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c. L'enfant prodigue. vv. 11-32

11Il dit encore : Un homme avait deux fils ; 12et le plus jeune des deux dit à son père : Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. 13Et peu de jours après, le plus jeune fils, ayant rassemblé tout ce qu’il avait, partit pour un pays étranger et lointain, et là il dissipa son bien, en vivant dans la débauche. 14Et après qu’il eut tout dépensé, il survint une grande famine dans ce pays-là, et il commença à être dans le besoin. 15Il alla donc, et s’attacha au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans sa maison des champs pour garder les pourceaux. 16Et il désirait remplir son ventre des gousses que les pourceaux mangeaient ; mais personne ne lui en donnait. 17Et étant rentré en lui-même, il dit : Combien de mercenaires, dans la maison de mon père, ont du pain en abondance, et moi je meurs ici de faim ! 18Je me lèverai, et j’irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi ; 19je ne suis plus digne désormais d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires. 20Et se levant, il vint vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit, et fut ému de compassion ; et accourant, il se jeta à son cou, et le baisa. 21Et le fils lui dit : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. 22Alors le père dit à ses serviteurs : Vite, apportez la plus belle robe, et revêtez-l’en ; et mettez un anneau à sa main, et des chaussures à ses pieds ; 23puis amenez le veau gras, et tuez-le ; et mangeons, et faisons bonne chère ; 24car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à faire grande chère. 25Cependant son fils aîné était dans les champs ; et comme il revenait et s’approchait de la maison, il entendit la musique et les danses. 26Et il appela un des serviteurs, et demanda ce que c’était. 27Celui-ci lui dit : Ton frère est revenu, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il l’a recouvré sain et sauf. 28Il s’indigna, et ne voulait pas entrer. Son père sortit donc, et se mit à le prier. 29Mais, répondant à son père, il dit : Voilà tant d’années que je te sers, et je n’ai jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis ; 30mais dès que cet autre fils, qui a dévoré son bien avec des femmes perdues, est revenu, tu as tué pour lui le veau gras. 31Alors le père lui dit : Mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi ; 32mais il fallait faire bonne chère et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort, et qu’il est revenu à la vie ; parce qu’il était perdu, et qu’il est retrouvé.

Parmi les paraboles évangéliques, il n'en est pas qui ait été plus admirée, plus goûtée que celle-ci. Les rationalistes eux-mêmes ne peuvent contenir leurs transports en face de ce drame parfait, où l'humain et le divin s'associent d'une manière vraiment inimitable. Aussi bien, comme le dit M. van Oosterzee, serait-il aisé de former toute une chrestomathie, en réunissant les principaux éloges qui ont été adressés à cette délicieuse composition. « Parmi toutes les paraboles du Christ, celle-ci est sans contredit la plus excellente. Elle déborde de sentiments, et est peinte avec les  couleurs les plus vives », Grotius. « Jésus-Christ n'eût-il fait autre chose que proposer cette parabole, de combien l'humanité ne lui serait-elle pas redevable ? Oui, je le demande sans redouter aucune contradiction : Où trouvera-t-on une poésie comparable à celle-ci ? Lavater. « Il faudrait des milliers de paroles pour exprimer tous les sentiments de respectueuse admiration que nous éprouvons en la contemplant, en l'étudiant. Que c'est simple, et pourtant que c'est profond ! Chapitre de la vie humaine raconté sans art de la façon la plus transparente, et, en même temps, révélation des plus intimes mystères du royaume des cieux ; tableau parfaitement naturel dans son ensemble, quoiqu'il abonde en significations mystiques jusque dans ses plus petits détails, dans ses moindres coups de pinceau. Comme chaque mot se grave à jamais dans la mémoire ! Comme les applications morales sont riches, inépuisables : comme tout cela est dramatique et vivant :… avec quelle force la conscience se trouve arrêtée ! » Stier. « S'il est permis de comparer entre elles les choses divines, cette parabole mérite d'être appelée la perle et la couronne de toutes les paraboles de l'Écriture ». Trench. « Jamais certainement le langage humain n'a resserré en si peu de paroles, et de paroles impérissables, un tel monde d'amour et de sagesse. » Farrar. - Mais passons : nous louerons plus dignement l’œuvre de Jésus en la méditant, et surtout en réalisant les sublimes leçons qu'elle renferme. Ces enseignements sont tellement nombreux, qu'on a pu nommer sans exagération la parabole de l'Enfant prodigue un « Évangile dans l'Évangile ». Mais ce qu'elle propose par dessus tout, avec une finesse psychologique vraiment exquise, c'est le modèle d'une sincère et solide conversion. Les divers degrés de honte que traverse le pécheur avant d'arriver à sa ruine complète, puis les degrés analogues de son retour vers Dieu, y sont dessinés dans les termes les plus touchants et les plus instructifs, d'une part afin de nous effrayer, de l'autre pour nous encourager. Qu'on aimerait à connaître l'histoire des heureux résultats qu'elle a produits depuis qu'elle est tombée des lèvres de Jésus ! - Sur ses relations avec les paraboles précédentes, voyez la note du v. 3. Elle a été très bien commentée dans l'antiquité par S. Jean Chrysostome (Homil. De patre ac duobus filiis) et par S. Jérôme (Epist. Ad Damas. de filio prodigo). - Ce drame ancien, mais toujours nouveau, se divise en deux actes, auquel est rattaché un assez long épilogue. Le premier acte comprend les vv. 11-16 ; c'est la partie lugubre : on va de chute en chute jusqu'à l'extrême misère. Le second acte, vv. 17-24, décrit au contraire la conversion du prodigue depuis le premier signe de son repentir jusqu'à sa totale réinstallation dans ses anciens droits et privilèges. L'épilogue, vv. 25-32, expose et apprécie la conduite de l'aîné des deux frères.

Luc chap. 15 verset 11. - Il dit encore : Un homme avait deux fils. - Il dit encore : Petite formule de transition pour amener la principale des trois paraboles. - Le récit nous introduit immédiatement au sein d'une riche famille, composée d'un père et de ses deux fils déjà grands. Début fort simple d'une pièce grandiose. Le père n'est autre que Dieu ; cela ressort évidemment du contexte. Mais il règne quelque incertitude parmi les commentateurs relativement aux personnages dont les deux fils sont le type. « Il y en a qui prétendent que le plus âgé de ces deux fils représente les anges. Le jeune homme, pour eux, est l’homme qui s’est éloigné en parcourant un long chemin quand, du ciel et du paradis, il tomba sur la terre. Ce sens provient de pieux sentiments; je doute cependant qu’il soit vrai », S. Jean Chrysostome, l. c. Nous verrons en effet que le fils aîné n'a rien de bien angélique. Les Pères et les exégètes du moyen-âge ont vu assez fréquemment dans les deux frères l'image des Gentils et des Juifs : des Gentils, d'abord séparés du vrai Dieu et livrés à tous les égarements de leurs passions, mais plus tard généreusement convertis à la foi et à la vie chrétienne ; des Juifs superbes, qui auraient voulu jouir seuls des privilèges du royaume messianique, et qui préférèrent n'y avoir aucune part plutôt que de voir les païens en bénéficier aussi. Il est certain que les détails de la parabole cadrent en général assez bien avec cette interprétation. Néanmoins, les meilleurs commentateurs des temps modernes sont d'accord pour reconnaître qu'elle ne doit venir qu'en seconde ligne, et que, directement, l'enfant prodigue représente les publicains et les pécheurs, tandis que son frère figure les Pharisiens et les Scribes. L'introduction historique des vv. 1-3 et l'analogie des deux autres paraboles indiquent en effet que la pensée première de Jésus, lorsqu'il retraçait ce drame admirable, était d'opposer la conduite de ses orgueilleux adversaires à celle des pécheurs convertis qui se pressaient autour de sa personne sacrée. Voyez les commentaires de Corneille de Lapierre, de Maldonat, de Fr. Luc, de Mgr. Mac Evilly, de MM. Bisping, Crombez, Reischl, Dehaut, etc. Du reste, telle était déjà l'opinion de Tertullien, de S. Cyrille, de Théophylacte, etc.

Luc chap. 15 verset 12. - Et le plus jeune des deux dit à son père : Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. - Le plus jeune des deux… On ne doit pas trop presser cette circonstance, car rien ne montre qu'il y ait eu une notable différence d'âge entre les deux frères. - Mon père : appellation de tendresse qui laisse à la demande du jeune fils tout son caractère odieux, dénaturé. Ce n'est d'ailleurs qu'un simple palliatif. - Donne-moi… L'ingrat expose sa requête sous une forme quasi légale ; le langage qu'il emploie est aussi technique que celui d'un juriste. Voyez Sevin, Synopt. Erklaerung der drei ersten Evang. h. l. Il semble réclamer comme un droit, non comme une faveur, ce partage prématuré. Le ton, non moins que la chose même, fait pressentir jusqu'à quel point son cœur a perdu tout sentiment filial. La part dont il demandait le paiement immédiat était probablement la part d'héritage qui devait lui revenir après la mort de son père. D'après la loi juive (Deut. 21, 17. Cfr. Michaelis, Mosaisches Recht, § 79), elle ne consistait, pour les cadets, qu'en la moitié de celle de l'aîné. - Tel est le premier pas du prodigue vers le mal : il veut être libre, il veut jouir. Mais, d'après les principes de ce monde, il n'y a ni liberté ni plaisirs sans argent. C'est pour cela que le jeune fils désire être mis au plus tôt en possession de sa fortune. Image des pécheurs, dont la vie criminelle commence d'ordinaire par un amour immodéré de l'indépendance, de la jouissance : ils trouvent le joug divin trop lourd, et ils le rejettent impatiemment de leurs épaules. - Le père partagea... Quoique rien ne l'y forçât, le père accède à la demande de son fils. Essayer de le retenir malgré lui au sein de la famille dans son état d'âme actuel eût été peine perdue, ou même un mal pire que ceux qu'on pouvait redouter. C'est ainsi que Dieu nous laisse libres de l'abandonner, d'abuser de ses dons pour l'offenser, permettant que nous découvrions, après une triste expérience, combien son service est doux quand on le compare à la tyrannie du monde et des passions. - D'après le contexte, v. 29, le père, après avoir divisé ses biens entre ses deux fils, mit seulement le cadet en possession de la part qui lui revenait, et garda celle de l'aîné en qualité d'administrateur.

Luc chap. 15 verset 13. - Et peu de jours après, le plus jeune fils, ayant rassemblé tout ce qu’il avait, partit pour un pays étranger et lointain, et là il dissipa son bien, en vivant dans la débauche. - Maintenant que le jeune fils est en quelque sorte émancipé, quel usage fera-t-il de sa liberté ? On ne le prévoit que trop. Le v. 12 a raconté le début de sa ruine morale : celui-ci en expose les développements aussi rapides que terribles. L'apostasie de la vie suit bientôt l'apostasie du cœur. Cfr. S. Bernard, De divers. Serm. 8. - Chaque trait porte dans cette tragédie lamentable : Le prodigue convertit toute sa fortune en espèces pour l'emporter et en jouir plus commodément ; cela fait, il partit pour un pays étranger. Pouvait-on désigner plus fortement la manière dont le pécheur s'éloigne de Dieu, la distance énorme qu'il met par sa vie coupable entre lui et son souverain Maître ? C'est d'abord une expatriation, et la terre d'exil est aussi lointaine que possible. « Car le pécheur fuit Dieu, pour demeurer loin de lui », S. Jean Chrysost. « Dans la région éloignée qui est l’oubli de Dieu », S. Augustin (Cat. D. Thom.). « Qui peut s’éloigner plus loin que de soi-même ? Ce ne sont pas les distances qui le séparent (de lui-même), mais les mœurs », S. Ambroise, h.l. - Il dissipa son bien. Le mal va si vite ! Notre prodigue est à peine arrivé sur la terre étrangère, que nous l'y voyons lancé en plein dans cette vie de folles débauches qui détruit une fortune aussi rapidement qu'une âme. - Vivant dans la débauche. Quelle réserve délicate dans cette description ! Dans le texte grec, le verbe désigne la conduite d'un homme qui ne s'impose aucune retenue, dont la vie est un mélange d'intempérance et de prodigalité, en un mot d'un débauché. Cfr. Deyling, Observat. Sacr. t. 3, p. 435 ; Trench, Synonymes du N. Test. § 16. Le mot débauche est employé deux fois par S. Paul, Eph. 15, 18 ; Tit. 1, 6, et une fois par S. Pierre, 1 Petr. 4, 4.

Luc chap. 15 verset 14. - Et après qu’il eut tout dépensé, il survint une grande famine dans ce pays-là, et il commença à être dans le besoin. - Ici commence un second tableau, celui de la misère du prodigue, fruit de ses honteuses dissipations, vv. 14-16. - Après qu'il eut tout dépensé : par opposition à convertit toute sa fortune du v. 13. Si du moins il n'eût sacrifié que ses biens matériels ! - Il survint une grande famine… c'est par une permission spéciale de la Providence que la famine éclata juste au moment où le prodigue se trouvait dénué de ressources. Celui qui ne s'était refusé aucune jouissance sentit bientôt l'aiguillon de la faim : il commença à être dans le besoin. Quel contraste avec sa vie précédente : Mais cela est vrai surtout au moral. Il est une foule de prodigues qui, tout en étant demeurés à la tête d'une fortune florissante, au faîte des honneurs, souffrent réellement de la faim, de la soif, comme l'avait prédit le prophète Amos, 8, 11. « En effet, celui qui s’éloigne du Verbe de Dieu a faim, celui qui s’éloigne de la fontaine a soif; celui qui s’éloigne du trésor est dans la misère; celui qui s’éloigne de la sagesse devient fou », S. Ambroise.

Luc chap. 15 verset 15. - Il alla donc, et s’attacha au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans sa maison des champs pour garder les pourceaux. - Si du moins il quittait le pays de sa ruine pour se diriger immédiatement vers la maison paternelle ! Mais non ; il faut que de nouvelles souffrances, de plus profondes humiliations, viennent briser l'orgueil de son cœur. - Il s'attacha… mot très fort, qui suppose d'une part de vives instances pour obtenir un emploi, de l'autre la plus complète dépendance. Où est ce fier jeune homme qui tenait tant à sa liberté ? Au moral, « Il se soumet totalement au démon celui qui devient vraiment citoyen de la région du péché », Cajetan. Cfr. S. Bernard, De divers. Serm. 8. - Qui l'envoya… L'auditoire dut frémir en entendant ce détail. Un Juif préposé à la garde de l'animal réputé le plus impur au point de vue légal, quelle dégradation ! Les puritains d'Israël craignaient de se souiller en prononçant le nom du porc, qu'ils remplaçaient par une périphrase (« l'autre chose »), et nous savons par Hérodote, 2, 47, que les seules personnes exclues des temples égyptiens étaient les gardeurs de pourceaux. - Les moralistes voient justement dans ce trait un type du péché poussé jusqu'à ses limites les plus honteuses.

Luc chap. 15 verset 16. - Et il désirait remplir son ventre des gousses que les pourceaux mangeaient ; mais personne ne lui en donnait. - Il désirait remplir son ventre… Expression qui étonne tout d'abord sur les lèvres délicates de Jésus ; aussi a-t-elle été parfois, quoique maladroitement, corrigée en rassasier. Mais le Sauveur se proposait de rendre sa narration aussi forte que possible, et certes, le contraste qu'il établit à dessein entre le mangeaient du vil troupeau et le remplir son ventre du porcher a quelque chose de saisissant. Il y a là du reste l'énoncé d'un fait très exact au point de vue physiologique. « Ceux qui sont affamés ont l’habitude de remplir leur ventre avec tout ce qui leur tombe sous la main. Ils ne font aucune distinction entre les différentes nourritures, pourvu qu’ils assouvissent leur faim de loup. », Maldonat, h.l. Et puis, ce qui est une nourriture suffisante pour des animaux ne l'est pas toujours pour l'homme, et tel était précisément le cas. « La nourriture qui ne restaure pas le corps, mais le surcharge », S. Ambroise. Enfin, c'est une vérité morale souvent relevée à cette occasion par les Pères, que les plaisirs sensuels ne parviennent jamais à rassasier le cœur humain. « Il ne peut pas se rassasier, car la volupté a toujours faim d’elle-même », S. Jérôme, l.c. Le poète païen l'a dit aussi : « Courir après les bonnes choses et ne jamais se satisfaire », Lucrèce. - Des gousses. Les gousses en question sont, selon toute vraisemblance, celles du caroubier, arbre de la famille des légumineuses, qui croît abondamment dans toute la Syrie, en Égypte, et même en Italie et en Espagne. Leur longueur habituelle est d'environ un demi pied, leur largeur de 6 à 8 centimètres. Elles contiennent une pulpe blanchâtre au goût fade, quoique légèrement sucré. Aujourd'hui, comme au temps de Jésus, les Orientaux les servent en pâture au bétail : les plus pauvres seulement essaient quelquefois de s'en nourrir. Leur nom sémitique est caroubes. On les a aussi appelées « figues d'Égypte », ou bien « pain de S. Jean », parce qu'on croyait que le Précurseur s'en était nourri dans le désert. Voyez Winer, Bibl. Realwoerterbuch, s.v. Johannisbrodbaum ; Fréd. Hamilton, La Botanique de la Bible, p. 14 et 15. - Personne ne lui en donnait (l'imparfait exprime la continuité : on ne lui en donnait jamais). Quelques auteurs sous-entendent : autre chose, ou une chose meilleur (Alford, Stier, etc.) ; mais le contexte s'oppose à toute addition de ce genre. Personne donc n'offrait au prodigue de ces misérables fruits. On a donné différentes explications de ce fait. Voyez Maldonat, Corneille de Lapierre, etc., h. l. La plus naturelle et la plus simple consiste à supposer que d'autres serviteurs étaient chargés de distribuer les caroubes aux pourceaux, et qu'aucun d'eux ne s'inquiétait du malheureux gardien. Cela montre à quelle détresse ce dernier était réduit ! Mais avait-il le droit de se plaindre ? « C’est en toute justice qu’il ne reçoit pas la nourriture des porcs qu’il convoite celui qui a préféré paître des porcs plutôt que de manger à satiété les mets paternels. », S. Bernard, De Convers. 8.

Luc chap. 15 verset 17. - Et étant rentré en lui-même, il dit : Combien de mercenaires, dans la maison de mon père, ont du pain en abondance, et moi je meurs ici de faim ! - Nous passons au second acte de l'histoire du prodigue, vv. 17-24. On y voit également deux tableaux : 1° la pénitence, vv. 17-20a, 2° le pardon, vv. 20b-24. « Nous avons suivi pas à pas le malheureux égaré sur une voie qui l'écartait de plus en plus de son Dieu. Maintenant nous sommes arrivés à la crise, au changement soudain de cette tragédie d'une âme, et une tâche plus agréable nous reste, celle de retracer les divers degrés de son retour ». Trench, l.c. - Étant rentré en lui-même. Heureuse expression, souvent employée dans le même sens par les classiques grecs et latins. Voyez Kuinoel, h. l. « C’est bien pour lui d’être revenu à lui-même après s’être éloigné de lui-même. En effet, celui qui revient à Dieu retourne à lui-même ; et celui qui s’éloigne du Christ, se renie lui-même », S. Ambroise. A l'école sévère de la miséricorde divine, comme s'exprime S. Augustin, il a fini par s'instruire et comprendre. Son monologue est bien beau, et digne d'un vrai pénitent. Il s'ouvre par un contraste saisissant : Combien de mercenaires dans la maison de mon père ont du pain en abondance (ils ont tout à satiété dans cette maison bénie que j'ai quittée pour mon malheur) : moi, le fils bien-aimé, hélas ! fils rebelle, apostat, dans cette contrée affreuse, je meurs de faim.

Luc chap. 15 versets 18 et 19. - Je me lèverai, et j’irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi ; 19je ne suis plus digne désormais d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires. - Conclusion toute naturelle après de telles prémisses. Il dit « « Je me lèverai, » car il était étendu dans un état de prostration; « et j'irai, » Il était en effet bien éloigné; « vers mon père, » il était devenu le serviteur de celui à qui appartenaient les pourceaux. S. Augustin, De quaest. Evang. 33. Puis arrivé auprès de son père, dont il se rappelle avec confiance toute l'ancienne tendresse, que fera-t-il ? Une humble et sincère confessions : j'ai péché contre le ciel (le ciel personnifié, en tant que résidence de Dieu) et contre toi. Cri d'un cœur coupable, allant droit au cœur miséricordieux du divin offensé ; mais encore faut-il que ce cri soit poussé : « Sois ton propre accusateur, et lui sera ton défenseur », S. Augustin. « Autant la confession des péchés les allège, autant leur dissimulation les alourdit. C’est le désir de satisfaire pour le péché qui conseille la confession;  l’endurcissement dans le péché conseille la dissimulation. Moins tu t’épargnes toi-même, crois-le, plus Dieu t’épargne », Tertullien, de Poenit. 9, 10. Cfr. S. Ambroise, h. l. - Je ne suis pas digne d'être appelé… « Il n'ose pas aspirer à l'affection du fils, qui ne doute pas que tout ce qui est à son père ne soit à lui ; mais il demande la condition du mercenaire, prêt à servir désormais pour un salaire, et encore déclare-t-il ne pouvoir mériter ce sort que par l'indulgence paternelle ! » V. Bède. - Traite-moi comme… Ce comme est plein de délicatesse. Malgré tout, le prodigue est le fils de la maison ; il ne saurait donc devenir un mercenaire pur et simple chez son père. Du moins désire-t-il être traité comme tel.

Luc chap. 15 verset 20a. - Et se levant, il vint vers son père. - Il exécute sans tarder sa noble résolution, montrant par là combien sa pénitence était sincère. Il en est tant qui éprouvent des velléités de conversion et qui ne se convertissent jamais ! Rentrer en soi-même n'est pas toujours revenir à Dieu. Aussi, dit S. Grégoire de Nysse (in Cat. D. Thom.), est-ce là un bel exemple que l'Esprit Saint nous a tracé, afin que nous apprenions comment nous devons déplorer les égarements de notre cœur.

Luc chap. 15 verset 20b. - Comme il était encore loin, son père le vit, et fut ému de compassion ; et accourant, il se jeta à son cou, et le baisa. - Scène touchante au-delà de toute expression, vérifiant à la lettre plusieurs descriptions antiques de la miséricorde divine. Cfr. Ps. 102, 8-12 ; Is. 49, 15. - Comme il était encore loin. D'après un proverbe oriental, pour un pouce de distance qu'un homme franchit afin de s'approcher de Dieu, Dieu en franchit une aune à sa rencontre. Cfr. Von Hammer, Fundgr. des Orients, t. 4, p. 91. Le prodigue est encore bien loin que déjà son père l'a reconnu : car il l'attendait, et, comme la mère de Tobie, il épiait constamment le retour de son fils. - Ému de compassion. Littéralement, ses entrailles s'émurent : mot par lequel les évangélistes expriment si souvent la tendre pitié de Jésus. - Et accourant… les peintres qui ont essayé de représenter l'histoire de l'enfant prodigue se sont inspirés pour la plupart de ce moment délicieux (Salvator Rosa, le Guerchin, Murillo, Spada). Le tableau de Spada contient seulement deux figures à mi-corps ; mais « il serait impossible de rendre avec plus de bonheur cette tendre commisération d'un père oubliant les torts de son fils… La tête du vieillard est admirable. La compassion et l'amour le disputent à l'attendrissement, tandis que le repentir et l'espoir animent les traits du fils, dont la bouche semble prononcer les mots si touchants : Mon père, j'ai péché ». Musée chrétien, p. 140 bis (voir le magnifique poème de Werner, « Gib, Vater, mir heraus mein Erbe »). - Il le baisa. Dans le grec, le verbe signifie couvrir de baisers. Cfr. Matth. 26, 48 et le commentaire.

Luc chap. 15 verset 21. - Et le fils lui dit : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. - Malgré ces marques évidentes de réconciliation et de pardon, le prodigue n'oublie pas la confession de ses fautes. Son père a tiré le voile sur son triste passé, et l'a reçu comme le fils le plus aimant ; néanmoins, il le sent, c'est un devoir pour lui de s'accuser, de s'humilier. Toutefois il est remarquable qu'il ne prononce pas en entier le petit discours qui lui était venu à la pensée dès les premiers instants de sa conversion (vv. 18 et 19). Il omet de dire (en dépit des manuscrits Sinait., B, D, U, X, qui les répètent maladroitement ici) les mots traite-moi comme l'un de…, qui seraient désormais déplacés après l'accueil si affectueux qu'il a reçu. « Pourquoi demanderait-il  à son père d’être traité comme un mercenaire celui qui se voit reçu comme un fils ? », Maldonat.  « Celui qui a désiré être mercenaire quand il n’avait pas de pain, se juge encore indigne de l’être après le baiser du père », S. Augustin Quaest. Evang. 2, 33. Les baisers paternels arrêtèrent donc cette parole sur ses lèvres.

Luc chap. 15 verset 22. - Alors le père dit à ses serviteurs : Vite, apportez la plus belle robe, et revêtez-l’en ; et mettez un anneau à sa main, et des chaussures à ses pieds. - Le père, dans cette scène entière, demeure tout-à-fait muet à l'égard de son fils. Quand l'émotion lui permet de parler, ce n'est pas à lui qu'il s'adresse pour le rassurer, mais à ses serviteurs pour leur donner des ordres. Toutefois, que cela est naturel, et comme ces ordres sont expressifs ! Ils impliquent la réhabilitation la plus complète du coupable, le pardon le plus absolu. - Vite, apportez la plus belle robe. L'adverbe « vite » manque dans la Recepta ; mais son authenticité est suffisamment garantie par l'Itala, la Vulgate et les meilleurs manuscrits grecs. Par « la plus belle robe », il faut entendre vraisemblablement la robe la plus belle et la plus précieuse qui fût dans le vestiaire paternel. Les haillons du prodigue vont faire place à ce noble vêtement des fils de famille. Cfr. Marc. 12, 38 ; 16, 5 ; Ant. Rich., Dict. des antiq. rom. et grecq. s.v. Stola. Au moral, cette robe figure le « vêtement de l'Esprit Saint » (Tertullien), le recouvrement de la dignité que le péché nous avait enlevée (S. Augustin). - Mettez un anneau à sa main. Dans l'antiquité, l'anneau, et spécialement l'anneau à gemme servant de sceau, comme le portaient les hommes, était un signe de distinction, d'autorité. Cfr. Gen. 41, 42 ; Jac. 2, 2. Voilà pourquoi on le passe au doigt du prodigue. Quant aux chaussures, elles étaient regardées comme une marque de liberté, car les esclaves allaient toujours nu-pieds. Elles représentent ici le zèle avec lequel le nouveau converti marchera désormais dans la voie des divins préceptes (Cfr. Eph. 6, 15), de même que l'anneau symbolisait son union éternelle avec le Seigneur (Os. 2, 19 et 20).

Luc chap. 15 versets 23 et 24. - Puis amenez le veau gras, et tuez-le ; et mangeons, et faisons bonne chère ; 24car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à faire grande chère. - L'heureux père veut en outre fêter le retour de son fils par un joyeux banquet, en vue duquel il commande à ses serviteurs de tuer sur le champ le veau le plus gras de l'étable, mis en réserve et délicatement nourri, selon l'usage oriental, pour célébrer le premier événement prospère qui surviendrait dans la famille. - Les Pères ont volontiers envisagé ce veau gras comme l'emblème de Notre-Seigneur Jésus-Christ, « dont nous mangeons chaque jour la chair et buvons le sang » (S. Jérôme). Toutefois, nous dirons avec Maldonat, que cette interprétation, quelque ingénieuse qu'elle paraisse, n'est pas littérale, mais simplement mystique. Voyez dans S. Irénée, 3, 11, un autre rapprochement plein d'intérêt. - Mangeons et faisons bonne chère. Les propriétaires de la brebis égarée, de la drachme perdue, avaient désiré que leurs voisins et amis prissent part à leur joie ; le père de famille invite de même ses serviteurs à partager la sienne. Car Dieu a ses jours de fête, dit admirablement Origène (Hom. 23 in Levit.) ; « Dieu a ses propres jours de fête. C’est une grande festivité pour lui que le salut de l’humanité. ». Et quel motif, s'écrie ce bon père, n'avons-nous pas de nous livrer à l'allégresse ! Mon fils était mort, et il est revenu à la vie. C'était bien en réalité une résurrection inespérée ! Le second contraste, il était perdu et il est retrouvé, répète la même idée pour la renforcer. - Ils commencèrent à faire grande chère. Le fils rentré en grâce, assis à la place d'honneur, se souvint peut-être alors du « il commença à être dans le besoin » (v. 14) qui avait occasionné sa conversion.

Luc chap. 15 verset 25. - Cependant son fils aîné était dans les champs ; et comme il revenait et s’approchait de la maison, il entendit la musique et les danses. - Le fils aîné, que nous avions complètement perdu de vue depuis le début de la parabole, nous est à son tour présenté dans un long épilogue (vv. 25-32). Sa conduite fera surgir une autre leçon. - Il était dans les champs. Telle était son occupation accoutumée. Tandis que le prodigue se livrait aux plaisirs, lui il avait fait valoir péniblement les champs paternels. Pourquoi n'avait-il pas été immédiatement averti du retour de son frère ? Comment avait-on commencé le repas sans l'attendre ? Peut-être voulait-on lui ménager une agréable surprise ; ou bien, il se trouvait dans quelque lointain domaine, et le bonheur du père était trop vif pour souffrir un retard dans sa manifestation. - Il entendit la musique. C'est par là seulement qu'il sut, en approchant de la maison, qu'il était survenu une cause de joie inopinée. Dans le grec : il entendit un concert de voix et d'instruments, et un chœur de danse (ces deux substantifs n'apparaissent pas ailleurs dans le N. Testament). Sur ce double accompagnement obligatoire des festins chez les orientaux et en général dans l'antiquité, voyez Is. 5, 12 ; Am. 6, 5 ; Matth. 14, 6 ; Sueton. Caligula, 37 ; Horace, Ars poet. 374 ; Keil, Hebr. Archaeologie, §136. Ce n'étaient pas les convives eux-mêmes qui chantaient et dansaient, mais des musiciens et des danseuses à gage, retenus pour la circonstance.

Luc chap. 15 versets 26 et 27. - Et il appela un des serviteurs, et demanda ce que c’était. 27Celui-ci lui dit : Ton frère est revenu, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il l’a recouvré sain et sauf. - Au lieu d'entrer, et de voir par lui-même quelle était la cause de ces réjouissances inattendues, le fils aîné, montrant ainsi tout qu'il y avait de maussade, de raide dans son caractère, prend des informations auprès d'un serviteur. La réponse de celui-ci est empreinte d'une grande délicatesse, d'une discrétion toute respectueuse. Le père avait bien pu (v. 24) apprécier le caractère moral du retour de son fils, mais ce langage n'aurait pu convenir dans la bouche d'un serviteur ; aussi Jésus lui fait-il dire simplement : parce qu'il l'a recouvré sain et sauf. Chaque trait est vraiment d'une exquise perfection.

Luc chap. 15 verset 28. - Il s’indigna, et ne voulait pas entrer. Son père sortit donc, et se mit à le prier. - Un autre se serait précipité dans les bras de ce frère que l'on croyait à jamais perdu. Pour lui, il s'irrite violemment et demeure à la porte (l'imparfait indique la continuité de son refus), afin de marquer par là combien il réprouvait une pareille fête. - Son père… se mit à le prier. Quel bon père ! Avec quelle miséricorde il supporte les divers défauts de ses enfants : Il va au-devant de l'aîné comme il est allée au-devant du prodigue, et il le conjure instamment d'entrer.

Luc chap. 15 verset 29. - Mais, répondant à son père, il dit : Voilà tant d’années que je te sers, et je n’ai jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis. - Cette démarche pleine de condescendance n'attira au père que d'insolents et d'amers reproches. - Voilà tant d'années : ne dirait-on pas que ce fils orgueilleux avait sacrifié des vies entières ? - Je te sers : dans le texte grec, il manifeste avec plus de force son manque complet de sentiments généreux ; il a servi à la façon d'un esclave, non pas avec l'amour d'un fils. Il ajoute, comme ces Pharisiens superbes dont il est le type achevé : Je n'ai jamais transgressé tes ordres (cfr. 18, 11, 12). Qu'ai-je reçu, ose-t-il dire encore, en échange de ma fidélité, de mes fatigues ? Pas même un chevreau pour le manger en compagnie de mes amis ! Le bonheur d'avoir joui constamment de la présence de son père ne compte pour rien aux yeux de ce superbe.

Luc chap. 15 verset 30. - Mais dès que cet autre fils, qui a dévoré son bien avec des femmes perdues, est revenu, tu as tué pour lui le veau gras. - Son langage atteint ici le comble de l'indignité. A sa propre conduite il oppose dans les termes les plus cruels la conduite du prodigue ; il établit de même un odieux parallèle entre ce que le père a fait pour deux fils si dissemblables. Sa conclusion tacite est qu'il a subi un traitement inique. - Cet autre fils. Il ne dit pas mon frère, mais il emploie une formule qui n'était pas moins outrageante pour le père que pour le prodigue. - Qui a dévoré ton bien avec des femmes. Le fait n'était que trop réel sans doute. Toutefois appartenait-il à un fils, à un frère, de le relever ainsi ? Avec quelle délicatesse le divin narrateur l'avait mentionné plus haut (v. 13). - Tu as tué pour lui le veau gras, par opposition à jamais tu ne m'as donné un chevreau.

Luc chap. 15 versets 31 et 32. - Alors le père lui dit : Mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi. - C'est avec la plus grande douceur que le père daigne répondre à ce fils impudent. Il eût été en droit de châtier par un blâme sévère les observations irrespectueuses qui venaient de lui être adressées ; mais il aime mieux faire entendre la voix de la bonté. Ses paroles sont néanmoins graves, sérieuses, et même grosses de menaces si l'on en pèse bien toute la portée. Elles réfutent pas à pas les plaintes du fils aîné, de sorte que le v. 31 correspond au v. 29, le v. 32 au v. 30. - Mon fils : appellation pleine de tendresse. Pourtant, son fils ne lui avait pas même donné le titre affectueux de « père ». - Tu es toujours avec moi… Quelle force dans chacun de ces mots ! Toi, mon aîné, ma principale espérance. Ne m'ayant jamais quitté, ta vie, que tu appelles si méchamment un esclavage, n'a-t-elle pas été, si tu m'aimes, une fête perpétuelle ? Je ne t'ai jamais rien donné ! Mais, tout ce que j'ai est à toi, et tu jouis de mes biens comme moi-même. Qu'as-tu donc à envier ? Serais-tu jaloux de ce festin, de ce veau gras ? Mais ton esprit, à défaut de ton cœur, ne te dit-il pas que nous devrions tous nous livrer à la joie en cette heureuse circonstance ? Et le bon père répète sa double phrase du v. 24 ; mais il a soin de substituer ton frère à « mon fils », pour mieux protester contre le « cet autre fils » qu'on lui avait précédemment (v. 30) jeté à la face d'une manière si cruelle. - Là-dessus, la parabole se termine brusquement, sans nous dire quelle fut l'impression produite par ces justes remontrances. Hélas : ce silence est de triste présage pour les Pharisiens et pour les Juifs, figurés par l'aîné des deux frères. Du moins ils ne sont pas formellement exclus de la maison paternelle. Disons-leur avec S. Anselme, nous prodigues de la Gentilité : « Bouge donc, maintenant… Ne demeure pas à l’extérieur. Ne sois pas jaloux de l’étole, des chaussures et de l’anneau, symbole de la foi, celle que le Père a donnée à moi son fils pénitent. Mais viens à l’intérieur, et participe à la joie, et  prends part au banquet. Si tu ne le fais pas, j’attendrai…jusqu’à ce que le Père sorte de la maison pour te prier d’entrer. Et entre-temps,  je dirai à la gloire du même Père : l’anneau est à moi,  l’anneau est à moi ! ».

 


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