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b. La drachme perdue. vv. 8-10.

8Ou quelle est la femme qui, ayant dix drachmes, si elle en perd une, n’allume la lampe, ne balaye la maison, et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle la trouve ? 9Et lorsqu’elle l’a trouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue. 10De même, je vous le dis, il y aura de la joie parmi les anges de Dieu, pour un seul pécheur qui fait pénitence.

Autre image, pour exprimer au fond la même pensée, quoique avec les nuances indiquées dans la note du v. 3.

Luc chap. 15 versets 8 et 9. - Ou quelle est la femme qui, ayant dix drachmes, si elle en perd une, n’allume la lampe, ne balaye la maison, et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle la trouve ? 9Et lorsqu’elle l’a trouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue. - S. Ambroise, et divers interprètes après lui, regardent cette femme comme un type de l'Église : « Qui sont ceux-ci ? Père, pasteur, femme ? Dieu n’est-il pas père, le Christ n’est-il pas pasteur, l’Église n’est-elle pas épouse ? ». Il nous semble que les trois figures représentent plutôt une seule et même personne, Dieu ou Notre-Seigneur Jésus-Christ. C'était la pensée de S. Grégoire le Grand : « C’est une seule et même personne que symbolisent le pasteur et la femme, car c’est une seule et même personne qui est Dieu et Sagesse de Dieu », Hom. 34 in Evang. - Ayant dix drachmes. C'était là un avoir bien modeste : un drachme = 1 gramme d'argent [0,5€ en 2015]. Mais, dans ces conditions, la perte d'une drachme sera d'autant plus considérable, surtout pour une pauvre femme qui l'avait péniblement gagnée. La drachme des Grecs, comme le denier de Rome, avait cours à cette époque dans toute la Palestine, de concert avec les monnaies juives. - N'allume la lampe… Petite description vivante, pittoresque, montrant fort bien qu'il s'agit d'une somme relativement importante, puisqu'on se donne tant de peine pour la recouvrer. La drachme, en effet, symbolise l'âme des pécheurs. « Nous sommes les drachmes de Dieu », S. Cyrille. Cfr. S. August. Enarr. in Ps 138. Le récit nous a conduits dans une de ces maisons pauvres de l'Orient, qui ne reçoivent, même en plein jour, qu'un peu de lumière par la porte. Cfr. Tristram, the Land of Israel, 3è édit. p. 405. En outre, l'objet à retrouver est petit : on allume donc la lampe pour rendre les recherches plus faciles. - Balaye la maison. Seconde opération, non moins naturelle que la première, et usitée en tous lieux dans le même but. - Cherche avec soin… Trait d'ensemble, qui porte l'idée principale. Cfr. v. 4. - S. Bernard fait une belle application morale de ces divers détails : « L’âme serait encore à terre, difforme et fétide (l’âme humaine, marquée au coin de Dieu, mais défigurée par le péché)  si cette femme évangélique n’avait pas allumé la lampe, c’est-à-dire, si la sagesse n’était pas apparue dans la chair, n’avait pas mis la maison sens dessus dessous (n’avait par combattu les vices), n’avait pas cherché la drachme qu’elle avait perdue. C’est donc son image, qui avait perdu sa beauté native, et qui, rendue méprisable sous la peau du péché,  était comme cachée dans la poussière. Cette image, elle l’essuiera après l’avoir retrouvée, elle l’éloignera de la région de la dissimilitude, lui fera recouvrer sa beauté première, et la rendra semblable aux saints glorieux. En un mot,  elle la rendra en tout conforme à elle-même », De gratia et libr. Arbitr., 10. - Elle appelle ses amies…. Scène de joie et de congratulation comme au v. 6. La nuance de langage la drachme que j'avais perdue est parfaitement appropriée à la circonstance : la drachme n'appartenait pas à la femme au même titre que la brebis au pasteur, et l'on ne perd pas une pièce de bétail à la façon d'une pièce d'argent.

Luc chap. 15 verset 10. - De même, je vous le dis, il y aura de la joie parmi les anges de Dieu, pour un seul pécheur qui fait pénitence. - Jésus renouvelle en l'abrégeant son assertion solennelle du v. 7. Notez aussi les deux variantes qu'il y introduit, du moins d'après le texte grec. 1° Il ne parle plus au futur, mais au présent. 2° Il ne mentionne pas le ciel en termes abstraits, mais il nous montre les anges chantant de joyeux Te Deum d'actions de grâces pour la conversion des pécheurs. En effet, dit gracieusement S. Bernard, « larmes de pénitence, vin des anges ». Comparez Bossuet, Sermon pour le troisième Dim. Après la Pentecôte, Migne, t. 2, p. 135 et ss. - Adressons souvent à Jésus cette humble prière de S. Augustin : « Je suis la pièce d’argent de Dieu;  je me suis éloigné du trésor.  Prends pitié de moi ! ». Et alors nous aurons quelque espoir de voir se réaliser en nous les vers de Prudence :

« La drachme perdue est cachée dans le trésor royal;

la perle purifiée de la boue dépasse les étoiles en éclat lumineux. ».

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