Quatre avis importants (vv. 1-10). - Guérison de dix lépreux (vv. 11-19). - Discours de Jésus sur l'avènement du royaume de Dieu (vv. 20-37)
Ces quatre paroles de Jésus auraient-elles été groupées arbitrairement par l'évangéliste, ou par les antiques récits qui servaient de base à sa rédaction ? Maldonat et d'autres commentateurs l'ont supposé. De prime abord en effet, l'on ne voit guère entre elles d'enchaînement logique, et les diverses tentatives qui ont été faites pour les relier l'une à l'autre (voyez dans Théophylacte, Meyer, etc.), semblent à quelques interprètes plus ingénieuses que vraies. De plus, les mêmes pensées se retrouvent dans S. Matthieu et dans S. Marc en des places toutes différentes. Néanmoins, d'après nos principes et d'accord avec la plupart des commentateurs, nous croyons pouvoir affirmer que ces « dires » du Sauveur sont vraiment rangés au lieu que leur assignait l'ordre chronologique. Pourquoi n'auraient-ils pas été répétés, comme d'autres, en plusieurs occasions, à cause de leur importance ? Au reste, le récit de S. Luc contient des variantes notables ; mais, comme il est évidemment très condensé, plusieurs des anneaux intermédiaires auront disparu, ce qui empêche la liaison d'être aussi manifeste.
1Jésus dit à ses disciples : Il est impossible qu’il n’arrive des scandales ; mais malheur à celui par qui ils arrivent. 2Il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une meule de moulin, et qu’on le jetât dans la mer, que s’il scandalisait un de ces petits.
Luc chap. 17 verset 1. – Jésus dit à ses disciples : Il est impossible qu’il n’arrive des scandales ; mais malheur à celui par qui ils arrivent. - De nouveau (voyez 16, 1) Jésus s'adresse à ses disciples après l'interruption qu'avaient occasionné les grossières manifestations des Pharisiens (16, 14-35). Suivant Théophylacte, Bisping, etc., c'est précisément cette attitude scandaleuse de ses adversaires qui aurait amené le présent avis, dirigé contre le scandale. - Il est impossible… La locution grecque correspondante, qu'on ne rencontre nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament, signifie proprement « inacceptable ». Comme dans le passage analogue du premier Évangile (Cfr. Matth. 18, 7 et le commentaire), il n'est question assurément que d'une impossibilité morale. « L'absence de scandales et une supposition inadmissible dans l'état de péché où est plongé le monde ».
Luc chap. 17 verset 2. - Il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une meule de moulin, et qu’on le jetât dans la mer, que s’il scandalisait un de ces petits. - Jésus montre par un détail significatif l'énormité des péchés de scandale : plutôt que d'y tomber, mieux vaudrait être plongé au plus profond de la mer sans aucun espoir de salut. En effet, « quiconque est auteur du scandale, selon tous les principes de la religion devient homicide des âmes qu'il scandalise. Péché monstrueux, péché diabolique…, péché essentiellement opposé à la rédemption de Jésus-Christ, péché dont nous aurons singulièrement à rendre compte…, péché d'autant plus dangereux qu'il est plus ordinaire dans le monde ». Bourdaloue, Sur le scandale. - Une meule de moulin. Cette espèce de pierre molaire, mise en mouvement par un âne, était notablement plus grosse que l'autre, qu'une femme pouvait tourner sans trop de peine. - Un de ces petits : ces petits au moral, c'est-à-dire les disciples, auxquels Jésus donnait volontiers cet humble nom.