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7. La Présentation de Jésus au temple et la Purification de Marie, 2, 22-38.

Ce beau récit a trois parties : 1° Les deux préceptes, vv. 22-24 ; 2° le saint vieillard Siméon, vv. 25-35 ; 3° sainte Anne, vv. 36-38.

1° Les deux préceptes, vv. 22-24.

22Quand les jours de la purification de Marie furent accomplis, selon la loi de Moïse, ils le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, 23selon qu’il est prescrit dans la loi du Seigneur : Tout enfant mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; 24et pour offrir en sacrifice, selon qu’il est prescrit dans la loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombes.

Luc chap. 2 versets 22-24 - Quand les jours de la purification de Marie furent accomplis, selon la loi de Moïse, ils le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, 23selon qu’il est prescrit dans la loi du Seigneur : Tout enfant mâle premier-né sera consacré au Seigneur ; 24et pour offrir en sacrifice, selon qu’il est prescrit dans la loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombes. - Les trois versets par lesquels S. Luc ouvre ce nouvel épisode de l'Enfance du Sauveur résument, d'une manière un peu obscure à force d'être concise, deux lois et deux cérémonies bien distinctes du Judaïsme. La première regardait les mères et leur prescrivait, après chaque enfantement, une purification spéciale, qui devait les délivrer de la souillure légale qu'elles avaient contractée ; c'est d'elle qu'il s'agit au v. 24 et au commencement du v. 22. La seconde concernait les premiers-nés, quand c'étaient des enfants mâles, et enjoignait à leurs parents de les présenter au Seigneur, et de les racheter moyennant une somme déterminée : c'est d'elle qu'il est question à la fin du v. 22 et au v. 23. - Quand les jours de la purification de Marie. La Vulgate semble désigner Jésus comme objet de la purification, mais celle-ci s'applique en réalité à Marie d'après l'idée, puisque c'était aux mères, et non aux enfants, que la loi juive imposait une purification. La leçon la plus autorisée serait un pluriel « leur purification » qui désignerait soit les Juifs en général, soit Marie et Jésus, soit plus probablement Marie et Joseph d'après la structure de la phrase grecque. Sans doute Joseph n'était tenu à aucune purification cérémoniale, mais c'est lui que regardait, comme père adoptif, la présentation de l'Enfant : c'est pour cela que l'évangéliste applique collectivement aux saints époux ce qui les regardait isolément ; il les traite comme une personne morale. - Selon la loi de Moïse. Voyez le chap. 12è du Lévitique, qui est tout entier affecté à cette matière. L'impureté légale des mères ne durait à proprement parler que sept ou quatorze jours, selon qu'elles avaient enfanté un fils ou une fille ; mais, ce temps écoulé, elles devaient encore attendre 33 ou 66 jours avant de se présenter au temple. Elles n'étaient donc complètement purifiées que le 40è ou le 80è jour, à la suite de la cérémonie religieuse. Ainsi, les « jours de la purification » mentionnés ici par S. Luc représentent les quarante premiers jours qui s'écoulèrent après Noël. - Ils le portèrent à Jérusalem. La distance qui sépare Bethléem de la capitale juive est d'environ deux lieues). Nous passons ici à la seconde loi, qui regardait les premiers-nés. D'après une disposition antérieure de Jéhovah, tout enfant mâle premier né devait, en sa qualité de prémices, appartenir au Seigneur et le servir toute sa vie comme prêtre. Mais, plus tard, Dieu modifia cette loi quand il confia exclusivement les soins du culte à la tribu de Lévi : il exigea seulement que les premiers-nés lui fussent offerts dans le temple, en signe de son domaine sur tout leur être, et il permit aux parents de les racheter moyennant l'offrande de cinq sicles, c'est-à-dire d'environ 15 francs, qu étaient jetés dans le trésor des Lévites. La cérémonie de la présentation ne se renouvelait pas pour les autres fils ; elle n'avait même lieu à l'égard du premier-né que lorsqu'il était propre à la fonction de prêtre. S'il venait au monde avec quelqu'une des difformités corporelles qui, d'après le rituel mosaïque, excluaient les Lévites eux-mêmes des fonctions saintes, il n'avait pas à être présenté au Seigneur,  non plus qu'à être racheté. Voir Ligthfoot, Horae hebr. In Luc. 2. Comp. Ex.3, 2, 12-15 ; Num. 8, 16-18 ; 18, 15-16. La citation de la loi au v. 23 est faite d'une manière assez libre, comme il arrive parfois aux écrivains du Nouveau Testament. - Consacré au Seigneur : chose sainte pour le Seigneur. La signification primitive du mot Saint est : mettre en réserve, séparer. - Et pour offrir en sacrifice. Ici, l'évangéliste nous ramène à la purification de Marie et au sacrifice qui devait accompagner ce rite. « La mère apportera au tabernacle du témoignage un agneau d'un an pour l'holocauste et une jeune colombe ou une tourterelle pour le sacrifice expiatoire. Elle les donnera au prêtre, qui les offrira devant le Seigneur et qui priera pour elle : c'est ainsi qu'elle sera purifiée… Si une femme ne peut faire la dépense d'un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux petits de colombes, l'un pour l'holocauste et l'autre pour le sacrifice expiatoire. » Lev. 12, 6-8. Tel est le texte complet de la loi. S. Luc n'en cite que la dernière partie, indiquant par là même que le sacrifice de Marie fut celui de l'indigent. Mais ne va-t-elle pas offrir bientôt à Dieu la plus riche des victimes ? - Est-il besoin d'ajouter ici, à la suite des Pères et des anciens exégètes, que les deux préceptes mentionnés par S. Luc n'obligeaient ni Jésus, ni Marie ? La mère du Christ avait enfanté en dehors de toutes les règles ordinaires de la nature ; aux termes mêmes de la loi mosaïque elle était exempte de la purification ordinaire. Quant au divin Enfant, puisqu'il n'était autre que Jéhovah, le législateur d'Israël, il est manifeste qu'il ne tombait pas sous ses propres décrets (comp. S. Hilaire, Hom. 17 in Evangel.) Ils n'hésitèrent pas néanmoins à se soumettre à ces prescriptions humiliantes. « O profondeur de la sagesse et de la science de Dieu ! Celui qui est l’auteur de la loi comme Dieu l’a observée comme homme » S. Cyrille (Cat. graec.) .L'humilité, l'obéissance, ont toujours été les vertus caractéristiques de Jésus et de Marie.

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