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Luc chap. 2 verset 16. - Et ils y allèrent en grande hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et l’enfant couché dans une crèche. - Sans tarder, ils exécutent leur pieux dessein : ils arrivent dans la ville, trouvent l'étable après quelques recherches indiquées dans le texte grec, et, dans l'étable, l'Enfant divin couché dans une crèche comme l'avait annoncé l'ange, et entouré de Marie et de Joseph. Selon d'autres (Olshausen, etc.), les bergers se seraient dirigés tout droit vers l'étable, guidés par une grâce secrète ; ou même c'eût été leur propre étable (van Oosterzee), l'ange leur ayant dit avec l'article , v. 12. Mais ce sont là des conjectures peu fondées.

Luc chap. 2 verset 17. - Et en le voyant, ils reconnurent la vérité de ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. - D'après la Vulgate, ce verset est la continuation du précédent et signifie qu'après avoir trouvé les choses telles qu'elles leur avaient été prédites, les bergers « découvrirent dans les faits qu’étaient vraies les choses que les anges leur avaient dites » (Maldonat), et reconnurent leur Sauveur dans le petit enfant de la crèche. Dans une autre interprétation, il se rattache au v. 18 pour indiquer d'une manière anticipée ce que firent les bergers aussitôt après leur visite à l'étable, et l'accueil qui fut fait à leur récit. Cette seconde interprétation, que favorisent les versions syrienne, arménienne, etc., paraît être la plus probable. Elle nous montre, dans les pasteurs de Bethléem, les premiers prédicateurs de l'Évangile. « Il fallait, dit Bossuet, 11è Elévat. de la 16è semaine, de tels témoins à celui qui devait choisir des pêcheurs pour être ses premiers disciples et les docteurs futurs de son Église. Tout est, pour ainsi parler, de même nature dans les mystères de Jésus-Christ ».

Luc chap. 2 verset 18. - Et tous ceux qui l’entendirent admirèrent ce qui leur avait été raconté par les bergers. - L'humble cercle auquel les bergers firent part des merveilles que Dieu leur avait révélées fut naturellement saisi d'étonnement, d'admiration. Plusieurs crurent sans doute et allèrent à leur tour visiter l'Enfant-Dieu. Tout porte à croire néanmoins que leur nombre fut très restreint, puisque le souvenir de Jésus semble s'être bientôt effacé à Bethléem, de même qu'il s'effaça plus tard à Jérusalem malgré les événements extraordinaires qui accompagnèrent la Présentation (vv. 25-38).

Luc chap. 2 verset 19. - Or Marie conservait toutes ces choses, les repassant dans son cœur. - S. Luc intercale ici, relativement à Marie, un trait précieux et ravissant, qui nous ouvre de vastes horizons sur cette âme admirable : Marie conservait toutes ces choses (tant de choses étonnantes dont elle était témoin, ou bien, les récits qu'elle tenait des bergers). C'est un splendide portrait en quelques mots. La Vierge bénie ne perdait pas sa tranquillité intérieure parmi les grands événements qui se passaient autour d'elle. Recueillie en Dieu, elle observait attentivement les prodiges de tout genre qui avaient lieu au sujet de son Fils et en son Fils : aucun fait, aucune parole ne lui échappait, et, de ses souvenirs, elle composait un trésor sacré qu'elle transmit plus tard aux disciples, peut-être directement à S. Luc (voyez la Préface § 3). Combinant entre elles les moindres circonstances, elle faisait en quelque sorte la philosophie de l'histoire de Jésus. Quelle profondeur sans ses sereines contemplations ! Mais l'évangéliste ne dit pas qu'elle ait parlé, quoiqu'elle eût à révéler tant de prodiges. Car « sa bouche était chaste comme son cœur » (S. Ambroise), et « les grandes choses que Dieu fait au-dedans de ses créatures opèrent naturellement le silence, le saisissement, et je ne sais quoi de divin, qui supprime toute expression » (Bossuet, l. c., 12è Elévat.).

Luc chap. 2 verset 20. - Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qu’il leur avait été dit. - Après les vv. 17-19, qui forment une sorte de parenthèse, S. Luc reprend la suite du récit et expose quels furent les sentiments des bergers à leur sortie de l'étable. Glorifiant et louant Dieu : ces mots résument tout ce qui se passait dans leur cœur. Ils glorifient, c'est-à-dire qu'ils proclament la grandeur dont Dieu faisait preuve dans les mystères qu'ils avaient contemplés ; ils louent, c'est-à-dire qu'ils chantent sa bonté non moins éclatante. Leur reconnaissance avait pour objet et ce qu'ils avaient entendu de la part des anges (selon d'autres, de la part de Marie et de Joseph), et ce qu'ils avaient vu à Bethléem, vision si conforme à la prédiction angélique.

Autour des touchants mystères de Noël racontés dans ces vingt versets, « l'art plastique, la poésie et l'éloquence ont tressé une couronne impérissable » (Schegg, Evang. Nach Lukas, t. 1, p. 132), dont on trouvera une description assez complète dans W. Ziethe, Leben Jesu, Berlin 1865, p. 86 et ss. Nous signalerons seulement, selon notre coutume, les principaux chefs d’œuvre. Ce sont, pour la peinture, les tableaux de Filippo Lippi, du Pérugin, de Lorenzo di Credi, d'Albert Durer, de Botticelli, d'Ercole Grandi, de Raphaël, et surtout du Corrège (la célèbre « Notte ») ; pour la poésie, les hymnes « A solis ortus cardine » de Sédulius, « Jesu, redemptor omnium » d'un auteur inconnu, « Quid est quod arctum circulum » de Prudence, « Agnoscet omne saeculum » de Fortunat, la gracieuse séquence « Adeste fideles », mille « Noëls » ou cantiques tantôt simples et naïfs, tantôt relevés et sublimes, les odes de Milton, de Pope, de Métastase, de Manzoni, etc. ; pour l'éloquence, les sermons de Bossuet, de Bourdaloue et de Massillon.

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