Le Précurseur fait son apparition (vv. 1-6). - Sa prédication soit générale (vv. 7-9), soit particulière (vv. 10-14), soit directement relative au Messie (vv. 15-18). - Il est mis en prison par Hérode Antipas (vv. 19-20). - Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ (vv. 21-22). - La généalogie de Jésus (vv. 23-38)
Quoique S. Luc se soit étendu plus longuement que les autres synoptiques sur la vie cachée de Jésus, c'est néanmoins la vie publique, c'est-à-dire l'exposé de la prédication, des miracles et des exemples du divin Maître, qui forme le fond de son Évangile, comme il avait formé le fond des deux premières narrations. Son récit, d'abord en grande partie conforme à ceux de S. Matthieu et de S. Marc, ne tarde pas à devenir complètement neuf de manière à enrichir d'une façon considérable la biographie de Jésus, soit au point de vue des discours, soit au point de vue des faits.
Dans la Vie publique de Notre-Seigneur Jésus-Christ comme dans sa Vie cachée, nous voyons le Précurseur apparaître tout d'abord sur la scène. Né quelques mois avant le Messie, Jean-Baptiste devance aussi de quelques mois par son ministère le ministère du Christ, auquel il devait préparer les voies. S. Luc décrit 1° L'apparition du Précurseur, vv. 1-6, 2° sa prédication, vv. 7-18, 3° son emprisonnement, vv. 19 et 20.
1La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et de la province de Trachonite, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène ; 2sous les grands prêtres Anne et Caïphe, la parole du Seigneur se fit entendre à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. 3Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés, 4ainsi qu’il est écrit au livre des discours du prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ; 5toute vallée sera comblée, et toute montagne et toute colline seront abaissées, ce qui est tortueux sera redressé, et ce qui est raboteux sera aplani ; 6et toute chair verra le salut de Dieu.
Luc chap. 3 verset 01. - La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et de la province de Trachonite, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène - Ce paragraphe commence par une période solennelle, magnifiquement agencée, qui a pour but de fixer l'époque vers laquelle s'ouvrit le ministère de S. Jean. Au moyen d'une date synchronique qui est du plus haut intérêt pour la chronologie de la vie du Sauveur (voyez l'Introduction générale aux SS. Évangiles), S. Luc rattache l'histoire sacrée à l'histoire profane, et attribue aux événements qu'il va raconter leur vraie place sur le grand théâtre de l'activité des peuples. « Le temps de la naissance du Christ n’est pas défini avec précision, ni celui de sa mort, ni celui de sa résurrection, ni celui de son ascension ». (Bengel). Mais l'apparition du Précurseur avait une importance particulière : c'était « le début de l'Évangile », Marc. 1, 1 (cfr. Thom. Aq. Summa, p. 3, q. 38, a.1), et par conséquent le début de l'Église. Cette date, unique en son genre dans le Nouveau Testament, est une nouvelle preuve de l'exactitude avec laquelle S. Luc procède en tant que narrateur évangélique. Comp. 1, 3. Elle a pour ainsi dire six faces distinctes, qui se complètent l'une l'autre : ou bien, ce sont comme six sphères concentriques, se rapprochant successivement de leur centre, et consacrées à chacune des autorités civiles et religieuses qui administraient alors, sous un titre ou sous un autre, le pays où Jean-Baptiste allait se manifester. - 1° La quinzième année du règne de Tibère César. En tête de la liste, nous trouvons naturellement le nom de l'empereur romain, car à cette époque la Judée dépendait directement de Rome. C'était Tibère (Claudius Tiberius Nero), fils de Tibère Néron et de la fameuse Livia Drusilla. Sa mère étant devenue plus tard l'épouse d'Auguste, il parvint rapidement aux plus hautes dignités : il fut enfin associé à l'empire deux ou trois ans avant la mort de son beau-père. Cette association crée précisément ici une petite difficulté. Faut-il la regarder comme le point de départ de la date fixée par S. Luc ? Ou bien l'évangéliste a-t-il supputé les années du gouvernement de Tibère seulement depuis la mort d'Auguste, arrivée le 7 août 767 U.C., c'est à dire en l'an 14 ou 15 de l'ère chrétienne ? La plupart des exégètes modernes adoptent le premier sentiment, qui est plus conforme à la donnée chronologique du v. 23. En effet, si l'on comptait la quinzième année à partir du moment où Tibère régna seul, il faudrait descendre jusqu'à l'an de Rome 781 ou 782, et Jésus, né vers la fin de 749 ou au commencement de 750, aurait eu de 32 à 33 ans à l'époque de son baptême, tandis que S. Luc ne lui en donne alors que « trente environ ». Au contraire, en prenant l'association de Tibère à l'empire pour point de départ, nous obtenons l'année 779 ou 780, qui coïncide assez exactement avec la trentième de Notre-Seigneur. Wieseler a récemment démontré, à l'aide d'inscriptions et de médailles, que cette manière de calculer le temps du règne des empereurs était usitée dans les provinces de l'Orient. Voyez ses Beitraege zur Richtig. Würdigung der Evangelien, 1869, pp. 191-194. Comp. Patrizi, de Evang. Lib. 3, Dissert. 39 ; Caspari, Chronolog. Geograph. Einleitung in das Leben J. C. pp. 36 et ss. Au reste, l'autre sentiment se concilie sans beaucoup de peine avec la date élastique du v. 23. Voir Wallon, de la Croyance due à l'Évangile, pp. 355 et ss. Quoiqu'il en soit, nous trouvons la quinzième année de Tibère entre 779 et 782, ce qui ne fait pas un bien grand écart. Cette première date est la plus importante des six, parce qu'elle est la plus limitée, par conséquent la plus précise. - 2° Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée. Du chef suprême de l'empire, S. Luc passe au magistrat romain qui le représentait en Judée. Un changement radical s'était opéré dans la constitution politique de cette province depuis d'assez longues années. Elle n'était plus gouvernée par les princes de la famille d'Hérode, mais elle était sous la juridiction immédiate de Rome, et, à ce titre, c'était un gouverneur qui l'administrait. Sur Ponce-Pilate, qui était le sixième gouverneur de la Judée, voyez Matth. 27, 2 et le commentaire. Son gouvernement dura dix ans, de 779 à 789. - 3° Hérode, tétrarque de Galilée. Cfr. L'Évangile selon S. Matthieu, p. 287. C'est le second des Hérodes du Nouveau Testament. Devenu tétrarque en 750, à la mort de son père Hérode-le-Grand, il conserva le pouvoir pendant 42 ans : il fut destitué par Caligula en 792 et banni à Lyon. La Pérée faisait également partie de sa tétrarchie. - 4° Philippe, son frère… C'est aussi en 750 que Philippe, frère ou plutôt demi-frère d'Hérode Antipas, car ils n'avaient pas la même mère, hérita des provinces mentionnées par S. Luc. Il les conserva jusqu'à sa mort, qui eut lieu vers 786. Il ne faut pas le confondre avec le prince du même nom, époux légitime d'Hérodiade, dont il est question dans S. Marc, 6, 17 (voir le commentaire). L'Iturée, dont on rattache généralement le nom à Jethur, fils d'Ismaël, Gen. 25, 15, qui fut sans doute un de ses anciens possesseurs, ne devait pas beaucoup différer du Djédour actuel, contrée située à l'E. du Jourdain et de l'Hermon, au S. O. de Damas, près des limites septentrionales de la Palestine. Voyez R. Riess, Atlas de la Bible, pl. 4 et 7 ; V. Ancessi, Atlas géogr. pl. 16. C'est un plateau à surface ondulée, muni par intervalles de monticules à forme conique. La partie méridionale est bien arrosée et très fertile ; le Nord au contraire est rocailleux, dénué de sol et à peu près stérile. La nature du terrain et des rochers annonce partout une formation volcanique. Les habitants du Djédour sont peu nombreux et très misérables. Voyez Smith, Diction. of the Bible, s. v. Ituraea. La Trachonite est identifiée par les meilleurs géographes avec le district d'El-Ledscha, qui forme une sorte de triangle dont les pointes sont tournées au N. vers Damas, à l'E. vers la Batanée, à l'O. vers l'Auranite. Josèphe en a tracé une description que l'on croirait d'hier, tant elle est encore exacte : « Les habitants n'ont ni villes, ni champs ; ils demeurent dans des cavernes, qui leurs servent de refuges ainsi qu'à leurs troupeaux… Les portes de ces cavernes sont tellement étroites que deux hommes n'y sauraient passer de front ; mais l'intérieur est immensément large. La contrée forme une plaine, ou peu s'en faut : seulement, elle est couverte de roches raboteuses et elle est d'un accès difficile. On a besoin d'un guide pour trouver les sentiers, qui font mille détours et circuits ». Ant. 15, 10, 1. Comp. Burckhardt, Travels in Syria, p. 112 ; Wetzstein, Reisebericht üb. Hauran u. die Trachonen. D'après Josèphe, la domination du tétrarque Philippe s'étendait aussi sur la Batanée, l'Auranite et le pays de Gaulon : le Nord-Est de la Palestine lui appartenait donc en entier. Voyez les Atlas de R. Riess et de V. Ancessi, l. c. - 5° Lysanias, tétrarque de l'Abilène. Pendant un certain temps, il a été de mode, dans le camp rationaliste, d'accuser S. Luc d'ignorance ou d'erreur à propos de cette cinquième date. Le Lysanias qu'il mentionne ici comme un contemporain de la Vie publique de Jésus serait, disait-on, ce roi de Chalcis qui fut mis à mort par Marc-Antoine vers l'an 34 avant l'ère chrétienne (Dio Cass. 49, 32 ; Jos. Bell. Jud. 1, 13, 1. Voyez Strauss, Leben Jesu, 1è édit. pp. 311 et ss. ; de Wette, h. l., etc.). Mais des recherches consciencieuses et des découvertes providentielles ont donné complètement gain de cause au récit inspiré, si bien qu'aujourd'hui les rationalistes sont les premiers à défendre notre évangéliste. Comp. Schenkel, Bibel-Lexicon, s. v. Abilene ; E. Riehm, Handwoerterbuch des bibl. Alterthums, s. v. Lysanias ; Renan, Mission de Phénicie, pp. 316 et ss. ; Id., Mémoire sur la dynastie des Lysanias d'Abilène (dans les Mém. de l'Académie des Inscrip. et Belles Lettres, t. 26, 2è part., 1870, pp. 49-84). On a donc reconnu qu'il exista plusieurs Lysanias, et que l'un d'eux était certainement tétrarque d'Abilène à l'époque de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cela résulte de divers passages de l'historien Josèphe, dans lesquels le tétrarque d'Abila apparaît comme un prince entièrement distinct du roi de Chalcis mentionné plus haut. Celui-ci est rattaché à Marc-Antoine, celui-là aux règnes de Claude et de Caligula. Cfr. Jos. Ant. 14, 3, 3 ; 15, 4, 1 ; 18, 6, 10 ; 19, 5, 1, etc. Voir aussi Wallon, De la croyance due à l'Évangile, pp. 393 et ss. ; Patrizi, de Evangel. Lib. 3, Dissert. 41, § 6-13 ; Wieseler, Beitraege zur richtig. Würdig. der Evang., pp. 196-204. Cela résulte encore d'une inscription trouvée par Pococke dans les ruines d'Abila. Voy. Winer, Bibl. Reallexic. s. v. Abilene. Qu'était la tétrarchie d'Abilène ? On n'en saurait fixer les limites exactes, les provinces d'Orient ayant subi de fréquents changements à cette époque orageuse ; mais son emplacement n'est pas douteux. Les ruines de sa capitale, Abila (aujourd'hui Suk-Ouadi-Barada), se voient encore sur le versant oriental de l'Antiliban, à quelques lieues au N. O. de Damas, dans une région aussi fertile que gracieuse, arrosée par le Barada. Comp. Baedeker, Palaestina und Syrien, 1875, p. 511.
Luc chap. 3 verset 02. - Sous les grands prêtres Anne et Caïphe, la parole du Seigneur se fit entendre à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. - 6° Sous les grands prêtres… Après avoir signalé les hommes qui exerçaient l'autorité civile en Palestine quand S. Jean inaugura son ministère public, S. Luc mentionne aussi ceux qui, dans le même temps, étaient maîtres du pouvoir religieux à Jérusalem. Mais la manière dont il le fait a créé une difficulté d'exégèse assez sérieuse. 1° Personne n'ignore que, dans la religion mosaïque, il n'y avait jamais deux grands prêtres à la fois. 2° De plus, à l'époque dont parle notre évangéliste, Anne avait cessé depuis de nombreuses années d'être le pontife suprême des Juifs, puisque, élevé à cette dignité l'an de Rome 759, il avait été déposé en 767 par le procureur Valérius Gratus. On a imaginé différentes hypothèses pour expliquer ce semblant d'inexactitude. 1° Anne et Caïphe auraient géré alternativement, d'année en année, le souverain Pontificat. Comp. Joan. 11, 49, 51 ; 18, 13 et le commentaire ; 2° Anne aurait été le Sagan, c'est-à-dire le substitut du grand-prêtre Caïphe : ou bien 3° il aurait rempli les fonctions de Naci ou de président du Sanhédrin, ce qui lui eût conféré une grande autorité au point de vue religieux. Mais ces conjectures sont bien peu fondées. Nous aimons mieux supposer avec plusieurs commentateurs contemporains 4° que S. Luc, peut-être avec une légère pointe d'ironie, a voulu décrire ainsi le véritable état des choses, c'est-à-dire montrer que l'exercice du sacerdoce suprême était alors beaucoup plus entre les mains d'Anne qu'entre celles de Caïphe ; ou 5° que l'on continuait à donner à Anne le titre honorifique de grand-prêtre, bien que Caïphe fût le vrai titulaire ; ou enfin 6° que, dans l'opinion générale, Anne était regardé malgré sa destitution comme le pontife de droit, puisque, d'après la loi juive, le souverain pontificat était à vie : Caïphe n'eût été alors que le grand-prêtre de fait. Voyez Act. 4, 6 et le commentaire. Josèphe, Ant. 20, 20, applique aussi à Anne le titre de Pontife ; S. Luc ne saurait donc être taxé d'erreur pour avoir employé cette même expression. Cfr. Wieseler, Beitraege, pp. 205 et ss. Sur Caïphe, voyez l'Evang. selon S. Matth. p. 492. - A tous les noms que l'évangéliste vient de citer se rattachaient pour le peuple juif, sous le double rapport moral et politique, les misères les plus profondes. Comme Israël avait alors besoin de pénitence et de rédemption ! - La parole du Seigneur se fit entendre. Formule majestueuse, pour exprimer les communications divines faites aux prophètes. Comp. 3 Reg. 17, 1 ; Is. 38, 4, 5 ; Jer. 1, 2 ; Ezech. 1, 3 ; Os. 1, 1 ; Jon. 1, 1, etc. Elle désigne ici le moment solennel où Dieu fit entendre à Jean-Baptiste qu'il était temps de quitter son désert (cfr. 1, 80), et d'aller préparer les voies au Messie. - A Jean. Les noms de Tibère, de Pilate, des tétrarques et des grands-prêtres n'avaient donc pour but que d'introduire celui du fils de Zacharie ! Pour justifier un si grand appareil l'événement paraît tout d'abord bien petit : mais qu'étaient, en comparaison de Jean-Baptiste, tous les dignitaires de l'empire romain et des pays juifs ?
Luc chap. 3 verset 03. - Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés... - Docile aux ordres de Dieu, Jean abandonne sa retraite et s'en vient dans la profonde vallée du Jourdain, et aussitôt il commence à prêcher. S. Luc indique dans les mêmes termes que le second des synoptiques, 1, 4, l'objet principal de la prédication de Jean-Baptiste : le baptême de pénitence pour la rémission des péchés. Comparez l'Évangile selon S. Marc, p. 25. Il nous montrera plus bas, v. 7, quoique d'une manière incidente, le Précurseur administrant lui-même ce baptême de pénitence.
Luc chap. 3 verset 04. - Ainsi qu’il est écrit au livre des discours du prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. - Comme ses deux devanciers, S. Luc applique au ministère de S. Jean-Baptiste la belle prophétie d'Isaïe qui, plusieurs siècles à l'avance, en avait si bien déterminé la nature. Seulement il la cite d'une manière beaucoup plus complète : S. Matthieu et S. Marc s'étaient bornés à en rapporter les premières paroles. Il nomme la collection du grand prophète un livre des discours, conformément à l'usage hébreu. - Une voix clame. « C’est bien d’appeler Jean la voix, le héraut du Verbe, parce que la voix qui est inférieure précède, et parce que le Verbe, qui lui est supérieur, suit ». St. Ambroise. La voix du Précurseur criera aux Juifs : Préparez le chemin du Seigneur… ; Jean sera ainsi le pionnier mystique de Jésus.
Luc chap. 3 verset 05. - Toute vallée sera comblée, et toute montagne et toute colline seront abaissées, ce qui est tortueux sera redressé, et ce qui est raboteux sera aplani. - La sublime métaphore continue, le prophète décrivant par quelques détails comment il faut préparer la voie du Seigneur, redresser les routes sur lesquelles il doit bientôt passer. 1° Toute vallée sera comblée. Opération qui consiste à combler, au moyen de remblais, les dépressions de terrain qui rendraient la route dangereuse ou impraticable. 2° Toute montagne et toute colline seront abaissées, pour éviter les montées trop raides. 3° Ce qui est tortueux sera redressé. 4° Ce qui est raboteux sera aplani. Les endroits scabreux, raboteux, devront être également travaillés de manière à fournir une voie plane et aisée. Quatre belles figures des obstacles moraux qui s'opposent à la prédication de l'Évangile, et que chacun doit renverser s'il veut posséder pleinement Jésus-Christ. Voyez la Chaîne d'or de S. Thom. d'Aq., h. l.
Luc chap. 3 verset 06. - Et toute chair verra le salut de Dieu. - On lit dans le texte primitif : « Et toute chair verra également que la bouche du Seigneur a parlé ». Quand tout obstacle aura disparu, le Roi-Messie fera dans les cœurs son entrée triomphale, et personne, sauf les hommes volontairement rebelles à la grâce, ne sera exclu de sa visite. Cette idée est bien conforme au caractère universel du troisième Évangile. Voyez la Préface, § 5.