-24, d'après un certain nombre d'interprètes. A toute la prédication de N.-S. Jésus-Christ, suivant une autre opinion qui est évidemment exagérée. Aux paroles précédentes du discours d'adieu, selon le sentiment qui a nos préférences. - En paraboles. Sous une forme voilée, par conséquent obscure. Voyez la note de 10, 6. Jésus s'était servi d'un assez grand nombre d'expressions figurées durant tout ce discours : son départ, son retour, l'allégorie de la vigne, la femme qui enfante, le “ un peu de temps ”, etc. ; et ces images l'avaient “ couvert d'ombre ”, dit S. Jean Chrysostome.   - L'heure vient (au présent). Elle approche, l'heure où  je ne vous parlerai plus en paraboles. Jusqu'alors les apôtres n'avaient pas été assez mûrs pour entendre la vérité sous sa forme simple et directe : la descente de l'Esprit Saint au jour prochain de la Pentecôte les rendra capables de la recevoir ouvertement, c'est-à-dire sans aucun voile. Cf. 7, 13 et le commentaire. - Je vous parlerai ouvertement du Père. Ces célestes communications, Jésus les fera surtout par son Paraclet ; mais aussi par lui-même entre sa résurrection et son ascension. Cf. Luc. 24, 25-27, 45, etc. Il est difficile de dire si la leçon primitive du texte grec fut “ révéler, faire connaître ” (א, A, B) ou “ annoncer, rapporter les propos ”  (E, G, H, etc.).

Jean chap. 16 verset 26. - En ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous. - En ce jour-là (Cf. v. 23 et l'explication) vous demanderez en mon nom. “ En ce jour là ” par opposition à “ jusqu’à présent ” du v. 24. Jésus venait de constater que jusqu'alors les apôtres n'avaient pas prié en son nom. - Et je ne vous dis pas que... D'après quelques interprètes, la pensée du Sauveur serait : Je n'ai pas besoin de vous dire que je prierai pour vous, car il est évident que je le ferai. Mais tel n'est pas le véritable sens, lequel est nettement déterminé par le v. 27. Mon Père vous aime, et il vous accordera de lui-même toutes les grâces dont vous aurez besoin ; il n'est donc pas nécessaire que je vous promette mon intercession. Toutefois, dit fort bien Tolet, h. l., “ Remarque que Jésus n’a pas nié qu’il demanderait. Car il n’a pas dit : je ne demanderai pas, mais je ne dis pas que je demanderai, afin d’exclure la nécessité de son intervention ”. Cf. Maldonat. C'est la figure de rhétorique appelée prétérition. Sur la médiation et les prières de N.-S. Jésus-Christ dans le ciel, comparez les passages 14, 16 ; Rom. 8, 34 ; Hebr. 7, 25 ; 9, 24 ; 1 Joan. 2, 1 et s., etc. - Je prierai. Le pronom est très accentué. Sur l’emploi du verbe grec correspondant à prier, voyez 14, 16 et la note : c'est ordinairement la demande d'un égal à un égal. - Pour vous : à votre sujet ; nuance délicate qui s'accorde fort bien avec le contexte.

Jean chap. 16 verset 27. - Car le Père vous aime lui-même, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. - Car le Père (“ car ” annonce un développement explicatif) vous aime. Lui-même est emphatique : de lui-même, spontanément, il vous aime. Et remarquez que Jésus emploie, pour exprimer ce sentiment du Père envers les apôtres, non le verbe le plus relevé αγαπα mais φιλει, qui marque mieux une affection tendre et paternelle. Cf. 11, 5 et le commentaire. - Parce que vous (encore l'emphase : vous, par opposition au monde indifférent et même hostile) m’avez aimé. Le parfait exprime très bien la durée et la fidélité de l'amour des disciples pour leur Maître. Et c'est précisément cet amour généreux et fidèle qui leur avait gagné la haute amitié du Père. - Et vous avez cru (de nouveau le parfait). Autre motif pour lequel le Père les chérissait : ils avaient cru fermement à la mission et à la divinité de son Fils. L'amour et la foi, voilà bien les deux qualités essentielles d'un excellent disciple. La foi n'est mentionnée qu'en second lieu, parce qu'elle fut moindre d'abord que l'affection ; mais elle alla peu à peu grandissant avec l'amour.  - Que je suis sorti de Dieu : Telle paraît être la leçon authentique ; quelques manuscrits (B, C, D, L, X) et versions (le copte, le syriaque, etc.) ont lu “ sorti du Père ”.

Jean chap. 16 verset 28. - Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; je quitte de nouveau le monde, et je vais auprès du Père. - Comme on l'a dit, il y a tout un symbole chrétien dans ce verset : l'éternelle génération du Verbe, l'Incarnation, la Rédemption, le triomphe éternel de N.-S. Jésus-Christ, y sont clairement exprimés. - Je suis sorti du Père : D'après une leçon assez accréditée (B, C, L, X), il vaut mieux lire dans le texte grec : εκ (sorti de) au lieu de παρα (d’auprès de), ce qui est beaucoup plus énergique et marque mieux l'unité d'essence. Le point de départ ainsi indiqué n'est pas seulement la présence du Père, mais sa substance même. - Et je suis venu dans le monde : comme Messie Dieu, par l'Incarnation. Le parfait désigne une œuvre entièrement accomplie. - De nouveau... Le premier hémistiche pouvait s'intituler : Du ciel en terre ; celui-ci pourrait se résumer dans les mots : De la terre au ciel. - Je quitte le monde : maintenant que l’œuvre de la Rédemption est achevée. - Et je vais auprès du Père, pour régner éternellement à ses côtés.

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