Voyez le récent et instructif opuscule du Rév. W. J. Walsh, Harmony of the Gospel narratives of the Passion, Resurrection and Ascension of our blessed Lord from the Vulgate, with english notes, Dublin 1879.
Comparé aux deux autres synoptiques pour cette troisième et dernière partie de son Évangile, S. Luc est en général moins complet, moins précis : il abrège, et omet par conséquent beaucoup de détails. Mais, d'autre part, nous trouverons de temps en temps et jusqu'à la fin dans son récit de ces particularités précieuses auxquelles il nous a habitués dès le principe.
La foule qui se pressait autour de Jésus à Jéricho n'avait pas complètement tort (v. 11) : le royaume du Christ allait se manifester sans retard. Mais, dans le plan divin, ce ne devait être là qu'une investiture temporaire et locale, qui ne concernait directement que le peuple théocratique. Il faut attendre la fin du monde pour voir briller dans toute sa splendeur le règne universel de Jésus. La scène qui va se passer à Jérusalem sera toutefois un type de celle qui aura lieu aux derniers jours. - Voyez, pour l'explication détaillée, les Évangiles selon S. Matth. (p. 398 et ss.) et selon S. Marc (p. 158 et ss.). C'est de S. Marc que notre évangéliste se rapproche le plus.
29Et il arriva, lorsqu’il approchait de Bethphagé et de Béthanie, près de la montagne appelée des Oliviers, qu’il envoya deux de ses disciples, 30en disant : Allez au village qui est en face ; en y entrant, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est jamais assis ; déliez-le, et amenez-le. 31Et si quelqu’un vous demande : Pourquoi le déliez-vous ? vous lui répondrez : Parce que le Seigneur désire s’en servir. 32Ceux qui étaient envoyés partirent donc et trouvèrent l’ânon, comme il le leur avait dit. 33Et comme ils déliaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : Pourquoi déliez-vous cet ânon ? 34Ils répondirent : Parce que le Seigneur en a besoin. 35Et ils l’amenèrent à Jésus. Et jetant leurs vêtements sur l’ânon, ils y placèrent Jésus.
Luc chap. 19 verset 29. - Et il arriva, lorsqu’il approchait de Bethphagé et de Béthanie, près de la montagne appelée des Oliviers, qu’il envoya deux de ses disciples. - Nous devons intercaler ici, d'après la suite chronologique des événements, un petit séjour de Notre-Seigneur à Béthanie. Voyez l'Harmonie évangélique, et Joan. 12, 1-19. - Bethphagé et Béthanie. Sur Bethphagé, comp. Matth. 21 et le commentaire. D'après Caspari, Chronolog. geograph. Einleitung in das Leben J.C., 1869, p. 161 et s., ce n'eût pas été un village, mais un district, qui aurait embrassé tout le territoire compris entre la muraille orientale de Jérusalem et Béthanie, y compris cette dernière localité. Porter, Handbook for Syria a. Palestina, p. 215, fait de Béthanie et de Bethphagé deux quartiers d'un même village. Ces hypothèses ne sont pas fondées. Cfr. Hug, Einleit. in N.T. 4è édit. t. 1, p. 16 et s. Quoique S. Luc et S. Marc mentionnent Bethphagé avant Béthanie, il résulte des récits comparés de S. Matthieu et de S. Jean que Bethphagé était le plus rapproché de Jérusalem, puisque Jésus, allant de Béthanie à la capitale juive, trouva cette localité sur sa route. Mais comme, d'une part, S. Luc abrège, et que, d'autre part, les deux villages étaient très peu distants l'un de l'autre, cette manière de parler n'a rien de foncièrement inexact. Voyez Bochart, t. 1, p. 209, et Sepp, Jerusalem u. das h. Land, 1869, t. 1, p. 579 (Robinson, Palaestina, t. 2, p. 302, place au contraire Bethphagé à l'est de Béthanie). - La montagne appelée des Oliviers. Dans le grec, bois d'oliviers (et non les oliviers). La colline qui s'élève à l'orient de Jérusalem est du reste appelée par l'historien Josèphe comme par le Nouveau Testament tantôt « mont des oliviers », tantôt, quoique plus fréquemment, « mont des oliveraies ». Bien qu'elle soit aujourd'hui en grande partie dénudée, elle mérite pourtant encore son nom (Caspari, l. c.).
Luc chap. 19 versets 30 et 31. - En disant : Allez au village qui est en face ; en y entrant, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est jamais assis ; déliez-le, et amenez-le. 31Et si quelqu’un vous demande : Pourquoi le déliez-vous ? vous lui répondrez : Parce que le Seigneur désire s’en servir. - Le Messie donne lui-même des ordres en vue de sa marche triomphale. Il ne songe plus à se soustraire aux honneurs comme autrefois, car l'heure marquée par la Providence a sonné. - L'emphatique jamais est propre à S. Luc. - Le Seigneur en a besoin. La phrase est identique dans les trois récits d'après le texte grec : le Seigneur en a besoin. Mais la Vulgate l'a traduite de trois manières différentes (Cfr. Matth. et Marc), ici d'une manière moins heureuse.
Luc chap. 19 versets 32-34. - Ceux qui étaient envoyés partirent donc et trouvèrent l’ânon, comme il le leur avait dit. 33Et comme ils déliaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : Pourquoi déliez-vous cet ânon ? 34Ils répondirent : Parce que le Seigneur en a besoin. - S. Luc est seul à dire que ce fut au moment même où les envoyés de Jésus déliaient l'ânon qu'ils reçurent les observations des propriétaires. Seul encore S. Luc cite directement la réponse des deux apôtres.
Luc chap. 19 verset 35. - Et ils l’amenèrent à Jésus. Et jetant leurs vêtements sur l’ânon, ils y placèrent Jésus. - Les disciples ornent l'humble monture pour la rendre moins indigne de Jésus, en jetant dessus leurs vêtements.