41Ses parents allaient tous les ans à Jérusalem, au jour solennel de la Pâque. 42Et lorsqu’il fut âgé de douze ans, ils montèrent à Jérusalem, selon la coutume de la fête ; 43puis, les jours de la fête étant passés, lorsqu’ils s’en retournèrent, l’enfant Jésus resta à Jérusalem, et ses parents ne s’en aperçurent pas. 44Et pensant qu’il était avec ceux de leur compagnie, ils marchèrent durant un jour, et ils le cherchaient parmi leurs parents et leurs connaissances. 45Mais ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem, en le cherchant. 46Et il arriva qu’après trois jours ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. 47Et tous ceux qui l’entendaient étaient ravis de sa sagesse et de ses réponses. 48En le voyant, ils furent étonnés. Et sa mère lui dit : Mon fils, pourquoi as-tu agi ainsi avec nous ? Voici que ton père et moi nous te cherchions, tout affligés. 49Il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois aux affaires de mon Père ? 50Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
« L'évangéliste montre maintenant la vérité de ce qu'il vient de dire ». S. Cyrille ap. Cat. D. Thomae. S. Luc relève en effet par une gracieuse et touchante anecdote la sagesse toute divine de Jésus. Cet épisode a d'autant plus de prix pour nous qu'il contient la première manifestation personnelle du Sauveur, qu'il nous permet de jeter un respectueux regard au plus profond de son âme et de sa vie d'enfant, et qu'il est unique dans les saints Évangiles. Il est vrai que la littérature apocryphe a essayé de tirer le voile qui recouvre les premières années de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qu'elle abonde en informations sur la vie cachée de Nazareth. Mais, à part quelques traits que l'on peut comparer avec S. Jérôme, Epist. Ad Laetam, à un peu d'or dans beaucoup de boue, quelle pauvre idée ne nous donne-t-elle pas de l'Enfant-Dieu ! Un étalage théâtral de miracles inutiles, des fables choquantes, un Jésus qui n'est ni humble, ni obéissant, ni simple, qui pose devant tout le monde, voilà ce qu'on y trouve. La Providence a permis que ces livres étranges arrivassent jusqu'à nous, pour qu'on vît mieux la différence qu'il y a entre les Évangiles du ciel et les Évangiles de la terre. Voyez les ouvrages déjà cités de Hofmann, de Brunet, et les recueils de Fabricius, de Thilo, de Tischendorf.
Luc chap. 2 verset 41. - Ses parents allaient tous les ans à Jérusalem, au jour solennel de la Pâque. - Ce verset et le suivant contiennent les détails préliminaires du récit. - Ses parents allaient tous les ans… Premier détail, d'une nature plus générale. Chaque année est une ellipse pour « à l'occasion de la fête de Pâque », les parents de Jésus faisaient donc un pèlerinage à Jérusalem. Mais il est à croire que l'évangéliste abrège en cet endroit, et que, s'il se borne à mentionner la Pâque, c'est parce que l'incident qu'il raconte eut lieu pendant cette solennité. En effet, d'après la loi juive c'était trois fois par an, à Pâque, à la Pentecôte et pour la fête des Tabernacles, que les Israélites devaient visiter le sanctuaire et resserrer ainsi les liens qui les attachaient à la théocratie. Cfr. Ex. 2, 14 et ss.;34, 23 ; Deut. 16, 16 ; Michaelis, Mosaisch. Recht, § 183. Il n'y avait d'exception que pour les malades, les vieillards, les petits enfants et les femmes. Mais celles-ci, par esprit de piété, allaient souvent célébrer au moins la fête de Pâque à Jérusalem. Comp. 1 Reg. 1, 7 ; Matth. 27, 55 ; Marc. 15, 4 ; Luc. 23, 55. Hillel avait même prétendu rendre cette assistance obligatoire pour elles. Dans tous les cas, nous ne sommes nullement surpris de voir que Marie accompagnait son saint époux à Jérusalem.
Luc chap. 2 verset 42. - Et lorsqu’il fut âgé de douze ans, ils montèrent à Jérusalem, selon la coutume de la fête. - Cet âge avait chez les Juifs, par suite d'un antique usage qu'on rattachait à divers traits de la vie de Moïse, de Salomon, etc., une importance capitale. Enfant avant de l'atteindre, on devenait homme après l'avoir franchi ; mais surtout, l'on devenait vers cette époque « fils de la loi », c'est-à-dire qu'on était soumis à toutes les prescriptions de la loi mosaïque, parce qu'on était censé désormais assez fort pour les observer même dans ce qu'elles avaient de plus onéreux. Par conséquent, à douze ans révolus, le jeune Israélite était tenu aux jeûnes, et aux pèlerinages dont nous avons parlé. Suit-il de là que le voyage décrit en cet endroit par S. Luc serait le premier de ceux que Jésus fit à Jérusalem après sa Présentation au temple ? Divers exégètes contemporains l'on admis (von Burger, Abbott, etc.). Mais il nous paraît plus naturel de croire avec S. Augustin, Maldonat, Luc de Bruges, Jansénius, etc., que ses parents ne s'étaient pas séparés de lui à leurs pèlerinages antérieurs. La circonstance d'âge est tout à fait accessoire dans le récit de l'évangéliste.
Luc chap. 2 versets 43--44. -Puis, les jours de la fête étant passés, lorsqu’ils s’en retournèrent, l’enfant Jésus resta à Jérusalem, et ses parents ne s’en aperçurent pas. Et pensant qu’il était avec ceux de leur compagnie, ils marchèrent durant un jour, et ils le cherchaient parmi leurs parents et leurs connaissances. - Jésus perdu à Jérusalem. Les fêtes pascales duraient toute une octave (cfr. Ex. 12, 15 ; Lev. 23, 3 et ss.;Deut. 16, 3), et il est fort probable, d'après l'expression de S. Luc, que Marie et Joseph demeurèrent huit jours entiers à Jérusalem avant de songer au départ. Néanmoins on pouvait aussi se mettre en route dès le troisième jour, quand la partie la plus importante de la solennité était passée. - L'enfant Jésus resta à Jérusalem. Il resta, comme il l'explique lui-même un peu plus bas, v. 49, parce que « les affaires de son Père » l'exigeaient : il n'avertit pas ni sa Mère ni S. Joseph, parce qu'il entrait dans les desseins secrets de Dieu qu'ils fussent éprouvés par sa perte momentanée. - Ses parents ne s'en aperçurent pas. Voyez le v. 33 et l'explication. Il semble d'abord bien étrange que Marie et Joseph aient été ainsi séparés de Jésus, et qu'ils aient ensuite quitté Jérusalem sans l'avoir retrouvé. Mais tout s'explique aisément si l'on se représente les circonstances parmi lesquelles eut lieu la disparition de l'Enfant. La sainte Famille ne voyageait pas isolément (cfr. v. 44) ; elle revenait à Nazareth avec une caravane composée de nombreux pèlerins galiléens. Or, le départ d'une caravane orientale est aussi lent et confus qu'il est bruyant. Souvent, donc, la jeunesse impatiente prend les devants, et l'on se retrouve à la prochaine station ; les mères le savent et ne s'inquiètent pas. Ou encore, fût-on parti ensemble, des groupes variés ne tardent pas à se former. Les femmes et les hommes âgés chevauchent habituellement sur des ânes ; les hommes et les jeunes gens vont à pied ; mille incidents ralentissent ou accélèrent la marche ; les enfants, qui couraient d'abord à côté de leur père, s'attachent bientôt à un groupe voisin (voir Abbott, Luke, p. 24) ; Tholuck, Glaubwürdigkeit der evang. Gesch. p. 215 et ss.). N'oublions pas, du reste, que nous sommes en Orient, où, à douze ans, on est déjà souvent traité comme un jeune homme. Enfin Marie et Joseph connaissaient Notre-Seigneur, et, si sa sagesse avait éclaté à tous les yeux dès ses années les plus tendres, personne n'en avait autant de preuves que sa Mère et son gardien. Pour toutes ces raisons, auxquelles nous pouvons ajouter encore à la suite d'Euthymius l'économie de la divine Providence), Marie et Joseph ne furent pas trop surpris de l'absence de Jésus, pensant à bon droit qu'il était avec ceux de leur compagnie. Cependant, après une journée de marche (6 ou 7 heures) durant laquelle l'Enfant n'avait pas reparu, la caravane fit halte pour la nuit, et les membres de chaque famille se réunirent en vue d'un campement commun. C'est alors que Marie et Joseph, voyant que Jésus ne les rejoignait pas, se mirent à le rechercher parmi les différents groupes.
Luc chap. 2 verset 45. - Mais ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem, en le cherchant. - Après de vaines démarches, ils reprirent tristement le chemin de Jérusalem. Il est probable cependant que ce ne fut pas le soir même, mais seulement le lendemain matin ; autrement, ils auraient couru le risque de croiser sans l'apercevoir celui qu'ils cherchaient. - Et ils le cherchaient…. Les saints époux recommencent leurs investigations douloureuses dès l'endroit où ils s'étaient arrêtés et les continuent tout le long de la route jusqu'à Jérusalem. Ce jour-là, le glaive de douleur prédit par Siméon dut se retourner cruellement dans l'âme de Marie !
Luc chap. 2 verset 46. - Et il arriva qu’après trois jours ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. - Jésus retrouvé dans le temple, vv. 46-50. - Après trois jours. Ce n'est pas le retour des parents de Jésus à Jérusalem, comme le veulent de Wette, Baumgarten-Crusius, etc. mais leur départ, qui sert de point de départ de la numération. Le premier jour, ils quittèrent la ville sainte et se dirigèrent vers le Nord ; le second jour, ils vinrent à Jérusalem ; le troisième, ils retrouvèrent le Sauveur. - Dans le temple. Jésus n'était pas dans le sanctuaire proprement dit, mais dans une des dépendances du temple. Parmi les nombreuses constructions désignées sous ce nom, se trouvaient des appartements qui servaient pour les cours académiques des Rabbins : c'est dans une de ces salles que fut retrouvé Jésus. - L'évangéliste décrit son attitude en termes pittoresques, qui font revivre la scène sous nos yeux. Il est assis parmi les docteurs, non toutefois comme l'un d'eux ainsi que le croient à tort les peintres (ceux qui ont le mieux représenté cette scène sont Giotto, Ferrari, Bernardino Luini, Pinturicchio, Jean d'Udine, Valentin), mais sur une natte, à la façon des écoliers orientaux. Il est vrai qu'il ne se bornait pas à écouter l'enseignement des Rabbins, puisque le texte sacré ajoute expressément qu'il prenait lui-même la parole pour les interroger ; mais en cela encore il agissait plutôt comme un étudiant que un maître. En effet, la méthode rabbinique favorisait beaucoup les questions et les objections des élèves : on le voit à chaque page du Talmud. « J'ai beaucoup appris des Rabbins mes maîtres, disait un ancien professeur juif ; j'ai appris davantage encore des Rabbins mes collègues ; mais c'est auprès de mes élèves que j'ai le plus appris ». Comp. Lightfoot, Hor. Hebr. in Luc. 2, 46 ; T. Robinson, l. c. p. 201. Du reste, notre opinion est celle des Pères (comp. Orig. h. l. ; S. Greg. Pastoral. 3, 26 ; Maldonat et D. Calmet), et l'idée contraire serait absolument opposée à l'esprit de Jésus enfant. - Quel était l'objet des interrogations de Jésus ? On peut le conjecturer par la suite de sa vie : « Que pensez-vous du Christ ? Demandera-t-il plus tard aux Docteurs juifs. De qui est-il fils ? ». Les questions de l'enfant étaient sans doute de même nature que celles de l'homme parfait. Un Évangile apocryphe suppose que Jésus se mit à exposer aux Rabbins émerveillés le nombre des sphères et des corps célestes, leur nature et leurs opérations, à leur expliquer la physique, la métaphysique, l'hyperphysique et l'hypophysique ! Cfr. Evang. Infantiae arabicum, ch. 48-52. Voir dans Sepp Leben Jesu, 1, § 17, de curieuses hypothèses sur les Docteurs juifs qui pouvaient se trouver alors auprès de Jésus.
Luc chap. 2 verset 47. - Et tous ceux qui l’entendaient étaient ravis de sa sagesse et de ses réponses. - L'étonnement les mettait hors d'eux-mêmes. L'historien Josèphe, toujours prompt à parler de lui-même, raconte, Vita, c. 1, qu'à l'âge de 14 ans il étonnait tout le monde par la précocité et la profondeur de son intelligence, à tel point que les prêtres et les docteurs aimaient à lui poser des questions sur la loi mosaïque. Mais qu'était la sagesse d'un enfant des hommes comparée à celle de Jésus ! La réponse de Notre-Seigneur à sa Mère, v. 49, nous fera comprendre la profondeur de celles qu'il faisait aux Rabbins.
Luc chap. 2 verset 48. - En le voyant, ils furent étonnés. Et sa mère lui dit : Mon fils, pourquoi as-tu agi ainsi avec nous ? Voici que ton père et moi nous te cherchions, tout affligés. - A leur tour, Joseph et Marie s'étonnent. C'est Marie qui prend la parole et non Joseph : trait parfaitement naturel, car l'affection d'une mère est plus vive que celle d'un père, à plus forte raison que celle d'un père adoptif. Plusieurs anciens interprètes (Salmeron, Maldonat, etc.) supposent délicatement que la saint Vierge attendit, pour faire part à Jésus de ses angoisses maternelles, que l'assemblée au milieu de laquelle elle l'avait trouvé se fût dissoute. Dans cette hypothèse, la petite scène qui va suivre n'aurait eu pour témoins que les membres de la Sainte Famille. - Pourquoi as-tu agi ainsi avec nous ? Jamais encore Jésus n'avait contristé ses parents. Dans l'exclamation qui s'échappe si spontanément du cœur de Marie, des écrivains protestants et rationalistes ont voulu trouver de la dureté. Nous avons beau chercher, nous n'y trouvons que l'expression d'un sentiment de tendre affection, uni au plus profond respect. Voyez Luc de Bruges, h. l. Marie ne se plaint pas directement ; elle se borne à laisser parler les faits, qui étaient si pleins d'éloquence : nous te cherchions tout affligés. Le mot grec qui correspond à « affligés » est d'une grande énergie : il désigne des douleurs aussi vives que celles de l'enfantement. L'imparfait indique de longues et pénibles recherches. Marie se nomme humblement après S. Joseph, et elle donne au gardien de Jésus la glorieuse appellation de père. C'était le titre qu'il portait au sein de la famille, comme devant l'opinion publique ; et il la méritait par la générosité de son amour à l'égard du divin Enfant. Comp. Bossuet, 5è Élévat. De la 20è semaine.
Luc chap. 2 verset 49. - Il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois aux affaires de mon Père ? - Marie avait parlé au nom de S. Joseph non moins qu'en son propre nom : c'est pourquoi Notre-Seigneur leur adresse collectivement sa réponse. Cette réponse est pour nous d'un prix infini, non-seulement à cause de son immense portée, de ses leçons pleines de gravité, mais aussi parce qu'elle contient la première parole évangélique de Jésus, bien plus, la seule parole que les SS. Évangiles aient conservée de ses trente premières années. Le rationalisme, qui ne sait rien respecter, l'a également attaquée, prétendant que Jésus y fait preuve de raideur et même d'insubordination à l'égard de sa mère et de son père adoptif ; tandis qu'elle est au contraire admirable à tous égards et vraiment digne de Jésus. Noble et simple en même temps, alliant à un haut degré la majesté et l'humilité, elle ne convient pas moins au Fils de l'homme qu'au Fils de Dieu. Mais elle a des profondeurs insondables et l'on conçoit que des esprits étroits, superficiels, aveuglés par les préjugés religieux, aient été incapables de la comprendre. Aux deux questions de Marie, l'Enfant divin répond par deux contre-questions. Jésus ne blâme nullement sa Mère et S. Joseph d'avoir cherché avec anxiété leur fils bien-aimé ; il se contente de leur rappeler en termes respectueux, délicats, sa nature supérieure et les grands devoirs qu'elle lui impose. Voyez le Vén. Bède, h. l. La locution aux choses de mon Père a reçu deux interprétations également autorisées par l'usage classique. Les versions syrienne et arménienne, plusieurs Pères (Origène, S. Épiphane, Théophylacte, Euthymius) et divers exégètes (Kuinoel, Meyer, etc.) l'ont envisagée comme synonyme de « dans la maison de mon Père » et par conséquent de « dans le temple ». Pourquoi n'avoir pas immédiatement supposé, telle serait la pensée de Jésus, que j'étais dans le palais de Jéhovah, mon Père céleste ? Vous vous seriez ainsi épargné de pénibles recherches. La plupart des commentateurs retiennent le sens de « affaires de mon Père », ce qui vaut beaucoup mieux, croyons-nous, car la première manière de traduire limite inutilement l'idée. Voyez la savante dissertation du P. Patrizi sur ce passage dans son ouvrage célèbre De Evangeliis libri 3, diss. 38, c. 2, § 16). comp. 1 Tim. 4, 15 et Gen. 41, 5 dans les Septante. Marie avait fait mention du « père » de Jésus : le Sauveur reprend ce titre, mais pour lui donner une signification infiniment plus relevée, la seule du reste qui correspondît à la réalité des faits. « Corrigeant, en quelque sorte, la parole de Marie au sujet de celui qu’on croyait être son père, il manifeste le vrai Père, en enseignant qu’il vient d’en haut » Graec. ap. Cat. D. Thom. h. l. - Jésus indique ainsi pourquoi il était resté à Jérusalem : les affaires de son Père céleste l'avaient retenu. Distinction sublime entre les droits de Dieu et de Marie sur lui. Jésus affectionnait vivement sa mère et son père adoptif ; mais son amour pour eux ne pouvait l'emporter sur le devoir, sur la volonté du ciel. Il s'étonne donc pour ainsi dire qu'ils n'aient pas eu plus tôt cette pensée, de même que « l'aimant s'étonnerait si on voulait lui attribuer une autre direction que celle du pôle Nord ». - On a justement trouvé dans cette parole le « programme » de toute la vie de Jésus, la clef de tous ses mystères. Être occupé des affaires de son Père, tel fut constamment son idéal. Comp. Joan. 4, 34 ; 8, 29 ; 9, 4 ; 14, 31, etc. Si jamais une expression d'enfant a été prophétique, c'est bien celle que nous venons de lire. Mais elle prédisait le renoncement et le sacrifice, généreusement acceptés toutes les fois que la gloire de Dieu serait en cause.
Luc chap. 2 verset 50. - Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. - La rougeur monte au front de l'exégète chrétien, quand il lit cette profonde réflexion. Il ose, lui, ténèbres et péché, commenter ce que Marie et Joseph ne comprirent pas ! Mais la suite de la vie du Sauveur et les enseignements de l'Église nous ont fourni des lumières qu'il n'avait pas plu à la divine Providence de donner aux saints époux dès cette époque avancée. Du reste, ce verset ne signifie pas que la parole de Jésus fut pour ses parents une énigme absolue, puisque, mieux que personne, ils connaissaient sa nature divine. S. Luc a seulement voulu dire qu'ils n'en saisirent pas alors toute l'étendue. Quelle relation y avait-il entre le séjour actuel de l'Enfant dans le temple et les affaires de son Père céleste ? Allait-il donc dès maintenant se manifester au monde ? Ces problèmes et d'autres semblables se pressaient dans leur esprit, et ils n'en pouvaient trouver la complète solution. Voyez Wouters, Dilucid. Select. S. Script. t. 2, c. 6, q. 3 ; Calmet, Comment. in h. l.