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2. Jésus régnant en Messie dans le temple. 19, 45-21, 4

Le triomphe de Jésus continue, mais sous une autre forme. Deux jours durant, le lundi et le mardi de la semaine sainte, nous le voyons manifester en face de ses ennemis son autorité messianique, par les actes d'abord, puis par la parole. C'est vraiment un roi qui trône dans son palais.

1° Expulsion des vendeurs. 19, 45-48. - Parall. Matth. 21, 12-23 ; Marc. 11, 15-17.

45Et étant entré dans le temple, il se mit à chasser ceux qui y vendaient et ceux qui y achetaient, 46leur disant : Il est écrit : Ma maison est une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. 47Et il enseignait tous les jours dans le temple. Et les princes des prêtres, les scribes et les principaux du peuple cherchaient à le perdre ; 48mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient lui faire, car tout le peuple était suspendu d’admiration en l’écoutant.

Luc chap. 19 verset 45 et 46. - Et étant entré dans le temple, il se mit à chasser ceux qui y vendaient et ceux qui y achetaient, 46leur disant : Il est écrit : Ma maison est une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. - Voyez nos commentaires sur les deux premiers Évangiles. S. Luc ne fait guère que toucher à cette majestueuse action de Jésus. - Étant entré dans le temple. C'était, comme le note expressément S. Marc, 11, 12 et ss., le lendemain de l'entrée solennelle à Jérusalem. - Ceux qui vendaient et ceux qui achetaient. Ces deux derniers mots sont omis par Tischendorf, sur l'autorité des manuscrits B, L, Sin., etc. C'était la seconde fois que Jésus chassait des parvis sacrés les grossiers usurpateurs qui les profanaient avec la tolérance et même la complicité des prêtres. Cfr. Joan. 2, 14 et ss. - Vous en avez fait une caverne de voleurs. Cinquante ans après, la maison de Dieu allait devenir dans un sens encore plus désolant un repaire horrible de bandits. Parlant des atrocités commises par les « sicaires » dans l'intérieur du temple, Ananus s'écriait : « Il eût été bon pour moi de mourir avant de voir le sanctuaire souillé par de telles abominations, ces lieux sacrés horriblement piétinés par des scélérats sanguinaires ». Jos. Bell. Jud. 4, 3, 10.

2° Description générale du ministère de Jésus dans le temple pendant ces derniers jours. 19, 47 et 48. Parall. Marc. 11, 18.

47Et il enseignait tous les jours dans le temple. Et les princes des prêtres, les scribes et les principaux du peuple cherchaient à le perdre ; 48mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient lui faire, car tout le peuple était suspendu d’admiration en l’écoutant.

Beau tableau, vigoureusement tracé. A l'avant-scène, Jésus qui emploie les dernières heures de sa vie à instruire le peuple ; autour de lui, son auditoire charmé ; dans l'ombre, par derrière, ses ennemis furieux qui complotent sa mort. La plupart des traits sont propres à S. Luc.

Luc chap. 19 verset 47. - Et il enseignait tous les jours dans le temple. Et les princes des prêtres, les scribes et les principaux du peuple cherchaient à le perdre ; - Il enseignait. Tournure qui exprime la continuité ; elle est complétée du reste par « tous les jours ». A cette physionomie céleste de Jésus enseignant, le narrateur oppose les conciliabules de haine que tiennent ses cruels ennemis. Les mots princes des prêtres, scribes, principaux du peuple représentent les trois chambres du Sanhédrin. - Ils cherchaient à le perdre : l'imparfait indique la constance de leurs tentatives haineuses.

Luc chap. 19 verset 48. - Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient lui faire, car tout le peuple était suspendu d’admiration en l’écoutant. - Décidés à se défaire de Jésus, les Sanhédristes étaient dans l'embarras sur les moyens auxquels ils auraient recours pour le mettre à mort. - Car tout le peuple était suspendu d'admiration. Motif de cette hésitation, et en même temps beau contraste. Tandis que les ennemis du Sauveur s'acharnent à sa perte, le peuple écoute Jésus avec transport. La locution suspendu, spéciale à notre évangéliste, n'est pas moins élégante qu'énergique, comme le fait observer Suicer, Thesaurus, t. 1, p. 1065. Les auteurs classiques l'emploient fréquemment. Voyez Virg. Aen. 4, 79 ; Ovid. Ep. 1, 30 ; Horat. Ep. 1, 105, etc. Cfr. Gen. 44, 30. Nous disons dans le même sens : être suspendu aux lèvres de quelqu'un. Quel éloge, en un seul mot, de l'éloquence toute divine de Notre-Seigneur !

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